Catch

Jour de fête en place de Grève

Je serai pendu demain matin,

Ma vie n’était pas faite

Pour les châteaux.

Michel Polnareff, Le bal des Laze

 

Où l’on se rend dans la joie et la bonne humeur sur les lieux de la première exécution, pardon la première élimination de NXT.

 

 

Pour célébrer l’événement le bourreau a remis son costume.

 

 

Analyse de NXT du 17 mai

 

 

C’était mieux avant, comme on dit au café du commerce. Les femmes votent, les pauvres touchent des alloc’, on ne peut plus besogner les femmes de chambre tranquille et le spectacle d’une mise à mort publique n’est plus guère réservé qu’aux heureux habitants de quelques dictatures. Heureusement cette semaine NXT s’attaquait à ce dernier problème et avait convié le WWE Universe à venir assister à ce qui est la raison d’être du programme, l’élimination du plus faible membre du troupeau.

 

On peut dire qu’on l’aura attendue, celle première élimination. Des semaines et des semaines d’émissions souvent indigentes, sans que jamais on ait daigné nous informer de quand et de comment elle aurait lieu… Alors, oui, et bien qu’en tant que citoyen je me réjouisse que les femmes votent, que les pauvres soient aidés à survivre, qu’on ne puisse pas besogner impunément les femmes de chambre et que la mise à mort ait disparu de notre beau pays, c’est avec joie que j’ai vu arriver le NXT de cette semaine et sa salvatrice élimination.

 

 

Plus que 45 minutes et ils ne seront enfin plus que cinq, ouf !

 

 

Avec joie et un peu d’inquiétude aussi. Car si les badauds qui se précipitaient place de Grève les jours d’exécution savaient qui allait périr sous la main du bourreau, ce n’était pas le cas ici. Des six concurrents de cette saison on ne voyait ceci dit que deux candidats crédibles pour l’élimination : Jacob Novak et Conor O’Brian. Titus O’Neil est le grand favori de la saison, Darren Young a déjà une expérience qui le met à l’abri, Saxton et Cannon sans être brillants semblent pouvoir continuer leur route. Restait donc Novak, que même en étant bon public comme je le suis souvent on ne peut que trouver mauvais dans tous les aspects qui font un catcheur ; et O’Brian, qui est bien meilleur mais qui a été largement ignoré par le booking de la saison et qui ne présente pas assez de traits saillants pour être sûr d’échapper au couperet.

 

Comme tout bon spectacle celui-ci a bien sûr été précédé de quelques amuse-gueule. Et, pour rester dans le ton, c’est à une autre forme d’exécution qu’on a d’abord assisté. Tout avait commencé la semaine précédente, avec l’absence inexpliquée d’Hornswoggle. Cette semaine on vit donc d’abord arriver sur le ring Darren Young, qui rappela sa victoire sur Titus, le dominateur du show, et se moqua de son « fameux » cri de guerre (sérieusement, il pense faire peur à qui avec ça ?) ; et qui, montrant la clé qu’il portait autour du cou, informa ce même Titus qu’il ne reverrait jamais son pro Hornswoggle… Titus arriva bien sûr dans la foulée, un match commença qui fut nettement dominé par le big man furieux. Et soudain, en direct sur le titantron, on vit Chavo Guerrero en coulisses, s’affairant autour d’une caisse fermée par des chaînes dont s’échappaient ces gémissements reconnaissables entre tous et qui indiquaient que le nain était prisonnier dans la caisse !

 

Ni une ni deux, Titus sortit du ring (il a perdu le match par count out) et, après s’être emparé de la clé que Young avait laissée au bord du ring, se précipita dans les vestiaires à la rescousse de son mentor. Grâce à la clé il put libérer Hornswoggle, fin de l’histoire… mais non bien sûr, car ce cher Chavo s’empressa de l’attaquer par derrière ! Et bien sûr de se retourner vers un Hornswoggle dont les mains étaient encore attachées ; « tu crois que j’ai oublié tout ce que tu m’as fait ? », demanda méchamment Chavo à son ancien bourreau tout en commençant à le maltraiter, rappelant par là au public leur feud de 2009 et la longue série d’humiliations que connut alors ce pauvre Chavo.

 

 

– Alors le nain, tu as quelque chose à dire pour ta défense ?

– Mghrnfp…

 

 

Évidemment non nous n’avons rien oublié, et Regal non plus qui expliqua que même si c’était pas sympa de s’en prendre à Horny, il comprenait bien les motivations de Chavo. Ce dernier arriva dans la salle en traînant sa victime, sous les huées de… eh bien non en fait, pas vraiment sous les huées d’un public qui comme Regal semblait comprendre la réaction de Chavo ; on entendit des « Chavo, Chavo » et même des « Eddie, Eddie » ! Pour parfaire la formation de son rookie Darren Young, toujours sur le ring, Guerrero lui « confia » Hornswoggle pour quelques menus tourments avant d’achever la séquence par un Frog Splash sur le corps du nain qui sombra dans l’inconscience. Titus refit son apparition à cet instant et chassa du ring ses deux adversaires, qui néanmoins repartirent triomphants vers les vestiaires. La scène connut un petit addendum après la pub où on apprit que Hornswoggle avait été transféré à l’hôpital du coin.

 

Tout cela bien sûr… ne put que réjouir le suiveur de base devant son écran ! Car même en aimant Hornswoggle et la part de comédie qu’il apporte à la WWE, ce fut un plaisir de voir un catcheur aussi attachant que Chavo Guerrero redevenir heel de façon aussi éclatante (beatdown sur celui qui est d’une certaine façon un des top faces de la fédération), turn déjà bien entamé à Smackdown dans sa feud naissante avec Sin Cara. Chavo Guerrero semble devoir connaître une nouvelle période glorieuse (enfin, il ne va pas devenir WWE Champion non plus, mais quand même) et c’est tant mieux pour ce catcheur très bon dans le ring et au micro et qui bénéficie d’une aura jamais démentie auprès du public.

 

 

Mais qu’est-ce que je vais faire de ce truc moi ?

 

 

Après un habituel tunnel de vidéos promos, on passa au deuxième match de la soirée, opposant Byron Saxton à Yoshi Tatsu. C’est le comportement de ce dernier qui fut le plus intéressant dans cette séquence. Personnage souvent ridicule et enfantin dans ses attitudes, Yoshi fut ce soir sérieux de bout en bout et apparut comme particulièrement déterminé. Son style fut plus agressif que d’habitude, avec par exemple une série d’atemis bien vendus par Saxton et bien reçus par la foule. Après que Saxton ait un temps repris le momentum, Tatsu finit par l’emporter et même dans la victoire demeura d’une sobriété qu’on ne lui connaissait guère.

 

La séquence suivante vit Striker annoncer l’arrivée de Maryse, qui elle-même fit venir Kozlov et Conor O’Brian. Kozlov expliqua qu’il était en train d’entraîner son rookie et que ce dernier allait devenir « the best of the best » (ou « the beast of the beast »?), « the man of the man »… Mouais, sembla penser Striker qui fit entrer à leur tour JTG et Jacob Novak. Maryse annonça alors le pourquoi de cette petite réunion entre ennemis : un concours bien sûr ! Tout devenait clair : la place du condamné, la première élimination tant redoutée, allait se jouer ici sous les yeux d’une foule qui tiendrait le rôle de juge. La justice populaire, y a que ça de vrai !

 

En quoi consista le concours ? Eh bien, à faire… un truc, une « performance » quoi. Les deux plus mauvais rappeurs du monde commencèrent par ce qu’ils savent si mal faire, enfin surtout Novak : un rap. Après une introduction de JTG Novak se lança dans l’exercice, il s’en prit à Regal, à Kozlov, au public… Je ne sais pas exactement qui a décidé de l’évolution du personnage de Novak pendant cette saison, sa transformation en rappeur voulait sans doute lui gagner quelque sympathie ; c’est complètement raté et sa prestation fut, sans surprise, navrante.

 

 

Si personne ne me reconnaît, je ne serai pas éliminé ! Pas con hein ?

 

 

Au tour de Kozlov et O’Brian. Les deux compères se lancèrent dans une danse sur la musique d’entrée de Kozlov, danse qui évolua en prises de sambo, le tout se finissant par une nouvelle séance de bris de planches, au poing pour Kozlov, à la tête pour O’Brian ! Tout ça ne fut pas brillant mais au moins distrayant. La foule du soir elle ne fit pas dans la demi-mesure, elle hua les rappeurs et offrit une grosse ovation à Kozlov et O’Brian, vainqueurs par KO de ce petit concours. JTG voulut s’en prendre à Kozlov qui l’expédia au sol d’un coup de pied, et on envoya la pub.

 

Parlons-en de la pub pour une fois. On vit une vidéo promo de la version kids du WWE Magazine, avec des posters et des trucs à découper pour vous déguiser en votre superstar préférée. Cena, Mysterio, l’Undertaker, Sheamus, Triple H… et Zack Ryder. Oui, la WWE a utilisé Ryder pour vendre un de ses plus kidsissimes produits ! Entre ça et les vignettes de la woo woo woo star et de Cena, on va vraiment finir par croire que la WWE va sortir Ryder du placard. En tout cas l’essentiel est là : en achetant ce mag vous pourrez vous faire la tête de Ryder, il y en a sur ce site qui vont craquer, ne mentez pas. Pour ma part j’ai adoré le produit suivant, le WWE Rumblers, un petit ring avec des figurines rigolotes de superstars, on appuie comme des tarés sur les boutons pour les faire sortir jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un, trop cool ! Ils sont forts à la WWE.

 

 

Marrant ce jeu ! Ils devraient faire ça en taille réelle, je suis sûr que ça peut donner un match sympa.

 

 

Retour sur le ring pour le troisième match de la soirée, opposant en un contre un Kozlov à JTG, leurs rookies se contentant de les encourager au bord du ring. Kozlov a largement dominé le début de match, et les commentaires dithyrambiques de Regal envers lui renforçaient cette domination. JTG ne dut qu’à une distraction causée par Novak de reprendre le dessus, la fin de match fut plus serrée mais bien sûr Kozlov l’emporta au final. Match assez bon et assez long selon les critères NXT, mais bon, aucun rookie ne combattait…

 

On enchaîna avec un petit segment coulisses : alors que Maryse se maquille Yoshi vient lui demander ce qu’elle a pensé de son match, mais la blonde ne l’a même pas vu et se pâme devant le sac que Lucky Cannon lui a offert. Mais il était dit que c’était la soirée des grandes décisions pour Tatsu : il décréta que Maryse aimait plus les choses que les gens et qu’il était temps pour eux de rompre. Maryse eut à peine le temps de réagir que Cannon arriva et l’invita à faire du shopping, à son grand ravissement. La « storyline » continue mais sur de nouvelles bases.

 

Dernière série de vidéos et enfin, nous voilà à la séance finale, celle de l’élimination. L’enjeu est d’importance ; on a vu qu’il était possible pour un rookie qui ne gagnait pas NXT d’accéder malgré tout aux rosters principaux, mais là, dans une saison de la seconde chance dont le niveau est si faible, être le premier à partir… Il en faudra beaucoup pour s’en relever. Le doute qui existait au début de la soirée s’était, à cet instant, quasiment dissipé : après avoir organisé dix minutes plus tôt une épreuve se finissant par un Novak hué et un O’Brian acclamé, on n’imaginait guère que Novak échappe à la sanction. Mais on est à NXT, dont la logique nous échappe parfois…

 

 

Petit Jésus, faites que l’ordinateur ait un bug, pitié !

 

 

Roulement de tambours, suspense, les visages défilent, plus fort qu’un soir de présidentielle, et le premier éliminé sera… Jacob Novak ! Un choix que peu de gens contesteront. Les rookies sont par définition en train d’apprendre le métier et sont imparfaits mais pendant les deux saisons dans lesquelles il a figuré Novak n’a montré aucun point fort, aucun aspect du catch dans lequel il serait assez bon pour qu’on ait envie de le voir progresser sur le reste. Et dans ces deux saisons, il aura été le premier éliminé…

 

Je suis aussi content pour O’Brian, qui a été négligé cette saison mais mérite de continuer. Sa gimmick de « type qui casse des planches avec son crâne » ne l’amènera pas au Hall of Fame mais c’est un début. Pour la suite, la prochaine élimination (la semaine prochaine ou non ? On ne nous a rien dit) apparaît même assez incertaine, Saxton, Cannon et O’Brian pouvant tous les trois passer à la trappe. Au moins échapperont-ils à l’opprobre qui frappe Novak, salué à sa façon par William Regal d’une sentence sans appel qui furent les derniers mots de l’émission et seront ceux de cette review : « Good bye Jacob Novak, it's been not a pleasure knowing you. ».

 

 

Ci-gît Jacob Novak. 2010-2011.

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