Catch

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Manuel de n'importe quel blog ou site.

 

Le schtroumpf grognon est de sortie. Nous lui avons enlevé ses chaînes (qu’il porte en général entre l’après-Rumble et Summerslam, période qu’il exècre) et permis de se faire les dents sur le Raw de lendemain de PPV, et si l’on en croit l’étincelle mauvaise dans ses petits yeux chassieux, il a un WM qui lui reste en travers de la gorge et dont il attend de voir les conséquences. Comme nous tous, quoi, mais en plus méchant.

 

 

J'annonce une ère de ténèbres!

Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn!

 

 

Nalyse de Raw du 2 avril

 

 

Non. Je dis non. Punk a gagné face à Jericho, il a maintenant la carrure d’un top guy face, dans la foulée Cena perd face à The Rock et le Marine ne turne pas ? Mais pourquoi bon sang ? Pourquoi ne pas tirer les conséquences logiques et intéressantes d’une construction ? Un Cena qui réaliserait, pour prendre une structure classique mais efficace, que les méthodes classiques ne fonctionnent pas pour entrer dans la légende et qu’il va booter des asses lui aussi ?

 

Suis-je vraiment le seul à penser que la rouste prise par Bryan la veille est un énorme gâchis, et surtout un magistral fuck envoyé à l’IWC ? A base de « vous le vouliez champion face triomphant en communion avec vous à WM, vous l’aurez champion heel magouilleur qui se fait déboiter en 18 secondes par l’héritier de HHH » (et ce quel que soit l’énorme talent de Sheamus par ailleurs) ? Et que le fait que Ryder prenne le tombé relève de la même logique ?

 

Alors non, zut de flûte, je dis « non », ce WM était loin d’être mauvais, mais dans ses conclusions et même dans sa gestion des enjeux, il était largement perfectible, et c’est peu dire que, à mon humble avis, ce Raw a intérêt à redresser la barre fissa. Et vous avez vu, je n’ai même pas dit qu’un combat entre deux vieillards, même légendaires, reste un combat entre deux vieillards ? Ah ben si je l’ai dit.

 

Heureusement, fort heureusement, ce Raw a été le théâtre d’une surprise, et plutôt une belle. Pas de quoi sauter au plafond en faisant la toupie (encore que), mais tout de même largement de quoi réjouir les amateurs avec un spectacle d’un fort beau gabarit, comme dirait l’autre.

 

Comme il se doit, le show débute en coulisses, avec Ace et Otunga en train de briefer les résidents des deux brands. Poses de Napoléon de Prisunic, air narquois de rigueur, la panoplie est là, let’s roll ! Et bien évidemment, Ace célèbre son nouveau statut de General Manager des deux shows, pouvoir dont il n’entend pas abuser : la preuve, ce soir, Santino affrontera Swagger et Ziggler pour le titre US. Du reste, ce n’est pas nécessairement un abus, car à un moment ou à un autre il faudra bien que l’un des deux fasse le tombé et prive son comparse du titre, à moins de considérer que Swagger, larbin de Ziggler, peut prendre le titre US puisque Dolph ne vise plus que le titre majeur. En tous cas, et comme prévu, Ace ne se montre pas ingrat envers ses valets de la veille.

 

 

Don't be a bully, be a star!

 

 

Heu, Miz… T'as écouté ce qu'il a dit avant d'applaudir bêtement?

 

 

Punk, absent jusqu’alors, fait son entrée à l’annonce de cette injustice. En tant que nouveau top guy face, il prend ses marques, suite de la construction logique pour celui qui devrait, selon toute vraisemblance, remplacer Cena quand celui-ci aura, enfin, évolué ou turné. Ace annonce alors pour calmer les ardeurs de Punk, qu’il affrontera Henry pour le titre WWE, et inaugure ainsi la « People Power Era », une ère où les désirs du public seront loi. Ah bon, ce n’est pas le cas d’ordinaire ? En voilà un aveu intéressant ! Je tourne la chose en dérision, bien sûr, mais je ne suis pas convaincu qu’il se soit agi de la façon la plus astucieuse de présenter l'évolution.

 

Il paraissait logique que le show commence avec Ace, mais en voyant The Rock descendre la rampe dans le segment suivant, sous des vivats comme je ne crois pas en avoir entendu depuis très longtemps, il apparait qu’il aurait peut-être mieux valu débuter par le gros morceau de la veille. Certes, la réaction du public s’explique en partie par le fait que ce Raw se tient à Miami, mais tout de même. Car comme l’a clamé le public, « you still got it ».

 

 D’autant que The Great One a été brillant. Il est revenu sur cette année, l’anniversaire, les chansons, les matchs, mais aussi et surtout sur sa victoire historique, devant une affluence record, face à Cena.

 

Evidemment, et c’est bien mérité car les deux hommes ont livré un excellent match, il rend hommage à Cena qui lui en a fait voir de toutes les couleurs, plus que n’importe qui d’autre, au point de manquer de le faire abandonner (et je pense que lors du match, beaucoup ont vraiment cru qu’il allait taper lors du moment auquel il fait référence).

 

Seulement voilà, il a gagné, il entre à jamais dans l’histoire de ce divertissement. Et puis il a eu une vision. Il veut redevenir WWE Champion. Le public boit ses paroles, Rocky sème les premières graines d’un retour à grande échelle (après la promo de GI Joe, sans doute), mais qui donc sera son adversaire ? Cena, encore ? Jericho ? Punk ? Ou autre ? Et quand ? A WM 29 ? Dwayne n’a évidemment pas donné de date, il laisse planer son ombre sur le WWE encore quelques temps, en espérant que ce ne soit pas quelques années et qu’il conserve sa forme actuelle…

 

En tout cas, The Rock tenait, ce soir, le public dans sa paume. Charisme, talent, tout était là dans cette promo ultra-carrée qui a rempli tous ses objectifs : célébrer, ne pas oublier Cena, chauffer le public à blanc, cent pour cent de réussite. D’ailleurs, quand le public, à cette annonce, chante « YES YES YES », est-ce un signe qu’il veut que The Rock affronte Bryan ? C’est une conjecture, certes, mais pourquoi pas, puisque la greffe semble bien avoir pris.

 

 

Ah ah ah Cena, j'ai bu ton sang, comme ça, à la régalade!

 

 

S’ensuit un clip très court sur le thème « Cena devait gagner, et il a échoué ».

 

Après un orgasme aussi intense, rien ne vaut un bon match, et à ce jeu, avec Ziggler et Swagger pour le niveau technique et Santino pour alléger le tout, on devrait avoir un joli petit plat bien mijoté. Bien évidemment, Santino a été en difficulté pendant une bonne partie du match, avant que les deux heels n’en viennent aux mains pour obtenir le titre, et que Santino n’en profite pour obtenir le tombé. Du reste, Santino n’a pas démérité, ayant quelques temps forts, et obtenant le tombé par son Cobra plutôt que par un petit paquet sorti de nulle part. Santino est donc crédibilisé en tant que champion, ce qui confirme sa bonne période actuelle auprès des bookers, tandis que la team Vickie va peut-être montrer ses premiers signes de dissension après cette défaite.

 

Evidemment, les deux heels entendent bien se venger, et Santino doit son sauvetage au Funkasaure, qui couche Ziggler d’un seul coup de boule… Booké aussi fort, il va vraiment être difficile de lui trouver une place réelle sur la carte, mais Clay semble enfin avoir un début de storyline, et le public paraît vraiment apprécier ce personnage puisqu'il le soutient à grands cris.

 

 

Les Américains ont toujours été friands de Laurel et Hardy.

 

 

Tiens, d’ailleurs, un panneau du public annonce « we want X », comme c’est étrange. Vous ne saurez pas qui est X, ça s’appelle du teasing, c’est moche, je sais, mais il faut ce qu’il faut. En plus, vous lisez le forum et les sites de news, donc vous le savez déjà, on me la fait pas à moi.

 

J’en viens d’ailleurs à un grand moment de la soirée : Santino mélangeant la chorégraphie des danseuses de Clay et son cobra, juste… surnaturel ?

 

Stupeur et tremblement : après la pub, Lord Tensai fait son entrée, accompagné d’un serviteur nommé Sakamoto. Un seigneur et un valet ? Tiens, Del Rio est de retour ? Ah non, il semble donc que pour faire haïr un lutteur étranger il suffise de le faire passer pour un rescapé du système féodal, qu’il soit moderne ou non. Bon, d’ailleurs, vous le reconnaitrez sans peine, ils l’appellent Lord Tensai, mais en réalité il s’agit de Shredder des Tortues Ninja.

 

 

Mesdames et messieurs, Lord Tensai!

 

 

Au moins sa musique n’est pas aussi caricaturale que Tatsu (avec lequel il pourrait être intéressant d’avoir une feud, du coup), et il faut bien dire que le bestiau en question a de quoi impressionner avec ses 360 livres… Pour ce soir, c’est Alex Riley, sorti du formol pour l’occasion, qui va servir de sac de sable.

 

Quelques mots sur le bonhomme : d’abord, Tensai signifie désastre, au moins la donne est claire. Ensuite, il s’agit de A-Train, aussi appelé Prince Albert, ancien champion Intercontinental WWE, parti au Japon s’aguerrir puis revenu au bercail avec, semble-t-il, un joli petit palmarès et de l’expérience supplémentaire. Plutôt que de miser sur un nippon, la WWE mise donc sur un gaïjin expatrié pour enfin trouver le chemin du public asiatique, pourquoi pas.

 

En tous cas, avec son style très minimaliste, son potentiel athlétique discutable (il faut le voir se relever pour comprendre) assez approximatif,  et pour tout dire pas très excitant en dehors de deux signature moves plutôt impressionnants (dont une variation du glam slam), je ne suis pas convaincu que la WWE ait tiré le bon cheval, d’autant qu’il m’a semblé que le bonhomme avait tendance à mal porter ses coups, trop loin ou trop près (ce qui est beaucoup plus embêtant, convenons-en). Wait and see.

 

Toujours est-il qu’il a remporté son premier match par KO, devant une foule assez inerte, avant de continuer à démolir Riley.

 

 

Ah pardon, ce n'est pas Shredder, ce sont "les nuits rouges du Bourreau de Jade". Ils sont amateurs de cinéma underground à la WWE.

 

 

Nouveau petit segment sur Cena et son impératif de victoire déçu, et nous arrivons enfin au WWE Title Match, entre Punk et Henry.

 

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux hommes ont eu du temps pour s’exprimer, soit 13 minutes ce qui n’est pas courant, et qu’ils l’ont bien fait. Tâchons de ne pas oublier que Henry catche blessé depuis longtemps, et pourtant ce soir il a livré un match plein, dans son registre habituel, face à Punk qui lui opposait sa tactique et sa technique, un vrai match de haut niveau entre deux excellents lutteurs, Henry étant du reste bien plus performant à mon avis que Show dans un gabarit comparable.

 

Henry l’emporte par count-out, d’ailleurs, et Punk conserve donc son bien malgré un beatdown post-match, avant qu’Ace ne vienne annoncer à sa Némésis de longues et pénibles soirées passées à défendre son titre dans des conditions toujours plus délicates.

 

Il ne manque plus que le grand absent, qui arrive derechef, proposant à Punk de le désaltérer avec une bouteille, de gnôle évidemment, qu’il renverse sur le straight edge.  Après tout, il avait bien promis qu’il serait celui qui ferait bien boire Punk, dans un sens il a de la suite dans les idées. Bon, si Jericho n’avait pas glissé dans la bibine au moment de frapper Punk, on aurait échappé à un moment de comédie bien involontaire, mais c’est la glorieuse incertitude du sport… Le segment se termine sur Y2J cassant une autre bouteille sur la tête de Punk, devant un public qui a suspendu son disbelief si haut qu’il pousse un cri d’effroi.

 

 La rivalité entre les deux hommes continue donc, et là on peut être partagé : voir ces deux-là s’affronter ne peut que réjouir les spectateurs que nous sommes, mais Wrestlemania a tranché, en théorie : le meilleur du monde, c’est Punk. On semble donc partis pour une revanche, qui devrait voir Jericho couronné, avant une belle qui permettrait sans doute à Y2J de garder son titre, mais il restera, comme pour Cena/Rock, que le gagnant de la première manche, celle de WM, est Punk. Partage, donc, entre le plaisir de voir deux catcheurs de ce niveau poursuivre l’un contre l’autre, et crainte de voir la rivalité perdre de sa saveur en s’étirant.

 

 

– Ton père est un sac, ta soeur une yuppie, ta mère est une pute, et j'ai baisé ton chien!

– Ah non putain pas Yuki! Beth l'adore!

– Oups…

 

 

L’autre point perturbant est la nature même de l’agression. Après la victoire de The Rock, voilà un nouvel hommage plus qu’appuyé aux excès de l’Attitude, lors de laquelle un certain catcheur adorait tout arroser à la bière…

 

Vient ensuite Sheamus, et je ne reviendrai pas sur les conditions de son sacre (vous savez, le gâchis qui enterre Bryan). Au demeurant, Sheamus est assez copieusement hué, ce qui à mon sens confirme qu’au moins une partie du public est déçue par la tournure des événements la veille… Mais il n’aura pas le temps de s’exprimer puisqu’Alberto del Rio s’annonce, lui que l’on n’avait pas revu depuis décembre. Je sens qu’on va encore entendre parler de destinée, tiens.  Et ça ne manque pas, puisque Dos Cojones annonce qu’il reprendra le titre aussi vite que Sheamus l’a conquis, sous les « SI SI SI » du public. C’est ça, les joies du Supershow, une star de Raw annonce à une star de Smackdown qu’elle va venir la défier pour son titre. Pourtant, avec Rhodes et Christian, il y a de quoi faire en heels pour chasser le titre à SD… Mais non, il faut du SuperShow, la grande idée lancée par HHH. Toujours est-il que les deux hommes s’affronteront à SD en vue d’un futur title shot pour le Mexicain, c’est une consolation pour la brand bleue… Tout cela se conclut par un Brogue Kick, évidemment.

 

Mais la véritable info de ce match, c’est à quel point Sheamus est hué, lui qui était adulé la veille. Le WWE Universe se serait-il réveillé avec la gueule de bois suite à ce match, réalisant ce qui s’est passé ? On voit alors Bryan refuser de commenter la prestation de Sheamus, muré dans son aigreur. Prévu depuis le départ ? Réaction en catastrophe suite à un match qui n’a pas obtenu l’effet escompté ? En tous cas, le comportement du public et celui de Bryan sont assez inattendus et vont certainement avoir des conséquences dans les semaines à venir, et Sheamus va devoir galérer pour reconquérir la foule : le faire turner à nouveau si peu de temps après son turn précédent serait un aveu d’impuissance.

 

 

'tain, j'ai les oreilles qui sifflent, les CDC parlent encore de mes couilles!

 

 

On enchaîne les participants de Mania, alors que Rhodes et Kingston vont s’affronter. Et parler des présents fait penser aux absents, ce qui me fait réaliser, du reste, que le Tag Team Championship n’a été défendu à WM qu'en dark match et qu’on n’a pas vu les champions ce soir.

 

Toujours est-il que Rhodes domine le match de la tête et des épaules, jusqu’à l’incursion de Show qui présente à son tour à Rhodes un petit montage de leur combat de dimanche, diversion bienvenue pour que Kofi place son Trouble in Paradise pour la victoire. Que Rhodes perde, ça peut et ça doit arriver, que Show joue la tête de lard, il fait ça très bien et j’approuve sans réserve, mais j’avoue que j’aurais espéré une victoire un peu plus glorieuse pour Kofi car sans le Gros Spectacle, jamais il ne l’aurait emporté, manifestement. Kingston est vraiment l’archétype du bon petit soldat, comme Truth et quelques autres, à qui l’on donne de temps en temps un petit titre pour le récompenser mais qui sert le plus souvent de faire-valoir. Dans l’idéal, il vaudrait une rotation systématique des champions, pour éviter la routine, mais les affaires sont les affaires, et il y en aura toujours qui seront plus bankables que d’autres…

 

 

Ouf, ce n'est pas le porno chic avec mon frère…

 

 

En coulisses, Henry est démarché par Abraham Washington qui se propose de lui servir d’imprésario. Pourquoi pas, même si je ne suis pas convaincu qu’Henry ait besoin de qui que ce soit pour se faire son chemin ou pour prendre le micro à sa place. Décidément, en tous cas, les sidekicks sont redevenus très à la mode : Guerrero, Sakamoto, Rodriguez, Mendes, maintenant Washington…

 

Dans la foulée, Eve se fend d’une petite promo, confirmant avoir manipulé Ryder pour avoir, elle aussi, son Wrestlemania Moment, et qu’il est décidément facile de manipuler les hommes. Tous, sauf un : Ace, car les hommes puissants ne sont pas manipulables. Tiens donc, ma grande, tu liras l’histoire politique des Etats-Unis ou de la France au XXe siècle, ça te fera le plus grand bien. Bien sûr, si ses actions ont pu aider Team Johnny, alors tant mieux. En catin prête à tout, Eve est vraiment talentueuse, et est sans doute l’une des rares Divas à pouvoir sortir une promo raisonnablement correcte, surtout dans un rôle qui n’est pas si facile : une espèce d’hétaïre, réduite à quémander quelque honneur des puissants, l’idée n’est pas neuve mais Eve a le potentiel pour en faire quelque chose de pas mal, en tous cas espérons-le. Et puis bon, elle reste une Diva, donc ça n’atteindra jamais des sommets, mais à défaut un peu de fond ne fait jamais de mal.

 

Sans transition, ou plutôt si mais elle est toute trouvée, Ryder affronte The Miz, de retour en grâce depuis son tombé victorieux de la veille sur ce même Zack. Le match est plutôt enlevé, et Miz l’emporte, une victoire clean qui redore un peu son blason après son passage au purgatoire. Quant à Ryder, il a encore livré un bon match, et est over comme jamais auprès du public. Il faut dire que ces derniers temps il a quand même servi, en kayfabe, de paillasson à un psychopathe et à une catin…

 

 

Aujourd'hui, en plus, je perds contre un gros naze. VDM.

 

 

Et enfin, enfin, Cena est dans le ring. C’est peu dire qu’il est guetté, après sa défaite. Que va-t-il faire ? Comment va-t-il réagir ? On nous annonce qu’il va interpeller The Rock, mais est-il vraiment en situation de faire le caïd ? Tout cela ne ressemble pas vraiment au comportement d’un parangon de vertu…

 

Toujours vêtu aux couleurs de Boston, qui rappelons-le a été éliminé par Miami durant les play-offs de NBA l’an passé, et plus prosaïquement quasiment ville d’origine du Marine, John Cena fait la gueule comme Axl devant une bouteille vide. Ou un verre de rosé quand il a demandé du rouge. Enfin la gueule quoi. Et il faut dire qu’il le joue bien, puisqu’il a vraiment l’air terriblement abattu devant un public qui, ivre de compassion, le hue bruyamment…

 

Il ne pensait pas perdre, mais puisque c’est advenu, il faut le faire correctement. Il n’est pas le genre d’homme qui renierait ce qu’il a dit durant toute l’année écoulée. Et là, coup de génie : Cena évoque « les attentes autour de sa réaction s’il perdait », là encore allusion directe à ce public qui voudrait tant le voir turner alors qu’il faudrait être raisonnable et cesser d’y croire…

 

Il reprend la parole : est-ce le moment où il doit se déchainer contre la Terre entière ? Trouver des responsables ? Non, il a perdu, et doit continuer à avancer. Perdu contre le Rock. Le public, à cet instant, est bouillant, il réclame littéralement un turn de Cena, mais tout le personnage, actuellement, est construit sur cet art du contrepied. Le seul talon d’Achille, c’est que ce genre de posture marcherait si le public pouvait croire que le personnage de Cena est vraiment dans cet état d’esprit noble, mais personne ne peut oublier que derrière ce personnage il y a surtout une énorme machine merchandising (désolé SAT je ne suis toujours pas convaincu malgré ton brillant papier), et que la WWE ne lâchera pas sa poule aux œufs d’or. Ce qu’elle avait manifesté lors du Summer of Punk, ce qu’elle manifeste encore ce soir, cette foule, c’est sa volonté de voir le produit bouger, de savoir ignorer de temps en temps les impératifs du business pour franchir un palier dans la construction et la narration.

 

Cena remercie ses fans, sa famille. Mais d’excuse, point. Cena, c’est le nouveau John Wayne : un vrai mec, ça s’excuse pas, pied-tendre. Et ce soir, il n’interpellera pas The Rock. Interpeller signifie que l’on désire affronter. On peut donc en conclure que dans un sens Cena baisse les bras, et ça pour le coup c’est inhabituel. Il faut d’ailleurs bien admettre, encore, que malgré le côté larmoyant de la chose, la promo de Cena est remarquable de maîtrise.

 

 

Et je voudrais en profiter pour rendre hommage à Claude Miller, qui m'avait engagé pour son prochain film.

 

 

Dans le public, les « We Want Lesnar » (le fameux X évoqué précédemment) commencent à se faire plus audibles. Il est vrai que Brock a quitté le MMA il y a déjà quelque temps, et qu’il est attendu depuis un moment. On parlait même de lui pour affronter le Taker cette année à Mania. Cena laisse passer ces chants, on peut même dire qu’il leur laisse de l’espace pour s’exprimer, à telle enseigne qu’il confirme les avoir entendus et comprendre l’excitation qui règne ce soir.

 

Mais Cena ne veut pas se battre. Il veut simplement The Rock pour le féliciter, car The Rock a tout simplement été meilleur la veille, une inspiration, le plus grand Champion de l’histoire, celui qui l’a épuisé la veille. The Rock a gagné son respect,  et il veut le lui dire, et l’acclamer avec son public. Le public entonne alors des « YES YES YES » (décidément, elle fonctionne, cette insupportable catchphrase), auxquels se mêle Cena, avant de rappeler à Bryan que du coup il a une dette envers lui. Pas mal vu, il sait y faire cet animal.

 

IF YOU… Ah non, tiens, mais quelle est cette musique ? Lesnar is back ! Et plutôt que de serrer des mains, on le saura, Brock préfère casser des dents à coups de F5, comme il en fait la démonstration aux dépens de Cena. Le public fait une nouvelle crise d’hystérie, mais il faut avouer que Miami est plus que gâtée.

 

 

J'aime bien les larmes, ça donne un goût salé à la viande!

 

 

Le show se termine, et c’est tant mieux, parce qu’il y a quand même quelques questions à se poser.

 

La première est simple : Lesnar est-il revenu au sommet de sa forme ? Après avoir été gravement malade des intestins, il n’a repris le combat qu’en 2010, et ce genre de maladies ne se guérit, souvent, qu’en partie.

 

Cena va-t-il repartir pour un an de rivalité avec une ancienne gloire ? Pour finir à WM 29 ? Ou bien The Rock va-t-il aller chercher le titre entre les mains de Lesnar l’an prochain, après avoir pourquoi pas fait cause commune avec Cena ?

 

Et surtout, après ce nouveau camouflet des mains d’une légende, que va faire Cena ? Va-t-il, enfin, craquer ? Ou va-t-il continuer dans son rôle de bon samaritain ? Le nouveau statut de Punk n’aura donc servi à rien ?

 

Quoi qu’il en soit, la WWE enregistre, sans doute avec délectation, le retour du fils ingrat parti sous d’autres cieux malgré tous les efforts consentis pour en faire une star, et ce n’est pas nous, spectateurs, qui allons nous en plaindre, surtout si ce monstre est en pleine possession de ses moyens.

 

Puisque nous en sommes à parler de légende, on peut aussi se demander où est Foley. On ne l’a plus vu depuis le Rumble, à part pour une apparition ponctuelle avec Santino, et on pouvait penser que le lendemain de WM serait un bon moyen de le réintroduire. Présumons, alors, que les bookers attendent que Laurinaitis ait pris quelques décisions terriblement iniques pour lui mettre Foley dans les pattes, avec en ligne de mire le poste de GM de SD si Long devait décider de se retirer.

 

En tous les cas, avec Del Rio mais surtout Lesnar qui reviennent, des feuds qui se poursuivent, quelques personnages qui avancent, un Rock parti pour revenir,  de bonnes promos et surtout de bons matchs, ce Raw a été très réussi, de bout en bout, malgré quelques points plus discutables, et lance une période post-WM qui pourrait être moins morne que l’on pouvait le craindre. Car après tout, le fin mot de l’histoire, c’est de donner envie aux fans de revenir la semaine suivante, et de ce point de vue-là, c’est parfaitement réussi !

 

 

Brock-back moutain! BOUHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA!

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