Catch

This is the end, beautiful friend

Of our elaborate plans, the end

Of everything that stands, the end

No safety or surprise, the end

I'll never look into your eyes… again.

The Doors, The End

 

Il a été bon, cet épisode de Raw. Les matchs ont été de haut niveau, et les promos ont été réussies. Et pourtant, en éteignant notre lecteur, des larmes salées perlaient au coin de nos petits yeux porcins. En guise d'hommage, toutes les légendes des vignettes de la présente nalyse seront issues de chansons des Doors.

 

 

When the music's over, turn off the lights.

 

 

Nalyse de Raw du 28 novembre

 

 

C'est désormais officiel.  John Morrison a quitté la WWE.

 

Prenons un instant et contemplons cette simple phrase: John Morrison a quitté la WWE.

 

Quel putain d'énorme gâchis.

 

 

Time to live…

 Time to lie…

Time to laugh…

Time to die!

 

 

Voilà des années qu'on lui promettait un push vers le main event, à ce beau gosse au moveset sans pareil, estampillé nouveau HBK par les plus enamourés de ses fans. Morrison combinait à peu près toutes les qualités que l'on est en droit d'attendre d'un performer, à commencer par un niveau absolument phénoménal dans le ring.

 

C'est évidemment le premier souvenir qu'on gardera de lui: celui d'un catcheur extraordinaire, à l'aise dans tous les compartiments du combat – high flying, brawl, enchaînements techniques, selling… -, doté d'une endurance exceptionnelle lui permettant d'accomplir de superbes matchs extrêmement intenses d'un quart d'heure (on a encore mémoire ses "Instant Classics" contre Mysterio, Jeff Hardy, Punk, Jericho ou plus récemment Sheamus) et d'un sens de l'équilibre digne de Spiderman, qui nous a offert au fil du temps de nombreux "mark out moments" de premier ordre (qu'on se souvienne de son sauvetage miraculeux lors du dernier Rumble, de ses séances d'escalade dans l'Elimination Chamber ou de ses sauts de desperado lors de ses Falls Count Anywhere contre Bryan et Miz ou encore contre Sheamus). Morrison en action, c'était l'assurance absolue de voir un superbe combat, et on se tape la tête contre les murs à l'idée qu'on ne verra peut-être jamais ce qu'il aurait pu donner en main event, dans des matchs de vingt minutes en ppv contre des Cena et des Orton.

 

 

There will never be another one like you

There will never be another one who can

Do the things you do…

 

 

Personnellement, en tant que suiveur régulier de la WWE depuis maintenant trois ans, je n'ai été aussi impressionné par aucun autre catcheur. Et je suis sûr que je ne suis pas le seul. Les autres athlètes de la WWE sont pour la plupart excellents, et j'ai la plus sincère admiration pour leur travail. Mais Morrison était de mon point de vue, en termes de spectacle et de divertissement purs, le performer le plus intéressant à voir en action. C'est bien simple, quand il était en action, je n'ai jamais fait avance rapide dans mon player.

 

Les raisons de sa disgrâce sont globalement connues, même s'il est évidemment impossible pour nous autres, simples suiveurs, de trier et de hiérarchiser les rumeurs. JoMo n'aurait pas eu la "bonne" attitude backstage, notamment à cause de sa proximité avec la tout aussi élastique Melina (le jour où ils sortent la sex-tape, eux, il y aura du torticolis dans l'IWC).

 

 

Yeah, don't you love her?

Don't you love her as she's walkin' out the door?

 

 

Je ne veux pas entrer dans des considérations basées sur des bruits relativement vaseux, et me contenterai d'émettre le souhait de revoir Morrison à la WWE aussi tôt que possible. Il n'a que trente-deux ans. A titre de comparaison, Christian avait quitté la WWE à trente-trois ans, et était revenu trois ans et demi plus tard, finissant par conquérir enfin ce spot en main event et ce titre de champion du monde qui lui avaient échappé lors de sa première carrière. C'est tout le mal que l'on souhaite à Morrison, en priant toutefois pour que la durée de son absence soit moins longue. Après tout, il a in kayfabe (cf. le lien donné plus haut) été viré par le méchant John Laurinaitis. Ou plutôt, pour être exact, ce satané Johnny Ace – un blaze que l'ex-Johnny Nitro et Johnny Blaze aurait d'ailleurs pu arborer – a refusé de prolonger son contrat. Qui sait? Peut-être que la première décision du prochain GM de Raw (qui, lui, sera Face) sera de ramener le Shaman?

 

 

Not to touch the earth, not to see the sun

Nothing left to do but run, run, run, let's run…

 

 

Sans faire de ce papier une nécro avant l'heure de JoMo, je veux pour finir reprendre à mon compte un argument très présent au sein de l'IWC. Non, à l'inverse de ce que prétendent certains mauvais coucheurs, John Morrison n'est pas un simple spot monkey dénué de la moindre parcelle de charisme. Il avait montré lors de ses longues années de heel – associé à Joey Mercury puis au Miz, mais aussi en solo – qu'il était parfaitement capable d'incarner un sale type arrogant sûr de sa plastique et de ses qualités. Un personnage proche du Ziggler actuel, mais rehaussé par le côté décalé et ultra-cool du rocker lunaire. Soyons clairs: à l'époque de l'association Miz-Morrison, tous les observateurs s'entendaient évidemment pour dire que le second était incontestablement meilleur que le premier in-ring… mais aussi au micro. Le Miz était le sidekick benêt et malhabile d'un JoMo qui suintait l'assurance, la coolitude et la sexy beastitude par tous les pores.

 

 

Come on come on come on come on now touch me babe!

 

 

Son face-turn du printemps 2009, consécutif au split du duo, libéra son moveset. Il put alors donner sa pleine mesure dans le ring, multipliant les matchs sublimes. Hélas, dans le même temps, des bookers incapables se montrèrent complètement inaptes à lui fournir des textes de qualité. Les turns, on le sait bien, sont réussis soit quand le personnage se transforme complètement (cf. Chris Jericho en 2008, passé de face radieux et wok'n woll à sinistre sire en costard-cravate), soit quand au contraire il conserve ses principales caractéristiques mais change seulement de cibles (cf. Randy Orton en 2010, devenu face sans perdre pour autant les caractéristiques de Vipère qui avaient fait son succès en heel). Pour Morrison, ce ne fut ni l'un ni l'autre.

 

En passant Face, il est resté dans le gimmick du rocker à la cool, mais le personnage perdit toute cette arrogance qui faisait tout son sel. On lui écrivait des promos d'une fadeur désespérante, que l'on croirait rédigées par des écoliers de sept ans. La feud avec Ziggler, fin 2009, fut splendide en ring et pitoyable au micro (mi-ster Zig-gles!). Emblématique de la suite, qui le vit notamment monter une équipe bidon avec R-Truth, époque ravi de la crèche.

 

A force de promos sans intérêt, de plus en plus de suiveurs se convainquirent que Morrison était "mauvais au micro". Je suis pour ma part certain du contraire, même si je n'en fais pas non plus un orateur de premier ordre. Je pense en tout cas que les bookers de la WWE ont commis une grosse erreur en exploitant si mal le joyau qu'ils avaient entre les mains. Il aurait soit fallu travailler davantage son personnage de face (probablement en abandonnant son gimmick sans consistance de rocker), soit le remettre heel, mais en tout cas ne pas le laisser dériver comme ça. Car en ring, je le répète, il a été formidable tout du long, prenant pratiquement à chaque match d'énormes risques (et finissant d'ailleurs par se blesser au printemps dernier, alors qu'un push réel semblait enfin se profiler) et multipliant les performances sidérantes. J'espère que les rumeurs selon lesquelles il aurait l'intention de se lancer dans le cinéma sont infondées (si ce n'est dans One Night in Melina, bien sûr), qu'on le verra bientôt dans les rings de la TNA (ça me donnera enfin une vraie raison de m'y mettre) et surtout qu'il sera de retour à la WWE avant la date de péremption.

 

 

Tell all the people that you see,

Follow me,

Follow me down…

 

 

En attendant, JoMo est comme de juste parti de la WWE sur une civière, rejoignant ainsi toute une litanie de grands anciens évacués sur blessure kayfabe, de Chris Jericho à Jamie Noble en passant par Batista et Vladimir Kozlov. Ce dernier beatdown lui fut infligé par son vieux camarade et grand pote dans la vraie vie Miz, et il y a là une forme de karma devant laquelle on ne peut que s'incliner.

 

Oui, peu auraient parié au moment du split de leur team que Miz gagnerait le Money in the Bank, deviendrait champion WWE, main-eventerait des ppv, battrait Cena à Wrestlemania, affronterait le Rock… tandis que Morrison devrait se contenter d'un run de champion Intercontinental et serait voué à un terrible statut d'under-achiever (il a perdu genre ses douze derniers matchs de championnat, Vinz a fait le décompte sur le forum). Chapeau au Miz, catcheur sensiblement moins doué que son comparse mais probablement homme plus malin et plus déterminé, qui a su aller bien au-delà de son potentiel initial. Il a maintenant dégommé à la suite R-Truth et John Morrison, ses deux anciens alliés, et devrait en faire de même la semaine prochaine avec Alex Riley. Ensuite, la voie sera libre pour un programme de main event avec CM Punk qui devrait déboucher sur une mémorable guerre de promos.

 

 

Some are born to sweet delight

Some are born to the endless night.

 

 

Car oui, CM Punk est toujours notre champion WWE, et si vous pensiez qu'il risquait de perdre son titre lors de ce rematch accordé à Alberto Del Rio, c'est que vous avez su garder votre âme d'enfant, chapeau à vous. Les manigances backstage de John Laurinaitis, qui décida que Punk perdrait sa ceinture s'il se faisait intentionnellement disqualifier, n'y changèrent rien, mais furent intelligemment évoquées lors du combat, quand Del Rio tenta une "Eddie Guerrero" en essayant de faire croire à l'arbitre que Punk l'avait attaqué à coups de chaise. La réactivité du champion lui permit de se sortir de ce mauvais pas et de balancer l'ex sur un coin exposé du ring pour un tombé final qui renvoie probablement Del Rio en midcard pour un petit moment.

 

 

There's blood in the streets it's up to my ankles,

Blood in the streets it's up to my knee;

Blood in the streets of the town of Chicago,

Blood on the rise, it's following me.

 

 

Sans jamais avoir été fan de l'aristocrate mexicain, dont je respecte cependant le talent, comme tout le monde, je dois avouer que son traitement est pour le moins étrange. Voilà un catcheur programmé dès son arrivée pour atteindre les sommets (remember le fameux "he's supposed to be pretty big soon" imprudemment laissé par un anonyme rédacteur de wwe.com sur sa fiche dès sa première promo), à qui on a donné énormément de temps d'antenne et de succès de prestige pour asseoir son personnage… et qui, enfin parvenu au top, a été purement abandonné par les bookers. Ridiculisé par Cena lors de son premier run, il vient de l'être de nouveau par Punk. La conclusion des deux derniers mois est claire: Del Rio n'a pas le niveau pour être champion du monde. OK, why not, mais il est dommage qu'il ait été laissé seul en rase campagne face aux deux top faces du roster sans la moindre flèche dans son carquois. A voir désormais s'il doit se préparer à un long séjour en midcard (modèle Swagger après son title run) ou s'il reviendra rapidement se mêler à la lutte pour le titre suprême, comme avait pu le faire un Sheamus en son temps. Pour ça, faudra qu'il apprenne à mieux gruger sans se faire griller par les arbitres…

 

 

My eyes have seen you!

My eyes have seen you!

My eyes have seen you!

 

 

 

Swagger, justement, est un autre de mes chouchous dont le traitement ne rend pas justice à son talent. Ce lundi, il a jobbé en trois minutes pour Zack Ryder. Et c'était parfaitement normal. Ryder est sur une trajectoire ascendante, c'est peu de le dire, et après avoir chuté en trois minutes face à Del Rio il y a une semaine, il devait se refaire. Jack lui a été sacrifié, en attendant l'inévitable confrontation à TLC avec Dolph Ziggler. J'aime Ryder comme tout un chacun, mais je ne suis pas encore emballé par ce qu'il démontre dans le ring. Il y a de l'envie et de l'énergie, et c'est important, mais on ne connaît toujours pas l'étendue réelle de son moveset et de ses capacités. N'empêche, on devrait rapidement être fixés, car la vox populi l'a porté très haut, au moins au niveau du titre US, et il aura bientôt un sacré client face à lui.

 

 

Turn and stare fix your hair

Move upstairs, move upstairs

Move upstairs!

 

 

Car Dolph Ziggler est en ce moment dans une forme éblouissante. Lui, les bookers ne l'ont pas laissé tomber, et c'est heureux. Petit à petit, il s'émancipe de l'ombre tutélaire de Vickie Guerrero, qui parle de moins en moins à sa place. Désormais, Ziggler assume pleinement son côté m'as-tu vu ("Show off" apparaît même sur son Titantron) et s'éclate pendant ses matchs, incorporant l'équilibre sur la tête à son arsenal de mouvements déjà impressionnant. Il avait perdu de justesse contre CM Punk la semaine dernière. Cette fois, il a tout simplement battu, après dix minutes bien équilibrées, Randy Orton en personne, il est vrai distrait par Wade Barrett, surgi de la table des commentateurs. Peu importent les circonstances de la victoire: Ziggler pourra se la péter un bon moment avec ce succès de prestige, et si Ryder venait à le battre pour le titre, ça représenterait pour ce dernier, par ricochet, un magnifique bâton de maréchal. Quant à Zig, il pourra alors lever son regard narquois vers le titre WWE, et devenir le prochain challenger de Punk, une fois que ce dernier en aura fini avec le Miz…

 

 

I looked at you…

You looked at me!

I smiled at you…

You smiled at me!

 

 

Un petit interlude pour dire deux mots des divas. Il y a eu un tag team match qui a duré à peine quelques instants, opposant Kelly et Alicia aux jumelles, et les Divas of Doom ont fait le tour du ring en joggant, pendant qu'Alicia effectuait le tombé sur l'une des Bella, après au moins quinze secondes de match. Voilà.

 

 

She's the queen of cool,

And she's the lady who waits,

Since her mind left school,

It never hesitates;

She won't waste time on elementary talk,

She's a Twentieth Century Fox!

 

 

Deux mots aussi sur Mick Foley, venu habillé en Père Noël réciter un poème épique et vendre le Smackdown du lendemain dont il serait le guest host. C'est une bonne chose d'avoir le grand Mick dans la place, car il est capable à lui tout seul de remplir une pelletée de rôles. Il peut, comme ce soir, faire un peu de comédie qui ne mange pas de pain; il peut, le cas échéant, la jouer old school pour offrir quelques belles leçons de vie aux jeunots du crû; il peut aussi, sans doute, commenter des matchs, servir de punching-ball à un heel en manque de heat ou encore, le cas échéant, reprendre naturellement un rôle d'authority figure qu'il a déjà connu par le passé. Ce qu'il ne peut, et en tout cas ne doit pas faire, c'est redevenir catcheur à plein temps. Mais la WWE n'est pas la TNA, qui lui offrit il n'y a pas si longtemps son titre de champion de monde, et saura probablement l'utiliser d'une façon adéquate, pour notre plus grande satisfaction.

 

 

Come with me, dance, my dear,

Winter's so cold this year

You are so warm, my Wintertime Love to be

 

 

Jusqu'ici, j'ai surtout parlé des matchs: le violent beatdown de Miz sur Morrison, le séduisant Orton-Ziggler et le bien troussé Punk – Del Rio. Mais le plus marquant dans cet épisode (si l'on laisse de côté le triste départ de JoMo), ce furent deux promos très différentes mais très réussies.

 

Vendredi dernier, Daniel Bryan, en dépit de sa promesse de ne casher qu'à Wrestlemania sa mallette de vainqueur de Money in the Bank, avait tenté le coup sur un Mark Henry évanoui. Une attitude qui avait jeté une grosse ombre sur son image immaculée de petit gars courageux et droit. Ce lundi, la WWE a assez magistralement redressé la barre, en l'opposant dans le ring, micro en main, à son vieil ennemi Michael Cole. Autant celui-ci peut être insupportable lorsqu'il oublie de commenter les matchs pour se lancer dans quelque diatribe hors de propos, autant il est parfait quand il s'agit de jouer une partition de pur heel qui, en plus, dit parfois des choses vraies. Ici, Cole reprocha fort justement à Bryan d'avoir fait acte d'hypocrisie en prétendant, des mois durant, réserver son cash-in pour Mania, comme vos amies de cœur, messieurs, réservent leur hymen pour la nuit de noces. Toutes ces promesses vertueuses pour finalement tenter de casher comme un vautour sur un Mark Henry hors d'état de combattre, quelle honte!

 

 

Tell you lies, I'll tell you wicked lies

Tell you lies, tell you wicked lies!

 

 

Bryan ne plia pas sous l'assaut, et sut même sortir une promo fort intense. Il admit que ses plans avaient changé, et convoqua pour s'expliquer un sentiment fort humain: la rage. Henry avait précédemment voulu lui détruire la jambe, ce qui non seulement l'aurait empêcher de casher à Mania mais aurait probablement signifié la fin de sa carrière! Alors oui, DB avait changé son fusil et sa mallette d'épaule, et décidé de défoncer Henry à la première occasion.

 

C'est simple mais ça se tient, et l'apparition du champion claudicant couronna le tout. Le lendemain, les deux hommes régleraient leurs différends dans une cage. Henry, parfait d'assurance, promit que même cul-de-jatte, il vaincrait le nabot barbu, lequel répliqua en lui balançant un fameux coup de pied dans sa jambe blessée, histoire de nous donner un avant-goût du match en cage du lendemain.

 

De la bonne ouvrage, ma foi, et qui fait globalement passer la pilule du comportement de Bryan le vendredi d'avant. Evidemment, sur le fond, c'est moyennement rassurant pour celui qui, avant Punk, se proclamait le "Best in the world", et on ne parierait pas aujourd'hui sur un match de championnat pour sa gueule à Mania; mais à court terme, c'est du booking logique et un tribut salutaire payé à la continuité.

 

 

There's a killer on the road

His brain is squirmin' like a toad…

 

 

Mais la grande promo du jour fut tenue lors de l'opener, œuvre de Roddy Piper et John Cena. Ce fut assez complexe, et parfois un peu fouillis, mais l'idée principale a émergé: pour Piper, un vieux de la vieille qui a tout connu en termes de réactions populaires (il fut sans conteste LE grand heel de l'époque Hogan, mais a également incarné un face bien-aimé), Cena vit dans le déni. Il prétend n'avoir cure des réactions du public à son égard. Il dit que chacun est libre de l'applaudir et de le huer, et qu'il est seulement content d'offrir des émotions aux gens… Il ment. Pis: il SE ment. Il n'admet pas à quel point ça lui fait mal, à lui qui se donne tant pour le WWE Universe depuis des années, d'être accueilli où qu'il arrive comme s'il était George W. Bush au Forum social de Sao Paulo. D'autant que dans le même temps, le Rock, qui n'a pas eu une pensée pour les fans pendant sept ans, se pointe la bouche en fleur et obtient une ovation à en faire trembler la Terre sur son axe. Piper presse Cena de reconnaître à quel point c'est douloureux pour lui, il l'appelle à dire au bon peuple ce qu'il pense vraiment de son ingratitude… et Cena, le menton plus carré que jamais, refuse.

 

 

Well, show me the way

To the next whiskey bar

Oh, don't ask why

Oh, don't ask why…

 

 

Cena campe sur ses positions, sur son mantra. Je suis qui je suis, je suis dévoué au peuple, je rends le sourire aux enfants malades et aux militaires désœuvrés, je m'arrache tous les soirs pour le public, mais je ne me permets pas de juger ses réactions, d'ailleurs j'y suis habitué, au Hammerstein Ballroom les fans de l'I-Ci-Deub m'ont balancé des étrons, je suis resté stoïque, alors c'est pas maintenant que je vais craquer. Piper a beau se démener et même lui offrir sa bague de Hall of Famer (sans doute, à l'instar de celle offerte par Hogan à Abyss dans un monde parallèle, possède-t-elle des pouvoirs magiques), rien n'y fait.

 

 

All the children are insane…

 

 

Alors, en dernier ressort, Roddy, qui est un gars à l'ancienne, recourt à ce que font les gars à l'ancienne quand les jeunes refusent de les écouter: il allonge une torgnole à Cena! FEEL THE ENERGY, hurle-t-il comme un dément (ou un sexagénaire à qui sa pilule de Viagra vient enfin de faire de l'effet). Le Marine, là encore, ne cille pas. Il se contente de rendre sa bague à Kiltman et de disparaître, mâchoires serrées.

 

 

Made the scene from week to week,

Day to day, hour to hour,

The gate is straight, deep and wide

Break on through to the other side!

 

 

En voilà une promo qui laisse rêveur. Le fait que Cena suscite des "mixed reactions" est reconnu à l'antenne depuis des lustres, mais c'est peut-être la première fois que le sujet est abordé de front dans une promo sérieuse (la diatribe de papa Cena la semaine dernière ne s'inscrivait pas vraiment dans cette catégorie). Les tenants de la théorie d'un prochain heel turn du Marine y verront en tout cas matière à se pourlécher leurs grasses babines: un jour, Johnny va décompresser et ce jour-là, le WWE Universe en prendra pour son grade! Il reste qu'il est très possible que tout ce segment n'ait servi, en évoquant ouvertement le problème, qu'à le déminer: oui, Cena n'est pas sourd, il sait que plein de gens ne l'aiment pas, mais il ne leur en veut pas, tellement il est gentil, tellement c'est notre héros, tellement il faut l'aimer. Les deux options sont possibles, évidemment, mais ça donne à réfléchir, cette histoire, et il faut saluer le fait que la WWE ait eu l'idée d'un segment aussi ambigu.

 

 

Think that you know what to do,

Impossible yes, but it's true

I think that you know what to do, yeah,

Sure that you know what to do

You're lost little girl…

 

 

Bref, comme je le disais en intro, on a assisté à un très bon épisode, plein de développements fort intéressants et illuminé par un Punk-Del Rio de toute beauté et un Orton-Ziggler de bon niveau. C'aurait pu être un de mes épisodes préférés de l'année. Mais comme ce fut aussi le dernier de John Morrison avant un long moment, c'est mon épisode le plus détesté EVER!

 

/fond en larmes

 

 

Well, I've been down so Goddamn long

That it looks like up to me

Well, I've been down so very damn long

That it looks like up to me

Yeah, why don't one you people

C'mon and set me free…

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