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And justice for Punk

La dictature, c’est ferme ta gueule; la démocratie, c’est cause toujours!

Coluche

 

John Cena ne plaisante pas avec les valeurs fondamentales des États-Unis, et surtout pas un 4 juillet. CM Punk, suspendu par le dictatorial Vince McMahon pour les propos peu amènes tenus lundi dernier, a donc été élevé au rang de martyr de la liberté d’expression. Du coup, le fond de sa promo incendiaire est passé à l'as.

 

 

– J'ai viré Punk parce qu'il a dit que tu me léchais le cul mieux que quiconque.

– Oui. Et ce n'est pas juste.

– Effectivement. C'est pourquoi j'ai décidé de relancer mon Kiss my Ass club pour vérifier s'il disait vrai. A genoux.

 

 

Nalyse de Raw du 4 juillet

 

Avant de t’agripper sauvagement, lecteur, et de plonger avec toi dans une mer de réflexions profondes sur les enseignements de l’épisode de ce lundi, je vais commencer par un bref aveu. En bon ancien élève de l’instruction publique française, j’ai évidemment, au vu de la partition déroulée ce soir par John Cena, repensé à la célèbre phrase "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire", et envisagé, tout fier de ma brillante idée, de la citer en intro du présent article. Seulement voilà. Une citation comporte normalement le nom de son auteur et j'ai récemment appris que, à l'inverse de ce que tout le pays croit depuis deux bons siècles, cette phrase fameuse et quelque peu pompeuse n'est nullement l'œuvre de Voltaire. Conséquence: cette maxime pleine de grandeur d'âme et de courage qui siérait tant à l'héroïque John Cena est remplacée en incipit par une sentence peut-être moins extatique, mais certainement plus adaptée à la réalité. Car par un de ces tours de passe-passe dont il est coutumier, Cena, plus manipulateur que jamais, a réussi à renverser une situation très fâcheuse et à se présenter comme le héros d'une histoire pourtant mal embarquée pour lui.

 

 

Jamais ce slogan n'a été si vrai: John Cena, personne ne voit son vrai visage.

 

 

Il y a une semaine, en effet, CM Punk, dans sa promo "dantologie" (contraction de dantesque et de d'anthologie, c'est de moi, vous pouvez me citer), avait, entre autres révélations fracassantes, clairement pointé du doigt le statut de privilégié du meilleur ami des enfants et des soldats, expliquant qu'il ne devait sa place sous les spotlights qu'à sa maîtrise de l'art de la feuille de rose. Cena lèche le cul de Vince, donc Cena est le champion, a ouvertement craché le Punkster avant que la Stasi ne lui coupe le micro et ne le jette au cachot. Ce soir, le défi était donc de taille pour le Marine. Il lui incombait de réagir et de laver son honneur — tâche pas évidente dans la mesure où, s'il se montrait satisfait de la suspension de Punk, il lui donnerait en quelque sorte raison: Cena apparaîtrait dans un tel cas de figure comme le chouchou du maître des lieux, et Punk comme le vilain petit connard puni pour avoir dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

 

 

Oh, la ceinture du meilleur lécheur de culs de la WWE! Merci, je ne m'y attendais vraiment pas, c'est seulement la dixième fois que je la gagne!

 

 

Conscient du danger, le porte-étendard des Fruity Peebles a organisé une réplique à la hauteur du challenge. Une réplique en deux temps. Première étape: Cena ouvre Raw, le visage grave. On est le 4 juillet, il fait beau, le pays se vautre dans son passe-temps favori après les courses de Nascar et les échanges de coups de feu, à savoir l'auto-célébration… mais John, incarnation du rêve américain, n'a pas l'huemeur à la fête. Il est contrarié, le John. Car son adversaire de Money in the Bank, CM Punk, a été suspendu pour… pour avoir exprimé ses opinions! Et ça, messieurs dames, c'est inacceptable. On n'est pas en URSS ou en Iran, on est dans les US of A, pas vrai public? Ici, la liberté d'expression, c'est sacré!

 

Le public, très réceptif, scande quelque chose. Je croyais que c'était "Patriot Act!" mais non, John a clarifié: l'assistance scandait "First Amendment", ce mantra de la population américaine, à savoir la garantie constitutionnelle du droit d'expression (le deuxième amendement, lui, autorise le peuple à porter des armes même hors des ppv Extreme Rules). John prend la constitution au sérieux, et ça signifie qu'il refuse que son adversaire soit châtié pour avoir dit ce qu'il avait sur le cœur, quoi que ce fut. Alors, John mande Vince McMahon céans, et comme il a des super-pouvoirs, Vince, où qu'il se trouve à cet instant précis, se téléporte dans son jet privé, lequel s'élève dans le ciel et fonce vers le stade. Le Real American va avoir une explication avec l'immonde censeur en fin de soirée. Il veut que Punk revienne et il veut le combattre à la loyale. Car c'est comme ça qu'il fonctionne.

 

 

Non mais en fait, mon plan, c'est d'avoir ce match avec Punk pour le buter une bonne fois pour toutes. Sinon, il pourrait recommencer à raconter des trucs qui devraient rester en famille.

 

 

A première vue, le positionnement de Cena est réellement admirable. CM Punk, qui lui a fait de sacrées misères depuis des mois et qui vient de l'insulter devant le monde entier, est son ennemi juré. N'importe qui d'autre, trop heureux d'être débarrassé d'une telle nuisance, aurait poussé un beeuuuargh de soulagement et serait passé au prochain heel sur la liste. Mais pas John, taraudé par l'impératif catégorique propre à ceux qui sont nés sous le signe de la bannière étoilée. En militant pour le retour de Punk et la restauration du match de championnat du MITB, Cena se met à la fois dans la poche son public traditionnel et les smarks qui l'abhorrent en général et ont pleinement pris le parti de Punk dans ce cas particulier. La manœuvre est fine et efficace. D'ailleurs, la promo du champion fut prononcée face à une foule entièrement conquise.

 

Mais pour être fine, la manœuvre n'en est pas moins hypocrite, au contraire même. Car en réalité, en focalisant sa promo sur la forme — Punk a été viré car il a fait usage de sa liberté d'expression —, le machiavélique surhomme multicolore a réussi à évacuer le fond — à savoir l'accusation très grave lancée à son égard par l'enfant chéri de Chicago. Punk avait affirmé que Cena était l'employé médiocre mais flatteur d'un patron à l'ego hypertrophié et que, comme tout bon renard flatteur, il vit aux dépens du corbeau débile qui l'écoute.

 

Punk avait expliqué que si Cena était décuple champion du monde à 33 ans, alors que tant de types méritants et plus talentueux végètent en midcard, c'était grâce à sa lèche-culerie envers le boss. Punk avait fait imploser les limites du kayfabe, brisé le quatrième mur, réduit en poussière l'architecture mentale du WWE Universe… Et Cena n'a rien répondu à tout cela. Cena n'a parlé que de la forme, et non du fond. Et, ce faisant, il a mis au centre du débat un sujet bien moins dangereux que le vrai fonctionnement de la fédé: le sujet, très théorique, de la liberté d'expression, dont il s'est naturellement fait le héraut.

 

 

I am a real American, fight for the rights of every man!

 

 

Quand Vince arriva en fin de soirée, le vieux matou embraya évidemment dans la direction offerte par son diabolique acolyte. Il avait viré Punk car ce dernier avait dit des choses inacceptables; oui mais on est en Amérique et dans ce pays merveilleux, chacun a le droit de dire ce qu'il veut, enchaîna immédiatement Cena; oui mais pas à ce point; ah mais si quand même; mais enfin, John; pas de ça, Vince… etc. Le numéro de duettistes est rôdé depuis des années, entre le dieu créateur et sa plus fidèle créature. Si bien que celle-ci peut même feindre la rébellion ("si c'est comme ça, t'as qu'à reprendre ta ceinture en plastique, vilain!"), et que le maître peut feindre de croire à cette possibilité ("ne me fais pas le coup de Hogan, John. Ne m'abandonne pas", implora le vieil homme.

 

On obliqua un peu dans le clin d'œil aux smarts, important objet d'attention décidément, avec une référence au contrecoup du Montreal Screwjob quand Bret Hart était parti à la WCW sans rendre le titre WWF à Vince, avec le rappel que Punk était l'un des accompagnateurs anonymes de Cena lors de son entrée en scène à Wrestlemania 22, avec l'aveu de Cena qu'il ferait face à un public hostile à Chicago, où se tiendra le ppv MITB, avec l'évocation du renvoi de Daniel Bryan pour brutalité excessive… Et enfin, les deux illusionnistes nous servirent le vieux plat de l'embrouille chef autoritaire – employé soucieux du bien-être de ses camarades, Vince acceptant de faire revenir Punk et de lui rendre son match de championnat tout en menaçant John de renvoi s'il venait à perdre ce combat décisif. Oui, parce qu'un John Cena viré, c'est absolument dramatique, on l'a bien vu l'année dernière à l'issue de la storyline du Nexus. Il avait été absent, pfiou, au moins vingt minutes! Imaginez que ça recommence!

 

Cena a donc fait de Punk son obligé, tout en évitant de répondre à son attaque. Brillant stratagème. Reste à savoir si le Prométhée de la WWE, celui qui a apporté lundi dernier aux marks le feu de la connaissance, mordra à l'hameçon.

 

 

– Bon, on a embobiné tout le monde ce soir, mais comment on fera dans une semaine, quand Punk sera là?

T'en fais pas. Je veillerai à ce qu'il ait le même micro que la semaine dernière.

 

 

Entendons-nous bien: tout cela est absolument passionnant à suivre, et la voie choisie par la WWE pour gérer cette storyline ô combien glissante est extrêmement intelligente. Pour une fois, tout le monde, du smart le plus blasé (qui aura apprécié le début de la première promo de Cena, qui parla de Punk comme s'il s'agissait de Chris Benoit — "Nous devrons faire comme s'il n'avait jamais existé, effacer son souvenir de nos mémoires, ne pas tenir compte de ce qu'il a accompli") au kid le plus naïf (éperdu d'amour pour son héros capable de défendre son pire ennemi au nom d'un idéal) mord à pleines dents dans une histoire complexe, aux multiples imbrications. La WWE ne pouvait décemment pas contre-attaquer sur le terrain de Punk, à savoir le quasi-shoot, et a donc négligé le fond pour se concentrer sur la forme, et c'est exactement ce qu'elle devait faire. Il reste bien sûr quelques interrogations — à commencer par le sort réservé au nouveau First Contender à présent que le match Cena-Punk est de nouveau d'actualité —, mais ces questions là seront réglées dans les semaines à venir, et probablement d'une façon assez fun.

 

 

Alberto, à terre! Ils vont te conspirationner la gueule!

 

 

Car oui, il y a à présent un autre First Contender! En effet, Punk n'ayant été remis dans la course qu'à la dernière minute du show (tenu sans que l'AGM ne daigne se manifester une seule fois, sans doute tétanisé après qu'en début d'épisode Cena a déclaré qu'il allait passer au-dessus de sa tête virtuelle pour s'adresser directement à Vince), il fallait un nouveau challenger au champion. Il fut décidé (par qui? On ne sait) d'organiser un Triple Threat Match entre trois types ayant gagné leur match la semaine précédente: Del Rio, Truth et Mysterio. Curieuse justification: Mysterio n'avait-il pas gagné en tag team avec Alex Riley? Mais peu importe, on dira que le nain masqué ayant fait le tombé, il est un peu plus vainqueur que A-Ri. Et on ne se plaindra certainement pas de ce lineup, tant le match fut agréable, dans la foulée des excellents Triple Threat Matchs des semaines précédentes. Au préalable, Truth et Del Rio avaient eu droit à une courte promo backstage (conspiration contre destiny, si vous en doutiez). Mysterio, lui, ne fut même pas interrogé, comme s'il paraissait évident qu'il ne gagnerait pas. Et de fait, c'était évident.

 

 

Vous cherchez un gentil Face à faire massacrer par deux Heels furieux? Je suis votre homme!

 

 

Le match, donc, clou du spectacle de ce lundi en termes de qualité in ring, fut rapide, plein de contres astucieux, de combinaisons originales et de tombés cassés au dernier moment. Truth et Del Rio, relatifs nouveaux venus à un tel niveau, tinrent admirablement leur rang face à un Mysterio égal à lui-même. Ce fut un régal, conclu par une litanie de tombés interrompus à la dernière micro-seconde, Del Rio se montrant finalement plus malin que les deux autres (ce qui n'est pas compliqué) en contrant le dernier tombé de Rey sur Truth d'un Cross Armbreaker sur son chihuahua préféré, qui abandonna rapidement.

 

Del Rio, qui nous gratifia à un moment d'un superbe Backstabber (faudrait songer à vérifier si Carlito n'est pas mort, ça ressemblait un peu à l'hommage rendu récemment par Punk à Macho Man), se retrouvait donc bombardé prochain adversaire de Cena… avant que ce dernier ne convainque McMahon de faire revenir Punk dans le partie. A ce propos, on peut regretter qu'à aucun instant de leur promo finale, Vince et John n'évoquèrent ce Triple Threat Match et son issue. Du coup, Del Rio, une fois de plus, est un peu passé au second plan, comme si sa victoire ne comptait pour rien. Mais il se rattrapera la semaine prochaine, à n'en point douter.

 

 

Un subtil indice du match dans lequel Alberto sera dimanche 17 juillet s'est glissé sur cette photo, sauras-tu le découvrir?

 

 

L'ombre de CM Punk a donc plané sur Raw, quand bien même il n'y apparut pas physiquement. Ainsi, sa brutale musique d'entrée retentit à deux reprises, pour saluer l'entrée des champions par équipe (mais si vous savez, les deux clampins mis KO par Michaels à coups de Sweet Chest Music lundi dernier), puis leur victoire sur leurs vieux ennemis Kozlov et Marella. Pas grand-chose à signaler quant à ce match, qu'on a déjà l'impression d'avoir vu dix fois (peut-être parce que c'est le cas). Santino rigolo, Kozlov costaud, Otunga nul, MMGC passable, qui gagne le combat pour son équipe en portant sur Santino son espèce de RKO du pauvre. On aurait aimé savoir ce que les champions par équipe pensent de la suspension de leur mentor et de la blessure de leur sympathique ami Mason Ryan, mais on leur a déjà donné du temps d'antenne et une victoire, fallait pas non plus s'attendre à ce qu'ils chopent un micro.

 

 

Un subtil indice du match dans lequel Vladimir ne sera pas dimanche 17 juillet s'est glissé sur cette photo, sauras-tu le découvrir?

 

 

Le vrai couronnement de cette rencontre intervint à sa fin, quand après "This Fire Burns", qui nous fit tous un pincement punkien au cœur, résonna l'inattendu themesong de l'autre idole de l'IWC, à savoir Zack Ryder, qui apparut en chair et en os sous le Titantron, micro à la main! Hélas, on dut se contenter de sa catchphrase, avant qu'il se retire en coulisse, triomphal. Au moins, on a eu une preuve de vie, c'est déjà ça. Moi qui commençais à croire que la WWE l'avait torturé à mort pour qu'il révèle toutes ses bonnes idées à Johnny Curtis…

 

 

La fin des temps approche: les mèmes Internet prennent vie.

 

 

Le reste de l'épisode n'eut rien de mémorable. Les divas, après la parenthèse enchantée Kharma, sont revenues à leur état larvaire d'antan. Cette fois, la championne championne et sa copine Eve (que les studios seraient bien inspirés d'embaucher pour incarner à l'écran la prochaine Wonder-Woman) se coltinèrent les jumelles, ça dura deux minutes, il y a eu des déhanchements d'Eve et un Stinkface de Kelly, qui gagna le match. Aucun intérêt, sauf pour ceux qui fantasment de se faire stinkfacer par Kelly Kelly (à commencer par Jerry "The Pig" Lawler, qui ressortit pour l'occasion sa vieille blague, déjà présente dans nos "quotes", du "elle mérite un bon mari, faut que je l'épouse avant qu'elle le renconte", contré par Cole d'une référence vicieuse aux ex-femmes du pervers de Memphis).

 

Pour ma part, je regrette amèrement que, une fois Kharma écartée des rings pour de plus nobles aventures, la WWE n'ait pas repris à peu près la même storyline avec Beth Phoenix dans le rôle de la destructrice. L'histoire s'écrivait d'elle-même. Beth, ayant vu Kharma en action, se réveille du quasi-coma dans lequel elle végète depuis un bon moment, et décide de montrer aux copines qui c'est la patronne. Elle détruit tout le monde à Raw, devient la championne, puis règne dans la terreur sur les deux brands jusqu'à ce que Natalya se dresse sur son chemin. Y avait de quoi faire jusqu'au retour de Kharma, par exemple. Mais bon, on sait bien que faire du fantasy booking sur les Divas revient à pisser dans un violon (allez Johnny Curtis, fais en un segment vidéo rigolo, de cette expression!).

 

 

Kelly Kelly. Les bandages cachant les cicatrices laissées par un rasoir sur les veines never looked so good.

 

 

Le show fut également constellé d'une série de sympathiques petits clips sur les anciens Money in the Bank et de highlights de tel ou tel catcheur, dont le fameux Silent Rage, qui continue apparemment de cogner dans des sacs de boxe quelque part dans une cage. Dommage, car le Money in the Bank Match mobilisant déjà Kingston, Bourne, Riley et Mysterio, il y a une place d'adversaire de Ziggler à prendre pour le titre US, et pour l'heure, on ne voit pas quel face pourrait tenter sa chance (oui, Zack Ryder peut tout bien sûr, mais on n'en mettrait pas notre wooo woo woo à couper). Dolph pourrait bien avoir son dimanche 17 de libre. En attendant, il a profité du 4 juillet pour mettre joliment en valeur sa ceinture US, proclamant enfin ce que j'attendais depuis longtemps de la part d'un heel porteur de ceinture secondaire: "Aussi longtemps que j'ai cette ceinture, c'est la principale ceinture de la fédération!"

 

 

Et aussi longtemps que je détiens cette nana, je serai le principal heel de cette fédération!

 

 

Les bookers ont compris ce qui avait manqué au couple Ziglerrero à Smackdown: Dolph n'avait jamais eu la parole. Cette fois, convié par Vickie à manger un gros gâteau à la crème car l'anniversaire de la constitution, c'est nécessairement celui du champion US (du coup il aurait normalement eu 235 bougies à souffler, on aurait aimé voir ça), Dolph a parlé, et fort bien, avec détermination et assurance. Mais évidemment, le segment n'allait pas s'achever comme ça. Tchékhov disait déjà que si au premier acte on aperçoit un fusil accroché au mur, on peut être sûr qu'il tirera un coup de feu fatal au dernier acte. Eh bien, à la WWE, c'est pareil: si vous voyez un gâteau à la crème, les chances que quelqu'un finisse la gueule ou le cul dedans sont de l'ordre de 100%. Vickie combina cul et gueule suite à une intervention de Kingston, scène qui suscita des chants "USA! USA!" du public, à qui on n'avait probablement pas dit que Vickie était américaine et Kofi ghanéen. Pour les spectateurs, c'est bien simple. Si t'es un gentil, c'est que t'es un Américain. Si t'es un méchant, y a de bonnes chances que tu sois étranger.

 

 

Aujourd'hui, c'était la fête nationale aux États-Unis. J'ai mis un beau tshirt aux couleurs du drapeau américain et confectionné un beau gâteau pour honorer la constitution. Un immigré africain m'a jeté dans le gâteau tête la première. Tout le monde a rigolé et m'a pointé du doigt en criant "USA! USA!". Je suis américaine. VDM.

 

 

Dans un genre similaire, le thème patriotique fut déroulé pour justifier un nouveau match opposant le All-American American Jack Swagger à une autre icône du pays d'OJ Simpson: le Sgt Slaughter, ancien déserteur du temps de la première guerre du Golfe, mais repenti depuis. La séquence backstage inaugurale fut surtout l'occasion de découvrir qu'Evan Bourne sait parler, ce dont on avait fini par douter. Le match fut exactement ce qu'il devait être: Jack squasha le vieux sergent en trente secondes, le finissant d'un de ses moves intermédiaires dont les catcheurs en activité se dégagent à tous les coups, à savoir son corner slingshot splash. Petit détail sympathique que celui-là, qui souligne à quel point une prise a priori pas létale est en réalité dévastatrice.

 

Après coup, Bourne vira Swagger du ring alors qu'il allait plier les vieilles jambes de Slaughter en huit pour vérifier s'il est vraiment inspiré de la célèbre figurine, et le sergent en tenue de camouflage lut au grand ravissement de la salle (on y vit de nombreux saluts militaires, le mec est sergent quand même!) le serment d'allégeance. Ca fait deux fois en quelques semaines après celui scandé par le Rock au lendemain de l'élimination de Ben Laden. Encore un et on finira par le connaître par cœur.

 

 

… and justice for all. Et surtout, FUCK CANADA!

 

 

J'ai laissé pour la fin un inattendu morceau de bravoure. La feud Miz-Riley, peu enthousiasmante sur le papier puisque aucun des deux hommes n'émarge à la catégorie des grands techniciens de ce temps, est sauvée de la médiocrité par l'intensité mise par les deux gaillards dans leurs combats. Leur rencontre de ce soir fut moins un match de catch qu'une bagarre de rue, et l'histoire racontée fut cohérente. Une fois de plus, le Miz s'est laissé emporter par sa rage et, incapable d'en finir avec un Riley courageux et résistant, se fit surprendre pour un compte de trois aux airs de hold-up. Mizou fit une tête pas possible après coup, avant de faire une tête pas possible à Riley à grands coups dans la gueule. Le beatdown fut long et violent, et c'est exactement ce qu'il fallait pour rendre au Miz un peu de sa cred entamée, tout en continuant à présenter Riley comme un mec à prendre au sérieux.

 

 

– Ordure! Dis-moi où t'as planqué ma mallette vide!

Je l'ai jetée dans la fosse septique de ma maison, enfoiré!

Aaah, salaud! J'en avais besoin après le 17 juillet pour faire croire que j'avais encore gagné le MITB!

 

 

Un bon épisode, donc, qui canalise l'effet explosif de la fameuse promo de CM Punk vers des chemins balisés, fait probablement de Del Rio un futur First Contender frustré de plus (à la Christian, Sheamus, R-Truth…) et laisse planer suffisamment de doutes sur le lineup pour le MITB Match (Del Rio y figure toujours…) pour qu'on se mette à rêver au retour in extremis d'un certain John M. On le voit, les affaires reprennent… mais la semaine prochaine, le mauvais diable aux cheveux lissés en arrière sortira à nouveau de sa boîte, et alors qui sait à quoi on doit s'attendre?

 

 

Pas de souci. J'ai déjà installé vingt snipers dans la salle.

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