Catch

Power to the Little Jimmies

L’Italie sous les Borgia a connu trente ans de terreur, de meurtres, de carnage… Mais ça a donné Michel-Ange, de Vinci et la Renaissance! La Suisse a connu la fraternité, cinq cents ans de démocratie et de paix. Et ça a donné quoi?… Le coucou!

Holly Martins, Le troisième homme

 

Depuis la fin de Tough Enough, il semble que le créneau horaire du show ait été absorbé par le vaisseau amiral de la fédération, qui aligne chaque semaine un spectacle plus long que d'ordinaire, le tout assaisonné à chaque fois d'une formule spéciale destinée à attirer les curieux. Après un Raw orchestré par Stone Cold Steve Austin, c'est cette fois l'esprit de Benjamin Castaldi qui a plané au-dessus du ring du show rouge, l'épisode de cette semaine étant rythmé par la volonté du WWE Universe, dictée sous forme de milliers de SMS surtaxés. La version McMahon de la démocratie participative appliquée au catch, en quelque sorte!

 

 

La WWE continue sa propagande politique: après avoir engagé un faux Obama, elle a invité un sosie de Nixon pour cet épisode de Raw!

 

 

Nalyse de Raw "Power to the People" du 20 juin

 

Je suis toujours assez perplexe devant les épisodes spéciaux de Raw. Bien sûr, ils sont plus longs que d'habitude (voilà une bien belle porte ouverte d'enfoncée!), mais j'ai l'impression que la plupart du temps, les matchs y sont aussi très courts, et que le reste du temps est utilisé pour autre chose. Quand c'est bien fait, c'est nickel, mais quand c'est mal exploité, l'impression de perdre son temps devient d'autant plus dommageable sur la qualité du show. De plus, ces épisodes spéciaux font rarement avancer les storylines de façon significative, et paralysent un peu la construction des rivalités en cours, du moins c'est ce que je crains à chaque formule spéciale de Raw. Mais l'épisode de ce soir a su retirer cette dernière crainte, notamment à travers une annonce qui me laissa pantois. Vous avez peut-être déjà une idée de ce à quoi je fais allusion, mais j'y reviendrai plus tard.

 

 

Je me demande bien de quoi tu parles… Quel suspense!

 

 

Cette semaine, ce sont donc les membres du WWE Universe qui décidèrent du menu de la soirée, leurs avis ayant été régulièrement requis tout au long du show pour compléter une affiche ou choisir la stipulation des matchs, choix le plus souvent proposé aux votants. Il est dommage de noter en effet que sur les huit votes proposés, seulement deux ont concerné la composition d'une affiche, contre cinq pour des choix de stipulation souvent peu intéressants quand ils n'étaient pas carrément stupides.

 

 

Par exemple, Michael Cole a été choisi pour battre Vickie Guerrero à un concours de danse…

 

 

Commençons le passage en revue de cette soirée par le premier match de ce Raw, qui mettait en jeu le titre des Divas. Le WWE Universe dut choisir la challenger qui irait affronter Brie Bella pour la ceinture au papillon, entre Eve, Kelly Kelly et Beth Phoenix. La Glamazon avait ma voix tant elle mérite amplement le titre, mais je dois avouer que je n'aurais pas été contre une sélection d'Eve, qui se débrouille tout à fait correctement entre les cordes. Mais c'est assez logiquement que lorsque le verdict tomba, c'est Kelly² qui obtint le droit de tenter de prendre le titre: en effet, ce genre de votes se base autant sur le mérite des candidates que sur leur popularité, et de ce point de vue, la belle blonde de Jacksonville, Floride, explose toutes ses concurrentes. La preuve avec des résultats sans appel: Kelly récolte 53% des votes, Beth 36% (ce qui montre quand même que la Glamazon a une jolie côte d'amour) et Eve ferme la marche avec 11%.

 

Le match fut assez bon, si on s'en tient aux standards des Divas. Je fais partie de ceux qui apprécient beaucoup les jumelles tant pour leur physique que pour leur travail sur le ring, qui est très correct. Brie Bella a été très offensive, et n'a rien lâché tout au long du match, plaçant entre autres un très joli neckbreaker sur Kelly Kelly. Je serai d'ailleurs moins indulgent envers la blonde que je le suis avec Brie et Nikki, tant je la trouve toujours aussi approximative, contrairement aux Bella chez qui je relève des progrès réguliers. La preuve avec la fin de ce match, où Kelly rate son roll-up, manœuvre heureusement rattrapée par Brie qui tente le tombé avant de se faire contrer par la blonde qui obtient la victoire. Eh oui, Kelly Kelly est championne des Divas! J'en connais qui vont grincer des dents en lisant ça; néanmoins, s'il est clair que la blonde ne mérite pas son titre pour ses prouesses sur le ring, je trouve logique de lui confier enfin le titre, compte tenu de son énorme popularité: elle est quand même la Diva préférée du public! La belle a d'ailleurs eu droit à un petit discours de célébration, Jerry Lawler étant venu sur le ring recueillir sa réaction, digne d'une Miss France, où elle remerciait le public de l'avoir choisie et de lui avoir permis d'enfin réaliser son rêve, avant de fondre en larmes…

 

 

Merci à vous, public, de m'avoir aidé à enfin porter cette couronne!

 

 

Quelques minutes plus tard, c'est l'aérien Evan Bourne qui fit son entrée sur le ring, fin prêt pour le match qui l'attendait. Mystère concernant son adversaire, qui fut lui aussi choisi par le public, le temps d'une vidéo mettant en valeur le highflyer. Là encore, le WWE Universe a dû trancher entre trois options, chacune ayant leur propre intérêt: Jack Swagger a une rivalité en cours avec Bourne, et a même été battu par l'homme caoutchouc pas plus tard que la veille à Capitol Punishment, ce qui rend la piste du match revanche assez prévisible. Sin Cara, même s'il est Face, avait le profil pour offrir un joli match de voltigeurs. Enfin, Mason Ryan n'avait a priori rien à faire là, à part saisir une occasion de montrer que le New Nexus n'est pas aussi mort qu'on le croit. Étonnamment, c'est d'ailleurs le Gallois qui a été désigné par la public avec 51% des voix, contre 30% pour le Mexicain masqué et seulement 19% pour Swagger. Un score aussi faible pour le rival officiel de Bourne peut s'expliquer par la volonté du public de voir un autre match que celui de la veille, mais ça reste quand même inquiétant pour la All American-American, qui a quand même été battu par un quasi-inconnu… (Note: Aujourd'hui, la WWE a annoncé qu'à cause d'un problème technique, les votes ont été mal comptés. En fait, c'est Sin Cara qui avait été désigné par les votants pour faire ce match, qui aura lieu la semaine prochaine. Ça ne change rien au fait que Swagger traverse une très mauvaise passe…)

 

 

Eh ouais Jack, quand ça veut pas, ça veut pas…

 

 

C'est donc Mason Ryan qui affronta Evan Bourne, pour un match somme toute assez classique dans son déroulement. Le clone de Batista (il y a d'ailleurs eu des chants en hommage à l'Animal au début du combat) domina la rencontre grâce à sa puissance redoutable, Bourne faisant de son mieux pour esquiver les attaques du colosse, avant de porter lui aussi quelques coups, très mal vendus par Ryan d'ailleurs. Malgré tous ses efforts, Air Bourne ne put triompher de ce géant, et c'est le membre du New Nexus qui remporte la victoire après un Side Effect, sous le rire moqueur d'un Michael Cole qui rappela que le sort funeste du petit highflyer avait été concocté par ses propres fans, qui ont choisi de lui faire affronter Ryan.

 

Jusqu'à présent, la formule "le pouvoir au peuple" tournait donc assez bien, avec des choix proposés assez bien trouvés, et j'étais confiant pour la suite du show. Hélas, j'ai déchanté bien vite lors du segment suivant, qui me fit l'effet d'une douche écossaise. En effet, le prochain match opposait Kane à Mark Henry, ce dernier ayant massacré le collègue du gros monstre rouge la veille à Capitol Punishment. Pour venger Big Show, Kane voulait donc en découdre, et c'est le WWE Universe qui allait devoir choisir à quelle sauce Henry allait être mangé… Mais force fut de constater que le menu proposé était tout sauf alléchant. Jugez plutôt les stipulations soumises aux votants: un Bodyslam match, un bras de fer, ou un Over The Top Rope match. Pas de quoi rêver, n'est-ce pas?

 

 

Pfff… Y a même pas l'option "Have sex with May Young Match"…

 

 

Toujours est-il que le bras de fer fut choisi par la majorité, et les deux béhémots se retrouvèrent donc autour d'une table. Mark Henry joua la montre avant de commencer le duel, provoquant des chants venant de la foule scandant des "This is stupid!" avec lesquels j'étais totalement d'accord. Le bras de fer commença enfin… Et ne se termina pas, car Mark Henry attaqua Kane par surprise. S'ensuivit un brawl entre les deux géants, dominé par l'homme le plus fort du monde, qui fit honneur à son surnom en infligeant un World Strongest Slam à Kane à travers la table des commentateurs, comme il l'avait fait subir au Big Show la veille. Doit-on en conclure que Mark Henry entre en guerre pour de bon avec les anciens champions par équipe? Si tel est le cas, aussi fort soit-il, un renfort pour épauler Henry ne sera pas de trop, et Del Rio semble être un allié tout trouvé…

 

À propos de Don Alberto, il a été lui aussi présent lors de cet épisode, dans ce qui est à mes yeux le meilleur match de la soirée, tant pour sa qualité technique que pour le coup de théâtre qu'il a apporté. Tout a commencé à l'ouverture du show, avec l'arrivée de CM Punk sur le ring,  qui s'assit au milieu du carré de vérité avant d'entamer un discours expliquant qu'après avoir disposé de John Cena et de Rey Mysterio, il était de facto le challenger pour le titre WWE (en plus d'être le meilleur lutteur du monde, et non pas une Superstar comme la WWE appelle ses catcheurs), et annonça qu'il ne quitterait pas le ring tant que le GM anonyme n'officialiserait pas la chose. Après un bras de fer psychologique qui nous montra un Punk en train de dessiner des anges sur le ring, l'AGM prit le dessus: le Second City Saint ne serait pas challenger pour le titre, et devrait gagner sa place dans un match contre Alberto Del Rio et Rey Mysterio.

 

 

Mais enfin AGM, c'est inutile! C'est quelle partie de "best wrestler in the world" que tu ne comprends pas?

 

 

Restait à choisir la stipulation, ce qui fut dévolu au WWE Universe, qui eut le choix entre un match sans disqualification (ce qui m'a fait tiquer, vu que les matchs Triple Threat sont de base des no-DQ: soit j'ai loupé un truc, soit les bookers étaient bourrés quand ils ont créé les choix possibles), un Falls Count Anywhere ou un match de soumission. Près d'un quart du public choisit le no-DQ (sans déconner, ils sont idiots ou quoi?), 11% le Submission, et c'est donc le Falls Count Anywhere (66%) qui fut joué.

 

Comme je l'ai écrit plus haut, on a affaire ici au meilleur match de la soirée. Chaque homme a été parfait dans son rôle: Rey Mysterio a sorti de mouvements magnifiques et de très jolis combos, comme par exemple cette Senton sur Punk qui a conduit à un plongeon hors du ring sur Del Rio, le tout dans une fluidité parfaite. Del Rio a été lui aussi impeccable dans son genre, puissant, agile et sournois. Quant à Punk… Bon, vous le savez, j'aime beaucoup le bonhomme, donc je ne suis évidemment pas objectif, mais il a été tout simplement royal. On savait déjà qu'il y avait une belle alchimie entre lui et Rey, mais la sauce a bien pris également lors de ses passages contre Del Rio, c'était un pur régal! Le chef du New Nexus a été présent sur tous les fronts, et n'a rien lâché, faisant preuve d'une grande intelligence, comme lorsqu'il cassa le Bridge Pin de Del Rio d'un simple mouvement de la main, en balayant les pieds de l'aristocrate… Punk a également su se montrer opportuniste, ce qui lui rapporta la victoire finale, profitant d'un Del Rio hors d'état de nuire après le combo 619/Springboard Splash de Mysterio pour voler le tombé au luchador masqué, l'envoyant se faire exploser l'épaule sur l'un des poteaux du ring, et décrocher la victoire aux dépens de Rey Rey…

 

C'est juste après cette victoire que CM Punk fit une annonce qui constitua le choc de la soirée: maintenant qu'il est officiellement challenger pour le titre WWE, il va pouvoir enfin affronter John Cena à Money In The Bank, prévu le 17 juillet prochain. Or, le 17 juillet est également le dernier jour du contrat de Punk, qui promet que non seulement il va battre Cena, mais donc qu'en plus il quittera la WWE en emportant le titre avec lui! Voilà un rebondissement surprenant, original, et surtout captivant!

 

 

Et quand je serai parti, je laisserai le commandement du New Nexus à David Otunga! Mouhaha, je suis tellement evil!

 

 

J'ai lu sur le forum que Punk avait déjà joué ce genre de scénario lors de son départ de la ROH, aussi j'imagine que ce remake sauce Stamford doit faire plaisir aux connaisseurs, malgré un arrière-goût de déjà-vu. Pour ma part, je trouve cette histoire formidable et la menace très originale, c'est un vrai plaisir! Et même si je doute que Punk parte avec la ceinture, l'idée de passer le début de l'été avec une feud opposant John Cena et CM Punk pour le titre suprême est déjà assez explosif pour me donner envie de regarder les prochains épisodes de Raw avec impatience! Et si CM Punk quitte vraiment la WWE après Money In The Bank comme cela se murmure sur la Toile, une chose est sûre: c'est qu'il va beaucoup me manquer… S'il te plaît Punk, reste!

 

Avant de nous intéresser aux champions de la fédération, un mot sur les deux autres combats qui ont eu lieu, juste avant et après l'accession de Punk à la place de challenger pour le titre WWE. Avant ce fameux Triple Threat, c'est un match revanche pour le titre de champion des États-Unis entre le nouveau porteur de la ceinture Dolph Ziggler et son prédécesseur Kofi Kingston qui fut servi. Le public préféra que ce soit dans un combat en deux tombés gagnants (51%), plutôt que de bannir Vickie, pourtant responsable en partie de la perte du titre de Kingston au profit du reflet de la perfection (31%), ou que de donner un trop grand avantage au champion Ziggler dans un match de soumission où il pourrait ressortir son terrible Sleeper Hold (18%).

 

 

Kingston/Ziggler, c'est comme le Paic Citron: quand il n'y en a plus, il y en a encore…

 

 

Que dire qui n'a pas déjà été dit sur les matchs entre Ziggler et Kingston? Ils ont une très bonne alchimie sur le ring ensemble, nous ne le savons tous que trop bien, tant les deux hommes ne cessent de s'affronter. Dolph eut de très jolis réflexes lui permettant d'esquiver avec classe les attaques de Kofi, si bien que c'est Ziggler qui obtint le premier tombé, pendant la pause publicitaire, sur son Zig-Zag. Kingston égalisa plus tard avec un SOS, et manqua la victoire de peu, après un Trouble In Paradise qui aurait été fatal si Ziggler n'avait pas pu toucher in extremis les cordes. D'ailleurs, Dolph sentit le boulet passer très près (c'est une métaphore, je ne parle pas de Vickie, que j'ai à ce propos trouvé fort charmante ce soir) et décida de mettre fin au match en se faisant disqualifier, donnant à Kingston un coup de micro qui l'empêchait de prendre la fuite. Qui dit victoire par disqualification dit conservation du titre par Ziggler malgré sa défaite, ce qui induit également une poursuite de la rivalité entre les deux hommes. Un développement qui, même si je ne doute pas de la qualité de leurs affrontements futurs, me déçoit quand même un peu…

 

 

Mais puisqu'on vous dit que c'est différent! Cette fois, on se bat à Raw et plus à Smackdown, et on vise le titre US, et plus l'IC! Ça n'a RIEN à voir!

 

 

Le dernier match qu'il me reste à couvrir avant le main-event a été très rapide, à peine plus de deux minutes, soit une de moins que le match des Divas! Il s'agit du combat entre Daniel Bryan et Cody Rhodes. Avec une durée aussi courte, inutile de dire que la stipulation choisie par les votes (un No Count Out, préféré à un Paper Bag Match et un Collegiate Rules Match, soit un match selon les règles universitaires chères à Swagger si je comprends bien) n'a été qu'un accesoire somme toute inutile et inexploité. Bryan a remporté la victoire en tirant avantage d'un petit paquet initié par Rhodes. Le plus intéressant s'est finalement déroulé après le match: l'American Dragon profita du fait qu'il avait Rhodes sous la main pour le piéger dans son LeBell Lock, mais les choses tournèrent rapidement au vinaigre, car Ted DiBiase vint au secours de son comparse "défiguré". Un petit passage à tabac des deux Heels sur le Face suivit, sans que personne ne vienne aider Bryan (Sin Cara était pourtant présent dans l'arena de Baltimore un peu plus tôt!), qui dut subir un Alabama Slam (que Booker T, à l'ouest, identifia comme un Sidewalk Slam, ce que ne manqua pas de souligner un Cole particulièrement acide) et un Cross Rhodes de notre Fantôme de l'Arena préféré, qui mit un point final à son œuvre en recouvrant Daniel Bryan du désormais traditionnel sac en papier de la honte. À suivre vraisemblablement dans le prochain épisode de Smackdown, en espérant que l'absence de Sin Cara sera exploitée dans cette histoire…

 

 

– Ça ne sert à rien Daniel, le match est fini!

– Quoi, déjà?!

 

 

Il est temps, enfin, d'évoquer le main-event, qui a été ma foi très sympathique, et je ne parle pas seulement du match. Tout a commencé dans la première heure du show. Après la diffusion de la vidéo promo de R-Truth diffusée au début de Capitol Punishment (elle avait même été diffusée deux fois lors du pay-per-view si je ne m'abuse) et complétée par un rappel de la fin du match de R-Parano (dorénavant connue comme "la vengeance de Little Jimmy"), ce dernier monta sur le ring pour nous régaler d'un nouveau discours conspirationniste. Il fut rejoint par Christian, venu se plaindre lui aussi d'un complot dont il est la victime (comme ça, les distraits qui n'avaient pas remarqué les points communs entre les deux feuds pour les titres suprêmes ont pu enfin voir la symétrie qui règne dans les main-events bleus et rouges), rappelant qu'il avait un pied sous les cordes lorsque l'arbitre a accordé la victoire à Orton la veille. Le Miz vint alors se joindre à cette réunion de pleurnichards, sauf que lui estima avoir été plus grugé que les deux autres, et qu'il était donc le seul à réellement avoir le droit de se plaindre.

 

 

– Christian, tu penses qu'on a une chance?

– Évidemment Miz! Orton n'est qu'un tricheur, je peux le maîtriser!

– Et moi, j'ai pris de la kryptonite pour neutraliser Cena! Cette fois, je vais le briser!

– Et pour Riley?

– Riley? Mais ce n'est qu'un rookie! Même Titus O'Neil pourrait le battre! Ne me dis pas que tu le crains?

– … Non, bien sûr que non.

 

 

Le dialogue entre les trois Heels tourna au comique, chacun nvoyant des "really?" à la face des autres, avant que le mot soit détourné en "Riley/Randy" entre le Miz et Christian, Truth tapant l'incruste d'un "Jimmy!" aussi tonitruant qu'hilarant. Vraiment, cette triple promo valait le détour, c'était un pur bonheur. C'est Theodore Long qui vint mettre un point final aux trois Stooges, organisant une sorte de revanche générale (sans mettre pour autant d'éventuels titres en jeu, il ne faut pas exagérer) entre le trio Heel, opposé à leurs ennemis jurés respectifs: John Cena, Randy Orton et Alex Riley. On peut se demander en quel honneur Long, General Manager de Smackdown, organise le main-event de Raw, qui ne comporte au final que deux membres du show bleu sur les six combattants engagés, mais on passera outre en se disant que c'est un Raw spécial… Il n'empêche qu'une confirmation de l'AGM, même en backstage via l'iPhone de Theodore Long aurait été la bienvenue.

 

Toujours est-il que le match était annoncé, et qu'il restait à décider de la stipulation, ce qui fut laissé à la convenance du WWE Universe, qui choisit à 79% un Elimination match, chose qui me ravit car j'aime cette variante dans les combats par équipes, Survivor Series-style! Le combat dura une vingtaine de minutes, et fut bien construit et très agréable à regarder. Chose la plus importante, il raconta une histoire cohérente, logique et intéressante. Cena et le Miz débutèrent les hostilités, et lorsque le Marine demanda un changement, il préféra faire intervenir Orton plutôt que Riley, soulignant bien le manque de confiance du champion WWE envers l'ex-apprenti de l'Awesome One. Mais même sans tenir compte de cela, il était évident que A-Ri était le maillon faible du trio Face, comparé aux deux super-héros de la fédération. C'est ainsi que très logiquement, l'ancien apprenti du Miz fut le premier éliminé dans ce combat. Une élimination portée au crédit de Christian, profitant d'un moment de chaos général sur le ring qui permit au Miz de porter un Skull Crushing Finale fatal à son ex-disciple.

 

 

– Ah ah! J'ai enfin vaincu mon ennemi juré!

– Oui, bravo Miz, c'est en effet un bel exploit!

– … Tais-toi, et fais le tombé.

 

 

Les choses sérieuses purent alors commencer entre les cinq hommes restants. Orton subit une longue domination des Heels avant de pouvoir repasser la main à Cena, qui finit par reprendre l'avantage sur le ring, jusqu'à obtenir l'égalisation du score en sortant le Miz d'un bon vieil Attitude Adjustment. Ainsi, c'est officiel, le Miz n'a plus, du moins pour le moment, ce qu'il faut pour faire jeu égal avec le haut du panier, mais nul doute qu'il remontera en haut de la carte dans quelques semaines. C'est alors le Marine qui prit le rôle du Face en péril pour la suite du match, si bien qu'il dut encore une fois recourir à l'aide de son ancien ennemi juré, qui élimina R-Truth d'un RKO out of nowhere, comme d'habitude, scellant la fin du séjour en main-event du conspirationniste: tant mieux, c'est en midcard qu'est sa vraie place après tout. Orton ne put savourer bien longtemps sa victoire, car Christian l'élimina très vite d'un Spear opportuniste, à l'image de celui à qui il a pris ce mouvement. Cette élimination est très bien vue, car elle apporte de l'eau au moulin de Christian: après sa défaite injustifiée à Capitol Punishment, il vient de prouver à Orton qu'il est capable de le battre, et qu'il mérite une nouvelle chance de reprendre son précieux titre de champion du monde poids lourds.

 

 

Pics or it didn't happen.

 

 

Mais feel-good moment oblige, Christian dut s'incliner à son tour: après le combo fatal RKO/STF (sachant que Orton aurait dû être hors-jeu, nouveau motif de contestation offert au Canadien), Captain Charisma abandonna, laissant la victoire à Cena, seul survivant de l'équipe Face. Cependant, ce sont bien les deux champions qui célébrèrent ensemble la victoire, chacun brandissant bien haut sa ceinture… Le match m'a fait passer un bon moment, et s'il n'a pas bouleversé les storylines en cours, il a bien raconté où en était chaque protagoniste: Miz et Riley vont pouvoir continuer à s'affronter en midcard; Truth redescend lui aussi, sûrement pour retrouver très bientôt Morrison; Christian s'est encore fait avoir, mais il a aussi montré qu'il pouvait battre Orton; et Cena et la Vipère sont les mâles alpha des principaux shows de la WWE.

 

 

Que font Superman et Batman quand il se rencontrent? Ils se racontent des histoires de super-héros bien sûr!

 

 

Ce Raw "Power to the People" nous a finalement présenté un bon spectacle. Comme je le crains souvent avec les épisodes spéciaux, les storylines principales n'ont que peu évolué: à l'exception du sacre de Kelly Kelly, il s'agissait plus d'entériner les statuts de chacun après Capitol Punishment, comme le main-event l'a prouvé. Néanmoins, l'annonce de CM Punk a été un parfait contre-pied, en créant la surprise et promettant une feud du tonnerre entre mon catcheur préféré et John Cena, faisant s'opposer deux symboles de notre spectacle favori. Voilà qui promet de beaux affrontements un peu partout: sur le ring bien sûr, au micro évidemment… Mais aussi sur les forums, entre les fans des deux camps! Je m'en réjouis d'avance… La semaine prochaine, Raw sera encore en formule spéciale: cette fois, c'est la Raw Roulette qui sera à l'honneur! Normal: le show se déroulera à Las Vegas… Et cerise sur le gâteau qui va sans doute faire plaisir à beaucoup d'entre vous: Shawn Michaels, vainqueur du concours de popularité 2011 des Cahiers du Catch, sera là! Voilà qui promet un épisode au moins aussi bon que celui de cette semaine!

 

 

Espérons que personne ne tombera sur la case "Banqueroute"…

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