Catch

Destination-XD

Get into the car
We'll be the passenger
We'll ride through the city tonight

Iggy Pop, The Passenger

 

Enfin ! Depuis le temps qu'on nous l'annonçait, Destination-X a enfin eu lieu. Et vu la hype suscitée ces derniers temps du côté d'Orlando, la pression était assez forte. Heureusement, la TNA avait fait en sorte que la fête soit belle.

 

 

Ouais venez tous ! C'est la foire à la saucisse !

 

 

Nalyse de Destination-X 2011

 

 

Pour son premier show estival, la TNA avait mis les petits plats dans les grands. Un show soigneusement préparé depuis plusieurs semaines voire mois, le retour du 6-sides, le rappel des grands anciens, le sort de la X-Division reposant entre les mains moites de Bryan Kendrick et j'en passe. Bref, un PPV « hors-série », un peu à l’image d’Hardocre Justice l’an dernier, et visant à contenter les vieux fans.

 

A la différence quand même que la TNA visait cette fois les nostalgiques de ses premières années plutôt que ne cherchait à obtenir une risette des smarks de la ECW (encore que des fois il s’agit des mêmes). Et le résultat fut meilleur, bien meilleur. Oui car on tient sans doute là le meilleur PPV de l’année du côté d’Orlando. C’est juste dommage que ce soit une semaine avant Money in the Bank. Car quel que soit le show que nous réservera la fédération de Stamford, rien que la feud Cena-Punk effacera n’importe quel TNA truc des mémoires.

 

 

A moins que la Prince Justice of Brotherhood ne se reforme.

 

 

En attendant, on ne fut guère déçu. Il y eut bien sûr des éléments regrettables mais la majorité des huit matchs proposés offrit son lot de spectacle. Et avec plus de dix minutes de combat pour six d’entre-eux (et près d’une demi-heure pour le seul main-event !) le « wrestling matters » était bien de mise ce soir-là (bon ça n’atteint pas encore la moyenne de la ROH mais c’est déjà pas mal).

 

Notons au passage que si le ring avait bien retrouvé ses six côtés originels, les cordes étaient rouges et non bleues comme c’est le cas depuis le changement de nom du show. Je veux bien qu’ils ressortent l’ancien ring qui devait prendre la poussière dans un coin mais ils auraient pu mettre les bonnes cordes quand même ! Pis en plus, y'avait même pô marqué « TNA » sur les turnbuckles !

 

Enfin dernier élément, Jeremy Borash remplaçait exceptionnellement Taz aux commentaires car la Suplex Machine était retenue suite à des soucis familiaux. Cela nous permit de retrouver la pétulante SoCal Val pour les interviews, ce qui est une bonne chose car elle commençait à prendre elle aussi la poussière en ringside.

 

 

En revanche la ravissante Christy Hemme était bien

entendu de la partie pour notre plus grand bonheur.

Même si elle botcha quelques noms.

 

 

Le premier match opposa un grand habitué des openers, à savoir Kazarian, contre Samoa Joe. Les deux avaient eu quelques frictions ces derniers temps, en venant même aux mains dans un bar, et avaient donc l’occasion de parler du pays.

 

Le début du match fut à mettre au crédit de Joe qui malmena son adversaire. Il lui infligea même deux soumissions d’affilées mais Kazarian se dégagea en lui mordant le pouce !

 

Un bon opener comme on pouvait s'y attendre mais le final fut gâché. Joe mit du temps à relâcher sa soumission alors que Kaz était dans les cordes. L’arbitre Earl Hebner engueula alors Joe et Kaz en profita alors pour faire un roll-up et remporter ainsi le match de manière opportuniste. Et quand on connait la qualité des deux lutteurs, y'avait moyen de faire un final plus impressionnant.

 

Un show lancé par une bonne mise en bouche mais qui laisse un arrière-goût amer en somme. Car Samoa Joe reste sur une loosing streak qui commence à devenir impressionnante. Déjà qu’il se plaignait l’an dernier d’être mal utilisé, ça ne va pas s’arranger.

 

 

Ouais ben ça attendra mon coco !

 

 

Plus tôt dans la semaine, Doug Williams avait lancé un open challenge. Les candidats devaient répondre lors du PPV et c’est un jeune anglais de 23 ans, Mark Haskins, qui s’avança le premier vers le ring. Haskins avait accompagné la TNA lors de sa tournée européenne en Angleterre. Le jeune homme a semble-t-il du talent mais, comme le fit remarquer Williams, c’est une chose que de combattre dans un show local et c’en est une autre que de le faire en live, dans un PPV.

 

Et bien que Williams tenta de mettre son adversaire over (notamment en se faisant contrer sa Chaos Theory) celui-ci nous offrit quelques botchs qui le décrédibilisèrent. On retiendra surtout sa glissade sur le turnbuckle au moment d’effectuer un Shooting Star Press. Au final Williams l’emporte avec un petit paquet et même s’il serra la main de son opposant du soir, on pouvait discerner comme une moue agacé sur son visage.

 

C’est une bonne initiative de lancer des jeunes dans le grand bain de la TNA, mais ça comporte un risque énorme. Même encadré par un vétéran le novice risque de craquer sous la pression et de botcher comme un malpropre. Et en PPV, ça ne pardonne pas. Dommage car Haskins avait montré de bonnes choses. Mais son botch initial sur un slingshot mal négocié lui fit perdre de l’assurance ce qui lui fut fatal.

 

 

Au pire, il pourra toujours postuler pour le remake

de CHiPs.

 

 

Pendant que le show battait son plein au sein de l’Impact Zone, moult badauds préféraient la chaleur du couloir d’à côté où se tenait une séance de dédicace de El Sangriento, Curry-Man (bizarrement de retour deux ans après s’être fait viré et visiblement pas incarné par Christopher Daniel) ainsi que Suicide.

 

Tout se passait bien lorsqu’Eric Young déboula à la recherche d’un partenaire tag-team. Curry-Man lui expliqua alors que les trois compères ne pouvaient accéder à sa requête car El Sangriento n’avait plus de visa (son personnage a d’ailleurs été abandonné), et arguant que Suicide était blessé et Curry-Man retenu par d’autres obligations. Heureusement pour Super Eric, Shark Boy débarqua et lui assura son soutien pour le plus grand bonheur du Canadien. Les fans de la Prince Justice Brotherhood purent ainsi écraser une larme de nostalgie.

 

On retrouva les deux compères après le match des Rosbifs face aux Generation Me pour ce qui devait être le dernier match des frangins à la TNA. En effet, le lendemain, Max confirmait via Tweeter qu’ils avaient résilié leur contrat à la TNA. C’est dommage car leur rivalité avec les Motor City Machine Guns fut très bonne. Mais il est vrai que leur utilisation était quelque peu déplorable, passant de sex-toy de Tara à un split avorté comme on passe du coq à l’âne, investissant la X-Division sans succès… les ex-Young Bucks avaient de quoi être frustrés.

 

Et vu qu’ils sont champions par équipe à la Pro Wrestling Guerrilla et qu’ils ont de très bons contacts avec la Ring of Honor (ils ont d’ailleurs fait un match dernièrement à Best in the World contre Adam Cole et Kyle O’Reily), on peut espérer les revoir très prochainement en indy.

 

Quant au match, eh bien… ouais il fut marrant et le finisher sympa (ça fait plaisir de revoir le Youngblood Neckbreaker d’Eric Young) mais c’était plus une occasion de mettre l’ambiance et de ravir le public (qui fut d’ailleurs excellent ce soir-là).

 

 

Eric on s'était mis d'accord. Je viens si tu me files

une de tes ceintures.

 

 

Outre la déchéance de Jeff Hardy, Victory Road vit aussi le dernier Ultimate-X en date. Kazarian avait brillamment défendu sa ceinture X-Division contre Robbie E. et les Generation Me. Quatre mois plus tard, nous retrouvons les quatre pilonnes afin de désigner le nouveau prétendant à la ceinture frappée du « X ». Le casting réunissait ici Shannon Moore, Amazing Red, Robbie E. et Alex Shelley.

 

Avec ses huit participations (dont trois victoires en tag team), le membre des MCMG faisait figure de favori. Et c’est tout logiquement qu’il fit la loi sur le ring et qu’il décrocha la croix symbolisant le title-shot après s’être débarrassé de Shannon Moore.

 

Le match dura un peu plus de dix minutes. Il ne fut pas mauvais mais ça manquait un peu de gros spots. Moore anima la fin du match en montant tout en haut de la structure et le final offrit une triple opposition entre le membre d’Ink. Inc., Amazing Red et Shelley. Il manquait ce brin de folie cher à la stipulation mais il faut dire que si on enlève Shelley, le nombre de participations par combattant, avant ce match tombe à quatre (trois pour Red et une pour Robbie E.), un manque d’expérience préjudiciable pour une stipulation pas banale.

 

Enfin le plus important est qu’Alex Shelley devienne prétendant à la ceinture X-Division. Son compère Chris Sabin vint d’ailleurs le féliciter après le match, ça fait plaisir de le voir sachant qu’il ne pourra pas se retrouver sur un ring avant 2012. En attendant, Shelley devrait animer la X-Division. Qu’il récupère la ceinture et que son règne soit comme celui de Louis XIV.

 

 

Ils ont déjà le "X". Ne manque plus qu'à choper

le "I" et le "V".

 

 

Vu qu’on parlait juste de match à plusieurs, faisons un détour par le fabuleux four way qui mit aux prises Austin Aries, Low-Ki, Jack Evans et Zema Ion.

 

Fabuleux c’est le mot. De superbes séquences, des spots magnifiques, … les quatre hommes se battirent de toutes leurs forces afin de décrocher un contrat à la TNA. Le public résuma parfaitement le match en hurlant : "Sign them all !".

 

Retenons par exemple Austin Aries, au centre du ring et qui se prend simultanément trois dropkicks, un par opposant, l’engueulade entre Aries et Low-Ki pendant que leurs adversaires leurs tombent dessus, avant qu’Aries et l’ex-Kaval ne les prennent en soumission, le 450° Spash d’Ion suivit de la 630° senton contrée d’Evans, le tout sur Low-Ki. Wooaaa, ça dépotait.

 

Si la TNA veut redorer le blason de la X-Division, le mieux serait de signer ces quatre-là. Mais finalement, seul Aries rejoint la fédération. Il s’impose après avoir brainbusturisé l’ancien disciple des LayCool. Et nul doute que le double champion de la Ring of Honor va causer un sacré remous à condition qu’il soit bien utilisé.

 

 

Attendez c'est quoi cette clause ?

Y a marqué que je devrais jobber pour Rob Terry tous les mois

et que je devrais sortir le caniche de Bichoff une fois par jour !

 

 

Juste avant le combat dans le 6-sides entre ces quatre gentlemen, Jerry Lynn et Rob Van Dam avaient rendez-vous. Un rendez-vous qui aurait déjà dû avoir lieu l’an dernier à Hardcore Justice, mais Lynn étant blessé, il avait été remplacé par Sabu.

 

Il y a un grand respect entre les deux anciens rivaux de la ECW, tellement grand que le match fut long à démarrer et encore partit-il sur un faux rythme. Cela dit, il n’en fut pas moins bon. Principalement grâce à Jerry Lynn qui, malgré ses 48 ans, a encore de beaux restes. Et si le match fut lent à démarrer la fin fut plus engagée, grâce principalement à Lynn qui envoya son adversaire à deux reprises sur des chaises reposant sur le ring.

 

RVD, lui, se contenta surtout de sortir sa partition habituelle avant de d’achever son adversaire avec un 5-Star Frogsplash. C’est d’ailleurs une constante chez lui, faire ses taunts à la première occasion puis dérouler sans trop se préoccuper de l’adversaire. C’est donc une très bonne chose de ne plus le voir dans la title picture. Maintenant qu’il fait mumuse en midcard, il prendra moins de place dans les shows.

 

 

Même ses pancartes craignent.

 

 

Passons maintenant à ce qui aurait dû être le main-event de la soirée. Enfin main event en terme de logique, hein. On est d’accord pour dire que Daniel-Styles c’est mieux pour terminer un PPV qu’un Kendrick-Abyss. Mais dans un show visant à glorifier la X-Division ça aurait été peut-être mieux de terminer sur le match mettant le titre en jeu.

 

Enfin je vous dis ça, mais j’ai un sentiment un peu mitigé là-dessus. Mais d’abord, parlons du match. Evidemment Kendrick ne pouvait vaincre Abyss de manière clean à moins d’un énorme gros coup de chance. L’ancien partenaire de Paul London fit toutefois preuve de courage et parvint presque à faire vaciller le monstre.

 

Le début du combat ressemblait fort à une opposition entre un colosse et un moustique, avant qu’Abyss aille chercher des conseils dans l’Art de la Guerre de ce bon Sun Tzu. C’est alors que nous entrâmes dans l’overbooking.

 

Le gros nounours se dirigea vers son adversaire qui lui balança une belle droite en plein dans la face. Abyss se mit alors à saigner comme un goret. Or, trop de saignement tue le saignement. Bon, ce n’était pas au niveau de Ric Flair mais voir le visage d’Abyss tout ensanglanté après une mandale, c’est un peu énorme. Qu’il y ait un peu de rouge, okay, mais de là à sortir toute la bouteille…

 

 

Boire un petit coup c'est agréable.

Boire un petit coup, c'est doux.

 

 

Mais ce n'est qu'un détail. Le souci principal vint après. Suite à une esquive de Kendrick, Abyss envoya ce bon Earl Hebner ad patres. Kendrick profita alors de la confusion pour lui porter un Sliced Bread et fit le tombé. Mais bien entendu, l’arbitre étant KO, c’était peine perdue. Bischoff fit alors son apparition et intima l’ordre à Kendrick de déguerpir mais celui-ci lui répondit admirablement par une droite (c’est toujours admirable de voir Bischoff s’en prendre une).

 

Cependant, le bonheur de Kendrick fut de courte durée car Immortals déboula afin de corriger le malotru. Les Generation Me, Amazing Red et Shark Boy tentèrent bien de le sauver mais ils furent mis en déroute. Heureusement, le reste du roster (heel comme face) entra dans la partie et chassa manu militari les trois « immortels ». Et pendant qu’ils quittaient le ring, le match reprit comme si de rien n’était et Kendrick remporta le match après qu’Hebner se soit relevé et ait fait le compte de trois sur le bord du ring. Un peu curieux non ?

 

Toujours est-il que Kendrick réalisa enfin son objectif et il fut porté en triomphe par ses petits camarades sous une pluie de confettis. Cette image peut renvoyer à Turning Point 2010 où Jeff Hardy fut porté  dans les mêmes conditions pas ses petits copains d’Immortals après sa défense victorieuse du WHC contre Matt Morgan. On pourrait aussi revenir plus loin dans le temps vers StarrCade 97 quand Sting vainquit Hollywood Hogan afin de récupérer le titre mondial de la WCW des mains poisseuses de la nWo (les confettis en moins mais le Big Show en plus !).

 

 

On est les champions. On est les champions.

On est on est. On est les champions !

 

 

Donc premièrement, on peut regretter que Kendrick n’ait pas gagné de manière clean. Le gars est en croisade depuis plusieurs semaines afin de récupérer le titre X-Div et n’arrive pas à vaincre le dernier boss tout seul. C’est frustrant. Okay je veux bien qu’il y ait le côté symbolique, toussa, avec la X-Division qui prend le dessus sur Immortals, mais c’est comme si vous épousiez enfin votre petite amie et qu’au moment de la nuit de noce tous vos copains déboulent afin de la fêter avec vous !  

 

Ensuite, comme je disais plus haut, il ne s’agit pas du dernier match. Or le match se termine dans une grande fête célébrant le nouveau champion qui est parvenu à triompher de l’ennemi intime. Du coup, ça minimise un peu l’importance du truc (surtout quand on sait ce qu’il y a eu après). Mais bon, d’un autre côté, on peut voir ça en se disant : « Ouah c’était cool et dire qu’il y a encore un match ! ».

 

Et quel match mes amis. Il est vrai qu’un show estampillé « X-Division » ne pouvait se terminer que sur un match opposant Christopher Daniel à AJ Styles. Encore qu’un Samoan un peu replet avait parfaitement sa place. Et pour les malandrins qui ne regardent pas la Ring of Honor, si vous avez bien observé ce match, vous aurez alors un aperçu de ce qui peut se passer en indy. A savoir des matchs long (ici on a frôlé la demi-heure), beaucoup de performances techniques, du suspens, de l’engagement,… bref du, et je vais le marquer en gros pour que ça s’imprime bien dans votre esprit, « WRESTLING MATTERS ».

 

 

Et s'il y en a qui n'ont pas compris, Eric Bischoff

viendra les hanter pour l'éternité.

 

 

Le seul truc qu’on pourrait à la limite regretter c’est l’absence de spot marquant. Et puis aussi AJ Styles qui glisse sur la troisième corde au moment de faire un Springboard, mais bon je chipote un peu là.

 

D’autant que le final fut très bon. Styles gagna avec la technique qui lui fit remporter son premier titre de champion X-Division : la Spiral Tap. Les deux hommes se serrèrent finalement la main malgré les hésitations de Daniel (j’ai cru un instant qu’il allait refaire le coup de Honor Takes Center Stage quand il avait mis un vent à Eddie Edwards).

 

 

En revanche faudrait vraiment qu'il apprenne à

faire ses bandages.

 

 

Une bien belle image qui conclut ce qui est, à l’heure actuelle, sans doute le meilleur show de l’année du côté d’Orlando. Espérons qu’il ne reste pas sans lendemain. Les shows sont de plus en plus intéressants, les matchs de meilleure qualité et les feuds tiennent la route dans l’ensemble. Il ne faudrait pas que la TNA s’arrête en si bon chemin.

 

Là-dessus je vous laisse avec la vidéo résumant ce périple. Et comme la X-Division c’est un peu le Joga Bonito « wesh wesh » de la TNA, c’est un menu spécial Brésilien qui vous attend. Avec du Seu Jorge, du Favela Chic et du Tamba Trio (dont la musique rappellera quelque chose aux nostalgiques de la pub pour une marque de sport Américaine mettant en scène la sélection Brésilienne dans l’aéroport de Rio).

 

 

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