Catch

L-SD?

La drogue, c'est une catastrophe.

Y'en a plus.

Patrick Timsit

 

Où il est question de suspens, de she, de condition, de cobra, de gaule, de melon, de vélo, de bitch (deux fois), d’Eastwood, de bave et de grandiloquence. Sacrée semaine !

 

 

Cette nalyse vous est offerte par une nana qu'on ne connaît pas!

 

 

Nalyse de Smackdown du 6 janvier

 

 

La WWE est décidément pleine de ressources. Après le Nexus, il y avait eu un creux, et paf, le Summer of Punk. Encore un creux ? Paf encore, Y2J qui revient. C’est beau, on dirait du veau. Et pour couronner le tout, SD marche sur l’eau en ce moment, offrant un spectacle de grande qualité et un écrin confortable pour de jeunes stars qui crèveront, tôt ou tard, le plafond.

 

Revenons un instant si vous le voulez bien (et même si vous ne le voulez pas) sur le retour de Jericho. Je ne reviens pas sur l’analyse d’Henri dans nos colonnes, tout à fait pertinente. Mais il y a, je pense, une branche de l’option supplémentaire. Jericho a signé très discrètement et très récemment son retour. Il n’a donc pas eu, sans doute, le temps de se mettre au point physiquement, ce qui, à 40 ans, peut être handicapant (même si je me demande s’il n’est pas passé sous le scalpel, parce que j’ai eu un peu de mal à le reconnaitre). Aussi, l’autre question à se poser est : va-t-il catcher ? Et si oui, quand ? Il doit bien lui manquer encore un mois, voire deux, pour être au point.

 

Peut-être, donc, n’est-il pas là pour catcher. Il serait donc là pour cette femme, cette « she » qui doit revenir réclamer son dû. Difficile de savoir qu’en penser. Ce n’est pas un objet ou un concept (comme la vengeance contre Orton, car il aurait alors dû dire « it », sauf erreur), mais il est tout de même difficile de penser que Jericho ne revienne que pour servir de marchepied à une femme, quelle qu’elle soit. Stephanie McMahon, peut-être ? Mais voir Jericho faire un dernier run en tant que larbin ferait hurler à la mort tous les Jerichoholics dont je fais partie.

 

 

Je jouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !

 

 

Tout est là. Le talent de la WWE pour créer de l’attente, une forme de suspense. Elle nous a fait et refait le coup, elle nous le fera encore, mais tant que ça marche, et ça marche, pourquoi se priver ?

 

Trêve de digression, il y a un Smackdown qui nous attend, et il a encore été de bonne facture, alors ne tardons pas et en avant la musique !

 

 

Segment 1 : Booker T vs Cody Rhodes pour le titre Intercontinental

 

J’ai eu la chance et le privilège de chroniquer la semaine dernière Smackdown, et j’ai donc déjà dit ce que je pensais de l’issue de ce match : difficile d’imaginer Booker avec la ceinture. En revanche, beaucoup plus intéressant était l’angle de la star vieillissante qui a eu du succès mais qui, petit à petit, va disparaitre derrière son micro, comme Jerry Lawler par exemple. L’intervention de Goldust, obligé de Booker, créait évidemment un rebondissement intéressant et provoquait mécaniquement la heat envers Rhodes, qui n’a de toute façon pas vraiment besoin de ça pour mettre le public dans sa poche (ou se le mettre à dos, plus exactement).

 

Le match est plutôt de bonne tenue, Booker est décidément dans une condition physique remarquable, et Rhodes… Eh bien c’est Rhodes, à se demander si ce type peut passer à travers un match de temps en temps. Le seul regret que l’on peut avoir, c’est que le catch nécessairement très brutal de Booker T ne rend pas justice au catch assez technique de Rhodes, mais difficile de se plaindre devant un match de ce genre.

 

Booker fait néanmoins ce qu’il peut pour hyper son adversaire : lorsque Rhodes survit à son finisher, il ne cache pas sa surprise devant la résistance du p'tit jeune, et quelques instants plus tard Rhodes assomme l’ancien champion WCW d’un Beautiful Disaster. Issue prévisible, mais bon match néanmoins, qui s’achève sur un Booker déconfit, subissant la défaite de l’expérience face à la jeunesse triomphante, et qui, clairement, se pose des questions, que l’on imagine centrées autour de sa place dans le ring. Je ne veux pas tresser des lauriers excessifs à cette séquence, mais elle constituait un écho étrange au film The Wrestler, mais une version dans laquelle le personnage central réaliserait que sa place n’est plus dans un ring. A voir maintenant comment Booker T va réagir, mais tout cela est assez séduisant…

 

Le segment, quant à lui, se poursuit par une confrontation entre les frères Rhodes, Dustin venant féliciter son frère, qui l’accueillait fraîchement en clamant qu’il était plus fort que lui, et sans doute que leur père. De quoi nourrir une rivalité qui se terminerait sur un « loser leaves WWE » pour accompagner le départ à la retraite de Goldust ? L’idée est séduisante.

 

 

Mais enfin bon sang Rhodes a battu le Predator!

Qu'est-ce qu'il vous faut de plus?

 

 

Segment 2 : Le bal des seconds couteaux

 

Ryder vient annoncer à Long qu’il quitte son service, et que son remplaçant se nomme Santino, dont la popularité ne se dément décidément pas… Le brave Italo-Canadien commence tout de suite, en rappelant à Long son désir de virer Drew McIntyre, lequel assiste à l’échange… Long, jamais en retard d’un lieu commun, booke donc un match entre les deux lutteurs : si Santino gagne, il devient son assistant, si Drew gagne, peut-être que Long ne le virera pas… Oh le joli match moisi avec une stipu sans intérêt ! Mais surtout le joli désaveu pour VKM si Drew venait à se faire virer… Cela dit, la storyline tend sans doute à permettre à Drew de rebondir plus qu’autre chose, mais le faire ainsi repartir du fin fond du lowcard fait que son ascension va être compliquée…

 

En revanche, le futur assistant de Long, je m’en cogne, personnellement.

 

Et Aksana… Et bien c’est comme toutes les semaines. Ah si : l’allégorie de la gaule par Santino, ça vaut le coup d’œil.

 

 

Ce n'est plus le Cobra, c'est l'authentique serpent noir de l'Alabama…

 

 

Segment 3 : Discussion de Divas

 

A ma gauche, AJ, petit bout de femme au talent incontestable mais complétement sous-employée, à ma droite, Alicia Fox, qui doit davantage sa réussite actuelle à sa ressemblance avec Rihanna qu’à ses progrès pourtant réels.

 

AJ, évidemment, chante les louanges de son compagnon Daniel Bryan, tandis qu’Alicia s’interroge: l’ego de Bryan pourrait-il encaisser une défaite ce soir, quand il remettra son titre de champion du monde poids lourds en jeu contre le Big Show? Arrive le susnommé Bryan, qui rappelle qu’il a battu le Big Show pour obtenir la ceinture, puis, Alicia parti, l’American Dragon tance sa compagne sur son amitié avec la belle Fox. Bryan démontre ensuite, précisément, un ego surdimensionné, et par petites touches, semble créer une nouvelle piste : la colère rentrée de Show avait fait croire à un heel turn du géant, mais le comportement du Heavyweight Champion pourrait laisser penser que c’est bien lui qui va effectuer un turn, Show ayant finalement fait le sien assez récemment. Difficile de savoir qu’en penser : le suspense qui en résulte est réel, mais Bryan a-t-il les épaules pour être un bon heel ? Et surtout, je ne peux m’empêcher de penser que la WWE se fait un petit plaisir coupable en prenant la star du catch indy, en lui offrant un titre majeur, puis en le faisant turner pour que les mêmes qui l’adoraient hier se mettent à le haïr, tant, et Henri en parlait encore à propos de Raw, le public sportif est prompt à brûler ses idoles…

 

 

Voilà le secret! Il aspire son talent! Salaud!

 

 

Segment 4: Match Over the Top Rope entre Hornswoggle et Heath Slater

 

Concept idiot. Match de merde. Victoire d’Hornswoggle. Aucun intérêt. Je ne vais pas gaspiller de l’énergie. Putain, la semaine où Punk nous a lâché un magnifique « BITCH » pas du tout PG, on pouvait espérer mieux…

 

 

"Mec qui n'a aucun don pour lire l'avenir"

Allégorie sur macramé, 2012

 

 

Segment 5 : Hunico vs Ted Di Biase

 

Bon, je rejoins Axl : l’entrée de Hunico avec son pote Comacho sur un vélo miniature, c’est du génie.

 

Quant au match, solide et consistant, mais rien de réellement intéressant, à l’exception du nouveau finisher d’Hunico, brutal et impressionnant : une espèce de soumission/prise de finition/tombé très curieux, et il ne vaut mieux pas, à mon humble avis, qu’il se loupe en l’appliquant, sous peine de changer son adversaire en légume… Quant à Di Biase, il a encore livré un match sérieux mais sans réel relief,  du midcarder costaud mais sans avenir, je le crains pour le « fils de ».

 

 

Fils de pute!

 

 

Segment ­6 : Barrett, Sheamus et Jinder Mahal

 

Que Barrett livre une promo triomphale après avoir rossé Orton, soit. Que Sheamus l’interrompe pour expliquer que pour gagner le Rumble, il faudra aussi vaincre l’Irlandais, normal. Que Mahal s’invite… heu… eu égard à ses déboires récents avec Sheamus, peut-être ? Mais il y a un monde entre les deux hommes présents sur le ring (et dont une feud constituerait un fantasme en ce qui me concerne) et le pauvre Indien inepte… Néanmoins, les deux heels s’attaquent évidemment à l'Irlandais… qui les met en déroute ! Que Sheamus fasse temporairement du Cena, pourquoi pas, il faut le booker favori pour le Rumble. Mais qu’il mette en déroute deux hommes dont Barrett, qu’on nous a vendu comme un Terminator, là je ne peux pas agréer. Le match s’est tout de même soldé sur deux attaques successives des deux heels, mais le mal est fait, et l’image de Wade reçoit un premier coup de cutter. A noter que faute de prise digne de ce nom, Mahal s’est fendu d’un Camel Clutch, sans préciser s’il allait teach humility to Sheamus, bitch. Seulement, il ne suffit pas de piquer sa prise pour devenir le nouvel Iron Sheik…

 

 

– Vois-tu, Sheamus, tous les deux, nous incarnons, à notre manière, les querelles idéologiques et politiques qui ont de tous temps séparé nos deux nations, comme une allégorie politique entre les cordes de notre ring qui dès lors devient une sorte de Royaume-Uni de substitution…

– Je vais te botter le cul, fella!

– Je vois.

 

 

Segment 7 : Santino vs Drew

 

Occultons ce match, très moyen, pour sauter à sa conclusion : une victoire de Santino… Pour Drew, la descente aux enfers semble ne jamais devoir s’arrêter. Le Chosen One, présenté comme ayant été choisi par VKM lui-même, paie-t-il encore ses frasques conjugales ? En tout cas, je reviens sur mon propos initial : au stade où il en est, il semble plutôt parti pour recevoir son « future endeavour » rapidement… Bien sûr, Long affirme que s’il perd encore une fois, il est viré, annonçant sans doute un rebondissement, mais le mal est fait, et comme je l’évoquais précédemment le faire revenir au premier plan autrement que par un rebooking complet parait illusoire. Peut-être est-ce d’ailleurs l’idée : le sortir de scène, le repackager, et le renvoyer dans l’arène. Le souci, même si ça peut paraître cosmétique, c’est qu’avec sa gueule, il aura beaucoup de mal à devenir face, ce qui risque de compliquer une éventuelle évolution de son personnage.

 

 

Mr McIntyre, si vous voulez je connais le numéro de Dixie Carter.

 

 

Segment 8 : Primo et Epico vs Air Boom

 

Encore un match beaucoup trop court, et c’est d’autant plus dommage que les deux latins, accompagnés par leur improbable pouffe (qui, non, ne sait toujours pas danser lascivement), ont tout de même un petit niveau, et travaillent bien avec Air Boom, qu’ils affrontent maintenant depuis longtemps. Leur victoire leur ouvre les portes d’un title shot dont ils ne feront sans doute rien (Air Boom a maintenant une entrée, une musique, etc, beaucoup d’investissements pour les faire durer si peu de temps, d’autant que l’équipe inclut deux faces très appréciés), et selon que vous tolérez que la division Tag Team soit méprisée à ce point, vous aurez passé un bon moment ou un bon moment gâché par l’amertume à l’issue de ce match pourtant sympathique.

 

 

Et voici Air Foon! AHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAH!

Non? Bon. Tu vois, Big Botch Man, je t'avais bien dit que ce n'était pas une bonne idée!

 

 

Segment 9 : Il s’est fait pousser des burnes Bryan ou quoi ?

 

Show est en coulisses avec Striker. Bryan intervient, et recommence à être arrogant, en affirmant qu’il a travaillé dur pour devenir un grand champion, pas comme Show qui est né avec des attributs physiques délirants (et c’est vrai que hors kayfabe il aurait sans doute les moyens d’en détruire une bonne partie). Show pose sa main sur l’épaule de Bryan qui soudain se prend pour Eastwood et lui intime de retirer sa main. Heu… c’est du heel arrogant avec des chevilles bouffies que je vois ? Et si le feel good moment de WM venait d’une défaite de Bryan devenu un sinistre connard des mains d’un Face très populaire, comme Sheamus ?

 

 

– Pour vérifier si des burnes lui ont bien poussé, j'ai fait appel à une experte, playa!

– Hum? Pourquoi c'est tout bleu, d'un coup?

 

 

Segment 10 : Tamina vs Natalya

 

Natalya prend des roustes depuis des semaines. Natalya a pris une rouste.

 

 

Grève des scénaristes? Grève du nalyste.

 

 

Segment 11 : Big Show vs Bryan pour le World Heavyweight Championship

 

Premier détail: Henry aux commentaires, ça déchire. J’ai déjà évoqué dans ces colonnes la passion de Henry pour la poésie classique (ne riez pas c’est vrai), et la qualité d’expression du mastodonte. Et du talent, il en a, le bougre : ses commentaires étaient intéressants, pertinents, ses piques envers Cole bien envoyées, bref une plus-value réelle, car même si certains propos relèvent de la rhétorique usuelle du heel arrogant, d’autres sont plus axés sur l’esprit de compétition, et même sur une forme de fair-play, puisqu’il reconnait lui-même la combativité de Bryan. Une reconversion très possible pour le WSM.

 

Second détail : 6 minutes pour un match pour le titre, c’est un peu court, mais enfin…

 

Bryan joue sur sa vitesse et son agilité, échappe à son adversaire comme une anguille, mais évidemment, dès que Show lui met la main dessus, il se fait faire un bronzage gratuit à coup de gifles… Bryan fait ce qu’il peut pour renverser la tendance, mais que faire contre un adversaire aussi puissant ? Bien sûr, l’idole des smarts essaie le catch aérien (timidement), le recours au décor, parvient même à amoindrir son adversaire… Henry, d’ailleurs, et c’est très bien vu, soutient Show à cet instant précis : le géant lui a pris son titre, et voir Bryan mettre ainsi à mal le World's Largest Athlete agace évidemment furieusement Henry, qui n’en croit pas ses yeux…

 

L’astuce, d’ailleurs, de ce match, est quand même que le champion parvient à mettre Show en difficulté : même s’il devient heel, il a eu un run aux stats peu flatteuses en tant que Face, et à moins de vouloir le faire passer pour un champion de pacotille il est important qu’il figure bien tant que son statut de Face perdurera, et même un peu au début de son règne de heel.

 

L’illusion ne dure cela dit qu’un temps, et Show fait parler sa force pour mettre à mal le champion, dont la situation parait compromise, voire perdue. Bryan, la bouche en sang, tente même des soumissions improbables, empourprant le visage du géant déjà envahi de longs filets de bave (je vous laisse imaginer ce que l’image peut avoir d’immonde…), il bascule vers son Lebelle Lock, mais cela ne parvient pas à faire ployer le géant.

 

 

C'est donc ça une main d'adulte?

 

 

Bryan s’enfuit donc devant la table des commentateurs et a LE coup de génie : il provoque Henry, dont le sang ne fait qu’un tour avant qu’il n’envoie bouler Bryan. Disqualification, donc Bryan conserve son titre. Bien vu mais… cette méthode ? Aussi délibérément employée ? Cette célébration exagérément grandiloquente qui rappelle furieusement Dolph Ziggler… Mais oui ! Ce sont les oripeaux d’un heel ! Bryan a d’ores et déjà acté son heel turn, au moins en grande partie, discrètement, petit à petit, et on voit bien arriver rapidement un personnage de heel sûr de sa force, tirant gloriole de son passé indy, en somme la version « empirée » du Bryan de ces dernières semaines et de son melon démesuré… Il n’est d’ailleurs pas exclu que Punk vienne lui expliquer le fond de sa pensée à terme. Bref, ce turn a de quoi réjouir à condition que Bryan puisse l’assumer, et finit en beauté le show du vendredi.

 

Ce show justement… Disons que SD commence moins bien l’année qu’il n’a fini 2011 ou que Raw n’a commencé 2012 : certains segments sont vraiment inutiles ou mal conçus, la feud entre Sheamus et Mahal qui s’annonce ressemble à un vaste gâchis. Mais avec SD on sait qu’on aura toujours, a minima, de bons combats, et Hunico, la Tag Team, le titre Intercontinental ainsi, bien sûr, que le main-event auront offert aux amateurs de bons moments, en plus d’une storyline qui, pour ma part, me tient plus en haleine que le sort de Cena dont je ne crains fort que les nécessités du business n’empêchent le heel turn, en faisant un face revenu de l’enfer donc pire qu’avant… Bref, SD, même dans les cas de « moins bien » comme ce soir, sait faire un boulot solide, presque de l’artisanat, mais largement de quoi satisfaire fans et suiveurs occasionnels. Merci SD !

 

 

Ouais! Merci SD!

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