Catch

Chicago, 17 juillet 2011

– Vous savez monsieur Tully, vous pouvez dire que vous êtes un homme comblé.
– Oh je sais.
– Vous avez été témoin du plus grand carrefour éruptif depuis Tungaska en 1919 !
– La vache, quel pied !
SOS Fantômes


On est en juillet et il pleut. La présidentielle s’annonce dégueulasse. Le Tour de France c’est chiant. Et en plus la fin du monde approche. Heureusement que le catch est là pour apporter un peu de bonheur à l’humanité !

 

 


Moi aussi je vous aime.

 


Nalyse de Money In The Bank du 17 juillet

 


Le grand âge qui est le mien par rapport à la moyenne du CdC Universe me donne au moins l’avantage d’avoir connu des trucs qui ne sont pour certains que des images d’archives. J’ai vu jouer Maradona, par exemple. J’ai vu tomber le mur de Berlin. J’ai vu Mandela sortir de prison (bon anniversaire Nelson !). Eh bien rassurez-vous jeunes gens, certes vous n’avez pas connu les joies de l’apartheid ni celles du communisme et côté foot vous devez vous contenter de Messi, mais au moins vous pourrez dire à vos enfants et aux fans de catch des années 2030 que vous étiez là le 17 juillet 2011 à Chicago, et que c’était aussi bien que ce qu’ils ont lu dans les livres d’histoire.

 

Oui, c’était bien. C’était bien chez Laurette mais c’était bien aussi à la Allstate Arena dimanche soir pour ce Money In The Bank deuxième du nom. En effet la callipyge Kelly Kelly y a conservé son titre contre… non je déconne, mais je l’aime bien cette blague. Au moins j’aurais cité le match féminin, qui hélas n’aura pas secoué une seconde l’encéphalogramme de la division féminine. Non, si ce PPV restera dans les mémoires c’est bien sûr pour son main event inoubliable, fort bien amené par le très bon niveau général de la soirée. Oui vraiment, c’était bien.

 

 


Déconne pas CM, j’ai voté pour toi au concours de pronos !

 


Où en étions-nous en arrivant à Chicago dimanche ? Il y avait d’abord eu LA promo choc de CM Punk il y a trois semaines, qui ne faisait en fait que préparer le terrain au Raw d’anthologie de la semaine passée. Résultat, un monde du catch en pleine ébullition, des fans frétillant d’impatience, et un suspense hors normes concernant l’avenir de Punk, de Cena, de VKM et de tous leurs amis. Tout le monde aurait voulu être là, alors ceux qui y étaient ne se sont pas fait prier pour donner de la voix et célébrer le nouveau héros toute la soirée, « CM Punk, CM Punk ».

 

Comme je l’ai dit ses petits camarades ont également drôlement bien assuré. Eh oui, si on avait dormi deux heures en attendant ze match la soirée n’aurait pas été la même. Heureusement ce ne fut pas le cas, la carte était dense avec quatre gros matchs et elle a bien tenu ses promesses. Punk n’a pas été le seul héros du soir. Prenons Daniel Bryan par exemple. Eh bien ça y est, il va être champion du monde ! Bon ça n’est pas encore fait mais c’est lui qui a gagné le MITB de Smackdown, et je le vois vraiment très mal être « le premier type à foirer un encaissement de mallette ». Mieux encore, le match a parfaitement ouvert la soirée.

 

Les huit participants se sont fait remarquer pendant ce match, toujours particulier et finalement toujours agréable. Pour Sin Cara ce fut rapide mais impressionnant puisque c’est lui qui subit le premier gros coup du match, quand Sheamus, décidément impeccable en brute épaisse, fit passer le Mexicain à travers une échelle grâce à une surpuissante Power Bomb. Ouch. Pas de vrai bobo pour Sin Cara, par contre il s’est fait prendre aux contrôles antidopage de la WWE, ce qui explique son élimination prématurée et sa blessure fictive ; gros coup d’arrêt à son ascension en tout cas, on verra la suite.

 

 


Pour se relancer Sin Cara va reprendre la gimmick de Johnny Curtis. Ici, « avoir la tête dans le cul ».

 


En attendant ses camarades n’ont pas eu besoin de lui pour briller. On a ainsi vu par exemple les trois anciens du Corre, Barrett, Gabriel et Slater, collaborer un temps contre Kane puis Bryan, Barrett tenta même de grimper vers la mallette mais se fit vite contrer pas ses ex-alliés, faut pas rêver. Sheamus a lui aussi été un instant proche de la victoire, mais Kane l’a chokeslamé à travers une échelle, ça calme. Le gros machin rouge a ensuite encaissé un Wasteland de Barrett, puis un 450 Splash de Gabriel. C’est la joie des MITB, la proie qui devient chasseur puis redevient proie… Méditons bien cette sage vision de la vie les enfants.

 

Bref, dans ce jeu de la chaîne alimentaire c’est Barrett et Bryan qui furent les derniers en vie (j’avais misé sur Wade, je peux avoir un demi-point ? Non parce que je me tape un 2/6 sur ce show, c’est vraiment un jeu à la con). L’Anglais tenta son Wasteland sur l’échelle, mais Bryan résista, enchaîna avec un Kick bien placé sur Barrett et décrocha le pompon. Pas facile d’imaginer comment la valise sera utilisée, Bryan peut aussi bien rejoindre la feud Orton-Christian qu’attendre plusieurs mois avant de casher. Une chose est sûre, la WWE lui fait confiance et ça c’est une sacrée bonne nouvelle.

 

 


Tiens, ça c’est pour tout ce que j’ai subi à NXT !

 


Les bons matchs rendent la foule encore plus impatiente et elle a bien raison. La pression monta toute la soirée et, enfin, Punk apparut. L’homme que toutes les salles sifflaient il y a moins d’un mois. Il apparut, ou plutôt les premières notes de sa somptueuse musique d’entrée retentirent, et ce fut l’explosion. Le délire dans la salle, du genre que déclenche habituellement… eh bien, son adversaire du soir, John Cena, qui se contenta lui de marcher directement vers le ring et de présenter sobrement la ceinture de champion au public. La tête baissée. Punk avait déjà réussi à se mettre la foule dans la poche à Boston, alors chez lui à Chicago…

 

Je me suis demandé ce qui rendait ce moment si particulier. Oui parce que moi aussi chez moi j’étais dans tous mes états, comme rarement je l’ai été pour du catch. Qu’est-ce que je dis, comme jamais ! Ce qu’on voyait là dépassait la logique habituelle d’une storyline, même celle du Nexus de l’an passé, géniale mais qui ne joua qu’à la marge avec le vrai et le faux. Et c’est bien dans ces interstices entre la réalité et le spectacle que le catch prend une dimension supplémentaire, ce n’est pas pour rien que le moment mémorable entre tous c’est le Screwjob de Montréal. Oui, ce soir ce main event n’était pas qu’un match de catch, un bout de réalité s'était invité, c’était pour de vrai, et quand Punk est entré ce qui se manifestait ce n’était pas que de l’admiration, c’était des encouragements pour un homme qui, pour de vrai, allait tenter de nous faire chavirer de bonheur.

 

 


Non mais là il est concentré alors on voit pas bien, forcément.

 


Tiens, association d’idées : chavirer, barque, deux hommes, trop lourds… Le Big Show et Mark Henry se sont affrontés ce soir. Il y a quelque chose d’assez primal dans le plaisir pris à regarder deux catcheurs aux proportions hors normes se foutre sur la gueule, le même quelque chose qui pousse l’esprit simple à demander « mais alors c’est qui le plus fort, l’éléphant ou l’hippopotame ? ». C’est l’éléphant bien sûr, et ce soir c’est Mark Henry qui a donné de la trompe, triomphant de Show sur un violent slam.

 

Un match assez rapide qui en appelle peut-être d’autres, quoique le plus impressionnant dans cet affrontement de titans fut l’après-match : après avoir coincé le genou de Show dans une chaise Henry monta sur un coin et, oui, il sauta brutalement sur la jambe en question. Effet saisissant, je n’aurais pas voulu être le genou du Big Show à cet instant, un Big Show qui joua parfaitement la partition de l’animal sauvage blessé et fut évacué sur civière. Tiens maintenant que j’y pense je n’ai jamais voulu être le genou de qui que ce soit à n’importe quel moment, mais c’est un autre sujet.

 

 


En vrai ils s’adorent Show et Henry, ils jouent au foot ensemble.

 


Comme il se doit, le main event eut droit à quelques vignettes de construction au fil de la soirée. Le service minimal ceci dit. On vit d’abord arriver Vince McMahon, en limousine et en compagnie d’un avocat et d’un cadre de la WWE présenté comme John Laurinaitis ; celui-là même que Punk avait cité dans sa promo du 27 juin, et dont je croyais qu’il s’était fait virer ? Passons, le message était clair : la compagnie toute entière est dans le caca. Quand Vince fut interviewé en coulisses il ne put que reconnaître, désemparé, que non Punk n’avait pas signé de nouveau contrat malgré ses offres faramineuses, et que le compte à rebours pour le départ de Punk à minuit était toujours valable…

 

Là où c’était quand même bien fichu, c’est que le second MITB de la soirée, celui de Raw, faisait également partie de cette construction de main event : de nombreuses hypothèses évoquées ici ou là impliquaient un encaissement de la mallette rouge dès ce soir, contre Punk quand ce dernier aurait battu Cena. Pour tout dire c’est Del Rio qui revenait le plus souvent dans ces scénarios (note culturelle : c’est bien « scénarios » et pas « scénarii », fin de la discussion) et, tiens tiens, c’est lui qui a gagné. Mais comme pour le match de Smackdown on n’avait pas oublié de construire un bon match pour autant !

 

 


– Euh, finalement dites à Hornswoggle de ne pas venir, on va changer les plans pour le main event.
– Bien m’sieur McMahon.

 


Ça commença mal pour Del Rio : chaque participant était monté dans le ring avec une échelle, et à la cloche les sept autres participants se ruèrent sur le Mexicain, non pour de basses raisons raciales mais pour se venger de son comportement au Raw précédent. Comme pour le premier match on eut droit à une série de séquences de bonne qualité, ainsi une succession de sauts depuis le ring vers l’extérieur qui se conclut par un Air Bourne d’Evan (Bourne, pas Air) depuis le haut d’une échelle. On assista aussi à l’évacuation du Miz, qui parut méchamment blessé au genou après une chute.

 

En fin de compte on assista à un spectaculaire regroupement : plusieurs échelles au centre du ring et sept hommes dessus tentant d’attraper la queue du Mickey, que leurs grosses pattes n’arrivèrent pas à agripper. Kingston resta le dernier en lice et on crut qu’il allait gagner mais Swagger l’en empêcha. Et le Miz, revenant en boitant mais en courant des vestiaires, tenta alors sa chance en bon fourbe qu’il est mais c’est Mysterio qui le contra. Rey fut tout près de la victoire (j’avais aussi misé sur lui donc deux demi-points ça fait un point ? Non ?), la dernière séquence l’opposa à Del Rio et finalement c’est bien le plus burné des deux Mexicains qui l’emporta.

 

 


Bon, je crois que c’est maintenant que je dois leur dire que j’ai le vertige…

 


Drôle de situation pour Alberto : déjà #1 Contender le voilà maintenant porteur de la mallette magique, et pourtant difficile de prédire son avenir immédiat sans penser au main event et à la story Cena-Punk. Passons donc sans transition à l’autre championnat du monde du soir, opposant Randall Orton à Christian. C’est le troisième PPV de suite qui nous offre cette affiche mais pour tout dire il n’y a pas de lassitude et cette storyline a su se renouveler quand il l’a fallu. Ainsi ce soir la fameuse règle du « un champion disqualifié ne perd pas le titre » n’était pas de mise.

 

Si Orton a eu droit à ses acclamations habituelles, en particulier pour saluer son entrée, Christian n’était pas en reste et a eu droit à ses chants, alors que le public de Smackdown le boude désormais. Le contexte y est sans doute pour beaucoup : la foule ne pense qu’à CM Punk, on lui a donné une victoire de Daniel Bryan… il y a une évidente connexion entre ces trois catcheurs, au rayon des sous/mal utilisés. On crut à la victoire de Christian, avec un near-très-fall consécutif à un Killswitch, mais Orton se releva – et prit sérieusement le dessus sur son adversaire. Quand soudain…

 

 


C’est qui ce type ?

 


Acculé dans un coin, Christian n’eut comme ressource que de cracher au visage de Randall. Furieux celui-ci réagit d’abord par une série de coups de poing, mais ne put s’empêcher d’asséner un coup bas qui entraîna sa disqualification immédiate. Et, en vertu de la stipulation particulière du match, la perte de son titre ! Ça y est, Christian est redevenu champion du monde. Mais il y avait un prix à payer : après le match Orton porta deux RKO à Christian, sur la table des commentateurs.

 

Je ne pensais pas que la stipulation serait utilisée de façon si directe mais au final c’est plutôt sympa. D’abord parce que la storyline rebondit avec un nouveau champion, un heel alors que le porteur de la mallette bleue est face, ça ouvre des perspectives. Et puis aussi je trouve intéressant d’avoir fait perdre Orton de cette façon. Quelques signes pouvaient faire penser ces derniers temps à une modification de son personnage en « mec cool », il nous a rappelé qu’il reste un psychopathe de première capable de tout perdre à cause de ses instincts de bête fauve.

 

 


C’est quelle bête ça déjà ?

 


C’est bon, vous êtes bien installé ? Parfait, passons donc pour de bon au main event du soir, allez disons-le au main event de l’année, ce match qui pouvait changer la face du catch. Où en étions-nous, ah oui nous avions parlé des entrées des participants, des forces en présence : CM Punk en face héroïque, the voice of the voiceless, et John Cena en heel corporate et porteur de tous les maux de l’industrie du catch. C’est là qu’on voit que le débat sur le heel turn soi-disant imminent (depuis quoi, 4 ans ?) de Cena repose sur de drôles de bases. Cena est quasiment au-delà du clivage face/heel. Il est déjà détesté par la moitié du public ! S’il devenait heel il serait détesté par la moitié du public qui aujourd’hui l’adore mais, c’est évident, serait adoré par ceux qui le conspuent actuellement ! Qui, n’en doutons pas, lui trouverait même de grandes qualités in-ring…

 

Parlons-en du in-ring justement. Parce qu’une des bonnes, très bonnes nouvelles de la soirée est que ce match, qui par son dénouement allait de toute façon rester dans les annales, a avant cela été un très grand moment, un candidat au match de l’année sans aucun doute ! Plus d’une demi-heure de très haut niveau. Il y eut bien quelques botchs, mais rien de trop grave. Ah, précisons-le : ces botchs furent davantage du fait de Punk que de celui de Cena ! Rien à dire sur ce dernier, vraiment, il a été parfaitement à la hauteur du rôle essentiel qu’il avait à jouer dans la fantastique histoire du soir. Même son comportement, ses attitudes sonnaient juste ; plusieurs fois il sembla dire « pardon, je suis populaire, je gagne des matchs et des titres, vous ne m’aimez pas mais je fais juste mon boulot du mieux que je peux ».

 

 


Et les t-shirts c’est pas moi les choisis hein, c’est Vince qui m’oblige à porter ça !

 


Il eut d’ailleurs ses fans lui aussi, quand même ; même si la différence de timbre entre les jeunes qui encourageaient Cena et les adultes qui étaient derrière Punk n’a jamais été aussi flagrante. En tout cas le match fut donc grandiose. Il commença doucement, avec des prises techniques qui loin de nous endormir nous plongèrent encore plus dans l’histoire. Ce ne fut pas le festival de contres, enchaînés qu’on avait pu avoir par exemple dans le Punk-Mysterio du mois dernier mais ce fut un affrontement d’une rare intensité où les deux combattants brillèrent tour à tour et firent briller leur partenaire. Plusieurs fois on crut à la victoire de l’un ou de l’autre, il y eut de nombreux finishers, contrés ou pas. Mais toujours ils se relevaient et continuaient le combat. C’était un déroulement idéal pour un tel match au contexte si particulier, il ne pouvait pas être tiède, moyen. Il fut bouillant, exceptionnel.

 

Mais il fallut bien finir le spectacle. Quand Vince McMahon apparut, on sentit que la fin était proche. Cena plaça un nouveau STF (dont Punk s’était déjà sorti plusieurs fois), et VKM, reprenant son rôle du 9 novembre 1997, demanda frénétiquement qu’on sonne la cloche qui entraînerait la défaite de son employé infidèle ; Laurenaitis se précipita vers les officiels mais c’est nul autre que Cena qui lui barra le chemin. Le Marine ne gagne pas comme ça ! CM Punk n’eut plus qu’à placer un GTS historique, qui faisait perdre à John Cena son titre et sa place à la WWE et envoyait la ceinture hors de la fédération, avec son nouveau propriétaire. Vince tenta bien un dernier coup bas en faisant venir Alberto Del Rio pour qu’il cashe sa mallette contre Punk mais ce dernier repoussa le Mexicain (l’encaissement de la valise n’a pas été validé). Punk champion du monde, c’est fait, Punk qui quitte la WWE avec le titre mondial, c’est fait !

 

 


Punk qui salue son pote Cabana en plein match, c’est fait !

 


Pouvait-on rêver mieux ? On en avait lu des scénarios pour cette fin de show, des fantasy bookings brillants et excitants avec intervention, au choix, de HHH, de la famille McMahon, de tel ou tel catcheur retraité, de catcheurs indy, bref on avait tout imaginé. Et la WWE a préféré nous offrir une histoire toute simple : CM Punk, devenu favori de la foule, s’est donné un objectif au nom de nous tous et il l’a réalisé. C’est tout, pas de rebondissements multiples mais superflus ; ce qu’on avait sous les yeux était bien suffisant.

 

Bref, ils l’ont fait ! La WWE sait-elle encore prendre des risques ? Oh que oui ! Il est fort ce Vince. Au moment où on se demandait si la WWE n’était pas en train de s’éteindre il assomme le monde du catch avec une histoire incomparable – tout en se mettant lui-même en scène, c’est d’ailleurs son image qui a clôturé la soirée, celle d’un chairman furieux mais au bord des larmes… Il y a quelque chose de presque touchant à voir Vince McMahon, l’homme qui a inventé le catch moderne, mettre en scène son propre désarroi pour accompagner la mutation de sa compagnie.

 

 


C’est bon, c’est fini vos conneries ? Faut que j’aille vérifier les ratings là !

 


Car mutation il y a, c’est indéniable. On verra dès le Raw de ce soir comment évolue tout ça à court terme, quid de Punk, quid de Cena ? Mais quoi qu’il en soit on a assisté en quelques semaines à l’explosion d’une star de premier plan qui ne peut que planer sur la décennie à venir. Bien sûr Punk avait déjà ses inconditionnels, mais il vient de prendre une dimension nouvelle en créant son nouveau personnage, rebelle toujours mais aimé, adoré de la foule. Mieux même, il est vraiment né dans cette foule : c’est en se réfugiant dans le public que Punk a définitivement échappé à l’emprise de Vince. Ah, ce baiser d’adieu ironique et le regard de Vince en voyant Punk s’éloigner dans le public… Le public l’aide à triompher, le public l’aide et en même temps lui apporte son approbation, comme ces généraux romains sacrés empereurs par les acclamations de leurs soldats.

 

Quand McOcee dans sa mémorable chronique du dernier Raw s’interrogeait sur le futur immédiat de Punk, elle redoutait qu’une pause au moment où il était enfin « sur le toit du monde » ne casse d’entrée son nouveau statut de star ultra-populaire. Ce PPV a merveilleusement levé le doute, Phil peut bien prendre un peu de repos si ça lui chante, sa place est bien au chaud dans le cœur des fans et il n’est pas prêt d’en sortir.

 

 


The Champ is here.

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