Catch

La naissance d’une légende

CM PUNK ! CM PUNK ! CM PUNK !

Le WWE Universe

 

Pour son retour à la nalyse de show, McOcee a du bol puisqu’il s’agit pour elle de nous raconter la naissance d’un mythe, l’éclosion d’une légende, l’apparition d’une nouvelle étoile. Ce qu’elle fait à sa façon : radicalement, avec passion et en écoutant son cœur comme le lui conseillait Axl.

 

 

CM PUNK ! CM PUNK ! CM PUNK !

 

 

Nalyse de Raw du 11 juillet

 

 

Il y a des jours comme ça, où tout vous sourit. Car la répartition des shows entre les nombreux rédacteurs des Cahiers du Catch tient parfois du casse-tête et de la roulette russe. Il faut contenter tout le monde, faire tourner l’équipe sur tous les shows et, forcément, il y a des programmes qu’on adorerait commenter et qu’on est forcé d’abandonner à un autre, la mort dans l’âme. Inversement, il arrive qu’on soit de service sur un weeklie qui se révèlera décevant voire aussi excitant qu’une discussion entre un fiscaliste et un expert comptable. Et dans ce cas, on maudit la mauvaise fortune et ce coup du sort qui nous a attribué une bonne vieille bouse à chroniquer. Mais aujourd’hui, il serait particulièrement malvenu que je pleurniche et tape du poing sur le sol en me roulant par terre de rage, ce qui est ma façon la plus fréquente d’exprimer une légère frustration. Car quand j’ai fait part de ma disponibilité et de mon envie de faire mon come-back dans la nalyse en m’auto attribuant dictatorialement cet épisode de Raw (on n’est jamais mieux servi que par soi-même comme le disait Kadhafi à Ben Ali), j’étais bien loin d’imaginer qu’il serait touché par la grâce et pas par celle de Kelly. Oui, fouettez-moi, celle-là était particulièrement naze.

 

 

Quand il aura fini le boulot avec Cena, il a promis de venir en France pour filer un coup de main à la CGT et s'occuper de la reforme des retraites.

 

 

Bon, on se doutait bien (et moi la première) qu’il se passerait quelque chose lundi soir, mais pouvait-on imaginer qu’on assisterait à un tel numéro de la part de CM Punk, qui eu l’honneur d’ouvrir et de conclure le Raw de lundi dernier, et de quelle façon ? On pourra certes pinailler, arguer que le revoir micro en main en promo deux semaines après son exclusion n’a aucun sens, ce qui m’a traversé l’esprit au moment où notre héros straightedge s’avançait d’un pas tranquille et félin vers le ring, mais toute trace de scepticisme s’est envolée dès les premiers mots prononcés par le gourou barbu, aussi surement que disparaissent les maux de crâne d’Axl après une bouteille de vodka ou que s’écroulent ma concentration et mon sérieux habituels après la dégustation d’une cigarette bio. Et je me suis posée la question à l’instant même où s’achevait son speech si remarquablement maitrisé : la promo dite « shoot » d’il y a deux semaines était déjà considérée comme une des toutes meilleures de ces dix dernieres années, selon les puits de science catchesque qui rodent en permanence sur notre site. Qu’est ce qui fait que j’ai trouvé celle-ci encore un cran au-dessus, comment, alors que l’effet de surprise est passé, ai-je pu me prendre le discours de Cihaime comme une énorme claque dans la gueule, de celle dont tu peines à te relever comme l’aurait sans doute écrit Marie Trintignant si ses dents n’avaient pas malencontreusement volé en éclats lors d’un été sordide à Vilnius. Et je crois que j’ai la réponse. Ce que j’ai trouvé absolument époustouflant dans cette promo, et mes mots sont soigneusement pesés, je suis payée au poids de la chronique, c’est la capacité de Punk à amener le public exactement où il l’a décidé, ce qui était loin d’être gagné vu le contexte, et à devenir une véritable légende du catch par de simples mots et non en se prenant des mandales sur un ring, ce qui est pourtant le plus souvent le cas.

 

 

Cihaime avait tout prévu: au cas où on lui couperait son megaphone, il avait un micro de prévu.

 

 

Car il avait fort à faire notre Punk génial. Certes auréolé de la gloire dont jouit toujours ou presque celui qui dit tout haut ce que tout le monde, ou pour le moins plein de gens, pensent tout bas, il n’était pas en terrain conquis mais bien dans l’antre de John Cena, à Boston. Imaginez Zemmour en promo contre la bienpensance des bobos droit de l’hommistes à un congrès de la frange la plus radicale des écolos post-maoïstes et décroissants, ceux qui ne s’habillent que de sacs en lin naturel, ne se nourrissent que de racines de radis bios et relisent religieusement Althusser d’une main en se masturbant frénétiquement de l’autre, représentez-vous la scène, disais-je, et vous aurez une petite idée de l’environnement hostile auquel le brillantissime Punk sans chien était censé faire face dans l’Arena de Boston. Car vous n’êtes pas sans savoir que Cena est originaire de West Newbury, trou du cul du monde peuplé de bouseux, dans la région de Boston et dont l’événement le plus important de l’histoire locale est, après la naissance du Marine, l’organisation d’une fête annuelle de la citrouille. Bref, Johnny était ici chez lui.    

            

 

A West Newbury, les enfants sont frappés d’un mal mystérieux : ils ne naissent qu’avec une couille et pas de bol, elle est hypertrophiée.

 

 

Mais revenons un peu sur la promo car vous l’aurez compris, elle mérite qu’on s’y attarde encore pendant quelques paragraphes. Le générique de Raw est à peine achevé que Cihaime déboule sur la rampe d’accès au ring et la parcourt d’un pas assuré, un mégaphone à la main. Appréciable et remarquable souci du détail : si d’aventure la prod envisage de lui couper le sifflet une fois de plus, elle en sera cette fois-ci pour ses frais. Il poussera d’ailleurs le détail un peu plus loin encore en s’emparant du casque d’un des opérateurs officiant en ring side, histoire de mettre les choses au point avec la régie, du moins c’est ce qu’on imagine car nous n’avons pas eu droit à entendre cet échange.

 

Lorsque le discours commence, la salle se fait soudain muette, enfin, aussi muette que peut l’être une salle habituée à scander des « USA USA USA » en se goinfrant de pop-corn et de la bière tiède et sans alcool. Assis en tailleur au centre du ring, Cihaime vient de réclamer l’attention de la foule, celle-ci le boohoo pour la forme puis semble se suspendre aux lèvres d’un heel qu’elle a pourtant pour habitude de conspuer depuis des semaines. Rigolard, le génie tapote dans le micro, afin de s’assurer qu’on ne le lui a pas coupé et le show peut commencer pour le plus grand bonheur d’une Arena qui ne sait plus trop si elle doit siffler Punk ou l’acclamer. C’est que le choix est cornélien : faut-il se conformer à ce que la raison nous dicte et considérer le natif de Chicago pour ce qu’il est, un bad guy assumé ? Ou faut-il céder aux sentiments et se laisser aller à applaudir un mec dont les couilles sont tellement démesurées qu’il n’hésite pas une seconde à s’en prendre à la puissante famille McMahon ? Le peuple opprimé qui se révolte face à une dynastie familiale régnant sans partage, mais avec arrogance et mauvais gout sur le catch depuis des décennies, c’est sacrément tentant et on comprend à cet instant le dilemme des fans de la WWE.

 

 

La pancarte devenue vintage en l'espace d'un seul show.

 

 

C’est après un bref résumé de sa feud en cours, l’occasion pour lui de répéter que la WWE pourrait mieux se porter après la mort de Vince, mais que ce n’est pas gagné à cause de sa niaise de fille et de son crétin de beau-fils, idiot du village abhorré par un Punk survolté, c’est donc à la suite d’un habile condensé de sa fameuse promo shoot que le foule va basculer : Cihaime sort alors son mégaphone et s’en sert pour expliquer qu’il est cette fois-ci armé en cas de censure ; le public éclate de rire et se décide enfin à … scander son nom ! Et ne t’y trompe pas, cher lecteur avachi sur un canapé difforme à la couleur douteuse et tentant de comprendre laborieusement ce qu’il s’est passé de si exceptionnel, lundi dernier. Ce ne sont pas les smarts, largement minoritaires parmi le public, qui se sont mis à acclamer Cihaime à la manière d’une bande de nonagénaires canadiens excités comme des chiens en rut à un concert de Céline Dion, non, c’est bien toute l’Arena qui a célébré en chœur le nom de son nouveau héraut de la lutte contre l’oppression dictatoriale. Une légende est née cette semaine et nous pourrons dire à nos enfants que nous y étions, si nous avons un jour le courage de leur avouer notre passion d’adulte pour un programme destiné en priorité aux décérébrés pré-pubères.

 

Cihaime a-t-il immédiatement pris la mesure de son triomphe ? Avait-il prévu de déchainer à ce point les passions ? C’est difficile à dire même s’il m’a semblé le voir savourer à sa juste valeur ce moment de communion avec un public ordinairement hostile, comme par exemple lors de la deuxième extraordinaire ovation de la foule, peut être encore plus impressionnante que la première : Cette fois-ci, il lui suffit de se rassoir et de se taire pour que la salle ne se remette à chanter son nom. Il expliqua alors la raison de sa présence ce soir : Vince, dans un retournement de situation dont il est coutumier a l’intention de lui proposer un nouveau contrat rempli de plein de thunes et d’avantages en nature de folie, un truc de dingue qui ferait baver n’importe quelle superstar ou étudiant en école de commerce. Et ce n’est pas tout : la négociation se tiendra en public au centre du ring. Mais tout ce que veut Cihaime, c’est le micro, car le micro, c’est le pouvoir, affirme-t-il non sans malice, conscient qu’il est que ses talents d’orateurs l’ont largement servi et lui ont permis de bénéficier d’un temps d’antenne et d’une notoriété bien supérieurs à ce qu’ont été ses pushs in ring.   

 

 

Allo houston, we have a problem.

 

 

Bien évidemment, l’ami Cena ne pouvait laisser ainsi son adversaire réciter aussi tranquillement sa partition et je pense qu’aucun d’entre nous n’a été surpris au moment de voir débouler l’idole des… l’idole de… Ah ben l’idole de plus personne à part peut être Silver puisque voilà notre Marine copieusement hué par une foule qui semble avoir définitivement pris fait et cause pour le gourou straightedge ! Et soyons clairs sur ce point : Johnny est souvent sifflé, il s’en amuse lui-même. Une partie du public le soutient, tandis que l’autre le conspue, c’est la règle du jeu pour ce genre de babyface un peu niais au gimmick monolithique.  Mais lundi dernier, c’est bien toute l’Arena qui avait fait de Cihaime son héros, vouant aux gémonies la tête d’affiche de la WWE et l’idole des plus jeunes. Et c’est à ce moment là qu’on a la certitude qu’il s’est vraiment passé quelque chose d’énorme et que le discours de Punk a bel et bien touché son but. Cena sifflé, Punk acclamé, l’événement est de taille, un peu comme si la Terre décidait tout à coup de s’arrêter de tourner.  Le Marine fit le job avec talent, comme c’est souvent l’habitude, l’air grave et évitant les vannes à deux balles qui auraient toutes les peines du monde à arracher un ou deux sourires dans une cours de CM1, mais son adversaire du moment était définitivement trop fort pour le pauvre Johnny qui eut bien du mal à déclencher ne serait-ce qu’un peu de pop, se contentant finalement d’un classique « tu vas voir ta gueule dimanche, on verra bien qui est le plus fort ». C’est un peu court, jeune homme, mais s’incliner verbalement contre bien plus fort que soi n’est pas une honte, loin de là. Bon, c’est vrai que quand t’es chez toi, à Boston, ça fout un peu la teuhon.

 

 

Dans dix ans, les enfants diront : « Maman, c’est qui le mec ridicule en t-shirt orange à côté de CM Punk ? »

 

 

Ce n’est qu’à la toute fin du show que se tint la fameuse négociation publique du nouveau contrat proposé par le père Vince. Pas de combat en main event lundi soir, il était écrit que cette soirée serait celle de Cihaime et de personne d’autre. Et c’est le vieux McMahon qui a ouvert le bal en s’y reprenant à trois fois avant de faire son entrée, peu satisfait de la pop déclenchée jusqu’à sa dernière tentative. On peut dire ce qu’on veut à propos du vieux McMahon, l’accabler de toutes les critiques du monde, mais ce mec est un bateleur de première qui n’a pas son pareil pour assurer le spectacle. Vince prit visiblement un malin plaisir à rejoindre le ring, lentement, ne serrant la main que d’un spectateur (le père de Cena ?). Puis Cihaime se pointa et la magie revena.

 

 

Tu vas payer pour ça, McOcee.

 

 

Face à un Vince décidé à refaire signer Punk, coûte que coûte, Cihaime eut beau jeu de se payer la tronche de son boss, pour le plus grand plaisir du public et de l’humilier comme peu l’ont humilié à la WWE. Par ses exigences démesurées mais toutes acceptées, d’abord : Jet privé, merchandising à son image, film à sa gloire qui pourrait s’appeler « The Chaperonne 2 » mais serait cette fois drôle et un succès au box office, le retour du Ice Cream Bar (déclenchant un énorme et jouissif « we want ice cream » de la part du public), le main event de Wrestlemania… tout y passa ou presque et Vince ne fut en rien épargné par son tortionnaire. Traité de voyou et d’hypocrite, d’incompétent incapable de comprendre son business et les désirs des fans, Vince est acculé par Cihaime qui exige des excuses publiques. Ce qu’il refusera de faire dans un premier avant de s’y résoudre, la queue entre les jambes et non sans avoir traité Cihaime de « son of a bitch », ce qui reflète bien l’ambiance électrique qui régnait alors sur le ring, et la volonté des bookers et de Vince de fistfucker violemment le PG, ainsi que le kayfabe puisque le boss de la WWE appela même Punk par son prénom IRL, Phil, prénom qu’il prononça même deux fois. Et le public, définitivement sous le charme, de boire les paroles son héros straightedge. Mais au moment où Vince allait signer le fameux contrat, John Cena ramena sa fraise et l’interrompit, alors que le vieil homme avait le stylo en main.

 

 

– Ah, et je veux Linda à poil tous les lundis dans ma loge.

– What the fuck?

– Nan, je déconne. Je me contenterai des Bella

 

 

L’affrontement verbal put alors reprendre de plus belle entre les deux superstars, et tourna une fois de plus à l’avantage de Cihaime. Traité d’hypocrite par Cena, comparé au Rock (insulte suprême dans la bouche du Marine), critiqué pour ne pas avoir la reconnaissance du ventre, pour ne pas se rappeler d’où il venait, Punk reprit rapidement la parole et porta le coup de grâce à son malheureux adversaire dépassé par les événements. Coup de génie qui allait définitivement consacrer Punk et faire de lui un nouveau mythe du WWE Universe, Cihaime se lança dans une longue diatribe détruisant mot après mot l’icône face de la fédération de Stamford. En désignant Cena comme un faussaire aimant se présenter comme un « underdog » (un opprimé) alors qu’il est devenu une « dynastie », en le dépeignant comme un traitre à son public, devenu ce qu’il haïssait le plus (you became what you hate, John), en utilisant une métaphore sportive qui m’échappe un peu (en gros, il a comparé Cena au New York Yankees, par opposition aux Celtics de Boston, l’équipe dominante versus le pauvre challenger opprimé, du moins je l’imagine), Cihaime a fait sortir le gentil Johnny de ses gonds et s’est pris une bonne droite pour la peine. Punk eut alors beau jeu de quitter le ring, de déchirer son contrat et d’expliquer que sa volonté d’abandonner la WWE venait justement de ce genre d’attitude de Cena, ce qui est d’ailleurs très bien vu car rien ne justifiait que le babyface préféré des cours de maternelle n’agresse ainsi physiquement un CM Punk absolument pas menaçant si ce n’est par la parole. En agissant de la sorte, il conforte l’idée de son incapacité à contrer le discours de Cihaime autrement que la force bête et méchante. Comme un bon vieux gros heel qu’il n’est pas. Punk peut partir la tête haute, grand gagnant de cet affrontement. Un dernier you can’t see me ironique de Cihaime, et le rideau tombe. 

 

 

Et lorsque le rideau tombe, l'esprit d'Henry se détache de son enveloppe charnelle.

 

 

Il est fort possible, disais-je un peu plus haut, que nous ayons assisté à la naissance d’une légende, à l’éclosion d’un mythe en l’espace de deux semaines et autant de promos faussement shoot. Peut-être me reprocherez-vous de mettre la charrue avant les bœufs, mais j’ai la certitude ou du moins l’espoir que Cihaime, en quelques mots brillamment soupesés, est entré au Panthéon des plus grands catcheurs de son siècle. Une fois de plus, tout y est passé, la critique est acerbe, touche toujours juste et appuie là où ça fait mal. Et c’est en se posant en porte-parole des sans-voix (the voice of the voiceless), en défenseur des opprimés, en victime d’un système capable de broyer ses talents, de les brûler sur l’autel du business court-termiste et du merchandising outrancier, c’est en dénonçant l’injustice ambiante que Cihaime s’est mis le WWE Universe dans la poche. Qui n’a jamais caressé l’envie de dire ses quatre vérités à son boss ? De lui cracher à la gueule que la promotion de la stagiaire bonnasse de la com’ qui suce son boss entre deux photocopies est une décision dégueulasse pour tout ceux qui bossent comme des malades depuis des années et rêvaient du poste en s’endormant et parfois même en se rasant ? De lui vomir dans la bouche que le choix de recruter la nièce de je-ne-sais-quel cadre dirigeant est inique et contraire aux principes de méritocratie que les américains chérissent tant ? En se payant Vince McMahon et son empire de façon si frontale, si abrupte et si sincère, Punk s’est fait le représentant de cette majorité contrainte au silence et qui n’a d’autre choix que de fermer sa gueule en avalant boa constrictor sur anaconda géant. Pour la première fois, un insider se faisait le porte-parole d’un WWE Universe jusque là habitué à accepter sans broncher tout ce qui cloche au sein de la fédération de cette vieille crapule de Vince.

 

 

Rien à voir avec le sujet, mais je tenais à souligner l'excellent travail de capture d'images d'Axl.

 

 

John Cena qu’on nous sert à toutes les sauces et jusqu’à la nausée, ce prétendu défenseur du faible et de l’opprimé ? C’est en réalité le grand bénéficiaire d’une organisation autocratique, le produit le plus mainstream de Stamford jouissant de privilèges indus et finalement si peu raccord avec le discours bisounoursien et heal the worldesque de ce champ’ hypocrite et soumis à un système dont il se gave et qui n’hésite pas à prendre ses fans pour des cons en mettant en scène un licenciement bidon. Cihaime l’a dénoncé. Le retour du Rock (traité au passage d’acteur de mauvais films Disney : « that's The Rock for anybody who doesn't watch bad disney movies »), privant des catcheurs pourtant talentueux de temps d’antenne et d’exposition ? Sa participation au main event du prochain Wrestlemania qui frustre et spolie une bonne partie du vestiaire, celle qui bosse d’arrache-pied toute l’année, se prend des bumps chaque jour que Vince fait, parcourt le monde semaine après semaine et a fait de tous les aéroports de la planète une sorte de seconde maison ? Cihaime n’a pas manqué de le souligner. Les petits arrangements en amis, les films ridicules produits par la WWE et dont les rôles principaux sont confiés au chouchou de la maitresse (et en ce sens, le choix de citer The Chaperonne n’est certainement pas dû au hasard) ? Cihaime ne pouvait pas passer à côté. L’incurie managériale de Vince, son incapacité à faire éclore de nouveaux talents, laissant sa fédération tourner en rond au risque que les quelques élus vieillissants d’un système à bout de souffle ne finissent par provoquer sa chute à la manière d’une Rome décadente ? Ses licenciements aussi abusifs qu’incompréhensibles, empêchant une salutaire régénération du roster ? Il s’est fait un plaisir de le rappeler en citant au passage Colt Cabana et Luke Gallows et en soulignant l’absurdité d’un système qui privilégie le marketing aux catcheurs. C’est en adoptant ce parler vrai, en se présentant que le grand pourfendeur et la principale victime d’une organisation qui ne le reconnait pas à juste valeur, que Cihaime s’est fait une place aux côtés des plus grands, pour l’éternité, en tout cas pour la mienne. Et est devenu l’idole d’un WWE Universe auquel on donne enfin le droit d’exprimer toutes ses frustrations.

 

 

No pasaran

 

 

Pour dimanche, tous les scénarios sont envisageables, les meilleurs comme les pires et j’avoue attendre le dénouement de l’histoire avec une certaine appréhension, échaudée que je suis par la capacité de la WWE à sortir des storylines exceptionnelles de son chapeau pour mieux se chier dessus dans les semaines qui suivent. A la lecture de quelques forums et blogs spécialisés, je vois que l’hypothèse remportant une assez large adhésion des fans est la suivante : CM Punk marave Cena et lui prend la ceinture. Furieux, Vince impose au vainqueur du MITB de Smackdown de casher sa mallette illico presto mais là encore, un Cihaime survolté va chercher la victoire au plus profond de lui-même et nique l’infortuné titulaire du contrat en or. Las, McMahon pète un plomb et force le gagnant du MITB de Raw à affronter le champion en titre. Héroïque, Cihaime succombe et tombe au combat à la manière d’un Davy Crockett défendant Alamo pour l’empêcher de tomber entre les mains de l’infâme Santa Anna, qu’il ne faut surtout pas confondre avec le guitariste éponyme. C’est en effet un scénario plausible. CM Punk part avec les honneurs et grandi par un combat dantologie et deux défenses héroïques, Cena le mega pitre n’est pas viré (oh oui, vous imaginez un peu le drame ? Une semaine sans Johnny avant qu’un booker ne trouve un stratagème tout moisi pour le réintégrer ? On n’y survivrait surement pas) et Vince évite l’humiliation suprême de voir son contempteur principal se barrer en ricanant, ceinture de champ sur l’épaule. Ça tient la route, c’est costaud, mais cette fin n’a pas ma préférence.

 

Non, moi, ce que je voudrais, c’est du spectaculaire et de l’inattendu et pas un scénar finalement classique et qui plus est circulant sur le net depuis mardi matin. Alors je rêve d’un truc monumental, d’un screwjob made in Chicago, d’un triple turn, d’une storyline qui verrait Vince turner, prendre la défense de Cihaime et niquer Cena dans les grandes largeurs. Un truc awesome qui consacrerait Punk comme le nouveau tweener star de la fédération, un Stone Cold des temps modernes et entrainerait le Marine a enfin réaliser son turn et à passer une bonne fois pour toute du mauvais côté de la force. A défaut, si Cena en heel est vraiment quelque chose d’impensable à la WWE, que Vince s’allie à Punk, et qu’à eux deux ils fassent régner la terreur à Raw, abandonnant à Johnny le costume de gentil mec un peu con mais bien brave, chantre de la lutte contre les méchants. On a le droit de rêver un peu ? D’autant plus qu’on risque de se réveiller lundi matin en se prenant dans la gueule l’horrible réalité : Punk jobbe pour Cena et s’incline. Clean.  

 

 

 

Donc tout redevient normal dimanche soir, c'est promis?

  

 

Au-delà du dénouement de dimanche soir, la question qui est désormais sur toutes les lèvres est celle du partira ? partira pas ? Bien malin celui qui pourrait aujourd’hui discerner clairement quel est le futur immédiat de CM Punk. Mais une chose est certaine, je ne vois pas bien par quel miracle les bookers pourraient justifier le maintien de Punk à l’issue du PPV, à moins bien sûr que ne soit révélé aux yeux du monde le complot Cihaime McMahonien dont je rêve la nuit mais dont les probabilités de se concrétiser sont à peu près aussi faibles que celles de gagner l’Euromillions en ne jouant pas. Et pourtant, à bien y regarder, le départ de Cihaime serait un immense gâchis. Pas pour la WWE mais bien pour le principal intéressé. Eh oui, Punk est désormais sur le toit du monde, il bénéficie du soutien inconditionnel des fans, tous les Little Jimmies sont désormais derrière lui, John Cenaze est ringardisé, Cihaime peut ENFIN se voir confier les clés et la maison et porter la fédé sur ses augustes épaules. Bon, j’exagère un peu (encore que) mais vous avez compris l’idée : il serait tout de même très con de ne pas profiter de cette énorme vague Punkienne qui déferle sur le monde tel un Tsunami sur les cotes japonaises. Car le risque est grand pour Cihaime. Loin des yeux, loin du cœur, et il y aurait quelque chose de parfaitement débile à revenir après une pause salutaire et qu’il mérite surement, pour se voir stagner à nouveau entre la midcard et la upcard dans des feuds bien loin d’être à la hauteur du talent du personnage. A moins bien sûr que le départ de CM Punk ne soit définitif, ce qui ne peut pas être exclu de la part d’un mec si atypique. A bien y réfléchir, partir en étant devenu le plus grand, ouais, ça aurait de la gueule. Mais nous laisserait orphelin d’un des plus grands entertainers de sa génération.

 

Et le reste, me direz-vous ? Eh bien le reste n’a aucune importance. 

 

 

      

Salut l'artiste!

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