Catch

The Long and Winding Road

I’ve seen that road before.

The Beatles, The long and winding road (interprétée ici par the Corre)

 

La route vers Wrestlemania sera, comme chaque année, longue et sinueuse. Sa première étape, le Raw post-Rumble, ne nous permet pas de voir plus loin que le prochain tournant, à savoir un Elimination Chamber au buildup pour le moins étrange.

 

 

Emotion: le bonhomme Michelin rencontre enfin son fils naturel.

 

 

Nalyse de Raw du 31 janvier

 

 

Je dois démarrer par une confession: je n’aime pas Alberto Del Rio. Pas au sens « je n’aime pas ce connard de heel, vivement que quelque brute stéroïdée mais souriante le casse en deux », non. Plutôt au sens « ce type me fait chier ». Cette opinion négative peut changer, bien sûr… et j’espère pour ma bonne humeur qu’elle changera, car à en juger par le booking du Couillu lors de ses six premiers mois à la WWE, il est là pour un bon moment, et pas au plus bas de la carte. En attendant, il y a une bonne demi-douzaine de types à qui j'aurais filé le Rumble à sa place, le laissant se construire tranquillement dans des feuds de midcard…

 

 

Mais mes récriminations, ça lui en touche une sans faire bouger l'autre.

 

 

Comme dans le cas de Sheamus un an plus tôt et de Kozlov et Khali auparavant, on a affaire, avec Del Rio, à un type « pushed down our throats », comme disent les Ricains. Un heel arrivant de nulle part, défonçant au pas de charge tout un tas de midcarders méritants et s’incrustant très vite dans le main event. Ce genre de traitement est extrêmement rare: le dernier exemple en date avant Khali avait été, sauf erreur (Lashley, éventuellement?), un Brock Lesnar qui avait effectivement tout ce qu’il fallait pour être le « Next big thing », et dont le super push n’avait donc pas paru trop incohérent.

 

Pendant que toute une kyrielle de types talentueux passent par d’innombrables épreuves pour, peut-être, se faire un jour une place au soleil — je pense évidemment à des gars comme Morrison, Kingston, Ziggler et autres Swagger, Miz ou même Punk, liste non exhaustive —, quelques rares élus sont balancés d’entrée de jeu en haut de la chaîne alimentaire. En soi, l’idée n’est pas à proscrire: après tout, on peut admettre qu’un nouveau venu dominateur impose naturellement sa puissance et grimpe les marches de la gloire quatre à quatre. Mais le procédé est à manier avec la plus grande prudence, car les risques d’explosion en vol sont nombreux. Khali et Kozlov avaient ainsi rapidement suscité un rejet absolu de la part des fans, et dégringolé dans la card aussi vite qu’ils étaient montés. Sheamus, bien plus talentueux, a su s’accrocher, mais même dans son cas il est permis de penser qu’un build un peu plus progressif aurait été mieux indiqué.

 

 

Trivia: qui est le seul vainqueur du King of the Ring à avoir déjà été champion du monde à la WWF/WWE auparavant? Indice: c’est un Irlandais pâle et roux de deux mètres de haut.

 

 

Alberto Del Rio appartient clairement à cette catégorie restreinte de catcheurs propulsés vers les cimes aussi sûrement que s’ils avaient une fusée collée au cul. Court rappel. Son premier match, le 20 août 2010, le voit détruire clean Rey Mysterio, rien que ça. Par la suite, il dévore quelques midcarders (Matt Hardy, Christian, Kofi Kingston, John Morrison) et voilà que le 21 novembre, à Survivor Series, l’un des quatre grands ppv historiques de la WWE, il est rien moins que capitaine de l’une des deux équipes engagées. Trois mois ont passé depuis ses débuts, et déjà Del Rio en a fini avec la midcard. A noter qu’à aucun moment il ne s’est montré intéressé par le titre Intercontinental, défendu à Smackdown: trop peu pour lui! Il avait raison de ne pas vouloir viser le titre secondaire puisqu’il était immédiatement incorporé à la World Heavyweight Title Picture, obtenant son premier title shot à TLC le 19 décembre dans un match à quatre; et au ppv suivant, il a gagné tout simplement le plus grand Rumble de tous les temps, obtenant ainsi la garantie d’être dans un match de championnat du monde à Wrestlemania! Une victoire au Rumble cinq mois après avoir signé à la WWE: seul Ric Flair, vainqueur en 1992 après avoir signé en août 1991, peut s'en targuer, et Flair en 1992 était autrement plus célèbre que Del Rio en 2011.

 

 

Tu vois Bébert, moi j’ai mis huit ans à devenir Main Eventer. Et Mizou, ici présent, a mis cinq ans. Toi, ça t’a pris cinq mois. Alors je te pose franchement la question: tu couches avec Steph?

 

 

De mon point de vue, le milord mexicain ne justifie pas un tel traitement et, surtout, un tel empressement. Bien sûr, c’est un performer autrement plus intéressant que Khali ou Kozlov. Mais son style est tout de même, à l’exception notable de son très beau enzeguri, extrêmement sobre, même pour un heel. Il y a peu de choses auxquelles se raccrocher dans ses combats, puisqu’à l’aune de la WWE il ne se distingue ni par sa puissance, ni par sa vitesse, ni même par son arsenal de prises, propre mais pour l’heure assez minimaliste. Reste son personnage. Rien à dire, son entrée en ring, son personal announcer et son attitude globale de connard arrogant font leur petit effet, mais il reste à mon avis une marge importante pour qu’on puisse voir en lui un main eventer en puissance, ce qu’il est pourtant désormais.

 

Tous ses adversaires ont moqué son célèbre clin d’œil; son Rodriguez a été massacré par à peu près tous les catcheurs du roster; et son bel accoutrement a été moult fois déchiqueté. Rey Mysterio s’est même permis de lui piquer son entrée en caisse de luxe lors du tournoi pour le King of the Ring. Bref, tous les éléments qui le rendaient unique ont déjà été aisément retournés et désactivés par ses adversaires, laissant le roi plus ou moins nu: un bon catcheur muni de quelques caractéristiques relativement originales, mais pour lequel on (enfin je) a encore du mal à s’enthousiasmer véritablement. Quant à ses promos, elles sont à ranger parmi des milliers de promos semblables émises par ses collègues heels depuis des décennies, sur le thème « je suis le meilleur, je vais gagner, et cette ville pue ». Comme l’a dit Orton l’autre jour à Smackdown, « around here, respect is EARNED », et jusqu’à présent, il manque pas mal de grands matchs et de grandes promos à Del Rio pour gagner le respect dû à un main eventer.

 

 

Ma! Comment vous pouvez dire ça? J’ai battu R-Truth trois fois de suite!

 

 

Tout cela pour dire que le segment inaugural du Raw de lundi dernier me laissa plutôt froid. La célébration organisée pour le triomphe rumblien de l’Essencia de l’Excellencia m’a paru plutôt cheap pour un supposé milliardaire (on aurait cru voir la teuf d'anniversaire d'un des gosses de Mysterio), aussi cheap que sa promo « haha, les mariachi c’est de la vraie musique, pas comme Justin Bieber ». Et je regrette d’autant plus l’abandon de la coutume voulant que les pros de NXT rameutent régulièrement leurs rookies dans les shows où ils se produisent, tant l’imposant Brodus Clay aurait pu, par sa présence menaçante, conférer au patron une aura un peu plus sérieuse.

 

 

Justin Bieber, c’est nul, but you, you already know that. Allez, huez moi maintenant.

 

 

Je fus donc heureux de l’irruption du Miz, venu tenir un double langage au héros de la veille: ce serait un honneur de t’affronter à Mania, Bébert, et j’espère que tu me choisiras moi, et pas ce connard d’Edge qui a pas arrêté de te pourrir en backstage, je l’ai entendu, tiens demande à Riley si tu ne me crois pas! Del Rio, qui venait de promettre qu’on saurait dès ce soir quel titre il viserait à Mania, ne se laissait pas entourlouper par une ruse si grossière et comprenait bien que le Miz disait tout ça uniquement pour l’inciter à jeter son dévolu sur le titre d’Edge. Bonne idée, soit dit en passant: ce passage a montré que le Miz redoute tellement Del Rio qu’il préfère le détourner vers Edge et avoir à se fader à Mania quelqu’un d’autre (et vu le roster actuel de Raw, ce quelqu’un d’autre sera probablement un multiple champion du monde, qu’il s’agisse de Cena, d’Orton, de Punk ou encore de Sheamus, pas vraiment des peintres donc). On insiste de cette façon sur le fait que le Mexicain est un mec vraiment flippant, puisque le Miz ne veut absolument l'affronter, quitte à se cogner un vrai streum bien établi.

 

 

– Tu sais quoi? Edge dit que les caisses avec lesquelles tu t’amènes dans le ring, c’est des voitures louées!

– Il est stupido ou quoi? Elles sont pas louées, elles sont volées!

 

 

Evidemment, Edge faisait alors son apparition et avouait tout de go au  rupin qu’il le méprisait effectivement et qu’il espérait bien avoir affaire à lui à Mania. Del Rio hésitait un instant puis décidait que dans ce cas, il ciblerait bien le titre d’Edge. Suivait un fight voyant le roi du Rumble prendre le meilleur sur son futur adversaire à coups de guitare, et le segment s’achevait donc par l’image d’un Del Rio triomphant au-dessus du corps inanimé du champion poids lourds.

 

 

Après les entrées de Nash et Booker au Rumble, la WWE humilie encore la TNA avec cette référence non déguisée à Jeff Jarrett.

 

 

La précocité du choix effectué par Del Rio me surprend quelque peu. Premièrement, cette précipitation va à l’encontre de son personnage de heel retors et calculateur. Il lui aurait bien plus convenu d’attendre patiemment l’état des lieux au lendemain d’Elimination Chamber pour cibler à ce moment-là le champion le plus faible à ses yeux! Là, en se décidant dès le lendemain du Rumble, en réaction à une insulte bénigne d’Edge, il passe pour un impulsif aisément manipulable, ce qui tranche avec son intellect supposément supérieur. Deuxièmement, cette décision prise à la va-vite semble annoncer l’issue de l’Elimination Chamber de Smackdown: étant donné qu’on va avoir droit d’ici là au buildup du match Edge-Del Rio, il semble que le champion soit voué à conserver son titre le 20 février prochain. Cela dit, cette prévision paraît trop simple pour s’avérer. Edge remettra son titre en jeu à EC, et tout pourrait être chamboulé à ce moment-là. Del Rio pourrait encore fort bien revenir sur sa décision, si par exemple à l’issue du ppv, on se retrouve avec le Big Show champion WHC et Jerry Lawler champion WWE.

 

 

Hé oui! Je suis un Mexicain, pas un mec si con! Lol!

 

 

Pardon? Jerry Lawler? Oui, lui fucking même. Car comme si on n’avait pas assez vu le vieux beau dans le ring à la fin 2010, quand il avait causé bien des misères au Miz et failli lui prendre son titre à la régulière dans un Ladder Match pré-TLC où l’Awesome ne dut sa victoire qu’aux interventions de Riley et de Cole, Lawler est à présent le premier prétendant à la ceinture la plus prestigieuse de Raw! Je pourrais, tel Spanish, faire un couper-coller de mes anciens arguments contre un tel booking du King, mais comme je prévois que la review sera déjà assez longue comme ça, je me contente de vous en filer le lien.

 

Tout avait commencé par une annonce pour le moins étrange de l’AGM: le 20 février, à Elimination Chamber, au lieu de remettre son titre en jeu dans la structure de Satan contre cinq adversaires hyper-dangereux, le Miz devra juste se démerder pour conserver son bien dans un match simple, en un contre un, face au gars qui gagnera une Bataille Royale à sept organisée ce lundi. Les six perdants de ce match, eux, se retrouveront le 20 février dans un Elimination Chamber Match… dont le vainqueur affrontera le champion WWE à Wrestlemania.

 

Problème: pourquoi un tel traitement de faveur pour le champion régnant? De plus, traditionnellement, un spot à l’Elimination Chamber se gagne dans le ring. Là, que dalle: l’AGM a décidé que y aurait sept gars dans la Bataille Royale et que les six perdants seraient qualifiés pour le ppv, nous privant de ces toujours sympathiques matchs de qualification pour EC qui font généralement très bien la jonction entre les deux premiers ppv de l’année.

 

 

Jacadi a dit: « Ouais, j’ai écrit ça en speed, parce que je pars en vacances trois semaines là, alors vous vous démerdez. »

 

 

L’AGM annonce donc les sept participants à la Bataille Royale du soir: Morrison, Truth, Sheamus, Cena, Orton, Lawler et Punk. Lawler en profite pour prononcer un discours ému et, convenons-en, plutôt réussi, sur le thème « j’ai jamais catché à Mania, ça serait mon rêve enfin réalisé », sous les lazzis d’un Cole aussi dégoûté que moi. Bon, à ce moment-là je n’ai pas encore percuté que Lawler est le grand favori de la bataille royale, étant donné la stipulation. S’il perd ce soir, il sera dans l’Elimination Chamber Match. Qu’irait-il y foutre? En revanche, s’il gagne, il aura droit à un match en un contre un face au Miz, auquel l’oppose une vieille rivalité sans cesse alimentée par ses bisbilles permanentes avec Cole.

 

Bref, il est très envisageable que Lawler gagne la bataille royale ce soir et devienne le first contender! Je n’ai pas percuté tout cela parce que retentit la musique d’entrée de celui qui a bien failli gagner le Rumble en profitant d’une faille dans le règlement que les autres seraient bien inspirés d’exploiter à l’avenir, Santino Marella. Lui et Kozlov remettent en jeu leurs titres de champions par équipes contre Harris et McMG, les punching balls du Nexus. Avant de passer au match, il faut souligner le nombre incroyable de défenses de titre par les champions régnants: c’est sauf erreur leur quatrième défense depuis qu’ils les ont gagnés, le 6 décembre dernier. Le tout, évidemment, sans que des matchs de first contenders aient été organisés au préalable, preuve s’il en fallait encore que la WWE se fout éperdument de conférer un semblant de prestige à sa division tag team.

 

 

 

Au moins, ça permet au mec chargé des infographies de s’amuser, c’est toujours ça de pris.

 

 

Le match en soi n’a rien eu d’intéressant, si ce n’est que McGillicutty et Harris ont paru bien empruntés, et que le booking des champions est toujours aussi étrange: on pourrait à la rigueur accepter l’idée de ces Comedy Champions invincibles si le petit se faisait ratatiner dans le ring avant que le grand ne lui sauve la mise, mais chez Vladino, c’est généralement l’inverse, et Santino score le pin vainqueur plus souvent qu’à son tour, ce qui s’est encore produit ce lundi grâce à un Cobra sorti tout droit d’un mauvais film d’Aldo Maccione. Mais la soirée pitoyable des enfants Perfect et IR$ n’était pas achevée puisque surgissait à toute berzingue une Vipère furieuse, qui les RKOisait tous deux en moins de temps qu’il n’en faut pour dire what the fuck!

 

 

Wesh gros, bien ou bien?

 

 

Les vipères, ça a la mémoire longue, et Orton n’avait donc pas oublié que la veille, le titre WWE lui avait échappé à cause d’une intervention de Punk et de ses sbires. Mais ça n’a pas la mémoire assez longue pour se souvenir que, il y a plus de deux ans de ça, le premier run de champion du monde du buveur de Pepsi s’était achevé à cause d’une attaque de… mais voyez plutôt (y a même de l’Eve Torres et du Manu dedans!).

 

Et comme les commentateurs ne s’en souviennent pas non plus, l’attaque de Punk et de son clan sur Orton reste pour l’heure inexpliquée. Quoi qu’il en soit, ça faisait quelques mois que Randy n’avait plus porté de punt kick, et ça le démangeait. Harris, le plus lent à se relever du RKO, allait donc déguster, quand Punk et le reste de ses troupes apparurent sous le titantron, menaçant Orton des pires représailles s’il lui prenait la fantaisie de décapiter Husky. On eut alors droit à l’un de ces grands numéros de cabotinage du Sons of Legends Killer (après les fistons DiBiase, Rhodes et McMahon, c’est maintenant le fils IRS qui déguste) et à un punt qui renvoie Harris à la FCW pour quelques semaines.

 

 

Vince McMahon avait le Kiss my ass club, Randy Orton a le Kick your skull club.

 

 

Orton s’enfuit prestement du ring sous la menace du New Nexus et chambra Punk du haut des travées. La transition de la feud Punk-Cena à une feud Punk-Orton est faite, et j’en suis personnellement ravi car il s’agit de deux de mes performers favoris. Qui plus est, il est toujours fun de voir une feud inversée (la première fois, Punk était face et Orton heel). Punk est suffisamment doué micro à la main pour cimenter définitivement le face turn d’un Randy toujours aussi populaire mais qui n’a pas eu de vraie feud consistante à se mettre sous la dent depuis son turn il y a maintenant près d’un an. A charge pour le maître du Nexus de nous pondre la semaine prochaine une de ces promos dont il a le secret pour lancer réellement une guerre qui devrait durer jusqu’à Mania, au moins.

 

 

Tain mais on voit rien d’ici. Y a vraiment des débiles qui paient pour des places à 150 mètres du ring?

 

 

Le temps de reprendre notre souffle et on voyait débouler Ted DiBiase et sa ryse. A l’instar de Daniel Bryan, Mark Henry, Tyson Kidd et de plusieurs autres membres du reste du roster de Raw, DiBiase aurait pu concourir pour se qualifier à l’EC, en temps normal: là, que dalle, il a été écarté du grand tableau sans la moindre explication. Naturellement, il tente alors d’acheter la place de Lawler, qui de toute façon, rappelle-t-il très justement, est vieux et n’a plus rien à foutre dans un ring. Naturellement, Lawler l’envoie chier. Naturellement, Ted lui met une claque. Naturellement, Lawler veut lui en coller une aussi, naturellement Ted se protège en se servant des airbags de Maryse en guise de bouclier humain, naturellement Maryse ne l’entend pas de cette oreille et lui colle une mandale, naturellement Lawler en profite pour mettre le jeunot KO… Et naturellement, on retrouvera Ted et Maryse le lendemain à NXT bras dessus bras dessous comme si de rien n’était.

 

 

– Lawler, donne-moi ton spot à la bataille royale, je t’offre un million de dollars en échange!

– Pour qui me prends-tu, petit con? C’est la chance de ma vie, je ne la laisserai passer pour rien au monde!

– Bon, alors j’échange ton spot contre dix minutes avec ma meuf.

– … Deal.

 

 

La WWE continuait à nous raconter des histoires de couple foireuses avec un match Bryan-Kidd dont le point focal était la jalousie des Bella, présentes à la table des commentateurs, à l’égard de l’amourette Bryan-Kim. Bryan gagnait le match en une minute, les Whores montaient dans le ring, catfight… Encore une grande soirée pour l’American Dragon, rien à dire.

 

 

Bryan Danielson. Submission Machine since 1980.

 

 

Tant qu’on en est aux séquences « légères », deux mots de l'atroce concours de danse décidé par l’AGM en remplacement d’un match prévu entre les Uso et l’athlétique duo Khali-Henry, et à l’issue duquel les béhémots démolirent les jumeaux avant que Khali… tente le tombé sur l’un des frangins. Ces deux mots, les voilà: quelle plaie.

 

 

A l’inverse de Mark, Khali n’a toujours pas compris comment danser un slow.

 

 

Un peu plus tôt, on avait assisté à un nouvel épisode de la série « rendons le Miz crédible en le faisant affronter des main eventers ». Pour le deuxième Raw de suite, c’est Edge qui s’y est collé, dans un nouveau « Champion vs Champion » (format qui devrait quand même rester un peu plus rare et, à tout le moins, servir de main event à un épisode de weekly…). Cette fois, nous promettait-on, il n’y aurait pas de DQ à la con, mais un match à la régulière. Fallait pas abuser: la WWE tient à protéger ses stars, et évite autant que possible à ses champions en titre de subir des défaites clean et sans bavure. Cette fois, le Miz aura l’excuse d’avoir été distrait par Cena, qui l’invectiva soudain depuis les travées. Survenant à la fin d’un bon petit match où Mizou travailla consciencieusement le bras gauche d’Edge, déjà endolori par Del Rio dans le segment d’ouverture, les hurlements du Marine permirent au champion WHC de placer un Spear fatal sur le champion WWE, réconforté après coup par Cole et Riley. Miz avait éliminé Cena du Rumble, a priori pour ne pas avoir à l’affronter à Mania, et l’histoire s’écrit donc d’elle-même, le Champ naturel faisant la chasse à l’usurpateur pour le déposséder de la ceinture au Grandest of them All. Reste à savoir comment la storyline s’entremêlera avec celle opposant Punk à Orton, puisque Punk et Cena n’en ont normalement pas encore tout à fait fini…

 

 

Hé mais on voit super bien d’ici! Merci la WWE! N’oubliez pas de passer au stand de merchandising!

 

 

Vickie apparaissait ensuite, promettant qu’Edge défendrait son titre à Smackdown dans des conditions encore jamais vues. En l’occurrence, ça sera un match à handicap opposant Edge et Kelly à Ziggler et Laycool, Edge perdant son titre en cas de défaite de son équipe, mais on vous en reparlera en temps voulu, de même que de Tough Enough, le show de formation des catcheurs en real tv qui fait son grand retour en avril pour remplacer NXT et dont il a été confirmé ce lundi qu’il serait animé par nul autre que Stone Cold Steve Austin! Les candidats straightedge doivent d’ores et déjà préparer leurs mentons aux Stunners qui les attendent.

 

 

Ah ça, ça va vous changer des épreuves à la con de NXT! Pour commencer, les bleu-bites, vous allez porter un tonneau de bière jusqu’à chez moi.

 

 

L’ancien comparse d’Austin au sein du Two-Men Power Trip a également de l’actu en ce moment. Ceux qui avaient été déçus de ne pas voir Triple H revenir au Rumble se consoleront en apprenant qu’il n’a pas perdu son temps pendant son absence puisqu’a été diffusée une pub pour son prochain film, le Chaperon, où il reprend son rôle de vampire bestial de Blade III et massacre les enfants à la fin, haha, je viens de vous spoiler, je suis diabolique!

 

 

Avouez que ça tape un peu plus que « The Game », « The King of Kings » ou « The Cerebral Assassin ».

 

 

Dans ce monde brutal et stupide, il reste heureusement quelques kilos de tendresse: celle affichée par les Laycool qui surent, comme de véritables babyfaces, se réconcilier backstage en dépit du finish frustrant de leur Title Match au Rumble. Frustrée, Natalya ne l’était pas: au lieu de chercher à obtenir un rematch contre Eve, la championne déchue fit de bonne grâce équipe avec celle qui venait de la priver de son titre… et qui se mangea après un match rigolo (Layla hurlant de peur à la vue de Nattie, alors qu’elle l’a pourtant combattue une dizaine de fois ces dernières semaines) un sévère finisher paraît-il emprunté par la petite Anglaise à Diamond Dallas Page. Ca ne nous en dit pas beaucoup plus sur l’état de la division féminine, mais pourquoi devrions-nous nous en préoccuper quand la WWE s’en fout? Il faudra bien un début tonitruant d’Awesome, Amazing ou Dashing Kong pour nous réveiller…

 

 

Exercice de gémoétrie: combien y a-t-il de triangles sur cette photo?

 

 

L’épisode s’achevait par un véritable morceau de bravoure: une bataille royale à sept rondement menée et que j’ai d’autant plus appréciée que je n’avais pas encore, à ce moment, fait le calcul et compris que Lawler allait forcément la remporter, me disant que Good Old JL n’était là que pour servir de chair à canon. Comme au Rumble, le match était illuminé par un John Morrison fantastique, qui réalisa en une soirée plus de sauvetages mémorables que dans toute l’histoire de toutes les batailles royales jamais tenues dans l’univers, s’accrochant aux cordes par les pieds, les mains, les dents, le sguègue, à tel point que je crus fermement qu’il serait impossible à ses adversaires de le foutre réellement dehors!

 

 

Après son imitation de Spiderman au Royal Rumble, retrouvez John Morrison dans son nouveau numéro: Quadrumane!

 

 

Mais la WWE sait faire monter notre impatience, et ce n’est pas encore aujourd’hui que l’être humain qui s’est le plus approché du gibbon s’incrustera au main event. Reste qu’avec des perfs comme ça, on ne peut pas croire qu’il demeure indéfiniment avec un palmarès vierge au plus haut niveau! En attendant, il fut sorti par cette grosse brute de Sheamus. Orton, lui, était obnubilé par Punk, qu’il élimina après l’avoir chassé de sous le ring (suis-je le seul à avoir pensé, quand Punk alla se planquer dans la maison d’Hornswoggle, qu’il y avait au préalable disposé tout son New Nexus et que c’est Mason Ryan qui en sortirait, un peu comme dans le fameux spot où Cedric the Entertainer se glissa sous le ring et Ezekiel Jackson en ressortit?). La joie de Randy fut de courte durée, puisque ce corniaud de Truth le jeta immédiatement dehors, avant de s’excuser, genre « non mais tu comprends Randy, moi aussi je veux la ceinture! ». Quel loser, ce Truth. Vous imaginez Orton s’excusant auprès de lui après l’avoir viré du ring?

 

 

Stupid! Stupid! Stupid!

 

 

Enfin, Sheamus envoya Lawler dans Cena, qui en chuta à l’extérieur, puis chargea le King, qui l’évita tandis que le Marine, resté au pied du ring, baissait opportunément la corde, offrant au sexagénaire une victoire qui me laisse pour le moins sceptique (un retraité de 61 ans, disposant de six stars dans la force de l’âge…) mais qui ne suffira pas à effacer l’excellente impression laissée par ce combat, bien supérieur au finish quelconque du Rumble de la veille. Lawler ira donc défier le Miz à Elimination Chamber, et au point où on en est, l’idée de sa participation à Mania n’est plus à exclure, même s’il me semble plus crédible que le Miz mette fin à ses rêves en le détruisant violemment, accroissant ainsi au passage sa heel heat déjà considérable.

 

 

 – Donc je résume: au lieu d'un match à six contre Orton, Cena, Morrison, Punk et Sheamus dans un Elilmination Chamber, tu défendras ton titre contre Jerry Lawler dans un match normal?

Oui. Je suppose que les autres l'ont sciemment laissé gagner parce qu'ils avaient peur de se retrouver enfermés avec moi dans la Chamber.

– Effectivement, je vois pas d'autre explication.

 

 

Enfin, l’événement principal de la soirée a peut-être été la diffusion en double exemplaire d’une vignette silencieuse apparemment tournée dans un squat désaffecté, montrant une silhouette en imperméable marchant lentement, avant qu’une date — le 21 février 2011 — s’incruste en chiffres tremblants sur l’écran.

 

 

Hé mais c'est l'Impact Zone!

 

 

Même si l’ambiance globale du clip et l’imminence de Wrestlemania semblent indiquer qu’on nous annonce le 1564ème retour de l’Undertaker d’entre les morts (mais alors, pourquoi serait-ce à Raw, le 21 février étant un lundi?), la rumeur est insistante: Sting, rien de moins, serait en route pour la WWE! N’ayant jamais regardé la WCW et la TNA, j’ai du mal à prendre la mesure d’une telle nouvelle, mais il semble que le Stinger soit le plus grand catcheur américain en vie à ne jamais avoir foulé un ring de la WWE. Et puis, Djobi Jobber se déguise en lui pour sortir acheter son journal, c’est bien la preuve que c’est une star. Son apparition ferait à coup sûr un sacré effet, même si on peut se demander à quel point il est encore valable dans le ring, lui qui a dépassé le demi-siècle. En tout cas, si ce n’est pas un leurre, l’adversaire de l’Undertaker est tout trouvé, d’autant que le show se tiendra à Atlanta, antre de la WCW…

 

 

– Sting? Ca c’est du guest host!

– Oh oui! Faut vite qu’on apprenne par cœur les paroles de Roxanne!

 

 

Résumons: ce show très dense a entériné le switch des storylines principales de Raw (de Orton-Miz et Cena-Punk à Orton-Punk et Cena-Miz); lancé le buildup d’un Del Rio – Edge qui peut encore achopper sur Elimination Chamber; offert à Jerry Lawler l’amorce d’un dernier (?) tour de piste; et laissé augurer d’une arrivée tonitruante lors du Raw du lendemain d’Elimination Chamber. Le reste est dispensable et oubliable. Il y a encore pas mal de taf à mon sens pour donner un goût de nouveauté à la feud Miz-Cena, pour créer de l’attente autour du match Lawler-Miz sans pour autant détruire la crédibilité difficilement bâtie du champion, pour porter la guerre entre Orton et le New Nexus à un niveau supérieur, pour inventer une utilisation digne de leur talent à Bryan et Morrison et pour justifier le push de Del Rio. Au boulot, les bookers!

 

 

– Dites M. Gerwitz, vous ne croyez pas que ça en fait un peu trop pour le retour de Skip Sheffield?

– Silence. Vince dit que ce mec sera une star.

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