Catch

Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ

Le formidable char fulgurant de l'apocalypse…

Victor Hugo

 

Pas d’apocalypse en ce 11.11.11. Pas de fin du monde, rien. Même pas à 11h11. Mais au moins, lecharentais a encore vu un très bon Smackdown (ça devient une habitude). Et selon certaines sources, il a quand même eu un orgasme jusqu’au 12.

 

 

Voilà déjà le choc des titans, c'est un bon début.

 

 

Nalyse de Smackdown du 11 novembre (pas la fin du monde, donc)

 

 

C’est curieux, parfois, à quoi tient un bon show… Deux excellents matchs, d’autres segments moins inspirés, mais au final un épisode de réelle qualité. Si l’alchimie était si simple on devrait en connaître la recete, et pourtant les bookers n’y parviennent que rarement.

 

Il y a bien sûr eu des moments de flottement très manifestes. A cet égard, toute intervention d’Aksana est un monument du genre, car à part le plaisir des yeux pour les quelques obsédés parmi nous, son personnage de débile légère ni heel ni face ne mène nulle part, ce qui est bien vu, puisqu’il ne va nulle part…

 

 

– Hoooooo… C'est ton portable?

– Non c'est ma bite!

 

 

Dans le même ordre d’idée, Jinder Mahal incarne l’un des plus beaux échecs de la WWE dans sa recherche de stars étrangères pour conquérir de nouveaux marchés : se faire squasher en 30 secondes par Ted DiBiase, pourtant au mieux low midcarder, ça sent très vaguement le sapin et le chômage, dans l’ordre que vous voulez.

 

De la même manière, livrer trois lutteurs locaux (dont notre Tom La Ruffa national, youpi!) en pâture au Big Show pour l’établir en tant que monstre de puissance, pourquoi pas, mais pourquoi ne pas l’avoir plutôt opposé à un midcarder ? On parle d’un gars qui va lutter pour le WHC, et qui est vendu depuis des années comme doté d’une force herculéenne, donc pourquoi s’en être tenu à ce pis-aller ?

 

 

Je suis tombé dedans quand j'étais petit.

Un indice, ce n'est pas la Pléïade.

 

 

En revanche, Alicia Fox a vraiment franchi un cap dernièrement en termes de talent dans le ring, et même si sa victime n’était que Tamina, Alicia est apparue comme une menace crédible pour Beth, menace bien construite par des victoires méritantes et solides.

 

Franchissons enfin le pas décisif avec un premier match plus que correct, qui opposait Hunico et Epico aux Usos. La feud des Sin Cara est donc terminée, dans l’indifférence générale, et une nouvelle stable de latinos gangstas ouaich gros vient sévir à SD, ce qui permet surtout de voir les Usos, toujours une très bonne chose. Ce serait néanmoins injuste d’attribuer la qualité du match aux seuls jumeaux, car leurs adversaires n’ont pas démérité, en particulier Hunico qui était, ne l’oublions pas, un bien meilleur Sin Cara que l’autre. On peut même dire que la team latina a montré de très belles choses dans certains mouvements, et la présence de Primo à leurs côtés augurait d’une stable plutôt agréable à suivre. Ce sont d’ailleurs les nouveaux venus qui l’ont emporté, jolis débuts s’il en est…

 

 

On s'est cogné Vic Mackey, alors deux Samoans…

 

 

A noter, d’ailleurs, qu’il est dommage que la feud entre Caras n’ait pas continué, si vraiment la WWE entend conquérir le public mexicain : il faut donc croire que le public américain n’a pas accroché au concept. Pourtant, un blaireau masqué, ça devrait parler à ces bouffeurs de comics, mais bon…

 

Puisque nous parlons presque de Hulk, parlons d’Henry, toujours opposé à Daniel Bryan : Bryan, dans son rôle de tombeur de ces dames (je n’arrive pas à le trouver crédible, désolé), s’interrogeait à haute voix face à AJ et Kaitlyn sur ce qui avait bien pu le pousser à vouloir casher sa mallette la semaine dernière. Show, au hasard ? Bryan qui agit sans respecter son idée profonde sur l’impulsion du moment, pourquoi pas ? Toujours est-il qu’Henry entendait lui montrer qu’être champion n’était pas n’importe quoi, puisque cela lui a pris 15 ans, aussi les deux hommes en ont encore décousu dans le ring.

 

Résultat cousu de fil blanc : il n’y a guère que Mysterio qui puisse triompher d’un mastodonte avec un 619… Aussi Bryan a-t-il encore perdu, s’enfonçant encore plus dans le doute. Henry lui aurait d’ailleurs volontiers fait tâter de la chaise, sans l’intervention du Big Show. Bryan aura donc mesuré le chemin qui le sépare du titre, et il est possible que l’un des fantasy booking prenne forme, façon jeu vidéo, avec Bryan qui prend de l’expérience, qui acquiert de nouvelles techniques, et qui revient affronter Cell Henry pour le titre… et pourquoi pas à WM ? Après tout, pour un « nerd », comme le qualifie Cole, ce serait une excellente storyline, un peu de Karaté Kid, de Rocky, bref autant d’histoires qui plaisent à à peu près tous les publics et surtout au public américain.

 

 

Dit l'American Oyster,

Eye of the Langouste,

Ou Wrath of the Snail!

 

 

Et enfin, enfin, venons-en aux deux moments-clés de la soirée, tous les deux bookés en une seule promo.

 

Notre bon ami Orton était donc présent dès l’ouverture du show, employant cinq précieuses minutes pour arriver sur le ring et faire le cake. Je suis un grand fan d’Orton dans le ring, mais sa « Cenaisation » et ses interminables entrées commencent à me les briser menu. Il venait pour parler de sa team à Survivor Series, vous savez, la team montée sans que cela ne justifie la tenue de quelques matchs, comme l’an passé ? La team qu’on nous a imposée sortie de nulle part ? Oui celle-là. Donc Orton se voyait comme un poissard de la team, le type qui fait imploser toutes ses équipes par sa seule présence, et peut-être du fait de sa seule présence. En revanche, il était prêt à assurer le capitanat, rôle qui lui correspond. La voie était donc ouverte pour le leader adverse, Barrett, qui faisait valoir que lui, au moins, était un vrai leader naturel, quand Orton était avant tout un individualiste.

 

 

Calomnie.

 

Arrêtons-nous un instant, d’ailleurs : Barrett patron de la stable ? Really ? Est-ce qu’un Rhodes ou un Christian n’aurait pas été plus indiqué ? Barrett est en pleine bourre, c’est un excellent catcheur, mais du point de vue de la hiérarchie, il ne paraissait pas au sommet de la chaîne alimentaire. Il faut croire qu’il y est arrivé discrètement, mais qu’il est bel et bien là.

 

De même, quid de Christian, a priori durement blessé la semaine dernière en Europe ? Va-t-il tenir sa place ? Et sinon, qui pour le remplacer ? Clay, dont on précipiterait l’arrivée, mais qui semble plutôt être voué à une progression solitaire et rapide ? Epico ? Reks ? Difficile de remplacer un catcheur de sa trempe.

 

Je poursuis d’ailleurs la digression sur Clay, pour parler de la promo de Big Zeke ce soir. Le lien parait étrange, et il ne l’est pas tant que ça : au moment où la WWE semble pousser un Monster Heel (Clay, donc), faire la même chose avec un Monster Face paraît curieux, ceci d’autant plus que Zeke a déjà eu sa chance et que la mayonnaise n’a pas pris. A moins d’envisager une feud entre ces deux monstres, poussant Zeke vers le lowcard et Clay un peu plus haut.

 

Revenons-en à nos affaires, et précisément à Christian : le pauvre Christian, encore endolori de sa rencontre avec Show la semaine passée et portant une minerve, venait prétendre qu’il était le leader initial de l’équipe, et qu’il avait dû se désister au profit de Barrett. Orton ne se privait pas de l’attaquer, bientôt rejoint par Sheamus, et deux face-à-face étaient organisés par Captain Long, Christian portant évidemment sa minerve par duperie.

 

 

Sheamus a passé un bon moment avec Kaitlyn.

 

 

Smackdown est un show qui n’a pas de génie, mais qui est solide, comme le montre cette promo : on hype Survivor Series, on fait intervenir les têtes d’affiche avec de vieilles ficelles efficaces, on booke les matchs de la soirée, et tout le monde est content. Que le booking soit aérien ou pas, peu importe, il est au moins cohérent et logique, ce que par exemple n’est pas le choix du Rock par Cena du côté du show du lundi. Raw, à trop vouloir verser dans le « too much », a oublié les bases…

 

Que dire de ces matchs ? Voir Sheamus et Christian s’affronter est toujours un plaisir, sans lassitude : deux gros bosseurs, très performants, sûrs de leur catch, ne peuvent rien faire de mauvais dans un ring. De fait, Christian a été un adversaire vraiment coriace, qui a quand même tenu 10 minutes face à une powerhouse, Sheamus frôlant la défaite plusieurs fois, mais finissant quand même par l’emporter sur un adversaire qu’on nous a finalement vendu comme réellement blessé et donc amoindri. Christian ne sort pas affaibli de cette défaite, mais il faudra m’expliquer pourquoi Teddy Long, qui approuvait Johnny Ace lorsqu’il parlait de conditions dangereuses de travail, a laissé catcher un mec touché aux cervicales… A noter quand même qu’un peu plus tôt dans la soirée, Sheamus avait  dit être un bon gars qui appréciait de passer de bons moments. On notera donc que pour Sheamus, passer un bon moment revient à passer un gars à tabac, et je dis bonne chance à ceux qui passeront leurs vacances en Irlande prochainement.

 

 

Je ne suis pas un mauvais gars, fella.

Mais j'adore tuer.

 

 

Enfin, et de la même manière, le match entre Orton et Barrett a été de très bonne facture. Pas de génie, là encore, mais du catch bien récité sans que ce soit exagérément pesant, et surtout, surtout, une victoire de Barrett. Plutôt clean, même, une belle victoire donc, face à l’homme qui ne perd plus contre qui que ce soit. Le simple fait qu’Orton accepte de jobber contre quelqu’un montre que ce quelqu’un n’est pas n’importe qui, tant Orton peut parfois se comporter manifestement comme une Diva…

 

Paroxysme du push de Barrett ou victoire de prestige, l’avenir le dira, mais le voir successivement battre Orton puis diriger l’équipe heel de Survivor Series en dit long sur son statut actuel. Difficile de ne pas s’en réjouir : son gabarit est dans les standards de la WWE (armoire à glace baraquée) donc il a une chance de percer à nouveau après une année compliquée (The Corre, ça fait un an tout pile), et il ajoute le charisme et un niveau technique très au-dessus du lot. Autant de points qui correspondent à l’archétype de la Superstar selon HHH…

 

 

Glop glop.

 

 

PAS GLOP

 

 

On notera d’ailleurs qu’il n’y a que SD, pour l’instant, qui ait deux équipes pour Survivor Series : le roster de Raw est sans doute occupé à des choses plus importantes… Ça parait un peu acide, délibérément, car SD devient un peu plus la Coupe de l’UEFA de la WWE. Là où la théorie trouve sa limite, c’est quand on voit la qualité croissante de SD, et celle en net recul de Raw…

 

Je vais d’ailleurs conclure sur ce point : Raw peut aligner les plus grands noms et les storylines prétentieuses, SD, de son côté, s’en tient à un show presque artisanal en comparaison, avec beaucoup de talent et de la cohérence dans les histoires racontées. Il vaut mieux une histoire solide que du nawak qui gave tout le monde au bout d’un moment. Donc, merci SD, pour le bon moment hebdomadaire !

 

 

MERCI MERCI MERCI!

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