Catch

Rendez-vous dimanche!

Plus les choses changent, plus elles restent les mêmes.

Snake Plissken

 

La période pré-PPV est toujours extrêmement délicate pour la WWE: il s'agit de donner aux spectateurs l'envie d'acheter le PPV suivant (même si le Rumble se vend pour ainsi dire tout seul) alors que tout est déjà plus ou moins en place. Pourtant, le SD de cette semaine a proposé une carte alléchante, quelques surprises… et quelques déceptions aussi.

 

 

Et la première d'entre elles: Del Rio dans une voiture allemande.

Quelle faute de goût.


 

Nalyse de Smackdown! du 28 janvier

 

 

Les décisions stratégiques de SD ces derniers temps peuvent laisser au moins perplexes, sans doute sceptiques. Ainsi le choix de rapatrier Wade Barrett pour qu'il y créé The Corre sentait tout de même terriblement le réchauffé, et les faits ont jusqu'à présent confirmé cette désagréable sensation. Revenons un instant sur la création de ce fameux Noyau: Barrett a donc été dépossédé de son écurie par Punk, au terme d'une évidente tricherie, et Barrett a fui à SD. Désolé, mais ce point précis, déjà, m'avait copieusement agacé: de la même manière que Cena se comporte parfois comme le pire des heels (même si sa prestation au dernier Raw a relevé du génie, je ne suis toujours pas client de Clark Cena), comment se fait-il que Barrett n'ait pas, lors du Raw suivant, pris Punk entre quatre yeux en disant: « T'es bien mignon, l'évangéliste, mais étant donné les circonstances, je reprends mon bien, ou si tu veux on règle ça dans le ring RIGHT NOW! ». Mais non, donc, Barrett a fui sans demander son reste. Quand ses deux acolytes de talent l'ont rejoint, imités par Jackson, il était évident que malgré le nouveau discours (nous sommes tous égaux), The Corre ne serait rien d'autre qu'un Canada Dry du Nexus, même si ce dernier a pour seul membre vraiment charismatique son leader, quand The Corre dispose de Barrett, Big Zeke, et Justin dont la heel heat me surprend toujours.

 

 

185ème beatdown du Nexus? Non, rien à voir, troisième beatdown du Corre!

 

 

The Corre était donc destiné à accomplir la même chose à SD qu'à Raw? Et non, car à SD le contexte est différent, et surtout il y a deux catcheurs bookés extrêmement forts, auxquels seuls des matchs à handicap peuvent permettre d'avoir un vrai défi: The Corre serait donc de la chair à canon pour Del Rio, et surtout pour le Big Show, comme ce fut encore le cas ce soir…

 

On ne relève jamais assez le talent du Big Show en promo, et c'est regrettable: il est à peu près toujours juste, et surtout il dispose d'une vista comique qui est tout à fait bienvenue dans l'arsenal d'un Face. Ce soir encore, il a donc expliqué qu'être The World Largest Athlete n'était pas sans contrainte: on casse les meubles quand on s'assied dessus, on ne rentre pas dans les toilettes des avions… et vous êtes une cible. S'ensuit une autopromo pour le Rumble interrompue par The Corre.

 

C'est peut-être ce soir que pour la première fois The Corre s'est un peu singularisé du Nexus: Show a demandé si l'un d'entre eux avait les cojones pour l'affronter, proposant le combat entre autres à Barrett en sa qualité de leader présumé, lequel niait évidemment, avant que Slater, de sa propre initiative, ne s'attaque au géant.

 

Slater. Big Show. UNE minute. Une seule, petite, misérable minute. Doit-on en conclure que Slater est d'une faiblesse indigne ou Show d'une force herculéenne? En quoi cela sert-il le booking du Rumble? Tout le monde sait qu'un Show Face est imbattable en un contre un…

 

 

Show est tellement fort que ses adversaires rebondissent sur lui sans qu'il s'en rende compte.

 

 

Bref, après cette minute hautement intense pour Slater, le reste du Corre monte sur le ring, Show se fait étendre par Jackson et la meute lui tombe dessus. C'est à cet instant qu'il y a eu le seul élément de booking de la soirée. Comme pour Cena à Raw lundi dernier, les Faces sont venus aider Show, et Jackson en a repoussé, seul, une bonne partie. Evidemment, The Corre a dû battre en retraite, mais Big Zeke est définitivement booké comme une force avec laquelle il faudra compter (et pour l'avoir vu en live, il est effectivement incroyable).

 

Deux observations: 4 faces sont venus, en tout et pour tout, dont 3 de Raw, ce qui en dit long sur le midcard face de SD, et Show a rasé son bouc. C'est affreux.

 

 

AAAAAAAAAAAAAAAH !

 

 

Ceci étant dit, penchons-nous sur les événements mineurs de la soirée, puis nous pourrons en venir aux deux plats de résistance, qui furent fort copieux.

 

Quelques nouvelles de Cody Rhodes: son nez brisé par Mysterio, il n'ose plus se montrer, même plus catcher, et les médecins lui disent qu'il ne pourra pas participer au RR. Si tel est le cas, cela ne sent pas vraiment bon pour Rhodes, très bon catcheur sous-utilisé, et qui aurait bien eu besoin de la vitrine du RR. Toujours est-il que tel le Fantôme de l'Opéra, il semble ourdir une vengeance terrible envers le Mexicain bondissant…

 

 

Gros problème de copyright avec Mysterio en perspective.

 

 

La division Divas a fourni ce soir une relative surprise: les insupportables Laycool affrontaient une équipe composée de K² et… Kaitlyn, gagnante de NXT Saison 3. Bon, on peut s'interroger sur l'opportunité d'associer K² à une ex-rookie, plutôt qu'à Kim, (certes à Raw, mais on n'est plus à une apparition inexpliquée dans une autre brand près) qui a besoin d'exposition elle aussi avant le retour de Kong, sans doute dimanche, ou à Beth. Mais la vraie interrogation n'est pas celle-ci, mais plutôt: quel avenir pour les rookies de NXT? AJ et Naomi ont livré dans ce show l'un des meilleurs matchs de Divas de 2010, on leur promettait un brillant avenir, et… rien. Des Bellas, des K², fort appétissantes mais insipides dans le ring, autant que l'on peut en vouloir, mais nulle trace de ces catcheuses ravissantes ET talentueuses, ce qui n'est pas si fréquent. Et quid, d'ailleurs, du title-shot de Kaitlyn? NXT Saison 3 aura donc, officiellement, été un vaste gâchis, et en aucun cas le renouveau de la division Divas comme nous étions quelques-uns à l'espérer…

 

En dehors de cela, le match a été assez lamentable: court, sans aucun niveau technique de part et d'autre malgré quelques démonstrations de force intéressantes de Kaitlyn, une véritable purge. Au moins, on comprend aisément pourquoi le match a été le premier de la soirée, mais pas l'opener. L'opener, nous y reviendrons, mais clairement ce combat-là était l'occasion d'aller se chercher un Dr Pepper.

 

 

– Ah la vache on a été si nulles que ça? kikoolol.

– Tais-toi et recule doucement, on va se faire oublier.

 

 

Je vais quand même continuer à vous faire languir un peu avec K², que nous retrouvons ensuite aux abords du ring pour voir Drew affronter JTG. JTG est à mon sens un catcheur assez moyen, mais je me demande parfois s'il n'est pas passé à côté d'une carrière plus souriante, car il est tout de même plutôt doué: agile, créatif, ses matchs du temps de Cryme Tyme, en grande partie du fait de sa complémentarité avec Gaspard, étaient tout de même assez réjouissants, son fight de ce soir, face à un Drew agressif au possible, n'a pas été désagréable, et les cinq minutes sont passées relativement vite. Et la fin du match nous a montré une K² peut-être, enfin, sensible au charme du Brawling Scottman. Quoi, on s'en fout?

 

Nous voici donc, enfin, arrivés aux deux gros morceaux de la soirée, qui font passer un SD du statut de quelconque au statut de très bon.

 

Première partie, avec Del Rio qui se présente sur le ring (non sans avoir salué le revenant Michael Tarver en coulisse) pour annoncer qu'il doit, et va, gagner le Rumble, et qu'à cet effet il a prévu 39 combattants qu'il va tous vaincre ce soir, en échauffement. L'idée est originale, et évidemment ouvre beaucoup de possibilités. Les deux premiers ne sont donc que des formalités, en revanche le troisième n'était manifestement pas invité, puisqu'il s'agit de Kane. La bataille s'engage… enfin, plus exactement, Del Rio fuit devant son adversaire. Kingston se joint ensuite à la fête et expulse du ring les deux hommes, qui se rebiffent, mais Kofi reçoit l'aide de Mysterio, et l'ensemble devient, sous l'impulsion de Vickie, promue GM en l'absence du transparent Long, un tag-team match.

 

Pause, et reprenons les éléments par le menu: Del Rio, booké si fort depuis quelques semaines, bouscule du menu fretin mais tremble devant Kane? Et s'il n'est pas inenvisageable que Kofi puisse sortir Del Rio du ring, cela paraît difficile de le voir sortir Kane avec facilité. Certes, Kofi n'a jamais paru si fort que depuis qu'il est à SD, show qui n'est pas en direct, ce qui aide bien Mr Botch, mais il y a des limites. Et que dire encore de Mysterio, incapable de catcher en un contre un depuis de longues semaines, et que la WWE préfère ponctionner à mort plutôt que de lui laisser le temps d'une salutaire opération?

 

En tous cas, les adversaires d'il y a une minute s'allient donc contre les Faces, pour ce qui semblait être le meilleur match de la soirée. Or, si le match fut en effet excellent, il n'aura pas été le meilleur (quel suspense!), mais si un mot vient à l'esprit devant cette opposition, c'est rythme. Rarement, depuis longtemps, on a pu voir une rencontre aussi échevelée: hot tags, vitesse, interruptions de finisher, combinaison de mouvements, le match fut ainsi constellé d'éclairs de génie, et le duo AdR/Kane a montré de belles choses, alternant coups de vice de Del Rio et puissance brute de Kane, avec quelques coups coordonnés assez brutaux. En face, l'alchimie est assez naturelle entre Kingston et Mysterio, et l'ensemble fut de ce fait franchement réjouissant. Le match se conclut sur une discorde entre AdR, ingrat envers Kane qui vient de le sauver du tombé, et son partenaire, lequel prend les choses avec philosophie, enseignant à son petit camarade la philosophie Kantienne pointure 47 avant de quitter le ring. Seul contre deux Faces, AdR subit évidemment un tombé, qui n'a rien de déshonorant mais lui a permis de faire un numéro d'insupportable trouduc… Et qu'il a été agréable pour le spectateur de voir ce match haletant qui est allé à 100 à l'heure pendant un quart d'heure de montagnes russes.

 

 

Kane en a même profité pour rendre un discret hommage à ses ancêtres, qui bossaient dans les chemins de fer en URSS.

 

 

Et pourtant, pourtant, le coup de cœur de la soirée fut son main-event. Non pas que le match ait été particulièrement exceptionnel, mais c'est sa construction qui a été intéressante, sa conclusion encore plus, et comment ignorer le rôle de Vickie Guerrero?

 

Si Vickie a eu droit à un article remarquable de l'ami Dauntless dans ces colonnes, elle est loin de l'avoir usurpé. En l'absence de Long, il était évident qu'elle prendrait en main les destinées de SD, ce qui ne pourrait que profiter à Ziggie la cochonne. J'ai une certaine admiration pour cette femme qui est passée par tous les stades de l'humiliation au sein de la compagnie, jusqu'à jouer la cougar moche qu'un gigolo exploite sans vergogne. Mais là où Edge manipulait clairement Vickie, on peut dire que Ziggler est plus malin, rendant souvent hommage à sa compagne et défendant sa vertu avec une implication qui force le respect, et l'hétaïre le lui rend bien, en lui ayant permis de décrocher l'IC, puis de devenir #1 Contender.

 

 

– Tiens bon Dolph! Je vais te faire du bouche-à-bouche.

– Heu… laisse-moi mourir, tu veux bien?

 

 

Ce soir encore, c'est elle qui a ouvert le show, avant d'être interrompue par Orton, qui livrait une promo standard: merci de m'avoir invité, et excuse-me pour ce que je vais mettre à ton fiancé ce soir et au Miz dimanche. The Viper enchainait ensuite sur un numéro plus inattendu entre séduction et menaçe, et Vickie ne devait son salut qu'à Blondinet, toujours dans son rôle. La suite tombe sous le sens: menace de Ziggler qui demande qu'on respecte Vickie, et qu'on le respecte lui, le futur champion WHC, et ce, encore plus dans son show, et dans la foulée, réponse d'Orton immédiate: RKO. Il ne doit pas faire bon répondre de travers à Orton dans la vie quotidienne: « vous avez l'heure? – non désolé – RKO! ».

 

Dans la foulée, est organisé le main-event: Ziggler et Miz affronteront… Edge et Orton, pour un retour de la Rated-Rko qui, en l'état de forme actuel des deux hommes et de leurs adversaires, a largement de quoi allécher! Je dois avouer que mon midinettomètre a crevé le plafond devant le retour de cette Team unissant deux catcheurs que j'apprécié particulièrement pour des raisons diverses.

 

Et cette confrontation serait le fil rouge de la soirée, de son opener à son ME:

 

  • – première étape, Edge, en coulisse, légèrement courroucé par son agression du Corre et par le passage du Miz, et qui va, selon ses termes, passer sa frustration en collant un spear à Ziggler.

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  • – Deuxième étape, une promo du Miz, qui va me permettre de dire tout le mal que je pense du champion WWE. On lit, parfois, sur ce site ou ailleurs, des propos élogieux sur les promos de The Miz. Il est inutile de demander laquelle: ce sont toujours les mêmes. Attitude unique: le mépris. Dialogue unique: le mépris. Texte: unique aussi. Ce soir encore, Miz a ouvert son propos par une anecdote sans queue ni tête, avant d'ajouter que la pluie de RKO administrés par Orton était également sans queue ni tête. Du point de vue extérieur, cela s'appelle construire une promo sans âme, de bric et de broc, en partant de rien. En terme de portée, c'est forcément limité. Pas aussi limité, toutefois, que The Miz dans le ring, qui ne m'a jamais séduit, et qui doit sa petite aura à ses adversaires: qui osera dire qu'il a brillé lors du title match contre Morrisson? Avec un JoMo impérial qui a porté le match non-stop, jusqu'à ce que le Miz fasse le tombé? Deux mois de règne, et toujours aucune victoire digne de ce nom, ce serait tolérable si l'on savait que The Miz en garde sous le pied. Hélas, ce n'est sans doute pas le cas.

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  • C'est qu'il en est conscient, le bougre…

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Fin du show, donc, et ce fameux Tag-Team match: je ne vais pas m'y attarder. Je pense que vous connaissez tous ces catcheurs, et ce match n'a pas vraiment vu de spot extraordinaire ou même original. Le niveau a été plutôt bon, malgré un Miz (désolé) qui a encore été incapable de faire quoi que ce soit sans l'aide de son larbin, et de mémoire je n'ai jamais vu un champion aussi faible sans aide extérieure. Edge et Orton ont semblé retrouver quelques automatismes, et c'est donc dans une certaine logique, au terme d'un match cohérent, que Rated-RKO a remporté la victoire, Edge appliquant son Spear sur Ziggler.

 

Match bien construit, les deux favoris sont bookés très forts, logique respectée. Mais c'était sans compter sur Vickie, qui décide que, jusqu'à nouvel ordre, le Spear d'Edge est interdit, et que s'il l'emploie lors du PPV, il perdra le match et le titre. La stipulation est curieuse, mais il n'est pas révoltant que Vickie aille au bout de la manigance pour faire gagner son compagnon, clairement inférieur, au moins en théorie, à son adversaire et son finisher qui peut jaillir à tout moment. Cette décision de la Guerrero est d'autant plus cocasse qu'elle fait écho à une décision similaire prise il y a deux ans, quand elle avait interdit à l'Undertaker de se servir de son Hell's Gate. A l'époque, c'était pour protéger Edge… Le problème est qu'une stipulation aussi clairement déséquilibrée a tendance à ne laisser qu'une issue possible pour le match de dimanche: une victoire d'Edge, au bout de l'effort, qui triomphe malgré les tricheries. Au temps pour ceux qui, comme moi, pensaient que Ziggler était prêt pour un Wrestlemania Moment, qu'il défendrait son titre en février et le perdrait à WM des mains d'un Face.

 

 

Scène intolérable que ce clandestin arraché à sa famille

 

 

Reprenons le cahier des charges évoqué en ouverture et faisons le point:

 

  • – Poursuite des constructions de storyline: fait.

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  • – Les favoris affirmés comme tels, mais pas à l'abri d'une menace inattendue: fait.

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  • – Petite surprise: faite.

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  • – Match alléchant qui donne très envie de voir le PPV: fait.

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La conclusion s'impose donc d'elle même: ce SD, malgré quelques temps morts et deux matchs aussi médiocres qu'inutiles, a été une réussite, remplissant son contrat en tous points. The Corre a du souci à se faire, la division Divas encore plus, mais ce SD a montré que le show bleu pouvait rivaliser en qualité avec son homologue rouge, et qu'il pouvait, lui aussi, présenter des matchs absolument remarquables, qu'il vous faut voir sans délai!

 

Sur ce, comme dirait Michel D.: « Vivement Dimanche! ».

 

 

My name is Drucker, but you already know that!

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