Catch

Bien mais pas top

– Well, that's good!

– Not THAT good…

Larry Laffer et le narrateur, Leisure Suit Larry 7 : Love for sail !

 

L'épisode du show bleu de cette semaine était spécial. En effet, il s'agissait de fêter le nouveau record de la WWE, Smackdown étant devenu depuis vendredi le deuxième show régulier le plus long de l'histoire des États-Unis, juste derrière Raw en fait. L'occasion de voir les choses en grand et de… Non! Non, c'est impossible!

 

 

Et pourtant si: ce sale traître de Lando Calrissian a livré sans hésiter le roster tout entier de Smackdown à Dark Vador!

 

 

Nalyse de Smackdown du 14 octobre

 

 

Smackdown aurait pu cette semaine nous livrer un épisode exceptionnel, un numéro de gala comme la WWE sait si bien le faire quand il s'agit de se la péter. Après tout, en devenant le deuxième show le plus long de l'histoire de la télévision américaine, notre soap du vendredi soir pouvait tout se permettre. Au final, c'est la formule du supershow, dont vous savez déjà tout le bien que je pense quand elle est appliquée à Raw, qui a été choisie. Pire encore, elle a été mise en place sans saveur, sans surprise, et surtout sans âme.

 

John "Vador" Laurinaitis a donc tapé l'incruste à Smackdown, histoire de fêter sa nouvelle casquette de General Manager du show rouge, et annonça en compagnie d'un Teddy Long curieusement ravi de traîner avec l'enflure en chef de la fédération la tenue en opener de la plus grande bataille royale ever, accordant à son vainqueur un title-shot contre le champion de son choix dans le main-event de cette même soirée. Ou comment meubler plus de la moitié du temps de l'émission sans trop d'efforts, tout en mobilisant presque tout le roster de la WWE…

 

 

Sans oublier bien sûr que c'est un bonheur à suivre!

 

 

Ce sont au total quarante-et-un hommes qui prirent place sur le ring, des rookies de NXT à des main-eventers du calibre de Randy Orton ou de Sheamus, en passant par la surprise Matt "je suis là pour faire le nombre" Striker. L'absence des porteurs du titre WWE et du titre mondial poids-lourds pouvait s'expliquer par l'enjeu de la bataille royale (encore que dans l'absolu, on pouvait gagner un title-shot contre n'importe quel champion, donc du coup Ziggler et Rhodes auraient dû être eux aussi au repos, mais bon), mais j'ai remarqué d'autres absences un peu plus étranges et/ou regrettables: John Cena (alors que CM Punk était là par contre), Big Show ou encore Sin Cara version bleue, alors que son alter ego maléfique était de la bataille. Des broutilles en fin de compte, tant le match fut assez peu intéressant finalement.

 

En effet, si on notera la petite surprise qu'a constitué l'élimination dès les premières secondes de Cody Rhodes, l'ensemble du match ronronna sans trop de peine, suivant sans surprise la plupart des feuds en cours, sans les bouleverser pour autant. Je sais, ce n'était sans doute pas le but, mais du coup, j'ai eu un peu de mal à "entrer" dans le match, si vous voyez ce que je veux dire. Truth et Miz ne se sont presque pas quittés; Mason Ryan, apparemment apprécié par les bookers en ce moment, a eu le plaisir d'éliminer quatre participants à lui tout seul avant de se faire sortir par Wade Barrett; record battu par Sheamus à l'origine de six éliminations, dont celle de son rival actuel Christian bien entendu. La seule chose qui m'a vraiment choqué, à vrai dire, c'est l'élimination de Zack Ryder par Jinder Mahal!

 

Les huit derniers survivants avaient presque tous un profil de challenger crédible, cherchez l'erreur: Sheamus, CM Punk, R-Truth, The Miz, Wade Barrett, Jack Swagger, Randy Orton et Jinder Mahal. Le début de ce combat à huit se fit en respectant les feuds et la hiérarchie: Awesome Truth s'en prit au Straightedge Saviour, Barrett et Swagger firent alliance contre la Vipère, et le Pale Rider apprit à Mahal de rester à la place qui est la sienne, à savoir la lowcard (avant Pôle Emploi), à grands coups de Brogue Kicks dans la face. Bon, maintenant, au vu des huit finalistes, sachant qu'on est à Smackdown et que le vainqueur deviendra challenger pour un match le soir-même, il était assez facile de deviner que le main-event allait se jouer autour de la ceinture portée par Mark Henry. Il restait donc deux challengers possibles: Sheamus et Orton.

 

 

Comment ça, "deux" challengers crédibles?

 

 

Logiquement donc, Punk élimina Truth (histoire d'alimenter encore un peu la construction du match Triple Punk / Awesome Truth à Vengeance) avant de se faire sortir par le Miz, Sheamus vit ses chances de victoire anéanties par l'intervention de Christian qui le fit passer par-dessus la troisième corde. Là encore, ça sert la feud actuelle, l'Irlandais poursuivant avec rage le Canadien jusque dans les vestiaires. De plus, Sheamus confirma sa rage et son envie de revanche envers Captain Charisma dans une interview en coulisses avec Striker (qui n'a pas interviewé l'Irlandais en slip de combat, je vous rassure), mettant tous les voyants au vert pour un match à Vengeance comme de juste. Enfin, Orton nous sortit son grand numéro en expulsant coup sur coup Barrett, Swagger et Mahal, les deux derniers ayant eu la joie de goûter en prime le RKO réglementaire. L'Apex Predator crut alors avoir remporté la victoire, mais c'était sans compter sur le retour en fourbe du Miz, qui livra une belle résistance face à Orton. Les deux hommes finirent leur duel sur le tablier jusqu"au RKO fatal. La Vipère ayant atteint le sol juste après le Miz, c'est donc Randy qui fut déclaré vainqueur, ce dernier réclamant derechef vengeance contre Mark Henry avant même le pay-per-view du même nom, jurant qu'il récupérerait sa ceinture ce soir. Surprenant, n'est-ce pas?

 

 

Et j'ai décidé de me battre ce soir contre Beth Phoenix et de m'emparer du titre de championne des Divas. Ça vous la coupe, hein? Non, je déconne, amenez-moi le gros, que je le renvoie en midcard.

 

 

L'annonce de ce main-event ne surprendra finalement pas le suiveur attentif: elle permet de justifier une ultime revanche pour le titre à Orton, histoire que le match de Mark Heny prévu contre le Big Show à Vengeance parte sur des bases saines. Oups, on dirait bien que j'ai vendu le résultat du match de cette semaine… Pas tout à fait, puisque nous avons eu droit à un léger changement dans la construction du match qui m'a laissé dubitatif. Mais en attendant, jetons un regard rapide sur le reste du show qui servit à meubler l'antenne avant ce match.

 

Chez les filles, Beth Phoenix a définitivement écarté Kelly Kelly de la liste des prétendantes au titre crédibles, après une sévère dérouillée se terminant par un Glam Slam, comme d'habitude. Eve est selon toute vraisemblance la prochaine challenger, le tout hélas dans l'indifférence générale, la storyline étant redevenue muette.

 

 

– Zut! J'ai oublié de balancer ma promo!

– C'est pas grave Beth, de toute façon, ils ont déjà lancé les pubs.

 

 

Le gentil Sin Cara (le bleu), qui était donc présent en coulisses mais inexplicablement pas invité à la bataille royale se fit attaquer par son double négatif, qui ajouta l'humiliation à la violence, non seulement en démasquant Force Azur, mais en plus en enlevant son propre masque pour arborer celui de son ennemi juré! C'est donc un Dark Sin Cara au masque bleu qui livra un joli petit combat contre Justin Gabriel, avec notamment un beau dropkick lancé dans les airs par Dark Sin Cara pour contrer un saut du Springbok, avant de se conclure par une victoire du méchant masqué.

 

En coulisses, Theodore Long fut pris à partie par Vickie Guerrero, qui exigeait pour ses poulains Swagger et Ziggler un match pour le titre de champions en équipe. Kofi Kingston était prêt à en découdre, mais pas son partenaire, blessé par le All American-American. Evan Bourne n'étant donc pas en condition pour se battre, Long décida d'organiser le match sans lui, en le remplaçant par Zack Ryder, qui commence à lorgner le titre de Ziggler depuis que ce dernier a apparemment attaqué l'un des membres du Zack Pack lors d'un épisode récent "Z! True Long Island Story". Mais bonne nouvelle: la blessure de Bourne n'est pas aussi grave que ça, si bien qu'il pourra défendre son titre très vite avec Kingston, sûrement à Vengeance.

 

 

Oui, les nouvelles concernant ma mort dans la dernière nalyse ont été grandement exagérées!

 

 

En attendant donc ce match pour le titre cuivré, ZigSwag affronta donc Kingston et Ryder, dans ce qui fut le combat qui m'emballa le plus de la soirée. Non pas qu'il fut exceptionnel, mais j'aime beaucoup la feud qui se déroule actuellement entre le champion des États-Unis et le champion d'Internet, guerre se déroulant tant sur le ring que sur la toile, donnant un second souffle bienvenu au show de Zack Ryder, qui flirtait dangereusement depuis quelques semaines avec la ligne rouge. Je pense d'ailleurs qu'un éventuel règne de ZigSwag ne peut presque passer que par un "vrai" sacre de Ryder aux dépends de Dolph pour la ceinture à la bannière étoilée, histoire d'éviter de faire une Miz justement. Mais nous n'en sommes pas encore là, car si c'est bien Zack Ryder qui a marqué le tombé victorieux sur Ziggler, c'est en grande partie grâce à son champion de partenaire, qui profita d'une distraction de l'arbitre pour coller un Trouble In Paradise au chouchou de Vickie. La fin du match permet à Ryder de triompher, tout en préservant la crédibilité des probables challengers pour les ceintures de cuivre et en montrant la supériorité de Kingston au moins sur Ziggler, ce qui est bien vu. Certes, on pourrait dire que c'est un peu trop prévisible, mais c'était bien foutu et efficace, aussi ai-je décidé sur ce coup de ne pas bouder mon plaisir.

 

Avant le main-event, il me reste un match à couvrir, opposant Alberto Del Rio à Sheamus. Del Rio fut intercepté par Long alors que Bébert se dirigeait vers la sortie, arguant du fait que comme Orton avait choisi d'affronter Mark Henry, il n'avait plus rien à faire ici, d'autant plus qu'il avait prévu d'aller à une fiesta ailleurs dans Dallas. Mais le GM de Smackdown ne l'entendit pas de cette oreille (ni de l'autre d'ailleurs) et imposa à Del Rio un combat contre Sheamus donc, histoire de permettre à l'Irlandais de se passer les nerfs. Décision assez étrange d'ailleurs, vu qu'il suffisait à Theodore Long de mettre Christian et Sheamus sur le ring pour régler leurs comptes, Captain Obvious style. Mais le GM préféra sans doute garder cette affiche pour le prochain pay-per-view et faire marcher à plein la formule du supershow.

 

 

Ah ah! Je t'ai bien feinté là, hein?

 

 

El Patròn se retrouva donc face au Pale Rider (surnom que j'attribue moi-même à Sheamus, n'étant pas friand de l'officiel "Great White"), pour un match agréable, mais à la fin téléphonée: après avoir coûté la victoire à Sheamus dans la bataille royale, Christian remit le couvert en faisant perdre l'Irlandais contre le champion de la WWE, l'arbitre étant débordé par les gesticulations de Ricardo Rodriguez. Un Enziguri plus tard, Del Rio quittait le ring et l'arène avec la victoire dans la poche kangourou de son énorme slip, alors que Christian enfonça le clou avec deux gros Spears sur Sheamus après le match. Si avec tout ça (la bataille royale, l'interview en coulisses de Sheamus, la fin de ce match et le beatdown qui a suivi), vous n'avez pas compris que Sheamus et Christian se vouent une guerre sans merci, c'est vraiment que vous le faites exprès!

 

 

– Au cas où, histoire d'être sûr, je vous le confirme, fellas: j'affronterai Christian le troll à Vengeance!

– Incroyable, je l'avais pas vu venir!

– Ça va pas fort Matt, hein?

– Qu'est-ce que tu crois? Je présente NXT je te rappelle!

 

 

Place enfin au main-event de la soirée avec le match pour le championnat du monde poids lourds opposant le challenger supposément un peu fatigué par la bataille royale, Randy Orton, au champion en titre, frais comme un gardon et machine de démolition humaine ayant comme gimmick de faire entrer ses victimes dans le "Hall of Pain", Mark Henry. Et malgré cette présentation qui montre bien lequel des deux hommes est à son avantage, c'est bien la Vipère qui a gagné! Certes, par disqualification, permettant ainsi à Henry de conserver sa ceinture, mais quand même… Le match fut semblable aux dernières confrontations entre les deux combattants, correct sans être inoubliable, loin de là, et se distingua surtout pour ses multiples interventions.

 

Rhodes fut le premier à envahir le ring, offrant la victoire par disqualification à Orton tandis que le Disfigured One et le champion le passèrent à tabac. Dans la continuité de leur rivalité (et dans l'espoir de voir Orton se tourner pour de bon vers la ceinture Intercontinentale), Cody mit l'un de ses fameux sacs en papier sur la tête de Randy, peu avant que le Big Show fasse son apparition et attaque Mark Henry, avant d'offrir à un Terminatorton rechargé le petit Rhodes pour le quatrième RKO de la soirée. Échange de bons procédés, Randy offrit à Show Mark Henry, qui finit le spectacle à terre après un Chokeslam du géant, toisé par les deux Faces sous les vivats de la foule.

 

 

Eh bien voilà Show, on l'a eu! Pas la peine d'en faire une montagne!

 

 

J'ai beaucoup de mal avec cette image finale. Depuis le début du push de Mark Henry, ce dernier était présenté comme un monstre indestructible, auquel même Orton a finalement succombé, après avoir envoyé les principaux géants de la fédération à l'hôpital (Kane, Show et Khali). Or, depuis la conservation de son titre à Hell In A Cell, où déjà il a dû subir la colère d'un Orton pourtant vaincu, Mark Henry est présenté toujours comme très fort, mais on sent une baisse sensible de sa supposée puissance. Et voilà le champion censé être über-dominant à terre sous les coups de deux hommes qu'il a vaincus assez facilement il y a peu… Alors bien sûr, il s'agit aussi de présenter le Big Show, après quatre mois d'absence, comme une menace crédible pour le champion, mais de là à le montrer aussi en danger, il y a un pas que je n'aurais pas franchi, si j'étais booker.

 

Mais de toute façon, tout cela n'a pas beaucoup d'importance, vu que tout le monde a sans doute déjà oublié ce show à l'heure où je mets cette nalyse en ligne. Il ne s'y est rien passé de mémorable, on est passés au travers sans autre conséquence que celle d'avoir passé une heure et demie à regarder un show de catch. Ni un mauvais show, ni un très bon non plus, juste un épisode de remplissage, un comble pour un show censé fêter une grande occasion. Pire que tout, le show de cette semaine a paru hors du temps, déconnecté de ce qui secoue le WWE Universe, c'est-à-dire la méta-storyline: Laurinaitis est venu histoire de justifier la venue du roster rouge à Smackdown avant de disparaître, personne n'a évoqué la chute de HHH, la fameuse stable Heel (Del Rio, Christian, Rhodes, Swagger, Ziggler, Vickie…) n'a montré aucun signe de complicité… Rien n'a avancé, on a juste assisté à une confirmation des feuds en cours. Du coup, moi, devant mon écran, j'ai juste regardé Smackdown. Ni plus, ni moins.

 

 

Bon, ça, c'est fait… Maintenant, ¡vamos a la fiesta!

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