Catch

Le chant du Sin

J'ai vu ta mère sur Chatroulette.

Max Boublil

 

Où il est question de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, de roulette, le 14, noir, impair et manque.

 

 

– Oh Teddy chou! Jeu spécial Kamasutra, très romantique! Espère tomber bukkake gang bang!

– Vade retro, Tatanka.

 

 

Nalyse de Smackdown du 20 janvier

 

Après le Raw précédent, très violemment orgasmique en ce qui me concerne, c’est peu dire que j’attendais Smackdown ! Assorti d’une roulette anecdotique, puisque nécessairement truquée sous peine de mettre en péril l’intégrité des catcheurs, cela augurait a minima de rencontres atypiques et probablement intéressantes. Et puis, au moins, la roulette, à Las Vegas, ça a une certaine logique.

 

Au fait, il est où Tony Chimel ?

 

Segment 1: Bryan et Show, episode 127

 

C’est un Daniel Bryan amer qui s’avance vers le ring, un champion qui veut faire croire qu’il est meurtri par l’agression de sa compagne (laquelle sera éloignée des rings in kayfabe pour un moment, ce qui est bien dommage, encore une bonne Diva potentielle sacrifiée…). Signe du nouveau statut de heel de Bryan, Cole n’est plus aussi véhément avec lui… A noter d’ailleurs que laisser le micro à Bryan en ouverture d’un show est un joli signe de confiance. Sans surprise, Bryan file l’analogie entre la ville des péchés et ce que Show a fait subir à sa moitié la semaine passée. Admettons. Je ne pense pas que Bryan sera un jour un génie de la promo, mais il fait le métier, notamment dans l’abattage qu’il inflige au géant dans la foulée.

 

A noter, d’ailleurs, qu’en termes de heat, l’agression subie par AJ a forcément été efficace : c’est un peu la petite fiancée des geeks, membres de l’IWC par essence, qui a subi la malice de son compagnon, retournant par contrecoup l’opinion contre celui qu’ils chérissaient au préalable. Ceci d’autant plus que Bryan ne se prive pas de rappeler que la belle AJ en pince pour lui, ce qui doit titiller la fibre jalouse des suiveurs… Coup de pied du berger à la bergère de la part de la WWE ? Ça y ressemble.

 

Le plus étonnant, finalement, c’est l’absence de Show, malgré les provocations répétées de l’American Dragon. Sans doute essaie-t-on de prétendre qu’il est traumatisé…

 

 

Alors AJ, je l'ai prise comme ça et PAF, je lui ai pété la colonne!

 

 

Segment 2 : Un freak, une roulette, et un nain

 

Première apparition de la roulette, surveillée par Teddy Long et sa call-girl (c'est une roulette russe AHAHAHAHAHAHAHAH) dont je me demande toujours l’utilité à part satisfaire les plus libidineux. Rhodes, en tous cas, obtient le droit de choisir sa cible, et désigne Horswoggle.

 

La suite, évidemment, ne fait guère de doute : Rhodes se prépare à détruire le midget, quand le bon Justin Gabriel intervient pour le sauver. Le match devient dès lors un match opposant le Sud-Africain au jeune Rhodes. Vous noterez d’ailleurs que si j’appelle volontiers DiBiase le « fils de »,  ce n’est jamais le cas pour Rhodes, et ce n’est par hasard, tant Cody a su créer sa propre carrière dont j’espère qu’elle ne fait que commencer.

 

Toujours est-il que le match peut être savoureux, et il l’est, même si Rhodes n’a manifestement pas jugé son adversaire digne d’un title-match. Pourtant, le voltigeur est plutôt apprécié du public, performant entre les cordes, et l’idée de le voir revêtir la ceinture à terme n’est pas déplaisante.

 

En tout cas, en guise d’apéritif pour cette éventuelle feud, les deux hommes se livrent sans retenue, Gabriel multipliant les spots remarquables, et Rhodes éclaboussant le match de sa classe, et montrant, en un sens, un certain respect pour son adversaire en l’asphyxiant, c’est-à-dire en ne prenant pas le risque de laisser le Sud-Africain reprendre trop souvent la main.

 

Je me suis demandé pourquoi Hornswoggle n’aidait pas son camarade, mais si Justin doit viser bientôt le titre, sans décrédibiliser Rhodes, il ne fallait pas que le leprechaun aide lson protecteur, dans un sens comme dans l’autre. Ainsi, Rhodes part avec une longueur d’avance, grâce à cette victoire, et son adversaire s’est montré potentiellement dangereux, même sans aide extérieure.

 

 

Mesure d'éducation tombée en désuétude, la fessée fait son grand retour.

 

 

Segment 3 : Henry spins comme un fou

 

En coulisse, le World’s Strongest Man est furieux. Contre Long, qu’il rend responsable de la blessure d’AJ (euh, mec, tu es heel, tu t’en fous), et contre la roulette, dont le principe est stupide (ça, ce n’est pas être heel, c’est avoir du bon sens). Long la fait donc rouler à sa place et le match sera un Lumberjack Match : tiens donc. Car, comme nous l’avons souvent exprimé, mes camarades et moi-même, dans ces colonnes, un heel ne se reconnait pas à son comportement, mais à sa cible. Or, ce soir, la cible de Henry est Bryan. Bryan a utilisé sa nana pour gagner, il s’en est pris à un chouchou du public en la personne du Gros Spectacle, donc selon toute bonne logique, Bryan sera le heel, Henry le Face par défaut, et celui qui risque de se faire démolir hors du ring… c’est Sexual Chocolate ! Wait and see donc.

 

 

Ou alors je peux arracher la roue et taper sur Bryan avec… Je suis un génie.

 

 

Segment 4: Uso contre Colon, Tag Team Tornado Match

 

Bon, je ne reviendrai pas sur l’attribution du titre aux Colon, titre que j’aurais préféré voir sur les tailles de Hunico et de son petit camarade, mais je me console en me disant que Primo l’a amplement mérité.

 

Le match ne restera pas dans les annales, les champions l’ont emporté, mais cette stipulation (qui autorise les quatre catcheurs à être sur le ring en même temps) autorise de beaux mouvements, notamment quelques mirror moves du plus bel effet, et on ne peut qu’espérer revoir ce genre de rencontres rapidement.

 

 

Voici la Superstar que l'on voit le plus à chaque match des Colons. Etrange.

 

 

Segment 5 : Clay et boue

 

Non. Non, non et non. Je n’aime pas le gimmick de Clay. J’adore le funk, j’adore sa nouvelle musique d’entrée, mais non. Je ne peux pas me résoudre à voir un lutteur d’un tel talent en être réduit au match qu’il livre contre JTG, ou ce soir, comble de l’horreur, affronter successivement Vickie et Regal dans un concours de danse. Accessoirement, voir Regal est toujours un plaisir, tant ce type a de classe et de talent, mais bon sang qu’on le fasse catcher ! Ah, Regal/Swagger… Que ce serait beau. Donc, évidemment, le Funkasaurus l’a emporté, mais décidément ces gimmicks sorties des années 1980 ou de la TNA me hérissent.

 

La seule chose qui me réjouit, c’est que la greffe semble prendre sur le public, et si cela assure une carrière à Brodus, c’est bon à prendre !

 

 

De ce côté, un mastodonte grimé en Run DMC…

 

De ce côté, une mégère qui remue sa couenne n'importe comment…

 

Mais qu'est-ce que je fous là?

 

 

Segment 6 : A table !

 

Sheamus et Barrett ont trouvé un nouveau jeu, grâce à la roulette : le Tables Match. Autant dire que nous avons assisté à un nouveau déluge de violence, Barrett remportant une victoire de prestige face à Sheamus déconcentré par Mahal, lequel Mahal est ensuite allé à son tour faire un bisou au contreplaqué. Pas grand-chose à dire, en fait, sur ce match, auquel il manque surtout un enjeu concret : pas de titre en jeu, et du reste le fait de voir ces deux hommes  ne pas en porter en dit long sur le niveau du roster de SD. Si on peut jouer  un peu, à notre tour, à Madame Soleil, je verrais bien l’un de ces deux-là gagner le Rumble. Je pense que pour Wrestlemania, Cena portera le titre pour affronter The Rock. Aussi, le gagnant du Rumble devrait être issu de SD et à ce jeu-là, il faudra un Face pour affronter Bryan que je ne vois pas perdre la ceinture d’ici là. Aussi, je verrais bien une victoire de Sheamus.

 

A noter au passage que si, finalement, Bryan perd son titre à WM, ce sera un peu le monde à l’envers par rapport à ce que l’IWC espérait, et pour continuer ma théorie du « coup de pied du berger », cela ne me semble pas être une coïncidence…

 

 

Pour les vignettes, on peut être tenté de faire des vannes.

Ou un commentaire quelconque.

Et quelquefois les images parlent d'elles-même.

 

 

Segment 7 : Hissez le drapeau blanc !

 

Ce soir, DiBiase affronte Hunico pour un flag match, qui consiste à récupérer son drapeau dans un coin du ring. Moui. Le match n’a pas été mauvais, mais il n’a pas non plus été excitant, et surtout il a été court. J’approuve sans réserve la volonté manifeste de la WWE de mettre un maximum de catch dans SD, pour équilibrer par rapport à un Raw devenu très bavard, mais quand les matchs sont aussi courts, il n’est pas interdit de le regretter.

 

Ce qui m’a, en revanche, un peu plus dérangé, ce sont les drapeaux : un américain et un mexicain. On peut en rire, et nous ne nous en privons pas dans les vignettes, mais les oppositions « nationalistes » me posent toujours un problème, comme une espèce de gêne diffuse, et voir DiBiase, The Marine II ne l’oublions pas, agiter le drapeau américain à l’issue du match a quelque chose de dérangeant.

 

 

Sérieusement.

 

 

Segment 8 : Est-ce que quelqu’un peut rappeler à Long le chemin de Pôle Emploi ?

 

Car il semble l’avoir oublié. Comme toutes les semaines, si Drew se plante, il se rapprochera du licenciement. Long a donc inventé le licenciement en 74 étapes… Et le pire, c’est que Drew a encore perdu, contre Santino, à l’issue d’un  match à l’aveugle… Perdre contre le champion du Comedy Match, aussi souvent : je l’ai déjà dit, mais malgré tout rebond que la WWE pourrait être tentée de lui faire faire, sa crédibilité est anéantie, et il ne pourra, à mon sens, jamais repartir vers les sommets. La seule issue demeure à mon humble avis un licenciement kayfabe, avant de le reprendre dans quelque temps avec un nouveau package, mais avec sa gueule et son accent, il va être difficile d’en faire autre chose qu’un Ecossais bourru et brutal. Seulement, le créneau est déjà pris par un Irlandais, à ce qu’il paraît.

 

 

Mais? Mais? Où est donc mon avenir de Hall of Famer annoncé?

 

 

Segment 9 : Pour des heels, Henry et Bryan ont beaucoup d’amis !

 

Enfin, le plat principal : le match pour le titre. Très obligeamment, les victimes passées de Henry ne sont pas venues, même si, comme je l’évoquais précédemment, le sosie de Théo du Cosby Show devrait quand même subir le courroux des lutteurs regroupés autour du ring.

 

Au passage, d’ailleurs, le père Henry est supposé être blessé à la cheville depuis un moment, et il est toujours impressionnant de le voir se donner à ce point avec une santé du coup manifestement précaire.

 

Bon, le gros souci du Lumberjack match quand on est taillé sur le modèle du flétan, c’est que pour sortir un adversaire qui lui est plutôt du gabarit dit « engin de chantier », forcément, ce n’est pas de toute simplicité, et Bryan en a fait la douloureuse expérience en s’écrasant à de multiples reprises sur le mur Henry, lequel en revanche a  parfois semblé jouer avec son rival comme avec une poupée de chiffon. Les démonstrations de puissance d’Henry sont vraiment toujours stupéfiantes, bien supérieures à celles offertes par Show. Malgré tout, Bryan a eu ses temps forts pendant le match, frappant vite, stratégiquement et tactiquement, et obtenant même une poignée de nearfalls.

 

Et vous voyez, parfois, et même souvent, il arrive que l’honnête nalyste se colle le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate. C’est d’ailleurs pour cela que je préfère les nalyses chronologiques, qui permettent de mieux saisir le déroulement d’ensemble du show. Ainsi, au moment du tirage au sort, j’étais convaincu que le Lumberjack allait servir Bryan. Il a effectivement gagné, mais pas comme je l’avais imaginé.

 

Bryan sort du ring. Les Lumberjacks l’épargnent, et le somment d’y retourner. A ce stade, deux hypothèses : soit ils veulent qu’Henry le détruise, soit ils le soutiennent.

 

 

Non, non et non! C'est mon opportunité de faire une promo,

je vous la laisserai pas!

 

 

Puis c’est Henry qui sort du ring. Est-ce qu’ils essaient de le faire remonter ou est-ce qu’ils l’attaquent, toujours est-il qu’une marée humaine curieusement statique s’abat sur le béhémoth. Mais dans le même temps, certains, les têtes d’affiche pourrait-on dire comme Rhodes ou Barrett, montent sur le ring pour dégommer Bryan, et c’est Henry qui doit faire le ménage. S’ensuit une invasion du ring qui dégénère rapidement en Battle Royale.

 

Tout ça pour vendre le Rumble imminent ? Ça ne pouvait pas attendre la semaine prochaine ? Et au-delà de son souci de lisibilité, cette scène est surtout délicate à analyser, puisque tout se justifie, ainsi que son contraire… ambitions personnelles des Lumberjacks qui les poussent à agresser deux rivaux sans distinction, mais alors pourquoi avoir épargné Bryan dans un premier temps ? Pourquoi ne pas avoir attaqué Henry directement, plutôt que ce mouvement informe ? Curieux, et pas très réussi à dire vrai.

 

Et en attendant, le personnage de Bryan est un de ces nouveaux heels que la WWE semble affectionner : il manipule sa nana, geint en permanence… mais il n’a pas tort, sur ce dernier point. Un match sans disqualification ni décompte extérieur contre un géant ? Un Lumberjack contre un autre (et en stigmatisant ça il sous-entend que la roulette est effectivement truquée) ?

 

Et il va, du reste, être servi, puisque comme nous le pressentions tous depuis… depuis son titre, en fait, donc depuis l’origine de son règne, le Rumble sera le théâtre d’un Triple Threat Match opposant les deux mastodontes à la crevette, le tout dans une cage, seule innovation de Captain Obvious. A noter, du coup, que les deux colosses seront absents du Rumble, et ce genre de match sans ce type de lutteurs c’est à mon sens une fausse bonne idée. Difficile, pourtant, de les imaginer participer au Rumble après un Steel Cage Match à 3, match réputé par excellence épuisant et dévastateur.

 

Et puis… Et si c’était Bryan qui allait au Rumble ? Qui l’emportait ? Et qui, à Wrestlemania, affrontait Punk pour un Undisputed Championship ? Bon, la perspective a autant de chances d’arriver que de voir Hervé Morin à l’Elysée, mais avouez que ce serait quand même violemment excitant.

 

Excitant, ce n’est pas le terme pour désigner ce SD mais, et c’est récurrent, SD a offert du bon catch, des storylines solides, des perspectives alléchantes, et un roster toujours aussi séduisant, qui en tous cas me plaît bien davantage que celui de Raw. Et, pour conclure comme souvent sur ce même show : que demander de plus ?

 

 

DUEL DE CHARISME! FIGHT!

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