Catch

Et maintenant un peu de catch entre deux pubs

Il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation (…) de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages.

Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1

 

Bonjour à toutes et tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où enfin, le moment que vous attendiez tous est arrivé : Zack Ryder a eu droit à un match à RAW, le premier de l'annnée 2011, c'était tellement inespéré que j'en ai même souillé mon pantaslip.

 

 

– Dis, tu crois qu'on doit lui dire à Vickie qu'elle a son soutien-gorge sur l'épaule?

– C'est un show PG, on devrait, non ?

 

 

Nalyse du RAW du 6 juin

 

Là, vous vous imaginez que j'ai fait mon petit effet comique et qu'on va désormais passer aux choses sérieuses et discuter de ce qui s'est réellement passé ce lundi. Mais, en fait, non, ce n'était pas forcément une blague et on pourrait presque légitimement dire que le retour de Zack Ryder aux rings du A-Show a été la chose la plus enthousiasmante de la soirée. Et ça tombe mal, d'ailleurs puisque la WWE avait prévu de baliser la soirée avec d'autres temps forts mais je n'ai malheureusement adhéré à aucun de ceux-ci.

 

Tout d'abord, la désignation du gagnant de Tough Enough, qui a eu lieu en ouverture et sous les auspices de Vince McMahon et Stone Cold Steve Austin. Le résultat, la victoire d'Andy, est sans appel et montre à quel point le sport-entertainment scripté et la télé-réalité ne vont pas ensemble. La WWE avait choisi avant même le début de Tough Enough de l'embaucher à la FCW, son territoire de développement, puis l'avait libéré de ses obligations floridiennes pour l'embarquer dans le projet. Inutile donc de dire que cette conclusion est loin d'être une surprise et la confirmation que la télé-réalité en général et la WWE en particulier prennent leurs spectateurs pour des imbéciles.

 

 

– Merci, Vince, de m'avoir embauché avant même le début du concours.

– Mais, non connard… Récite le script que t'as appris par coeur en coulisses, comme on avait fait à la répétition…

– Je ne m'y attendais vraiment pas… Euh… Je suis tellement surpris que je n'en reviens toujours pas d'avoir gagné.

 

 

Et histoire d'aggraver le cas de l'heureux élu, le pauvre a commencé sa carrière officielle à la WWE en recevant une claque monumentale de la part du chairman of the board, ce qui a détruit toute sa crédibilité aux yeux des casual fans. Mais ça, c'était juste avant de recevoir un stunner de SCSA et de le vendre avec un talent tel qu'il a aussi réussi à prouver son incompétence aux yeux des marks qui accordent de l'importance à la technique in-ring. On pouvait difficilement rêver pire comme débuts : c'est bien beau de battre des chiens d'attaque à la course dans des épreuves à la con mais ça ne suffit pas pour être bon dans le ring et je vous avoue que je n'ai pas hâte de revoir ce type dans la saison 12 de NXT pour suivre sa feud avec son pro qui sera vraisemblablement un lutteur aussi doué que Titus O'Neil.

 

 

Les fondamentaux du catch : Leçon 1

Le travestissement avec un costume de mauvais goût.

 

 

Pour continuer dans le médiocre, ce segment introductif s'est poursuivi avec l'irruption dans le ring de R-Truth puis du Miz, d'Alex Riley et de John Cena. Si la promo de R-Truth, très à l'aise dans son personnage de type complètement frappé et convaincu d'un complot contre lui, était très réussie et sortait définitivement de l'ordinaire, j'avoue qu'un long segment de début qui se termine avec six personnes dans le ring était vraiment moyen. Heureusement que R-Truth a sorti le grand jeu pour le sauver du lamentable et sa prestation en costume de soldat confédéré de la guerre de sécession (ce qui est pour un afro-américain un costume à peine moins incongru que l'uniforme du Ku-Klux-Klan) montrait à quel point il était dérangé mentalement.

 

 

– Truth, maintenant qu'on t'as bien humilié avec le costume, on va te faire reprendre le gimmick de Kamala et t'appeler Mamadou, OK ?

 

 

Toujours pour vanter les louanges de R-Truth (comme quoi tout arrive aux Cahiers du Catch comme à la WWE), sa prestation dans le spot de promo de Capitol Punishment dans la conférence de presse imaginaire avec Barack Obama était elle aussi très réussie et donnait encore un peu plus de consistance à son personnage.

 

Malheureusement, ce pauvre Truth n'a pas réussi à sauver le main-event du naufrage annoncé : John Cena & Alex Riley contre The Miz & Truth avec Stone Cold Steve Austin en Guest referee était un main-event plus qu'ordinaire. Le scénario ultra-classique du tag-match avait déjà été vu mille fois (Riley en babyface en péril qui arrive à faire le hot-tag sur Cena qui obtient le victoire finale) et surtout la configuration du match n'était pas vraiment nouvelle et faisait écho à celle d'il y a quinze jours, où Bret Hart était arbitre invité lors d'un Punk/Truth vs Mysterio/Cena. La partition était la même : un heel (ici le Miz en l'occurence) fait tout pour énerver la légende en maillot rayé ce qui cause finalement sa perte (un stunner pour l'ex-champion qui aboutira à sa défaite avant que l'Anonymous GM ne retourne la décision). Mais, hélas, la paire Punk-Hart était bien plus convaincante que celle de ce soir, qui n'était pas non plus avantagée par le côté répétitif du scénario de ce main-event à oublier très vite.

 

 

Après cinq stunners donnés sans raison, douze gros mots et un bukkake à la bière, Stone Cold Steve Austin a enfin fini sa journée. Il est temps d'aller encaisser son chèque.

 

 

A oublier, aussi, l'opener du show côté match avec un Santino vs MMGC, puisqu'il semblerait que ces deux-là soient en feud et que leurs péripéties in-ring doivent aboutir à un tag-team title match un jour. Or donc, résumons la passionnante scène par équipe de la WWE qui ne tourne pas du tout en rond : Santinov, après avoir été défaits de la ceinture par le Corre (ex-Nexus), sont maintenant en feud avec le New Nexus autour du même titre. Le match n'était certes pas totalement mauvais et valait sans doute bien mieux qu'un Vladimir Kolzov-David Otunga (qui n'est le dream match que d'une minorité de sado-masochistes plus pervers qu'un ex-président du FMI). Mais franchement, avec l'absence d'enjeu autour du titre par équipe, le manque de charisme de Perfect Junior et le style in ring de Santino avec son finisher beaucoup trop orienté comedy-match, je n'ai aucun regret à écrire que ce combat ne me faisait ni chaud, ni froid.

 

 

On est tous là à se dire que le Cobra  est forcément la conclusion d'un comedy-match mais dans les années 1980, ç'aurait pu être un vrai finisher.

 

 

Toujours à la rubrique tag-team et quête pour le titre, la WWE a fait l'exacte variation inverse pour le titre féminin : match par équipe entre les Bella Bella et la paire Kelly Kelly / Beth Beth Phoenix Phoenix. Scénario hyper classique, là aussi avec une double K en péril grâce aux attaques redoublées des jumelles avant une entrée fracassante de l'amazone en forme de Glam Slam et une victoire qui la positionne plus qu'un peu dans la course au titre. Le match était costaud, au dessus du niveau moyen de la division divas, donc rien à redire.

 

Dans la série rien à redire à part "déjà-vu", la WWE nous a offert un match entre CM Punk et Rey Mysterio. Alors, soyons clairs. Même si cette feud sent le réchauffé de chez réchauffé et que la WWE n'a même pas daigné nous rappeler les épisodes précédents, ce n'est pas grave tant il y a de la qualité dans le ring. Le gourou Straight Edge contre la raie mystérieuse (oui, désolé pour ceux qui connaissent déjà cette blague, mais il fallait que je la ressorte), c'est du tout bon, même en weekly, ils sont capables de faire mieux que n'importe quel match du Miz en PPV pendant son règne de champion. En plus d'un finish qui verra Rey Rey s'imposer sans passer par la case 619 (en écho à la victoire sans GTS de Punk la semaine dernière), on assistera à des mouvements de toute beauté, notamment cette très old-school tentative de tombé de Punk alors qu'il appliquait un leg-scissor. Le tout a été précédé d'une jolie promo de Punk et Mason Ryan a été cantonné à un rôle de faire-valoir de Punk (ce qui est à mon avis le mieux qu'on puisse espérer du bonhomme), bref c'était largement satisfaisant.

 

 

Les fondamentaux du catch : Leçon 2

Quand tu es un heel, tu portes un slip sombre ou rouge, sauf cas particulier.

 

 

Les fondamentaux du catch : Leçon 3

Quand tu es dans une stable, tu assortis ton slip avec tes partenaires.

 

 

-Pitié ! Libérez moi de ce boulet… Serena et Gallows n'auraient jamais fait cette erreur de débutant.

 

 

Malheureusement, c'était un des rares moments excitants du show. Le match impromptu entre Jack Swagger et Booker T était au contraire un de ces moments bizarres dont on ne sait pas trop quoi penser. Le retour de Booker dans le ring, déjà, est problématique, même pour une seule fois. Des vétérans qui relacent leurs bottes, on en a déjà trop vu ces derniers temps (Lawler, Bret Hart et bientôt the Rock) et des commentateurs qui catchent, ça aussi, on en a trop vu (Lawler, toujours mais surtout Michael Cole et même Jim Ross). Il n'y avait donc aucun attrait à voir Booker T, malgré son très joli palmarès, reprendre du service. Et puis, sa présence n'était absolument pas nécessaire et RAW a encore du stock dans son roster pour opposer un vrai talent de midcard à Swagger au besoin (Chris Masters aurait très bien fait l'affaire), surtout pour un match où il n'est pas particulièrement question de mettre en valeur le talent du All American American, qui abandonne le combat avant de se faire renvoyer dans le ring par sa némésis du moment, Evan Bourne.

 

Je comprends l'idée qui consiste à utiliser un peu de la lumière autour d'une légende pour la transférer à un type qui en a besoin (Bourne en l'occurence) mais je n'ai vraiment pas aimé l'exécution du truc qui, en plus, n'a pas permis à Swagger de se montrer sous son meilleur jour. A revoir, donc.

 

 

You can't see them.

 

 

C'est d'ailleurs à peu près la même appréciation qu'on pourrait faire à propos d'Alberto Del Rio et Ricardo Rodriguez qui nous ont servi un segment pour entretenir la feud avec le Big Show.

 

La séquence était clairement parodique et plutôt réussie : Del Rio est bon au micro, Rodriguez est vraiment son complément idéal. Mais, il n'empêche que la séquence d'imitation du meilleur ennemi est un truc qu'on a déjà vu mille fois, pas toujours drôle, d'ailleurs, et que la storyline va avoir besoin du Big Show très vite si on veut qu'elle se poursuive. La WWE a donc tiré sa dernière cartouche et elle va devoir remettre le gentil géant dans la course ou passer à autre chose si elle veut poursuivre cet angle. Del Rio a tout ce qu'il faut pour réussir mais il ne peut porter sur ses seules épaules une storyline avec un Big Show absent. Donc, il convient de faire évoluer ça vite avant qu'un angle mal écrit ne ruine le momentum du Mexicain.

 

 

Les fondamentaux du catch : Leçon 4

Le travestissement avec un costume de mauvais goût.

 

 

Les fondamentaux du catch : Leçon 5

Le comique n'est efficace que s'il est de répétition (Cf. Leçon 1 & 4).

 

 

Il ne nous reste donc plus que ce match de Zack Ryder contre Kofi Kingston avec Ziggler et Vickie au commentaire. Dolph au micro a été impérial et s'est même permis alors que Cole le questionnait sur les réseaux sociaux de faire une référence au "My twitter has been Hacked" qui est un écho du scandale sexuel du week-end aux USA, l'affaire Weiner. Quant au combat lui-même, il n'a duré que trois minutes : Kofi a été fidèle à ce qu'il avait montré à RAW auparavant et très bien mis en valeur par un spot promo avant le match. Quant à Ryder, il a été ce qu'il est trop souvent dans le ring à mon goût : trop pressé dans son timing et parfois dans son selling. Je devrais lui jeter la pierre pour ça mais je n'en ai pas envie. Quand on a comme lui droit à trois minutes de match à RAW en six mois, il est assez difficile de ne pas vouloir tirer le maximum de ce peu de temps et de se précipiter parfois plutôt que de jouer la carte du Less is more.

 

 

Futurs Broskis of the week ?

 

 

Il n'empêche que le bilan de ce show est très maigre et que je ne retiens que deux bons moments de celui-ci : le match de Punk et Rey, impeccable comme de nombreuses fois auparavant, et un spot de pub vachement bien foutu qui est passé pendant les interruptions du show.

 

Quand on trouve le commercial break plus intéressant que l'émission elle-même, c'est jamais bon signe. Ceci-dit, jetez quand même un oeil et une oreille à ce grand pantalon chanté par Suggs et tant que vous y êtes précipitez-vous aussi sur ce blues crasseux à propos de l'as de pique réalisé pour la même marque (pas du tout Straight Edge), ça mérite bien plus votre temps et votre attention que l'épisode de RAW de ce soir.

 

 

Après cette publicité éhontée pour une marque d'alcool, les caisses de bière sont à envoyer aux Cahiers du Catch à l'attention de la Rédaction.

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