Catch

Rhapsody in blue

Quand je vais secouer la WWE,

je suis sûr de tout lui mettre dedans!

DEDANS!

Elmer Food Beat, la grosse WWE

 

Où il est question d'avocat, de surnaturel, de décennie, de risque, de constance, de puissance, de drogue, de padawan, de transition et de putain Smackdown ça déchire!

 

 

Et pour ton anniversaire, Axl, je t'offre une oeuvre originale de Warhol.

Bon anniversaire!

 

 

Nalyse de Smackdown du 1er juillet

 

 

J’en suis maintenant certain, la WWE est au cœur d’un odieux complot contre moi. Oh je sais, vous allez me prendre pour un paranoïaque, mais comme dirait l’un des derniers géants, « je sais maman, je suis paranoïaque mais c’est pas parce que je suis paranoïaque qu’ils sont pas tous après moi ! ».

 

Ne faites pas comme pas si vous n’aviez rien vu : depuis quelques semaines, à intervalles réguliers, j’analyse, avec un vif plaisir, le show du vendredi. Plaisir d’autant plus réel, d’ailleurs, que nous sommes quelques-uns à de plus en plus apprécier ce show, voire à le placer devant Raw en termes de qualité, en particulier du point de vue du niveau inring.

 

Rhodes, Bryan, Sin Cara, Orton, Sheamus, Henry, Christian, Di Biase, les noms sont moins ronflants que dans la crèmerie d’en face, mais le résultat était supérieur aux dernières éditions de Raw.

 

Et là, la WWE a tout gâché. Alors que je m’apprêtais, cette semaine, à porter aux nues un SD que je sentais par avance surnaturel, il a fallu que ce sale drogué de Punk sorte la plus grande promo de la décennie (et je le pense)… LA promo qui fait que le Raw de lundi dernier, par ailleurs très correct, entre définitivement dans l’Histoire. Pendant cinq longues minutes, Punk a égrené, un par un, tous les griefs que peuvent avoir certains smarts mais aussi, et encore plus plausiblement, tous les griefs que peuvent avoir les mecs du vestiaire envers la direction. La WWE prend enfin des risques, puisque Christian soulignait déjà récemment qu’elle récompensait plus les bons fayots que les plus méritants. Le risque est, bien sûr, limité, mais il existe, que les plus bas de plafond des spectateurs découvrent, à travers ces promos, des éléments auxquels ils n’avaient jamais songé, Cenaphiles qu’ils sont…

 

Je ne sais pas quel sera l’avenir de Punk, mais s’il se dirige vers la sortie, la compagnie lui offre un départ qui fera date (plus, hélas, que celui trop discret de l’immense Chavo). D’après certaines versions, Punk aurait eu carte blanche pour dire ce qu’il voulait, jusqu’à ce que les producteurs décident de le couper. Sacrément burné, et il vaut mieux avoir un Punk à l’œuvre dans ces cas-là…

 

Mais revenons à notre show du vendredi qui, en plus, fatalité, a été absolument excellent !

 

D’abord, pas de match de Divas, pour la seconde semaine consécutive. Tant mieux.

 

Ensuite, encore un segment de Johnny Ryder, qui annonce que « he will stop painting himself into a corner ». Difficile de trouver une traduction, mais il semble que cette nouvelle expression consiste à se retrouver acculé dans un coin, avec obligation de faire des choix.

 

 

La WWE a bien tenu compte des réserves émises par la communauté gay.

 

 

Les segments en coulisses du soir ont d’ailleurs été assez pertinents, mais j’y reviendrai au cas par cas.

 

Permettez-moi, en revanche, de passer assez vite sur Rajin Singh, expliquant que Mahal est jaloux de Khali depuis des années, et que la sœur des Singh est la femme de Mahal, ce qui sert à ce dernier de moyen de pression. Bien sûr. Mahal rêve donc de ne plus pouvoir marcher, d’avoir un œil qui joue au billard et l’autre qui compte les points et d’avoir l’allure d’un australopithèque. Je doute.

 

Je vais commencer par le sacré choc qui opposa Barrett à Kane. Onze minutes pour un très bon match, entre deux lutteurs décidés à bien faire, Barrett étant certainement encore plus motivé par l’envie de gravir les échelons. Je veux croire que la WWE a des plans pour lui, car le match de ce soir démontrera à ceux qui se demandent pourquoi je l’appelle « l’encyclopédie du catch » la raison de ce sobriquet, tant Barrett paraît plus à l’aise face à un bon catcheur comme Kane qu’à un catcheur trop limité comme Jackson. Certes, Barrett a perdu, mais une défaite dans un excellent match est souvent beaucoup plus porteuse qu’une victoire dans un match moisi.

 

 

Elle est pas mal ma cavalière…

Elle est pas terrible terrible mais elle est pas mal…

 

 

Match moisi auquel Rhodes a d’ailleurs échappé face à Jackson, précisément. Le match avait tout du piège pour le défiguré, qui n’a pas la force physique de Barrett pour faire bonne impression face à Jackson qui n’a que sa puissance pour lui. Certes, elle est impressionnante, mais j’imagine que pour un catcheur plus technique, il ne doit pas être facile de tirer un bon match d’un colosse comme lui. Et Rhodes, justement, a astucieusement mené le match, se tenant hors de portée du monstre, et obtenant la victoire au bout de quatre minutes, ce qui n’a pas laissé le temps au combat de s’enliser. Bientôt un premier titre en solo, l’Intercontinental, pour Rhodes ? Il faut l’espérer, tant le bonhomme a de talent.

 

 

Pour se faire bien voir, Zeke essaie d'imiter K². Bizarrement, ça ne prend pas.

 

Et il en a même au micro, avec encore ce soir une bonne promo vis-à-vis de DiBiase. A son padawan, il demandait ce que représentait le 20 mai 2011. Réponse : la dernière victoire de Ted. Et Rhodes d’ajouter perfidement que s’il mettait autant de constance dans la victoire que dans sa série actuelle de défaites, il serait sauvé…

 

La tâche s’annonçait d’ailleurs difficile pour Di Biase, face à un Bryan en pleine bourre. J’en parle à chaque fois, mais les deux hommes ont sans doute offert la meilleure feud de toute l’histoire de NXT (bonjour la référence, me direz-vous, et vous n’aurez pas tort…). Le match de ce soir a été exceptionnel, et justifie à lui seul de voir ce SD de toute urgence : des moves de feu, un finish impeccable, et clairement la meilleure alchimie possible pour ces deux hommes. Ils sont faits pour bosser ensemble, et cette feud annonce des dressages de kiki en pagaille. Je vous somme de voir ce match séance tenante !

 

 

Donne-moi un Oooooooooooh !

 

 

Pour ne pas trop tirer sur la corde de la feud entre Orton et Christian, il faut occuper les deux hommes. Et cela a été fait en deux temps.

 

Premièrement, Christian a affronté l’invincible Sin Cara (je ne crois pas qu’il ait perdu depuis son arrivée). Il y a un début à tout, et Sin Cara s’est incliné en douze minutes. Néanmoins, Christian a encore une fois justifié sa réputation de lutteur qui peut sortir un bon match de Bob l’éponge. Non pas que Sin Cara soit mauvais, mais sa tendance à botcher n’est plus un secret, et pourtant, ce soir, Christian l’a manifestement beaucoup aidé à produire un excellent match. Christian, de son côté, est moins flamboyant, heel oblige, mais son catch est devenu plus astucieux, plus sournois, et il est toujours aussi séduisant, quoique fort différent.

 

 

Sale coup pour Cara, flashé par un radar étalonné sur Mark Henry.

 

 

Et Randy, me direz-vous (dites-le moi, sinon je vais être embêté pour ma transition) ? Ce soir, Randy avait affaire à un poids lourd : Henry. Car si Christian avait bel et bien gagné la semaine dernière, c’est Henry qui avait fait le tombé. Aussi, Long a eu une bonne idée : si Henry battait Orton ce soir, il serait incorporé à l'affrontement Orton-Christian prévu au ppv Money in the Bank. Ah bon ? Christian, accompagné de sa  batterie d’avocats, fait valoir qu’il a été floué lors du dernier PPV; on lui a déjà imposé d’affronter Kane, et maintenant il pourrait se retrouver dans un Triple Threat au lieu d'un match normal si le World Strongest Man venait à battre Orton ?

 

Fort heureusement, ce n’est pas arrivé, mais je dois avouer qu’Orton m’a surpris, en bien : il a, très clairement, jobbé pour Henry, un Henry qui a manifesté une violence et une sauvagerie bluffantes, et une capacité à blesser qui pouvait impressionner. Un très, très gros match du titan, qui a fait plus que mettre à mal la Vipère. Et pourtant, c’est bien la vipère qui a gagné. Intervention de Christian ? Peut-être. Car Christian était banni des abords du ring, et c’est la musique d’entrée du Big Show qui a détourné l’attention d’Henry, provoquant le countount fatal. Seulement, Show n’est jamais venu, et il est alors tentant de penser que Christian a provoqué tout cela, ceci d’autant plus qu’il apparaît de plus en plus comme un magouilleur. Orton n’a donc dû son salut qu’à ce deus ex machina, ce qui en dit long sur l’impact que la WWE veut donner à Henry, impact encore renforcé par sa démolition de la régie qui gère les pyros et les entrées, et du technicien par la même occasion, jeté au loin comme un fétu de paille (c’est d’ailleurs impressionnant de voir Sexual Chocolate lancer un homme avec tant de facilité…).

 

 

D'accord Monsieur Henry, la prochaine fois que le Big Show sera prêt à entrer en ring, je mettrai la Danse des Canards, promis!

 

 

La voie était en tout cas libre pour Christian, qui pouvait signer son contrat pour MITB. Christian annonçait d’ailleurs avoir ajouté une clause qui stipulait que si l’arbitre prenait une mauvaise décision, il obtenait un rematch immédiat : il était temps qu’Orton ne bénéficie plus de ces triches parce qu’il est le chouchou de la direction. Orton signait, en rappelant que ce ne sont pas les avocats qui font gagner les matchs. Puis venait le tour de Christian, dont le stylo était défectueux. C’est alors que Sheamus intervint, détruisant ring, intervenants et contrat devant une foule déchainée !

 

Stop ! Arrêt sur image, reprenons. Nous avons donc une excellente promo de Christian qui ne s’en laisse définitivement pas compter par la Vipère, ce n’est donc pas le heel couard, mais bien un heel intelligent et excellent catcheur, ce qui en fait un adversaire redoutable. Nous avons un Orton dans son rôle, bouillonnant intérieurement. Et enfin, enfin, nous avons un Sheamus, qui a massacré les deux autres, s’est relancé avec brio dans la course au titre (qui sent de plus en plus le match à trois, même si pour l'heure l'Irlandais est annoncé dans le match à l'échelle à huit lors du ppv), et a su mettre le public dans sa poche : qu’il l’adore ou qu’il le déteste, le public a réagi, et c’est finalement tout ce qui compte. Après tout, c’est la base même du succès de Cena…

 

 

Ah ça m'agace j'ai l'impression d'avoir oublié quelqu'un…

 

Un, deux, non c'est bon. Ouf.

 

 

PS: je dédie cette double vignette à Malinette, je l'en sais amatrice!

 

Je le dis, et je pèse mes mots : ce SD a été, certainement, l’un des meilleurs depuis très longtemps. Bien sûr, tous les regards se tournent vers Raw et le génie de CM Punk, mais SD a encore aligné près de 45 minutes de catch, des segments remarquables, des promos parfaitement solides, et un niveau global extrêmement satisfaisant… SD est, enfin, en train de devenir ce laboratoire à jeunes talents qu’il était supposé être, grâce à une alchimie entre vétérans et rookies qui, après avoir peiné à trouver son équilibre, est enfin entré en résonance avec les aspirations du public, faisant de la brand bleue, en ce moment, mon show favori de la semaine, et peut-être bientôt le vôtre.

 

Quand je vous dis que cette fédération m'en veut…

 

Ah, et si vous ne regardez pas le match entre DiBiase et Bryan…

 

 

– Oh il te plaît pas le match?

– Non non monsieur enfin je veux dire…

– Ah il te plaît pas mon match?

– Si enfin si je veux dire bien sûr je…

– AH IL TE PLAIT MON MATCH! RETENEZ MOI OU JE LE TUE!

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