Catch

Viernes

Ça dure à peine une semaine, Mais quelle semaine Et quel crescendo…

 

Luis Mariano, Mexico

 

Alors qu'Axl se fait bronzer les doigts de pieds en éventail à Acapulco (à moins que ça ne soit sur une plage de la mer des Laptev?), alors que McOcee met au point la nouvelle drogue qui envahira bientôt l'occident, alors que Spanish a bien mérité un peu de calme et de repos après une semaine chargée, alors que Silver est occupé à construire un stade de 120 000 places à Minecraft pour accueillir Wrestlemania XXIX, la situation est critique. La review de Smackdown! pourra-t-elle être livrée à notre public exigent et affamé de lectures de qualité? Oui car un superhéros est là pour sauver la situation: Lariatoman!!!

 

 

Après une préparation idoine, Gib est d'attaque pour rédiger!

 

 

Nalyse de Smackdown! du 25 février

 

 

Aujourd’hui, j’avais prévu de passer mon aprem tranquillement à écrire des lettres de motivations parce que j’ai désespérément besoin d’un stage en informatique (Gib luv games pour la pub subliminale). Mais avant de commencer à travailler, qu’est ce que je risquais à aller passer un bref bonjour aux CDC?


C’était sans compter sur l’arrivée en pleurs d’un rédacteur, qui m’accoste et m’implore de faire sa review à sa place parce qu’il ne peut pas la faire lui même. Et moi, grand seigneur, d’accepter, tout en sachant très bien que j’allais y passer ma fin d’après-midi. Mais pas trop grand seigneur quand même, puisque vous aurez cette semaine le droit à une review brut de décoffrage, écrite d’une traite, sans plan ni idée particulière. Ça lui apprendra.


Et commençons tout de suite par nous débarrasser des choses que je ne développerai pas.


-Il y a eu un match féminin, et un énième teasing de la séparation de Laycool.


-Ricardo Rodriguez n’est pas apparu de la soirée, et c’est une honte.


-Swagger est revenu sur nos écrans, et a fourni comme toujours un match sympathique contre Kofi Kingston, qui continue de se faire enterrer à la moindre occasion. La semaine prochaine, le verra-t-on avec un bandage à l’épaule et à la cheville se faire battre par Curt Hawkins?

 

 

Cette semaine, R-Truth s’est carrément planté de show

 


-On a eu le droit à un segment du RAW de lundi dernier, qui lui même contenait un segment du RAW du lundi précédent. Faut il y voir un hommage à Inception dans sa course aux Oscars ?


-Une autre vidéo récapitulative est venue mettre des mots sur la promo du Taker et d’HHH. Entre ça et le rappel de la mini feud Rock Cena, si le prochain RAW ne tutoie pas les 4 de rating je ne sais pas ce que Vince peut faire de plus.


-On parle d’un retour de Ross pour Wrestlemania. Dans ce cas, les commentateurs feraient ils exprès d’être insupportable afin de préparer l'évènement? Je comprends l’utilité d’une dualité heel/face derrière la table, mais pas celui de partir sans arrêts dans des “engueulades” et de détourner l’attention du match. Cole aboie comme un yorkshire en grosse parka à la moindre parole de Josh ou de Booker, et ce dernier ne fait aucun effort pour rendre sa voix de tondeuse à gazon compréhensible. Seul Josh s’en tire avec les honneurs, et est toujours là pour ramener l’attention sur le match quand il faut.

 

 

Tu crois qu'il dit que j'ai une voix de tondeuse à gazon parce que j'ai fumé trop d'herbe ?

 


Après un récapitulatif des évènements de la semaine précédente, Kane et Rey ont eu l’honneur de nous mettre en bouche pour le reste du show. On ne pourrait mieux décrire le match que l’a fait Chris Shore, journaliste de catch de son état : “On a déjà vu ce match une centaine de fois donc c’est un peu comme retrouver un vieil ami, pas fabuleux mais toujours agréable”. Et en effet on connaît maintenant la formule. Booyaka booyaka, boum les flammes, théorie des poteaux, Kane domine, sidewalk slam, dropkick to the knee, west coast pop, 619, emballé c’est pesé. Les deux vétérans connaissent leur job, et si il y a quelques mois c’est Kane qui avait besoin de prendre le dessus sur le luchador, c’est aujourd’hui l’inverse qui se produit, principe des vases communicants.


Venait ensuite une surprise: le gros Dusty, toujours aussi sympathique, même s’il ne daigna pas nous gratifier d’un petit pas de danse lors de son entrée. Le voila qui congratule Rey Rey dans le ring. Grosse suspension de l’incrédulité : toute l’arena et les millions et millions qui regardent à la maison savaient que le petit mexicain allait en prendre plein la face, et seul le candide Rey ne semblait se douter de rien.


C’est toujours un plaisir de voir le front de Dusty, vestige d’une époque pas si lointaine où on pensait encore que s’ouvrir le crâne et faire couler le sang de façon totalement improbable était une bonne chose. Je remercie chaque jour la si décriée Kidz Era pour nous avoir débarrassé de ce blading affreux, transformant nos superstars en véritables planches à découper. D’ailleurs, au Japon une planche à découper se dit “masatotanaka”, en référence au célèbre catcheur.

 

 

Qu’est ce qu’il dit? J’entends pas à cause du sang!

 


Retour à l’action, où papa Rhodes demandait dans un concert de zozotements à son fils de venir présenter des excuses au petit Rey. Smoking Mirrors, Cody arriva, fier et arrogant. Sauf que non justement: c’est un nouveau Cody auquel on a eu le droit, en proie au doute, hésitant et torturé. Et allons droit au but : il fut magistral dans ce rôle. Non pas qu’il ne l’était pas déjà lors de ses incarnations précédentes, mais il a réussi ce vendredi une partition peu courante et extrêmement difficile, celle du heel manquant de confiance en lui. Et là où Jericho nous régalait par ses mimiques et ses expressions faciales, Cody a su composer presque exclusivement avec le registre vocal. En une apparition, il a fait la transition avec sa gimmick précédente, définir son nouveau personnage, et lancer sur les chapeaux de roue sa feud avec Rey Mysterio. Car le segment s’est bien entendu terminé par un bon beating des familles, Cody allant même jusqu’à retirer le masque du luchador.


Alors certes, on pourrait se dire que ce n’est pas encore la gimmick qui durera et qui emmènera Rhodes vers les sommets de Smackdown. Mais si Cody est capable de s’adapter à chaque feud comme il vient de le faire en changeant totalement de registre, je signe tout de suite. Il n’est peut être pas du “championship material”, mais un homme capable d'insuffler une telle intensité à une feud de midcard est à mon sens presque aussi important que n’importe quel main eventer. Au Japon toujours, la qualité de son midcard et par extension de ses PPV est une des principales raisons qui ont fait de la New Japan Pro Wrestling la deuxième fédération au monde, reléguant la NOAH assez loin derrière, au roster pourtant plus fourni en main eventers légendaires.

 

 

Elle est pas encore au point sa gimmick de sosie d'Elvis à Cody.

 


De plus, un midcard solide me parait être une chose indispensable pour la WWE des prochains mois. Les vents du changement soufflent, et la fédération dans sa volonté d’amener de nouvelles têtes au sommet sera forcément obligée de proposer des main events et des feuds pour les titres qui manqueront un peu de panache. Il lui faudra alors toute l’aide des vétérans et des midcarders pour continuer à proposer un produit attractif et faire de l’audience.


Il était justement question de bâtir des nouvelles stars un peu plus tard dans la soirée, puisque Wade Barrett avait le droit à un match en tête à tête contre le Big Show, le reste du Corre étant banni des abords du ring. Match classique du Gros Spectacle, qui gagnera sur un étrange count out, empêchant Wade de rentrer complètement dans le ring et qui sera ensuite décompté à l'extérieur. Je ne sais pas quelles sont les règles “officielles” du count out, mais il semblerait en tout cas que laisser un bout de mollet en dehors du ring empêche l’arbitre d’arrêter le décompte.

 

 

Man-chest-er, c’est un peu la ville des poitrines viriles.

 


Vinrent ensuite les trois autres Beatles pour défendre leur John Lennon de leader. Et si ce segment nous appris bien une chose, c’est que le Corre n’est pas du tout ce qu’on veut nous faire croire. Le groupe n’est pas formé de quatre individus égaux. Wade, par booking et/ou par habitude agit toujours comme l’unique leader de la stable. Il est celui qui donne le signal pour rentrer dans le ring, et n’accordera plus tard qu’un intérêt tout relatif à Gabriel après que ce dernier ai subi ce qui n’est pas passé loin d’être un coup de chaise à la tête (ce qui aurait beaucoup énervé notre ami Chris Nowinski). Mais paradoxalement, je ne crois pas que ça soit Barrett qui soit au centre de toute cette histoire. Lors de son arrivée à Smackdown, tout le monde voyait son programme avec Show comme un moyen de le crédibiliser avant de se frotter au WHC ou à l’Undertaker. Mais j’en viens maintenant à en douter très fortement, et à remettre en question mes doutes initiaux: et si le point central de la feud n’était pas Ezekiel Jackson? Il est le seul des quatre à n’avoir jamais lutté en solo récemment, et a toujours été préservé.


Alors que Barrett aura toujours la possibilité de s’élever grâce au micro, il est indispensable de bâtir le personnage de Zeke dans le ring. Et si les big men enchaînent d’habitude les squashs pour gagner en crédibilité (cf Sheamus avec Bourne et Bryan), la WWE sert carrément le face actuellement booké le plus fort du vendredi à Zeke sur un plateau d’argent. Si le travail est bien fait, comme je pense qu’il le sera, le Corre ne servira pas d’excuse à Show en cas de défaite contre Jackson. Au contraire, je vois les attaques du Corre plus comme une façon de “builder” Show, pour ensuite mieux être mis à mal par Ezekiel. A WrestleMania ? Peut être bien, il reste assez de temps pour construire l’affiche (que je trouve bien plus intéressante qu’une opposition Corre/Nexus, dont je ne vois absolument pas la raison).


A peine le temps de dire “what’s up Green Bay” que voilà le main event de la soirée, qui a vu la délicieuse Vickie se trouver un nouveau chevalier servant en la personne de Drew Mac, sans doute attiré par la perspective de pratiquer quelques malencontreux attouchements sur Kelly Kelly. Et l’enjeu était de taille pour la veuve, puisqu’en cas de défaite elle devait quitter la WWE. Autant le match en lui même était oubliable, se terminant sur un double spear de Barbie et Edge, autant ce qui l’entoure était intéressant. Premièrement, l’ascension soudaine de Drew dans le haut de la carte s’est plutôt bien faite, et personnellement je n’ai même pas tiqué alors que l’homme luttait encore à Superstars il y a quelques semaines. A la différence de Kelly Kelly, qui même sous le feu des projecteurs ne semble pas plus intéressante, et fait un peu tâche.

 

 

Les spears d’Edge sont de plus en plus mous.

 


Le deuxième élément notable de cette fin de show est bien évidemment la prestation de Vickie. Impossible déjà de ne pas remarquer son excellente forme, elle qui a sûrement du faire de gros efforts pour paraître aussi bien dans un costume aussi serré (rendant par la même occasion toutes les blagues sur son poids assez difficile à comprendre…). Et le fond s’est allié à la forme, puisqu’elle nous a gratifié d’une incroyable séquence, qui l’a vue tour à tour supplier Teddy Long, Scott Amstrong, Booker T, Cole, le cameraman et enfin Edge de ne pas la renvoyer, en pleurant, implorant et criant qu’elle avait besoin d’une nouvelle chance. Ce à quoi Edge, dans sa grande mansuétude, répondit en faisant chanter l’arena.


En guise de conclusion, le show se termina par une attaque de Del Rio sur le champion. Cela semble marquer la fin du programme avec Vickie et Ziggler et enfin lancer celui avec le mexicain en vue de WrestleMania. Toutes les possibilités sont ouvertes quand à la destination de Vickie et Ziggler. RAW? Seront ils toujours ensemble? Vickie va-t-elle même revenir à l’écran? Les paris sont ouverts.


Quand à l’attaque de Del Rio, c’est un peu léger pour un build en vue de WrestleMania. Il va falloir que les bookers nous proposent mieux que ça pour enfin donner de l'intérêt à ce match. Mais cette intervention va me permettre de faire une habile transition vers un point spécial que je voulais aborder avant de terminer cette courte review par intérim.

 

 

C’est Silver qui aurait dû faire cette review, alors, hommage.

 


On parle beaucoup en ce moment de fin de la Kidz Era, de renouvellement de roster, de changements en interne… J’aimerais y ajouter ce que j’appelle un peu prétentieusement la World Era (si jamais, vous vous rappellerez que c’est ici que vous l’avez entendu en premier). La WWE, maître absolu en son pays, est peut être en train de chercher de nouveaux terrains à conquérir. La Grande Bretagne par exemple, où, affront suprême, la TNA a plusieurs fois fait de meilleures chiffres qu’elle. Et où justement cette dernière a décidé d’ouvrir une école de lutte dans le but d’envoyer plus de britanniques aux USA (parenthèse dans la parenthèse, il me parait incroyable que la WWE n’ait pas cherché à recruter un indien plus doué que Khali, vu de l’extérieur, le marché parait fantastique).


Mais encore plus que la perfide Albion, l’Inde ou le Zaïre, le marché que la WWE cherche à tout prix à conquérir est bien le Mexique. Pensez donc, un pays de plus de 110 millions d’habitants, à la frontière des Etats-Unis, qui possède déjà un amour presque religieux pour la lutte, et où Smackdown et RAW font plus de 8 (!) de ratings? Les officiels ne s’y sont pas trompés, et au lieu de simplement remplacer le vieillissant héros national Rey Mysterio, ils ont carrément décidés de tenter une OPA sur la Lucha Libre. Tout d’abord en recrutant deux des plus grandes stars du pays, Dos Caras Jr, plus connu sous le nom d’Alberto Del Rio à la WWE, et Mistico, le John Cena local, qui vient d’être signé et introduit en grande pompe par Jim Ross himself sous le nom de Sin Cara.

 

 

Au Mexique, il est de tradition de porter du PQ autour du cou avant un combat important.

 


Mais la fédération a déjà commencé à faire les yeux doux aux mexicains justement, comme un signal marquant le début d’une nouvelle politique. En pushant Alberto Del Rio comme jamais évidemment, gratifiant l’ancien luchador d’un main event à WrestleMania à peine plus de six mois après ses débuts. Mais aussi en faisant retirer à Cody le masque de Mysterio, lançant une véritable lucha de apuesta entre les deux hommes masqués, les arbitres allant même jusqu’à couvrir la tête du luchador avec des serviettes pour préserver le secret, geste typique s’il en est. Ce genre de feud est extrêmement populaire au Mexique, et aboutie à des mythiques matchs mask vs mask (ou hair). Je rajouterais bien qu’on a même eu le droit à une apparition de Rosa Mendes, mais elle est canadienne…


Il n’empêche que dans ces conditions tout fan de catch ne peut qu’attendre avec impatience les débuts du prodige Sin Cara, probablement à Smackdown, où il viendra rejoindre Mysterio et Del Rio. Si vous n’êtes pas familier de la Lucha Libre, je vous invite à lire l’article de la SpanishAnnounceTable paru il y a peu, présentant un florilège choisi de grands luchadores. D’ailleurs, j’en profite pour l’exhorter à nous en faire une suite plus complète présentant la Lucha en général, la période me semble appropriée!


Quand à moi, j’attends que la WWE s’intéresse à mon Japon chéri. Et quand ce jour béni arrivera, nous aurons des tournois quatre fois par an, une ceinture Cruiserweight de retour, un Go Shiozaki champion WHC, des chops battles à en faire exploser les pectoraux de Cena, et surtout, surtout, des vraies Lariats à vous en péter la mâchoire!

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