Catch

Over the Edge

Il y a des jours où l'absence d'ogre se fait cruellement sentir.

Alphonse Allais

 

Où il est question de retraite, de perfide Albion, de sacs en papier, de Barbie, de canapé, de déambulateur, et de kilos en trop. Smackdown, c’est quelque chose, quand même.

 

 

Vous auriez tort de vous plaindre, l'invitation est très soignée!

 

 

Nalyse de Smackdown du 22 avril

 

 

Je suis en deuil. Je n’y reviendrai pas exagérément dans ces colonnes, cela a déjà été excellemment fait, mais je fais partie de ceux que le départ d’Edge a laissé un peu KO. On ne peut, en réalité, que s’en réjouir, tant il vaut mieux partir à contrecœur qu’en fauteuil roulant ou entre quatre planches. Reste néanmoins que c’est un entertainer de très haut vol qui part à la retraite, et qu’il va laisser un vide énorme à SD, bien sûr, mais aussi dans la WWE. A SD, d’ailleurs, c’est d’autant plus problématique que cela risque de perturber le show en profondeur : SD est, en quelque sorte, une zone de test pour certains lutteurs, qui y font leurs gammes ou viennent s’y refaire une santé, avant d’aller ou de retourner à Raw. Or, pour que cet objectif soit atteint, il faut tout de même quelques Superstars de l’upcard pour encadrer les belligérants, et Edge était le premier d’entre eux.

 

 

Le premier est parti,

mais le roi est toujours là, hélas…

 

Qui plus est, Edge laisse vacant le titre WHC. Avant son départ, il était donc question qu’il affronte Del Rio, et je fais partie de ceux qui pensent qu’il n’avait pas perdu son titre à WM en vertu du bonus accordé aux faces lors du Grandes Stage, mais qu’il allait perdre à Extreme Rules. Seulement, Edge est parti, dans les circonstances que l’on sait, et à la surprise générale, y compris de la WWE dont cela a dû bouleverser les plans. La question est alors si elle va rester sur cette lancée en donnant le titre à Del Rio, la jurisprudence Sheamus ayant prouvé qu’un champion jeune n’est pas un mauvais champion (je n’ai pas osé « champion vert »), ou si elle va, en hommage à Edge, le confier à un autre canadien, meilleur ami du susnommé, face lui aussi, et que beaucoup désespéraient de voir un jour toucher le titre suprême. En fait, Christian va-t-il, à la faveur de cet événement, devenir un Canada Dry d’Edge ?

 

 

Pompiers, à votre service!

 

 

Revenons en tous cas à notre show du soir, et commençons avec The Corre. La semaine dernière, lors du Battle Royale pour désigner le #1 Contender, c’est donc Justin qui a sorti Barrett. Ce soir, le sémillant voltigeur expliquait au fourbe anglais (qui jouait à domicile, du coup) que ce n’était rien de personnel, face à un Wade prétendant qu’il n’aurait jamais fait ça. Slater intervenait ensuite, balayant la mauvaise foi d’un revers de la main en affirmant qu’ils vendraient tous leur famille entière pour obtenir ce qu’ils désirent, avant que Big Zeke ne vienne rouler des mécaniques (chez lui, c’est quasiment au sens propre) en se prétendant leader. Tout cela se terminait par un grand éclat de rire : pas de leader, pas de ressentiment, seulement un groupe. A voir.

 

 

Lololol.

 

 

Suivait, un peu plus tard, un match pour le Tag Team Championship, opposant Slater et Justin au Big Show et Kane. Le match a été beaucoup trop court, moins de cinq minutes, et lorsque l’on sait qu’il aboutit à un changement de mains pour le titre, cela laisse un goût un peu amer. Toujours est-il que le titre est donc maintenant propriété de ShowKane, et que le Corre a montré, très rapidement, des signes de faiblesse, puisque les deux perdants reprochaient à Big Zeke de ne pas les avoir suffisamment couverts, tandis que Zeke pointait du doigt Slater comme maillon faible. L’union sacrée n’aura donc duré qu’un temps, et The Corre a d’ores et déjà perdu un titre.

 

Mais ce n’est pas tout : peu de temps après, Barrett défendait son propre titre contre Kingston. Au moins l’anglais avait-il le temps de s’exprimer, avec un match plutôt long. Seul problème : la moitié a été recouverte par de la pub ! Plus de trois minutes pour un match qui en comptait sept ! Inadmissible, surtout pour un match de championnat. Il a donc fallu fureter sur la toile pour trouver quelques comptes rendus de chanceux spectateurs, et confirmer que le match a été de haute tenue des deux côtés, avant que Wade ne l’emporte grâce à un tombé largement aidé des cordes. Le Core conserve donc l’une de ses ceintures, et il est à peu près acquis que Barrett paradera la semaine prochaine en affirmant qu’il est le seul à pouvoir gagner un titre, puis le conserver, au sein du Core. Est-ce que cela aboutira à une séparation, ou bien à une feud entre Christian et un Zeke vexé, puisque les deux hommes se connaissent depuis l’ECW et une rivalité qui a offert quelques belles confrontations ? Après tout, Jackson restera le dernier champion ECW, championnat qu’il a pris à l’indéboulonnable Christian, donc cette hypothèse pourrait bien s‘avérer.

 

 

Exclusif! Voici une éjaculation de Kofi Kingston!

 

 

Quittons The Corre et sa concentration de talents pour plonger dans la fange de SD avec les insupportables Laycool. Bon, le terme est un peu fort, j’en conviens, mais au-delà du fait que je les trouve totalement surestimées, et que sans le compagnon de McCool elles ne bénéficieraient pas du traitement de faveur d’une storyline, l’histoire, interminable, de leur brouille a atteint les tréfonds de la sottise avec cette histoire de thérapeute du couple. Evidemment, le segment s’est achevé sur McCool prenant l’ascendant sur sa camarade avant de la jeter dans un canapé. McCool est la plus forte, leur belle amitié est finie, enfin, nous en sommes débarrassés !

 

 

Layla prend trop de place, et elle refuse d'aller dans sa panière!

 

 

Autre segment grotesque : Cole célébrant son anoblissement. C’est de la heat facilement gagnée en Angleterre, le reste du monde n’en ayant sans doute absolument rien à faire, mais dans tous les cas cette feud qui traîne en longueur devient parfaitement ridicule, et surtout totalement insupportable.

 

A cet égard, d’ailleurs, on peut se demander ce que Swagger vient faire dans cette galère. Certes, son compteur de victoires est reparti dans le vert, mais lorsque l’on voit aux dépens de qui il les obtient, on peut s’inquiéter sur sa place exacte dans le roster. C’est d’autant plus dommage que les top-heels se comptent sur les doigts de la main du Pingouin, et qu’il y aurait donc une place à prendre sans délai. Ce soir, en tous les cas, Swaggie affrontait Barreta. La victoire acquise par Swagger ce soir, au terme d’un squash total, ne lui apportera rien, si ce n’est de l’exposition, et dans le cadre de cette feud imbécile, il est douteux que ce soit très porteur.

 

 

Une reine factice, un homme de main ahuri…

Je t'ai reconnu ! Tu es Ratigan !

 

 

Enfin, pour en finir avec le tout-venant, parlons rapidement du match opposant McIntyre à Masters. Ce match permet, d’ailleurs, de faire un rapide commentaire sur le public anglais. Cela s’était vu lundi, lors de Raw, dans lequel Truth (avant son turn) et Cena avaient été assez bousculés par le public : le public anglais, comme le public européen du reste, est très différent du public américain, huant les prétendus faces et acclamant parfois les heels, et ce doit être épineux pour la WWE d’en tenir compte dans sa programmation. Ainsi, ce soir, McIntyre recevait une pop inhabituelle, pop récompensée par un bon match, un peu court certes, mais Masters est un adversaire suffisamment habile pour offrir une belle opposition. Il est d’ailleurs toujours étonnant de constater le décalage entre le niveau réel de Masters, fort bon, et son statut dans la carte, celui du lowcarder… McIntyre l’emportait, bien entendu, et les deux lutteurs avaient chacun l’occasion de se mettre en avant.

 

 

Ouais! Enfin une victoire!

Peut-être que Tiffany ne va pas me passer à tabac ce soir!

 

 

Revenons maintenant au sommet de la chaîne alimentaire, à travers la brillante feud qui oppose Cody Rhodes à Rey. Si elle est brillante, c’est d’ailleurs à mon sens en grande partie grâce à Rhodes : si leurs confrontations sont souvent séduisantes, Rhodes porte la feud à bout de bras grâce à son talent au micro, domaine dans lequel Rey présente des carences pénalisantes. Ce soir encore, Rhodes ouvrait le show par une promo sur la thématique du match, vue et revue, c’est entendu, puisqu’il y soulignait que tout le monde porte un masque. Mais l’originalité venait de la façon de faire, dans ce rôle de Quasimodo amer, répandant sa bile sur le public en qualifiant leurs vies de misérables, et eux-mêmes de petits êtres bouffis d’envie et de jalousie. Chez Rhodes, même quand le texte n’est pas remarquable, l’interprétation l’est toujours, et son niveau dans le ring étant tout à fait correct, il est très probable de le voir sans délai rejoindre la brand rouge. Le prochain draft, lundi 25, est un peu trop proche, il lui faut d’abord en finir avec cette feud, mais l’avenir semble ouvert au jeune Rhodes.

 

 

Ah, le charme si particulier des freaks…

 

 

Il finissait en tous cas sa promo en distribuant au public des sacs en papier pourvus de trous pour faire office de masques, dans un esprit « je suis un monstre, mais vous êtes pires que moi ». Encore une fois, d’ailleurs, le public anglais était surprenant, acceptant de bonne grâce d’enfiler ce masque de fortune, ce qui faisait un effet assez étrange à l’image : imaginez une rangée de masques impersonnels qui fixent un ring…

 

Ce soir encore, du reste, il livrait un match remarquable face à Mysterio, match qui bénéficiait d’ailleurs de 15 longues minutes, ce qui reste assez rare pour un duel en un contre un. Pas vraiment de spots remarquables, en tous cas moins qu’à WM, et encore une fois une pub omniprésente qui a gâché une partie du spectacle, mais il n’en demeure pas moins que les deux hommes sont de bons catcheurs, dont l’alchimie est évidente, et qu’ils ont encore une fois signé là une performance de tout premier plan.

 

Rey l’emportait finalement, mais Rhodes reprenait l’assaut, et les deux hommes en décousait un peu partout dans le stade, jusqu’à ce que Rhodes laisse son adversaire inconscient, avant de lui enfiler le fameux sac en papier devant des spectateurs ravis en train de chanter « Paper Bag ». Ce n’est peut-être pas un « oh my » moment, mais ça y ressemble.

 

 

Rhodes est quand même allé très loin:

il a décapité Mama Mysterio!

 

 

Enfin, le main-event du soir était une petite fête, organisée par Del Rio pour le départ à la retraite d’Edge. Là aussi, c’est de la heat facile, mais elle a au moins le mérite de ne pas être totalement gratuite, et surtout le segment a été assez drôle.

 

En effet, la essencia de Excellencia avait cinq cadeaux pour son désormais ex-rival. Le premier était une horloge comme en trouve dans les vieilles maisons, le deuxième un paquet de couches avec des lieux d’aisance portables et le quatrième un scooter médicalisé avec assistance respiratoire. A noter d'ailleurs que l'appareil, conduit par Ricardo Rodriguez, est éntré sur la musique de Kervin White (de mémoire c'est la bonne orthographe), ancien avatar de Chavo. Enfin, il offrait avec mansuétude une place de parking pour handicapés à Papy Copeland.

 

 

A gauche, le sexe du patron, à droite, celui d'Edge.

Tout est dit.

 

 

Bon, soit, c’est d’un goût plus que douteux, mais j’avoue avoir ri de bon cœur en voyant Del Rio déplier une coucher et la placer à l’endroit adéquat. Et le troisième me direz-vous (en tous cas ça m’arrangerait que vous le disiez, sinon je vais être bien embêté pour ma transition)? Il était un hommage à l’un des moments les plus inoubliables de la carrière d’Edge, et il s’agissait de Lita. Autant vous le dire tout de suite je ne suis pas physionomiste du tout, mais la créature en question, à côté de laquelle Clay pourrait passer pour une sylphide, n’était pas Lita du tout !

 

Et que pensez-vous qu’il arriva? Cet ingrat d’Edge arrivait et chambrait Del Rio quant à la nullité de sa fête.

 

 

Axl? Où est-ce que je dois déposer tes courses?

 

 

Ca me pose quand même un problème: Edge est parti, il faut maintenant tourner la page. Son contrat a beau se terminer en juin, il serait bon qu’il n’apparaisse plus pendant quelque temps, quitte à revenir plus tard pour devenir commentateur, manager ou autre. Mais en l’état actuel des choses, il est plus que probable qu’Edge intervienne souvent dans SD, en tant que « catcheur qui ne catche pas », et que passer à autre chose n’en soit que plus difficile. Je suis le premier à déplorer son départ, mais puisqu’il est acté, je ne pense pas du tout qu’il soit souhaitable que son ombre plane encore longtemps au-dessus de SD. Cela ne rend pas service au futur champion, et la comparaison sera difficile à assumer pour celui-ci comme pour les éventuels jeunes lutteurs qui voudraient se faire une place au sommet : nous parlons quand même de l’un des lutteurs les plus titrés de l’histoire de la Fédération, de l’un des plus charismatiques et de l’un des meilleurs au micro. Autant dire que tout nouveau venu au sommet de SD sera immédiatement jaugé par rapport à lui s’il reste en coulisses…

 

 

C'est ça la concurrence? Comme elle me paraît loin!

 

 

Quoi qu’il en soit, la séquence dégénérait en pugilat, l’inévitable Christian intervenant pour mettre hors d’état de nuire Clay et Del Rio, bel effort s’il en est, avant d’user d’une échelle pour décrocher le WHC qui pendait au-dessus du ring. Christian est booké très fort, la stipulation du match est rappelée: voilà un travail rondement mené.

 

C’est d’ailleurs un commentaire qui pourrait servir de conclusion à cette nalyse. Avec la particularité de se dérouler à Londres, ce qui exige quelques aménagements et impose quelques scénarios (comme une victoire des locaux), l’épisode a continué, sereinement, la construction des feuds et son chemin vers Extreme Rules offrant au passage deux matchs mettant en jeu des titres, ce qui n’est pas si courant. Un bon épisode donc, loin d’être inoubliable, mais avec le minimum requis: du bon catch, de bons segments, et surtout du divertissement. Ce n’est déjà pas si mal.

 

 

Sur ce je vous laisse: pour fêter cette nalyse, j'ai une live  eXtrem sex celebration sur le feu.

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