Catch

Heels flottants

On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver qu'avec un mot gentil tout seul.

Al Capone

 

La WWE connaît une période pré-Rumble assez intéressante.  On nous offre des retours énigmatiques, des « débuts » funky, des matchs pour les titres suprêmes en pagaille pendant les émissions hebdomadaires gratuites. Mais surtout, les codes habituels des gentils et des méchants semblent brouillés. Ce ne sont pas tant les fameux « turns », que l’IWC est toujours si prompte à anticiper et analyser, qui nous asphyxient ces derniers temps, mais bien l’effort sensible et quasi systématique des bookers à vouloir donner de l’épaisseur à leurs personnages centraux… pour certains tout du moins.

 

 

– Mais puisque je te dis que je suis de ton côté, je suis un méchant, un destructeur, une machine à semer le chaos tout comme toi. Ma technique irréprochable et mon cœur de lion associés à ta brutalité parfois de gros benêt pourraient faire merveille ! Soyons alliés !

– Ca dérange quelqu’un si je le tue ?

 

 

Nalyse du Smackdown du 13 janvier

 

 

Que ce soit à RAW ou à Smackdown, je trouve cette tendance assez flagrante. Pour peu qu’elle relève d’une réelle volonté de plus de profondeur dans l’écriture des scripts de la part de l’équipe créative, on ne peut nier qu’il y’a un effort pour brouiller les pistes. A RAW par exemple, on a un Cena éminemment « face » pourtant conspué par une large part du public et de plus en plus enclin à utiliser des méthodes peu bienveillantes comme des coups de pied de biche dans les cojones de ses adversaires. John est actuellement pris dans une storyline dans laquelle son alignement s’avère être l’enjeu principal, chose assez inédite.

 

Face à lui on a un Kane « heel », mais héros de l’IWC qui tente de réaliser nos rêves les plus fous. A côté de ce joyeux duo, un GM par intérim qui ne cesse de semer le trouble autour de ses réelles intentions. Johnny Ace est aussi énigmatique que réjouissant et incarne parfaitement ces nouveaux personnages teintés de gris.

 

On peut même pousser le vice à parler d’une nouvelle catégorie de gentils « heels » qui n’ont pas grand chose d’autre à se reprocher si ce n'est d’être considérés comme tels par un public qui les huent presque mécaniquement. On peut y placer des gars comme Otunga, qui s’est trouvé une nouvelle jeunesse avec ce personnage de conseiller légal, ou bien un Swagger qui a troqué son costume de sale type arrogant contre celui de lutteur sérieux qui enchaine les super matchs aux côtés de Vickie et Dolph.

 

 

Mais parle de Smackdown bordel ! De Smackdown !!!

 

 

J’y viens, j’y viens ! Et nous avons justement eu un épisode très intéressant à ce niveau vendredi soir.  Le haut de l’affiche du show bleu est en ce moment pris dans un triangle Bryan-Show-Henry qui présente un bon paquet de singularités, à commencer par celle de n’avoir ni vrai « face » ou « heel » en son sein selon moi.

 

Le Gros Spectacle est bien évidemment le plus « face » des trois. Mais pour autant, il n’en cultive pas moins une image propice à un changement d’attitude imminent, chose d’ailleurs assez fréquente durant sa carrière. Depuis sa cruelle désillusion et ces fameuses 45 secondes qu’on ne cesse de lui rabâcher, on pressent la tempête gronder sous le crane chauve.  Et même son attitude n’est pas franchement celle d’un pur gentil. Il a multiplié les coups bas sur son rival Mark Henry, puis n’a jamais semblé prendre au sérieux l’ex-favori de la foule Daniel Bryan.

 

 

Avec des fans comme ça c'est compliqué en même temps de savoir si on veut se faire aimer ou pas.

 

 

Mark Henry, lui, est clairement sorti de sa période Hall of Pain durant laquelle son seul but était de démolir la compétition et toutes les chevilles qui allaient avec. Il se positionne maintenant comme un ex-champion repenti, certes violent mais surtout sûr de sa force et de ce qu’il doit faire pour de nouveau grimper les marches du succès. Sa participation aux commentaires la semaine dernière a conforté cette nouvelle personnalité plus sérieuse et plus concentrée sur l’objectif ultime qu’est de retrouver sa ceinture, sans parasiter ses matchs par une simple volonté destructrice. Lui aussi semble prêt à accueillir un changement de réaction des fans à tout moment.

 

Quant à Bryan, il n’est plus « face », mais il est encore loin d’être « heel ». Il ne tente pas de manipuler la foule ou ses adversaires, la ceinture lui monte tout simplement à la tête. Il se fait détester un peu malgré lui pourrait-on dire de par l’aveuglement causé par le titre. Après l’allégorie des Jedis et de la Force à RAW, voilà qu’on nous sert du Seigneur des Anneaux à Smackdown. Je suis très loin d’être convaincu par la tournure des événements le concernant mais j’y reviendrai plus tard.

 

 

– J'ai quelques idées de storylines Mister Teddydore ! D'abord on pourrait dessiner une cicatrice sur le front de Dave Patanga et lui donner une baguette magique et ensuite il irait jeter des sorts sur ses adversaires et ensuite face à lui on mettrait KYJ Chris Mexico avec une gimmick de Pinocchio incapable de parler car il n'est pas un vrai petit garçon et…

– Mais où est Ron Simmons quand on a besoin de lui…

 

 

Mettons de côté ce trio infernal pour le moment et revenons sur le reste d’un Smackdown pour le moins enthousiasmant !

 

A commencer par la quantité impressionnante de matchs vendredi. Pas moins de huit matchs, dont un pour le titre suprême, et un paquet de segments micro intéressants. Dans tout ce joyeux bazar, on a trouvé quelques oppositions inédites et plutôt fun à suivre comme Justin Gabriel contre Heath Sleater et David Otunga contre Santino Marella.

 

Le premier match cité mettait aux prises les deux anciens partenaires, triple champions par équipes ensemble (oui oui…), dans un affrontement assez rafraichissant. Slater semble être dans une mini-feud avec Hornswoggle en ce moment et le maître du 450° Splash s’est incrusté là-dedans pour nous offrir une petite rivalité de low-midcard qui meuble bien l’émission sans nous endormir.

 

Ces deux jeunes catcheurs sont maintenant solidement ancrés dans le roster bleu et je ne sais pas vous, mais j’avais vraiment l’impression en les voyant qu’ils faisaient partie du décor maintenant. Ils sont bien installés et la WWE s’est probablement trouvé deux solides workers pour sa midcard à l’avenir. C’est sérieux et propre entre les cordes, ils ont de bonnes têtes et sauront faire le boulot pour « pusher » les futures stars.

 

 

Tandis que Heath se dore tranquillement la pilule au bord de sa piscine privée, Justin décide de troubler le repos de son ex-partenaire en faisant une des bombes dont il a le secret… Certaines feuds partent de presque rien.

 

 

Le second match cité faisait figurer deux lutteurs que j’adore en ce moment. Santino et David Otunga sont franchement les deux mecs qui me font le plus rire chacun dans leur registre avec aussi Johnny Ace. Alors on pourrait certes lever un sourcil Brahma Bullien en les voyant entrer en collision pour un match en milieu de show, mais cela sera vite effacé par le bon spectacle proposé.

 

Booké au terme d’un énième segment hilarant de l’Italo-Canadien avec un Long qui n’est jamais aussi bon que quand il se tient éloigné du ring, la rencontre s’est soldée avec un Cobra contré (oui monsieur !) pour une victoire de l’homme au thermos de café sur une sorte de Brainbuster assez violent. Réjouissante à souhait, cette victoire montre tout de même que les bookers ne sont pas des crétins finis et savent faire la part des choses entre les gens à enterrer et ceux qui doivent glaner des victoires par ci par là pour rester crédibles.

 

A l’instar du Slater-Gabriel, voilà un match de midcard comme je les aime. On ne prétend pas envoyer du très lourd techniquement, juste du bon spectacle, du divertissement et du travail bien fait. David Otunga confirme sa progression dans le ring et confirme que la WWE tenait décidément avec la première cuvée NxT une sacrée génération pour renouveler son roster. Entre lui et ses deux collègues précédemment cités mais aussi Daniel Bryan, Wade Barrett et un Skip Sheffield sur le retour lentement mais sûrrement, la fed de Vinnie Mac aura su caser tout ce beau monde un peu partout dans la carte pour un succès somme toute assez impressionnant.

 

 

Oui bon à part le John Cena noir c'est un succès total quoi !

 

 

Ok laissez tomber…

 

 

On enchaine avec la très belle surprise de la soirée : la présence du Funkosaurus Brodus Clay ! J’étais aux anges quand son match a été annoncé par les commentateurs en début d’émission, moi qui m’étais délécté de ses grands débuts à RAW quelques jours plus tôt.

 

Alors la gimmick est peut être casse gueule, le côté monster « face » qui écrabouille tous les heels du roster risque de lasser rapidement le public, mais il est tellement à l'aise dans son personnage que j'ai confiance en Brodus pour le porter le plus longtemps possible. Le souci réel c’est les possibilités de reconversion pour lui une fois sa passade funk terminée, mais bon en attendant profitons d’un personnage haut en couleur qui nous fait passer de bons moments en zappant sur un programme WWE.

 

D’autant que ce mec est surprenant dans un ring. Il est d’une vivacité assez improbable quand on regarde le bébé et il est capable de se déplacer à une vitesse largement au dessus de la moyenne des lutteurs du roster.

 

Sa gimmick rétro fait en tout cas fureur avec le public qui lui a réservé un accueil aussi chaleureux que les costumes de ses danseuses. La victime du jour se prénommait Tyson Kidd et le pauvre a fait encore moins illusion que Curt Hawkins il y a cinq jours. Un splash plus tard, la musique repartait et il ne restait plus qu’à appeler la maman du Canadien pour venir le ramasser.

 

 

On s’appelle après, pas de soucis ma belle.

 

 

Sans transition, comment voulez-vous en même temps après un tel spécimen, passons à un autre gars que j’apprécie beaucoup : le plus blanc que blanc (Coluche si tu nous regardes) Sheamus ! Il affrontait une nouvelle fois Jinder Mahal ce vendredi et je vais profiter de ce match pour donner mon sentiment sur le cette feud et le booking de l’Irlandais en général.

 

Je pense, contrairement à pas mal d’avis sur le forum, que cette feud, terminée par ailleurs, a été une excellente chose pour Sheamus. Ce gars jouit d’un booking absolument parfait depuis la perte de son titre WWE et la compagnie a excellemment su gérer son temps faible pour lentement le ramener au top.

 

Tout comme Wade Barrett, Sheamus remonte tranquillement vers le très haut niveau grâce à un regain de crédibilité qui part de loin. Ces deux hommes sont clairement amenés à réaliser de grandes choses dans les dix prochaines années et il faut les faire gagner, construire leur personnage et les établir comme futurs main-eventers. Une « winning streak », ne vous en déplaise, est une stratégie de booking comme une autre et cela démontre d’une consistance dans la volonté du développement des deux lutteurs.

 

 

– Dis Wade t’aurais pas quelques conseils pour battre Sheamus ?

– Cherche pas, il est destiné à un grand futur à la WWE tout comme moi, pose ton turban et couche toi gentiment.

 

 

Le turn de Sheamus a été accompagné d’une période de domination incroyablement bénéfique pour l’aura du rouquin. J’ai fait mes recherches et sa dernière défaite semble remonter aux Survivor Series, dans le 5v5 contre… Wade Barrett. Si on pousse à la dernière défaite en un contre un il faut remonter au 1er novembre dernier contre… Wade Barrett encore !

 

Mais entre ces défaites contre l’Anglais, il a battu en mano à mano et sans coup férir Christian, Swagger, Ziggler, McIntyre, Otunga, Miz, Henry, Slater et Mahal bien sur mais j’en oublie surement d’autres. Même quand il n’était pas dans un match pour le titre, on s’efforçait toujours de lui trouver une place sur la carte en PPV comme contre Swagger à TLC ou bien contre Christian à Hell in a Cell  et Vengeance ou encore Mark Henry à Summerslam. Cette omniprésence de Sheamus et ce sentiment de puissance qu’il dégage sont cruciaux pour l’établir comme un gars sur lequel il va falloir compter.

 

Il est tout doucement en train de grimper dans l’inconscient collectif au niveau d’un Orton par exemple sans exagération. Un mec terriblement dur à battre, capable de faire des matchs de fou et aspirant presque naturel à la ceinture quand son heure arrive. Il faut que Sheamus continue de passer en revue tout ce que la WWE a de heels jusqu’à Mania pour culminer sur un gros match pour la ceinture.

 

 

Il va pas faire bon être un méchant à Mania… j’ai peut être pas le bon timing là.

 

 

On l’a rapidement évoqué, Wade Barrett bénéficie avec son « Barrett Barrage » d’une stratégie similaire qui lui est évidemment très profitable. Après l’avortement de sa feud avec Randy Orton, il se cherche une nouvelle cible et semble l’avoir trouvée en nous annonçant qu’il affrontera la semaine prochaine ce même Sheamus au terme d’un segment micro comme toujours de fort belle facture.

 

Je suis très impatient de voir ce qui accouchera de cette feud entre les deux Britanniques. On peut difficilement s’attendre à une issue propre pour leur match et l’affrontement devrait déborder sur le Rumble dans lequel ils seront probablement des acteurs majeurs.

 

Ils sont vraiment sur la même trajectoire depuis quelques mois, chacun d’un côté de la force. La collision est donc d'autant plus attendue. A moins que le match pour le titre poids lourds à Mania ne soit un Triple Threat ou un Fatal4Way, un des deux va surement rester sur la touche et j’en serais le premier déçu. Du coup, le match de la semaine prochaine et ceux à venir s’annoncent assez cotons.

 

Difficile de pronostiquer l’avenir du titre WHC pour WrestleMania à Miami, mais je serais assez chaud pour un Fatal4Way de pur délire entre un Randy Orton sur le retour, un Sheamus plus dominateur que jamais, un Wade Barrett au sommet de la « heel heat » et un Daniel Bryan qui se serait frayé un chemin jusque là.

 

 

Rassurez-vous, je ne porterai pas cette veste ridicule si ce match a réellement lieu.

 

 

Le titre WHC c’est bien, mais le titre Intercontinental c’est pas mal non plus. Cody Rhodes, ce bel homme, était en action également et s’est vu offrir en sacrifice le musculeux Ezekiel Jackson dans un match que j’ai personnellement beaucoup aimé.

 

D’apparence anodine, cette rencontre fait partie des choses qui me font plaisir dans un show de catch et qui font la différence entre un show correct sans plus et une émission maitrisée de bout en bout. Ce match a parfaitement servi le champion dans une période de creux entre la fin de sa rivalité avec Booker T et l’affrontement à venir avec son demi-frère Goldust.

 

Au terme d’un segment micro encore parfaitement maitrisé durant lequel il n’a pas manqué d’écorcher le public, Booker et son cher demi-frère, Cody nous a offert une partition à la limite de la perfection qui l’a bien mis over et lui a donné un surplus de « momentum » comme on dit face à un adversaire tout sauf tendre entre les cordes. En effet, j’ai trouvé le match d’une rare crédibilité dans son déroulement. Rhodes a complètement asphyxié Big Zeke par une vitesse d’exécution et une précision d’horloger pour faire passer ses moves et parfois même rattraper les erreurs du sud-américain qui a été loin de tenir la comparaison.

 

C'était un de ces matchs, vous savez, où on a presque l’impression d’avoir un véritable combat sous les yeux et pas une chorégraphie bien exécutée. C’était vif, c’était divertissant et c’était une belle victoire bien nette pour un champion qui ne cesse de porter haut les couleurs de la ceinture vintage Intercontinental.

 

 

Va falloir faire bien plus que ça pour aller le chatouiller cette année.

 

 

On a presque fini le petit tour des matchs avant le main-event et il nous reste encore à aborder le cas McIntyre. Ce vendredi, Teddy Long avait décidé d’envoyer notre bel Ecossais face à Ted DiBiase pour ce qui ressemblait beaucoup au match de la dernière chance. Nul besoin d’entretenir le suspense d’une histoire si peu excitante, Drew a encore perdu, sacrifiant le peu de crédibilité qui lui restait sur l’autel d’une feud un peu bizarroïde entre le Million Dollar Son et les clichés mexicains Hunico et Camacho.

 

Comme l’a fort justement souligné Major Tom sur le forum, hôte d’une magnifique nouvelle chronique « Gros oui ou Grognon », rien de bien n’est jamais sorti d’une losing streak. Je partage pleinement son avis et je ne sais pas si la WWE a pour dessein de faire remonter la pente à l’ex de Tiffany en lui préparant un petit programme dont elle a le secret, mais cela ressemble beaucoup aux chroniques d’un flop annoncé.

 

C’est d’autant plus dommage que j’aime énormément McIntyre, mais il semblerait qu’il ait épuisé toutes ses cartouches et qu’il ne soit plus bon qu’à aller jobber à Superstars pour permettre à quelques jeunes prometteurs de monter dans les rosters principaux… On soulignera tout de même que son match contre Ted était assez agréable et que ce dernier confirme d’ailleurs qu’il est toujours aussi propre entre les cordes.

 

 

Allez allez Drew, c'est fini…

 

 

Et nous arrivons enfin au main-event ! Ah ? Qu’entends-je ? Il semblerait mes amies que les Divas aient eu un match ce vendredi. Ah oui en effet… Ma conscience professionnelle de nalyseur d'exception des CDC m’oblige à y consacrer quelques lignes.

 

Voilà, c’est fait.

 

 

– Allez viens Nattie on s'en va !

– Mais non attends repose moi ! J'ai vu un gars au 10ème rang qui regardait notre match !!

 

 

Alors le Main-Event… beaucoup de choses à dire et pas forcément que du positif. Mais revenons déjà sur le début d’émission et sur le segment micro introductif de ce Smackdown. Daniel Bryan ouvre le show avec une promo intéressante. Lui donner le micro pour lancer sur les bon rails le reste du programme est déjà assez couillu quand on connaît le bestiau, mais il faut aussi lui donner de l’exposition maintenant qu’il a la ceinture.

 

Il le fait relativement bien il faut l’avouer en jouant la partition du « heel » malgré lui que j’abordais brièvement en introduction. Il semble être un peu victime de son propre succès et la ceinture lui monte à la tête depuis quelques semaines. Si on ajoute à ça la petite AJ qui lui donne des ailes en backstage, on obtient un petit con sûr de sa force et aveuglé par son succès récent, au point d’aller chercher des crosses à des gars qui font deux fois sa taille.

 

Logiquement, il agace le public et les gens qui acclamaient le petit prince du circuit indépendant lors de son cash-in se retournent contre lui et sa nouvelle attitude. Mais il agace également sérieusement le World’s Strongest Man qui vient l’interrompre pour lui expliquer que suite à son intervention dans le match de la semaine dernière, il serait banni pour le Main-Event de ce soir mais également qu’il aurait un « title  shot » la semaine prochaine.

 

 

J'ai eu un title shot et le droit de te démolir pour avoir t'avoir poussé pendant ton match la semaine dernière, imagine ce que ce sera quand Teddy saura ce que le Sexual Chocolate a fait à Aksana.

 

 

Il est déjà agréable de remarquer que les bookers n’ont pas complètement perdu la tête et qu’ils offrent une opportunité à Mark de récupérer son bien, lui qui n’avait jamais eu le droit à son fameux rematch. L’histoire est également sympa car on a un peu l’impression que le sort s’acharne sur un pauvre Bryan qui ne sait décidément pas dans quelle panade il se met.

 

La soirée avance et on arrive à un nouveau segment micro, backstage cette fois-ci, au cours duquel le Gros Spectacle est en discussion avec un arbitre à qui il intime de ne pas hésiter à sonner la cloche au lieu de compter jusqu’à 3 si jamais il finit par mettre K.O Daniel avec son terrible direct du droit. Encore une fois, j’attire l’attention sur une attitude pas forcément très respectueuse de son adversaire de la part du Big Show qui devient assez coutumier du fait.

 

S’ensuit une intervention d’AJ qui tente de convaincre Show de ne pas faire de mal à son amoureux, ce à quoi il répond qu’elle ne doit pas s’inquiéter et que tout ce qu’il l’intéresse c’est la ceinture et rien d’autre, s'il peut mettre un peu de plomb dans la tête de son petit ami ce n’est que du bonus.

 

Arrive alors le champion qui semble persuadé d’avoir vu le géant draguer son amie. Il nous sert alors un nouveau couplet empreint d’assurance, d’arrogance et de bêtise aveugle d’un petit barbu plus énervant que jamais. Show ravale sa fierté pour le moment et repart tandis que Bryan nous sort la réplique de la soirée en direction de l’adorable ingénue « How much do you love me ? ». Franchement, j'espère qu'aucun de ceux qui liront ce papier n'a jamais utilisé ça…

 

 

– Dis Show tu m’aimes à quel point ?

– Quoi ? Hein ? Non mais je ne…

– Tu m’aimerais au point de m’offrir ton bonnet ? J'en ai toujours rêvé.

 

 

Alors si je suis aussi descriptif sur le déroulement des évènements autour de Bryan et si je m’y attarde aussi longuement, c’est parce que je pense que la WWE fait une terrible erreur avec la direction qu’elle souhaite donner au personnage du Submission Specialist.

 

Cette réplique d’apparence anodine va conditionner l’issue du match pour la ceinture qui va suivre et probablement par extension le booking de Bryan pour les semaines, voire les mois à venir.

 

A la suite de cette innocente incartade en coulisse, les deux lutteurs vont se retrouver dans le ring et nous offrir un fort beau match au cours duquel l’utilisation de la chaise et de la stipulation en général sera très très bien exploitée pour offrir à l’American Dragon une prestation des plus crédibles de son début de règne.

 

Alors que l’action continuait de se dérouler principalement autour du ring, zone dans laquelle Bryan pouvait s’en donner à cœur joie pour prendre l’avantage sur un gars faisant 2 fois son poids comme le rappelait une fiche signalétique d’avant match (je trouve d’ailleurs l’idée super sympa et qui gagnerait à être reprise avant chaque match pour un titre par exemple pour mettre en parallèle le challenger et le champion), voilà que le Big Show entreprend de poursuivre un Bryan trop rapide pour lui qui se faufile à côté d’AJ qui assistait au match de son héros tranquillement aux abords de la zone de combat et là… c’est le drame !

 

Big Show percute la pauvre petite geekette, qui prend au passage un bien beau bump, et la laisse inconsciente près de la barrière de sécurité. Le géant est sous le choc et presque aux bords des larmes alors que l’arbitre appelle les soigneurs et la civière.

 

Ok, STOP !

 

 

Ouais c’est bien le moment de faire souffler les bookers dans un ballon.

 

 

Je ne fais pas spécialemnt partie des fans de ce qui se passe avec le personnage de l’American Dragon. Pour moi, le gars est un trou noir à charisme quand il prend le micro, et ce depuis ses débuts à NxT. Ses premiers faits d’armes en promo après son cash-in victorieux étaient de crier le plus fort possible qu’il était le WORLD HEAVYWEIGHT CHAMPION et… et c’est tout. On connaît le traitement réservé aux « heels » à la WWE, qui ne se prive pas le plus souvent de les castrer d’une belle partie de leur moveset. Or c’est bien là où Daniel fait la différence.

 

Et voilà maintenant qu’on veut l’afficher en « heel » manipulateur qui joue avec le cœur de sa bien aimée pour arriver à ses fins et remporter des victoires cheap sur son premier règne. Je pense que c’est une énorme erreur.

 

Déjà la décision de le faire turner est pour moi une aberration alors qu’il a à peine gagné le soutien de ses fans. Après tout, le gars est une star sur le circuit indépendant, mais pour le grand public, c’est encore le rookie de la saison 1 de NxT qui n’a à son actif qu’un titre US et quelques victoires par ci par là. Il n’a pas encore de réelle base de supporters selon moi. Il s’attire quelques pops sympas certes, mais c’est plus de la sympathie mécanique liée à son style agréable dans le ring et à sa bonne bouille d’outsider que de la vraie réaction de fans absolus.

 

Dès lors cela n’a pas de sens pour moi de vouloir en faire un « heel » détestable et la pire des raclures. Pour être véritablement détesté et haï, il faut selon moi avoir été adoré au préalable et ce n’est pas le cas de Daniel Bryan. C’est de la heat à court terme qu’on lui offre, mais cela n’a aucun sens dans la construction de son personnage qui navigue complètement à vue.

 

 

Voilà c'est bon vous êtes contents je peux lui envoyer un coup de pied dans les noix maintenant ?

 

 

Son personnage était pourtant pris dans une histoire des plus intéressantes. Il semblait coincé au milieu de géants, de montagnes insurmontables. Il était obligé de défendre son titre semaine après semaine face à des colosses. Après un cash-in pour le moins chanceux et opportuniste, il aurait pu conserver sa ceinture show après show en faisant preuve de courage et en se servant de sa technique et de sa confiance en soi infaillible. Son amourette avec AJ aurait pu lui attirer un soutien supplémentaire également auprès de la foule. Il y’avait tout à gagner à faire de lui un « ultimate underdog » à la Rey Mysterio de par son côté terriblement attachant et son moveset détonnant.

 

Mais non, comme souvent la WWE a choisi la voie de la facilité et a mis en place un turn simple et définitivement court-termiste. N’importe quel péquenot peut écrire un scénario de la sorte pour agacer les gens et susciter une réaction négative. Mais c’est d’autant plus efficace avec un personnage comme Edge qui a un lourd passif de « face » adulé, mais également de « heel » manipulateur et machiavélique.

 

Je crains fort que nous assistions à un échec annoncé et je ne donne pas cher de la peau de Daniel Bryan jusqu’à Mania avec une telle gimmick qui est selon moi vouée à le rendre totalement sans saveur sur le moyen-long terme. Mon jeu de mot vaseux en titre de cet article avait pour but de définir une situation sympa au sein de la WWE avec des rôles bien difficiles à attribuer entre les méchants et les gentils en ce moment, mais également le revers de la médaille avec parfois, comme c’est le cas ici, l’inaptitude chronique de la féd de Stamford à construire des personnages crédibles et consistants.

 

 

Cette beauté vaut mieux que ça tout de même !

 

 

C’est assez rare que je critique le produit estampillé McMahon, mais je suis vraiment triste de voir ce qu’ils semblent vouloir faire avec un Daniel Bryan qui avait tout pour réussir en « face ».

 

Alors que Smackdown, et plus généralement la WWE manque cruellement de top « faces » (d’où l’importance énorme du traitement réservé à Sheamus également), voilà qu’elle décide de faire basculer de l’autre côté de la force un de ceux qui avait tout pour faire un premier run « face » flamboyant.

 

L’avenir me dira si j’ai tort, à commencer par le match pour la ceinture de la semaine prochaine où le petit barbu devra encore rivaliser de roublardise pour venir à bout d’un Henry diminué mais revanchard. AJ cette fois ne sera pas là pour lui sauver la mise, et ce n’est peut être pas plus mal. A toi de jouer Danielson, grand champion que tu prétends être, pour me faire mentir et redorer ton blason.

 

 

– Ah Aksana je ne sais vraiment plus quoi faire avec Bryan, cette histoire avec AJ, son couplet sur lui étant un "fighting champion"… J'ai du mal à le croire, il essaie de nous faire avaler tout ça mais je n'aime pas trop.

– Oh oui Teddy moi j'aime beaucoup av…

– COUPEZ !!

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