Catch

Miami Pop

Now *that's* how a show's supposed to electrify! From now on, that's how a show electrifies! Oh man, I want the next show to electrify like that. WOOOOO… it takes a dysfunctional motherfucker to electrify a crowd like that. That's some dysfunctional shit!

Mike Lowery, Bad Boys II

 

‘Oh my gosh you guys !’, comme le dirait notre floridienne préférée, la tendre et craquante Kelly au carré… Ici Madness et Jayson Ofabeach, pour vous servir (des cocktails géants sur Ocean Drive). Nous sommes toujours à Miami, le 3 avril 2012 et nous nous apprêtons à retourner au pays du fromage qui sent, du vin qui se boit, du pain qui rassit et surtout du saucisson ! Oui. Du saucisson.

 

 

Il sera dit que le CDC Universe était présent !

 

 

Review à tiède des tribulations de 2 CDCistes en l’univers magique de la WWE

 

 

Ladies and gentlemen, I am Ofabeach, Jayson. I'll be your special guest announcer for the next few lines. Comme certains d’entre vous le savent déjà (comment ça pas tous ? Ce n’est pourtant pas faute d’avoir attiré l’attention sur notre chance inouie, petits cabotins que nous sommes), nous achevons à l’heure d’écrire ces lignes notre american dream à nous, et nous éprouvons un besoin irrépressible de boire une bière de partager nos impressions avec vous, camarades. Car ON A VU MANIA EN VRAI !! Et le Raw du lendemain, aussi. Voici donc nos impressions, recueillies à tiède donc, c'est-à-dire en étant encore sur place, mais tout de même après s’être accordé quelques dizaines d’heures pour intégrer tous les grands moments que nous avons vécus ici (NDR : bon, en fait, à ce jour, on a fini par rentrer en France).

 

Tout d’abord sachez que ce genre de trip ne se décide pas comme on booke un Kane / Orton pour le Grandest Stage of Them All. Prenez un Wrestlemania 27, un salon muni d’un canapé et d’une table basse, de quelques potes, de beaucoup d’alcool, de fromage et de saucisson. Oui, du saucisson. Mélangez bien, laissez l’éthanol agir mais surtout ne laissez pas reposer. Au bout de quelques heures, vous obtiendrez, si tout se passe bien, une discussion  productive :

 

Mec Saoul 1 : « Hey les gars si on y allait ? »

MS2 : « Quoidon, boire un coup au Kasi ? Tu crois pas qu’on en a … burp… assez fait pour ce soir ? »

Mec Saoul 1 : « Nan, nan, on va à Mania, Miami, Rock vs Cena toussa toussa ! T’en penses quoi MS3 ? ».

MS3 : « … burp … »

MS2 : « oui non mais ça d’accord mais sinon ? »

MS4 et MS5 : « zzzzzzzz…. »

MS1 : « Ca veut dire qu’ils sont OK ça non ? »

MS2 : « je suppose… bon allez ça part, plus de congés, on se met au riz tous les midis, et l’an prochain ON VA A MANIA !! »

 

(afin de conserver un semblant de crédibilité, nous tenons à préciser que ces vacances n’ont pas tourné qu’autour du catch, il semble d’ailleurs difficile de trouver des fans de ce noble art ailleurs que dans des endroits peu civilisés tels que le Texas, l’Irlande ou tant d’autres…)

 

Vu que nous écrivons ce billet à plusieurs mains, nous avons choisi de nous refiler gaiment la plume pour vous faire part de moult impressions communes que nous avons pu avoir avant, pendant et après le show. Et puis même sur quelques impressions beaucoup plus générales, tiens. Evidemment puisque vous avez bien sûr tous lu la superbe nalyse de notre cher rédacteur Jyskal, nous nous garderons de nous étendre en détails sur toute analyse scénaristique ou technique des matchs et autres segments. Et d'ailleurs, notre talent et notre expérience dans l’écriture de nalyses n'a d’égal que le goût de la plupart des Américains pour le fromage qui sent, le vin qui se boit ou le saucisson. Oui, Le saucisson.

 

 

Courtesy of http://www.mangerbouger.fr/

 

 

On arrive au pays du catch!!! Évidemment, certains diront « ouais mais nan, Madness, t'es out of propos là, le catch est né dans les spectacles forains itinérants de l'Europe de la fin du XIXeme siècle, et puis d'ailleurs il est vachement plus suivi au Mexique ou au Japon qu'aux US, et puis… », mais je leur répondrai non, nenni, nada, qued. Pour tout suiveur fidèle buvant aveuglément les paroles de sa sainteté Mr McMahon, point de Lucha Libre (à part dans un bar parisien), de Puro, ou de Bourreau de Béthune… d'ailleurs, tout fan de catch ricain qui se respecte ne sait même pas où c'est, Béthune… pis  il s'en fout. Le catch est donc né avec Hogan (oui, parce qu'on n'a pas cinquante ans non plus), et vit aujourd'hui à travers St John Cena. Bottom line. Et les Américains sont fans de catch, y a qu'à voir les arenas pleines à craquer lors de chaque représentation.

 

C'est nanti de ces solides convictions que je débarque sur le sol de l'Oncle Sam. Après avoir mis plusieurs années à accepter que, finalement, tout le monde en France se contrefout des aventures de Randy, fût-il Savage ou Orton, je me dis que, ça y est, des gens vont me comprendre puisqu'enfin, j'y suis, au pays du catch.

 

Bon… En fait tout le monde s'en fiche là-bas aussi.

 

 

– Louke at zate! Zisse ize tickettes forre Raisseulmania!

– So? Why should I care?

– Laisse tomber Jayson, c'est sans doute un fan hardcore de la TNA.

 

 

Effectivement, des deux cotés de l'Atlantique, les héros de la WWE semblent plus aisément trouver leur place dans les rayons de Toys'R'Us que dans les salons mondains. Monde cruel… Toutefois, en s'élevant dans les hautes sphères de la société new-yorkaise, quelques signes d'espoirs ont permis d'échapper à la déprime. Nous sommes en effet curieusement accueillis en haut de l'Empire State Building. Enfin, curieusement pour le passant lambda, car ce cri nous est plus que familier : « IF YOU SMELL!!! ». Mon t-shirt Team Bring It dispense l'agent d'accueil de tout discours protocolaire, et la (courte) discussion tourne exclusivement autour du Rock, de Cena, de Wrestlemania. Il y va, nous aussi, on est contents, on a enfin trouvé un copain.

 

Ces rencontres avec des gens bien étant relativement exceptionnelles, nous nous gardons bien par la suite de révéler la raison première de notre périple. De manière générale, lors d'une conversation avec un indigène, la meilleur chose à faire, c'est de dire qu'on vient de Paris, même si c'est faux, et ne pas parler de catch, si l'on veut s'éviter un « Ah… » poli suivi d'un silence délicat à rompre. Et nous avons plutôt bien suivi cette règle pendant la suite du voyage.

 

Arrivés à Miami une semaine avant le plus beau jour de nos vies respectives, la tension monte. On y est… Mais on n'est visiblement pas nombreux à être arrivés si tôt dans la ville sainte. Les jours passent joliment, et Axxess arrivant, les t-shirts les plus beaux du monde se mettent à fleurir le long d'Ocean Drive, contrastant avec le panorama habituel de Miami Beach : strings, silicone et pecs saillants. Jour après jour, Long Island Iced Tea après Long Island Iced Tea, les t-shirts WWE se font de plus en plus nombreux, et un beau matin, on se lève, et on est le 1er avril…  Putain, ça y est, ça y est, on va à Mania, ON VA A MANIA!!! Vas-y Jayson, dis leur!

 

 

Justin Bieber était à Miami ce jour-là. Saurez-vous retrouver le Madness caché au milieu de ses fans?

 

 

CALME TOI MADNESS! Calme toi… Vous êtes déjà allés à Disneyland avec un gosse? Bon ben là c'est pareil, le mec veut voir Rocky autant que notre charmante tête blonde (ou crépue, comme tu veux) veut voir Mickey… Bon, allez j'avoue j'étais dans le même état. Faut dire qu'après deux semaines et demie de voyage durant lesquelles, comme l'a si bien noté Madness, nous avons constaté que le catch, ben tout le monde s'en tape ou presque, voir fleurir les t-shirts WWE et surtout voir s'approcher la date de notre show de l'année nous mettait de plus en plus la pression…

 

Première étape : préparation des pancartes estampillées CDC, en espérant que ça passe à l'écran. C'est passé… bon OK c'est sur un plan large, il faut bien regarder, mais je vous assure que c'est passé les copains. On a fait de notre mieux… Bref on y reviendra plus tard, et je m'égare. Donc on prépare les pancartes, on est contents, tout va bien. Plus tard dans la journée, la Team Bring It se met en place, et on part au Sun Life Stadium, situé un peu en dehors de la ville.

 

 

En fait le bon plan pour passer à l'écran pendant Mania, c'était encore d'aller narguer la garde nationale avec un drapeau de surrender monkeys.

 

 

Arrivée au stade… Devant nous, les pickups s'étendent à perte de vue, et conformément à la tradition américaine bien connue dite du « barbec' sur le parking », une bonne odeur de bacon et de viande grillée se répand devant le stade. C'est plutôt sympa. Les gens sont chauds, s'apostrophent les uns les autres, descendent des grandes Bud Light au soleil, bref la soirée s'annonce plutot bien. D'ailleurs a ce propos… la Bud Light… bon, la curiosité est certes mère de toute science, mais la Bud Light, mes aïeux… même par curiosité évitez, ça ne servira qu'à recharger votre vessie. Ni fait ni à faire, quoi. Bref. On n'avait pas prévu de barbec', on aurait dû. On se dirige donc vers les portes de ce stade grandiose (un gros truc en béton tout pourri en vrai, mais Mania se tiendra dedans dans peu de temps, donc un peu de respect s'il vous plait) devant lesquelles se presse une foule ma foi assez hétéroclite, et très cosmopolite, il faut le dire. Des fans de tous les pays se sont donné rendez-vous ici, il y a des Français bien sur, mais aussi des Irlandais, des Italiens, des Anglais, et puis aussi des gens qui viennent d'endroits bizarres qui ne fournissent ni thunes ni bouffe au reste du monde, donc on s'en fout. Les chants YES commencent à retentir dans les files d'attentes, repris en chœur par de plus en plus de gens. On tient un concept là. Quelques chants NO y répondent, mais malheureusement Mania n'est pas le paradis du mark, loin s'en faut. Il y a pourtant des spécimens du genre par ici…

 

 

– Top. Comment s'appellent les quatre frères de John C…

– BIIIP! DAN, MATT, STEVE ET SEAN!!!

– Tain, trop facile…

 

 

Nous voici dans le stade, après un contrôle plus que minimal à l'entrée. Quand on dit que la France est un pays de flics… mais je m'égare, les populations ne sont pas comparables. Ici, on ressent très fortement le coté festif et familial de la chose, il y a beaucoup d'enfants, beaucoup de couples, et finalement très peu d'excités. Les gens sont heureux de passer leur après-midi et leur soirée au stade, et vont d'ailleurs immédiatement manifester leur bonheur en allant faire la queue aux stands de bouffe qui sont légion dans l'enceinte du stade. Oui, après le barbec, pourquoidon? Du bon poulet frit, sur un lit d'huile aux chips, accompagnés d'une Bud (pas light pour l'occasion, en ce qui nous concerne, mais on a dû chercher longtemps le stand « bière normale »), mmh un vrai bonheur pour les papilles. OK, en vrai c'est immonde, mais beaucoup d'Américains s'en goinfrent à tous les événements sportifs donc il fallait bien tenter.

 

Retour aux sièges, on est super bien placés. Enfin autant que nous l'ont permis nos finances somme toute limitées. Premier rang d'un bloc supérieur, ce qui veut dire qu'on n’a personne devant nous, et qu'on va pouvoir bien embêter tout le monde comme il faut avec nos pancartes grand format (on VOULAIT passer à l'écran, on vous l'a bien dit). On voit plutôt bien le ring, même si il est clair qu'on passera une bonne partie du spectacle à suivre les matchs sur écran géant, notamment le punk-Y2J, si technique… Que se passe-t-il? Des soldats US débarquent sur scène avec des drapeaux, le titantron affiche le drapeau bleu blanc rouge (l'autre)… ça va commencer… USA! USA! USA!

 

 

Et ouais, les gars! On est à Mania, on est à Mania!

 

 

En effet, Jayson, après un dark match sympathique, mais qui a surtout servi à faire patienter le public, à défaut de le chauffer à blanc, c'est le vrai coup d'envoi de la soirée, de la plus belle soirée de notre vie (si l'on met de coté les événements de la vraie vie). Une annonce de Justin Roberts indique le début imminent de Wrestlemania, les écrans géants du stade diffusent l'incontournable générique des émissions WWE, tout le monde se lève, ça crie, ça lève les bras, le stade est chaud, et bouillonne déjà lors de la première image live diffusée.

 

America the Beautiful lance le show. On est debout, on respecte, et finalement, on est touchés par l'émotion suscitée par cette chanson dans les travées du stade. Les Américains sont fiers et unis, et tant que ça se limite à ça, bin c'est beau, on ferait parfois mieux d'en faire autant… Mais pas le temps de se laisser ramollir par de pareilles considérations, puisque deux chasseurs de l'armée US pointent à l'horizon, avant de passer au dessus de nos trognes émerveillées, en un éclair, et avec un bruit assourdissant. En un mot : WAOUH ! Oui, waouh, tu l'as dit Bouffi, ce sera le mot de la soirée. On est au milieu d'un énorme show à l'américaine, et on en prend plein les yeux, et on en profite, petits chanceux que nous sommes.

 

 

VRRRAAAAAAOOOOUM!

– Damn Joe, la rage, on est passés à vitesse Mach 3 au-dessus de Wrestlemania, on n'a pratiquement rien vu!

– Bah on a quand même vu la totalité du World Heavyweight Championship Math, Bill, c'est pas rien!

 

 

Notre position de suiveurs live influencera sans doute notre perception du show, qui sera pour nous teintée d'un enthousiasme jyskalien (on a vérifié, c'est dans le dico) tout au long de la soirée. Mais tant pis, on est à Mania!

 

Comme attendu, c'est Sheamus qui fait le premier son apparition, et reçoit une grosse pop. Vient ensuite Bryan, qui n'égale pas son adversaire au niveau des décibels, mais génère la première manifestation publique de la « YES Mania ». Nous on s'y attendait, ça faisait deux plombes qu'on entendait les YES (et qu'on participait au mouvement, parce qu'il faut dire que c'est tout à fait réjouissant de crier « YES! YES! » quand on est content). Quelques secondes plus tard, le stade exulte… On a un nouveau champion poids lourds, et on vient d'assister à un événement des plus surprenants. C'est génial, ça crie, pas de préchauffage, l'ambiance est déjà au sommet. C'est un Wrestlemania Moment.

 

C'est là un élément à ne pas négliger dans la considération de ce booking. La foule a fait un tour de yoyo émotionnel dès les premières secondes de show. Ca a sacrément bien marché, y compris dans notre cas. On est entrés la tête la première dans le PPV. C'est bien joué. On peut certes trouver à redire sur le sort réservé aux deux catcheurs, méritants au demeurant, mais on n'est pas là pour penser à tout ça, on est à Wrestlemania, c'est trop bien, allez, vite, la suite!

 

 

– Daniel tu voulais main eventer Wrestlemania et en sortir World Heavyweight Champion, c'est bien ça?

– YES! YES! YES!

 

 

– Changement de plan petit, tu feras l'opener et tu perdras le titre en 18 secondes. Shit happens.

– …

 

 

Les trois matches « de remplissage » qui suivent sont au niveau attendu. Bien mais pas inoubliables. Ils occupent honorablement le Sunlife Stadium avant la tombée de la nuit, qui doit précéder le Hell in a Cell Match, pour des raisons évidentes d'ambiance. C'est l'occasion, tout en appréciant le spectacle sur le ring, de papillonner du regard pour observer un peu plus en détails l'environnement unique qui nous entoure. On remarque notamment un mouvement perpétuel dans les allées du stade. Des gens vont et viennent en permanence entre leurs places et les stands de bouffe et boisson (bin oui, quand on a fini son poulet, faut aller rechercher du poulet… et un coca… oui, un grand…), se désintéressant visiblement de l'action in ring du moment. Assez surprenant, on est à Mania quand même, là.

 

Enfin, bon, ça y est, il fait nuit, et Justin Roberts nous annonce fièrement que le prochain match marquera la fin d'une ère. Cris de la foule, l'histoire est en marche. Il faut préciser que, pendant ces scènes d'hystérie collective, on n'était pas plantés au milieu des marks, à prendre scrupuleusement des notes pour un compte-rendu à venir hein. Non. On gueulait avec eux, on était tout fous, on allait voir le Taker.

 

Shawn Michaels fait son entrée le premier. On essuie alors une petite larme en constatant le botch pyrotechnique, parce qu'on aime bien les feux d'artifices, on est comme ça… Mais on se console en voyant le plus grand performer de l'histoire jouer avec le caméraman, à coups de « je pars en courant vers le ring, ah non, pas maintenant… toujours pas… maintenant! Et non… pas encore, hop, si, ça y est! ». Bon, ça a l'air tout couillon dit comme ça, d'autant plus qu'à l'écran, on voit HBK faire son petit numéro, mais sans plus. Mais si le technicien nous gratifie d'une image de qualité, bien stable et tout, ce n'est pas faute d'avoir galéré pour suivre les facéties de Mr Wrestlemania, à grand renfort d'accélérations interrompues brusquement, et de savants petits pas d'ajustement. Le résultat est bluffant quand on voit l'image diffusée, et il faut rendre hommage à cet homme qui a risqué une double entorse pour ne pas vous filer la nausée, à vous, public lointain.

 

 

– RATATATATATATATATATA! … Ben où qu'y sont les feux d'artifice?

– Désolé Shawn, on les garde pour Flo Rida.

– OK, je comprends.

 

 

Oui, c'est vrai, en évoquant un match qui a placé trois légendes vivantes au milieu du ring, je m'épanche sur le caméraman, oui. Mais il faut souligner le travail accompli par ces acteurs de l'ombre, et c'est peu dire, puisqu'ils réalisent la prouesse d'être quasi invisibles tout en se positionnant judicieusement afin de nous offrir les images les plus appréciables. D'ailleurs, ils sont nettement moins invisibles vus du stade, et surtout lors des entrées des superstars. Lorsque vous admirez de près un catcheur qui s'avance vers le ring, dites-vous bien qu'il est précédé sur la rampe par le caméraman, par le mec qui tient le fil de la caméra pour ne pas que le premier ne se prenne les pieds dedans, et par un troisième, qui doit sans doute gérer le paquet de cahuètes pour ses deux copains. Du coup, suivant le placement dans le stade, on ne le voit pas super bien le mec. Mais rassurez-vous, c'est loin de nous gâcher le plaisir! Nan, je précise, parce que je vous sens inquiets pour nous, là…

 

Pour parler encore des trucs qu'on voit en vrai mais pas à la télé, tout en revenant à nos trois moutons légendaires, le décor qui agrémente la scène d'entrée de Triple H, bin c'est juste un pauvre truc en carton et en trois morceaux, monté sur roulettes, qui a été apporté là par des techniciens, en deux secondes, et emporté ensuite tout aussi légèrement. Je ne sais pas quelle est l'impression à première vue télévisuelle, mais sur le coup, ça fait bien toc, et la sensation persiste lorsque l'on revisionne la scène telle que diffusée.

 

 

Prévoyant, Triple H n'avait jamais jeté son château de Skeletor de quand il était petit, se disant que ça pourrait servir un jour.

 

 

Bref, on assiste ensuite à un match d'anthologie. Tout le stade est embarqué dans la folle histoire qui nous est contée. La Streak est décidément le plus précieux des mythes catchesques et la foule prend clairement parti pour le Dead Man durant cet affrontement. Tout le monde vit pleinement les coups de chaise portés, retient son souffle face au sledgehammer brandi, ressent les émotions de Shawn Michaels. A la fin du combat, les deux adversaires sont exténués, et nous aussi. Le 20-0 s'affiche sur les écrans géants, et les effets lumineux et pyrotechniques nous plongent dans une atmosphère unique, celle de la Streak, du Taker, de Wrestlemania. Ces images qu'on a vues et revues, chaque année, on est en plein milieu : partout, la fumée, les lumières, et au-dessus de nos têtes les feux d'artifice. Une fois encore, waouh.

 

 

And I quote : « Waouh ».

 

 

Le tag team match qui suit s'inscrit complètement dans le creux de la vague émotionnelle de cette fin de soirée. On a tout donné pendant le Hell in a Cell, donc on regarde ce match en reprenant notre souffle… ou en allant rechercher de la bouffe pour beaucoup de monde, et notamment pour mon voisin de gauche, qui part avec son gamin au moment ou Santino prépare son cobra. WTF ? Hey, petit, tu l'aimes pas Santino ou quoi ? Il ne te fait pas marrer ? Bon, je ne lui ai pas posé la question. Pas que ça à faire, et il m'aurait sûrement répondu « si , mais je préfère bouffer du poulet ». Autre curiosité locale, un gars derrière nous a poussé un cri de joie quand le Great Khali a fait son entrée dans le ring. C'était l'un de ses faits d'armes de la soirée (au mec derrière, pas au Great Khali), lui qui s'est distingué durant quatre heures par son originalité, sa ténacité, sa puissance vocale couplée à un timbre de voix relativement irritant, mais on comprendra par la suite qu'il ne faisait que ronronner doucement, avant de lâcher les chevaux durant le main event.

 

Le match entre les deux Best in the World nous offre deux belles entrées, avec de bien jolis pétards, en particulier pour Punk, où la configuration à ciel ouvert est pleinement exploitée. C'est grand, c’est beau, une fois encore : waouh! Le match en lui-même bien que très bon, ne s'apprécie pas forcément beaucoup plus en live qu'à la télé, contrairement à d'autres. L'action y est très technique, les mouvements s'enchainent rapidement, dans de petits volumes, et nos yeux se rabattent fréquemment vers les écrans géants pour pour cerner précisément ce qui se déroule dans le ring (c'était également parfois le cas lors du Taker-HHH, pour lire les expressions faciales qui participaient à la dramaturgie du match). Petit regret de mise en scène cependant : la célébration d'un Punk triomphant, au sommet de son art, on the Grandest Stage of them all, a été tronquée par la diffusion d'une vidéo promotionnelle. C'était également le cas en live puisque cette vidéo est passée sur les écrans géants du stade, qui a été plongé dans l'obscurité pour l'occasion, laissant le champion du monde s'en aller dans l'indifférence la plus totale. Dommage.

 

 

– BEST IN THE WOOOORLD!

– OK, suffit de faire le mariole maintenant, tu descends, on a une vidéo de Cena bébé en train de faire gazou gazou dans son berceau à faire passer.

 

 

Difficile ensuite de tourner la page aussi sec, d'oublier les émotions de ce duel de talents pour passer au main event, à ze match… Et là, grosse surprise, on nous envoie le Funkasaurus. Joie, chaleur, ambiance, tout le monde est content! C'est ce qui est formidable en live, on prend tout au premier degré, un peu comme lors du sacre de Sheamus. Il est sympa comme tout, le Brodus, il a une chouette musique d'entrée, ses copines sont pas franchement désagréables à regarder danser, donc on ne se pose pas de questions et on sourit, on tape dans les mains, c'est la fête. Et on rit ensuite franchement quand mama Clay débarque. L'impact est surement différent quand on est chez soi, et qu'on vient de sortir la troisième pizza du four, mais outre la plus-value émotionnelle certaine liée à notre présence, je suis convaincu de l'intérêt de ce segment intercalé entre deux matches très attendus. Il n'y a qu'à voir la relative apathie qui régnait lors de la bataille de GM pour se dire qu'une petite pause s'impose parfois.

 

 

Vous avez dit raciste? Non. Bon enfant…

 

 

Passé ce joyeux WTF moment, on y est, fini la rigolade, c'est once in a lifetime est c'est maintenant! Wouwouh! Et en fait, non, y a les concerts. Presque un coït interruptus… Bon, on regarde. Et c'est pas folichon. La prestation de MGK est plutôt moyenne, mais se conclut par un speech assez surprenant, qui a l'immense mérite de lancer les hostilités, en orientant les indécis de la foule du coté du Rock. Nan mais sérieux, c'est qui ce petit con tout cheum qui se permet de chier sur Rocky ?

 

Je dois admettre que l'effet a parfaitement fonctionné sur moi. Même avec mon t-shirt Team Bring It sur les épaules,  je garde une grande estime pour le Marine (estime tout ce qu'il y a de plus froide et objective, mais estime quand même), mais quand j'ai entendu ce jeune drogué (visiblement) la ramener sur son pote Cena et trasher le Rock, j'ai eu envie de foutre la doublette MGK-Cena dans un sac poubelle et de le balancer dans le Rhône… Une fois encore, en live, on ne décrypte pas ce genre de mécanisme, on les prend en pleine tête. Et c'est pile à ce moment là que John Cena a fait irruption sous nos yeux. Coïncidence ? Non, je ne crois pas. L'ami John débarque donc sous un tonnerre de sifflets et autres cris hostiles, dont ceux des marks du Rock que nous étions l'espace de quelques heures. Une symphonie complétée par de francs soutiens, certes minoritaires, mais bel et bien présents. Suite au playback lamentable de Flo Rida, l'arrivée du Rock a complètement « electrify » le Sunlife Stadium. Le surnom de Rocky n'est pas usurpé, ce mec a clairement un truc. Quand il arrive, on se lève et on crie. On ne sait pas pourquoi… Mais on crie. Et on l'aime, Rocky. Du fond du cœur. Ca non plus on ne sait pas pourquoi. C'est comme ça, c'est tout.

 

 

PUTAIN MAIS C'EST LE MEC DE JOURNEY 2: THE MYSTERIOUS ISLAND!!!

 

 

Et vu, ou plutôt vécu des tribunes, ce match historique a été sensationnel. Peu importe la qualité technique discutable du combat, on a assisté à l'affrontement de deux légendes, on a vibré, on a hurlé, on a cru, on a douté, on a hurlé encore, et on a finalement sauté de joie, comme la majorité du public, lors de la victoire du Rock. C'était bon. Oh oui, et on était vidé après ça. Tout comme le mec derrière nous. Oui, le même. Ce jeune homme nous a fait son main event à lui. Pendant une demi-heure, il a crié, plus fort, plus fréquemment (non stop en fait, je crois), peut-être même plus aigu. Il a lutté de toutes ses forces, quasi seul contre tous. Ses « Let's go Cena » se fracassaient contre les « Cena sucks » qui émanaient du reste de la tribune. Mais il a continué, jusqu'au bout. Et après la défaite de Cena, le feu en lui s'est éteint, sa mine s'est tristement assombrie, et c'est les yeux embués de larmes qu'il nous a tendu la main, à chacun de ses proches voisins, ponctuant son geste d'un « I respect », plein de sincérité et de résignation. Puis il est parti, tête basse, sans un mot de plus. On aurait dit un supporter de Monaco le 29 mai 2011… Si l'on ne peut s'empêcher de s'interroger sur la bonne santé de ce garçon, on doit reconnaître que la WWE a l'art de nous proposer des spectacles qui nous procurent toutes sortes d'émotions, pour notre plus grand bonheur.

 

Le temps de rentrer sagement chez nous, à Miami Beach (la vie ne fait pas de cadeaux, décidément), le tension s'estompe très progressivement, les souvenirs s'échangent dans la voiture, quelques interrogations restent en suspens. La nuit passe et on se lève le 2 avril un peu comme après sa nuit de noces. On est content. L'événement et l'émotion intense sont passés, mais on est bien… Ouep, en plus il fait beau et on va à la plage. Pis y a un Raw le soir même, et on va y assister. Sentiment curieux à l'approche de cette soirée : on a envie d'y aller, aucun doute, mais Wrestlemania est derrière nous, le gros des attentes a été satisfait, donc ça ne trépigne pas plus que ça, et c'est surtout les réponses à nos interrogations qu'on va aller chercher à l'American Airlines Arena. Que va bien pouvoir nous dire Cena ? Que va faire le Rock ? A-t-on assisté la veille à la fin de carrière du Taker et de Triple H ?

 

 

Va-t-on avoir droit à du Slim Jim ou à des Fruity Peebles gratuits?

 

 

Nous voici aux abord de l'AAA. Les fans sont massés sur les marches de l'Arena. C'est pas encore ouvert, et ça va ouvrir bien tard à mon sens. Peu importe, on fait la queue sagement, et on crie « YES! YES! YES! » pour patienter. On sent déjà que quelque chose est en train de se passer. La veille, quelques groupes de fans déambulaient dans les allées et autour du Sunlife Stadium en entonnant ce chant, qui a été repris progressivement par de plus en plus de monde, parce que c'était Mania, parce qu'on était content, et que c'est cool de chanter « YES! YES! YES! » quand on est content, faut-il le rappeler, mais surtout, parce qu'on l'aime bien, le gars Bryan. Sauf que ce lundi soir, tout le monde arrive avec ces « YES! » à la bouche, tout le monde le chante, tout le monde lève les bras en rythme. Ce « YES! YES! YES! » nous unit tous, nous, le public de Wrestlemania 28 (je pense que l'essentiel du public du Raw avait vu Mania au stade la veille).

 

On entre enfin dans l'Arena, et on assiste à un enregistrement de Superstars. Apéritif sympatoche mais sans plus. Pendant les temps morts précédant les matches (parfois un poil longs, comme ce n'est pas du direct), la foule reprend les « YES! YES! YES! » qui se propagent aisément dans les rangs et atteignent un niveau sonore assez remarquable. L'accord est tacite, mais clair : ce soir, les copains, on va foutre le feu! Ouais, ce soir, c'est notre soir.

 

 

– OK, pause, un quart d'heure de pub.

– YES! YES! YES! YES!

 

 

Pas question cependant de négliger le show en lui-même, et de brailler n'importe quoi pendant que les gars sont sur le ring. Enfin, si, pendant Superstars, et le match Usos vs Reks-Hawkins, Reks met son adversaire au sol, et prend son temps, debout au milieu du ring. Temps mort, attente, « YES! YES! YES! » inévitablement. Ca l'a un peu déstabilisé. Amusant, d'autant que ce n'était pas bien méchant…

 

Mais là c'est Raw qui commence. On est chaud, ça y est, l'excitation est bien là, on va encore passer une bien belle soirée. Sauf que le segment initial, avec Jean Lolo en coulisse, est pas ce qu'on fait de plus réjouissant, et l'apparition sur le Titantron du nouveau GM de Raw et Smackdown est copieusement huée. Donc oui, c'est top comme ouverture, ça génère de la heat (en plus on était au bon endroit pour ça, huhu), mais nous, on est dans le public, on prend tout ça au premier degré, et on crie « Boooooh ». Na. Bon, ensuite, ça y est, générique, on est debout, on crie, les pyro pètent dans tous les sens en haut de la rampe, c'est beau, c'est festif, mais qu'est-ce que c'est bruyant. On ne l'avait pas perçu la veille, vu que le stade était grand et ouvert, mais mazette, ca surprend quand ça fait boom. J'ai d'ailleurs sursauté au premier « BOOM » de l'entrée de Kingston. Mais bien hein… Donc, je ne l'aime plus Kofi, c'est fini.

 

La première heure de show s'est déroulée tranquillou, interrompue par quelques coupures publicitaires, qui étaient parfois l'occasion de voir des vidéos sur le Titantron, et souvent celle de joyeusement crier « YES! » en chœur (oui, on s'amuse comme des petits fous pendant les pubs). Par contre, la deuxième heure a été très pauvre en contenu, et riche en publicité. J'ai même l'impression qu'on a alterné un moment entre les pubs de la télé, avec rien dans l'arena, et les vidéos promotionnelles de la WWE, pendant les temps d'antenne. Sans exagérer, on a bien dû passer un quart d'heure sans rien à se mettre sous la dent. C'était Teddy… et c'est devant une foule un peu ramollie que s'est présenté Cena. Son discours a fini par remettre tout le monde dans le bain pour une explosion de cris lors de l'arrivée de Lesnar. Mais ça reste bien faible comme bilan pour une heure entière de show.

 

 

Scusez pour le retard. Je remettais mon intestin grêle à l'intérieur de mon corps.

 

 

Heureusement, la musique de Randy Orton retentit au moment on s'apprête à se diriger vers la sortie, comme beaucoup de monde. Youpi, y a encore un match! Les commentateurs sont discrètement partis pendant les entrées des catcheurs, et en découvrant les tables abandonnées, on a réalisé notre chance : on a un match rien que pour nous, et pas n'importe lequel : Orton-Big Show-Sheamus contre Rhodes-Kane-Bryan. Ce sont les heels qui font leur entrée en dernier, en gardant le meilleur pour la fin. Daniel Bryan débarque sous une incroyable ovation, et jubile comme jamais, à coups de « YES! YES! YES! ». On est bien loin de la désillusion de la veille, on est sur une autre planète, c'est la magie d'un dark match. Durant tout le match, le public acclame Bryan, ou le réclame lorsqu'un de ses partenaires est dans les ring. Les « We want Bryan! » sont non négociables, et Cody et Kane improvisent joliment lors de leurs entrées, en limitant leur présence sur le ring à une poignée de secondes, avant de redonner la main à l'American Dragon. Le match est bon, l'ambiance est formidable, et pour l'anecdote, c'est Sheamus qui fait le tombé victorieux sur son adversaire de la veille, en récoltant une jolie pop au passage, preuve que les sifflets ne sont que passagers, suite à sa victoire éclair à Mania. Rien de personnel : il ne fallait pas battre Daniel, c'est tout. C'est ainsi que s'achèvent ces deux jours intensément catchesques. Que c'était bon… Hein Jayson ?

 

 

YES? Comment ça YES? C'est pourtant pas de moi ça…

 

 

Pensée du jour : Une fin de Monday Night Raw, le lendemain de Wrestlemania, c'est comme une fin de repas de Noël du lendemain, celui que tu passes avec la famille de celui des deux conjoints qui n'a pas eu la primeur du réveillon. A une différence près : on ne t'a pas servi les restes de la veille.

 

Oh oui, je suis repu de catch. Nous avons passé deux soirées exceptionnelles au coeur du WWE Universe. Nous avons vu des légendes, des feux d'artifice géants, des matches terribles, des full-time marks, un vrai Raw coté tribune (un semi envers du décor de la WWE, en un sens) et bien d'autres choses. Et nous avons fait des pancartes! Les house shows n'auront plus la même saveur maintenant, même si la performance in-ring de ces athlètes, dont la vie est de divertir les foules presque tous les soirs de la semaine, ne saurait être éclipsée par le décorum qui les accompagne. Mon cher Mad', ai-je le temps de procéder à une dernière petite introspection avant que nous ne rendions l'antenne? On me fait signe que oui, donc procédons.

 

On le sait, mais ce n'est jamais aussi prégnant que lorsqu'on regarde en live un PPV ou un weekly : le ressenti live est bien différent du ressenti télé. On le remarque par exemple lorsqu'on repense à la victoire éclair de Sheamus sur D. Bryan en opener de WM. Bien que très décriée sur le forum et ailleurs, la décharge électrique provoquée par le Brogue Kick du Great White chez le spectateur live, déjà bien chauffé, au tout début de ce qui constitue la soirée catchesque de l'année pour tout fan normalement constitué, me fait penser qu'il n'y avait pas meilleur opener que cette énorme surprise pour lancer un Mania censé rester particulièrement dans les mémoires. Et pourtant j'attendais ce match avec impatience, sans compter que merde, j'aime pas voir Bryan perdre. Un autre exemple, que l'on ressent un peu en house show d'ailleurs, concerne cette fois le dark match à la fin du Raw. Outre le fait qu'il soit exécuté par des main eventers, ce qui est rare lors d'un weekly mais beaucoup moins en house show, il m'a semblé que l'on assistait à un vrai match de catch de foire, dans lequel les performers avaient carte blanche pour divertir au mieux le public, sans trop s'encombrer des storylines en cours et des alignements, du moins dans le déroulement du match, et jusqu'au tombé victorieux de Sheamus. Les fans voulaient Bryan? Ils ont eu Bryan, qui a à mes yeux joué une partition face pendant ce match. OK mes yeux ne sont peut-être pas non plus ceux d'un expert… Bref, il y aurait presque matière à écrire un article détaillé sur le sujet.

 

Le voyage est presque terminé maintenant, il va falloir se préparer à rentrer en France. Juste pour la route, nous passons une dernière petite journée à la plage. Tiens, il y a moins de t-shirts CM Punk ici. Après avoir été occupée quelques jours par le WWE Universe (dont beaucoup de membres, faut-il le rappeler, ne font pas très couleur locale, loin s'en faut), la plage de Miami Beach redevient la plage la plus sexy du monde.

 

 

Et pour finir nous remercions nos deux guides, Drie et Lickie, qui nous ont fait découvrir les joies de la plage à Miami.

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