Catch

And a happy new year !

Faut voir grand dans la vie: quitte à voyager à travers le temps au volant d'une voiture, autant en choisir une qui ait de la gueule!

Dr Emmett Brown, Retour vers le futur

 

D'ordinaire, nos combattants préférés ne sont pas du genre à se faire des cadeaux. Mais cette semaine n'a pas été comme les autres, et puisque Mick Foley avait décidé de fêter Noël avec plus de trois semaines d'avance, la WWE a offert plein de cadeaux à son roster bleu. Mais fort heureusement, elle ne nous a pas oubliés non plus! Enfin, pas totalement…

 

 

Et la semaine prochaine, on fera une spéciale Pâques, avec Michael Cole déguisé en lapin!

 

 

Nalyse de Smackdown du 29 novembre

 

La première chose qui a fait parler de cet épisode est donc bien sûr le fait que la WWE a décidé de faire de ce show diffusé en direct mardi dernier un "Holiday Special", avec toute la panoplie: sapins, cadeaux, neige… Sauf qu'un épisode de Noël en… novembre, ça a de quoi en perturber plus d'un, à commencer par votre serviteur. Cela dit, ce genre de considérations n'a pas semblé traumatiser plus que ça le public de Charlotte qui accueillait l'épisode et qui a profité du spectacle sans faire la fine bouche.

 

Mais pourquoi cet habillage de Noël si tôt? Tout simplement car telle fut la volonté de notre Guest Host, Mick Foley. Ce dernier a revendiqué avec force le thème de la soirée, pour la bonne raison qu'il est fanatique de Noël, que Noël, c'est cool, donc hop! C'est Noël cette semaine, et tant pis si le reste du monde n'est pas d'accord! Une fois accepté ce postulat certes incongru mais néanmoins amusant, force est de constater que cet habillage spécial nous a permis de passer un bon moment de fête.

 

En parlant d'habillage spécial, je ne peux pas ne pas évoquer le costume que Foley a obligé Michael Cole à porter pendant toute l'émission, le commentateur Heel ayant mené pendant tout l'épisode une bataille perdue d'avance pour conserver une certaine contenance déguisé en Rudolph, le célèbre renne au nez rouge du Père Noël. Foley a fait mettre cet accoutrement à Cole pour se faire pardonner auprès du public de n'avoir pas pu empêcher le commentateur d'être présent ce soir comme il l'avait un peu vite promis la veille à Raw: du coup, je me demande quelle genre de crasse le pauvre Josh Matthews a pu faire à notre Guest Host pour se retrouver habillé comme un des elfes du Père Noël…

 

 

Tout ce que je sais, c'est que j'ai demandé à monsieur Foley ce que ça faisait de se prendre un Mandible Claw, et quand j'ai repris connaissance, j'étais habillé comme ça! Marrant, non?

 

 

Mais cet épisode ne fut pas que le prétexte pour les nombreux segments comiques qui ponctuèrent le show, il y eut bien sûr des combats, qui s'ils ne firent que peu (ou pas) avancer les histoires en cours, eurent le mérite de nous offrir de jolis moments sur le ring. De ce point de vue, le premier vrai match de la soirée (l'opener ayant été confié aux Divas), opposant Justin Gabriel à Jinder Mahal, sembla tomber un peu de nulle part mais fut un sympathique petit cadeau offert au public. Le beau-frère du "regretté" Great Khali resta dans le ton de la soirée, en prenant à parti le public sur Noël et la signification de cette fête, pervertie selon lui par les hypocrites matérialistes que nous sommes, dans une promo teintée de son patois, histoire de s'assurer une cheap heat vite fait bien fait avant de commencer son match.

 

Le combat en question était plaisant sans être exceptionnel, et fut agrémenté de la venue de Ted DiBiase, apparemment en rivalité contre l'Indien, venu jouer les Pères Noël en distribuant un sac plein de jouets estampillés WWE aux enfants du public ravis de recevoir des cadeaux de la part du Million Dollar Son devenu depuis quelques semaines philanthrope. Cette intervention de Ted suffit à déconcentrer Mahal de son objectif de la soirée, et il le paya cher, Justin Gabriel s'engouffrant dans cette brèche à la vitesse de l'éclair, et disposant de son adversaire grâce au 450 Splash réglementaire. Jinder Mahal, furieux, jura que l'on n'y reprendrait plus et qu'il se vengerait de DiBiase qu'il juge responsable de sa déconvenue, affaire qui sera certainement réglée dans un prochain épisode de Superstars.

 

 

Ben alors, personne ne veut de figurine à mon effigie? C'est gratuit, hein, n'hésitez pas!

 

 

Autre match sorti un peu de nulle part, celui entre Kofi Kingston et Tyson Kidd. En y réfléchissant un peu, on comprend la raison de ce match: il faut bien occuper le champion par équipe pendant que son partenaire Evan Bourne est encore suspendu pour s'être fait attraper par la patrouille pour usage de cigarettes qui font rire. En attendant le retour de son pote, Kofi sert donc plus ou moins de bouche-trou, pour assurer le spectacle de la midcard et garder le public chaud comme la braise. Et la mission fut accomplie dans son match contre le Canadien, les deux hommes nous offrant un beau combat. Cela dit, quand on connaît le talent des deux hommes, il n'y avait pas à douter de la qualité de ce match. Les esprits chagrins regretteront peut-être le fait que Kofi ait chapardé le bonnet de renne et le nez rouge de Michael Cole pour faire le pitre avec lors de son Crossbody depuis la troisième corde qui lui apporta la victoire, mais c'était finalement totalement dans l'esprit de fête de cet épisode, et en fin de compte assez amusant.

 

 

Regarde ce qu'ils m'obligent à faire, avec tes conneries, Evan!

 

 

D'ailleurs, cette ambiance de Noël a peut-être même mis les bookers dans de bonnes dispositions, puisqu'ils ont offert, peut-être, un petit cadeau aux Divas: un semblant de début de storyline. Non, je déconne, comme d'habitude, n'y voyez là que la preuve de mon optimisme maladif pour la division féminine de la WWE. Mick Foley a donc organisé en opener de la soirée un Pole Match opposant la quasi-totalité du roster féminin de la fédération. L'objectif? Une branche de gui, offrant le droit à l'heureuse gagnante d'embrasser la superstar de son choix, offre valable jusqu'à la vraie date de Noël. Évidemment, Foley se garda bien de ne révéler la nature de ce gain avant le match, les filles pensant alors se battre pour un match de championnat. Là où les choses gagnent légèrement en intérêt, c'est dans le final de ce match. Il a en effet été remporté par Brie Bella, qui vola la victoire à sa jumelle, cette dernière appréciant assez mal d'avoir servi littéralement de marche-pied à sa sœur. Est-ce le début d'une storyline romantique (avec pour enjeu, si on en croit les derniers segments backstage où apparaissent les Bellas, le bellâtre Del Rio, sachant que son valet Rodriguez lui aussi aimerait bien séduire les jumelles) aboutissant au Face-turn de Nikki et à une rivalité entre les deux sœurs, histoire d'apporter un peu de variété à la scène féminine, uniquement obnubilée par la ceinture au papillon? Perso, étant un fan des jumelles (oui, je l'avoue sans honte), je dis "pourquoi pas!" Mais bon, vu l'état de la division féminine et l'intérêt des bookers pour cette dernière, il vaut mieux ne pas espérer trop de développements de ce côté, hélas…

 

 

– Là, une storyline de Divas!

– Elle est pour moi!

– Non, pour moi!

– Non, c'est moi qui l'aurai!

 

 

S'il y en a un, par contre, qui a été couvert de cadeaux par les bookers, c'est bien Randy Orton. Ce dernier a reçu au pied de son sapin un David Otunga tout neuf, ainsi qu'un petit mot sur lequel était écrit "amuse-toi bien!" Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Orton s'est éclaté! Pendant un peu moins de dix minutes, l'émissaire de Laurinaitis fut pris au piège, et la Vipère joua avec lui comme un chat avec une souris avant de la mettre en pièces. La stipulation Street Fight permit aux deux hommes de prolonger le combat sur, mais aussi autour du ring et sur la scène, avant le RKO final qui conclut bien évidemment le match. Le pauvre Otunga se prit entre autres quatre sapins, un gros cadeau de Noël et quelques coups de kendo stick-sucre d'orge dans la tête avant de se coucher pour de bon. Et même l'intervention de Wade Barrett n'y changea rien, même si elle permit de rappeler que le vrai rival d'Orton en ce moment est ce fourbe d'Anglais, et que ce dernier est prêt à tout pour faire tomber l'idole de la foule. Alors certes, le match tout entier était cousu de fil blanc, mais il a été une telle source de joie pour le public de l'arène que je mentirais si je disais que je n'avais pas aimé ce moment. Rien que pour le "Ho! Ho! Ho!" goguenard d'Orton entre deux attaques, ça valait le coup!

 

 

Oui, Randy a adoré son cadeau, mais c'est un enfant peu soigneux avec ses affaires: en moins de dix minutes, il avait déjà cassé son nouveau jouet…

 

 

Avant de parler du match de championnat pour le titre poids lourds en cage prévu depuis la semaine dernière entre Mark Henry et Daniel Bryan, un mot sur l'autre champion de Smackdown, Cody Rhodes. Ce dernier a commencé depuis quelques épisodes une rivalité avec un commentateur, mais fort heureusement, ce n'est pas avec Jerry Lawler, mais avec Booker T. Celui-ci fut une nouvelle fois moqué par le champion Intercontinental, après qu'il ait effectué un de ses fameux spineroonies déguisé en Père Noël. Mais on doit le respect aux anciens, rappela Mick Foley (pourtant responsable de l'accoutrement de Booker T) qui organisa sur le champ un match entre le commentateur cinq fois champion du monde et le jeune champion Intercontinental. Booker fut ravi: il y voyait une occasion de clouer le bec à ce jeune freluquet qui ose lui manquer de respect. Mais Cody aussi était aux anges, car il venait d'obtenir le droit de s'en prendre physiquement à sa némésis du moment, normalement retiré des rings. Mais le combat n'aura jamais lieu, pas ce soir en tout cas: alors que Booker T était en pleine interview avec Matt Striker, Rhodes attaqua par surprise son adversaire et le neutralisa. Cody remporte donc cette bataille, mais il y a fort à parier que la guerre n'est pas finie. Espérons quand même que ce soit vite le cas, histoire que Rhodes rencontre au plus vite un challenger pour sa nouvelle ceinture sauce vintage…

 

 

Non, pas toi.

 

 

La dernière touche de Noël avant le main-event, si l'on excepte les sympathiques segments backstage du buffet organisé par Theodore Long, était empreinte de la magie particulière à cette époque de l'année. Mick Foley avait en effet organisé une grande Battle Royale, déclarant que le vainqueur verrait n'importe lequel de ses vœux exaucé. La plupart des catcheurs engagés dans ce match, de façon très terre-à-terre, y virent l'opportunité de remporter un match de championnat, aussi aucun d'entre eux ne ménagea ses efforts pour remporter la victoire. Le plus gros défaut que l'on peut reprocher à ce match tient dans la pauvreté du casting de cette bataille: à part Sheamus, aucun d'entre eux n'avait le profil d'un challenger crédible. À la limite, Kofi Kingston aurait fait un bon vainqueur, mais il a déjà une ceinture… Parce qu'autant être franc,  le reste des participants avait une belle tête de jobber: entre les lowcarders habitués à Superstars comme Ezekiel Jackson, Ted DiBiase, Jinder Mahal ou Heath Slater et le casting quasi-complet, rookies et Pros, de NXT (à l'exception de Derrick Bateman, étrangement), pas de quoi sauter au plafond…

 

Les cinq derniers survivants furent Hunico, Heath Slater, Jinder Mahal, Tyler Reks et bien sûr Sheamus. Les quatre Heels firent alors alliance pour neutraliser l'Irlandais, après quoi Mahal se rappela qu'ils n'était pas cinq encore en jeu, mais bien six: Hornswoggle était en effet inscrit dans le match, et s'était réfugié sous le ring comme d'habitude. Histoire de ne pas se faire avoir, les quatre Heels débusquèrent le leprechaun et l'encerclèrent sur le ring, prêts à le détruire, mais c'est alors que Sheamus fit son grand retour et élimina en un enchaînement les quatre affreux, se retrouvant en finale contre son compatriote!

 

 

On n'a pas eu notre stable britannique, mais on a une feud irlandaise, c'est déjà ça, non?

 

 

Sheamus, devenu le bon garçon que l'on connaît, tenta de négocier avec Hornswoggle, de le raisonner, de l'intimider même après que le leprechaun se montra non seulement têtu mais aussi assez hargneux (il frappa plusieurs fois Sheamus), et au final… C'est Hornswoggle qui parvint à faire preuve de malice et à éliminer Sheamus pour remporter la victoire! En temps normal, j'aurais été ulcéré d'un tel résultat, mais dans ce contexte particulier de "magie de Noël", j'ai bien ri en voyant Hornsy sortir le grand Sheamus, et la joie du leprechaun de gagner ce match était communicative. Sheamus, quant à lui, sut se montrer beau joueur, rit de bon cœur de la situation et célébra la victoire de Hornswoggle pour la plus grande joie du jeune public.

 

Et la récompense, alors? Ce n'est rien de moins que le Père Noël lui-même qui l'offrit à Hornswoggle, en suivant le judicieux conseil de Sheamus: il offrit grâce à ses pouvoirs magiques le don de parole au leprechaun, qui va dorénavant enfin cesser de s'exprimer par grognements. Et pour être honnête, je crois bien que cette nouvelle me rendit au moins aussi heureux que Hornswoggle lui-même, tant son inaptitude à parler normalement était l'une des choses qui m'énervaient le plus au sujet du leprechaun! Et pour les grognons qui critiqueront le manque de réalisme de cette séquence parce que le Père Noël ne peut pas résoudre par magie le problème de Hornswoggle, je répondrai qu'on parle de Smackdown, le show dont la figure officielle est un mort-vivant qui peut éteindre et allumer la lumière par la seule force de sa pensée et qui a un frère qui contrôle le feu…

 

 

Enfin, quand il est là, quoi…

 

 

Place maintenant au cadeau que la WWE a offert à tous les amateurs de catch pour ce Noël en avance, et je parle bien sûr du match de la soirée, le combat pour le titre de champion du monde poids lourds, dans une cage, entre le tenant du titre Mark Henry et Daniel Bryan. Le propriétaire de la mallette bleue et le béhémot ne se sont fait aucun cadeau et nous ont offert un spectacle de grande qualité. Mieux encore, ils ont su instaurer un vrai suspense, un exploit car les suiveurs avertis savent pourtant qu'un titre, majeur qui plus est, ne change que très rarement de mains dans un show "normal". Là, j'ai vraiment cru plusieurs fois à une possible victoire de Bryan, notamment lorsque celui-ci a porté un Ankle Lock dévastateur sur la jambe blessée du champion, même si c'est finalement assez logiquement que Mark Henry a conservé son titre, grâce à un impressionnant World's Strongest Slam exécuté depuis la troisième corde. La seule chose qui m'énerve un peu dans cette stipulation autrement très sympa à voir, c'est cette foutue jurisprudence de la porte, que les combattants peuvent demander à ouvrir quand bon leur semble, rendant à l'escalade de la cage une image de stratégie trop risquée quand on peut se contenter de sortir normalement de la cage. Mais ce détail ne gâcha en rien le combat de ce soir, qui à lui seul put contenter les fans de catch, qui avaient dû jusqu'alors se contenter de matchs très, voire trop courts, aucun d'entre eux ne dépassant les dix minutes.

 

Au bout du compte, cet épisode de Smackdown a été un très bon épisode de Noël, parfaitement dans l'esprit de cette fin d'année. Cela dit, il est quand même déroutant de tenir cet épisode la dernière semaine de novembre, et je me demande encore pourquoi les bookers ont fait ce choix, rien dans le contenu de l'épisode me semblant justifier ce passage en accéléré sur le calendrier de la fédération. Mais ceux qui seront parvenus à passer outre ce bouleversement du continuum espace-temps auront passé un bon moment, même si, objectivement, on pourra regretter que les storylines n'auront pour ainsi dire pas avancé. La meilleure preuve de cela: le challenger au titre de champion du monde poids lourds, le Big Show, n'était même pas présent pour se rappeler au bon souvenir de Mark Henry, son ennemi juré! Cela dit, sans doute était-ce pour rester dans le thème et illustrer la trêve des confiseurs… Un bon Smackdown de gala donc, mais j'attends maintenant avec impatience le "vrai" prochain épisode du show bleu!

 

 

En attendant, je vais écrire ma lettre au Père Noël, on ne sait jamais…

11 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut