Catch

Comique (ou pas…) de répétition

Neo: Hum, j'ai déjà vu ça!

Trinity: Qu'est ce que tu viens de dire?

Neo: Rien, une impression de déjà vu. […]

Trinity: Ça peut provenir d'un bug dans la Matrice, ça arrive quand ils la modifient!

Tank: Oh, mon dieu! […]

Le Mulot: Oh, non!

Matrix

 

Axl: Hum, j'ai déjà vu ça!

McOcee: Qu'est ce que tu viens de dire?

Axl: Rien, une impression de déjà vu. […]

McOcee: Ça peut provenir d'un bug dans la WWE, ça arrive quand ils se foutent de notre gueule!

Spanish: Oh, mon dieu! […]

Silver: Oh, non!

La rédac.

 

 

– Océ, je me souviens d'un monde où j'avais un job, une famille et une vie, où je jouais au foot…

– Du calme Axl, ce n'était qu'un mauvais rêve. Dans la réalité, des catcheurs s'affrontent et tu passes ta vie à gérer un site sur le sujet et à écrire des articles, du calme tout va bien aller…

 

 

Coup de gueule

 

 

Il n'aura échappé à personne que la WWE propose un produit décevant en ce moment. Malgré mon habituel positivisme, je dois admettre que ma foi absolue en la stratégie de VKM est un peu ébranlée ces temps-ci. En effet malgré plusieurs choses qui fonctionnent normalement, et sur lesquelles je reviendrai dans un premier temps histoire d'exposer une position claire, on a un effet de redondance inquiétant qui en plus de réduire le suspense donne sérieusement l'impression qu'on se moque de nous. Pour finir, j'exposerai des souhaits, sait-on jamais…

 

 

Cher petit papa Cena, j'ai été bien sage et pour Noël, je voudrais un beau nouveau t-shirt rouge, une casquette de la même couleur et une réplique de ceinture WWE.

 

 

Ainsi commençons par ce qui va bien. Les deux tops faces sont champions de leurs brands respectives, ce qui techniquement est une bonne chose, n'en déplaise à la frange smark de nos lecteurs "cenaz il a katr moves et boreton il mé ke dé RKO çé nul" (oui j'ai décidé d'appliquer une approche conciliante pour cet article). Malgré tout ce qu'on peut leur reprocher, Cena autant qu'Orton sont des champions crédibles, vendeurs, qui assurent des matchs de qualité dans le ring (je tiens à ce point qui est devenu incontestable pour Orton ces derniers mois) et qui permettent des builds intéressants. Un champion fort et apprécié de la foule chassé par un heel fourbe qui peut proposer une stratégie originale, ça me parait une des bases du catch qui permet de faire de très bons scénarios. En plus de satisfaire les marks qui voient leurs champions dominer, je pense que cette option permet d'exposer la créativité des heels et d'observer leur montée en puissance. En effet quand le méchant est en plein build pour constituer une menace crédible face à l'indestructible champion, les personnages sont bien plus à leur place et la partition plus juste que dans le cas contraire. Le heel est valorisé pour constituer une menace crédible, ce qui est parfait (d'ailleurs quand il touche le titre, c'est souvent le début de la déconfiture et des regrets…).

 

 

Je ne vois pas du tout de quoi tu parles…

 

 

Au sortir de Mania, puis du draft, la situation des rosters me paraissait intéressante malgré l'inattendu départ d'Edge qui fatalement allait causer de gros problèmes. Un top face identifié dans chaque brand, des jeunes (Swagger, Ziggler, Morrison, Rhodes, Kofi, Barrett, Bryan) capables de rejoindre le haut de la carte après un Mania qui avait fait la part belle aux vieux, d'excellents workers pour les faire progresser (Christian, Kane, Mysterio), des superstars prêtes à enfin passer dans le main event de manière durable (Punk, Miz, Sheamus), des futurs mégastars annoncées (Sin Cara, Del Rio) et des histoires à gros potentiel (Nexus vs Corre? Cena vs Ziggler/Vickie? Cena vs Del Rio? Cena vs Punk? Les trois Legacy à nouveau en feud? Christian héritier d'Edge? L'envol de Bryan à SD!?). L'année 2010 avait vu un excellent Mania, suivi d'une période réjouissante de mise en avant de la jeunesse, spécialement avec l'éclosion du Nexus. Puis la RTW 2011 avait assez logiquement mis l'accent sur le starpower pour faire des ventes et atténuer la pression sur les jeunes émergents, ce qui en soi était une bonne stratégie (malgré un Mania moyennement réussi). On pouvait donc s'attendre à un retour d'équilibre, une capitalisation sur les succès de début d'année et une remise en avant de la jeunesse, avec des nouvelles feuds prometteuses dont la plupart déjà préparées en amont.

 

 

But that was not the truth…

 

 

Et là ce fut le drame. La chose me parait d'autant plus énervante que tout pouvait aller dans le bon sens, et que subitement, cela déraille sans réelle explication. Le plus étrange partant du fait que les bookers me semblent largement responsables du naufrage auquel on assiste, alors qu'ils sont d'habitude la force de la compagnie. La faute à la paresse? Au manque d'inspiration? A des soucis backstage dont on n'entend pas parler? Aux blessures qui ont entrainé des changements de dernière minute limitant la créativité? Toujours est-il que les symptômes sont flagrants, on assiste à une série de redites pour le moins agaçantes. On dit que l'histoire ne se répète jamais mais qu'elle bégaye, là j'ai surtout l'impression d'être en face d'un bègue qui essaie désespérément de dire quelque chose.

 

Prenons par exemple les deux main events des RAW du 23 mai et du 7 juin. A deux semaines d'écart, on a assisté à une copie conforme de scénario: Cena est opposé à Truth dans un match tag team, chacun étant accompagné de catcheurs eux-mêmes en feud (Punk et Rey, puis Miz et Riley), chaque match ayant comme arbitre spécial une ancienne gloire over avec la foule (Hart, puis Austin) et se déroulant selon l'exact même scénario (provocation des heels sur l'arbitre, tricherie de l'arbitre et victoire des faces pour un feel good moment sans intérêt en termes de build global). Non seulement la photocopie est flagrante, mais en plus le scénario est illogique (les faces trichent, on crédibilise les favoris face aux challengers). La redondance pourrait avoir un intérêt si un scénario reposait dessus (discours paranoïaque entretenu de Truth, clin d’œil travaillé, série quelconque exploitable de façon créative et originale), mais ça ne semble même pas le cas.

 

 

– Hey Rocky, ce lundi comme je suis guest host, on te voit comme arbitre spécial de Cena-Orton vs Truth-Christian et tu fais gagner les faces après un rock bottom sur le Canadien, ça te va?

– Sans souci, ça me parait logique!

 

 

Autre redondance totalement exaspérante, et celle-là ne repose pas sur deux main events, mais sur une vingtaine d'épisodes d'une émission d'une heure: toute la saison 5 de NXT. Franchement, je cherche toujours l'intérêt de consacrer une émission de découverte des nouveaux talents à des mecs déjà découverts et sans talent (ça parait tellement stupide dit comme ça, qu'on pourrait douter que c'est la stricte vérité). La cerise tragique sur la gâteau de l'ironie: le vainqueur aura doit de faire sa troisième saison de NXT, "l'émission qui recherche la prochaine star". Courage mec, plus qu'une saison et t'auras passé un an à NXT! Oui, vous pouvez éclater de rire, ou pleurer à chaudes larmes de désarroi, voire comme moi faire les deux en même temps. On a certes vaguement tenté de changer quelques petites choses comme les gimmicks tout en proposant un contexte de rédemption qui pouvait sembler prometteur à tous ceux qui comme moi se sont fait aveugler par ce nuage de fumée, mais la vérité est que sans surprise, le résultat est calamiteux. Le plaisir de la découverte de nouveaux jeunes n'existe pas, ces types manquent cruellement de talent (sinon ils auraient gagné leurs saisons…) et quand on regarde, on a juste la certitude de voir des losers batailler avant un renvoi quasiment inévitable. Sans compter que la saison se prolonge de manière aussi casse-pieds qu'inexplicable (on peut supposer que la WWE gagne du temps, soit pour préparer soit pour vendre la prochaine saison à un diffuseur aux États-Unis?). Au passage, avant que l'on ait un suicide ou un départ pour dépression, Koko, Juju et Charentais, vous pouvez lâcher ce show miteux, personne ne vous en voudra, le fait d'avoir tenu jusque là fait honneur à vos capacités de résistance Cenaesque (ou preuve d'un certain masochisme, comme Ocee Domina l'aura bien noté…).

 

 

Ou alors Juju est amoureux de Maryse, Charentais d'Hornsy et Koko de Lucky Cannon?

 

 

Tertio, les stables. L'année 2010 aura indubitablement été placée sous le signe du Nexus, qui fut un succès considérable, mais rappelons nous qu'elle avait commencé avec la straight edge society, elle aussi prometteuse et sans doute victime de circonstances défavorables. En 2011, non seulement on mixe tout ça, mais en plus on met en place des redondances. Punk leader d'une stable de losers qui enchaine les branlées? Barrett leader d'une stable qui parait forte et explose au mauvais moment? Deux stables composées d'un leader indiscutable, d'un big man et d'un duo potentiellement utile et constituant une tag team légitime? La WWE a poussé le bouchon au point de servir à cinq jours d'écart deux séquences absolument identiques. En effet, les 19 et 23 avril, on voyait des tensions apparaitre, et le powerhouse quitter ses partenaires, laissant ses trois collègues incrédules au bas du ring. Ce clin d’œil aurait pu être amusant si il avait mené à quelque chose de construit dans ce sens, mais en l'état des choses et vu le reste des analogies, on a seulement l'impression d'une pâle copie faute d'inspiration. En bref on a un bon concept à la base, mais qui est usé, sent le réchauffé car trop récent, et mal exploité en plus de tout le reste.

 

 

Ouf, cette fois-ci il n'a pas dit que j'étais over-rated et que tout était de ma faute.

 

 

Enfin, et c'est peut-être le plus grave car cela a des conséquences importantes à terme et contre-productives: la similarité des main-events de chaque brand. Dans les deux cas on observe le top face indiscutable et porteur de la ceinture, attaqué par un heel qui a fraichement turné et au profil très similaire. Truth (39 ans) et Christian (37,5 ans) étaient des midcarders faces plutôt aimés des foules, tous deux passés par la TNA et qu'on estimait incapables de toucher un jour un titre majeur, et on les voit turner de façon assez réussie et défier les champions. Que ça soit clair, je n'ai rien contre eux personnellement et je trouve le résultat proposé assez réussi, mais dans une période où le build des futures stars heels devrait être la priorité, où on avait justement des jeunes prometteurs qui n'attendaient que ça (Ziggler et Rhodes, ou si on voulait garder ces rivalités pour l'été ou l'automne, Swagger et DiBiase) et surtout dans des rosters qui manquent de faces, mon verdict est que la WWE fait une erreur. On sait bien que les ventes de PPV, les ratings et les attentes baissent en période post-Wrestlemania, c'était le moment idéal pour pusher ces jeunes, quitte à les faire perdre pendant deux mois (ça n'est quand même pas scandaleux de se coucher pour Cena et Orton!). Ça leur aurait donné de l'expérience et de l'exposition. Je conçois bien que les circonstances aient poussé aux pushs inattendus des deux vieux faces (départ d'Edge et blessure de JoMo), mais toujours est-il qu'il est hyper probable qu'aucun ne touche le titre, qu'ils retombent en midcard dans trois mois et que dans trois ans tout le monde ait oublié leurs runs de contenders.

 

 

Oh, je vois deux losers qui vont se faire ruiner par Cena et Orton, un blond et un black, genre Riggs et Murtaugh dans l'Arme Fatale, mais je reconnais pas bien qui c'est…

 

 

En bref, on assiste à un nombre de copiers-collers impressionnant, dans une période qui devrait être consacrée à l'innovation, et qui avait en plus un potentiel indiscutable pour cela. Ainsi de manière simplissime, il me semble qu'on aurait à la fois pu ménager les changements auxquels on a assisté, et promouvoir les jeunes qui devraient idéalement accéder au main event dans ces périodes transitoires entre périodes clés (janvier-mars et juillet-août consacrés aux gros PPV, avril-juin et septembre-décembre consacrés aux jeunes).

 

Ainsi dans mon scénario, on aurait également les deux champions faces Cena et Orton indéboulonnables jusqu'à l'été. John aurait affronté Dolph dans une belle feud de deux à trois mois, faisant un boucan d'enfer avec l'opposition micro Cena-Vickie et proposant des purs matchs de PPV. Puis à l'été, soit Punk soit Del Rio deviendrait contender #1, et finirait par gagner à Summerslam (éventuellement avec une responsabilité du Rock, histoire de…). Randy, lui, affronterait Cody, qu'il humilierait une ou deux fois en PPV de façon très marquante, puis enchainerait les victoires contre différents contenders (Sheamus, Henry) avant que Rhodes ne gagne le MITB, et qu'on ait une feud Orton-DiBiase avec Cody qui roderait autour et un gros jeu de manipulation entre les trois. Le cash in sacrerait Dr Fatalis à l'automne.

 

De son côté, Truth n'a pas besoin du main event pour développer son nouveau personnage (qui de toute façon ne semble pas prendre plus que ça avec la foule). Il aurait très bien pu le faire contre Rey Mysterio qui a autant de raisons d'être ciblé par la Vérité que Cena. Le cas de Christian est plus intéressant, et on aurait pu faire quelque chose d'un peu exceptionnel: un build de super face en surfant sur la popularité liée au départ d'Edge. Ainsi, après avoir perdu le titre contre Orton, puis le rematch, Captain Charisma aurait eu un dernier match, dans lequel il s'engageait à ne plus défier la Vipère s'il perdait. La défaite aurait eu lieu après qu'il ait eu match gagné, à cause de circonstances quelconques. Christian annonçant qu'il respecterait sa parole, ne pourrait plus affronter Orton, tout en ayant un build monstrueux. On pourrait le voir enchainer les victoires, éventuellement prendre l'IC et faire miroiter un match IC contre WHC entre deux champions hyper dominants (peu importe qu'il ne survienne jamais, l'intérêt étant le build de Christian).

 

 

Un match IC contre world champion? Aucun intérêt…

 

 

En conclusion, je suis en ce moment très déçu. Vous savez que je suis plutôt compréhensif et supporter des stratégies de la WWE, et de Vince McMahon en général. Il me semble que beaucoup de choses sont explicables, que ça soit sur des stratégies de long terme (certaines prises de risques) ou de court terme (le retour de stars du passé). De même, j'admets largement l'existence de la limite de juger un business de l'extérieur sans connaitre les personnes, les relations qui existent et les enjeux que l'on se fixe. Sans compter que l'on imagine souvent des solutions en se fixant sur ses propres aspirations, alors que le business doit répondre à des pressions multiples qu'on a tendance à négliger (les différentes catégories de fans, les réseaux médiatiques, les partenaires financiers ou associatifs, la gestion de l'image, etc…). Tout cela limite largement la pertinence des avis critiques, qui sont trop nombreux et souvent peu judicieux. C'est d'ailleurs pour ça qu'en général j'évite d'ajouter ma voix à celle des critiques que je trouve trop faciles et disproportionnées, ou difficiles à réellement justifier tant qu'on n'a pas la majorité des données. Or dans le cas présent, mon incrédulité est telle, et je trouve qu'on s'éloigne tellement des fondamentaux de succès de la WWE (la cohérence, l'innovation, le lancement de jeunes) que je ne peux m'empêcher de me faire du souci. Il y a un an quasiment jour pour jour, le Nexus arrivait sur le devant de la scène et mettait un coup de pied salutaire dans la fourmilière, on ne peut qu'espérer qu'avec les deux RAW de 3h à venir ce soir et dans une semaine, on aura un rebondissement comparable qui relancera la machine, et les bookers.

 

 

Pourquoi chercher un élu alors qu'on a tout ce qu'il faut sous la main pour sauver le monde?

21 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut