Catch

Happy Slammiversary

Ce matin j'imagine un pays sans nuage

Où tous les perroquets ne vivent plus en cage

Des jaunes, des verts, des blancs, je fais ce qui me plaît

Car c'est comme ça que j'imagine un monde parfait

Ilona Mitrecey

 

De bons matchs, un grand match et pas grand chose à jeter, pour son anniversaire la TNA ne s'est pas loupée et a offert à ses fans une excellente soirée de catch.

 

 

Non, il va pas sauter quand même ?

 

 

Nalyse de Slammiversary IX

 

 

Une chose sautait aux yeux en regardant la carte avant le show de dimanche soir, car ce n'est pas si courant à la TNA : ça donnait envie ! La fédération d'Orlando a compris qu'elle devait soigner ces rendez-vous mensuels et avait bien préparé ce Slammiversary depuis plusieurs semaines. Et coup de bol pour nous, le résultat est à la hauteur ! Il y a bien quelques défauts et des erreurs mais il y a eu plus de bon que de mauvais et c'est avec plaisir que je me lance dans le récit d'un show qui participe grandement au redressement de la TNA.

 

La soirée a commencé par le résumé vidéo de quelques feuds, avec une insistance certaine sur la longue rivalité entre Kurt Angle et Jeff Jarrett qui doit s'achever ce soir : on comprend à ce moment que c'est ce match, et non le match de championnat du monde, qui clôturera la soirée. Mais ne grillons pas les étapes ! Le premier match fut un autre match de championnat, par équipes celui-là, entre les Gun Money et la British Invasion.

 

 

Sans rire, on peut être champions avec des fringues comme ça ?

 

 

L'histoire de ce match avait été brillamment préparée dans les shows hebdomadaires : l'association de circonstance entre Alex Shelley et James Storm, tous deux privés de leurs partenaires habituels, allait-elle être à la hauteur face à une équipe soudée et expérimentée ? Ce sont en tout cas les champions en titre (enfin, à moitié) qui dominent le début de match, avec une succession de tags rapides. Mais une ruse de Magnus hors du ring permet aux vils British de prendre l'avantage et de s'acharner sur Shelley. Ce dernier parvient finalement à effectuer un tag avec Storm qui prend l'avantage sur ses deux adversaires et s'offre la première tentative de tombé.

 

Storm et Shelley continuent de dominer, Magnus et Williams tentent bien de les contrer mais sans réussite et une belle manœuvre à deux permet aux faces de tenter un nouveau tombé. Peu après les Anglais parviennent enfin à prendre l'avantage et un premier tournant survient dans le match : Storm veut cracher de la bière sur Williams mais celui-ci se baisse et c'est Shelley qui est touché ! Aveuglé, Shelley envoie involontairement un kick à son partenaire venu voir comment il allait ; les Anglais (vils, encore) en profitent pour placer leur finisher et faire le tombé, manquant la victoire de très peu.

 

Les heels poursuivent néanmoins leur domination, mais cette fois c'est Storm qui esquive un kick de Magnus qui lui était destiné mais atterrit sur Williams. Storm et Shelley parviennent alors à prendre un avantage enfin décisif sur Magnus et c'est Storm qui réussit le tombé victorieux, victoire des Gun Money ! Un fort sympathique opener de 11 minutes, qui a joué avec l'attente que nous avions tous d'une mésentente Shelley/Storm sans pour autant nous donner encore de signes de dissension entre un trio dont on attend maintenant la suite des aventures, avec toujours à mon avis une petite pièce à mettre sur un turn de Roode.

 

 

Mon copain ! Viens m'embrasser avant qu'on se foute sur la gueule !

 

 

On enchaîne avec une petite pastille ou plutôt deux, l'arrivée en voiture de Jeff Jarret puis de Kurt Angle. Autant le dire tout de suite la qualité de ce show a tenu aussi à l'absence de segments basckstage, rarement pertinents en PPV : en dehors de vidéos résumant les feuds et des indispensables interviews on n'a eu que des matchs et c'est tant mieux. La première interview de la soirée fut celle de Scott Steiner, qui a expliqué qu'il allait battre Matt Morgan avec le bras gauche puis sortir avec sa copine pour lui montrer ce que c'est qu'un homme. Surtout, cette interview a été filmée en plan séquence avec Steiner se dirigeant directement vers la salle pour le match, un bel effet visuel qui nous plongeait bien dans le match.

 

À l'inverse pourtant du premier match celui-ci n'avait guère été construit, on n'avait pas beaucoup vu les deux hommes face à face. Un match de brutes quoi, mais de brutes que je trouve sympathiques et charismatiques, c'est déjà ça. C'est la plus grande des brutes, Matt Morgan, qui a pris le dessus pendant le début du match, mais qui n'a pas tardé à se faire avoir par Steiner, vieux singe qui n'a plus rien à apprendre : alors que Morgan le malmenait et que Steiner semblait presque devoir s'appuyer sur l'arbitre pour récupérer, Big Poppa Pump (si ça c'est pas un des surnoms les plus classes du monde du catch !) balança l'air de rien un coup de pied de l'âne en forme de low blow à Matt Morgan.

 

 

Visiblement le cameraman n'avait pas prévu un assez grand angle pour filmer tout le bras de Steiner.

 

 

Steiner prenait du coup sérieusement le dessus et plaçait le premier tombé, raté mais il continuait à dominer son adversaire et même à tourner en dérision certaines de ses attitutes (pompes…). Mais on ne vainc pas un géant si facilement et Morgan parvenait à reprendre le dessus, s'offrant à son tour un nearfall. Le match s'équilibrait enfin, les deux hommes tentaient quelques nouveaux tombés. Finalement Steiner entamait son finisher mais Morgan le contrait, envoyant dans la foulée son adversaire au sol d'un big boot, nouveau tombé et finalement victoire de Matt Morgan.

 

Un bon match, qui a souffert d'une construction antérieure trop faible mais qui a été bien mené par les deux hommes, qui connaissent leur boulot. Morgan s'offrira peut-être une deuxième victoire contre Steiner si la feud continue, en tout cas il devrait remonter vers le haut de la carte ce qui est une excellente nouvelle à mon avis, il a ce qu'il faut pour faire partie des figures de proue de la TNA.

 

 

Morgan est capable de porter toute une feud sur ses épaules.

 

 

On enchaîne avec une interview de Jarrett, reprenant en gros les arguments de son excellente promo du dernier Impact. Jeff a rappelé que le vainqueur du match serait challenger au titre, c'est bien de le redire car l'enjeu pourrait être occulté par la feud elle-même. Il a surtout insisté sur le fait qu'il avait déjà tout pris à Kurt et qu'il allait continuer avec sa fameuse médaille, que l'agonie de Kurt allait continuer jusqu'à jeudi où il devrait lui remettre la médaille, sur un podium, comme aux Jeux… Un dernier mot pour s'adresser à Karen et lui dédier sa victoire à venir et le tour était joué, une bonne intro au main event du soir.

 

Le match suivant fut le match de championnat X-Division, un match à trois entre Abyss, le champion, Kazarian et Brian Kendrick. Des enjeux clairs dans ce match : Abyss est fort et semble l'être encore plus depuis qu'il lit Sun Tzu, mais en guise de 3-Way c'est un match à handicap qu'il va devoir disputer. Kazarian et Kendrick s'allient dès le début du match et parviennent à prendre le dessus… mais pas longtemps. Abyss prend clairement le dessus, et malmène principalement Kazarian. Kendrick finit par revenir sur le ring et attaque le monstre, et il parvient à obtenir un premier tombé après un dropkick, un deuxième après un DDT.

 

 

Ca y est, les envahisseurs à quatre doigts sortent de leurs tombes !

 

 

Kazarian rétabli, les deux hommes ont maintenant le dessus sur Abyss et tentent même un tombé à deux, mais Abyss parvient à se dégager malgré tout. Il reprend peu à peu des forces, manque de perdre sur un petit paquet de Kazarian et sort du ring. Bien lui en prend puisque ses deux adversaires commencent alors à se disputer, des giffles d'abord puis de vrais coups, des prises… Kendrick finit par étendre Kazarian mais se fait immédiatement saisir par Abyss qui l'envoie hors du ring, remonte et porte lui-même le tombé victorieux sur Kazarian !

 

Si le match fut bon d'un point de vue technique, ce fut sans doute le plus mauvais du soir du point de vue du booking. Comment Kaz et Kendrick ont-ils pu être aussi stupides et se déchirer sous les yeux d'un Abyss qui n'attendait que ça ? Abyss a d'ailleurs conclu la séance en s'adressant à la caméra pour parler de Sun Tzu : quand vous êtes le plus fort, attaquez, mais sinon divisez votre ennemi et alors vous vaincrez…

 

Certes l'Art de la guerre de Sun Tzu est une passionnante lecture que je ne peux vous recommander, mais pour notre histoire ce n'est pas très intéressant. Abyss était déjà plus fort individuellement que n'importe quel membre de la X-Division, ça ok, mais voilà maintenant qu'il est aussi plus malin, plus intelligent ! La division ne pourrait être plus mal alors que s'annonce un PPV qui lui sera largement consacré ; elle devrait y retrouver des couleurs, mais on ne peut s'empêcher d'imaginer qu'il y a un risque que cette destruction kayfabe de la X-Div annonce une réelle mise à l'écart de ce fleuron historique de la TNA…

 

 

– Brian, tu es bien sûr sûr qu'on n'est pas en train de se faire couillonner ?

– Bah, Bischoff m'a promis que non en tout cas.

 

 

Mais passons pour l'heure au match suivant, Crimson et sa série d'invincibilité contre Samoa Joe (qui eut en son temps une série similaire). Les deux hommes, qui ne peuvent pas s'encadrer (le dernier Impact les avait montrés en train de se battre dans un bar), commencent le match à fond, mais c'est le plus jeune des deux, Crimson, qui prend vite le dessus. Mais l'expérimenté Joe renverse la vapeur et domine à son tour, non sans distribuer quelques petites claques pleines de dédain à son rival. Il enchaîne avec ses premières prises de soumission, sa spécialité bien sûr.

 

Crimson parvient à se sortir d'une de ces prises en la retournant et en tentant à son tour de soumettre Joe, puis il obtient un nearfall suite à un DDT. Joe se ressaisit et place un premier tombé après une clothesline, un deuxième après un saut, et encore un troisième qu'il enchaîne avec une nouvelle soumission. Les deux hommes échangent ensuite de petites giffles, Joe finit par un coup de boule mais Crimson place un spear qui les envoie tous deux au sol, l'arbitre commence à compter mais les adversaires se relèvent. Joe semble ensuite dominer mais Crimson parvient à placer son Red Sky « out of nowhere » et effectue le tombé, cette fois pour la victoire.

 

Après le match les deux hommes se font face dans le ring, Joe tend une main que Crimson saisit pour une poignée de mains ; mais Joe ne lui lâche pas tout de suite la main et lui adresse lentement ce que les commentateurs décryptent comme « we will do that again ». Bref la feud va continuer sans que Joe ne tourne heel, ce qui est doublement une bonne nouvelle : Joe est très bien comme il est, et de futurs matchs entre Crimson et lui devraient avoir plus d'intensité que celui-ci qui fut agréable mais pas assez excitant.

 

 

Ca me rappelle quelqu'un, mais qui ?

 

 

Retour aux vestiaires pour une nouvelle interview, plus exactement une non-interview puisque Winter a ignoré la question de Jeremy Borash pour s'adresser directement à Angelina, expliquant que ce soir c'était une marche de plus vers leur destinée, vers la réalisation de leurs rêves. Elle tend alors un médicament à Angelina qui le repousse en disant qu'elle n'en a pas besoin, qu'il a fallu du temps mais qu'elles sont sur la même longueur d'onde maintenant… Tout ça pour introduire le match du Knockouts Championship, où l'ancienne Beautiful People défiait la championne Mickie James.

 

Déjà recordwoman du nombre de titres avec 5, Angelina visait une sixième couronne avec ce match, et c'est elle qui commence par dominer, Mickie tentant bien de revenir mais Winter la distrayant puis l'attaquant pour la sortir du ring. Angelina continue d'attaquer au pied du ring, jusqu'à ce que Mickie parvienne à envoyer sa rivale contre les marches. Les deux femmes reviennent alors difficilement dans le ring, échangent des coups jusqu'à ce que Mickie prenne le dessus avec plusieurs grosses prises portées sur Angelina.

 

 

Ca ça s'appelle se prendre un vent ou je ne m'y connais pas.

 

 

Mais Winter, encore une fois, parvient à lui tirer le pied sans se faire prendre. Angelina tente d'en profiter mais Mickie ne se laisse pas avoir et tente enfin un tombé, que Winter casse en mettant le pied d'Angelina sur une corde. Cette fois Angelina parvient à profiter de la distraction de Mickie, en colère contre Winter, et étend la championne d'un big boot. Elle tente le tombé dans la foulée, Mickie accroche une corde, Winter tente de desserrer la main, provoquant la colère de l'arbitre.

 

Peu après Mickie est sur le point de tenter un DDT mais perd du temps en allant frapper Winter. Angelina est tout prête de l'emporter grâce à un petit paquet mais Mickie parvient à se dégager au dernier moment, bien que Angelina ait eu les pieds sur les cordes et que Winter ait également pesé de tout son poids pour maintenir le tombé. Mickie tente alors son finisher, le Mickie DT… et le botche dans les grandes largeurs, ou plutôt elle et Angelina ne s'entendent pas et ratent la prise. Malgré cela Mickie effectue le tombé et cette fois c'est celui de la victoire, Mickie conserve son titre.

 

Ce botch au pire moment est d'autant plus regrettable que jusque là ce match, qui a atteint les 8 minutes, avait été de bonne facture et agréable à suivre. Quoi qu'il en soit ce tombé ne marqua pas la fin de la séquence puisque Winter a attaqué Mickie, la frappant et l'étranglant avec sa ceinture ; Hebner l'a repoussée mais c'est alors Angelina qui en a remis une couche contre cette pauvre Mickie. Bref Mickie est toujours championne et la feud devrait continuer, avec toujours les rapports bizarres de Winter et d'Angelina.

 

 

– Earl, j'ai peur, protégez-moi !

– C'est à dire, les deux viennent de me dire de les rejoindre au vestiaire et…

 

 

C'est au tour de Bully Ray de se faire interviewer, quoi que ce soit plutôt lui qui s'adresse à Borash en lui demandant plusieurs fois quel type de match était programmé et quel mot comptait vraiment dans « Last Man Standing ». « Standing ? », hasardait Borash ? Mais non, c'est « man » bien sûr, et Ray d'expliquer que Borash ne sait pas ce que c'est et qu'AJ non plus, que ce soir il va montrer qu'il est « a real man in real men's business », avant de s'excuser auprès de lui-même pour ne pas s'être débarrassé de Styles plus tôt.

 

Bref comme même les moins perspicaces d'entre vous l'auront compris c'était l'heure du Last Man Standing match entre Bully Ray et AJ Styles, et là attention les yeux, ça a dépoté sévère. Autant le dire d'entrée ce fut le meilleur match du soir, et sans aucun doute un des meilleurs de l'année. Si vous ne regardez pas la TNA et vous contentez des papiers des CdC, brillants certes, jetez un œil et même deux à ce match, il le mérite. Tiens, et même si vous êtes tombé par hasard sur cette page et que vous ne comprenez rien à ce que vous lisez, regardez le match, vous n'allez pas être déçu.

 

 

Lui par exemple, on lui a donné un t-shirt et on l'a posé là mais il voulait aller à l'opéra au départ.

 

 

C'est bon, vous avez fait le plein de chips et de bière, vous avez débranché le téléphone ? C'est parti ! Comme à son habitude maintenant Ray chasse du ring et de ses abords So Cal Val puis Christy Hemme, ce type est décidément bizarre. Le match commence par un long face à face, silencieux pour Ray, provocateur pour AJ. C'est ce dernier qui est le plus offensif au départ, dominant son adversaire malgré quelques contres. Mais Ray le brute prend le dessus et obtient le premier décompte, qu'il interrompt lui-même pour en remettre une couche. Le principe des décomptes est parfois un défaut dans ce type de match puisqu'il faut attendre que l'arbitre compte jusqu'à dix, ce qui provoque souvent autant de coupures dans le match. Pas de ça ici, pendant tout le match les deux adversaires n'ont pas essayé de nous faire croire que le match pouvait finir alors qu'on savait bien qu'il allait encore durer.

 

Bref voilà Ray qui sort AJ du ring pour un nouveau petit décompte pendant lequel il « prépare » une marche en métal sur lequel il ne manque pas ensuite de projeter violemment son rival. Quand les deux hommes remontent enfin sur le ring on ne peut que se dire que AJ a déjà bien morflé ; mais loin de chercher l'apaisement voilà qu'il provoque son adversaire, lui demandant de remettre ça ! Ray ne se fait pas prier mais plus il frappe et plus AJ en redemande (« give me your best shot »), ce qui ne manque pas de placer Ray dans une certaine perplexité.

 

 

Que je le frappe à fond ? Mais il sait au moins que c'est pour de faux, ce petit con ?

 

 

AJ finit néanmoins par repasser à l'offensive, il étend Ray d'un coup de pied derrière la tête, puis d'un je-ne-sais-plus-quoi aérien et très spectaculaire. AJ place un nouveau kick à la tête sur Ray qui tentait de grimper dans un coin, il lui assène une série de coups de poing mais Ray parvient à contrer et les deux combattants se retrouvent étendus au centre du ring pour un double décompte. On voit ensuite Ray se saisir d'une chaîne avec lequel il tente de frapper AJ, mais celui-ci esquive et parvient à s'enrouler la chaîne autour du poing avant de frapper Ray. Et c'est la tête en sang que Ray se relève, sans doute après un blading que pour une fois la TNA n'a pas filmé en gros plan. Je trouve toujours ridicule cette manie de se faire saigner, et franchement ce match n'en avait pas besoin, mais passons.

 

Ray est donc diminué, AJ le ramène sur le ring et l'estourbit d'un nouveau saut, pour un décompte qui cette fois va presque jusqu'à 10. Mais ensuite le combat se dirige vers la rampe puis la scène d'entrée, Ray projetant AJ en avant avec visiblement une idée derrière la tête. Et en effet, on le voit préparer une bombe qui enverrait AJ au pied de la scène, dans un remake de l'attaque qui avait envoyé Styles à l’hôpital tout en lançant cette feud ! Mais AJ parvient à contrer la menace, assène un double kick à la tête puis un punt dans le torse de Ray qui bascule lui au pied de la scène. C'est déjà terrible mais AJ hausse encore le niveau avec un flying forearm hallucinant qui provoque un décompte sous les « this is awesome » d'une foule aux anges pendant tout ce match dantesque.

 

 

Plutôt sympa l'adaptation de Dragon Ball au cinéma, les effets spéciaux sont super, on a vraiment l'impression qu'il vole pour de vrai !

 

 

Et ça continue… AJ amène une table, frappe Ray à coup de chaise et l'étend sur la table, avant de remonter sur la scène. Puis de sauter sur un pilier en acier. Puis de grimper un peu. Puis de grimper encore un peu histoire d'être sûr. Et quand il est assez haut… il saute pour un elbow drop de dingue à travers Ray, la table et tout ce qui aurait pu se trouver là à ce moment-là ! Énorme, il n'y a pas d'autre mot pour cette séquence de très haut niveau. L'arbitre commence un double décompte mais AJ commence à se relever pour ce qui devrait être sa victoire… mais à ce moment-là Ray a encore la force de l'envoyer d'un coup de pied tête la première dans le décor, et en se relevant à 9,99 c'est lui, Bully Ray, qui remporte à la surprise générale ce match mémorable !

 

Ma première pensée sur ce final a été négative : AJ nous offre des prouesses inouïes et il perd le match d'un simple coup de pied au cul (littéralement) de Ray ? Foutu booking TNA… Mais à la réflexion c'était une bonne fin pour ce match. Après tout ce n'était que le premier match à un contre un entre les deux hommes, qui se vouent une haine tenace qui ne pourra s'exprimer que sur plusieurs rencontres. Bien sûr en commençant si fort la pression est grande pour la suite mais je fais confiance aux deux protagonistes et n'ai qu'une hâte, les retrouver rapidement pour un nouvel affrontement de très, très grande qualité.

 

 

Juste le temps de réparer le décor et on y retourne !

 

On revient backstage pour une interview, celle de Mr Anderson qui défie ce soir Sting pour le titre suprême. Encore une fois l'interviewé s'en est pris à ce pauvre Borash ; Anderson a commencé par lui demander s'il avait trouvé ses blagues des dernières semaines amusantes, avant de lui affirmer brusquement que ça ne l'était pas et que ce soir fini la parlotte, place à l'action. Le tout avec le talent d'Anderson qui tout en parlant tripotait les yeux, les oreilles et la bouche de Borash – ça c'était drôle !

 

 

Super ce PPV, je n'en crois pas mes yeux !

 

 

Nous en sommes donc au match pour le TNA World Heavyweight Championship, enfin ce match en un contre un que Anderson réclamait depuis longtemps. C'est lui qui arrive le premier pour un petit speech au micro, mais pendant le « mister Anderson » final Sting apparaît discrètement derrière lui et l'attaque avant même le début officiel du match ! C'est à coups de poing qu'il le ramène dans le ring, la cloche sonne enfin, et de nouveau les champions sortent du ring pour aller se battre un long moment dans les gradins, au milieu de la foule, où Sting continue de dominer nettement son adversaire.

 

De retour dans le ring, ou en tout cas autour, Anderson prend le dessus et c'est lui qui tente le premier tombé (petit paquet), puis un deuxième après un elbow drop (il enlève alors son t-shirt, ça devient sérieux). Nouveau elbow drop et nouveau tombé, Anderson continue de dominer les débats. Mais pour tout dire le match apparaît un peu mou, et pas seulement en comparaison de l'affrontement précédent, ça manque d'intensité, on a quelques coups, ou par exemple une longue, très longue clé de bras d'Anderson…

 

 

Jouez avec les Cahiers du Catch : saurez-vous retrouver le champion et son challenger qui se sont cachés dans cette foule ?

 

 

Mais le champion Sting se ressaisit, envoie plusieurs coups, commence à porter sa prise du scorpion, quand soudain Eric Bischoff apparaît et se dirige vers le bord du ring ! Petit échange verbal avec Sting qu'on ne comprend pas, Anderson en profite pour placer un samoan drop et enchaîne avec un nearfall. Sting place lui un DDT et obtient également un tombé, nearfall encore. On attend la prise définitive, Anderson obtient deux nearfalls dont un sur son Mic Check, Sting place quelques kicks puis un DDT, et enchaîne avec un tombé.

 

L'arbitre compte 1, Bischoff qui est resté près du ring frappe lui aussi le ring, l'arbitre compte deux… et Sting se relève, dans sa position il ne pouvait voir ni l'arbitre ni Bischoff et comme il a entendu trois coups il pense avoir gagné ! Il proteste auprès de l'arbitre puis de Bischoff, et Anderson en profite pour placer un nouveau Mic Check qui cette fois lui vaut la victoire, 1, 2, 3, Mr Anderson est le nouveau champion du monde de la TNA ! Bischoff applaudit avec son sourire mauvais aux lèvres.

 

 

Désolé monsieur, mais avec une tête pareille je ne peux pas vous laisser reprendre le volant. Combien j'ai de doigts là ?

 

 

Drôle de finish hein ? Pas si mal cette intervention de Bischoff : bien sûr c'est une intervention extérieure dans un match de championnat, mais pour le coup le procédé était original et plutôt malin. Non, ce qui a laissé le spectateur sur sa fin avec ce match c'est plutôt le manque d'engagement général et la fin un peu banale pour Anderson, qui devient pourtant champion. Même s'il tient très bien la route (un match de championnat de 16 minutes à 52 ans, bon ratio non?) Sting ne peut plus jouer la figure dominatrice du roster, il devrait maintenant se concentrer sur son objectif avoué au dernier Impact, ramener Hogan du bon côté de la force, ce qui devrait l'occuper un moment et ce qui peut constituer une story intéressante.

 

Pour Mr Anderson en revanche la situation est plus incertaine. Le voilà champion, et son challenger va être le vainqueur du dernier match du soir, mais au delà de ça son personnage est à la croisée des chemins, il est beaucoup tombé dans le côté heel tout en gardant une bonne cote auprès des fans. La TNA va devoir choisir et lui donner une orientation claire, personnellement j'aimerais qu'il reste du côté face/tweener tant son alchimie avec le public est grande mais la fédération manque de grand heel… À noter quand même qu'il n'a aucunement célébré sa victoire avec Bischoff, sa victoire sur Sting ne le place donc pas dans l'orbite d'Immortal.

 

 

Comme les témoins de Jéhovah et les seigneurs Sith, les champions TNA vont toujours par deux.

 

 

C'est un duplex que nous avons ensuite, entre le duo de commentateurs et Karen Jarrett, depuis sa résidence d'Hendersonville. Sans surprise elle explique que sa chute dans les escaliers n'en est pas une mais que son ex-mari Kurt Angle l'a poussée. Elle raconte aussi comment, quand Jeff aura la médaille, elle se la mettra autour du coup avant de faire à « big daddy » ce qu'elle fait le mieux… Karen aura sans aucun doute été à la hauteur de cette longue feud, et elle a joué jusqu'au bout à merveille son rôle de peste détestable.

 

C'est donc parti pour le dernier match du soir, le dernier match de la rivalité Jarrett-Angle, le match qui déterminera le prochain challenger de Mr Anderson et le match aussi qui déterminera le propriétaire de la médaille de Kurt, c'est du lourd ! En bon heel Jeff tente de se défiler pendant les premiers échanges du match, en se réfugiant dans les cordes par exemple, mais Angle parvient à imposer sa domination jusqu'à ce que Jarrett le fasse basculer hors du ring. C'est alors Jeff qui a le dessus, envoyant son adversaire contre les grilles ou contre les marches du ring. Jeff ramène l'action entre les cordes et s'offre le premier tombé du match.

 

 

Deux ! Il a compté deux ! Euh… vous êtes sûr que ça suffit pas ?

 

 

Suit un double crossbody, qui envoie les deux hommes au tapis. Le match se fait serré, les prises s'échangent jusqu'à un nouveau double décompte. C'est Angle qui prend ensuite le dessus, tente un tombé enchaîné rapidement par un ankle lock dont Jeff se dégage toutefois rapidement. Angle enchaîne par un dropkick et un nouveau tombé, puis peu après un nouveau ankle lock… Mais Jarrett se reprend et c'est grâce à un DDT qu'il obtient à son tour un nearfall. Les échanges continuent, Angle place un angle slam puis un moonsault, mais Jeff esquive, les deux hommes tentent des tombés…

 

Spectaculaire séquence ensuite avec une succession d'inversion de prises, encore un Ankle Lock mais Jeff se dégage et envoie Kurt sur l'arbitre (Hebner fils) qui se blesse au genou. Profitant de la confusion Jeff place un low blow puis sort du ring et se saisit d'une guitare qui, ça se tombe bien, traînait sous le ring. De retour dans le ring il la brise en plein sur la tête d'Angle, tout juste relevé. Jeff appelle pour un nouvel arbitre (Kurt semble avoir son compte), Hebner père arrive et commence à compter mais Kurt se dégage juste avant le 3 fatidique. Jarrett est furieux, il pousse Hebner plusieurs fois mais celui-ci riposte et Angle peut tenter un petit paquet, sans succès.

 

 

On dit que Jeff gagne grâce à Karen, mais à votre avis qui a mis des jolies blondes dans le public pour le distraire, mmh ?

 

 

Angle entame alors une de ses fameuses séries de souplesses arrières (il s'arrêtera à trois) mais ne parvient pas à tenir le tombé. Jeff est ensuite sur le coin, Angle frappe, monte, est repoussé mais revient pour une spectaculaire projection des deux hommes sur le ring – mais Jeff se dégage encore du tombé. Angle baisse alors son maillot… mais c'est Jarrett qui prend le dessus avec une nouvelle projection et un nouveau nearfall. Jeff place ensuite un Ankle Lock – va-t-il battre son rival avec sa propre prise ? Angle est à deux doigts de saisir la corde mais Jeff le tire et renforce sa prise, Angle est au supplice et après quelques « Angle Angle » le public chante maintenant « USA USA »

 

Enfin, Angle défait la prise de son pied libre, Jeff se repositionne mais pas longtemps, Angle se dégage et c'est lui maintenant qui place l'Ankle Lock avec tout son corps, Jeff hurle et après une courte résistance ne peut que céder, il tape et abandonne. Kurt a gagné, il a tout gagné, l'honneur, la médaille, le titre de challenger, tout est pour lui ! Fin de la feud et fin du show, dont la dernière image est pour un Jeff mortifié dans le ring.

 

 

Oh vous savez, c'est surtout pour la guitare que ça m'embête.

 

 

Je ne peux que redire après cette nalyse tout le bien que j'ai pensé de ce show. Un super match avec le Ray-Styles, et une bonne densité d'ensemble. On n'a pas eu par exemple de match sacrifié ou bouche-trou : les cinq premiers matchs ont duré entre 8 et 12 minutes, les deux derniers 16 et 18 et le Last Man Standing a dépassé les 20. Les histoires ont plutôt bien avancé quand il le fallait et on a globalement envie de voir la suite.

 

Mais la perfection n'est pas de ce monde n'est-ce pas ? Comme je l'ai dit le match de la X-Division était mal booké, et le botch de Mickie et Angelina a un peu gâché leur match. Les deux derniers matchs n'ont pas dégagé l'intensité qu'on aurait pu attendre pour un championnat du monde et le dernier match d'un feud de six mois. L'ambiance dans l'Impact Zone s'en est d'ailleurs ressentie, le public était parfois bouillant mais souvent un peu calme. On ne lui avait en fait pas présenté les enjeux nécessaires : le Steiner-Morgan et le Joe-Crimson auraient pu être davantage « hypés » par exemple. Il y a aussi le cas Anderson, où la foule ne sait plus trop si elle doit l'encourager ou le rejeter.

 

Bref la TNA a encore du boulot mais, je m'étonne moi-même à écrire ça, elle donne l'impression d'avoir considérablement réjoui l'écart qualitatif avec la WWE, surtout avec ce que cette dernière nous offre en ce moment. C'est agréable de voir que le prétendant au titre de deuxième fédé des États-Unis tient son rang et n'est plus un objet de moquerie, rendez-vous à l'Impact Zone dès jeudi !

 

 

À jeudi alors !

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