Catch

Fucked again Christian

But I'm a peep, I'm a weirdo.
What the hell am I doing here?
I don't belong here.

Radiohead, Peep

 

Où il est question de camouflet, de bouts de bras, de cheveux, de retraite, de chaton, de bague, d’encyclopédie et de justaucorps rouge. Rassurez-vous, ce n’est pas si compliqué que ça en a l’air.

 

 

Le règne WHC de Christian.

Mai 2011 – Mai 2011.

 

 

Nalyse de Smackdown du 13 mai

 

 

Autant vous le dire tout net, je suis colère. Comme d’habitude, diront les plus médisants (Kovax, je t’ai entendu!), mais cette semaine il y a du nouveau: je suis encore plus colère que d’habitude.

 

Car depuis Wrestlemania, je trouve que le produit WWE est en chute libre. Que ce soit WM lui-même ou Extreme Rules, les derniers PPV ont été faibles, chiches en grands moments ou en prises de risque, et la WWE a manifesté, plus que jamais, qu’elle pouvait avoir du mépris pour ses suiveurs. Diantre! De bien grands mots dans les parages. Mais à l’heure où Cena est ENCORE champion, à l’heure où JoMo, qui récolte tout de même une belle pop à chaque apparition, ne le sera sans doute jamais, à l’heure où Christian a été traité avec un mépris terrible, comment encore penser que la WWE peut faire preuve d’audace? Nexus, Corre, toute tentative a irrémédiablement été noyée comme le premier chaton venu…

 

Revenons d’ailleurs un instant sur le cas Christian. Même si Jericho a émis l’hypothèse d’une grande rivalité entre Christian et Orton suite au camouflet de la semaine dernière, cela n’en prend pas le chemin, puisque nous verrons cette semaine que la première pierre d’une telle rivalité n’est pas même posée. Christian méritait mieux : cela me peine, en tant que mark d’Orton, mais je vois dans ce titre, pour rejoindre l’ami Kovax, un caprice de Diva de la part de la Vipère, et si c’était pour que Christian soit dépossédé de son bien comme un malpropre après cinq jours, à quoi cela servait-il d’en faire plus ou moins l’héritier d’Edge à l’issue d’Extreme Rules? Soyons lucides: le syndrome « tu viens de la TNA, tu ne toucheras jamais un titre suprême » reçoit ici une illustration douloureuse pour tous les fans du Captain Charisma. Comme JoMo, il peut se casser le cul toutes les semaines, et sortir un bon match même en affrontant un balai, la blacklist tourne à bloc, et je suis certain qu’il n’aurait jamais effleuré la ceinture sans la retraite imprévue d’Edge. La WWE a donc donné un lot de consolation aux fans d’Edge, avant de le retirer aussitôt, ce qui dénote, donc, le mépris évoqué plus haut pour Christian et son public. On oublie un peu vite qu’il a tenu l’ECW à bout de bras pendant plus d’un an…

 

 

Tiens? C'est ma carrière là-bas?

 

 

Cena champion sans doute jusqu’à WM 28, les mastodontes privilégiés systématiquement à des catcheurs plus talentueux par une société frileuse qui ne songe plus à renouveler ses produits qu’en attirant un nouveau public grâce à des recrues ponctuelles (comme Sin Cara): l’avenir, en étant peut-être un peu pessimiste, n’est pas extrêmement alléchant…

 

C’est d’autant plus dommage que, pris indépendamment des grands axes actuels de la WWE et de ce qu’ils trahissent, certains shows,  individuellement, sont de qualité. En vérité, d’ailleurs, ce Smackdown tranche agréablement avec son prédécesseur, et les Raw des deux dernières semaines, singulièrement médiocres (en particulier le dernier Raw, étonnamment calamiteux et préoccupant pour des lutteurs comme Ziggler). Ne boudons donc pas notre plaisir et penchons-nous sur le petit dernier.

 

Evacuons immédiatement l’imbécilité hebdomadaire: alors que Layla livrait une petite promo, pas désagréable au demeurant, sur sa victoire contre McCool, Cole l’interrompait, comme d’habitude, expliquant que le public se moquait d’elle et des Divas en général, et que le seul sujet de conversation valable était son futur match contre Lawler, avec pour enjeu le Hall of Fame et la bague de Hall of Famer, que Cole se voyait bien offrir à sa mère. Or, d’une part, cette feud interminable devient insupportable, les mêmes recettes tournant encore et encore; d’autre part, même si Lawler est d’accord, cette histoire de mères est parfaitement ignoble; et enfin, la division Divas est largement plus intéressante que la feud des deux papys depuis l’arrivée de Kharma. Laquelle Kharma, d’ailleurs, se présente sur le ring, exécute Layla avec l’aide du commentateur, puis fusille du regard un Cole qui retourne se terrer dans sa Mine sans demander son reste… L’apparition de Kharma a en effet fait naître quelques espoirs, mais si elle continue à détruire les Divas sans explication ni logique, le soufflé risque de retomber assez rapidement. On raconte, ici et là, que Kharma n’est pas encore prête, qu’elle botche encore trop (Alicia Fox a été blessée à l'épaule lors de son attaque), mais ceux qui ont suivi sa feud contre Gail Kim à la TNA pourront nourrir de légitimes interrogations quant à cette version des faits…

 

 

BWAHAHA Cole, t'as vraiment une gueule de VRP!

 

 

J’évoquais, en début de nalyse, la volonté de la WWE de s’implanter dans tous les marchés juteux par des recrutements stratégiques: après Sin Cara pour le Mexique, c’est le tour, ce soir, de ce mystérieux Indien venu rencontrer Khali à deux reprises depuis quelque temps. Tout s’éclaire, de ce fait: le géant a été drafté à SD pour cette feud, afin que ses botchs et son niveau médiocre puissent être un peu camouflés par le montage, et que les débuts de son rival soient optimisés au possible. Toujours est-il que cet agresseur s’en prenait à un Khali en pleine opération séduction pour désavouer l’indécence du géant (je suppose, je ne parle pas l’hindi). J’avoue avoir un peu de mal à me passionner pour cette hypothétique confrontation, mais j’ai bien ri en constatant que Khali ne sait même pas vendre une gifle. Passons.

 

 

Tiens? Qu'est-ce que McOcee fout dans le Tennessee?

 

 

Venons-en enfin aux choses sérieuses, avec Cody Rhodes, orphelin de Rey, qui se cherche un nouvel ami. Et qui de plus indiqué que son vieux complice, le « Priceless » Ted DiBiase ? Seul problème, DiBiase n’est pas Rey, et même si le match n’a pas été mauvais, il est clair que Cody a encore un peu de chemin à accomplir pour porter un match quel que soit l’adversaire, signe des grands champions. Attention toutefois: le match a été de belle facture, rapide et enlevé, et les promos de Cody sont toujours aussi dérangeantes et brillamment interprétées. Néanmoins, ceux qui le voyaient monter vite, dont votre serviteur, vont devoir déchanter, au moins provisoirement: il a un avenir, mais encore du travail. Consolons-nous quand même en notant que le match était vraiment très court, et que ce n’est que le premier: on peut espérer une nette amélioration sous peu, Rhodes ne manquant pas de talent et DiBiase étant susceptible de livrer des bons matchs à l’occasion.

 

 

Million Dollar Débile.

 

 

Deuxième match de la soirée, intéressant en termes de storyline: la débacle du Core. La semaine dernière, donc, la bande de Barrett avait laissé Zeke KO dans les vestiaires. Cette semaine, ce Core « light » venait défier Kane, misant sur la peur du Big Red Machin, puisque son ami Show ne pourrait pas venir le sauver, étant au Mexique avec ses petits camarades de Raw.  Le match, long et efficace, les deux hommes ayant beaucoup de métier et de talent, se conclura naturellement par une disqualification de Barrett, Kane se retrouvant aux prises avec le Core dans son ensemble. Et alors que Justin s’apprête à lui asséner son 450 Splash, Kane est sauvé par… Zeke, qui repousse le Core, avant de tomber sous leurs coups.

 

 

T'inquiète pas ma chérie, on va rentrer à la maison et je serai très gentil avec toi.

 

 

Le Core a donc bel et bien explosé, mais le plus inattendu restait à venir, ce qui aide à tolérer le constat d’échec de cette nouvelle stable qui paraissait prometteuse. Un peu plus tard le même soir, Justin proposait à Zeke de retenter sa chance la semaine prochaine, mais Barrett avait d’autres projets : un match Barrett/Zeke à Over The Limit, pour le titre IC.  Le face-turn de Zeke est un peu artificiel, certes, autant que son heel-turn précédent en fait, mais il était sans doute impératif: il y a déjà un monster heel black dans les rangs de SD depuis le draft… Un bon match en perspective pour Over The Limit en tous cas, entre cette brute de Zeke et Wade Barrett, aka l’encyclopédie du catch. Si Zeke s’empare du titre, en tout cas, tous les titres de la WWE seront aux mains des Faces (non, la ceinture des Divas ne compte pas).

 

Venons-en au main-event. Non, il n’aura pas été le meilleur match de la soirée, loin s’en faut, mais il aura tout de même eu certaines qualités. Il opposait, Henry et Sheamus à Orton et Christian. WTF, me direz-vous (auquel cas vous êtes vraiment grossiers, honte sur vous). Au début du show, Christian est venu livrer une promo de flagorneur, soutenant Long qui a un métier difficile, ma bonne dame, alors bien sûr il s’interroge sur ce qui lui est arrivé, se demande s’il ne s’est pas un peu fait enfiler sans tendresse mais avec du verre pilé, mais comme c’est un Babyface trop sympa, il va être à 100% et battre Orton à Over The Limit. Y’en a qu’ont essayé, Christian, y z’ont eu des problèmes, comme diraient les deux inénarrables duettistes. Sur ces bonnes paroles, Sheamus vient expliquer en gros que le droit d’affronter Orton sera sien quand il aura vaincu Christian. Mark Henry intervient alors pour défier Sheamus. Sheamus propose un match à handicap, les deux heels contre Christian. Comme vous le voyez, on est déjà dans le grand n’importe quoi, qui n’est pas sans rappeler le Raw précédent. Evidemment, cette passionnante entrevue diplomatique dégénère en pugilat, et Randy « j’ai trop la classe » Orton intervient pour sauver Christian, comme la première jouvencelle en péril. Long, toujours créatif, organise donc un Tag Team Match entre les deux duos, et Orton avoue qu’il a aidé Christian pour que ce dernier soit bien à 100% à Over The Limit.

 

Bon, que Christian se prenne pour Raiponce, passe encore, qu’il ait été floué la semaine dernière, plus difficilement, mais soit. Etait-il, toutefois, vraiment utile de voir Christian faire cette promo dont on imagine bien qu’il n'en pense pas un mot? De le voir se faire tabasser par les deux heels pour se faire sauver par Orton? Etait-il si improbable qu’il leur tienne tête et soit booké fort pour affronter Orton? La meilleure preuve, du reste, qu’Orton se fout de ce titre qu’il a réclamé comme une compensation, c’est qu’il n’a même pas livré une promo de nouveau champion…

 

 

T'es gentil petit, tu laisses travailler les grands.

 

 

Le match, en tout cas, aura été séduisant: un bon quart d’heure d’opposition entre technique et puissance, avec un Mark Henry un peu en-dessous de ce qu’il a montré la semaine dernière mais un Sheamus absolument déchainé, face à une team de Faces qui a enchainé quelques beaux moves (deux techniciens au timing impeccable ne peuvent que bien fonctionner ensemble, je présume), et c’est même Christian qui s’offre le luxe de faire le tombé pour son équipe après un astucieux blind tag. Cela augure du meilleur pour leur confrontation, le match de la semaine dernière ayant déjà été un beau moment, mais voir quelqu’un du talent de Christian jouer les utilités à ce point a un je-ne-sais-quoi d’agaçant.

 

Mais le vrai monument de la soirée, celui qui m’a fait marker comme un fou, le match que vous devez absolument voir était le premier match du show: Sin Cara vs Daniel Bryan. Je pourrais me contenter de vous dire cela, et je pense que ça suffirait pour que vous le regardiez. Sachez toutefois que le match a été encore meilleur que prévu: Sin Cara a réussi tous ses moves plus insensés les uns que les autres (sans doute aidé par la réalisation), avec en face un Bryan idéal pour le selling, et surtout une opposition de style: fluidité de part et d’autre, mais un énorme bagage technique pour Bryan, avec ses soumissions out of nowhere et son sens du timing, et de l’autre l’agilité, la fraicheur et l’audace de Sin Cara. Les deux lutteurs ne pouvaient qu’être satisfaits d’eux-mêmes  après ces 12 minutes sensationnelles, comme je n’en avais pas vu depuis longtemps, et, double cerise sur le gâteau, un finisher extraordinaire et l’annonce d’une feud qui devrait être jouissive.

 

Car avant le match, Chavo introduisait Sin Cara comme son héritier, et aidait même le Mexicain à remporter le match. Aussi, lorsqu’il levait le bras de son compatriote pour saluer le vainqueur, Chavo se voyait repoussé par Sin Cara furieux des conditions de sa victoire. Chavo se rapproche doucement de la retraite, à 40 ans passés, et il est fort possible que cette ultime feud contre le jeune espoir issu de son pays d’origine soit un beau cadeau de la WWE à un employé modèle en plus d’un excellent lutteur, initiative que l’on ne peut donc qu’applaudir des deux mains, des deux pieds, et de tout ce qui est opposable anatomiquement.

 

 

Gracias, c'est trop, vraiment!

 

 

Quatre matchs, donc, mais près de 40 minutes de catch, ce qui devient rare. Il est vrai que ce SD devait faire vite, le prochain show étant un go-home, et avec quelques annonces alléchantes et au moins deux matchs bookés sans trop être tirés par les cheveux (ce qui serait compliqué avec Big Zeke), on peut dire que l’objectif est atteint, et c’est déjà pas mal!

 

 

GO GO POWER RANGER!

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