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Edge’s Farewell Show

I will never retire. Wooooooooooo.

Ric Flair

 

Bonjour à toutes et tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où, ce vendredi, la WWE a fait exactement ce qu'il fallait pour envoyer Edge à la retraite ….

 

 

La Rated R-Superstar quitte la compagnie de sport-entertainment classée PG, ça vous étonne ?

 

 

Nalyse du Smackdown du 15 avril

 

 

Et pour tout dire, c'est pour ces raisons-là qu'on gardera du show de ce soir un souvenir inoubliable parce qu'en ce qui concerne le reste, on verra qu'il a été largement entâché par des performances souvent moyennes, notamment au micro. Et pour être tout à fait honnête, on mettra tout ça sous le coup de l'émotion due au départ du top-guy du B-Show.

 

L'épisode de ce soir s'ouvrit sur Alberto Del Rio et son entrée dans une magnifique Rolls-Royce vintage (une Silver Wraith ou une Silver Dawn, peu importe, au fond, un de ces modèles qui ressemblent le plus à la voiture de Gaston Lagaffe). Le heel a délivré un bon discours assez respectueux de son adversaire, disant en substance que vu qu'Edge laissait le titre vacant et compte-tenu de son propre statut, il était d'autant plus légitime qu'on lui octroie la ceinture puisque de toute façon, c'était son destin de la porter.

 

 

Teddy, c'est aussi mon destin de me taper ta femme, tu me la prêtes, dis?

 

 

Bien évidemment, il n'en fut rien et ce n'était qu'un prétexte à l'annonce par Teddy Long d'une Battle Royale avec vingt participants en main-event pour désigner un nouveau challenger. Et tout a commencé avec l'excellent General Manager pourtant bien rodé au micro qui a bafouillé dès sa première phrase. Et c'était le leitmotiv du jour puisque la séquence suivante (un match entre Ezekiel Jackson et Kofi Kingston) a commencé avec une énorme faute de grammaire au commentaire de la part d'Heath Slater, invité là au même titre que tous ses amis membres du Corre.

 

Passons rapidement sur le match, une sorte de squash prolongé entre le Ghanéen et le Guyanais qui jouait aussi sur le registre de la discorde chez les heels. Tant au micro que dans l'action puisque Big Zeke a balancé son adversaire dans la tronche de ses partenaires avant d'obtenir la victoire dans un combat qui était franchement médiocre. Big Zeke, on ne le voit que rarement en un contre un, et si vous voulez mon avis, ce n'est pas pour rien. Il n'a toujours rien à proposer dans le ring à part son physique impressionnant : pas d'impression d'intensité, pas de move-set bien établi qui serait adapté à sa musculature, en gros, il n'a rien pour lui en tant que catcheur. Ah, oui et en plus, il a été très moyen au micro et sur les dix mots qu'il avait à prononcer a réussi à se montrer incapable d'articuler le mot « personification » du premier coup.

 

 

Etrangement, ce type-là n'est pas capable de prononcer un mot de plus de cinq syllabes.

 

 

En gros, si son seul emploi à la WWE se réduit à celui d'un enforcer silencieux qui perturbe les matchs mais pas à celui d'un vrai catcheur, capable de faire un match de plus de deux minutes et limité à des promos sans mots de plus de quatre syllabes, son futur n'est pas vraiment radieux à la WWE. Mais bon, on va mettre son erreur sur le coup de l'émotion.

 

D'ailleurs la séquence suivante dans le ring a, elle aussi, commencé avec un petit cafouillage puisque c'est Michael Cole qui a introduit Cody Rhodes avec la phrase « En voilà un qui devrait aller voir un thérapeute. » alors que c'était plutôt à un annonceur babyface de faire ce genre de déclaration, tandis que lui, heel, aurait dû dire que les griefs envers Rey Rey étaient légitimes plutôt que dignes d'attentions psychiatriques. Mais, bon, c'est l'émotion, on vous dit et si je m'applique à relever tous les petits dérapages des uns et des autres, c'est évidemment pour montrer que certains, plus pros que les autres, ont réussi à rester dans le droit chemin et à être impeccables dans leur rôle jusqu'au bout.

 

 

Salut, hein, et sans rancune pour ton père !

 

 

Si Cody, qui a encore une fois délivré une bonne promo, constitue un exemple idéal de cette minorité de gens-là, que dire de Rey Mysterio et Drew McIntyre qui ont délivré un sacré match tandis que Booker T bégayait aux commentaires. Le combat était fluide et mettait aussi bien en valeur l'un que l'autre. Même si l'écossais finit défait, il a réalisé l'un de ses meilleurs matchs depuis longtemps et j'espère franchement que c'est le début d'une longue série parce qu'il a réussi à trouver un truc bien à lui qui fait qu'on sent que dans le ring, ce n'est pas le énième modèle de heel générique arrogant fabriqué à la FCW, mais un type qui parvient à raconter une histoire via son moveset.

 

Du côté des divas, le point fort du show aura été la promo introductive de celle que l'on connaissait auparavant sous le nom d'Awesome/Amazing Kong. C'était une rediffusion de lundi et compte-tenu qu'on a eu droit à trois segments féminins par ailleurs, ce n'est pas vraiment bon signe pour les divas de Smackdown. Le segment de « thérapie de couple » entre Layla et Michelle n'était drôle que pour ceux qui connaissent les codes de ce genre de séances déjà détournées de nombreuses fois par la fiction. Michelle y jouait clairement le rôle du dominant dans le duo tandis que Layla était impeccable dans celui de sa victime.

 

 

Grand jeu des CDCs : aujourd'hui le body langage pour les nuls

Amuse-toi à reconnaître qui, dans son attitude corporelle, dit "compassion" et qui dit "mépris".

 

 

La rupture se profile entre les deux avec d'autant plus de certitude qu'en plus de ce segment donnant des indices assez clairs, il y a eu un match entre Kelly Kelly et Layla, que Michelle commentait. Et cette dernière, par un de ces «accidents» malheureux du catch, surtout pour les heels, a coûté le match à ce qui semble bien être sa future-ex-meilleure-amie-pour-la-vie. Histoire de vous ennuyer encore avec mon amour du détail, j'espère que vous avez remarqué que Michelle avait choisi d'arriver dans l'arena avec des talons gigantesques pour souligner le propos du segment précédent en écrasant par une différence de taille exagérée Layla et bien montrer à l'antenne qu'elle est celle qui domine dans cette relation.

 

Ah, oui, et, pour revenir sur tous ces petits ratés qu'on va mettre sur le compte de l'émotion : aux commentaires, Michelle nous a gratifié en répondant aux interrogations de Grisham sur sa blessure d'un magnifique : « That's the dumbest question I've ever seen » ce qui est probablement « The dumbest answer I've ever heard ».

 

 

Kelly Kelly, la seule lesbienne tellement conne qu'elle n'a toujours pas compris le principe du 69.

 

 

Avant de revenir un peu sur le départ d'Edge, intéressons-nous d'abord au choix de son remplaçant dans le main-event. Comme prévu, ce fut une battle royale et, comme on pouvait s'en douter, Alberto Del Rio était en ringside. Sans grande surprise, c'est Christian qui la remportera après avoir triomphé de Jack Swagger qui élimina Rey Mysterio après avoir été «protégé» d'un 619 par l'intervention de Michael Cole. On notera aussi, en termes de storylines qui se poursuivent l'élimination de Wade Barrett par son Correpain Justin Gabriel dans un main-event qui était d'autant plus agrébale que ça faisait longtemps que la WWE n'avait pas donné à ses fans une bonne vieille battle royale à l'ancienne.

 

En revanche, j'avoue que j'ai été très perturbé par les mesures de précautions que la WWE pour que tout se passe bien lors du match en ayant installé le ring avec des cordes bien moins tendues que d'habitude. Je suppose que c'est pour éviter que des poids lourds comme le Big Show, Ezekiel Jackson ou Brodus Clay aient des soucis pour sortir du ring mais il n'empêche que les câbles étaient très lâches et qu'il suffisait que quelqu'un s'y accoude un peu (ce qui arrive souvent dans une battle royale) pour qu'il touche presque la deuxième corde.

 

 

La prochaine fois que tu dois le balancer hors du ring, préviens, on enlève carrément la troisième corde.

 

 

Le fil narratif de l'épisode se termine donc par un feel good moment de 5 secondes où Christian succède à Edge ce qui fournit un feel good moment qui s'insère à merveille dans l'ambiance globale de cet show qui aurait dû être intitulé Farewell Edge. Je vous ferais grâce d'un compte-rendu complet des divers discours de la Rated-R Superstar lors de cet épisode, du détail de ceux qui sont venus lui rendre hommage.

 

Ce show est à mon avis, le plus bel hommage que la WWE a fait à ce jour à un de ses talents sur le départ et rien que pour ça, c' est un truc que vous devez conserver pour le revoir plus tard et ressentir une nouvelle fois l'émotion qui s'en dégage. Et je vais plutôt me concentrer sur quatre détails. Le premier, tout bête, est un coup de chapeau à Curt Hawkins qui, lorsqu'il est apparu avec le reste du roster pour applaudir la Rated R Superstar, portait un T-Shirt de celui qui fut son mentor lors qu'il était, au sein de la Familia, un Edgehead. C'était bien vu de sa part et ça montre l'admiration réelle qu'a la paire Ryder/Hawkins vis à vis de celui qui fut leur mentor.

 

 

Non, Kelly, c'est pas comme ça non plus …

 

 

La deuxième chose est une considération plus générale sur la carrière du nouveau retraité. On ne manquera pas ici ou ailleurs de faire un résumé complet de sa trajectoire à la WWE, de dresser des tops 10, tops 20, tops 30, tops 50, que sais-je des meilleurs matchs Rated R. Mais on manquera l'essentiel à son propos: il a fait de très bons combats face à, à peu près tout le monde. Prenez n'importe quel type qui a compté à la WWE ces sept dernières années, vous trouverez un bon match qui l'a opposé en solo ou en tag-team à Edge. Du Big Show à Kane en passant par Rey Mysterio, John Cena, Ric Flair, The Undertaker, Triple H, Jeff ou Matt Hardy, Christian, Chris Jericho, les Dudley Boys, Shawn Michaels, Eddie Guerrero, Chris Benoit, Kurt Angle, il n'en manque que très peu … Ajoutez pour la bonne bouche quelques vétérans sortis de leurs retraites dorées (Hulk Hogan et Mick « Oh My God » Foley) pour compléter la liste. Voilà ce qui mieux que tout définit les capacités in-ring d'Edge.

 

Quant à son talent au micro, c'était sans aucun doute, l'un des tous meilleurs. J'ai découvert en écoutant la récente interview de Chris DeJoseph chez Dave Lagana – au passage, écoutez les podcats de Dave Lagana, ancien auteur de la WWE, c'est une mine d'or pour qui s'intéresse au business – un truc hallucinant. Le processus d'écriture à la WWE est parfois compliqué, surtout pour les scènes clés et DeJoseph (qu'on connait à l'écran sous le nom de Big Dick Johnson) racontait que la scène du mariage d'Edge et de Vickie Guerrero avait été un enfer à écrire (essentiellement à cause de Vince MacMahon qui était ce jour là un éternel insatisfait). L'affaire s'était donc réglée en flux tendu, DeJoseph, écrivait quasiment le show à mesure qu'il se déroulait et faisait passer les consignes aux acteurs pendant les coupures pubs. Imaginez donc le talent et les capacités d'interprétations d'Edge (et de Vickie Guerrero) pour pouvoir interpréter un rôle alors qu'ils n'ont aucune idée de ce qui peut leur être demandé dans la scène suivante. Il faut être extrêmement doué pour réaliser ce genre de performance et je ne suis pas sûr que beaucoup d'acteurs en soient capables.

 

 

Le héros du soir, se remémorant la scène de la nuit de noces avec Vickie Guerrero.

 

 

La dernière chose que je voudrais évoquer est un souvenir personnel à propos d'Edge. Il remonte à un autre show où on parlait de retraite, celui de Ric Flair. Ce soir là, Flair était dans le ring, bague de Hall Of Famer à la main et tout auréolé d'un excellent match à Wrestlemania. Triple H organisait les festivités et invitait quelques top-guys du passé et du présent dans le ring. Leur point commun ? Ils étaient tous babyfaces. Lorsque toutes les accolades, les embrassades se sont terminées, le reste du roster, comme ce soir, est entré pour applaudir la légende qui s'en allait.

 

Au premier rang, avec une lueur d'admiration et de tristesse dans les yeux, il y avait Edge. Il avait, comme beaucoup d'autres qui étaient dans le ring, admiré Ric Flair en grandissant. Il avait, comme beaucoup d'autres qui étaient dans le ring, une carrière conséquente. Il avait, comme eux, travaillé avec Ric Flair, plus qu'eux-même pusiqu'il l'avait initié aux joies du TLC. Il avait comme eux, en un mot, repris le flambeau du Nature Boy. Sauf que, lui, il l'avait repris littéralement, en endossant le rôle du type que le public tout entier aime détester, celui de prédilection de Ric Flair, et c'est pour ces raisons qu'il ne pouvait pas être dans le ring, ce soir-là.

 

 

Comme dans la Mafia, l'héritier du clan donne un ultime baiser de la mort à ceux qui quittent la famille.

 

 

Cette frustration-là, palpable faisait peine à voir, sincèrement, et c'est pour cette raison que j'ai adoré ce petit segment backstage où se sont croisés Alberto Del Rio et Edge. L'adversaire d'hier ne pouvait pas, légitimement, participer à l'hommage unanime au retraité du soir sans piétiner trop loin le kayfabe. La séquence backstage où Del Rio, en aristocrate hautain mais bon joueur, vient lui serrer la main permettait de respecter encore un peu son personnage et offrait au mexicain son « moment » avec son ancien collègue. Mieux, encore, l'Ultimate Opportunist refusait la poignée de main, la routine la plus élémentaire pour un heel, jolie manière pour celui qui quittait la scène de reprendre l'attitude de bad guy qui lui avait permis d'avoir ses plus belles heures à la WWE.

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