Catch

Ectoplasmes from the past

La révolte des jeunes : vomir. L’ultime révolte des vieux : chier partout.

Roland Topor

 

Ces derniers temps, on a abusivement employé l’expression « le retour des vieux » pour qualifier les réapparitions du Rock, de Brock Lesnar ou encore d’Albert / Lord Tensai. La WWE a effectué ce mardi, lors d’un Smackdown exceptionnellement diffusé en live, un salutaire rappel : les vieux, les vrais, ne sont jamais partis. Ils avaient seulement été rangés au grenier. Hélas, ils en sont ressortis mardi dernier.

 

 

– Haha, on a chopé un jeune!

– Vite! Nourrissons-nous de son énergie vitale!

– Mais lâchez-moi, fellas! Je… je suis un vampire!

– Tu crois vraiment nous duper? Tu portes un crucifix, idiot. Dévorons-le!

 

 

Nalyse de Smackdown du 10 avril, spécial Blast from the Past

 

Ces putain de légendes auraient dû y rester, au grenier, à la cave, dans la Legends House ou quel que soit le lieu sordide où ils sont entreposés en temps normal. Car comme chaque fois qu’on les sort de la naphtaline, les vieux, astucieusement comparés par Michael Cole aux zombies de Walking Dead, plombent dramatiquement le show dans lequel on les convoque.

 

 

Hé ouais, Ricardo, t’aurais pas dû lire à voix haute les incantations du Livre des Morts.

 

 

A vrai dire, les antiquités ambulantes sont bien moins à blâmer que ces enfoirés de bookers qui se disent, pour des raisons défiant l’entendement, que la nostalgie peut, à elle seule, nous faire avaler tout et surtout n’importe quoi. Qu’il suffit de remplir le ring et les couloirs de quinqua, séxa et nona (pour Mae Young) génaires pour que la magie soit au rendez-vous. Qu’on peut, l’espace d’un soir, mettre longuement à l’honneur les « grands anciens » sans nuire pour autant au flow général de l’épisode et des storylines.

 

Or cette illusion est évidemment complètement démente. Il n’est pas absurde, en soi, de donner du temps d’antenne à des types retraités depuis plus de vingt ans ; mais il faut que chaque segment fasse sens, que leur passage suscite chez le suiveur quelque chose de plus qu’un simple « ah tiens, il est pas mort lui ». Ce vendredi, seuls deux vieux ont apporté quelque chose : Roddy Piper et, à un degré moindre, Bob Orton (qui a eu dans les dix secondes d’antenne à tout casser). Tous les autres n’ont servi à rien si ce n’est à nous plonger dans la consternation la plus complète.

 

 

– LE MONSIEUR TE DEMANDE SI TU AS PRIS TES PILULES !

Te casse pas, vieux, mon sonotone ne fonctionne plus depuis un an.

 

 

Ainsi, et sauf si vous avez été pris d’une soudaine envie de hurler USA ! USA à pleins poumons après une cuite au Jack Daniels destinée à noyer le chagrin ressenti en apprenant que le taré d’extrême droite Rick Santorum se retirait de la course à l’investiture républicaine pour la présidentielle de novembre, vous n’avez probablement pas goûté la séquence qui vit Hacksaw Jim Duggan et Sgt Slaughter humilier à grands coups de planche ces sales wetbacks de Hunico et Camacho.

 

 

Décidément, la campagne Stand Your Ground ne se relâche jamais.

 

 

De même, vous avez sans doute levé les yeux au ciel en apprenant que, pour affronter en main event le duo composé de Daniel Bryan et Alberto Del Rio, Sheamus ferait équipe avec l’annonceur retraité Mean Gene Okerlund — et vous vous les êtes crevés, les yeux, quand en toute fin de combat, la maison de retraite au grand complet (Piper, DiBiase, Atlas, Patterson et tutti quanti) se précipita vers le ring pour sauver Okerlund et permettre à Sheamus d’étaler Bryan pour le compte.

 

 

– Embrasse-moi, je suis AJ !

Hein ?

– Non rien. Retourne-toi maintenant, sinon c’est dans la nuque que tu vas prendre le Brogue Kick.

 

 

Les yeux crevés, vous n’avez donc pas vu la suite : constatant qu’il restait encore quelques secondes d’antenne, l’héroïque Michael Cole grimpa dans le ring, surmontant la nausée qui l’envahissait à mesure que le recouvrait l’odeur d’urine, de matières fécales et de mort émanant des vieillards, et se mit en demeure de leur dire leur fait, ce qui lui valut d’être encerclé par les spectres et de prendre une droite mollassonne de Patterson, scène risible sur laquelle se conclut ce cauchemar.

 

 

– Hé Booker, qu’est-ce qui mesure vingt mètres de long et qui sent l’urine ?

Lemme tell you right there, dawg, I have no idea !

Une sarabande dans un hospice de vieux !

 

 

Peut-être aviez-vous, un peu plus tôt, nourri quelque espoir à la vue de Dusty Rhodes : après tout, l’obèse incarnation du rêve américain, qui même en période de crise ne perd pas un gramme de graisse, était là pour un segment avec son fils Cody, venu promettre qu’il récupérerait bientôt son titre Intercontinental des douces mains du Big Show. Fous que vous êtes : en cette soirée maudite, même cette histoire potentiellement intéressante — le vieux pouvant remettre Junior sur la voie de la gagne en lui recommandant de recourir à quelque gruge de son crû — allait aboutir à un segment pitoyable. Le Big Show se mêlait de l’explication familiale et projetait sur le Titantron un autre « moment embarrassant » de Cody Rhodes : l’un de ses glorieux Grooming Tips, consacré aux indispensables bâtonnets de Neutrogena qui rendent vos lèvres pulpeuses et sensuelles comme celle d’une jouvencelle découvrant les plaisirs interdits de… oui bon bref. Cody, qui devrait pourtant être fier d’avoir, par ses précieux conseils, préservé d’une gerçure précoce des millions de lèvres de par le monde, eut honte, et quitta les lieux tête baissée tandis que l’épave qui lui sert de paternel se trémoussait dans le ring. Fin du segment.

 

 

– Et c’est pas tout ! Dusty, figure-toi que j’ai découvert un autre segment, dans lequel Cody… bon sang, j’ose même pas le dire… dans lequel Cody, Dieu lui pardonne, SE BROSSE LES DENTS !

Mon Dieu. Moi qui espérais qu’au moins l’un de mes fils ne serait pas pédé…

 

 

Ce mardi, nous avons également vu en action Jimmy « the Mouth of the South » Hart et son mégaphone, venu manager pour un soir un curieux attelage face-heel réunissant Tyson Kidd (connexion aux Hart ! Continuité ! Génial !) et Heath Slater (Southern rock band ! Lien avec South ! Brillant !). Manager, en l’occurrence, ça consiste à brailler n’importe quoi d’une voix de fausset dans un mégaphone et distraire le public de l’un des rares matchs du soir, qui opposait donc le duo Kidd-Slater aux jumeaux Uso. Le tout s’acheva par une victoire des gentils jumeaux (dont le père Rikishi n’avait pas été invité à la sauterie, car avec ses 46 ans il était un quart de siècle trop jeune), et par une attaque chaussette en main de Mick Foley sur Jimmy Hart, Foley lâchant au préalable la catchphrase d’Owen Hart, « Enough is enough and it’s time for a change », histoire de conférer au moment la solennité qui, il faut l’avouer, lui manquait.

 

 

L’image qui résume tout ce putain d’épisode : les vieux en train de faire les cons dans le ring, les jeunes qu’on voit à peine en ringside.

 

 

Les vieux, ce soir, étaient partout. Même quand on croyait y échapper, ils surgissaient des coulisses comme de bons morts-vivants qui se respectent. Ainsi de l’issue du, heu, allez, on va appeler ça un match, ayant opposé le trio Drew McIntyre-Bellas (rabibochées ! Youpi !) à Khali, Natalya (qui ne péta pas, les vieux s’étant sans doute chargés d’assurer la dose de flatulences pour la soirée) et Alicia Fox, match que Drew abandonna après dix secondes, clamant qu’il méritait mieux (et on peut difficilement le contester : il mérite au moins de se faire squasher par Brodus Clay, voire de battre Hornswoggle à Superstars), et que les gentils remportèrent immédiatement, Alicia pinnant une Bella sans que Natalya ait eu le temps de faire un tag. Après ce chef d’œuvre, donc, le trio victorieux se dirigea vers les coulisses, et tourna le dos au rideau pour saluer le public. Faut jamais faire ça quand des morts-vivants errent dans les parages.

 

 

– Bwa ?

Nattie ?

– Non ! C’est pas moi !

Alors c’est quoi cette odeur de caca ?

 

 

C’est moi !

Bwa !

Alicia ! Khali ! C’est Mae Young ! Ne la regardez pas dans les yeux, son regard paralyse !

 

 

Plie les genoux, mon mignon !

– …

Oh mon Dieu, Alicia et Khali sont paralysés !

 

 

– Je sais que c’est toi le prince charmant ! Où t’étais passé pendant tout ce temps ! J’ai dormi cent ans, putain ! Slllluuuuurp ! 

– Mae ? Vous vous prenez pour la Belle au bois dormant ? Ca va pas ou quoi ? Vous êtes la sorcière ! Arrêtez, vous aller le tuer !

 

 

– Petite catin ! Tu as interrompu mon baiser qui devait durer l’éternité ! Je te jette un sort de constipation !

– Oh putain ! MERCI !!!

 

 

Hé ouais, c’était l’enfer sur Terre, ce mardi. Des vieux dans le ring, des vieux sur la rampe d’accès, et des vieux en coulisse, aussi, puisqu’un certain nombre d’entre eux se gondolaient en regardant le deuxième squash de Ryback, encore sur un jobber local. C’est vrai qu’il est rigolo, Ryback.

 

 

– Alors c’est lui, ce petit jeune dont on me parle sans arrêt, Goldberg ?

– Ouais ! Qu’est-ce qu’il a l’air con !

 

 

Une seule séquence de ce show était pleinement dépourvue de toute interférence cacochyme : la nouvelle vignette de Mister Damian Sandow, qui nous entretint une fois de plus de la déliquescence de la communication humaine dans l’univers actuel, où les échanges reposent sur la culture de l’immédiateté — ce qui, bien entendu, nuit à la sophistication des idées exprimées. Monsieur Sandow, qui soit dit en passant ne manqua pas de nous convier à interagir avec lui sur Twitter, avait-il pleinement échappé au maléfice antique planant sur le show ? Pas vraiment, puisque tout suiveur expérimenté n’aura manqué, à la vue de son discours, de repenser à des segments similaires fournis il y a une vingtaine d’années par un jeune prometteur nommé Hunter Hearst Helmsley et par un moins jeune moins prometteur nommé Dean Douglas, qui aurait bien aimé être ce soir à Smackdown mais qui avait préféré faire le malin à Raw deux semaines plus tôt.

 

 

Le saviez-vous ? Pour ses messages Twitter, Damian Sandow a droit à 140 mots.

 

 

Toutes ces horreurs étant évacuées, passons aux trois moments un tant soit peu notables de cet épisode par ailleurs affreux. Tout d’abord, l’opener vit Sheamus s’excuser d’avoir décapité un arbitre la semaine précédente… avant que Laurinaitis ne débarque et ne lui intime l’ordre de répéter longuement ses excuses. Ce que notre champion du monde, moins rebelle envers l’autorité qu’un Stone Cold en son temps, accepta de faire, certes de mauvaise grâce. N’empêche, porter son finisher sur un arbitre, c’est pas vraiment banal (y a que le Taker qui a le droit de le faire, et encore, seulement à Wrestlemania), et un tel manquement à la discipline peut bien justifier que MOSSIEU Chimousse se répète. Pas vraiment de quoi lui attirer la sympathie du public face à ce monstre de Laurinaitis, à vrai dire.

 

 

– Ch’suis désolé d’avoir buté l’arbitre là, mais bon, il l’avait cherché aussi. Bon, je peux y aller ?

Non ! Je veux que tu répètes tes excuses. Avec plus de conviction !

Tain mais t’es le pire des enculés, toi. Tu me fais penser à Hitler !

 

 

Big Johnny, d’ailleurs, ne se contenta pas de si peu, et on ne peut que saluer sa volonté de protéger ses arbitres. Teddy « flipette » Long aurait probablement dit à Sheamus un truc du genre « Hé bien playa, comme tu as tué un arbitre la semaine dernière… j’en ai embauché un autre ! » et on serait passés à autre chose. Mais c’est pas comme ça que fonctionne un chef responsable comme Johnny Ace, grâces lui en soient rendues. Il commença donc par prévenir le débile irlandais que s’il lui prenait la fantaisie de recommencer, il serait viré sur-le-fucking-champ, puis lui asséna la plus grosse amende de l’histoire de la WWE : 500 000 dollars, ni plus ni moins.

 

Alors là aussi, si l’idée était de rendre Sheamus sympathique, c’est pour le moins raté. Comment voulez-vous que le public, qui doit probablement pas rouler sur l’or en cette radieuse période (hashtag crise financière internationale), prenne en pitié un type capable de verser une amende de CINQ CENT MILLE dollars ? En avançant ce chiffre surréaliste, Laurinaitis a dévoilé aux spectateurs l’un des plus grands secrets du business : ces gars qui prétendent être comme vous et incarner des pulsions qui sont parfois les vôtres — ambition, orgueil, colère, amitié, sacrifice… — sont en réalité des putain de millionnaires. Et maintenant, spectateurs, vous devez tous éprouver de la compassion pour ce millionnaire qui vient de prendre une grosse amende, accessoirement parfaitement justifiée. Aussi convaincant qu’un plaidoyer de Christophe Jallet contre la taxe Hollande face à une assemblée d’ouvriers du textile.

 

 

– Tu as bien entendu. Je te colle une amende d’un demi-million de dollars.

Quoi ? Mais… mais ça veut dire que je vais devoir remettre l’achat de ma huitième Ferrari au mois prochain ! Public aimé, soutiens-moi, je vais défaillir !

 

 

Dans la foulée, Laurinaitis décidait que ce soir, Sheamus ferait équipe avec Okerlund pour affronter les deux First Challengers, et on sait ce qu’il en advint. Wait… Deux First Challengers ? Ben oui. Daniel Bryan a naturellement droit à un rematch, après avoir perdu son titre de champion du monde à Wrestlemania ; et Alberto Del Rio a obtenu un match pour le WHC contre Sheamus en battant l’Irlandais par DQ la semaine dernière. Donc : on a deux First Challengers. OK, comment régler ça ? Où es-tu quand on a besoin de toi, Captain Obvious ?

 

Etant donné qu’on a un champion et deux First Challengers, on s’attendait logiquement à ce que soit annoncé ce mardi un Triple Threat Sheamus-Del Rio-Bryan à Extreme Rules. Mais non ! Bryan nous l’apprenait un peu plus tard : il y aura bien un match entre Sheamus et Bryan au ppv, et ce sera un Two out of Three Falls (qui devrait donc durer au moins trente-six secondes), mais pas de Del Rio en vue. Donc Del Rio a gagné un match qui en fait le First Contender de Sheamus, mais disparaît pour l’heure de la Title Picture… et quand vient l’heure du main event, au lieu de gueuler, il fait gentiment équipe avec Bryan contre Sheamus et Okerlund, sans se préoccuper le moins du monde de son title shot évaporé. Ouais, ça colle tellement bien au personnage !

 

 

Bon ben voilà, je vous annonce l’arrivée de machin, là, une espèce de gros con doté de la mémoire d’un poisson rouge mort.

 

 

Bref, la logique a été foulée aux pieds pendant la quasi-totalité du show. Deux segments seulement sont à sauver de cette bouillie, enfin un et demi. D’abord, le passage avec Bob Orton. Le vieux fut utilisé comme il devait l’être. Phase 1 : il dit coucou à son fils dans le vestiaire. Phase 2 : il gît inanimé aux pieds de Kane, ennemi du moment de Randy. Phase 3 : il sert d’appât, puisque Randy abandonne en cours de route son match contre Mark  Henry (dommage, ça partait bien, mais c’était pas un soir à catcher, manifestement à SD on ne catche que quand on peut éditer les botchs), se précipite vers les vestiaires et se fait assommer à son tour par Kane.

 

 

– Randy, je suis content de te voir, fils !

Ouais ouais. J’te préviens, si tu me fous la honte comme Dusty Rhodes à Cody, c’est punt kick direct.

Mais non t’en fais pas, je vais plutôt squatter tout seul dans un vestiaire vide pendant ton match, tournant ostensiblement le dos à la porte par laquelle pourrait passer Kane, ce psychopathe meurtrier qui te voue une haine inextinguible !

Je t’adore, papa.

 

 

A noter que quand, il y a un an et demi, un Kane fou d’angoisse cherchait son père partout dans le stade alors que celui-ci était détenu par son adversaire Edge, nous étions censés prendre le parti du kidnappeur. Cette fois, quand un Orton fou d’angoisse cherche son père partout dans le stade alors que celui-ci est détenu par son adversaire Kane, on est censés prendre le parti du kidnappé. A l’instar des beatdowns infligés par les vieux en fin de show aux impuissants Rodriguez et Cole, la WWE nous rappelle ici que la morale, chez elle, est aussi fluctuante que les courbes des sondages en France.

 

 

Bon sang, le public me hue, je comprends pas… Ah si, je sais ! Il faut que je l’attache à un fauteuil roulant, que je lui colle du sparadrap sur la bouche et que je lui tartine la gueule de pizza, là ils vont m’acclamer !

 

 

Oui, la morale à la WWE est vraiment à géométrie variable. Car lors du seul segment digne d’être sorti du marasme général, le Piper’s Pit, on eut aussi droit à une leçon de morale fort savoureuse. Figurez-vous que le daron écossais avait décidé d’enseigner les bonnes manières au goujat Daniel Bryan, vêtu d’un seyant tshirt proclamant YES YES YES à la face d’un monde enamouré. Bryan venait en effet d’envoyer bouler une fois de plus l’adorable AJ, venue l’implorer de la reprendre dans sa vie et dans son pieu, car quand même, merde, c’est un great lover, et c’est pas parmi ses copains geeks qu’elle en trouvera un capable de tenir plus de dix-huit secondes au plumard.

 

 

Gente demoiselle, cet homme est manifestement indigne de vous ! Pourquoi vous échinez-vous à reconquérir l’amour de ce mufle ?

Parce qu’il me xxxx le xxxxxx comme personne, qu’il me fait xxxxx quinze fois par nuit et que quand il me xxxx le xxxxx avec sa grosse xxxxxx je xxxxxxx comme une xxxxx.

– Et vous avez bien de la chance, je crois qu’il vient de jeter un regard intéressé sous votre jupe.

 

 

Et Piper d’expliquer au jeune sacripant qu’on ne parle pas mal à une dame. On ne s’en sert pas comme d’un bouclier en cas d’attaque, d’une excuse en cas de défaite, de sac de frappe en cas de frustration. Tout cela est fort bon et fort juste, mais dans un épisode célébrant le passé de la WWE, la leçon résonnait étrangement. Parce que mon cher Roddy, permets-moi de te dire que si tu t’es mis en tête d’expliquer aux gars de la WWE comment se conduire avec les femmes, t’as du boulot. On est dans une boîte où les femmes sont vues comme des putes ou des écervelées, ou les deux, hein. Prêcher le respect envers les « ladies » ici, c’est comme vanter les vertus de la sobriété dans une réunion de Hell’s Angels.

 

 

– Il n’a pas le droit de t’insulter !

– Oh que si ! Surtout en allemand !

 

 

Quoi qu’il en soit, le segment fut réussi, bien plus d’ailleurs grâce aux deux jeunes qu’au vieux Piper, pourtant considéré comme un immense orateur devant l’Éternel, qui parla avec une lenteur exagérée et se répéta à de multiples reprises. Mais Bryan a le feu sacré en ce moment, il vit son personnage de connard à fond, si bien qu’il a même réussi à partiellement éteindre les innombrables YES qui lui déferlaient dessus à chaque fois qu’il ouvrait la bouche. AJ a été renvoyée dans ses 22, Piper a pris sa claque (avant donc de se venger en fin de show en compagnie de ses sbires décrépits), et le Two out of Three Falls d’Extreme Rules est alléchant. AJ va probablement tenter de regagner l’affection de son homme lors de ce match, et l’occasion sera belle de jouer sur cette storyline mais aussi sur la mystique des Eighteen Seconds et sur l’interdiction faite à Sheamus de s’en prendre à un arbitre.

 

 

Ecoute, t’es mignonne, mais tu manques un peu de conversation. Ce qui est écrit sur mon tshirt, c’est pas ton prompteur.

 

 

Il n’en demeure pas moins qu’un seul segment plutôt réussi ne sauve pas cet épisode du désastre. Lent, ennuyeux, pas drôle, il fut d’autant plus dispensable que toutes ces putain de légendes viennent faire coucou dans les weeklies de la WWE plusieurs fois par an ! La régularité de leurs retours retire à leur présence la seule qualité qu’on pouvait y trouver, à savoir la rareté. Allez, remettez-moi tout ça dans le formol, et prévenez-moi la prochaine fois qu’ils seront là, histoire que je pense bien à ne pas regarder le show. En attendant, j’espère être rapidement atteint de la même sénilité que la plupart des gâteux qui ont pourri ce Smackdown, de sorte d’oublier intégralement cette horreur.

 

 

– Sergent, c’était super, mais pourquoi notre vieil ami Chief Jay Strongbow n’était-il pas là ?

Voyons Duggan. Nous l’avons enterré la semaine dernière.

Qui ça ?

Quoi ?

Hein ?

Qui êtes-vous ?

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