Catch

Les derniers dinosaures

Depuis la nuit des temps jusque sous les projecteurs

Il met dans notre vie un peu plus de bonheur.

Rage Against the Machine, Denver, le dernier dinosaure

 

Mis à part quelques marks absolus des deux ancêtres, la feud entre l’Undertaker et Triple H déçoit jusqu’ici l’immense majorité des suiveurs. Paresseusement construite, tombée de nulle part, répétitive dans son développement, dénuée de tout suspense quant à son issue, cette montagne paraît accoucher d’une souris. Pourtant, il aurait été possible de rendre l’affrontement autrement plus attrayant. En avant pour un rappel des épisodes précédents de la Streak et pour un peu de fantasy booking, y a pas de mal à se faire du bien (mais attention, à hautes doses, ça rend sourd).

 

 

C’est qui le plus fort, l’éléphant ou l’hippopotame? Non parce que l’hippopotame, il est vachement fort quand même.

 

 

La feud Undertaker / Triple H : historique et fantasy booking

 

 

Dix-huit cercueils dans le jardin de l'Undertaker

 

Chaque année, la WWE est confrontée à une sorte de quadrature du cercle. Comment booker le match de l’Undertaker à Wrestlemania? Comment créer l’intérêt du public autour d’un combat dont l’issue semble par définition jouée d’avance? Il s’agit de l’un des problèmes les plus fascinants à régler pour les bookers de Stamford, et force est de constater qu’ils ont, en la matière, connu des fortunes diverses depuis que le concept de Streak a été mis en avant, il y a maintenant de longues années de ça.

 

Il semble que c’est seulement lors du buildup de Wrestlemania X-Seven, en 2001, qu’on a réellement commencé à souligner l’invincibilité de l’Undertaker à Wrestlemania. Pourtant, il affichait déjà un monumental 8-0 au compteur, depuis ses débuts à Wrestlemania 7, en 1991. Mais il faut croire que, jusqu’en 2001, les scripteurs n’avaient pas jugé bon de bâtir ses feuds autour de la volonté de ses adversaires de mettre fin à cette série. Evidemment, cela se comprend pour les premières années, quand les chiffres n’étaient pas encore très impressionnants. Il aurait été quelque peu ridicule de parler de streak au milieu des années 1990, quand les victoires de l’Undertaker à Mania, obtenues contre Jimmy Snuka en 1991, Jake Roberts en 1992, Giant Gonzales en 1993 et King Kong Bundy en 1995, se comptaient sur les doigts d’une main de Mickey Mouse.

 

 

Le dernier dinosaure face au premier homme de Neandertal.

 

 

On aurait cependant pu commencer à insister sur ces résultats au cours des années suivantes, mais dans la seconde moitié de la décennie, les feuds du Taker au moment de Wrestlemania se suffisaient à elles-mêmes. En 1996, il affronte Diesel, un vrai main-eventer qui lui a coûté le titre WWF peu avant (5-0). En 1997, il va à Mania en tant que challenger au titre suprême, qu’il arrache à Sid Vicious, lequel se défèque dessus lors du Chokeslam final, si l’on en croit la légende (6-0). En 1998, première confrontation avec son jumeau maléfique Kane: le buildup se suffit à lui-même (7-0). En 1999, il écrabouille le Big Boss Man dans un Hell in a Cell, sans que le buildup ne se fonde sur son palmarès Wrestlemaniaque — il est plutôt question, à ce moment-là, de stables dominantes, à savoir The Ministry et The Corporation (8-0).

 

 

Haha, c'est bon pour mes récoltes de mandragore, ça.

 

 

En 2000, le Dead Man passe son tour sur blessure, et on arrive donc à 2001 et Wrestlemania X-Seven, généralement considéré comme l’un des tout meilleurs Mania de l’Histoire. Dix ans avant le Wrestlemania qui nous intéresse en ce moment, l’Undertaker va faire face à Triple H, à la suite d’un buildup étrangement similaire à l’actuel: Hunter déclare qu’il a battu tout le monde à la WWF, qu’il est le King of Kings, le Game, blablabla, vous connaissez la chanson; le Taker (en mode Badass) en prend ombrage et rappelle que Trips ne l’a jamais battu, lui. Il y aura donc un match pour l’honneur, pour la suprématie… et, pour la première fois, pour la Streak. Top heel de la fédération, HHH est dans la meilleure période de sa carrière et apparaît comme une menace réelle. Les bookers décident d’offrir la victoire à son adversaire, cimentant définitivement la relation magique liant l’Undertaker et le plus grand show de l’année (9-0).

 

 

Suffit de rajouter un X avant X-Seven et hop, on tient une affiche d'actualité en 2011.

 

 

Dès lors, le problème évoqué en introduction du présent article est posé. Comment faire accroire que l’Undertaker peut être vaincu? Simple: chaque année, on le fera affronter un nouvel adversaire, qui amènera chaque fois quelque chose de nouveau. Chaque fois, l’Undertaker devra faire face au catcheur « le plus » quelque chose. En 2002, il se fade le plus titré, en la personne de Ric Flair, le « Dirtiest player in the game », dans un match sans disqualification propice à tous les low blows et à tous les run-ins. Tout cela ne manquera pas de se produire, mais le Phenom a évidemment le dernier mot (10-0). Il n’empêche que l’idée est bonne : si quelqu’un peut vaincre le Taker à Wrestlemania, c’est bien le fourbe et inventif Naitch…

 

 

Ric Flair… You shall woo in peace.

 

 

2003: étrange année pour le Taker, et étrange buildup, puisqu’il est initialement prévu que sa Streak soit mise en jeu… dans un match par équipes! Associé à Nathan Jones (who?), il doit affronter l’équipe de barbaque Big Show – A-Train. Jones blessé en kayfabe par le duo heel (apparemment, les bookers ont au dernier moment douté de la capacité du rookie à participer à un match de Mania), notre cadavre préféré met ses burnes mortes sur la table et défie quand même ses deux ennemis, dans un match à handicap. Il gagne, of course (11-0). Il n’empêche que l’idée est bonne: si quelqu’un peut vaincre le Taker à Wrestlemania, c’est bien le « plus grand athlète du monde » allié à un autre colosse…

 

 

– Hé gros, t'aurais pas dû venir seul.

Mais je suis avec A-Train!

– Oui, c'est ce que je dis: t'aurais pas dû venir seul.

 

 

En 2004, Kane obtient son match revanche. C’est la première fois que le Taker retrouve un adversaire déjà vaincu à Mania. Mais c’est particulier, vu que c’est Kane, vu qu’il est démasqué, et vu que le public peut croire que la WWF a l’intention d’offrir au gros truc rouge un super-push, et quoi de mieux, pour cela, que de lui permettre de sortir définitivement de l’ombre fraternelle? Taker gagne (12-0), mais l’idée est bonne, etc.

 

 

Pauvre Paul Bearer. C'a dû être légèrement pénible de les gérer quand ils étaient gamins.

 

 

Nous sommes maintenant en 2005 et la Streak est réellement colossale. 12-0 à Mania, mazette. L’IWC est constituée depuis des années, et les débats font rage. La Streak devrait-elle un jour être rompue? Si oui, par qui? Un consensus paraît se dégager, consensus qui semble encore en vigueur aujourd’hui: si la Streak doit s’achever, ce doit être pour mettre over la prochaine mégastar de la WWE. A cet égard, certaines rumeurs affirment que si Brock Lesnar — un type à la fois jeune, extraordinairement puissant et extrêmement technique, et qui plus est tout à fait charismatique — avait décidé de rester à la WWE, l’honneur de mettre fin au règne de l’Undertaker aurait pu lui revenir.

 

Mais faute de Brock Lesnar, parti un an plus tôt, un nouveau petit jeune chaud comme la braise enflamme les salles. Randy Orton, 25 ans, devenu l’année précédente le plus jeune champion du monde de l’histoire de la WWE, semble voué à la grandeur. Il est beau, il est né dans le business, il est suffisamment costaud pour correspondre à l’idée que Vince se fait de ses champions… Et nous sommes à une période charnière, quand la WWE n’a pas vraiment un « visage » nettement identifié (Austin et le Rock ne sont plus là, Lesnar a fait défection, Kurt Angle est encore dans la place mais il a déjà 37 ans, et les vieux soldats Triple H, Michaels et l’Undertaker lui-même peinent à incarner la nouvelle vague). C’est l’époque où John Cena, Edge et Batista accèdent à peine au main event, l’époque où on s’interroge sur le potentiel de main eventer d’un Shelton Benjamin, bref l’époque apparemment propice à un coup de tonnerre qui sacrerait un nouveau mâle alpha. L’Undertaker a 40 ans et a tout prouvé et tout gagné; n’est-il pas temps de transmettre le flambeau à celui qui, ça tombe bien, est surnommé le Legend Killer? Finalement, non, le croque-mort gagne encore (13-0), mais le doute avait bel et bien été instillé dans l’esprit de bon nombre de suiveurs.

 

 

 

 Comme ça, Randy. Sors bien la langue.

 

 

En 2006, la WWE tente de nous faire croire que la Streak peut être brisée par Mark Henry dans un match du cercueil. Lue aujourd’hui, l’idée prête à sourire. A l’époque aussi, il est vrai. Mais la vraie idée n’était pas tant de nous convaincre que Big Mark représente un danger pour la série en cours que de renforcer la Streak d’une unité en donnant à manger au Taker un nouveau mastodonte. 14-0.

 

 

T’es peut-être the World’s Strongest Man, mais je suis le World’s Strongest Mark!

 

 

2007, et s’avance Batista, champion du monde poids lourds en titre, au faîte de sa popularité. A un tel point que le Taker doit venir le chercher, cas rare (généralement, ce sont les autres catcheurs qui font des pieds et des mains pour obtenir un match avec lui). Pour cela, le cadavre gagne le Royal Rumble et défie donc la bête à Mania. 15-0, au bout d’une rencontre épique au cours de laquelle la brutalité de Batista a parfois laissé augurer sa victoire (d’autant que les smarts savent bien que Vince n’aime rien tant qu’un big man stéroidé à bloc, et envisagent donc la possibilité que la streak en reste là).

 

 

 

Questions pour un champion, nous jouons pour le 9 points gagnants. Comment appelle-t-on un animal se nourrissant de cadavres? Ouuui, un charognard, bravo!

 

 

L’année suivante, on retrouve un adversaire comparable à Ric Flair, mais en deux fois plus jeune. Et en plus, il ne vient pas seul. Edge est roublard, opportuniste comme pas deux, et peut compter sur le soutien de la Familia, Vickie en tête, ainsi que sur le sens du sacrifice de ses Edgeheads. On prend donc un catcheur supposément inférieur au Taker, mais on le renforce significativement en lui conférant un gros pouvoir backstage et des esclaves dévoués. Ca ne suffira pas, évidemment (16-0), mais comme avec Mark Henry, la Streak s’est accrue d’une unité, c’est toujours ça de pris (et le match est très fun, évidemment).

 

 

 

Curt Hawkins imitant Zack Ryder imitant Edge imitant l'Undertaker.

 

 

Enfin, vous avez tous en mémoire les deux derniers matchs de l’Undertaker à Wrestlemania. La première fois, le buildup est centré sur le fait que le Taker n’a jamais battu Shawn Michaels et que ce dernier est « Mr. Wrestlemania ». C’est donc une question de prestige entre deux légendes du business, qui soulignent leur respect réciproque et combattent pour la gloire. Une fois le 17-0 obtenu, Michaels refuse d’en rester là et, l’année suivante, met carrément sa carrière en jeu. Cette fois, le suspense est au rendez-vous: Michaels, ce soldat dévoué de la WWE, ne va-t-il pas se voir offrir l’ultime consécration, à savoir l’honneur de mettre fin à la Streak? Est-il vraiment possible que l’immense carrière du Kid se brise ce soir? La preuve du retour du suspense, c’est notre concours de pronos. 247 votants, et « seulement » 68% de voix pour l’Undertaker, ce qui semble faible étant donné que la Streak est assurément intouchable.

 

 

Perché!

 

 

Résumons. Depuis que la Streak est présentée comme telle, l’Undertaker a toujours battu un adversaire présenté comme étant « le plus » ceci ou cela. Cette exceptionnalité conférée à ses proies avait un double but: d’abord nous convaincre que la Streak était en danger, puis nous montrer à quel point elle est monumentale, puisqu’elle n’est pas obtenue contre des jobbers, mais contre des adversaires hors normes. Depuis Mania 17, donc, le Taker a successivement vaincu le catcheur le plus dangereux (Triple H); le plus titré (Ric Flair); le plus colossal (le combo Big Show – A-Train); le plus déstabilisant pour lui (Kane); le plus prometteur (Orton); le plus fort (Henry); le plus puissant (Batista); le plus vicieux (Edge); et le plus talentueux (Michaels, deux fois).

 

 

Ma, il n’a jamais osé affronter le plus rigolo!

 

 

Et nous voici donc en 2011. La Streak est immense, majestueuse, éternelle. Nous en sommes à 18-0. L’Undertaker n’a plus beaucoup d’années devant lui. Il semble évident qu’il va aller vers le 20-0. Cette année apparaît comme une année de transition, avant un match à Mania 28 qui devrait voir le Dead Man arriver à ce 20-0 qui, avouons-le, aurait une sacrée gueule. La solution de facilité serait d’en prendre son parti et de lui filer une proie sortie des rangs des jeunes pousses actuels: à ce stade, le seul fait d’affronter le Taker dans son jardin représente un accomplissement majeur. Evidemment, personne ne croirait qu’un jeune (Punk, Barrett, Sheamus, Bryan, Morrison, Swagger, McIntyre, Kingston…) aurait une chance de l’emporter. Mais une bonne perf face à la légende leur donnerait déjà de quoi se la péter pendant un long moment.

 

Ou bien il y a l’autre solution: lâcher les chevaux et vraiment nous faire croire que la Streak peut être brisée. C’est une gageure. Mais ç’aurait été possible. Y compris avec l’adversaire choisi.

 

 

Bien, y en a deux qui suivent!

 

 

 

Les options possibles

 

Il existe, en gros, deux catégories de suiveurs. Les marks et les smarts (je laisse de côté les smarks, groupe bâtard qui, à mon sens, constitue une branche du smartisme). Les marks prennent le catch plus ou moins au premier degré, et croient à peu près ce que la WWE leur demande de croire. Ils ne s’intéressent pas spécialement aux rumeurs backstage, ils se foutent de l’existence des bookers et du fonctionnement réel de la fédération, ils suivent le show comme un feuilleton sans chercher à savoir si une fois les caméras éteintes, les acteurs continuent de faire copain ou non. Les smarts, c’est vous et moi, à savoir ceux qui lisent des tas de sites Internet consacrés au catch et adorent s’interroger sur le booking et juger chaque match et chaque storyline à l’aune d’un ensemble complexe de critères.

 

Il est relativement facile pour la WWE de régler le problème posé par la Streak du Taker par rapport aux marks: faites dire à l’adversaire qu’il ne craint pas le Taker et qu’il est certain de le battre, faites dire au Taker qu’il respecte l’adversaire et n’a jamais affronté un tel défi, mettez le challenger over via des matchs, des promos et des vidéos à sa gloire, et hop, vous avez un combat où, pour reprendre les termes employés chaque année par Jerry Lawler, « never has the Streak been in a bigger jeopardy ».

 

 

Oui, je l’avoue, Primo Colon est un défi immense, aglagla, j’ai peur.

 

 

Il est bien plus compliqué de duper les smarts. Ceux-ci — on l’a vu plus haut dans le passage consacré à la tentative de Randy Orton — estiment en majorité que la Streak ne sera jamais brisée. Dans des décennies, affirment-ils, elle constituera encore un sommet enneigé que les gens de Stamford désigneront comme une cîme indépassable aux jeunes spectateurs de 2050: tu vois, y en a un, il a fini avec 20 victoires pour zéro défaite à Mania.

 

Mais si la Streak doit être brisée, enchaînent les smarts, ce sera nécessairement par l’homme qui incarnera le futur de la WWE. En plus, rappellent les experts de l’histoire du catch, les plus grands partent généralement sur une défaite, après avoir mis un adversaire over, c’est la tradition. L’Undertaker, dont on connaît le respect pour la tradition, serait apte à se coucher une fois, rien qu’une seule, à Wrestlemania, si les circonstances sont réunies: un adversaire populaire, en lequel la WWE aurait toute confiance (pas un Rock ou un Lesnar prompt à se barrer pour aller brouter de plus verts pâturages, ni un Jeff Hardy ou, à Dieu ne plaise, un Chris Benoit complètement accro à diverses merdes), et qui serait « digne » à ses yeux de rompre sa légendaire série.

 

Un nom émerge de cette réflexion: John Cena. Il est encore jeune, il est l’incarnation de la WWE, il lui est fidèle, c’est le top face, et ce serait l’occasion rêvée pour lui, le cas échéant, d’accomplir ce heel turn que beaucoup de monde appelle de ses vœux depuis maintenant un certain temps. Les autres noms sont écartés de toute réflexion sur une éventuelle rupture de la Streak. Ils sont soit trop vieux (Triple H, Kane, Big Show), soit ne sont pas des stars d’un calibre suffisant pour obtenir ce bâton de maréchal (Orton, Edge, Punk…), soit ne sont pas là depuis assez longtemps pour que la WWE leur offre son bien le plus précieux (ça vaut pour les Bryan et Barrett, mais aussi pour d’éventuels grands noms des autres fédérations susceptibles de débarquer un jour à la WWE).

 

 

Yo yo yo, Taker t’es tout donbi / Je vais botter ton cul de zombie / Et après t’auras bien les boules / Quand je me casserai avec Michelle McCool!

 

 

Mais Cena n’est pas l’homme choisi par la WWE pour cette édition. Non, cet homme, c’est Triple H. Et de mon point de vue, Triple H est le seul homme, avec Cena, à pouvoir réellement faire peser sur la Streak une menace crédible. Seulement, ce n’est pas possible au vu de la construction pour laquelle la WWE a opté: un duplicata quasi-conforme des feuds Undertaker-Michaels. Deux légendes, qui ont tout gagné, tout prouvé, et qui s’affrontent pour la gloire. Merci, on vient d’y avoir droit deux fois de suite. Même la légère nuance (là où le build de Michaels mettait l’accent sur ses sensationnelles qualités de catcheur et sa résistance surhumaine, celui de Triple H insiste sur sa capacité à détruire l’adversaire sans émotion aucune) n’y change rien: tel qu’il est parti, le buildup nous conduit tout droit à un match de Mania dénué de suspense, qui verra 95% de nos pronostiqueurs voter à raison pour l’Undertaker. Or il y avait un moyen de faire autrement plus convaincant.

 

 

Non Hunter, pas forcément la roulette russe.

 

 

 

How to play the Game

 

Question: comment nous faire croire, à nous autres smarts — une catégorie difficile à quantifier mais qui représente tout de même une partie non négligeable du public —, que Triple H représente un danger pour la Streak de l’Undertaker? Réponse: en mettant en avant tout ce que l’IWC pense de Triple H. A savoir qu’il s’agit d’un type à l’ego monstrueux, qui se considère (à tort) comme le plus grand catcheur de sa génération, qui refuse de laisser les autres lui faire de l’ombre, et qui est prêt à employer toutes les gigantesques ressources backstage dont il dispose pour se mettre lui-même over. Car Triple H est, rappelons-le à ceux qui aurait vécu dans une grotte depuis dix ans, l’époux à la ville de Stephanie McMahon et un membre éminent de la creative team. Si d’autres catcheurs, comme l’Undertaker lui-même, John Cena ou Randy Orton, semblent également avoir voix au chapitre quand sont prises les décisions relatives au booking, personne ne dispose de l’influence de Triple H. Mon idée est donc simple: assumer ce personnage de népote obnubilé par sa propre grandeur, frustré de ne jamais encore avoir réellement eu de véritable « Wrestlemania moment » et prêt à tout pour apparaître comme la star de la WWE sur le Grandest Stage of them all (rappelons-nous de ses victoires controversées ces deux dernières années, contre Randy Orton et Sheamus: s’il a accepté de s’incliner contre eux au ppv suivant, il a cependant gagné à Wrestlemania, alors que ses deux adversaires avaient alors plus besoin de la victoire que lui). Un tel homme peut battre la Streak. Pourquoi? Parce que, in fine, la Streak est une réalité kayfabe dont le destin appartient en partie à ce membre important de la creative team qu'est Triple H.

 

 

– Chérie, que dis-tu de ça: tu me laisses battre l'Undertaker à Wrestlemania, et en échange je t'offre une Smartbox "soins thalasso pour elle"?

– Hmm… OK!

 

 

Il s’agit donc, dans les semaines précédant Wrestlemania, de présenter un Triple H débordant de frustration et prêt à tout, absolument tout, pour régler une fois pour toutes la question de la suprématie à la WWE. Pour cela, il faut qu’il revienne en heel furieux, qu’il enterre plusieurs adversaires de qualité et qu’il soit booké monstrueux lors de la route vers Wrestlemania. Il faut aussi, très important, que des rumeurs savamment entretenues fassent état de la volonté de la WWE de mettre fin à la Streak. A voir le nombre de bruits circulant sur le web, on se dit qu’il serait relativement facile à la fédération de Stamford de faire circuler ce genre de racontars (« Hunter veut vraiment battre l’Undertaker, il est en train de convaincre Vince, il estime qu’il a assez donné à la compagnie pour mériter une telle victoire, on parle déjà d’une revanche l’année suivante… », etc.).

 

L’un des éléments qui favoriserait notre propension à croire à cette thèse est le fait que, aujourd’hui, la WWE ne possède pas réellement de top heel. En effet, les principaux heels de la fédération (amputée en 2010 de Batista et Chris Jericho, faut-il le rappeler), sont à l’heure actuelle le Miz et Alberto del Rio, soit un type qui a longtemps été un jobber et n’est pas réellement considéré comme un vrai danger dans le ring, et un nouveau venu qui doit encore beaucoup prouver. Tout près de ce niveau, il y a CM Punk, mais quelque chose semble encore freiner la WWE au moment d’en faire son heel suprême. Les autres heels, qu’il s’agisse de Dolph Ziggler, de Sheamus, de Jack Swagger ou encore de Drew McIntyre, sont sensiblement plus bas dans la carte. Quant à Kane, on n’en parle même pas. Or la WWE a besoin d’un super heel, d’un type dont on se dit qu’il est réellement capable de détruire Cena et Orton dans un ring et de faire régner la terreur. Triple H a la carrure pour ce rôle, qu’il a d’ailleurs brillamment tenu pendant une bonne partie de sa carrière.

 

 

Et en plus, c’est lui qui a tenu le rôle principal dans le biopic consacré à Emile Louis.

 

 

Résumons: le besoin d’un top heel, l’insatiable appétit de gloire prêté à Triple H, et les puissantes protections backstage du beau-fils de Dieu constituent trois ingrédients qui, à condition d’être bien touillés, sont susceptibles d’aboutir à un build faisant peser une réelle incertitude sur l’issue de l’affrontement. Voici, concrètement, comme cette affaire pourrait être bookée.

 

 

Raw, 22 février. Nous sommes au lendemain d’Elimination Chamber. Sheamus, enragé après avoir été éliminé la veille, dans la cage, par John Morrison, exige un match contre le Shaman. Le match est annoncé en main event. En fin de soirée, Sheamus est dans le ring. Il attend son adversaire. Le thème d’entrée de Morrison démarre. Morrison n’apparaît pas. Quelques secondes de battement. Sheamus se martèle la poitrine des poings, certain que Morrison a eu peur de lui. On suit soudain une caméra à l’épaule qui se précipite dans les couloirs du stade. On y retrouve le corps d’un Morrison KO. Les médecins s’affairent autour de lui. Retour vers Sheamus, qui a l’air surpris. On comprend que ce n’est pas lui qui a fait le coup. Les lumières reviennent, on se demande ce qu’il se passe. Puis les lumières s’éteignent et retentissent les premiers riffs de « The Game ». Sous une ovation monstre, Triple H apparaît. Sheamus blêmit. Mais reste dans le ring. Hunter, sans un regard pour le public, avance vers le ring. Au moment d’y pénétrer, il retire sa veste en cuir : il a un sledgehammer dans la main. Sheamus recule, mais c’est trop tard: sa némesis lui tombe dessus et le massacre littéralement. Au départ, la foule est à fond, mais le carnage est tel que, progressivement, un silence gêné se fait. Une fois Sheamus complètement ratatiné, Triple H prend la pose au-dessus de son corps. Il ramasse un micro : « Désolé pour toi, Morrison, mais je voulais me faire ce type. » Fin du show.

 

 

Plus bas, la tête, petit impertinent.

 

 

Smackdown, 25 février. A la fin du show, l’Undertaker fait son grand retour. Il prend le micro et déclare qu’il est revenu des limbes, blabla [insérez ici vos dix minutes de références à l’outre-tombe, à l’obscurité, et ainsi de suite] mu par le désir de se venger de l’homme qui lui a fait endurer les pires souffrances : Kane. Et il défie Kane à Wrestlemania, promettant qu’il y restera en peace, comme de juste.

 

 

Kane, j’espère que t’as bien pris soin de papa en mon absence.

 

 

Raw, 28 février. Au début du show, les annonceurs nous apprennent qu’après l’attaque subie des mains de Triple H, Sheamus a dû être emmené à l’hôpital. Il souffre de multiples fractures et son absence est estimée à plusieurs mois. Il ratera Wrestlemania. On a ensuite droit à une interview backstage de John Morrison, ulcéré d’avoir été attaqué en traître une semaine plus tôt par Triple H. Il défie Hunter pour ce soir. Le match est annoncé. Quand le match arrive, il ne dure que quelques minutes: une fois les deux hommes hors du ring, Hunter sort un sledgehammer de sous le ring et détruit Morrison. Il est disqualifié, mais il s’en tape. Une bonne partie du public le hue.

 

Smackdown, 4 mars. On annonce en début de soirée que ce soir, Kane répondra au défi de l’Undertaker. Milieu du show: Barrett fait une promo où il dit que ce soir, on saura enfin la vérité sur le « Bigger Plan » derrière la naissance du Nexus et la raison pour laquelle lui et ses sbires ont aidé Kane à battre l’Undertaker à Bragging Rights. En fin de soirée, le Taker vient dans le ring et attend Kane. Celui-ci fait son apparition… entouré des quatre membres du Core. A eux cinq, ils approchent de l’Undertaker, l’air menaçant. Ils entourent le ring, à la Nexus. Ils entrent. Ils se jettent à cinq sur le Taker, le castagnent et le dégagent du ring. Soudain, les quatre mecs du Core attaquent Kane, à la surprise générale. Le Taker, très affaibli, regarde ça du bas du ring, sellant le beatdown subi et la stupéfaction face à la tournure des événements. Une fois Kane mis hors d’état de nuire… on entend « The Game ». Triple H apparaît, arrive dans le ring avec son sledgehammer et entreprend de détruire Kane avec une violence absolue. Le Taker, entre-temps, s’est retiré sur la rampe d’accès au ring, il contemple ça, l’air hagard. Barrett prend le micro et désigne Triple H: « See ? That’s the bigger plan. » Triple H prend le micro à son tour: « Tu as des questions à me poser, Undertaker? Viens à Raw lundi, t’auras les réponses. » Fin du show.

 

 

Viens avec nous. Ne pose pas de questions. Et si tu fais ce qu’on te dit, peut-être qu’à la fin t’auras un t-shirt.

 

 

Raw, 7 mars. L’Undertaker ouvre le show. Il nous apprend que Kane est sévèrement blessé et ne pourra pas être là à Wrestlemania. L’Undertaker est furieux. Il s’est sorti des enfers [quelques minutes de terminologie morbide ici] pour revenir à temps pour Wrestlemania, le plus grand événement de l’année, où il avait l’intention de régler définitivement le problème Kane. Et ce problème a été réglé pour lui. L’Undertaker n’a pas besoin qu’on règle ses problèmes pour lui. Ses problèmes, il les règle seul. Et maintenant, ça tombe bien, il a un nouveau problème… Ce problème, c’est… TIME TO PLAY THE GAME! Triple H est là.

 

« Ce problème… c’est moi. Et crois-moi, Undertaker, ce problème, tu ne vas JAMAIS le régler. » Suit une promo historique du Game. « J’ai été blessé à Extreme Rules, il y a un an. Je n’ai cessé de réfléchir pendant mon absence. J’ai fini par comprendre pourquoi Sheamus avait réussi à me mettre hors combat. Parce que j’étais devenu trop mou. J’ai aussi compris pourquoi tu avais réussi à envoyer Shawn Michaels à la retraite. Parce qu’il était devenu trop mou. Quelle connerie, la reformation de DX! On a passé notre temps à essayer de faire marrer le public, oubliant que nos adversaires, eux, n’étaient pas là pour déconner. On l’a payé. Cher. Résultat: Shawn est à la retraite. J’étais blessé. Et toi, Undertaker, tu étais toujours là, aussi dur que jamais. Le plus grand catcheur de notre génération. L’invincible Undertaker. Le Phenom. J’ai repensé à tout ce que j’avais fait, à tous mes titres, à tous mes succès, à toute ma gloire accumulée pendant des années. J’ai fait tout ce qui est humainement possible à la WWE. Mais pourtant, aux yeux des fans, aux yeux de l’univers entier, c’est toujours toi le plus grand.

 

C’est alors que j’ai compris. Compris que je n’avais qu’un moyen et un seul de réellement rester dans l’Histoire comme le plus grand. Mettre fin à la Streak. Détruire le monument que tu as bâti. Ce monument, j’y ai contribué en mon temps, à mon corps défendant. Il y a dix ans, tu m’as battu à Wrestlemania. Si je n’avais pas perdu il y a dix ans, personne ne parlerait aujourd’hui de la Streak. Ce monument que j’ai contribué à édifier, je vais le détruire. Et crois-moi, je suis dix fois plus dangereux aujourd’hui qu’il y a dix ans.

 

Cette décision de te défier à Wrestlemania, je l’ai prise dans les premières semaines après ma blessure. Mais je savais que ce ne serait pas une partie de plaisir. Je savais que catcher à Wrestlemania te transcendait. C’est pourquoi j’ai réfléchi, réfléchi, et réfléchi encore. Et j’ai fini par préparer un plan. Oui, c’est pas pour mes succès au scrabble qu’on m’appelle le Cerebral Assassin. J’allais t’affaiblir, et t’affaiblir encore, jusqu’à ce que tu sois à point au moment où je pourrais revenir à la compétition. Profitant de mes liens, disons, privilégiés, avec Vince McMahon, j’ai fait en sorte que les rookies de la Saison 1 de NXT soient tous embauchés, alors que d'après les règles initiales, seul le vainqueur de la saison devait avoir droit à un contrat. Ils savent ce qu’ils me doivent. Je les ai laissé faire leur truc au départ, mais je savais que je pourrais les utiliser le moment venu. Dans le même temps, j’ai retrouvé un homme qui compte beaucoup pour toi : Paul Bearer. La suite, tu la connais. Un Kane revigoré qui t’en a fait voir de toutes les couleurs, et l’alliance entre lui et le Nexus — qui agissait sur mes ordres — pour t’envoyer six pieds sous terre, à Bragging Rights.

 

Et là, tu as disparu. Jusqu’à ton retour… en même temps que moi. Tu dis que tu es revenu des enfers par la force de ta volonté, ou je ne sais quoi. Taker, il va falloir que tu sois fort. Ecoute bien: tu n’es pas un mort-vivant. Tu n’es pas un revenant. Tu n’es pas un putain de zombie. Tu es un homme, c’est tout. Tout ce temps, tu n’étais pas en train d’errer dans les limbes, ça, c’est ton esprit détraqué qui t’en a convaincu. Tout ce temps, tu étais très exactement au 275, Lincoln Street, à Stamford. C’est l’adresse de la clinique privée de la WWE. C’est là que nos employés blessés pansent leurs blessures. C’est là que tu étais, dans un coma artificiel. J’avais demandé aux médecins de te garder ainsi, comme un légume, jusqu’à ce que je sois apte à revenir. C’est alors qu’ils ont cessé de te bourrer de somnifères. C’est alors que tu as pu, comment tu dis, déjà? Ressusciter, voilà. Pour revenir à temps pour m’affronter à Wrestlemania. Pour m’affronter sur le Grandest Stage of Them All. Et pour perdre. Contre le King of Kings, le Game, le plus grand catcheur de tous les temps. Alors, Taker, Kane n’est plus là, mais moi, je suis là. Que dis-tu, « Dead Man » ? Acceptes-tu de m’affronter dans un No Holds Barred à Wrestlemania? »

 

L’Undertaker observe un instant de silence. Il semble perturbé. Puis il reprend contenance. « Tu dis que je ne suis pas ce que je pense être. Tu dis que je ne marche pas dans la pénombre, que je ne suis pas la force obscure, que je ne suis pas le Dead Man. Triple H… Tu as semé le doute dans mon esprit. Tu as peut-être raison, après tout. Peut-être ne suis-je qu’un homme. Mais c’est cet homme qui a bâti la Streak. C’est cet homme qui a battu 18 adversaires — dont toi ! — à Wrestlemania. C’est cet homme qui a gagné sur le ring le surnom de Phenom. Et c’est cet homme qui te vaincra à Wrestlemania! »

 

 

Mais alors, si je suis un homme normal… ça veut dire que je peux arrêter de dormir dans un cercueil? Non parce que moi, ça va, je m'y suis fait, mais Michelle se plaint d’avoir mal au dos après.

 

 

Ovation de la foule. Hunter sourit et sort son iPhone. Il pianote un SMS. Ding ding, Michael Cole a un message. Cole sort de sa torpeur et, tout en jetant un coup d’œil incrédule à HHH, ouvre son ordinateur. « May I have your attention, please… Le General Manager de Raw dit, et je cite: Undertaker, juste un petit détail. Si tu perds ce match à Wrestlemania contre Triple H, ce n’est pas seulement la Streak qui prendra fin. C’est aussi ta carrière. »

 

 

And I quote: « Envoyé depuis mon iPhone. »

 

 

Le show se conclut sur le visage blafard de l’Undertaker, qui percute que son adversaire est aussi l’AGM et qu’à Wrestlemania, il risque de tout perdre.

 

Au cours des semaines suivantes, les sites web du monde entier s’enflamment et relayent des tas de rumeurs, au premier rang desquelles celle que l’Undertaker est vieux, usé et fatigué, qu’il n’a plus la force de refaire une année, qu’il est prêt à prendre sa retraite et qu’il estime que rien ne doit être plus grand que Wrestlemania, pas même sa Streak. Il serait donc prêt à se coucher devant Triple H, qui a réussi à convaincre la creative team de lui offrir la victoire (on peut même imaginer un faux « licenciement » d’un membre de la creative team, qui se répand ensuite dans les médias sur le thème « Je me suis opposé à ce plan de Triple H, j’ai été viré »). On parle déjà de ce qui se passera après Mania: la domination absolue qu’un Triple H heel exercera sur la WWE au cours de l’année suivante, et on mentionne même l’existence d’un plan visant à l’amener jusqu’au prochain Wrestlemania, où il affrontera John Cena en mettant sa carrière en jeu.

 

Internet se déchaîne contre Hunter et son ego insatiable, les autres stars de la WWE laissent entendre sur Twitter et Facebook que la Streak sera bel et bien rompue… Comme pour justifier tous les reproches qui lui sont faits, au premier rang desquels sa propension à se mettre over aux dépens des jeunes pousses, Triple H bat aisément, au cours des semaines suivantes, plusieurs jeunes favoris de la foule, notamment Daniel Bryan et Kofi Kingston, n’hésitant pas le cas échéant à profiter de son statut d’« Anonymous » General Manager pour imposer à ses matchs des stipulations extrêmement défavorables à ses adversaires, qu’il punit toujours avec la plus grande violence.

 

 

Quant à toi, Maurice, l’AGM veut que tu le rejoignes dans sa loge, right now.

 

 

L’Undertaker, lui, ne fait que de brèves apparitions à Smackdown, où il est systématiquement bastonné par the Core. A un moment, d’autres catcheurs, à commencer par le Big Show, veulent intervenir pour l’aider contre les quatre salopards, mais Teddy Long les prévient: il a reçu des instructions très claires d’« en haut »: tout catcheur qui viendra à l’aide de l’Undertaker sera immédiatement renvoyé. A regret, le Big Show et les autres doivent laisser le Taker se faire défoncer semaine après semaine. Certains tentent de contourner l’interdiction, en défiant ouvertement the Core, mais Barrett et ses copains refusent avec dédain les matchs qu’on leur propose.

 

On diffuse des vidéos de Shawn Michaels qui affirme que Triple H ne le prend pas au téléphone, qu’il est atterré par le comportement de son vieil ami, mais qu’il aurait dû le prévoir, car Huner a toujours été, au fond, un mégalomane complètement obsédé par sa propre gloire. Une semaine avant Wrestlemania, un Vince McMahon très calme dit dans une interview qu’il a décidé de prendre un peu de recul, qu’il a maintenant 65 ans, qu’il a pleinement confiance en Triple H, et que s’il lui a confié ce qu’il avait de plus précieux au monde, sa fille, il peut bien lui confier la WWE.

 

C’est ainsi qu’on arrive au match de Wrestlemania, avec une hype énorme, une haine viscérale vouée à Triple H par l’IWC mais aussi par les « casual fans » qui remplissent les stades, et qu’une bonne partie des suiveurs croît dur comme fer que cette fois, c’est la bonne, que l’Undertaker va perdre et disparaître et qu’on se dirige vers une année de tyrannie Helmsley. Naturellement, il n’en sera rien. L’Undertaker repoussera les assauts du Core (notamment grâce à l’aide inattendue de Kane, que Triple H virera sur le champ pour la peine, et à celle de Shawn Michaels, sur lequel Triple H n’a pas de prise puisqu’il est déjà retraité) et finira par prendre le meilleur sur son ennemi. Il ne s’en tirera toutefois pas si aisément: à la fin du match, il encaisse une correction terrible de la part de Triple H et de son nouveau gang, ce qui lui permettra de prendre ses trois mois de repos réglementaires. HHH se tournera alors vers le titre WWE, toujours soutenu par le Core, auquel il adjoindra progressivement de plus en plus de catcheurs prêts à tout pour se trouver du bon côté du manche, mais c’est une autre histoire…

 

 

Vous le voyez, ce point d’interrogation? Ca y est, l’IWC commence déjà à se poser des questions!

 

 

Hmm, voilà, c’est à peu près tout. Merci aux courageux qui m’ont lu jusqu’au bout, j’espère que l’idée vous a plu (auquel cas vous risquez de revoir d’autres épisodes de fantasy booking dans ces pages à l’avenir) et que, à tout le moins, vous avez apprécié le rappel de la streak qui constitue la première partie de l’article. Ou au moins que vous avez cliqué sur le lien de la citation et avez rigolé un bon coup, c’est toujours ça de pris!

 

 

"…et avez rigolé un bon coup, c’est toujours ça de pris!"

Paul Levesque finit sa lecture, éteignit son ordinateur, et se plongea dans une profonde réflexion. Puis il empoigna son téléphone et composa un numéro raccourci. "Steph? Faut que je te parle."

 

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