Catch

Cenation never gives up

L'homme n'est pas achevé quand il est vaincu, il est achevé quand il abandonne.

Richard Nixon

 

Après une période noire de plus de six mois face au Nexus, notre héros avait finalement réussi à remporter La Guerre Des Rings. Ayant bravé l'enfer de l'asservissement, ayant dû faire l'impossible choix entre ce qui le constitue et ce pour quoi il vit, ayant combattu avec vaillance un ennemi indestructible, John Cena était sorti vainqueur de la plus grande des menaces qu'il n'ait jamais affronté. Après un court répit et n'ayant même pas pu célébrer comme il se doit sa victoire, une nouvelle menace se profila. Le Nexus Contre Attaqua. Tel un empire renaissant de ses cendres et mené par un nouveau général sombre, le premier César ayant failli, le gang noir et jaune terrassa une nouvelle fois le champion qui n'a pas besoin de ceinture pour en être un. Il le terrassa? Non. Car celui qui n'abandonne jamais était annoncé ce lundi soir, pour Le Retour Du Marine!

 

 


*pshhhhhhhhh* John, je suis ton père! *pshhhhhhhh*

 


Nalyse Cenationesque de RAW du 17 janvier

 


Les habitudes ont décidément la vie dure. Malgré les changements brutaux survenus ces dernières semaines au niveau du Nexus, la feud entre ce dernier et John Cena continue de servir de fil rouge au show de la même couleur. Ce RAW ne manqua pas à la tradition, avec un opener et un main event mettant en valeur les protagonistes pré-cités, ainsi que quelques segments intermédiaires. Et si cette trame principale atteignit à nouveau ses deux objectifs ambitieux (nous divertir et nous surprendre), force est de constater que le show du lundi soir doit également sa bonne santé aux autres protagonistes de son riche roster.

 

 


– Vous parlez de moi?
– Non Ted, j'ai parlé des "protagonistes du riche roster", pas des "inutiles protagonistes riches du roster".
– Ah, dommage…

 


Encore que ce soit un léger abus de ma part que de parler exclusivement du roster rouge: en effet RAW vit une nouvelle fois un invité prestigieux fournir une très belle prestation. Dolph Ziggler, annoncé par Vickie sous une pluie de huées dignes des orages d'automne de ma Côte-d'Azur natale, vint en effet en voisin affronter Randy Orton. Ce match entre "contenders pour les titres majeurs au Royal Rumble" est une nouvelle étape dans le parcours initiatique du catcheur peroxydé, avec un main-eventer supplémentaire affronté. Et l'étape est, comme pour Cena il y a quelques semaines, une nouvelle fois franchie avec brio. Les deux catcheurs nous ont offert plus de huit minutes d'un très bon match, et pour une fois je ne vais dire que du bien de Randy Orton. Je fais partie de ceux qui n'aim(ai)ent pas la vipère: ses stomps en matchs me sortaient par les yeux, je le trouvais lent (reptilien: terme signifiant qu'on se fout de votre gueule en défendant l'indéfendable) et inintéressant, et ses matchs casse-pieds couplés à son rôle de psychopathe ayant l'épaisseur d'une carte à jouer me désespéraient. Sauf que je trouve que tout cela a changé. Les matchs de Randy sont maintenant bien plus rythmés, son moveset s'est étoffé et je le trouve plus intéressant dans son rôle de tweener solitaire et ambitieux capable de tout, que dans son précédent rôle usé jusqu'à la corde. Les pops qu'il déclenchent sont assourdissantes, la mise en avant de sa plastique sculpturale a bien plus de sens dans son rôle actuel que dans le précédent, et son finisher est indiscutablement celui d'un face étincelant.

 

 


Axl peut exulter, Silver voit enfin la lumière!

 


Ziggler eut évidemment plus que son rôle à jouer dans ce combat qui vit le travail du chaton de la cougar sur la jambe gauche de Randy constituer l'histoire principale du match. Plusieurs séquences sortirent de l'ordinaire, comme l'olympic slam du legend killer contré en sleeper hold, mais surtout le finish avec le zigzag contré d'un somptueux RKO. Cette séquences très innovante ne fut que trés légèrement botchée (bien moins que ce que j'ai pu lire dessus d'ailleurs) et apporta une plus-value indiscutable au match. Ce dernier fut suivi d'un beatdown prévisible, mais réussi de Riley et du Miz sur le contender de ce dernier. Après avoir rencontré diverses partie du décor (la plupart du genre dures et douloureuses, et non je ne parle pas de Titus O'Neil), Orton acheva sa course dans la barricade de coin qui a la sombre habitude d'exploser sous le poids des catcheurs balancés négligemment dessus par des rivaux excédés. A noter également que Jerry Lawler (dont le nom fut scandé par la foule environ autant que celui de Cena pour venir aider Randy) fit un petit tour vers Miz pendant cette séquence, avant de s'envoler au delà d'une barrière de sécurité.

 

 


Je vous demande de vous arrêter…

 


Tu sors!

 


Autre très bonne séquence, l'improbable confrontation entre John Morrison et Daniel Bryan. Pour vous dire, on vit une longue séquence backstage avec Bryan entouré des Bellas, et JoMo regardant le tout l'air amusé. Puis les deux entrèrent tour à tour sur le ring. J'attendais toujours les deux heels qui affronteraient cette tag team face originale quand le gong sonna, et je réalisai juste que c'était un de ces rares matchs face contre face. Il dépassa à peine quatre minutes, plutôt axé match technique avec une belle confrontation au sol entre les deux hommes. De manière générale, ces matchs entre gentils permettent des séquences symétriques qui font ma plus grande joie (par exemple le serrage de main respectueux, ce retour dans les rings depuis l'extérieur les yeux dans les yeux, ou encore le double crossbody après double rebond dans les cordes). Quelques séquences de pur génie aussi émaillèrent ces trop courtes secondes partagées dans le ring, trop complexes pour être citées ici, mais qui méritent de passer quelques minutes à les revoir (le début de match et l'enchainement 5:55 qui dure environ trente secondes valent particulièrement le coup, dans cette vidéo bizarrement inversée).

 


[video:http://www.youtube.com/watch?v=b1DAhOqkwWg]

 


Morrison l'emporta à la fin sur sa combo flash kick/running knee, et les deux faces se serrèrent la main respectueusement. JoMo continue son push qui depuis environ 18 mois consiste à défoncer tout le roster sauf le mec ayant le titre dans les matchs pour ce dernier (j'exagère, mais ça n'est pas si loin de la vérité). Sheamus intervint pacifiquement en fin de segment pour faire sa promotion en vue du Rumble, après un très intéressant "j'ai fait de toi ce que tu es depuis que tu es victorieux, donc je peux te détruire". Bref, sur toute cette séquence, je pris mon pied sévère. D'ailleurs en parlant de prendre son pied, les Bellas semblent poursuivre cette feud commencée à nXt, cette fois-ci en rivalité pour l'american dragon. Les deux sœurs jumelles qui rendraient sexy une serpillère en la portant (elles le prouvent en ce moment avec l'immonde t-shirt de Daniel Bryan redessiné pour leur "physique") se lancèrent le défi d'être la première à "pécho" Danielson. Personnellement j'aime assez les Bellas (à mon avis, elles sont au dessus de catcheuses comme Maryse, Eve ou Kelly Kelly), et je ne vois aucun inconvénient à leur donner du temps in-ring et une feud sympa.

 

 


– Brie, sale biatch, on voit ton sein gauche.
– Quelle jalouse Nikki, t'as qu'à monter ta mammelle droite, ça fera symétrie.

 


Evidemment, le show proposa son lot de séquences allant de l'improbable à l'oubliable. Déjà le match pour le titre par équipe fut expédié à la vitesse lumière avec une défaite des Uso (sans même être entrés sur leur themesong) en moins de trois minutes, sur un énième TLC (Totally Lethal Cobra). Ensuite Derrick Bateman (rookie de Bryan à nXt season 4) eut droit à une séquence complètement hallucinée façon "fausse pub" de savant fou, dans laquelle il nous proposa de l'extrait de Mark Henry. Pour finir Natalya exécuta Maryse en moins de cent secondes, avec Eve qui raconta n'importe quoi aux commentaires, pendant que Melina ne racontait rien du tout (je me demande encore qui fit la plus mauvaise impression des deux). D'ailleurs ce segment déboucha sur une engueulade entre Maryse et Ted qui passait par là, ce dernier lançant un "Mark Henry va me ridiculiser challenge". Comme toujours, le heel cocky lance un open challenge et voit débarquer un mastodonte qui avait justement envie de s'amuser.

 

 


Pour mes branlées, je suis très open challenge.

 


Le service client crétin.wwe répond toujours présent en moins de 3 minutes.

 


Il a pris (cher), il a tout compris.

 


Après que "l'over-the-top-rope-open-challenge" fut facilement remporté par l'homme le plus fort du monde, la situation dérapa. Toute la partie inutile du roster débarqua sur le ring en hurlant "je veux mon point powerslam, je veux mon point powerslam!". Au passage je décerne la récompense de l'action la plus inutile et la plus incompréhensible à Yoshi Tatsu, qui fut le premier à attaquer son ancien tag team partner (?!?) et qui se fit vider hors du ring en environ trois secondes. Un par un les jobbers se firent éliminer, jusqu'à ce que Sheamus n'arrive, ce qui rendit enfin les choses intéressantes. Et comme dans la bataille royale du dernier tribute to the troops, le World Strongest Man l'emporta en jetant l'Irlandais hors du ring. Sheamus jobbe même pour Henry en ce moment, ce qui prouve une nouvelle fois le très bon esprit du garçon (n'en déplaise à certains qui estiment cela normal, j'en connais un certain nombre qui ont refusé ce genre de jobs…). Or depuis quelques semaines, on voit aussi un beau push de l'ex sexy-chocolate, et on peut légitimement penser que c'est en prévision du Rumble, dans lequel on aura un gros affrontement entre divers béhémots (Henry, Big show, Ezekiel, Sheamus, Kane) qui débouchera inévitablement sur un florilège de finesses et de subtilités.

 

 


Mark a d'ailleurs une petite érection rien qu'en pensant à ce scénario.

 


En parlant du Rumble match, car c'est bien lui la star des semaines qui arrivent, deux choses importantes le concernant marquèrent cet épisode. Déjà l'annonce tonitruante que le Rumble inclurait quarante catcheurs cette année au lieu des trente habituels. Cela va prolonger le match de quinze bonnes minutes de façon mécanique (quarante participants avec l'écart entre deux entrée de quatre-vingt-dix secondes maintenu, c'est minimum une heure de match à laquelle in faut ajouter une dizaine de minutes pour le dénouement). Personnellement je vois surtout cela comme un évènement marketing (après tout les dix éléments ajoutés sont forcément dix gars inutiles par rapport aux trente qui seraient là normalement), permettant au vainqueur de se justifier le plus prestigieux vainqueur de Rumble de l'histoire (ce qui fleure bon la victoire heel, pour laquelle je mise sur Sheamus pour de nombreuses raisons, avec un Edge-Sheamus en ligne de mire à Mania). A noter que la théorie de Papy sur le forum (le passage à quarante servira à justifier qu'un type qui entrera en premier tienne jusqu'au bout et pose un nouveau record en gagnant) tient la route, même si elle reste une "théorie de Papy" (un truc foireux donc).


Second point, la promo vidéo pour le Rumble. Alors oui, je me répète comme un vieux vinyle rayé qui jouerait sans arrêt la même chanson, mais le type qui fait les vidéos de la WWE est un pur génie. A la fois informative et exaltante, elle donne sauvagement envie de regarder le Rumble et participe à en faire un évènement majeur. Chapeau bas monsieur le monteur.

 

 


Ouais bravo!

 


Nous en venons finalement à la partie consistante de cet épisode: John Cena. "The face of the company" absent depuis deux semaines voyait son retour annoncé aujourd'hui, et inutile de dire que ça faisait à la fois le buzz pour le vrai public de la WWE, ainsi qu'une jolie raison de marquer le coup pour le nouveau Nexus de SM Punk. Les bookers auraient pu faire le choix de faire durer le suspense jusqu'au main event, il optèrent pour l'autre alternative: celle consistant en le lancement de "my time is now" dès les toutes premières secondes d'émission (de manière plus exacte, après un petit clip très sympathique célébrant le Martin Luther King Day). La foule de Little Rock (ça ne s'invente pas…), formidable ce soir, explosa pour la première fois d'une longue série. On ne perdit pas de temps, l'icône absolue des cinq années passées et des dix à venir énonça ses projets d'avenir (CM Punk, le Rumble, Mania) avant d'être logiquement interrompu par… le Miz et Alex Riley.

 



Ahaha encore deux crétins qui ne savent pas se fringuer! Vous pensez vraiment que la WWE donnera sa chance à des types qui essayent de faire vendre des cravates au WWE Shop?

 


S'ensuivit un logique échange d'amabilités, Cena faisant du Cena et Miz du Miz. Le public étant à fond, l'un comme l'autre ayant fourni une prestation solide, nous eûmes droit à un échange d'une belle intensité qui planta le germe d'une possible feud entre les deux pour Mania. Le chick magnet veut absolument prouver qu'il est un champion, alors que le marine le méprise totalement et ne rêve que d'affronter Orton à Mania pour le titre. Si Mike tient le titre jusqu'au Grandest Stage of Them All, ce qui serait déjà en soit un petit exploit, un combat contre Cena (que ce dernier pourrait quand même difficilement perdre) serait l'ultime confirmation pour l'Awesome. A noter qu'un triple threat entre Randy, John et Miz me semble possible et ajouterait réellement du suspense au match (sans DQ possible, ce qui ajoute via Riley un rééquilibrage en faveur de son mentor).

 



Yo, Miz, t'es tellement brillant comme type que tu m'éblouis… ah non, en fait c'est ta ceinture. Comme je t'ai trop cassé!

 


Alors que Cena avait provoqué Miz et attendait sa réponse, "fire burns" retentit logiquement. Au passage, voir entrer le Nexus sur la themesong de son leader plutôt que sur le traditionnel "we are one" dénote un certain changement. On a visiblement complètement tourné la page sur le groupe original duquel ne restent que le nom, le logo et David Otunga. Ainsi SM Punk commença de manière surprenante par défendre le Miz, avant de dire qu'il gagnerait le Rumble avec l'aide de sa stable de décérébrés. En parlant de l'ex-leader straight edge, permettez moi une petite parenthèse. Je trouve que Punk est le catcheur le plus over-rated de l'internet (oui, plus même que Y2J). Son côté malsain fascine de manière logique, et il en joue merveilleusement, mais sa réputation de figurer parmi les meilleurs parleurs de la WWE me parait usurpée. Idem dans le ring, où il est un solide catcheur grâce à son passé dans l'indy, mais où son statut de fantastique catcheur capable de sortir des MOTY me semble une énorme blague. Punk traine une réputation absolue de "gars qui doit être vénéré par tout smart", et il est du coup vénéré par tous les smarks. Beaucoup citent en se pâmant son ***** contre Samoa Joe (dont je me demande si ils l'ont vu en tenant jusqu'au bout, étant donné que c'est un match sacrément long, avec de gros temps morts, super mal filmé et pas si facile à trouver), alors que le match qui fut certes très bon, est quand même largement sur-estimé. Bref, Punk est un bon catcheur, à la limite du très bon, et qui présente un profil extrême (le heel vraiment borderline du PG) séduisant, mais il n'est pas excellent, et doit encore prouver des tas de choses à mes yeux. Seuls son palmarès et son historique me paraissent surpasser ceux de Barrett, et rien ne garantit que son leadership du Nexus sera une réussite, et pas un flop total comme la SES. Fin de parenthèse.

 

 


En plus il s'est fait péter la gueule par un gamin dans le public en houseshow, quand je vous dis qu'il est over-rated!

 


Punk envoya ses trois larbins défoncer Cena pour lui donner un avant gout de Rumble, mais Kozlov et Santino, logiquement avides de revanche après l'opener de la semaine dernière, vinrent soutenir le héros de la foule. Le buveur de jus de betterave rejoignit ses trois lieutenants, certes masochistes, mais pas fous non plus, et en pleine retraite. Et ce pour avancer de nouveau avec la faveur du nombre. Mais l'AGM interrompit la fête qui débutait à peine, pour annoncer le main event du soir: CM Punk contre John Cena, avec les membres du nouveau Nexus bannis des environs du ring sous peine de se voir privés de Rumble.


Cihaime eut droit à deux courts segments avec ses ouailles pendant le RAW. Dans le premier, il interrompit une discussion dépitée et un peu désespérée de ses trois lieutenants. Il les regarda tous individuellement longuement dans les yeux, d'un air à la fois serein et confiant au point d'en sourire, puis il lança un simple mot: foi (et non pas foie, ce qui serait un contresens total dans le cas présent, mais je m'égare). Dans sa seconde intervention, il nous gratifia d'une tirade complètement allumée, digne d'un prêtre de monde médiéval fantastique, qui doit encore à l'heure qu'il est rendre le kiki de Matt Striker tout dur. Il parla de foi, d'humilité, de sacrifice, d'âme, de sanctification, de morts vivants et d'hommes bêtes… après un tel florilège de name dropping, si les Américains amateurs de fantasy ne se bousculent pas pour remplir les arènes de catch, je ne sais pas ce qu'il faut.

 



… et Conan leva Excalibur, prêt à affronter Sauron et ses légions de l'enfer, Elric et Garion à ses côtés, mettant en scène l'éternel combat divin entre le Ténébreux et Eurydis.

 


Le main-event pu finalement commencer. CM arriva le premier avec ses hommes, chacun ayant droit à un long regard (et peut être quelques mots?) avant que le leader ne s'éloigne de ses hommes qui levèrent le bras droit avec un regard vide, seulement rempli d'une adoration hésitante. Seul au milieu du ring, Punk afficha une mine sereine, mais déterminée et concentrée. Tant mieux, ça promettait du lourd. Le gros plan sur le visage de Punk qui hurla même un "come on" pendant l'attente interminable qui précède la themesong du top face confirma qu'on allait avoir droit à quelque chose de grand. Le rap de l'idole retentit, et chaque membre de la foule pouvant se targuer d'être un véritable spectateur (ainsi que votre serviteur) se leva, bras levés et doigts tendus à l'exception de l'index et du pouce de chaque main joint. Cena lui aussi apparut concentré, et je salivais d'autant plus. Ce main event serait grand, très grand.

 

 


Toujours respectueux de ses fans, John n'ose pas faire remarquer qu'il n'a pas d'intérêt pour le cinéma porno gay, même si cela concerne d'anciennes légendes du monde du catch.

 


Et nous ne fumes pas déçus. Quasiment treize minutes de bonheur séparèrent les deux coups de gong. Le duo de superstars eut largement le temps de sortir tout son arsenal. Cena nous proposa des versions marrantes de son moveset en début de match, façon "je suis vraiment super énervé, donc je veux faire super mal" avec son bulldog fait à deux main "parce que ça écrase plus fort la gueule" ou un envoi du straight edge d'un coin à l'autre du ring en se jetant littéralement à l'horizontal "pour lancer Punk plus fort contre le turnbuckle". L'effet visuel fut à l'image de la foule: survolté et totalement exagéré (mais franchement plaisant). L'histoire racontée fut intense et tout le monde en eut pour son argent, et cela confirma que Cena était bien remis de sa blessure. Sans surprise John est toujours aussi puissant et indestructible, et les interrogations étaient sur le booking de Punk. Et force est de reconnaitre que la partie du public qui boit du lait fraise, fait des croix sur ses mains et ne mâchonne rien de plus que des bâtonnets d'anis doit être ravie.

 



Rappelle leur aussi qu'ils doivent se coucher avant 22h pour être en forme le jour suivant et faire du sport dès le matin, s'il te plait…

 


Ainsi l'entrainement sado-maso semble porter ses fruits: Punk résista longuement au STFU (qui rappelons-le pour mémoire a annihilé des gens comme Batista ou Triple H) avant d'attraper les cordes, la soumission du marine étant porté suite à un contre de GTS (ils nous avaient déjà fait le coup il y a quelques mois, mais cette séquence a vraiment de la gueule!). Les deux stars se répondirent du tac au tac, bulldog contre bulldog, AA contré contre GTS contré, lariat du turnbuckle contre legdrop du turnbuckle, et le plus drôle fut que Punk trouva quelque chose à opposer au STF. Il ne s'agit par de l'anaconda vice qui pouvait être logiquement attendu (au point même que Cole tenta un bluff sur le nom de la prise employée, ne la connaissant pas et hurlant "the anaconda vice!!!"), mais d'une destructrice et impressionnante Koji clutch.

 



– Michael, c'est horrible, le sang n'afflue plus dans la tête de Cena, il va s'évanouir!
– Ne vous en faites pas Jerry, ça fait bien longtemps que tout le sang du corps de Cena ne sert qu'à irriguer son torse et ses bras, et que pas une goute n'a atteint son cerveau.

 


La vraie surprise arriva sur la fin du combat, alors que les deux hommes étaient parfaitement à égalité (et c'est important!), un inconnu en t-shirt noir monta sur le ring, et fixa Cena. Ce dernier eut la même impression que nous tous: Batista?!? Ah non, ça n'était pas lui, mais quelle ressemblance… Punk en profita pour sécher le face d'un round kick, avant d'étendre les bras face à l'inconnu qui trouva délicat de répondre à la question muette du leader de Nexus par sa taille de pointure (c'est du 45), après rebond dans les cordes pour que Cihaime ne confonde pas avec du 44. Pour l'anecdote, ceci disqualifia Cena et donna donc au straight edge la victoire… Puis le jeune homme au physique de bœuf nous fit admirer son finisher sur le marine qui trainait par là, un croisement esthétique et percutant entre l'uranage d'Otunga et le rock bottom. Le Nexus vint protéger son leader, mais ce dernier reprit la main. Il mata le nouvel assaillant simplement du regard, après un "je te tiens tu me tiens par la barbichette" muet, qu'il remporta (Punk avait la barbe la plus longue, donc rien à redire). Cela fait penser à certains passages de mythologies asiatiques où un homme mate un tigre simplement par son regard, et le sosie de Batista (son cadet de treize ans quand même) s'inclina en se mettant à genou. Il tendit le poing droit, et Punk y passa un bandeau du Nexus sous les huées de la foule.

 



– David, tu sais pourquoi cette homme est là avec le poing tendu?
– Je suppose qu'il veut entrer dans le Nexus, ô maitre SM Punk.
– Pas seulement mon bon David, il est surtout là pour le fist fucking. Alors baisse ton slip et prépare toi…

 


L'épisode se conclut sur les cinq hommes en jaune et noir pointant le poing droit vers le ciel, et Cena effondré devant la table des commentateurs se lamentant de voir le cauchemar reprendre de plus belle. Tiens bon John, la Cenation est toujours à tes cotés, une dure bataille t'attend, mais tu en sortiras vainqueur!


L'arrivée de Mason Ryan (car c'est bien de lui qu'il s'agit) soulève plusieurs réflexions. Déjà concernant Mason lui même: c'est le champion actuel de la FCW, il a participé à plusieurs house-shows et son arrivée était pressentie. Quand il a touché le titre de la fed de développement, il avait dit penser ne pas le mériter, mais qu'il travaillerait dix fois plus dur. Si ça n'est pas de la fausse modestie, j'apprécie grandement. Son finisher a de la gueule, et apparemment il sait catcher. Son entrée est assez retentissante, et sans être aussi impressionnante que celle de Zeke à Smackdown!, elle est très réussie de par le mystère qu'elle soulève et l'impact qu'elle a eue. Ensuite, Husky avec son physique de bourrin ne sert qu'à faire le guignol, pas de chance pour lui, et le retour de Skip Sheffield semble encore s'éloigner. On peut se demander ce qui attend le Nexus au Rumble ceci dit. Une opposition entre les deux Nexus à Mania serait possible, avec un remake deux millénaires après de Jésus contre César.

 



– Dis moi Punk, si on te frappe sur une joue, que fais-tu?
– Je tends l'autre joue bien sur… et j'en profite pour foutre un coup de boule dans les valseuses.

 


Le nombre de possibilités de builds d'ici Mania est énorme, et les retours potentiels (HHH, Jericho, Taker et même Bourne et Christian) rendent les choses réellement impossibles à deviner. Je pense que même du côté de la WWE, tout est loin d'être défini. Mais une chose est sure, cette road to Wrestlemania s'annonce une nouvelle fois passionnante. Il est de bonne guerre de critiquer la WWE pour ses erreurs, mais force est de constater qu'après plusieurs années à disséquer le divertissement, nous sommes toujours collés après une attente fiévreuse devant notre écran un minimum de trois heures par semaine. Certains schémas se répètent, mais globalement on est toujours surpris malgré une logique scénaristique rarement remise en cause. Bref on a affaire à du divertissement de qualité, et rendre hommage à tous les acteurs de celui-ci n'est jamais superflu.

 

 


Bon, après, on a tous le droit d'avoir nos préférences…

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