Catch

Irrécupérables

Frustration setting in when your own guys bury the company that u have worked so hard for…….. Brother!
AJ Styles

 

La route vers Bound For Glory avait inspiré la TNA, qui nous avait offert une construction solide. Hélas, mille fois hélas, elle a raté son plus gros show de l’année. La faute à des erreurs de booking impardonnables, la faute à la navigation à vue des créatifs, qui semblent prendre plaisir à gâcher méthodiquement leurs bonnes idées.

 

 


La vieillesse est un naufrage, et Hogan a oublié son gilet de sauvetage.

 


Nalyse de Bound For Glory 2011

 


J’aurais aimé aimer ce Bound For Glory septième du nom. Le niveau des shows à la TNA joue régulièrement aux montagnes russes, mais depuis un mois on avait eu du bon spectacle, avec une construction réussie d’un show à la carte prometteuse. Bien sûr il y avait ce Sting/Hogan pas forcément très inspirant, mais il y avait surtout l'une des meilleurs constructions de match de championnat qu’on ait vues depuis longtemps, avec le couronnement attendu de la nouvelle star de la fédération ; et un paquet de matchs solides sur le papier – le talent du roster n’est vraiment pas le problème à la TNA.

 

À l’arrivée, que retenir ? Des matchs inégaux, rien en tout cas de franchement mémorable ; et un paquet de décisions de booking difficilement compréhensibles, qui sont venues gâcher à peu près toutes les bonnes idées que la TNA avait eues pendant les shows de préparation. Bref, l’impression d’un certain foutage de gueule, à moins que ce ne soit la lassitude de voir la TNA continuer à exploiter si mal ses possibilités.

 

 


Retrouvez la TNA en bande dessinée !

 


Évacuons déjà un match : le championnat par équipes ; il a eu lieu en dark match, et a vu les Mexican America conserver leur titre. La division tag est clairement abandonnée en ce moment, alors qu’elle fut un fleuron de la TNA… Côté X Division en revanche la situation est bien meilleure. Le match pour le titre entre Brian Kendrick et Austin Aries a ouvert la soirée et ce fut un bon match, comme la X Div nous en offre à nouveau chaque semaine depuis cet été. Mieux encore, il dépassa les dix minutes, ce à quoi là en revanche les voltigeurs ne sont plus habitués.

 

Sans trop de surprise c’est Aries qui s’est imposé et conserve son titre, après un Brainbuster particulièrement spectaculaire. Aries est clairement un nouvel atout de poids pour la Division, et même pour toute la TNA. La curiosité du match est venue du positionnement des deux catcheurs. Aries le heel a été encouragé, souvent plus que Kendrick pourtant censé être le gentil. Alors certes il y a peut-être l’effet Philadelphie, où le public est très orienté scène indy. Mais le booking n’était pas forcément très clair ; à part son arrogance Aries n’a pas été spécialement vilain ces derniers temps, c’est même Kendrick qui l’a attaqué lors d’une confrontation. Turn(s) en perspective ? À suivre.

 

 


Te bile pas Juju, avec moi ça va cartonner la TNA ! Enfin, je crois hein.

 


Le deuxième match du soir était teinté de nostalgie : les anciens Rob Van Dam et Jerry Lynn, dont les relations tumultueuses ne datent pas d’hier, s’affrontaient dans un « full metal mayhem » qui sonnait aussi comme un match hardcore du siècle dernier. Question buildup, notons que la TNA se heurtait ici à un problème important pour elle : elle n’a pas accès aux images de la WCW ou de l’ECW, propriétés de la WWE. Du coup, la feud ancienne entre les deux hommes ne pouvait qu’être évoquée verbalement, ce qui perd beaucoup de sa force évidemment. Là où la WWE sait si bien utiliser l’histoire du catch pour développer ses histoires, la TNA doit se contenter de ses propres références, forcément plus limitées.

 

Sans arriver au niveau des matchs de l’ECW d'antan, on a quand même eu un match « hardcore » bien engagé et agréable, qui nous a offert une fin très spectaculaire : Lynn est out au sol dans un coin, RVD le recouvre d’une échelle, il grimpe sur un autre coin avec une chaise et saute sur Lynn qu’il frappe à travers l’échelle et la chaise, ouch ! On devrait en rester là avec cette histoire puisque les deux hommes se sont congratulés après le match… alors que Lynn avait exprimé précédemment tout son ressentiment accumulé depuis des années contre RVD… et que ça avait été rappelé dans la vidéo diffusée avant le match… Eh oui les choses évoluent vite, mais ce n’est pas l’incohérence la plus choquante de la soirée, loin s’en faut.

 



– T’entends ça, on est pas les pires !
– Super, tope là vieux !

 


Le match suivant en revanche, le Triple Threat entre Samoa Joe, Matt Morgan et Crimson, a lui franchi une belle marche côté booking foireux. Joe est ici le seul heel, face à deux faces qu’il a méchamment blessés il n’y a pas si longtemps. Il a bien essayé de semer la zizanie entre ses deux adversaires mais ils se sont au contraire ligués contre lui. Ils se sont bien chamaillés, mais tout ça n’a pas été très loin puisque ce match (à trois… avec des catcheurs talentueux et populaires…) n’a duré que huit petites minutes et a vu la victoire de Crimson après un tombé sur Joe.

 

Le public a largement encouragé Joe pendant le match. Effet Philadelphie encore ? Ce ne sont pas des tièdes à Philly… Mais c’est bien le booking qui était en cause là aussi. Pendant ce match Joe a été face, il n’a rien fait de mal, pas de coups de douce, il n’a fait que subir les assauts conjoints de ses deux adversaires alliés contre lui ! Erreur de booking ou pas ? On verra, car il est possible que ce soit en fait un choix délibéré (pas facile de faire la différence à la TNA !) : Joe et Crimson pourraient bien continuer leur rivalité mais en turnant tous les deux, peut-être pour que l’invincibilité de Crimson soit brisée avec le soutien du public, peut-être même aussi pour ramener Joe vers le haut de la carte ! Mais si on n’a pas de turn dans cette histoire c’est juste que le match aura été booké avec les pieds…

 

 


Euh, Joe, la gimmick Aldo Maccione je suis vraiment pas sûr…

 


On a ensuite retrouvé Bully Ray en coulisses, pour une interview dans laquelle il s’est une nouvelle fois consciencieusement mis les fans de Philadelphie à dos, en expliquant qu’il les avait manipulés quand il le fallait (lui aussi est un ancien de l’ECW) mais qu’il était un gars de New York. Rien à dire, Ray est vraiment très bon dans son rôle ! Et son match contre Mr Anderson, un Falls Count Anywhere, a sans doute été le meilleur de la soirée à mon avis (avec Angle/Roode si on enlève la fin !).

 

Baston dans la salle, dans les coulisses, lutte sans merci entre les deux catcheurs, les classiques de ce type de match ont été bien utilisés et le public a très bien joué son rôle. Ray a joué son rôle de brute mais Anderson n’a pas été en reste ! Meilleur match du soir, mais tout est relatif : on était quand même très en dessous de l’intensité du AJ/Ray de Slammiversary, dans une stipulation proche. La fin a aussi été un petit peu confuse, heureusement l’expérience des deux hommes a été utile : Ray allongé sur une table, Anderson lui saute dessus depuis la troisième corde, hélas il ne fait que toucher Ray et la table ne casse pas ; pas grave, on enchaîne sur un Mic Check à travers la table et cette fois Anderson obtient la victoire. La feud va-t-elle continuer, ou Anderson va-t-il viser plus haut ? Je ne me risquerai pas à un pronostic, quand on voit par exemple que ce fameux AJ/Ray n’avait eu aucune suite…

 

 


  La TNA est tellement fauchée que les catcheurs doivent ranger la salle eux-mêmes.

 


Le match suivant avait peut-être pour objectif de copier la WWE : c’était le championnat Knockouts, et il a été aussi mauvais qu’un match de Divas. On avait d’abord eu un segment backstage entre Karen Jarrett et Tracy Brooks, Karen décidant de s’inviter comme arbitre du match et interdisant à Tracy de se montrer, sauf problème. Le match à quatre entre Winter, Mickie James, Madison Rayne et Velvet Sky aurait pu être correct, hélas on n’a eu que de l’overbooking : Karen a systématiquement refusé de compter les tombés des faces et a favorisé les heels et particulièrement Madison.

 

Ces péripéties ont occulté le match lui-même, jusqu’au final forcément confus. Winter crache sur Mickie qui esquive et c’est Karen qui est touchée et tombe en se tenant le visage ; Mickie tente un tombé, en vain donc puisque Karen est aveuglée – mais de toute façon Karen n’aurait pas compté son tombé… Tracy arrive, c’est cette fois Velvet Sky qui tente un tombé et Tracy qui décide de remplacer Karen et fait le compte de trois pour la victoire. Velvet Sky est la nouvelle championne !

 

Ce mauvais match, mal foutu, mal raconté, n’est pas un cadre idéal pour le premier titre de Velvet (pas plus que pour la perte de titre de Winter qui aura décidément fait une championne bien anonyme). On devrait se diriger vers un affrontement entre Velvet et Karen, dont on ne sait trop qui la représentera (peut-être Gail Kim qui vient de signer pour son retour à la TNA ?). Espérons en tout cas qu’on verra autre chose que Karen traitant les knockouts de putes alors qu’elle c’est une lady, on a souvent vu que les catcheuses d’Orlando savaient nous offrir de meilleurs personnages et de meilleures histoires.

 

 


L’important quand on raconte une histoire, c’est de choisir le bon angle.

 


Dernier match avant le « big two », le I Quit Match entre AJ Styles et Christopher Daniels. J’ai déjà dit que Anderson/Ray avait été le match de la soirée, donc non, ce match fratricide n’a hélas pas été le show stealer attendu. Le cadre était pourtant bien posé : par rapport à la réflexion que je faisais plus haut, ici la TNA avait tout le matériel nécessaire pour rappeler le passé commun des deux hommes et l’a fait avec talent. On a eu de beaux mouvements, un bel engagement comme il se doit avec cette stipulation « définitive ». Mais là aussi, trop de booking a tué le booking.

 

Sur les 14 minutes de match (ce qui n’est déjà pas énorme pour ces deux champions), plusieurs ont servi à une sorte de pause dans le match, une promo de Daniels. Celui-ci avait largement malmené AJ, qui ne pouvait plus réagir. Daniels a commencé à parler de leur relation, de pourquoi il lui en voulait (il y avait un micro dans le ring pour que l’arbitre puisse faire entendre le « I quit » fatal) ; c’est déjà bizarre en plein match, mais il s’est en plus, tournevis à la main, adressé face caméra à la femme de Styles en lui demandant d’éloigner les enfants de la télé parce que leur père allait être, je cite, assassiné de sang froid…

 

Really ? Really ? Non parce que je veux bien suspendre mon incrédulité très haut quand on me raconte une histoire de la bonne manière, mais là croire que Daniels allait poignarder Styles dans le ring, non, c’était trop. Pourquoi diable avoir fait dire à Daniels des bêtises pareilles ? Rien de tel pour sortir le spectateur de la dramaturgie du match, brutalement ramené à un simple numéro. Et évidemment Styles a esquivé le coup, il a repris le dessus, s’est emparé à son tour du tournevis ce qui a conduit Daniels à abandonner. Victoire d’AJ Styles, mais Daniels n’a pas manqué de revenir l’attaquer après le match, clamant qu’il n’avait pas perdu… Encore une fois on verra la suite, mais tout ça était clairement très en dessous du niveau des deux protagonistes.

 

 


  Quel salaud ce Daniels, il a assassiné un coussin !

 


On en vient donc au double main event du soir, Sting vs Hulk Hogan pour le contrôle de la compagnie et Kurt Angle vs Bobby Roode pour le titre de champion du monde. Le match des icônes a eu lieu en premier (le match de championnat a eu lieu en dernier, c’est déjà ça…). Je vous laisse lire les nalyses précédentes pour le détail de la laborieuse construction de ce match, qui permettra donc à Dixie Carter de reprendre le contrôle en cas de victoire de Sting. Hogan a tenté toutes les ruses pour éviter l’affrontement, mais semble maintenant bien décidé à l’emporter contre son rival qu’il hait plus que jamais.

 

Toujours soucieux des détails de sa tenue, Sting est apparu avec son manteau au scorpion mais par-dessus un t-shirt jaune Hulkamania. Dès le début du match Hogan confirmait qu’il était prêt à tout en faisant venir Ric Flair au bord du ring, qui n’a pas manqué de s’en prendre à Sting (étranglement avec sa veste…). Il faut savoir qu’on avait appris plus tôt dans le show que l’arbitre Jackson James, en charge du match, n’était autre que le fils d’Eric Bischoff (révélation kayfabe seulement bien sûr) ! On les avait vus discuter du match et de la victoire nécessaire d’Hogan…

 

 


  Les Borgia, actuellement sur vos écrans.

 


Hogan a donc pu s’emparer d’une arme (enfin, un truc en métal, on n’a pas bien vu) pour frapper le crâne de Sting, qui s’est mis à saigner abondamment. Mais le Stinger s’est repris et a à son tour frappé au sang Hogan ! Je ne suis pas du tout fan de sang dans le catch mais il faut dire qu’ici ça donnait un effet certain, et puis au moins c’était logique dans le match, pas du blading après un coup anodin. Sting avait donc le dessus, il a porté son Scorpion Deathlock à Hogan qui n’a pas eu d’autre choix que de taper en signe de soumission ; l’arbitre a hésité un moment mais a finalement fait sonner la cloche, victoire de Sting !

 

Évidemment ça ne s’est pas arrêté là. Flair a attaqué Sting, et les Immortal sont vite venus lui prêter main forte pour un beatdown en règle. Jackson James a bien tenté de calmer le jeu en retirant une chaise des mains de son père, mais s’est pris en retour un violent coup de son paternel en personne ! Rien ne semblait plus pouvoir sauver Sting qui se tourna alors vers Hogan en implorant son aide. Et après un temps d’hésitation… Hulkamania ! Hogan a déchiré son t-shirt dans son style légendaire, et a attaqué les Immortal qu’il a mis en fuite avec l’aide de Sting. Bischoff recroquevillé dans un coin était le dernier sur le ring, et c’est par lui que Hogan a fini ce grand ménage. C’était le temps de la célébration, Sting a fait acclamer Hogan, le vrai Hulk Hogan est de retour et la Hulkamania avec !

 

 


  Tout ce qui est excessif est insignifiant.

 


Voilà pour les faits, le gros feel good moment de la soirée ou en tout cas orchestré comme tel. Qu’en penser en vrai ? Disons déjà que le match n’a pas été la purge qu’on pouvait craindre. Evidemment ce ne fut pas un grand match mais rien d’aussi affreux que le Sting/Flair d’il y a quelques semaines, ou dans un autre genre que le Bret/Vince de Wrestlemania 2010. Pour la scène qui a suivi, c’était pas mal non plus, il y avait un certain fun à assister au face turn d’Hogan. Oui, on aurait même pu entrer dans l’Histoire et passer un très bon moment – si tout ça n’avait pas été construit n’importe comment.

 

Eh oui : un turn ça se construit dans les shows, pas dans les journaux ! Hogan avait parlé de son face turn cet été, l’annonçant plus ou moins pour l’automne. Mais pour les spectateurs, ça n’a pas de sens. Non pas qu’il n’y ait pas eu de signes annonciateurs : on se souvient de séquences où Sting avait expliqué que Bischoff était un cancer qui rongeait peu à peu la compagnie et Hulk Hogan, Sting exhortant ce dernier à redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesse d’être ; et on avait vu Hogan commencer, un tout petit peu, à douter de son vieux compère.

 

Mais tout ça date de plusieurs mois ! Depuis, l’histoire avait pris une direction différente, et pas un instant on n’avait vu Hogan douter de ses choix. Au contraire il avait été plus roublard que jamais et sa haine de Sting semblait inébranlable. Du coup, le voir se retourner contre sa bande parce qu’ils infligeaient un beatdown un peu sévère à son rival honni entre tous, ça n’a juste pas de sens. Même pendant le match lui-même, on n’a eu aucun signe ; on aurait pu au moins voir Hogan hésiter à se servir des armes que lui donnait Ric Flair par exemple, mais non, rien de rien, ce turn est arrivé comme un gros cheveu gras sur une soupe déjà pas exceptionnelle.

 



Je me demande si j’ai pas un peu trop forcé sur le maquillage.

 


Et quand on voit ce qu’a donné le main event, on ne peut qu’être encore plus agacé par les caprices du vieux Hogan. Déjà parce que d’un point de vue purement comptable son match a bel et bien phagocyté le match de championnat, qui a dû se contenter de 20 minutes d’antenne. On n’a même pas eu de présentation des combattants dans le ring, Roode et Angle sont juste entrés et hop, le match a commencé ! Sous les chants « Bobby ! Bobby » d’un public qui pensait assister à l’avènement d’un nouveau champion.

 

Les quinze minutes de match ont été très bien utilisées. Les deux catcheurs sont, on le sait, excellents et ont été au niveau ce soir. De belles prises, une belle intensité, c’était très bon. On a tremblé après une réception d’Angle à moitié sur le cou, mais rien n’est venu gâcher le spectacle d’un match très attendu. Rien, sauf la fin hélas.

 

Non qu’il y ait eu une fin confuse ou gâchée par les interventions extérieures. On a juste eu un dénouement indigne d’un tel match : Angle l’a emporté et a conservé son titre, en faisant le tombé en tenant une corde et alors que Roode avait le bras sous la corde. Victoire classique d’un heel, en somme. Mais c’est vraiment du gâchis, au regard de tout le travail qui avait été fait sur ce match.

 

 


– Les gars je suis désolé mais j’avais oublié que je devais aller chercher le petit à la piscine, vous pourriez régler ça rapidement ?
– Pas de problème, dans un quart d’heure on a fini.

 


On regrette souvent que les titres ne soient pas assez au cœur des histoires dans le catch, mais là c’était parfait : semaine après semaine depuis la fin des BFG Series qui avaient désigné Roode comme challenger, on nous avait présenté ce match comme un événement considérable, un match de championnat avec tout le poids que ça devrait toujours représenter ; après treize ans de carrière et de sacrifices, Roode allait enfin toucher les étoiles. Résultat le match a été bâclé, et Roode n’a pas gagné.

 

Cinq semaines de building intensif du challenger, qui venaient après un été de Series ; tout ça n’aura servi à rien. La TNA avait tout fait pour donner une légitimité en or à son nouveau champion, et au dernier moment elle ne l’a pas couronné. Au dernier moment, c’est bien l’expression qui convient puisque selon les rumeurs c’est Hogan qui au dernier moment a fait pression pour qu’on ne donne pas le titre à Roode, le jugeant pas encore prêt.

 



Pas prêt ? Et il peut venir me le dire en face le vieux ?

 


L’épisode en dit long sur les problèmes de la TNA. Qui commande à Orlando ? Personne, visiblement. Certes, il y a une équipe créative mais sa légitimité est bien fragile. Résultat il n’y a pas de cohérence, on part sur une idée puis en cours de route on en change, pour ne rien réussir au final. Ainsi Crimson a-t-il d’abord été semble-t-il considéré comme le futur champion, et finalement non, alors on l’a blessé pour le sortir du tournoi ; ensuite on se fixe sur Roode, on en fait le centre de toutes les attentions, et finalement non, Terrence ramène ses gros sabots et on change encore de plan.

 

Et au vu des spoilers d’Impact, ce n’est pas fini ! Roode pourrait bien finir par être sacré un de ces jours, mais c’est trop tard, la TNA a déjà dissipé tout le crédit qu’elle s’était pourtant patiemment efforcée de lui donner. Elle a aussi donné un sale coup à son concept des Bound For Glory Series : un tel événement pourrait parfaitement se reproduire chaque année et devenir l’épine dorsale du calendrier de la TNA, un peu comme le vainqueur du Rumble qui fait le main event de Wrestlemania. Mais une tradition ça ne se proclame pas ; une victoire éclatante du premier vainqueur des Series leur aurait donné une légitimité qu’elles n’auront pas si d’aventure la TNA décide de rééditer l’expérience l’an prochain.

 



On s’en fout, j’ai décidé de battre le record de Sammartino, je vais être champion jusqu’en 2020.

 


Sic Transit Gloria Mundi, devait penser Roode, abattu, après sa défaite. C’est son image qui a clos le PPV (on a à peine vu Angle célébrer sa victoire), et c’est bien l’état d’esprit qui devait être celui de beaucoup de spectateurs. S’il n’y avait que des bras cassés à la TNA on passerait à autre chose, mais non il y a un potentiel énorme et c’est d’autant plus frustrant de voir un résultat si médiocre. Il y a pourtant des signes qui montrent que le patient va mal.

 

Si la caméra a su dimanche filmer sous les bons angles, les sources parlent de seulement 2500 à 4000 spectateurs présents dans la salle, à Philadelphie, l'une des capitales du catch, pour le plus gros show de l’année ; quant à l’Impact Zone, elle est souvent remplie par des visiteurs des studios Universal à qui on offre des places. Les ratings ne décollent pas, loin de là même. En outre, le diktat d’Hogan devrait faire des ravages dans le moral des troupes, visiblement déjà bien bas depuis des mois. À ce rythme là, Vince McMahon n’a plus longtemps à attendre pour pouvoir racheter ce qui restera de son « rival ». En kayfabe, Dixie Carter, vient de reprendre les rênes, on ne peut que rêver qu’un leadership clair et compétent s’attelle à la reconstruction d’une fédération bien malade.

 

 


Pour me remettre de ce PPV pas vraiment légendaire je crois que je vais aller lécher la Liberty Bell !

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