Catch

Smackdown, cette semaine, c’est une classe dont l’ennui est le pion

Tu baises des ménagères, c'est bien, tu dois avoir le cul qui brille,

mais c'est pas ce que j'appelle avoir de la classe.

Georges Abitbol, l'homme le plus classe du monde.

 

Où il est question de pet, d'uniforme, de coccyx, de conchier, de régréssion, de queue, et de porno gay. Cette semaine, c'est la classe.

 

 

Je ne vous dis que ça.

 

 

Nalyse de SD du 27 janvier 2012

 

 

Le dernier SD d’avant-PPV est traditionnellement assez statique : les feuds sont bien en place, ce n’est plus vraiment le moment de bouleverser l’organigramme… Reste tout de même l’enjeu fondamental : vendre le PPV à venir, précisément. Et en ajoutant à cela le retour de Randy Orton, comment la sauce allait-elle prendre ? La Vipère a en effet décidé de revenir dès SD, sans attendre le Rumble comme on aurait pu le penser. Comment les bookers vont-ils s’en tirer ? La réponse tout de suite.

 

Au fait, il est où Tony Chimel ?

 

 

Segment 1 : Parce que sous l’uniforme, y’a un cœur…

 

Le show commence par un flashback sur l’impact de Show sur AJ. Si vous avez lu le titre de ce segment, vous vous doutez de ce qui s’est passé. Show, absent la semaine dernière alors que Bryan déversait sa bile sur lui, se présente sur le ring. Show, tête basse, présente pour commencer ses excuses : il n’a jamais pris conscience de sa force, au cours de sa carrière. Angle intéressant, parce que, dans un sens, « crédible » : il est habitué à lutter contre des athlètes entrainés, mais face à AJ et ses 45 kilos, la donne est forcément différente. Le problème, c’est que pour être crédible, il faut l’être jusqu’au bout : rentré chez lui, on imagine que Show a revu l’émission. Il a donc vu Bryan demander un service à sa compagne, et n’a pas pu ne pas faire le lien. Mais bon, pour le bien de la feud, passons outre et poursuivons.

 

En tous cas Show a présenté ses excuses à AJ et coup de tonnerre sur Tucson, puisque le géant se demande, à voix haute, s’il peut poursuivre sa carrière après cet accident… Le public est médusé, et c’est évidemment le moment où retentit le thème de Bryan, cette espèce de version vaguement métal de la chevauchée des Valkyries que, en vieux con que je suis, je conchie avec énergie. Coup classique du heel qui interrompt la communion avec le public, mais avec le public du Texas ou de l’Arizona les grosses ficelles donnent souvent l’impression de mieux marcher qu’ailleurs.

 

Bryan ressert à peu de choses près sa soupe de la semaine passée : AJ ne va pas bien, elle était sous médocs quand Show est venue la voir et ne se rappelle même plus de ses excuses. Show devrait disparaitre de la circulation, la WWE étant une compagnie d’athlètes et pas de monstres de foire. André le Géant vous salue bien, ce que ne manque pas de tenter de relever Show. Mais Bryan est déchaîné, il évacue d’un revers de main le souvenir du premier Hall of Famer et insiste : Show doit se retirer. Ce faisant, il assène quelques petites claques à Show, tout en lui appuyant sur le torse du bout de l’index, vous savez cette manie très désagréable de mec bourré, jusqu’à ce que ce dernier ne craque, détruise Bryan et le jette au loin comme une poupée de chiffon et comme pourrait le faire Obélix (je pense que j’adore Show par pure régression). En tous cas, si Show envisageait de se retirer, il semble qu’il soit regonflé à bloc pour démolir du blondinet barbu dimanche…

 

Henry intervient à son tour : il se tape des regrets de Show, encore plus du complexe de supériorité (Napoléon dans le texte) de Bryan, ou de AJ. Alors que les trois hommes vont se mettre joyeusement sur la gueule, Long intervient et booke un match… entre Henry et Show. Pourquoi eux ? Que va faire Bryan ? Bref, un booking curieux.

 

En revanche, si les promos n’ont pas cassé trois pattes à un canard, malgré les talents de Show et Henry à ce jeu, il faut bien admettre que l’ensemble du segment était plutôt agréable à suivre parce que très dynamique : beaucoup d’interactions, de rebondissements, des petites algarades, un segment efficace. En revanche, il est temps que la feud se termine : cela fait très, presque trop longtemps que l’on voit les mêmes hommes impliqués, et il va falloir songer rapidement à renouveler le casting, ce qui sera sans doute le cas sitôt le Rumble passé.

 

 

– Moi, je veux bien rendre service, mais il va falloir être très gentille avec moi…

– QUOI? Tu m'as prise pour Aksana?

 

 

Segment 2 : Justin Gabriel vs Cody Rhodes

 

Le Sud-africain n’a toujours pas le statut nécessaire pour que son adversaire lui accorde un title-match, semble-t-il. Et cela ne semble pas en prendre le chemin puisqu’il se fait détruire, à peu de choses près, en deux minutes par son adversaire, en résistant moins bien que la semaine dernière… En gros, Rhodes attend patiemment le lendemain du Rumble pour avoir droit à une vraie feud lors de laquelle il aura vraiment à défendre son titre, et c’est regrettable de laisser le maître du four-fifty ainsi végéter…

 

 

Moi aussi je sais faire des vilains gestes! Paf!

 

 

Segment intermédiaire : Santoshi ou Yoshitino ?

 

Vous avez deviné, bande de petits Sherlock Holmes, il y a une nouvelle équipe en ville : Santino et Yoshi. Une caricature et un spécialiste du Comedy Match, au moins on va se marrer. Et comme McIntyre trouve encore le moyen de ramener sa fraise, il hérite d’un joli match contre Sheamus…

 

 

Segment 3 : McIntyre contre Sheamus.

 

Bon, là, je ne vois plus qu’une explication : le public adore voir l’écossais se faire démolir, et la WWE veut faire plaisir à son public. Quand à Sheamus, il avait besoin d’une démonstration face à un supposé costaud qui ne soit pas Mahal (déjà vu) ou Barrett (déjà pris, a priori, par le retour de l’Apex Predator), et a donc marché sur l’autre sujet de sa Royale Majesté. Oh, bien sûr, Drew a eu un petit moment fort, mais rapidement balayé, et je persiste et signe : jamais il ne pourra se relever d’une losing streak pareille. Quant à l’Irlandais, il confirme son statut de vainqueur potentiel du Rumble, mais comme on le vérifie trop souvent le vainqueur n’est à peu près jamais celui que l’on croit.  C’est assez curieux, d’ailleurs, cette manie de toujours déjouer les pronostics pour le Rumble : quand on prend autant de temps pour booker un type comme une dévastatrice machine à tuer, c’est toujours un peu curieux de le voir perdre. Presqu’autant que le grand classique du gros costaud emporté par son élan qui passe par-dessus la troisième corde, mais je m’égare.

 

 

 

7 différences se sont glissées entre ces deux images.

Sauras-tu les retrouver?

 

 

Segment 4 : Santoshi vs Los Colones

 

Vous avez l’impression que les matchs miniatures s’enchaînent ? C’est normal. Comme la semaine dernière, et celles d’avant, Smackdown fait une revue d’effectif en multipliant les matchs trop courts. En soi, ce n’est pas désagréable, puisque cela permet de faire souffler un vent de fraicheur sur le show bleu qui dispose de davantage de « profondeur de banc » que le show rouge, mais ces « échantillons dégustation » commencent à devenir un peu agaçants… On peut donc en conclure que le rôle de SD est cette fois certain : donner un début d’exposition à certaines jeunes Superstars, ou aux Superstars en devenir, plutôt que de systématiquement les envoyer au show du jeudi. Le problème, c’est que dans les faits, même ceux qui font leurs preuves ont peu de chances d’accéder à la première division, c’est-à-dire Raw, une poignée de up-midcarders et de upcarders trustant sans partage toutes les places : Orton, Sheamus, Christian, Barrett, Henry, Bryan et Show, parfois Rhodes. Ce n’est pas demain que des catcheurs méritants comme Justin Gabriel y auront leur place.

 

Revenons-en à notre match par équipes : amusant, comme on pouvait s’y attendre. Tatsu a quand même bien progressé depuis quelques temps (notamment en masse musculaire), et il ne faut pas oublier qu’avant d’être un clown Santino peut être un bon catcheur. La rencontre a donc été aussi dynamique que plaisante bien que, encore une fois, trop courte, et se conclut par une victoire des Colones. Et puis, voir Tatsu (et son costume assez classe) imiter la marche forcée de Santino, puis Santino imiter le salut respectueux du nippon, c’est quand même assez festif.

 

De plus, Santino est toujours extrêmement populaire, Tatsu représente un marché attractif, il n’est du coup pas du tout impensable de les voir revêtir la ceinture, pour laquelle ils semblent mieux armés que les Usos, par exemple, tout en sachant en suppléments qu’ils sont faces face à des champions heels (à la différence, par exemple, de la paire Hunico/Camacho).

 

 

Et les enfants se mettent à imiter Rosa Mendes…

Elle est jolie la jeunesse!

 

 

Segment intermédiaire : Bryan et Henry sont dans un vestiaire (ça sonne comme un mauvais porno gay)

 

Et Bryan s’emploie à convaincre Henry de détruire Show pour que le match de dimanche n’oppose que le World Strongest Man et l’American Dragon. Et c’est tout.

 

Un peu plus tard dans la soirée, on verra Bryan demander à Kaitlyn de dire à Show que Henry envisage de le blesser ce soir pour le sortir du match du Rumble. Ce n’est plus la WWE, c’est Dallas. Mais Kaitlyn n’est pas dupe, et petit à petit on voit le masque de Bryan s’effriter : peu lui chaud le sort de sa compagne, ce qui ne manquera pas de ravir Show quand il l’apprendra, mais peut augurer aussi d’une feud qui se prolonge… ou d’AJ qui, apprenant la nouvelle de la ravissante bouche de Kaitlyn, demande à Show de la venger. A voir, donc, la seconde option me plaisant bien plus que de réchauffer le plat une fois de plus.

 

 

– Ecoute, Daniel, j'ai dit non à Show dans la première vignette de cette nalyse, et quand c'est non, c'est non.

– M'enfin!

 

 

Segment 5 : Je vais t’en donner, moi, du Barrage !

 

Orton is back ! La nouvelle pourrait réjouir, MAIS… Barrett est au centre du ring, il commence une promo sur le thème « Orton est un homme brisé »… et la Vipère s’est empressée de lui donner tort, multipliant les assauts, et même si on sent dans quelques échanges que le Predator n’est pas au faîte de sa forme et catche avec le frein à main, il reste un lutteur talentueux capable de rendre ce genre de beatdown crédible… En revanche, là où le bât a sacrément blessé, c’est lorsque des officiels et des catcheurs sont venus séparer les deux hommes : d’abord, il était visible qu’ils ne retenaient que mollement Orton, qui vendait mieux le fait d’être leur prisonnier que eux celui de le tenir en respect, mais surtout, par la suite, ils ne se sont ni plus ni moins que succédés, benoîtement, pour prendre des RKO comme s’il en pleuvait. Un peu comme si les romains faisaient la queue pour prendre des baffes (oui, ce show m’a donnée envie de relire un Astérix). Et voilà comme on flingue un schéma efficace mais sans intérêt, en en faisant un schéma ridicule et sans intérêt. Ah si : le RKO est une arme fatale. On le savait déjà non ?

 

 

Courez. Maintenant.

 

 

Segment 6 : Di Biase dans un match pas Hunico du tout…

 

 

Encore ? Encore ce match entre le « fils de » et le gangsta du barrio latino ? Et surtout, pourquoi ? DiBiase arrive avec le poignet brisé, or on nous rabâche à Raw à peu près toutes les deux semaines la nécessité d’avoir un accord médical pour lutter. « OK mon vieux vous avez le poignet brisé, l’épaule luxé et une fracture du coccyx vous pouvez y aller »… C’est le prototype de blessure que l’on ne peut pas vendre en match en faisant croire que c’est l’adversaire qui l’a infligée, le risque étant grand de l’aggraver, et en plus on voit ce match toutes les semaines, alors pourquoi ? Bref, moins d’une minute, et victoire de l’ex-Sin Cara Negro. Tiens, d’ailleurs, on ne le voit plus du tout Sin Cara.

 

 

Venant directement du grand cirque de Tbilisi, les acrobates de l'impossible:

les frères Zingano!

 

 

Segment 7 : Clay contre un revenant

 

Incroyable ! Riley à Smackdown ! Face à… Clay ? Bon, donc logiquement, on va encore voir Clay se ridiculiser (je vous renvoie à la chronique de la semaine passée pour voir ce que j’en pense), puis massacrer Riley. Quel retour en grâce pour l’ex-sidekick du Miz ! Et bien contre toute attente… C’est exactement ce qu’il s’est passé, à la virgule près, en un temps record.

 

En revanche, le moins que l’on puisse dire, c’est que Clay reçoit une pop incroyable et est annoncé comme un upcarder à chaque apparition. La prochaine fois, ce serait possible, néanmoins, qu’il ait un vrai match ? Puisqu’il écrase les lowcarders, qu’est-ce qu’il est ? Un upcarder ? Difficile à croire. Et au Rumble, il va aussi faire sa danse ? Comme Jericho, d’ailleurs, il va éteindre pour entrer ? Ah et cette séquence enterre les espoirs de le voir en feud contre Regal ou de voir l’anglais devenir son mentor, dommage… Pourtant, après le résumé au début du segment, j’espérais, mais il semble que Régal n’aura fait qu’une apparition météoritique…

 

Se pose aussi la question de son « alignement », pour faire mon rôliste : Riley dansait à l’entrée de Clay, tout sourire dehors, a salué son adversaire, échangé quelques pas de danse, il semble donc être face. Or, jusqu’à présent, Clay n’a squashé que des heels. Clay est-il un tweener, dans le sens où il se fout un peu de qui il affronte au nom du Funk, ou Riley a-t-il encore turné ce qu’il n’a pas du tout montré ce soir ? J’aurais tendance à me prononcer en faveur de la première branche de l’option.

 

 

Cet homme a piqué le gimmick d'Orton: ses entrées et ses sorties sont plus longues que ses matchs.

 

 

Segment 8 : Aksana contre Natalya

 

 

C’est incroyable : Aksana ne savait pas catcher lors de NXT, et elle ne sait sans doute toujours pas. Mais alors pas du tout. C’est drôle, on n’attendait pas plus que cela ses débuts, et maintenant j’attends avec impatience qu’on ne le revoie plus. Et le plus beau c’est qu’elle a gagné, humiliant une nouvelle fois Natalya qui passe de Championne à perdante qui pourrait faire passer McIntyre pour un Champion WWE, le tout étant couronné par l’intervention de Tamina qui vient pour la seconde couche… Et quelle défaite : la cloche a sonné, Natalya est de dos puisqu’elle défie on ne sait qui hors du ring (sans doute Tamina), et se prend un roll-up. Le bouquet.

 

Et encore, je ne vous parle pas du segment ayant conduit à ce match. Je ne vous dirai qu’une chose : le tout s’est conclu par un gros pet qui a fait fuir tout le monde. Les Divas étaient déjà humiliées chaque semaine sans qu’il soit besoin d’introduire du scato…

 

 

Introduire? Scato? Ah ben oui bravo c'est la grande classe cette nalyse!

 

 

Segment final, aussi appelé Main-Event : Show le sensible contre Henry le poète

 

Tenez-vous bien : le match a duré à peine plus d’une minute, l’essentiel étant couvert par de la pub, et Show l’emportant on ne sait comment en un temps record. Gros discrédit pour Henry, et un match parfaitement ridicule, conclu par une attaque en traître de Bryan sur Show avant que le géant ne riposte et que Bryan ne fuie la queue basse. Show est booké comme surpuissant, Bryan comme un heel, et Henry comme le maillon faible, ce qui est un comble.

 

Que dire de ce SD ? J’ai déjà exprimé mon scepticisme face à la multiplication des matchs trop courts, ceci d’autant plus que ce soir certains segments, comme les Divas ou le match de DiBiase, auraient pu être raccourcis ou annulés pour laisser de la place au reste.

 

Plus grave : ce show ressemble comme un jumeau à ses prédécesseurs, et ce depuis près d’un mois (depuis le dernier PPV, en fait) : les feuds n’évoluent plus, n’avancent plus, les matchs sont toujours les mêmes, et on sent bien que pour les bookers le Rumble va sonner comme une libération.

 

Un Smackdown globalement décevant, donc, malgré quelques bons segments, mais j’ai bon espoir que la maison bleue redresse la barre sans délai dès le Rumble fini : elle en a largement les moyens.

 

 

NOUS AFONS LES MOYENS DE FOUS FAIRE APPREZIER ZE SHOW!

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