Catch

Chambre de validation

Il suffit de prêter attention; les leçons viennent toujours quand vous êtes prêts, et si vous êtes attentifs aux signes, vous apprendrez toujours tout ce qui est nécessaire pour l'étape suivante.

Paulo Coelho, le Zahir


Avant cette Elimination Chamber, la WWE nous proposait quelques scénarios logiques dans l'optique de Wrestlemania (Miz-Cena, Del Rio-Edge, Punk-Orton, Jackson-Big Show) avec des scénarios annexes possibles qui auraient rebattus les cartes (Cena-Rock? Cena-Punk? Ziggler ou Christian dans le match pour le WHC? Nexus vs Corre avec ou sans Barrett et/ou Punk?) et donc beaucoup de questions (quid de Sheamus, de Triple H, Du Taker, de Kofi, de Dolph, de Bryan, de Barrett). Cette chambre accoucherait-elle de nouvelles feuds? Porterait-elle le lit de mort de certaines rivalités?  Ou serait-elle un simple lieu de passage, comme la pièce dans laquelle on ne fait qu'étape le soir avant de repartir le matin?

 

 


Le suspense était intense: allait-il y avoir des surprises ou pas?

 


Nalyse de Elimination Chamber

 


Mais avant de nous intéresser au PPV, et l'humeur du moment étant aux coups de gueule, je voulais pousser le mien. Certains penseront que je cherche à attirer des commentaires à tout prix, d'autres que je me force à aller faire de la controverse, ceux qui me connaissent sauront que je ne fais qu'exposer clairement ce que je ressens. Donc le thème du jour est: le come back du Rock. Le retour de l'idole de l'Attitude Era futt du pain béni et un feel good moment pour beaucoup, et je respecte cela. D'ailleurs j'aurais pu faire la Nalyse de la semaine dernière, mais sachant ce que je dirais, j'ai préféré qu'Axl fasse un papier enthousiaste que les millions de fans du rock apprécieraient. Je pense que vous le méritez bien. Mais voilà, je ne partage pas forcément l'enthousiasme général, et je voulais quand même exposer pourquoi.

 

 


Une étoile tombée du ciel? Ben fallait y rester…

 


Pour moi, le Rock est le heel ultime depuis son retour. Le type débarque en faisant hurler la foule, et pourrit deux des types les plus populaires de la génération actuelle avec des arguments complètement moisis. Et bien sur, cela fait hurler les foules de zombies que nous sommes… Franchement à son retour, il aurait pu choisir de nous parler de la couleur de ses chaussettes, de la culture du maïs dans le Nebraska ou du mode de vie des Papous, on aurait tous applaudi comme des névrosés en plein milieu d'une cure de désintox et devant une dose de coke. Et pour tout dire devant son discours, je me suis senti un peu comme un pacifiste assistant à l'émergence d'un dictateur ultra-charismatique comme l'histoire en a malheureusement vus quelques uns: entouré de concitoyens aveuglés par l'aura de cet homme. Pourquoi? Parce que  Rocky est un putain de lâcheur qui revient l'air de rien avec son sourire bright. Il nous a abandonné sans se préoccuper de nous, et se pointe la bouche en cœur après sept ans… Bon sang, les plus grosses haines naissent de grands amours contrariés, on est en plein là dedans!

 

 


Quoi, j'avais oublié de te rendre des vêtements?

 


Et derrière, crime parmi les crimes, il a entassé tous les impaires possibles à mes yeux. Pour commencer, il a fait de la pop de la plus facile des façons. Dans son cas je ne parle même plus de cheap pop, je parlerais de free pop, quand on voit la démagogie ultime qu'il nous a servie. "Je ne reviens pas pour l'argent": bien sur, j'imagine que tu reviens sans te faire payer. "Je ne reviens pas pour promouvoir un film": qui parie avec moi que Fast Five (le cinquième opus de Fast and Furious dans lequel Dwayne joue le méchant) sera curieusement largement promu lors des shows de la WWE? "Je reviens pour vous": le coup de poignard ultime de démagogie? Non car derrière il a fait pire que tout: "et je ne repars plus jamais". Si le mensonge, la tromperie ou l'hypocrisie on atteint des sommets dans l'histoire de l'humanité, je pense qu'on les dépasse tous… Bref ça commençait fort. Mais dans la foulée il a même réussi à faire pire encore. En s'attaquant au Miz et à Cena, ce fut l'orage tropical qui fit déborder le vase.

 

 


Quand mon ex se fout de mon actuel, ça me hérisse.

 


Sans parler du fait que eux sont là, alors que lui s'est éloigné de nous depuis belle lurette, ses arguments ont totalement touché le fond. Comment justifier qu'il s'attaque au "Awesome" du Miz quand lui même a un discours fait d'égocentrisme profond (je rappelle qu'on a affaire à un type qui parle de lui à la troisième personne et à côté de qui Alain Delon a l'air d'un débutant)? Sérieusement, se moquer des t-shirts de Cena quand on arrive soi-même avec un nouveau t-shirt promotionnel, justement disponible au wweshop.com pour la modique somme de 24.99$, et décliné en plusieurs modèles (sur lequel Rocky va bien sur toucher une belle part des bénéfices)? On achève le tout quand Rocky se moque ouvertement du "u can't see me" le jugeant ridicule, alors que ça catchphrase à lui est "if you smell what the Rock is cooking". Evidemment on ne touche pas au sacré, mais quand même… Bref, fin du coup de gueule, il fallait que ça sorte: je jetterai des cailloux sur le Rock dès que je pourrai, et je soutiendrai quiconque sera en face de lui (encore plus Cena ou Miz), car celui qui est un des trois catcheurs les plus marquants de l'histoire avec des facilités micro quasiment inégalées, ne saurait me persuader que le passé est supérieur au présent ou à l'avenir. La place est aux jeunes, et le top heel ultime qu'on vient de voir arriver a fait un boulot d'enfer pour paraitre un ange, mais je me sens bien seul dans ma lecture des faits.

 

 


Silver essayant d'éventrer le Rock et stoppé d'une main par l'ancien champion.

 


Ces considérations liminaires étant évacuées, nous allons pouvoir passer au PPV. Parmi les cinq matchs au programme, les deux chambres d'éliminations se partageaient la vedette. Les trois autres matchs faisaient plus office d'attractions secondaires, entre un Miz-Lawler qui tenait plus du match de gala pour le hall of famer, un Kofi-Del Rio sans titre en jeu pour occuper le vainqueur du Rumble, et un match tag team qui pouvait enfin permettre au Corre de récupérer les ceintures. L'an dernier, la chambre rouge avait ouvert la soirée, cette année ce fut un match simple, entre Alberto Del Rio et Kofi Kingston. Et cet opener fut vraiment bon: sans surprise le Mexicain l'emporta contre le Ghanéen toujours aussi bien soutenu par la foule. Dos Corones suscite encore assez peu de réactions (et même des mix pop-heat comme ici dans le sud des Etats-Unis), mais les choses progressent quand même, spécialement quand celui-ci se permet de faire de la cheap heat (il a parlé des pauvres gens de la ville d'Oakland). Or c'est justement ce qu'il aurait dû faire depuis bien longtemps: dans sa condition, il ne faut reculer devant aucun artifice pour faire hurler les gens et se faire haïr.

 

 


L'imitation du mîme Marçez (le cousin espagnol du mîme Marceau) tentant de passer la frontière américano-mexicaine, c'est un peu léger.

 


Les dix grosses minutes que durèrent le match furent sans surprise de bonne qualité. A mes yeux ça n'égale pas les openers mettant en scène Ziggler ou Bryan ces derniers PPV, mais ça reste très correct (Kofi est d'ailleurs un bon client pour faire ce genre de matchs). Ainsi Kingston, et surtout Del Rio nous présentèrent un nombre de mouvements assez impressionnant; je retiendrai entre autre l'espèce de codebreaker effectué par Del Rio sur le crossbody de Gentil Ghana (d'ailleurs dans la foulée, Kofi préféra tenter un dropkick plutôt qu'un crossbody une fois remonté au coin du ring…), le coup de poing de Kofi après s'être envolé depuis les turnbuckle, entre un whisper in the wind et le salto de Bryan, ou encore le neckbreaker de Dos Caras sur un Kingston groggy assis sur le turnbuckle et qui a un impact visuel impressionnant. Le tout s'acheva évidemment sur le dévastateur cross armbreaker du Mexicain. En bref, un bon petit opener de qualité.

 

 


Estar, o no estar en el main-evento de Wrestlemania, es la questiona!

 


Les deux autres matchs se situèrent entre les deux chambres. Comme prévu, le Corre remporta enfin les ceintures tag team au dépens de Vladino, qui aura bien fait le job dans ce rôle de comedy champions hors ring, mais ayant des matchs normaux. Le booking de Kozlov laisse un peu à désirer, mais bon, il aura donné plusieurs moments très drôles, et tant pis si il ne passe pas pour un monstre destructeur. Le travail au sol du début de match fut assez distrayant sans être révolutionnaire, et la construction de ce court match efficace. La bonne complémentarité des heels fit la différence avec des changements borderlines, mais efficaces, qui au final apportèrent la victoire à la stable de Smackdown! Gabriel semble toujours autant souffrir à chaque 450° splash, mais ce move reste fascinant. On peut enfin se tourner vers une feud Nexus-Corre dans l'optique de Wrestlemania.

 

 


Par contre Ezekiel est dépité: après la gimmick de babysitter de Kendrick, le voilà nounou de jumeaux qui ne se ressemblent même pas…

 


Dernier match hors chambres: celui pour le titre WWE entre le Miz et Lawler, précédé d'une excellentissime vidéo de promotion. Il existait un vrai suspense sur ce match: si une petite majorité des gens voyaient le champion l'emporter, la possibilité d'un court règne de Lawler, et surtout celle d'une victoire par DQ du hall of famer paraissaient possible. Le renvoi de Riley des abords du ring alla d'ailleurs dans ce sens, après plusieurs interventions illicites du suppôt du Miz quand même. Ces interventions pourraient d'ailleurs avoir pour but d'amener une confrontation entre Riley et Lawler à mania, qui serait une solution gagnant/gagnant pour tout le monde (un rêve accompli et une énorme pop avec la victoire avant de se retirer pour l'un, une expérience fantastique et de l'exposition pour l'autre). Miz l'emporta néanmoins clean après un combat de plus de douze minutes dans lequel Lawler ne fut pas ridicule du haut de ses 62 ans (huit de plus que Bret, et le même âge que Ric Flair pour situer).

 

 


Point noir: Jerry a récupéré le costume que même Sheamus a refusé pour le King of the Ring.

 


Ainsi Miz est sorti correctement de ce match un peu casse-gueule. L'alchimie fut très correcte avec un Lawler toujours autant apprécié, et le match distrayant (on aurait pu avoir bien pire!). Je pense qu'il a gagné de la heat dans cette feud, donc je valide son utilité au final. Je sais que le Miz a un certain nombre de haters ici et ailleurs, mais je continue de penser que son règne est très correct pour un premier règne de champion, j'imagine que la suite sera une petite apothéose pour lui et qu'il apprendra beaucoup dans les deux mois qui se profilent.


Le PPV nous offrit également deux segments micros assez intéressants, quoique reçus par la foule de manière diamétralement opposée (et sans doute dans les deux cas plutôt imprévue). Pour commencer, Vickie vint présenter ses excuses et supplier de reprendre dolph, et malgré son acting remarquable, elle déclencha une bronca assourdissante. C'est dingue de se faire huer à ce point, j'en suis à penser qu'un face turn est proprement impossible pour elle, ou alors qu'il devra se construire sur une impressionnante durée. Bref, pour une personne là "par hasard", la carrière de Vickie est vraiment exceptionnelle. D'ailleurs je suis certains que de nombreux catcheurs doivent faire attention à ne pas demander "excuse me" à la foule lors d'un segment micro sous peine de faire de la heat si l'expression est placée involontairement.

 

 


Excuse me, are we in San Diego?
*BOOOUUUU*

 


Si le segment de Vickie avait sans doute été prévu pour laisser un petit peu de doute à la foule ce qui fut raté, l'autre segment entraina également un bide. Booker T introduisit un autre coach de Tough Enough en la personne de Trish Stratus. Pour résumer, cette dernière est sans doute la Diva la plus marquante de l'histoire de la WWE (en tous cas la plus titrée), et elle récolta une pop très faible. Pire, son segment qui ne fut pas si mal et consista en une reprise des catchphrases marquantes de la WWE pour donner un résultat plutôt comique tomba à l'eau. Entre la volonté de ne pas se mettre en avant et un petit échec de sa part, Booker n'arrangea pas le segment. Bref, la foule passa complètement à côté et gâcha un segment qui aurait pu être LE feel good moment du PPV, ce qui est fort dommage. On revit cependant Trish un peu plus tard dans le segment cité plus haut mettant en scène Vickie. La veuve d'Eddie par ses implorations provoqua l'arrivée de Teddy Long, qui lui apprit surtout qu'il venait logiquement de refaire signer Kelly Kelly. Cette dernière voulut agresser la cougar, mais Laycool intervinrent pour aider leur amie heel, avant que Trish ne vienne jouer l'equalizer et que les face ne ridiculisent les heels. Trish qui portait des talons de quinze centimètres (ce qui parait proprement irréel vu le segment) botcha son rana (récupéré aussi bien que possible par Layla) et la fin célébrée entre Kelly² et la Stratus ouvre plusieurs possibilités, et confirma que la blonde est en plein push.

 



– Kelly, imite tout ce que je fais, et tu seras une grande championne!
– hi hi, keli, imit tou ce ke je fé, é tu sera 1 grand chanpione!
– … hé ben c'est pas gagné.

 


Restait les deux chambres d'élimination, qui ne laissons pas trainer un suspense inutile, furent toutes les deux réussies. D'autant plus réussies qu'à l'image des EC de 2010 ou des MITB de l'an dernier, on eut deux matchs très différents et qui donc peuvent difficilement être comparés et donnent la possibilité de les voir toutes les deux comme des succès sans souffrir d'être évaluées l'une par rapport à l'autre. Ainsi la chambre bleue nous proposa une très belle construction et se déroula harmonieusement et sans cassure de rythme, quand la rouge fut bien plus sujette à des OMG moments et des rebondissements inattendus. On peut déplorer le trop grand nombre de vitres de plexiglas cassées, mais ça reste un petit détail.

 



En cas de catastrophe naturelle, guerre ou invasion d'extra-terrestres: briser la glace.

 


Chronologiquement, la chambre bleue fut intelligemment placée la première. Rey et Edge ouvrirent et clôturèrent le bal, mais je reviendrai sur leur prestation en dernier. Wade Barrett (peut être mon catcheur préféré des six) fut le premier entré, et le premier éliminé (avec quand même quinze minutes de présence), ce qui ne l'empêcha pas de faire une très jolie prestation. Sa technique apporte à n'importe quel match, et si il ne sort pas grandi, il n'a pas non plus souffert. Kane entra après et resta jusqu'au top trois final, éliminant le Big Show et Drew avant de sortir sur un spear du champion (donc un build très solide). Si il ressort fort, sa prestation fut moins marquante qu'elle n'y parait à cause du Big Show (d'ailleurs la difficulté de booker un tel match avec deux géants montre encore plus la réussite de ce combat, si il était besoin). Mais le build de Kane ne parait pas innocent après une période de creux: est-ce en prévision d'un énième match contre son frère à Mania? Drew fut l'avant dernier entrant (et il avait avant le match eu droit à un segment intéressant avec Edge au sujet de Kelly Kelly et du titre WHC), et malgré mon léger désamour pour lui, je dois reconnaitre qu'il fut la grosse et bonne surprise de ce match.

 

 


Depuis que Drew est allé voir Kelly Kelly à la prison des femmes de Stamford, il n'est plus le même homme.

 


Malgré moins de huit minutes in ring, Drew développa une intensité rare. L'action où il jeta Rey la tête la première sur la vitre ou celle où il envoya Wade au travers d'une glace qui explosa illustrèrent bien cela. Juste avant, les deux britanniques avaient coopéré quelques secondes, mais McIntyre avait été le premier à trahir, highlander faisant sans doute payer à son voisin anglais quelques griefs millénaires. Le Big Show entra le dernier, et ne resta dans le ring que quatre minutes, qu'il mit cependant bien à profit pour littéralement détruire le leader officieux de Corre. L'envoyant d'abord à travers une glace (décidément!), il plaça une demi-douzaine d'atémis que Kenta Kobashi n'aurait pas désavoué avant de finir le travail d'un knock out punch. Mais derrière il encaissa quatre finishers et s'inclina assez vite. Reste donc à évaluer les deux top faces indestructibles de ce type de match pour la brand bleue depuis six moi, ceux qu'on avait retrouvé survivants à Bragging Rights ou pour leur équipe aux Series.

 



– Rey, tu te sens bien?
– Ca va, ça fait que 25 minutes et j'ai pris que 17 finishers…
– Ok nickel comme moi, encore six minutes, quatre spears et trois 619 et un peut arrêter…

 


A l'image d'un Big Show ou d'un Cena, les deux faces se relevèrent de tout, et il fallait fatalement quelque chose de "plus grand" pour clouer un des deux au sol l'infinité de temps que durent trois secondes. C'est le spécialiste du domaine qui saisit l'opportunité ultime pour l'emporter: quand Rey monta sur le turnbuckle pour placer un frogsplash fatal, Edge se releva à la vitesse de l'éclaire et coupa l'envol du Mexicain en cisaillant littéralement d'un spear le petit luchador. Il obtint le compte de trois et se révéla le premier champion depuis cinq ans à ressortir d'une chambre avec son titre (en même temps il venait de l'acquérir deux jours avant). Chacun des deux favoris de la foule avait passé plus de 31 minutes dans le ring, dont treize minutes seulement tous les deux, incluant le duel de fin qui se révéla le climax du match. Chapeau bas, messieurs.


La cerise sur le gâteau vit d'abord l'intervention d'Alberto Del Rio qui vint féliciter à sa façon son futur adversaire à Wrestlemania. Alors qu'Edge était en train de perdre son bras sur le cross armbreaker du Mexicain, retentissait un "Gooooo" familier qui fit bondir les fans de Christians (parmi lesquels je compte) de leur siège! L'autre Canadien arrivait secourir son frère, mettre une rouste à Dos Castagnettes avant de se faire virer de la cage par les arbitres (non sans avoir placé un killswitch pour facturer le déplacement). Edge finit le travail d'un spear (le 619ème de la soirée) avant de brandir son titre sous la musique de Christian qui continuait de jouer (et qu'au passage, Booker T a appelé Christian Cage, qui était son nom de scène à la TNA…).

 



Au moins j'ai pas botché autant que Ron Killings et… oops!

 


Dernier combat: la chambre rouge. Ce dernier avait été précédé de deux segments backstage: John Cena qui mangeait des céréales colorées (avec un slogan qui disait "Rocks your whole mouth") dans cette séquence digne du Palace of Wisdom tant les bookers avaient dû fumer pour en arriver là, et Punk dans une interview très quelconque et bas de gamme pour lui, se réduisant à "Cena est débile et je mène 3-0, je vais gagner ce soir". Bref rien de mémorable, si ce n'est que ça plaçait les deux favoris. Sur les six catcheurs impliqués, Truth fut le grand perdant de la soirée, ne restant qu'une minute le temps de distribuer quelques baffes et de se faire atomiser par Sheamus qui obtint le compte de trois sur lui. Visiblement il paye sa grave erreur d'il y a deux semaines, ce qui me parait normal si derrière cette histoire est oubliée. Sheamus fut le seul big man du match, et il tint son rôle à merveille! C'est clairement lui qui géra le tempo du match, étant là dès l'entrée et restant quand même 25 minutes dans le ring (seul Morrison fit mieux). Cela montre à la fois sa maturité et son talent, et je pense qu'actuellement c'est le type le plus mal utilisé de RAW comparativement à son niveau global, autant que JoMo. Une vraie feud pour aller vers mania serait appréciable, même si la minute de show vaudra très très cher lors des six semaines à venir le lundi.

 

 


Allégorie: libérez le booking de cet homme!

 


Randy Orton fit une prestation solide, sans être mémorable. Il devint surtout mon héros personnel l'espace d'une minute, éliminant CM Punk juste au moment de sa sortie de la cellule de plexiglas. J'explosai d'un rire mauvais, juste avant que Punk ne fut ramené dans le match par l'AGM, qui prend ici une décision bien étrange (un indice à venir sur son identité?). En tous cas ce retour de Punk fut une bénédiction pour le match tant son apport tout le long du combat fur parfait. Tout le long de sa longue période enfermée dans sa cellule de plexiglas, il cogna contre la paroi transparente, hurla sans arrêt à l'intention des autres catcheurs, lança des regards mauvais ou sadiques, bref il proposa une prestation gestuelle parfaite. Et dans le ring également, il apporta sa classe habituelle. Son alchimie avec Morrison promet de belles choses, et les deux hommes finirent d'ailleurs parmi le trio de fin. John, à l'instar de Punk, a enfin trouvé un personnage qui me plait énormément et me fait vibrer! Sa gimmick de parkour et son intensité commencent à accrocher les suiveurs. Même si son gros spot, le crossbody depuis le haut de la cage pour éliminer Sheamus, fut un léger raté visuel, l'idée de le voir sauter et s'agripper partout est excellente, et je pense qu'il est sur la bonne voie. Les bookers seront-ils de cet avis aussi? Cela reste l'éternelle question.

 

 


En bon heel, Punk chambre Morrison sur sa carrière en sommeil.

 


Reste John Cena qui à mes yeux a fait son plus mauvais match depuis des mois, voire même des années. Je sais que ça peut paraitre étrange venant de ma part, mais je l'ai trouvé totalement transparent dans ce combat. Alors que d'habitude il dirige ce genre de matchs, c'est ici Sheamus qui a fait le plus gros du boulot (avec JoMo). J'en suis presque à me demander si il ne traine pas un reste de blessure… Malgré tout il a gagné de manière assez prévisible le droit de défier le Miz à Wrestlemania XXVII. John est sans doute le meilleur vainqueur possible, et la feud contre le Miz avec un Rock qui gravite autour aura beaucoup d'intérêt à mes yeux, ainsi qu'à ceux de beaucoup de suiveurs. D'ailleurs je n'imagine pas forcément le Rock arbitre du match, peut être aura-t-il un autre rôle.

 



– Même pas en rêve!
– Ne t'inquiète pas Alex, personne ne viendra prendre ta place…

 


Au final je suis partagé entre deux sentiments: pour commencer celui d'avoir vu un PPV très propre, avec deux chambres solides, et trois matchs au rendu situé dans la fourchette haute des attentes qu'on avait pour eux. L'autre sentiment étant d'avoir vu un PPV écrit à l'avance sans réelle surprise. Le retour de Christian fait plaisir, mais l'impact fut modéré, et la surprise Trish fut un bide complet à cause de la foule. Les cinq résultats étaient ceux attendus par la majorité des suiveurs (comme le prouvera le nombre de perfects absolument hallucinant du concours de pronos) alors que des attentes possibles sonnèrent creux (Sting? Jericho? Triple H? Cena perdant et se retournant vers un match contre le Rock? Un entrant surprise dans une des chambres? Dolph apparaissant quelque part?). En conclusion ce fut un PPV solide, irréprochable même, mais vendant peu de rêve ou d'émotions inattendues. Ceux qui ont aimé diront que l'EC (ex-NWO) apporte rarement de grosses surprises et que les feuds sont souvent construites bien avant le PPV, les autres iront qu'on a d'habitude plus d'émotions quand même. Dans tous les cas, on peut au moins apprécier la solidité globale du PPV, et se dire que les semaines qui arrivent vont être chargées en surprises et retours réels ou fantasmés (Ziggler? Triple H? Taker? Jericho? Sting? Foley? Austin? Bourne?) à commencer par celles attendues à RAW dès lundi.

 

 


Et d'ici là, si un mec bizarre vous propose des bonbons aussi bariolés que ses vêtements, assurez-vous que c'est bien de la drogue avant de les accepter…

54 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut