Catch

Un coup pour rien

Ce que j'ai subi a fait de moi ce que je suis.

V, V pour Vendetta

 

Semaine après semaine, NXT nous plonge chaque fois un peu plus profondément dans un néant qui semble presque aussi ennuyeux à faire qu'à suivre. Et chaque semaine, lecharentais, Julius et moi-même essayons malgré tout de donner de l'intérêt à nos chroniques de cette cinquième saison du show jaune, qui semble voué à ne jamais avoir de fin. Je ne voulais pas y croire jusqu'à présent, mais maintenant que j'ai vu l'épisode de cette semaine, qui était d'un vide absolu, vous pouvez me l'avouer: en fait, NXT Redemption, c'est un canular géant que vous avez créé pour nous piéger, hein?

 

 

Surprise, surprise: non, je n'y suis pour rien, tabernacle!

 

 

Nalyse superficielle de NXT du 30 août

 

 

Mes camarades d'infortune et moi-même nous plaignons souvent du show jaune, qui il faut bien l'avouer est d'une qualité des plus médiocres. Des storylines au mieux idiotes, au pire sans aucun intérêt, qui le plus souvent se finissent en queue de poisson, un enjeu ridicule (pour rappel, le vainqueur, si jamais il y en a un un jour, gagne une place pour participer à NXT 6), des règles soit inexistantes soit inutiles (les "Redemption Points" qui au final ne servent à rien puisque de toute façon, plus aucun concours à la con n'a été organisé depuis des lustres), et un casting déjà au départ peu réjouissant: en effet, qui voulait du retour de Jacob Novak? Et surtout, qui a bien pu penser que Hornswoggle serait un Pro crédible?

 

 

De quoi vous vous plaigniez? Vous vouliez des Pros champions, non? Alors, quoi de mieux pour Titus O'Neil que d'être entraîné par le dernier champion Cruiserweight, hein? Mouhahaha, I am SO evil!

 

 

Si on ajoute à ce tableau déjà peu réjouissant le départ de Pros en plein cours de la saison (les licenciements de Chavo Guerrero et de Vladimir Kozlov, mentors de Darren Young et Conor O'Brian, qui ont disparu du jour au lendemain sans aucun remplacement, preuve de l'inutilité des Pros), le système de points totalement inutile, l'arrivée aux portes d'une hypothétique finale de Derrick Bateman qui est non seulement injuste mais rallonge artificiellement la sauce d'un show déjà bien assez indigeste… Sans compter le plus gros problème de cette cinquième saison: cette semaine, c'était le vingt-sixième épisode, et on ne sait toujours pas quand le show se terminera, alors que les saisons précédentes avaient été bouclées en treize ou quinze semaines!

 

 

Exclusif: le script de la saison 5 de NXT enfin dévoilé!

 

 

J'en ai déjà parlé sur le forum, mais au départ, j'aimais beaucoup NXT. J'appréciais le concept, l'idée de suivre de nouveaux talents depuis leur "naissance" sur le ring jusqu'au jour où ils seront devenus les hommes sur qui la WWE peut compter et en faire des champions du monde. J'aimais la dynamique Pro/Rookie, qui permettait de belles choses et offrait des possibilités scénaristiques énormes aux bookers, pour peu qu'ils prennent la chose au sérieux. J'aimais même les concours à la con (pas tous, mais la plupart), qui me faisaient bien rire et qui étaient à mes yeux l'équivalent d'un bizutage un peu potache des rookies de la part de la fédération. Ça ne pouvait que me donner plus d'affection pour les rookies: j'imaginais déjà le jour où Wade Barrett brandirait son premier titre majeur, en train de penser "et dire que la première fois que j'ai vu ce gars, il trimbalait des tonneaux de bière à NXT!" le sourire aux lèvres, heureux de voir à quel point l'ancien rookie de Jericho était devenu un grand champion à part entière…

 

 

Tremble, Randy Orton, car tu as devant toi le vainqueur de la course en sac de NXT! Bientôt, le titre de champion du monde poids lourds sera à moi!

 

 

J'avais même été l'un des plus grands défenseurs de la troisième saison du show jaune, dédiée aux Divas. Bien sûr, j'avais mes préférences (AJ, Kaitlyn) et mes têtes de Turc (Maxine un peu, mais surtout Aksana), mais globalement, j'y voyais, fou que je suis, un espoir pour la division féminine de la WWE qui déjà à l'époque était moribonde. Et il y a eu de beaux moments, ainsi que le meilleur match féminin WWE de l'année avec un Naomi/AJ qui nous a vendu du rêve. Hélas, la victoire finale de Kaitlyn, même si je l'aime beaucoup, a vite calmé les ardeurs de ceux qui croyaient assister enfin à la renaissance de la division féminine: en effet, donner la victoire à une fille qui n'était jamais montée sur un ring avant le début de la saison, au détriment de candidates comme Naomi ou AJ justement, était le signe que la WWE ne comptait rien bouleverser à ses habitudes alors. Cela dit, on peut garder un petit espoir, depuis l'épisode Kharma bien sûr, mais pour rester du point de vue de NXT, on remarquera qu'AJ est elle aussi devenue membre du roster permanent de la WWE, preuve que le talent in-ring a bien été récompensé également cette saison.

 

 

Le talent in-ring… Et Kaitlyn!

 

 

Globalement donc, j'aimais bien NXT. C'était ma petite friandise de la semaine, entre les deux gros mastodontes que sont Raw et Smackdown. Mais tout a été gâché par cette cinquième saison, qui est passée du rang de friandise à celui du plaisir coupable, avant de tomber au statut de show patéthique. Ce que j'aimais dans NXT, c'était que, contrairement à Raw et Smackdown que j'assimile à des soaps, c'est-à-dire des séries quasi-infinies que l'on peut commencer à suivre n'importe quand, quitter un moment et revenir sans rien manquer de fondamental (les codes seront toujours les mêmes: un champion, des Heels, des Faces, et en avant la musique), le show jaune avait un but, et surtout une fin: les rookies se battaient pour obtenir une place dans un grand roster, et lors de l'ultime épisode, tout était réglé. Et comme dans Highlander, il ne pouvait en rester qu'un… Même si on pouvait toujours trouver un moyen pour faire monter des gars méritants mais qui n'ont pas gagné la saison (tous les rookies de la saison 1 et une partie de la saison 2 grâce au Nexus, Alex Riley devenu le larbin du Miz, Brodus Clay celui d'Alberto Del Taco, AJ qui est engagée à Smackdown grâce à sa copine Kaitlyn, etc…).

 

 

Mouais… Finalement, votre NXT truc là, c'est une sorte de Sbire Academy quoi… Vous n'avez rien inventé, on fait ça à la Flander's Company depuis toujours!

 

 

Pour NXT Redemption, non seulement l'enjeu est minable (on est passé d'un title-shot à un tour de manège supplémentaire dans le show jaune), mais en plus, pour une raison inexplicable, la finale semble vouée à ne jamais avoir lieu. Et du coup, on meuble, et on se permet même de faire des épisodes sans que les rookies n'aient de match: de toute façon, tout le monde s'en fout à présent d'eux, justement parce que le show dure depuis trop longtemps. De fait, NXT est devenu un sous-Superstars accueillant les low-carders en quête de temps d'antenne et d'exposition. Et non seulement c'est un non-sens, mais c'est aussi très triste pour le show, qui est vidé de sa raison d'être.

 

 

Euh, Kovax, t'es gentil, mais évite de comparer Superstars à NXT, j'essaie de me faire une clientèle moi!

 

 

Bon, tout ça, c'est bien joli, mais l'épisode de cette semaine alors, êtes-vous sûrement en train de vous demander après tous ces paragraphes hors-sujet. Eh bien justement: il y a bien eu un épisode cette semaine, mais cette fois, il était vide au sens propre! Le show s'est ouvert en studio par le sémillant Matt Striker, qui nous a offert une sorte de passage en revue des talents les plus marquants, toutes saisons confondues, de l'histoire de NXT. J'ai souvent reproché à l'émission de faire des épisodes de remplissage, mais alors il y avait au moins du contenu inédit! Mauvais la plupart du temps certes, mais inédit! Cette semaine, nous avons eu droit à une sorte de coffre à catch de près d'une heure, diffusant deux matchs du Smackdown du 19 août que j'avais justement couvert: Kelly Kelly et AJ contre Natalya et Alicia Fox (pas le meilleur choix d'ailleurs, vu que ce n'est pas le match qui met le plus en valeur le talent d'AJ) et Justin Gabriel contre Tyson Kidd (sympathique match d'ailleurs). Le main-event était la rediffusion du Smackdown Money In The Bank Ladder Match, où participaient auprès de Kane, Sin Cara, Cody Rhodes et Sheamus pas moins de quatre anciens rookies de NXT 1 (Wade Barrett, Heath Slater, Justin Gabriel et bien sûr Daniel Bryan, le vainqueur du match), et qui a été un très bon match il est vrai. Mais si j'avais eu envie de le revoir cette semaine, il me suffisait de cliquer sur le fichier adéquat de mon disque dur, "Money In The Bank 2011.avi", ou de consulter la nalyse du PPV écrite par Julius, pas besoin de regarder NXT en tout cas!

 

 

– Comment ça, tu veux dire que tu télécharges les PPV?!

– Euh… Non, bien sûr que non, voyons!

 

 

Entre les matchs et quelques vignettes mettant en valeur d'autres anciens rookies (Barrett, Clay et Riley), Matt Striker a assuré le rôle de passe-plats, nous confiant que sa sœur kiffait grave Justin Gabriel (et ce malgré son prénom, ce qui est fort!) et nous vantant les qualités du prochain navet dans lequel nous pourrons voir Triple H tenter de gagner un oscar du meilleur acteur tellement il est trop fort, avant de nous envoyer la dernière vidéo de la soirée, résumant le déroulement de la cinquième saison de NXT jusqu'à aujourd'hui. Et c'est sur ces images, qui mettent en exergue la volonté de vaincre de Titus O'Neil, Darren Young et Derrick Bateman que s'est conclu cet épisode qui m'a fait perdre une heure de ma vie que je ne récupérerai jamais. Vous vous en doutez, rien n'a été dit sur un éventuel épisode final, mais de mon point de vue, si on en est à devoir faire des "best of" pour remplir la case jaune du planning de la WWE, c'est que l'émission est vraiment au bout du rouleau. Je le pense à chaque épisode, mais cette fois, je l'écris avec plus de force et de conviction que jamais: qu'on en finisse!

 

 

Jamais! Votre souffrance sera éternelle, mouhahahahahahahahaha!

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