Catch

André Lacan et Yokozuna Krazucki

J'ai perdu des illusions, cela vaut mieux même si c'est douloureux, mais j'ai conservé des convictions et je n'en finis pas de les enrichir.

Henri Krazucki

 

Bonjour à toutes et tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où j'ai décidé d'inventer le mot yokozunesque pour décrire au mieux Mark Henry.

 

 

Toutes les semaines, les Cahiers du Catch vous offrent une analyse critique, poussée et complète d'un show à base de nain qui fait de la danse hip-hop. Enjoy !

 

 

Nalyse de Smakdown du 7 octobre

 

Je reconnais que le mot n'est pas forcément le plus approprié puisque Mark Henry avec un micro se débrouille bien mieux que le colosse supposément nippon et son manager réunis, qu'il ne jette pas de sel dans les yeux de ses ennemis, ni ne les rosse à coups de canne mais, bon, le terme colle tellement à l'impression de puissance qu'il dégage qu'il me semble plus qu'approprié malgré tout. Les aventures du yokozunesque champion consistuaient, en théorie du moins – et on verra que la pratique diffère – le fil rouge du show de ce soir puisque sa confrontation avec le Big Show avait été annoncée dès le RAW super – ou super-duper, gigapower, megablaster au choix – show de ce lundi.

 

Le Big Show, qui avait été présenté au temps de ses débuts comme le fils d'André Le Géant, allait donc se confronter au le champion. Rien de bien exceptionnel en termes de scénario. Le gentil fait son retour et nous gratifie de quelques trémolos dans la voix tandis que le public lui fait fête. Il revient plus fort et plus déterminé que jamais à faire payer à sa nemesis les semaines qu'il a passées au repos forcé. Le champion arrive, refuse de lui octroyer un title-shot au prétexte que ça fait quatre mois qu'il a le cul vissé dans son canapé à jouer à la console en se gavant de chips. Le gentil gars pose un ultimatum en milieu de show et met sa menace à éxécution lors du segment final. Henry traverse la table des annonceurs en Main-Event. Et Show est stoppé par Teddy Long juste avant qu'il ne brise la cheville du champion avec une chaise. Il aura son title match à Vengeance. Et avouons que ça tombe bien, vu le nom du PPV. Et voilà.

 

 

Le Big Show était tellement énervé contre Mark Henry qu'il en a machinalement mangé son micro pendant sa promo.

 

 

Pas grand chose à en dire, finalement, de cette séquence où André 2.0 triomphe de la puissance yokozunesque du champion pour arriver à ses fins, si ce n'est peut-être pour évoquer les dommages collatéraux que le pseudo gentil géant a provoqué en allongeant quelques mandales aux membres du ring-crew venus tenter de séparer les deux mastodontes. Ce genre de truc renforce l'idée de chaos qui est le vrai fil rouge du show de ce soir, on y reviendra.

 

Un petit mot rapide sur les matchs du soir qui ont fonctionné selon une logique en deux temps assez primaire. Tous les combats du début du show ont vu les heels s'imposer et, de plus, les babyfaces perdants subir un beatdown. Et tous les matchs de la fin de ce Smackdown se sont terminés sur le triomphe des good guys.

 

 

Logique de narration assez primaire ou pas, le Big Show a eu du mal à suivre.

 

 

Passons vite sur Ezekiel Jackson contre Jinder Mahal – squash de l'Indien terminé par un torture rack – et ne nous éternisons pas plus sur le match des divas – Squash d'Alicia Fox par la nouvelle championne – qui ne valait que par la propension des Divas Of Doom à faire souffrir la victime une fois le match terminé. Beth et Natalya, désormais, transforment systématiquement la colonne vertébrale de leurs victimes en piano à bretelles tout en lui plantant un micro sous le nez, histoire que ses gémissements de douleur émoustillent les puceaux de tous les âges.

 

Voilà, attardons-nous, à peine plus, sur les deux tag-team matchs : Orton & Sheamus contre Christian & Cody Rhodes – en Main-Event et en préfiguration des futures têtes d'affiche des mois à venir à mon avis. Le combat, certes de bonne tenue, a été à la hauteur de l'affiche mais sans rien de plus, ni péripétie scénaristique particulière pour un affrontement heel/babyface. Commençons donc à parler vraiment catch avec ce tag-team match Air Boom contre Ziggler et Swagger. Parce que lui ne fut pas commun, en plus d'être brillant dans le ring : les deux champions en titre se sont fait tabasser (surtout Bourne, d'ailleurs toujours aussi bon selleur) avant même le début du match et malgré tous leurs efforts (et un retour de Bourne au combat malgré une "douleur" au cou), le handicap était trop important pour qu'ils l'emportent. Les mauvais garçons ont donc gagné le match avant de remettre une couche de bastonnade sur leurs victimes. La mission de dépeindre le chaos était donc là aussi présente.

 

 

Comme toutes les semaines, les voix dans la tête de Randy chantent "Ainsi font, font ,font, les petites marionnettes".

 

 

Il convient aussi de parler de l'opener du soir : Alberto Del Rio contre Sin Cara Azul. Celui qu'on surnomme "El Patron" au delà du Rio Grande a remporté le match contre celui qu'on appelle "El Botchon" partout dans le monde lors d'un match assez propre – hormis le finish qui avait probablement été pensé un peu plus spectaculaire que ce qu'il s'est passé. Si j'insiste sur ce point – Tiens, d'ailleurs à ce propos, vous avez vu la magnifique german suplex d'Alberto –, c'est parce que Sin Cara est en train de devenir mon mètre étalon. En regardant ses matchs avec différents adversaires, on arrive à mesurer le talent de ceux-ci. Bryan et Del Rio font des matchs très classes contre lui, par exemple, et je pense que ça en dit beaucoup sur leur qualité dans le ring, tant sur le plan de la technique (mouvements éxécutés la plupart du temps impeccablement) que sur ceux du timing et du storytelling (l'un des soucis de Sin Cara est actuellement son incapacité à anticiper les prochains mouvements d'où les étranges pauses au cours du match de PPV contre son double maléfique).

 

 

Plus je vois Sin Cara dans le ring, plus j'apprécie le talent de Rey Mysterio.

 

 

Evidemment et sans surprise, une fois, la victoire du champion de la WWE terminée, le Sin Cara "originel" a été assailli par son double maléfique, ce Sin Cara Negro dont Booker T prononce toujours le nom avec la délectation d'un enfant disant des gros mots.

 

Pour passer à la storyline majeure qui monopolise RAW et Smackdown, on va commencer par faire un détour en reparlant de Mark Henry. Pas le yokozunesque champion dominateur de ces derniers mois, non, mais le jeune Mark Henry, alors affublé de son gimmick de Sexual Chocolate et père de la progéniture de Mae Young, en l'occurence un main humaine et non métisse. La séquence de l'accouchement constitue un des plus grands moments de n'importe quoi télévisuel des dernières décennies. Mais si j'en cause, c'est parce que la légende veut que backstage, en découvrant le segment sur un moniteur de contrôle pendant la diffusion du show, JBL se soit tourné vers son voisin et ai dit un truc du genre : "Tu vois, il y a pas plus de dix mecs qui soient assez riches aux Etats-Unis pour pouvoir mettre ce qu'ils veulent à la télévision mais il n'y en a qu'un, et il s'appelle Vince McMahon, pour programmer un truc aussi barge et qui ne fasse rire que lui".

 

 

Dites, dans le même genre, vous vous rappelez la fois où le Great Khali m'a offert une chèvre ?

 

 

Si j'évoque cet épisode, c'est parce qu'on va parler de ce que Silvernights appelait dans sa review de lundi la meta-storyline – en prenant volontairement un recul d'au moins trois pas et essayer de la comprendre dans sa globalité réelle. Evidemment, ce ne seront que conjectures et suppositions parfois fantaisistes vu qu'elle est issue du cerveau malade de Vince McMahon, le seul type sur cette planète qui a trouvé que l'idée d'une septuagénaire qui fume un Monte-Cristo tout en  accouchant  d'une main adulte dépourvue de corps était un grand moment de comédie. Mais bon on va essayer quand même …

 

Ne comptez donc pas sur moi pour vanter le mic-skill de Wade Barrett dans la promo introductive, ni pour soupeser l'impact futur éventuel d'une stable heel avec Alberto Del Rio, Christian et Vickie Guerrero dans le même camp. Je ne discuterai pas non plus de l'éventualité d'intégrer tel ou tel au groupe qui était constitué ce vendredi, ni même des excuses des uns ou des autres à propos de leur départ ou de leur absence : des plus stupides ("J'ai cru que le show était fini, je suis allé pisser." de Booker T) aux plus convaincantes (le "J'allais rester tout seul comme un con." de Zack Ryder) en passant par celles qui invoquent le passé ("Moi, Randy Orton, si j'ai un problème avec Triple H, je le règle avec lui entre quatre-z-yeux, pas dans une sorte de débat participatif à la Ségolène Royal"). Non, on va vraiment regarder la storyline de très loin et de manière globale.

 

 

R-Truth est formel : toute cette histoire est un complot mené par les little jimmies qui ont lavé le cerveau de Lee Harvey Oswald pour qu'il assasine le champion du monde à Dallas. C'est ce qui s'appelle "Le Montreal Screwjob Of Doom".

 

 

Commençons l'histoire à Wrestlemania XXVI, pour être précis. Vince McMahon vient juste de sortir du ring après son "combat" contre Bret Hart. Il n'est pas idiot et a bien compris que ce n'est plus vraiment de son âge de se prendre 17 coups de chaise dans la colonne vertébrale et que de surcroît, personne n'a plus vraiment envie de le voir, lui, se donner à fond dans un ring alors qu'il paye des types deux fois plus jeunes que lui et autrement plus talentueux pour le faire à sa place. En gros, il a compris qu'il était temps pour lui de passer la main progressivement aux générations suivantes, à la fois à l'antenne mais aussi dans les coulisses. A mon sens, tout ce à quoi nous assistons depuis maintenant quatre mois n'est que le dernier épisode de ce processus commencé il y a un an et demi et Vince, pour partir sur un coup d'éclat, est en train de mettre en scène son départ de la WWE.

 

Je vous imagine, là derrière votre écran, en train de vous foutre royalement de ma poire et de préparer vos commentaires acerbes du genre "Merci de l'info, on avait pas besoin de se taper une review sommaire du show pour arriver à un résumé du RAW du 18 juillet 2011 à Green Bay". Mais attendez, je n'ai pas fini et c'est là que ça va devenir intéressant. Le départ de Vince ne se fait pas sans questionnements et autres peurs sur l'avenir de la fédération. Et tout ce à quoi on a assisté depuis quatre mois n'est que la transcription de ses craintes sur l'avenir de la WWE : une sorte d'énorme psychanalyse scénarisée dans une suite d'arcs narratifs qui traduisent les plus grandes peurs de VKM. Chacune de ses terreurs est jouée, mise en scène afin que Vince puisse les exorciser. Une catharsis à grande échelle avec des milliers de spectateurs : c'est complétement dingue, absolument mégalo mais ça colle très bien au personnage, finalement.

 

 

Mesdames et Messieurs, nous interrompons cette review pour vous signaler que la suite de cet article, même s'il n'a pas été rédigé sous psychotropes, relève du plus grand n'importe quoi. Merci de votre attention.

 

 

La première séance de Vince sur le divan a commencé avec la mémorable promo-shoot de CM Punk : une de ses frayeurs, évidemment, est que les catcheurs échappent à son contrôle. C'est l'éternel problème du créateur et de la créature : le mythe de Frankenstein transposé au squared circle. Si les superstars se mettent à dire la vérité et qu'ils employent leurs mots propres pour exprimer non plus un quelconque script mais leur pensée, alors ils vont prendre leur autonomie et se rebeller. C'est tout le propos de la première partie du Summer Of Punk (pre Money In The Bank) où le gourou Straight Edge commence par employer les mots que Vince a lui-même bannis des rings (Wrestler/Superstar, Title/Belt) avant de souhaiter sa mort puis de s'en prendre à lui certes uniquement verbalement mais violemment (RAW du 11 juillet).

 

La seconde séquence sur le divan fut intense mais brève. Elle traite du cauchemar de tout promoteur de catch. Nul besoin pour Vince de s'éterniser sur cette terreur : celle où un catcheur quitte la fédération avec "sa" ceinture pour aller voir ailleurs. Il l'a déjà vécue deux fois : la première à son profit, en 1991, quand Flair déserte la WCW avec la Big Gold Belt sous le bras; la seconde, à son détriment, quand Alundra Blayze jeta en 1995 le titre féminin dans une poubelle que lui tendait Eric Bischoff à la WCW. La peur, étant à demi-exorcisée, cette fois-ci, le WWE Title ne restera qu'une semaine dans le frigo de C.M. Punk.

 

 

Moi, quand j'étais champion de la WWE, je rangeais la ceinture dans mon armoire à pharmacie.

 

 

La troisième consultation, vous vous en doutez, a eu lieu le 18 juillet, je l'évoquais plus haut. C'est celle où Vince se retrouve face à la pire catastrophe que puisse redouter un entrepreneur : celle d'être viré de sa propre compagnie. Les Américains ont même inventé le verbe "to be steved" à ce propos, en réference à l'éviction de Steve Jobs d'Apple en 1985. Vince se fait donc expulser de sa propre compagnie par son beau-fils. Cerise sur le gâteau : le fait que celui qui commette l'ultime forfait soit lié par le sang donne à l'ensemble un air de tragédie familaile shakespearienne.

 

Les plus lacaniens d'entre vous l'ont sans doute déjà remarqué mais Triple H n'a pas tout à fait pris la place du beau-père. Là où Vince était CEO, il n'est plus que COO. Prononcez l'acronyme à haute voix, comme un mot, avec l'accent qui va bien : "Cou". L'inconscient est structuré comme un langage : le mot "Coup", emprunté au français, est presque uniquement utilisé pour signifier coup d'état, putsch et c'est exactement ce que Vince vient de subir à l'antenne ce 18 juillet.

 

 

Allez, Vince, il faut partir, maintenant… Va, je ne te hais point.

 

 

Désormais les séances d'analyse de Vince Mac Mahon ne se déroulent plus dans le ring mais en coulisses, où il assiste, impuissant, au moins au niveau du kayfabe, aux péripéties de son successeur. Les terreurs évoquées ne sont désormais plus celles de Vince pour lui-même mais celles au moins aussi importantes pour la chair de sa chair, la prunelle de ses yeux, son bébé : la fédération, cette petite chose si fragile. Elles sont autant des mises en garde adressées à ceux qui lui succèdent (HHH & Stephanie qui, hors kayfabe, tiendront les rènes de la compagnie le moment venu) que l'expression d'un doute existentiel sur le choix de ceux-ci : pourquoi Vince a-t-il choisi de céder le business familial, hérité de son père (qui le tenait lui même de son père et de son grand-père) à ces deux-là plutôt qu'à son fils premier-né à l'inverse de toute tradition régalienne ?

 

Les fantasmes de Vince se focalisent maintenant sur la figure de la traîtrise déclinée de deux manières très différentes. La première, insignifiante tant elle est banale, c'est le personnage de Kevin Nash, présenté comme le parfait faux-frère, qui va trouver son origine dans l'un des nombreux exemples bibliques qui, de Cain à Judas, ont essaimé dans la littérature et l'imaginaire collectif. Mais c'est le personnage de John Laurinaitis, qui semble s'éterniser dans la storyline, qui est le plus intéressant.

 

 

Teddy, pour te récompenser de ta loyauté, Triple H m'a personnellement chargé de t'offrir un voyage en Europe, en France. Je t'ai loué une maison sur la plage à Dunkerque, pour quinze jours. Heureux ?

 

 

Le personnage initial de Johnny Ace, celui du faire-valoir de la figure d'autorité suprême, est connu à la WWE. C'est le rôle du Stooge – C'est d'ailleurs plus ou moins le rôle que tient Zack Ryder pour Teddy Long à Smackdown actuellement. Il fut endossé durant toute l'Attitude Era par trois compères (en référence au trio comique des Three Stooges, héros des films muets de la grande époque du slapstick) qui tourmentaient et étaient tourmentés de toutes les manières possibles par Stone Cold Steve Austin. Au casting et aux côtés de Vince, trois de ses proches : Pat Patterson, le Sergent Slaughter et Gerald Brisco.

 

C'est bien évidemment sur ce dernier qu'il faut s'attarder puisque s'il incarnait un good guy à l'écran, il était dans les coulisses quelqu'un de plus ambigu. Lui et son frère étaient les hommes de confiance de Vince : ce sont les frères Brisco qui ont, en 1997, élaboré le scénario du Montreal Screwjob. mais ce furent eux aussi qui dans les années 1980, alors qu'ils étaient employés à la Georgia Championship Wrestling, étaient payés en sous-main par Vince McMahon pour qu'il puisse mettre la main sur la compagnie à moindre coût, en trahissant leur employeur originel. Inutile de dire donc que la figure du traître potentiel que représente actuellement l'Executive Vice President en charge des Talent Relations est la personnification même d'une règle de gouvernance que Vince veut transmettre à ses successeurs : "Keep your friends close, and your enemies closer", une réplique de cinéma fort célèbre s'il en est.

 

 

– Merci encore, Johnny pour les conseils sur la couleur de la veste.

– De rien, boss. Pour un homme de pouvoir, le look, c'est primordial.

 

 

Mais parmi toutes les terreurs et autres machinations redoutables que Vince McMahon expose devant nos yeux comme Tony Soprano raconte sa vie à Jennifer Melfi, il en est une qui l'angoisse particulièrement et c'est l'histoire qui nous est narrée en ce moment : celle d'une grève des "superstars". Je suis persuadé que le côté fouillis de l'histoire à laquelle nous assistons en ce moment est dû d'une part à la certitude qu'a Vince que cet événement est aussi inéluctable qu'il lui sera catastrophique financièrement et d'autre part qu'il a été précipité par des circonstances extérieures, notamment le lockout que subit la NBA depuis le début du mois.

 

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard que la WWE ait choisi le terme walkout pour qualifier le RAW de lundi. Le terme est proche de lockout, ce qui fait trembler toutes les grandes fédérations de Sport US : de la NBA, qui est aujourd'hui empétrée jusqu'au cou dans ce phénomène, à la NFL, qui a failli subir le même sort il y a deux mois, en passant par la NHL, qui a perdu énormément de son prestige en devant renoncer il y a une dizaine d'année à une saison entière. Evidemment, ces conflits sociaux entre des syndicats de joueurs millionnaires et leurs patrons milliardaires feraient sourire Henri Krasucki et ne méritent pas de figurer dans Une histoire populaire des Etats-Unis d'Howard Zinn, pas même en note de bas de page.

 

 

Debout les damnés de la terre !

 

 

Mais, Vince sait très bien que les conditions de travail qu'il impose à ses catcheurs sont parmi les moins justes des Etats-Unis pour des gens de leur renommée et de leur talent. Les minimums garantis sont au plus bas en termes salariaux (et encore c'est un acquis récent qui a été obtenu, entre autres grâce à Kevin Nash, qui l'a dit à l'antenne récemment et n'a certainement pas été choisi par hasard pour incarner le faux-frère du beau-fils). les exigences corporate de la WWE hors ring sont énormes (Dress-Code, politique de non-dénigrement du produit, obligations très strictes de non-concurrence) au moins à la hauteur de celles imposées aux athlètes des grandes fédérations Pro US mais sans aucun des avantages que ceux-ci ont en échange (notamment une couverture médicale que la WWE accorde à tous ses employés sauf à ceux qui apparaissent à l'écran).

 

 

Debout les forçats de la faim !

 

 

Ce à quoi on est en train d'assister est un simulacre du pire cauchemar de Vince, un exorcisme qu'il a mis en scène ce vendredi avec un seul soin particulier : celui de donner le mauvais rôle à tous les sales types de sa compagnie pour s'assurer du soutien du public si un jour son fantasme venait à se concrétiser. Du vétéran pleunichard (Christian) au jeune heel ambitieux (Barett, Rhodes, Swagger, Ziggler) en passant par la caution "ultime" du champion qui a effrontément triché pour gagner la ceinture, le casting est assez exhaustif. Mais l'ensemble est accompagné par le heat magnet numéro un de la compagnie qu'est Vickie Guerrero et surtout David Otunga, lequel est ridiculisé dans sa position d'avocat porte-voix par un accoutrement qu'aucun membre du barreau ne porte plus aux USA depuis au moins vingt ans.

 

 

Pour vaincre la misère et l'ombre !

 

 

En parallèle, la WWE s'efforce de présenter les good guys qui ont tourné le dos lundi à la compagnie comme des victimes d'une dynamique de groupe plus forte qu'eux (Zack Ryder) ou d'une incompréhension (Booker T). Pire encore, elle passe sous silence les revendications les plus légitimes et les mieux formulées (celles de Mike Chioda, l'arbitre – on notera au passage qu'il est quand même assez génant qu'une des promos les plus convaincantes ce lundi ait été faite par un type qui n'est jamais censé parler au micro) et toutes celles des techniciens et autres cameramen qui ont quitté l'Arena ce lundi.

 

 

Foule esclave, debout ! debout !

 

 

C'est nous le droit, c'est nous le nombre…

 

 

Nous qui n'étions rien, soyons tout!

 

 

En attendant les prochains épisodes de la thérapie de Vince, notamment celui du retour du fils prodigue (The Rock à Survivor Series) et l'éternelle querelle des anciens et des modernes (qui culminera à Wrestlemania où le Rock et Cena s'affronteront dans un choc de générations qui fera écho au passage de témoin entre générations de dirigeants de la WWE), je crois que nous allons longtemps être brinqueballés par les délires existentiels de VKM ou alors ma grille de lecture, plus remplie de cheveux tirés qu'une battle royale de divas, est complètement fausse et toutes les péripéties scénaristiques retrouveront subitement du sens.

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