Catch

SupersHHHow

Je n’ai jamais dit que les acteurs étaient du bétail. J’ai seulement dit qu’ils devaient être traités comme du bétail.

Alfred Hitchcock

 

Triple H a annoncé deux grandes nouvelles lundi. L’une à la première minute du show, l’autre à la dernière. La première confirme qu’il prend ses collègues pour du bétail, la seconde indique qu’il est prêt à payer de sa personne pour le bien commun. D’ailleurs, il a déjà bien payé de sa personne ce soir, subissant stoïquement les sarcasmes d’un CM Punk particulièrement jovial.

 

 

Dis, ta queue de cheval est plus longue que celle de Nash ou pas? Je vais demander à Stephanie, tiens, elle saura sans doute me répondre.

 

 

Nalyse de Raw du 29 août

 

 

La première nouvelle est de loin la plus importante. En fait, à bien y penser, elle constitue potentiellement une véritable révolution dans le fonctionnement que la WWE a adopté depuis que, il y a près de dix ans, la « brand extension » a divisé le roster entre deux shows distincts, Raw (le lundi) et Smackdown (le jeudi, puis le vendredi à partir de 2005).

 

Le nouveau big boss a en effet déclaré que, dorénavant, le lundi soir, à Raw, le public pourrait admirer en action non seulement les stars de Raw… mais aussi celles de Smackdown. Avec effet immédiat, puisque plusieurs têtes d’affiche de l’émission bleue allaient prendre part à ce Raw historique : rien moins que les quatre main eventers du moment, à savoir Orton, Christian, Henry et Sheamus, accompagnés du midcarder de grand avenir Sin Cara.

 

 

T’as bien regardé, Lavillenie ? C’est comme ça qu’il faut faire.

 

 

Evidemment, on ne sait pas encore si cette invasion de main eventers augure précisément du futur et si, dans les semaines et mois à venir, les catcheurs principaux de SD fréquenteront systématiquement Raw ; mais il est quand même probable que si cette décision a été prise, ce n’est pas pour permettre au public du lundi d’applaudir Johnny Curtis ou Heath Slater. Ce Raw, de même que ceux qui vont suivre, a été promu « supershow », et il serait très étonnant qu’un supershow autorisé à puiser dans le roster de Smackdown ne fasse pas régulièrement appel à Randy Orton, en premier lieu, mais aussi aux plus éminents de ses adversaires et alliés.

 

Ce qui signifie… ce qui signifie plein de choses, en fait.

 

 

Par exemple, ça signifie que Vickie Guerrero va pouvoir se taper plein de petits jeunes de Smackdown. Non parce que le sien, il en peut plus, là.

 

 

Premièrement, la durée de Raw n’étant pas extensible, la venue régulière des gars d’en face va nécessairement réduire le temps dévolu aux stars du crû. C’est ainsi que, ce lundi, on n’a pas vu un instant le champion de la brand rouge, Alberto del Rio – pourtant un catcheur nouveau à ce niveau et relégué au second plan par la storyline tournant autour de CM Punk, donc ayant a priori besoin d’exposition. De même, pas de place ce lundi pour John Morrison, pourtant l’une des meilleures raisons de regarder le show du point de vue du spectacle in ring. Cette tendance devrait se poursuivre, les pensionnaires de la brand rouge alternant les « nights off ».

 

 

T’es sûre que c’est ton tour de catcher ce soir, Brie?

Moi c’est Nikki.

T’es sûre de ça, Brie?

Heu…

 

 

Deuxièmement, l’attrait de Smackdown est quelque peu atténué. Si je suis un suiveur de la WWE qui regarde régulièrement Raw mais hésite à consacrer une seconde soirée dans la semaine à la fédé de Stamford, je vais peut-être faire quand même faire l’effort de mater Smackdown le vendredi soir, parce que c’est le seul moyen pour moi de voir Randy Orton, Christian, Sin Cara, Daniel Bryan et autres Henry, Sheamus, Rhodes et Barrett, et que ces mecs-là m’intéressent. Mais si maintenant Orton et compagnie débarquent régulièrement à Raw, alors je peux très bien me passer de Smackdown. S’il s’y passe quelque chose de notable j’aurai de toute façon droit à un rappel lors du prochain Raw…

 

 

Ce soir, c’est un SUPERSHOW, alors Mark a mis une grosse aubergine dans son slip.

 

 

 

Troisièmement, Smackdown est actuellement enregistré le mardi (et passera peut-être à terme en live, toujours le mardi). Donc, avec la nouvelle règle, les plus grandes stars de Smackdown devront régulièrement catcher lundi à Raw… puis le lendemain à Smackdown. On voit d’ici les risques d’usure et de blessures, surtout quand on y ajoute les treize semaines de l’année où le dimanche précédent, il y aura eu un PPV. De plus, il est très possible qu’entre le show principal (Raw) et le show secondaire (Smackdown), les décideurs privilégient le premier du point de vue du starpower, et que les main eventers de SD finissent par passer plus de temps à Raw que dans « leur » show. Du coup, Smackdown deviendra réellement un « B-Show » ‑ ce qui ne sera pas nécessairement synonyme d’une dégradation du niveau du spectacle, les midcarders de la WWE étant tous capables de fournir des combats brillants, mais pèsera lourdement sur le prestige de l’émission.

 

 

Pfiou, vous savez qu’à un moment j’y ai vraiment cru, à cette histoire de draft à Smackdown?

 

 

Enfin, quatrièmement, cette nouvelle règle risque fort de réduire rapidement à néant la frontière, déjà poreuse, entre les deux brands. Ce lundi, tous les catcheurs de Smackdown ont été associés dans le ring à un ou plusieurs catcheurs de Raw. Randy Orton a affronté Dolph Ziggler, Sin Cara s’est frotté à Jack Swagger, et Sheamus, Christian et Mark Henry ont eu l’honneur de faire le main event en compagnie de John Cena. Donc quand les gars de SD viennent à Raw, ils se confrontent ou s’unissent aux « locaux », au lieu de continuer de catcher les uns contre les autres. Si cette tendance se confirme, combien de temps faudra-t-il avant que des Smackdowniens n’entrent en feud avec des Rawiens ? Et comme les Smackdowniens pourront revenir tous les lundis, ces feuds pourront se déployer harmonieusement, faisant fi de la division du roster en deux brands.

 

Certes, on assiste déjà souvent à des infiltrations des uns et des autres de part et d’autre de la frontière Raw-Smackdown, spécialement en période pré-Wrestlemania ; de plus, l’énorme ampleur de la draft annuelle, qui brasse très largement les rosters, nuit à la définition de l’identité de telle ou telle brand.

 

Tiens, quizz trivia à l’improviste. Depuis la draft 2009, combien de catcheurs et catcheuses qui étaient déjà à la WWE à ce moment-là n’ont jamais changé de brand ? Réponse : neuf. John Cena, The Miz, Primo, Santino Marella, Undertaker, Maryse, Layla et les Bella Twins. Neuf sur quarante-deux catcheurs et catcheuses concernés, avouez que ça fait bien trop léger pour que Raw ou Smackdown possèdent une identité affirmée. Et si on se place un jour avant la Draft de 2009, qui a vu les drafts du Miz, de Primo, de Maryse, des jumelles et de Layla, ce ratio s’effondre encore : seuls Cena et le Taker sont fidèles au même show depuis au moins deux ans et quatre mois. Quand y ajoute que, sur cette période, plusieurs catcheurs ont eu le temps de faire un voire deux allers-retours entre les deux shows (Kane, Big Show, Rey Mysterio, entre autres), on se rend compte que la séparation des rosters est un édifice plus que fragile.

 

 

– Tu vois, Truth, ce que j’aime dans Bragging Rights, c’est que là, pour une fois, on oublie les alignements face-heel, on se donne à fond pour ses couleurs…

– Ouais! A la vie à la mort! COMME LES GANGS DANS LE GHETTO!

 

 

Là, avec la nouvelle règle qui veut que les gars de Smackdown aillent faire coucou à Raw tous les lundis, on va pratiquement assister, du fait du mélange des rosters à Raw, à la fin du système intronisé par la Brand Extension en 2002. Faut-il le déplorer ou s’en réjouir ? Comme pour pas mal de choses dans la vie – une affectation professionnelle en Antarctique, un enfant non désiré à douze ans ou la poussée d’un pénis au milieu du front, par exemple ‑, tout dépend du point de vue. En d’autres mots, y a du pour et du contre.

 

Au rayon des arguments contre : tout ce qui précède. En gros, et pour résumer, les feuds spécifiquement estampillées Raw auront moins de temps d’antenne, ce qui nuira avant tout aux midcarders et lowcarders rouges ; le prestige de Smackdown s’amenuisera, puisque ses stars passeront surtout le lundi soir ; et les main eventers des deux shows se mélangeant allégrement le lundi, on retrouvera fatalement des feuds ou des alliances déjà vues et revues par le passé mettant en présence les plus grands noms de la fédération.

 

 

Curieux, y a une voix dans ma tête qui me dit que je ne peux pas la voir. Un peu conne, cette voix.

 

 

Pour ce qui est des raisons de se réjouir :

 

1) On aura droit tous les lundi à des affiches sympas difficilement justifiables autrement, comme cet agréable Orton-Ziggler vu ce soir. Etant donné l’alignement faces-heels actuel dans les deux shows, on peut imaginer dans les prochaines semaines des affrontements trans-brand alléchants du type Rhodes-Morrison, Swagger-Sheamus, Punk–Barrett et autres Bryan-Ziggler (l’un des cartons de l’automne 2010).

 

 

Et moi contre le Great Khali! Y a moyen? Nan?

 

 

2) On pourrait voir les main eventers de Smackdown réagir au bouleversement paradigmatique en cours à Raw. Il serait par exemple plus qu’intéressant de voir Christian emprunter la voie Punkienne et dénoncer le peu de cas fait de son talent par le management. Il serait encore plus intéressant de le voir cibler nommément Orton en tant que chouchou des patrons, de la même façon que Punk a ciblé Cena. Une idée parmi d’autres, hein, mais il est en tout cas un peu curieux que pendant que la révolution shoot bat son plein à Raw, Smackdown continue de vivoter peinard dans le kayfabe (par exemple, personne dans le show bleu n’a ne serait-ce qu’évoqué le départ forcé de Vince McMahon). Plus généralement, il sera plus facile de faire vivre de grosses storylines à travers les deux shows.

 

3) La division tag team pourrait réellement renaître, SD envoyant tous les lundis ses meilleurs duos affronter les meilleures associations de Raw. De même d’ailleurs pour les filles.

 

4) Bien gérés, les supershows et leur starpower de PPV augmenteront les ratings de la WWE, qui sera encore plus riche et encore plus puissante, et pourra embaucher les meilleurs catcheurs japonais pour son roster et de vraies stars hollywoodiennes comme Charlie Sheen ou Christophe Lambert pour jouer de temps en temps les guest hosts.

 

 

Et puis enfin payer une vraie caisse un peu classe à ce tocard de Del Rio.

 

 

Bon, j’arrête là pour le moment, car j’ai quand même un épisode entier à nalyser, mais je vous invite cordialement à donner vos avis sur la question dans les comms, car il s’agit là, à n’en point douter, d’une nouvelle de la plus haute importance.

 

L’autre grande nouvelle était, elle, moins inattendue : à la dernière minute du show, alors que dans le ring Cena et Sheamus, copains comme cochons, faisaient les beaux après leur victoire contre Christian et Henry, on vit Triple H et CM Punk dans le bureau du big boss au big nose. Punk, proprement excellent toute la soirée durant dans un emploi qu’on ne lui connaissait pas de « Face qui s’éclate à se foutre de la gueule de ses antagonistes », n’avait cessé d’asticoter le H-Man, le vannant impitoyablement, vomi à l’appui, pour ses discutables talents d’acteur (encore mis en évidence par la bande-annonce de son nouveau film, cette fois un polar au scénario vu et revu) et affirmant sans discontinuer qu’il n’était qu’une marionnette entre les mains de sa virago de femme, la puissante et discrète Stephanie McMahon.

 

 

Comment ça, ce que je suis en train de faire? Je suis en train de chercher tes couilles, Hunter. Elles ont pas pu aller bien loin.

 

 

Cette attitude de poil à gratter avait un peu plus tôt valu à Punk de s’incruster à Night of Champions pour un match avec Kevin Nash, venu défendre l’honneur de Steph et expliquer une nouvelle fois à Triple H qu’un vrai homme ne recule pas devant des nabots comme Punk, lequel riposta par une jolie vanne work-shoot que vous retrouvez ci-contre dans nos « quotes ».

 

Elle lui avait aussi valu, après un match passable contre le Miz de toute façon interrompu par R-Truth, une bonne vieille Jacknife Powerbomb infligée par Nash. Et elle finit par lui valoir, donc, en cette dernière minute de show, une nouvelle qui lui fit immédiatement perdre ce rictus satisfait que même la Powerbomb n’avait pas effacé : finalement, après consultation du conseil d’administration, Triple H… non, Punk, il ne démissionne pas, il… non, il ne divorce pas, bordel, il va T’AFFRONTER A NIGHT OF CHAMPIONS!

 

Oui, Hunter remet le slibard et reprend sa bouteille de flotte fétiche, et revient entre les cordes. Il n’y a là pas grand-chose d’étonnant, et pas grand-chose de scandaleux non plus. Il était évident qu’un catcheur du calibre de Triple H n’allait pas s’effacer gentiment pour prendre un rôle d’authority figure. Il aura droit à de beaux adieux et à une belle feud de fin, et CM Punk pourrait parfaitement la lui offrir. A court terme, cela signifie déjà qu’on n’aura pas de match entre Punk et Nash, du moins en ppv, et c’est tant mieux, car si Diesel a conservé sa carrure et son regard intimidant, sa mobilité ne dépasse guère celle du Great Khali, et il aurait été quelque peu embarrassant de le voir en ppv face à un athlète au faîte de ses capacités comme Punk.

 

 

 

 

Les années passent et Kevin Nash ne prend pas une ride. Mais il y a un portrait de lui qui vieillit au fond d’un vestiaire à Orlando.

 

 

Ensuite, ce match à NOC aura une importance considérable (et on ne serait pas étonnés qu’il soit le main event, reléguant le Del Rio-Cena pour le titre à un rang subalterne). Déjà, parce que de nos jours, voir Triple H catcher tient de l’événement. Rappelons que celui qui fut par le passé une véritable matchine (jeu de mots spotted!) n’a livré que deux combats depuis près d’un an et demi : contre l’Undertaker à Wrestlemania en mars 2011, et contre Sheamus à Extreme Rules en avril 2010. Et, bon signe pour Punk, ce sont deux matchs qu’il a perdus…

 

 

– T’as perdu deux matchs de suite? Bravo!!! Mais tu sais quoi, je parie que t’es même pas cap d’en perdre un de plus!

– T'essaies pas de me manipuler là, Punk?

Mais que vas-tu chercher? Si j'étais manipulateur, j'enverrais juste à Nash un texto lui ordonnant de te coller une Powerbomb.

 

 

Enfin, parce que, évidemment, ce Triple H n’est plus seulement l’immense catcheur des années 1990 et 2000 mais aussi et surtout le patron à l’écran et (partiellement) à la ville de la fédération. Et il fait face à un rebelle, à un heel si cool et si vrai dans ce qu’il dit que la foule l’a complètement retourné face… Oui, le parallèle avec l’époque où Stone Cold Steve Austin affrontait Mr McMahon est plus présent que jamais. Il y manque encore un heel turn total du Game, qui pour l’heure joue de façon convaincante le patron honnête qui entend réguler tout ce bordel à la loyale… mais à qui il ne faut quand même pas trop marcher sur les Mephisto. On verra si les bookers empruntent ce chemin d’un HHH McMahonisé à fond les ballons et rendant la vie impossible à Punk, mais en attendant, ce match suscite une énorme curiosité. A ce stade, il serait absurde que Trips batte Punk clean, mais la conspiration pourrait encore frapper…

 

A propos de conspiration, on n’en a pas appris des masses ce lundi. Nash maintient qu’il n’a pas menti à propos du fameux SMS DE LA MORT, et Laurinaitis a fait signer un contrat de catcheur à Nash sans en prévenir HHH, qui en est fort marri, parce qu’il commence à être un peu encombrant, le Kevin (mais quand il croise enfin Laurinaitis, il ne l’engueule pas pour avoir embauché Big Daddy Cool sans lui en parler, mais pour avoir décidé de la tenue d’un match Henry-Christian / Sheamus-Cena… que Hunter venait lui-même de décider d’organiser). Nash reste un personnage très important en tant que démon papillonnant au-dessus de l’épaule de Hunter et l’attirant du côté obscur ; Laurinaitis, lui, n’a pas gagné beaucoup d’épaisseur ce lundi, mais tout cela demeure globalement cohérent et intéressant à suivre, en attendant l’implication à brève échéance de Stephanie, dont je suis personnellement très fan, et que McOcee idolâtre au point de s’être fait réduire la poitrine pour ne plus faire que du 105 E comme la Billion Dollar Princess.

 

 

– Et arrête de me contrarier, Hunter, sinon j’appelle Sean et Scott, ils sont juste en face du stade!

– Ah bon? Et pourquoi je les ai pas vus en arrivant alors?

– Parce que là, ils font dodo dans mon camion.

 

 

Le reste a été agréable mais en aucun cas inoubliable. On se demandait ce que pourrait donner Sin Cara version Hunico à Raw, donc en live, donc sans possibilité de reprendre à zéro un match desservi par de trop nombreux botchs : il s’en est plutôt bien sorti face à Jack Swagger, même si la fluidité n’a pas toujours été irréprochable. Le finish a été la copie conforme de celui du Swagger-Riley de la semaine dernière, à savoir que le bon Jack a été distrait par une algarade en ringside entre Vickie et Dolph, et s’est fait niquer comme un bleu. Bon, la semaine dernière, il avait affaire à Alex Riley, et perdit donc sur un rollup (rollup non montré dans la vidéo glorifiant l’insipide A-Ri diffusée sans vraie raison vers la fin du show). Cette semaine, il avait affaire à Sin Cara, et perdit donc sur un enchaînement « Coup de pied après rebond sur la troisième corde – Splash après salto – moonsault après rebond dans les cordes en face ».

 

 

– Ah, te voilà irrémédiablement à la merci de mes virevoltantes offensives, pitoyable ersatz de lutteur amateur dont l’imbécillité ne le dispute qu’à la laideur!

– M… M’sieu Jericho?

– Silence, benêt, je suis ici incognito!

 

 

Rien de nouveau donc du côté de l’écurie de Vickie, qui avait peu avant assisté impuissante à la défaite de Dolph contre Randy Orton, au bout d’un match relativement court mais bien rythmé, parsemé de contres et de nearfalls crédibles, et achevé d’un superbe RKO après rebond offensif en guise de point d’exclamation.

 

 

Ksss… Destruction… Mort… Carnage…Hangman DDT… Voices in my head… Ksss…

Hé Randy! C’est une copine à moi qui m’a dit que tu t’appelais Randy!

– Kss?

– Ça fait un moment que je te suis. Randy! Hé, tu viens chez moi? Je monte une écurie! Allez sois chou quoi, dis-moi oui!

 

 

Côté tag team, les affaires courantes furent expédiées avec la revanche ratée de McGuiliguili – Otunga, dans un match assez brouillon, du fait m’a-t-il semblé d’un Evan Bourne un peu nerveux pour sa première sortie en tant que champion tag team. L’affaire du soir, c’est que Jerry Lawler n’a cessé, une fois de plus, de démonter les ex-champions au micro, perdant au passage le peu de professionnalisme qu’il lui restait : il affirma ainsi qu’ils n’avaient jamais défendu leurs titres, ce qui est faux puisqu’ils l’ont fait contre les Uso à Smackdown le 29 juillet dernier ; surtout, il les présenta comme des catcheurs extrêmement ennuyeux, sans aucun charisme ni intérêt, Otunga n’existant notamment que par son statut de Mister Jennifer Hudson. Tout ça est peut-être vrai mais ne devrait en aucun cas était dit de cette manière à l’antenne par un annonceur face, qui ferait bien mieux d’insister sur le côté « salauds – ordures – méchants – pas beaux » des heels que de les dévaluer ainsi, car ce faisant il remet carrément la qualité du show en cause – et là, ç’a bien plus d’importance que quand c’est un annonceur heel comme Cole qui le dit, puisqu’en tant que face Lawler est censé dire la vérité… Là, deux jeunes catcheurs qui viennent d’être champions pendant trois mois ont été promptement enterrés par le « gentil » commentateur.

 

 

Ouais, je vous trouve nuls et chiants. Vous catchez comme des grand-mères et vous n’avez pas le moindre embryon de personnalité! Maintenant foutez-moi le camp avant que j’en prenne un pour cogner sur l’autre! Débiles!

Mais, heu…

Tu vires tes mains toutes moites de mon bureau, petit con!

 

 

Tout ça est apparemment prétexte à un angle où les champions déchus s’en prendront au King, mais vu la mollesse de leur « énervement » post-match contre le vieux beau (dans des circonstances comparables, Sheamus l’avait massacré sur place), on se dit que ça n’ira pas très loin. Et c’est tant mieux car je ne vois pas qui aurait envie de revoir Lawler catcher une fois de plus. Otunga et McGc avaient au moins mis au point quelques mouvements coordonnés, ce que bon nombre de champions par équipe les ayant précédés ne s’étaient pas donné la peine de faire, et j’espère pour ma part qu’ils resteront ensemble, progresseront dans les bas-fonds de Superstars et finiront par revenir dans la course. Bon, s’ils se font virer demain, je vais pas non plus en pleurer toutes les larmes de mon corps. Truth et Miz étaient ce lundi occupés par CM Punk, mais maintenant que le rematch de McOtunga est consommé, ils ont la voie libre pour défier Air Boom (oui, apparemment la nouvelle team s’est choisie un nom de catastrophe aérienne), et ça promet de faire quelques jolies étincelles.

 

 

David, t’es fou, tu lui as arraché son casque! On va se faire engueuler!!!

Ouais. Je suis en train de réaliser que je viens de faire la plus grosse connerie de ma vie, là. Michael… Je suis désolé de t'avoir entraîné là-dedans. Vraiment.

– Comment on va se faire engueuler!!!

 

 

Tant que j’en suis aux grandes causes perdues de l’IWC, deux mots sur les nanas : rien de nouveau. Ca fait trois mots, alors tant pis, je continue. La semaine dernière, c’était Eve accompagnée de Kelly contre une Bella accompagnée d’une Bella, le tout sous le regard moqueur des Divas of Doom. Cette fois, on a eu droit à Kelly accompagnée d’Eve contre une Bella accompagnée d’une Bella, le tout sous le regard moqueur des Divas of Doom. La nuance est de taille. Quand on ajoute que cette fois les jumelles se sont souvenues du Switcharoo et ont donc battu la championne, on voit que y a vraiment de l’évolution de ce côté-là.

 

 

Brie Bella, la seule femme qui profite d’un tombé pour s’entraîner à l’Ankle Lock.

 

 

Enfin, le main event. C’a été assez paresseusement booké, cette affaire. Ca a commencé, après la promo inaugurale Punk-Nash-HHH et le match Orton-Ziggler, par une promo en solitaire de Cena (qui fait toujours mine d’être ravi quand la moitié du public le hue pire que Kadhafi à Benghazi), venu une fois de plus abaisser Del Rio, sur le thème « t’es qu’une daube, je vais te plier en deux, etc. »

 

Alors là aussi, comme dans le cas Lawler / McOtunga, j’ai un peu de mal. Del Rio n’est pas un multi-champion établi, il vient de gagner son premier titre, et pas d’une façon ultra-brillante en plus ; il a besoin d’être mis over en paroles par ses adversaires pour apparaître à leur niveau. Or Cena, pourtant coutumier de la promo du type « Je sais que ce mec est dangereux, et bien que ça me coûte de le dire, il pourrait bien me battre » (entendue par exemple l’année dernière dans ses feuds contre d’autres newbies comme Sheamus et Barrett), l’enterre cette fois littéralement au micro, et se permet même une nouvelle incursion dans un registre sémantique moyennement PG en affirmant avoir l’intention de, et je quote, « kick his teeth so far down his throat that his mouth becomes his anus », c’est joliment dit. Del Rio n’étant pas là pour se défendre (il prend des forces avant le Super Smackdown incorporant des mecs de Raw de ce mardi, à ne pas confondre avec le Super Raw incorporant des mecs de Smackdown de ce lundi), Cena a heureusement été interrompu par Mark Henry, qui passait par là, et qui s’est dit « hey mais je suis à Raw, pourquoi j’aplatirais pas Cena comme une grosse merde multicolore ? »

 

 

Je voulais rester chez moi et regarder le lancer de poids féminin aux championnats du monde d’athlé, mais on m’a forcé à venir ici. Alors je suis un peu vénère. Tu comprends, John?

 

 

Mais Henry, après avoir évoqué le « Hall of Pain » où il introniserait bien le Marine, mentionna le championnat du monde poids lourds, ce qui fit apparaître le mauvais génie Christian. Rapidement, les deux heels se tournèrent vers Cena, qui méritait bien une raclée pour ses pitoyables vannes (voyez-vous, Christian a un bronzage bizarre et Mark Henry pue de la gueule, hahaha, rigole public ! RIGOLE BORDEL !)… et Sheamus vint en sprintant se ranger aux côtés de Johnny. En coulisses, Laurinaitis et Hunter jouèrent à qui mieux mieux à Captain Obvious, et le main event était booké.

 

 

– Là! Je l’ai vu! Christian a cligné des oeils! CONTRE KEMS!!!

– T’es vraiment trop con, fella.

 

 

Voyons un instant l’état des forces en présence à la veille de ce main event : on a là l’invincible John Cena, dont la prochaine échéance (un énième match pour le titre WWE) est dans trois semaines. On a là Mark Henry, le futur challenger au WHC une fois que Christian et Orton auront réglé leurs différends, ce qui pourrait encore prendre un certain temps. On a là Sheamus, qui n’a rien de concret à se mettre sous la dent dans l’immédiat. Et on a Christian, qui a juste un STEEL CAGE MATCH POUR LE CHAMPIONNAT DU MONDE CONTRE RANDY ORTON demain.

 

Donc s’il y en a bien un qui ne doit pas passer pour une merde ce soir, c’est bien Christian, l’homme qui défie Superman II pas plus tard que dans 24 heures. Le meilleur booking ici serait, par quelque vice, de faire faire à Christian le tombé sur Cena, histoire de le crédibiliser à mort avant demain. Et que croyez-vous qu’il arriva?

 

 

Haha, j’ai bien vu que t’avais cligné des oeils!

 

 

Eh oui. Ah, et pour info, juste avant, Cena s’est relevé à deux du Spear de Christian – ce même Spear qui avait couché Orton pour le compte il y a quelques semaines de ça dans un match à deux contre deux comparable.

 

On nous fait peut-être le coup de l’inversed booking de folie, mais même dans ce cas de figure, l’idée est mauvaise. Dans ce match, Christian et Henry, malgré une longue phase de domination sur Sheamus dans un rôle étrange de face en péril, ont été rendus à leur condition pré-push d’éternels midcarders, incapables d’inquiéter sérieusement l’emblématique Cena et le nouveau Batista Sheamus. Pas le meilleur service à leur rendre que de les montrer si faibles et incompétents alors que tous deux prétendent renverser la montagne Orton. Peut-être que tout ça répond à un super plan (du genre demain, Henry se mêle du Steel Cage Match et offre la victoire à Christian, car il voit en lui un adversaire plus à sa portée qu’Orton), mais si ce n’est pas le cas, si mardi soir Christian est vaincu à la régulière, alors ce main event aura été un beau ratage.

 

 

Sheamus fact : Sheamus est tellement blanc que quand son bandage abdominal blanc se détache, personne ne s’en rend compte.

 

 

Ce Raw a donc marqué le début d’une nouvelle ère, celle des SUPERSHOW. On ne peut pas vraiment dire qu’il l’ait lancée sur de très hautes bases, la faute avant tout à un main event curieusement booké, mais réservons notre jugement: tout comme en ce qui concerne le retour dans le ring de Triple H, ça peut aboutir à quelque chose de brillant ou de consternant. Ces derniers temps, la WWE nous a plutôt accoutumés au brillant, alors ayons foi, brothers (et ne spoilons pas les résultats de Smackdown dans les commentaires, bande de sacripants)!

 

 

Ils peuvent bien ramener tout le roster de Smackdown et décrocher le sledgehammer du clou, il n'y a qu'un seul homme devant lequel Raw accepte de s’incliner respectueusement.

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