Catch

HoRAWscope 2011

Les destinées vulgaires n'ont pas d'horoscope.

 

Victor Hugo, Amy Robsart

 

Bonjour à toutes et tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où il est temps de faire des vœux pour 2011 ….

 

 

Je sais pas vous mais je trouve que, depuis qu'il a abandonné le bonnet avec un grelot, il se la pète grave Oui-Oui.

 

 

Commençons par avertir tous les fans de la WWE qui ont regardé ce show, comme moi, en se disant que ce premier épisode de l'année allait quelque part définir la couleur générale de l'année dans la fédération (après tout les deux hommes qui ont ouvert l'année dernière : Shawn Michaels et Bret Hart ont marqué assez longtemps l'année, chacun à leur manière et pas forcément pour le meilleur), ils se sont, à mon humble avis, plantés.

 

Nalyse du RAW du 3 janvier 2011

 

 

L'épisode que nous avons vu, ce soir, donne probablement le ton de bien plus que ce que nous allons voir dans les prochains mois et pourrait bien décrire ce qui va se passer dans une période plus longue de quelques années. Mine de rien, je crois que la WWE en a presque terminé avec sa phase de renouvellement du roster : NXT, show de qualité mais de plus en plus confidentiel dans sa diffusion, va céder la place à Tough Enough, un programme orienté sur une éventuelle relève à long terme, et les retraites plus ou moins avérées (HBK, Batista, Jericho, Undertaker) des très gros morceaux du roster sont déjà toutes à peu près digérées.

 

Si je me perds dans ces considérations avant de commencer ma review du show, ce n'est ni pour dresser un bilan de ce que fut 2010, ni pour donner un peu de crédibilité à ce qui n'est que l'horoscope de l'année à venir mais bel et bien parce que c'est la première chose qui est apparue à l'antenne ce lundi. Enfin, non, c'est Michael Cole qui est apparu pour nous annoncer d'un air navré que John Cena, blessé, ne serait pas là ce soir et que Jerry Lawler ne pourrait assurer son sacerdoce habituel aux commentaires. Mais ce premier moment dit de manière brève exactement la même chose que le paragraphe précédent : les astres ont tourné.

 

 

Après le succès de la Straight Edge  Society, CM Punk se présente aux nouvelles victimes du prochain plan de licenciement de la WWE.

 

 

Certaines vieilles étoiles s'éteignent (Lawler, seul commentateur Hall Of Famer, pourrait bien, après JR, être bientôt sur ce chemin et ce ne serait à mon avis pas un grand mal), Pluton rentre dans Uranus et d'autres astres brillent plus fort que jamais. Il est amusant de noter d'ailleurs que la WWE nous annonce avec autant de solennité que son top-guy manque à l'appel, surtout ce soir-là. Et pas uniquement parce qu'il était censé être « viré » il y a quelques semaines encore, non, surtout parce que l'an dernier, à la même époque, il était déjà absent (lors de cet épisode où la TNA a cru ressusciter des Monday Night Wars qui n'ont jamais eu lieu) et que personne n'avait cru bon de le signaler à l'antenne pour commencer le show.

 

Or donc, la WWE a décidé de commencer le show, très fort, en nous offrant un long match de championnat (et bon mais je terminerais l'article sur là dessus) en ouverture : The Miz contre John Morrison, Fall counts anywhere. Le champion conservera son titre avant que le show ne tente de récupérer de la montée d'adrénaline initiale. Avec deux matchs par équipe plutôt moyens et tous deux entâchés d'erreurs. Lors du match entre Santinov et les Usos Brothers (gagnés par ceux-ci pour ceux qui, contrairement à Vince MacMahon, s'intéresseraient à la division par équipe), Vladimir Kozlov a réussi l'aboutissement de la carrière de tout catcheur, à savoir, gagner son Botchamania Moment. Ceci dit, on le comprend, vu qu'il n'aura probablement jamais son Wrestlemania Moment, autant se contenter de peu : une pirouette ratée par dessus les cordes lors de son intervention finale, le bras qui se coince entre deux cordes, le cul en buse par dessus la troisième corde et Santino qui doit le pousser parce que l'autre frangin Uso n'a pas l'expérience pour rattraper seul le coup avec le colosse ukrainien coincé.

 

 

Tiens, Vladimir Kozlov a encore fait des siennes.

 

 

L'autre erreur, plus gênante concernait le booking du match entre les divas face (Natalya, Eve & Bella Un) contre leurs homologues heels (Maryse, Alicia et Melina). Le match était plutôt bon, selon les standards des divas, mais vraiment organisé n'importe comment : over-booké (les Bella Twins ont fait un échange sous le ring qui était pour le moins dispensable vu le storytelling de l'affrontement) et surtout assez étrange puisque l'antagonisme principal entre la championne et Melina s'est résumé à quelques secondes de présence commune dans le ring et surtout à la « méchante » se voyant infliger un tombé par Eve Torres. S'il est possible de construire une feud en éloignant autant que possible les deux protagonistes dans le ring (et en ce sens, l'idée de donner à Melina l'occcasion de multiples interventions était une bonne idée), je ne vois vraiment pas l'intérêt d'infliger une défaite à celle-ci, si ce n'est pas des mains même de la championne : c'était juste un peu absurde.

 

Histoire de continuer dans l'étrange, la WWE nous servira ensuite une confrontation un contre un entre Alberto Del Rio et R-Truth. Tout est fait dans les formes : annonce de Ricardo Rodriguez, arrivée d'Alberto dans un feu d'artifice étincelant et un magnifique roadster de collection rouge (car comme tout le monde le sait, les voitures rouges vont plus vite), promo d'Alberto avec cette éloquence si caractéristique du mexicain qui fait qu'on se demande toujours s'il est un virtuose au micro ou s'il fait un peu exprès d'être chiant à écouter, histoire d'augmenter le volume des sifflets à son endroit dans la salle, interruption de R-Truth, What's Up ? Un match, plutôt bon qui se conclue par une victoire du mexicain dont les burnes nous donnent chaque semaine l'occasion de faire des gags récurrents tous plus hilarants les uns que les autres (mais parfois un peu lourds aussi).

 

 

Enfin, les running gags sur Del Rio c'est fini, maintenant, on va se foutre de la gueule de Sheamus qui se déguise tous les lundis soirs en sapin de Noël.

 

 

Pourquoi tout cela était-il étrange ? D'abord parce que c'était le premier et le seul match « traditionnel du show : un type contre un autre, tous les deux seuls dans le ring, sans stipulations ou autre condition qui fausse un tant soit peu l'affrontement, ce qui est quand même l'élément fondamental du catch. Quand je parlais en début d'article de tendances pour les années à venir, c'est aussi à ça que je faisais allusion et je vous avoue que quelle que soit la qualité des matchs offerts, trop de stipulations tue pour moi la stipulation et que j'aurais volontiers apprécié un peu plus de combats classiques (même si je comprends que les deux tag-team matchs étaient essentiels pour proposer quelque chose de différent que le show-stealer qui a ouvert l'épisode).

 

Et puis l'autre chose étrange, c'était aussi la présence d'Alberto Del Rio. Je n'ai rien contre le cross-branding (et ça aussi ce sera une tendance lourde dans les prochaines années vu que la WWE a placé ses shows sur des chaines cousines) et la présence des lutteurs de Smackdown à RAW, ou le contraire, mais à condition que ce soit bien fait et pas totalement tombé du ciel. Et là, c'est exactement ce qui s'est passé avec Alberto qui a débarqué de nulle part et à propos de la présence duquel personne n'a jugé bon de donner la moindre explication. Un prétexte, une petite phrase d'introduction, un lien entre lui et son adversaire, tous deux parrains à NXT, n'importe quoi aurait été bienvenu mais visiblement, tout le monde s'en foutait. Et tant qu'à faire aussi, pourquoi ne pas jouer la carte de la promotion à fond et profiter de l'apparition du mexicain pour dire qu'il va faire un match « 2 out of 3 falls » contre Rey Mysterio dont il est en quelque sorte la Nemesis ce vendredi.

 

Et pour continuer dans le domaine des reproches, je vais m'énerver un peu contre R-Truth en particulier et les bookers en général. Truth, sur ce match, comme Zack Ryder contre Bryan la semaine précédente, a été victime du syndrome du jobber. Ryder avait été particulièrement décevant contre Bryan parce qu'il n'avait que deux minutes d'antenne dans son show d'origine et il avait voulu montrer trop de choses en trop peu de temps. Et Truth, lui aussi, plus ou moins relégué aux shows secondaires, est, cette semaine, tombé dans un piège similaire en résistant bien trop longtemps au finisher de Del Rio. La clé de bras du mexicain est vendue à l'antenne comme l'un de ses points forts, Rey Mysterio et Christian en ont été victimes et ont dû abandonner face à cet armbar plus destructeur que celui de Chris Jericho en seulement quelques secondes. Et R-Truth l'encaisse pendant tant de temps pour gagner des instants supplémentaires en gros plan à l'antenne ? Dommage.

 

 

Non, je taperais pas. C'est le seul moment où je peux avoir un gros plan, j'en profite.

 

 

Le show était par ailleurs assez minimaliste au niveau de son déroulé narratif avec une seule storyline : celle de la guerre entre Wade Barrett et CM Punk pour savoir qui deviendra le leader du Nexus. Cela donnera l'occasion d'une excellente confrontation de styles au micro. Le british, toujours égal à lui même, reste dans son rôle de leader qui appuye son autorité par la force et manie plus souvent le bâton que la carotte. Tandis que Punk joue la carte du méchant qui dit la vérité (un rôle qui a souvent été endossé par Jericho dans le passé) et qui a plutôt tenté d'amadouer ses troupes. Le différent se réglera à l'occasion du main-event pour le number-one conterdership où Punk ajoutera une condition à la stipulation initiale, posant comme un impératif la victoire de Barrett pour qu'il continue d'assurer le leadership.

 

Ce main-event se déroulera donc en cage et à trois, opposant Randy Orton, Sheamus et donc Barrett, pris dans une querelle intestine avec Punk. Tiens d'ailleurs, à ce propos, Randy, définitivement over avec le public, semble déterminé à réaffirmer son personnage de babyface qui fait ce qu'il veut, n'hésitant pas d'ailleurs lors d'une promo à affirmer que les « Nice Guys finish Last », dérobant, au passage, comme un asshole l'ancienne catchphrase de Mr Kennedy/Anderson. Inutile de dire qu'Orton sera de ceux qui compteront au firmament du roster dans les années à venir et il comptera d'ailleurs d'autant plus facilement qu'il pourra éviter de trimballer un gimmick manichéen de super-héros, laissant le personnage de top-face monolithique à John Cena.

 

 

La semaine prochaine, je pique une autre catchphrase and If you're not down with it, I've got two words for you …

 

 

Venons-en au match lui-même : plutôt bon en ce qui concerne ce qu'on a pu voir dans la cage, notamment grâce à une excellente complicité entre Sheamus et Wade Barrett qui est d'autant plus impressionnante que c'était une des premières fois qu'on les voyaient à l'antenne dans le même ring. Néanmoins, j'avoue que ce genre de match en cage me laisse toujours sceptique : quand Wade Barrett, profitant du fait que ses deux adversaires sont au sol, décide de grimper au sommet de la cage pour s'échapper alors qu'il est à moins d'un mètre d'une porte qui ne demande qu'à s'ouvrir, désolé pour moi, ça ne le fait pas. Même si son ascension permettra l'intervention de Punk qui lui tendra la main pour mieux le trahir en lui arrachant le brassard marqué du N du Nexus, je suis vraiment pas client de ce genre d'utilisation assez stupide de la stipulation et je le suis d'autant moins d'ailleurs que si c'était l'exemple le plus frappant, ce n'était pas le seul et il y aura de nombreux autres exemples du même genre dans ce match qui sera, bien évidemment, gagné par Orton qui retrouvera Le Miz pour le titre au Rumble.

 

J'avoue aussi que cette histoire de querelles intestines au sein du Nexus me tracasse un peu, notamment parce que j'ai un mal fou à voir ce qu'il va rester du personnage de Wade Barrett vu la tournure que prennent les choses. Leader déchu de la plus grande bande de méchants de ces dernières années, je le vois mal coexister en bad guy dans le même roster qu'eux et il est encore trop tôt pour lui pour devenir un brave type. Espérons que l'avenir et les auteurs ont quelque chose de prévu et de précis à son sujet.

 

 

– Wade, ça te branche une feud contre Darren Young ?

 

 

Tiens, d'ailleurs à ce propos, parlons de John Morrison et de son match de championnat contre le Miz. C'est un excellent match et il est d'autant plus important de l'écrire que c'est le premier de l'année et qu'à l'heure des bilans de fin d'année, il ne faudra pas l'oublier. Mais, ce qui frappe vraiment sur ce match, c'est l'application qu'a eu JoMo à faire du Miz une star. Le Shaman Of Sexy a offert à son pote le match qu'il lui fallait pour faire de lui un champion crédible et c'est ce qui manquait au Miz même si son personnage est celui d'un champion pouvant perdre son titre à tout moment. La stipulation a été utilisée à son maximum, Morrison a engagé un bataille à deux contre un avant d'éliminer Alex Riley (et ne pas le faire aurait été une erreur puisque JoMo serait passé pour un idiot d'avoir choisi une telle stipulation). Il y a bon nombre de jolis spots assez inédits (un Starship Pain réalisé hors du ring et qui se termine au travers d'une table) qui ont été réalisés, bon nombre de near-falls et un vrai suspense qui nous a réellement mis debouts devant nos écrans avant un finish où le Miz gagne clean, sur son finisher.

 

Encore une fois, c'est un très grand match de la part de Morrison qui gagne encore en épaisseur et semble être de plus en plus apte à embrasser un destin radieux. Soyons honnêtes, s'il est beaucoup plus facile de construire un champion heel (en faisant de ses faiblesses des pans entiers de son gimmick, c'est le cas du Miz dont la faiblesse in-ring est compensée par l'apport de Riley et le fait qu'il peut perdre à tout moment), il est difficile de construire un personnage de champion babyface. Mais, là, le Guru Of Greatness est vraiment très proche de ce stade : excellent in ring, porté par le momentum de matchs qui ont donné à son personnage une aura de type presque plus « super résistant » qu'un coiffeur efféminé, pas totalement ridicule au micro même s'il a encore quelques lacunes dans ce domaine, il me semble être le type le plus proche à devenir un nouveau champion babyface que j'ai vu à la WWE depuis des années (depuis Jeff Hardy en fait).

 

 

La WWE songe sérieusement à faire un remake de Spiderman pour poursuivre le push de JoMo.

 

 

Et si la WWE a regardé ce match avec toute l'attention qu'il mérite et vu tout le potentiel de Morrison, il ne faudrait pas vraiment s'étonner de voir JoMo briller bientôt en passant d'autres caps qui implanteront définitivement cette certitude dans l'esprit des fans. Pourquoi pas d'ailleurs en lui accordant une victoire de prestige lors du Rumble ?

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