Catch

Boring !

There is no future
In England's dreaming

The Sex pistols, God Save the Queen

 

Il est parfois des coïncidences troublantes. Venant tout juste de passer une semaine au pays du fish and chips, de la pluie et d’Iron Maiden, Henri Death a découvert à son retour que Raw et Smackdown avaient justement été enregistrés à Londres. Il ne pouvait rater l’occasion d’écrire la nalyse d’un show qu’il aurait pu voir en direct mais qu’il a raté comme un con.

 

 

Henri Death n’a peut-être pas vu Smackdown en live, mais il a rapporté de belles photos de Buckingham Palace.

 

 

Nalyse rapide de Smackdown du 20 avril

 

 

Amis lecteurs, si vous pensiez que la rédaction des Cahiers du Catch était une chouette bande de joyeux copains ivres de vin rouge, de femmes et de convivialité, détrompez-vous. La Rédac’ est une entité froide, inhumaine et impitoyable. Rentré récemment d’un déplacement professionnel en Angleterre, j’ai pu en faire une nouvelle fois l’amère expérience après avoir envoyé un petit mail à mes camarades rédacteurs pour leur annoncer mon retour. Pensez-vous que l’on me demanda si j’allais bien, ou si mon périple n’avait pas été entaché d’incidents notables ? Pas du tout : la première remarque fut « Ah cool, t’es rentré, tu vas pouvoir faire la review du dernier Smackdown. Tu nous fais ça vite, hein, parce que ça doit être en ligne lundi soir. ». Mon cœur fut tout d’abord secoué de soubresauts de révolte et de dégoût, mais je découvris ensuite que ledit Smackdown avait été enregistré à Londres. C’était un signe du destin, puisque la perfide Albion fut justement le théâtre de mes pérégrinations de la semaine passée. À trois jours près, j’aurais même pu me trouver à Londres au bon moment pour assister en personne à l’enregistrement du show. Ravalant ma fierté, j’acceptai finalement de rédiger cette nalyse pour voir ce que j’avais raté. Et les délais étant ce qu’ils sont, je prierai mon bienveillant lectorat de vouloir m’excuser si je ne développe pas mon article outre mesure.

 

Brisons le suspense tout net : ce Smackdown fut, selon l’expression consacrée, « bien mais pas top ». Car voyez-vous, le problème de ce show anglais, c’est qu’il avait aussi le goût de la bouffe anglaise.

 

 

Un Smackdown enregistré à Londres ne pouvait que refléter l’atmosphère élégante et satinée des clubs de gentlemen britanniques.

 

 

Mais la seule allusion notable au royaume de la Queen Elizabeth fut une amusante séquence backstage entre Teddy Long et John Laurinaitis. Le super General Manager de la WWE, qui est un être vil, annonça à son subalterne que son travail consisterait à monter la garde devant la porte de son bureau, vêtu d’un seyant uniforme de la garde royale britannique, en adoptant le flegme légendaire des véritables gardes. Teddy s’acquitta consciencieusement de sa tâche, et même cette ignoble trainée d’Aksana venue se pavaner devant lui en draguant honteusement un autre type ne put lui faire perdre son sang-froid. L’intérêt de cette séquence est quadruple. D’abord, elle nous rappelle que Laurinaitis est méchant et qu’il aime humilier ses ennemis. Ensuite, elle est amusante. En outre, elle fait doucement évoluer le personnage d’Aksana : son comportement de grosse chiennasse qui abandonne l’ancien General Manager, devenu sans intérêt pour elle après la perte de ses responsabilités, est probablement l’annonce d’un heel-turn pour l’accorte blonde (oui, moi je sais qu'elle est blonde). Sera-t-elle pour autant moins inutile à l’avenir ? Il est permis d’en douter. Enfin, et c'est pour cela que ce segment restera dans les annales et sera religieusement vu et revu au cours des siècles et des siècles, il a vu la première apparition dans un programme télévisé de la WWE d'un certain Antonio Cesaro, dont le nom d'empereur romain fait frémir d'excitation tous les aficionados du catch indépendant qui n'auront pas manqué de reconnaître sous cet astucieux pseudonyme l'emblématique Claudio Castagnoli, catcheur d'autant plus terrifiant qu'il est de nationalité suisse et doté d'un gimmick de rugbyman. Un rugbyman suisse, voilà qui garantit un succès planétaire, à n'en pas douter.

 

 

– Saaaluuut, jeeee suiiiiis rugbyyymaaaaaan suisse!

– Eh bien, en ce cas, playa, cela ne signifie qu'une chose: tu joues au rugby et tu viens de Suisse!

– Toi rigolo, noir, toi rappelle quelqu'un Aksana, mais Aksana plus savoir qui.

 

 

Quelques instants plus tard, le match opposant Ryback à un jobber local au physique de gamin de douze ans anémié ne fut pas des plus passionnants.

 

 

Un match à la WWE ! Comment je vais trop frimer demain à l’école !

 

 

Plié en quelques secondes, l’affrontement n’était encore une fois destiné qu’à nous montrer à quel point l’ancien Skip Sheffield est une machine de guerre impitoyable. Messieurs les bookers, sachez que oui, nous avons bien compris que Ryback est un gars brutal et dangereux. Maintenant, vous pouvez le lancer dans une vraie feud. Par pitié, ne commettez pas la même erreur qu’Avec Brodus Clay ! Ce soir encore, vous avez en effet décidé que le match du Big Funky Monster, accompagné pour l’occasion du nainsupportable Hornswoggle, serait un vulgaire squash, et l’avez mis face à Hunico, que je préférais mille fois lorsqu’il sautait dans tous les sens sous le masque de Sin Cara, et qui semble destiné à s’enfoncer doucement vers le bas de la carte depuis qu’il a adopté la personnalité d’un gangster latino ridicule, alors qu’avec un peu de travail, il pourrait probablement faire un midcarder très solide. Rappelons que le gros Brodus a fait ses débuts sous sa gimmick actuelle en janvier, et qu’il ne sert toujours à rien ! Prions pour que Ryback ne prenne pas le même chemin.

 

Un peu moins inintéressant fut le match entre les Usos et une nouvelle équipe composée de Titus O’Neil et Darren Young, équipe présentée par John Laurinaitis lui-même, qui n’a sans doute pas eu là la meilleure idée de sa carrière. Bien accueillis par le public londonien, les Usos sont en effet un cran au-dessus de leurs adversaires, qui ne brillent pas par leurs capacités catchesques ni par leur sens du timing. Bien qu’ayant remporté la victoire (ce qui est logique pour une première apparition en équipe, qui plus est sous la protection du GM lui-même), l’équipe heel ne parvint pas vraiment à convaincre. Si la WWE n’a vraiment plus rien à faire de sa division tag team, pourquoi ne pas la laisser tomber complètement au lieu de s’acharner à former des équipes aussi peu utiles ?

 

 

Mais ? Vous êtes la bite de Titus O’Neil ? Je vous ai vue sur Internet ! Je peux avoir un autographe ?

 

 

N’oublions cependant pas qu’Extreme Rules s’en vient à grands pas, et que l’important actuellement est de finaliser le build-up des feuds qui y connaitront de brutales péripéties. Pour ce faire, nous eûmes droit à une vidéo de Chris Jericho dénonçant les tares de la famille de CM Punk et à la promesse d’une interview de Brock Lesnar pour le Smackdown de la semaine prochaine, mais je laisse à mes collègues nalyseurs de Raw le soin de lancer le débat sur ces personnages, pour mieux me concentrer sur le roster de Smackdown.

 

Le show bleu est actuellement centré sur trois feuds majeures (Randy Orton contre Kane, le Big Show contre Cody Rhodes et Sheamus contre Daniel Bryan), feuds mêlées dans quelques matchs ce soir. Y trouva-t-on un peu de distraction ? Pas vraiment.

 

Bien sûr, un sourcil d’espérance se leva lors du match entre le Big Show et Alberto del Rio, mais ledit match fut rapidement interrompu par l’intervention sournoise d’un Cody Rhodes qui coûta la victoire à l’athlète le plus gros du monde et fut suivi de la fuite du peu colossal Rhodes. La séquence a été vue mille fois.

 

 

Magie de la perspective: sur cette photo, on a l'impression que Cody Rhodes est beaucoup plus petit que le Big Show.

 

 

Mille fois vu aussi est le regard de cinglé de Randy Orton, qui expliqua en interview qu’il allait bientôt montrer à Kane à quel point il peut être fou quand on l’énerve (il est vrai qu’Orton est pourtant connu pour être un modèle de calme et de contrôle de soi). Il est même tellement énervé que son match contre le frangin de l’Undertaker à Extreme Rules sera un fall counts anywhere. Voilà la promesse d’une bonne série de coups de poubelle dans la gueule, de chutes dans les escaliers et d’impacts de chaise dans le dos, mais les amateurs de bon catch risquent d’en être pour leurs frais.

 

En revanche, un qui s’y connaît en bon catch, c’est Daniel Bryan. L’ancien champion, qui eut l’honneur d’ouvrir l’émission, débuta le show par une promo axée sur ses qualités de catcheur. Lâchement attaqué par Sheamus à Wrestlemania alors qu’il n’était pas prêt, le petit dragon américain a promis de regagner son titre à Extreme Rules. Notons que la tendance se confirme : Bryan, booké comme un heel, est acclamé par une partie non négligeable du public. Plus étonnant encore : la frêle AJ, jeune fille innocente et face, est carrément huée par plusieurs spectateurs. Le cas Cena nous l’a montré depuis quelque temps, et Daniel Bryan le confirme : le public des arènes de la WWE tend de plus en plus à sortir de son rôle traditionnel, et aime à applaudir les catcheurs non pour leur seule appartenance au clan des faces, mais aussi pour leurs capacités techniques. C’est ainsi que Cena est voué aux gémonies et que Bryan est porté aux nues.

 

Bref, AJ est donc venue souhaiter bonne chance à Bryan pour son match retour. Évidemment, son ex l’envoya promener comme un gros bâtard, et la laissa seule en train de chialer au milieu du ring. Même son adversaire du soir, la flatulente Natalya, eut pitié d’elle et amorça un geste de consolation, mais se fit remercier par une baffe sur le coin de la gueule et une série de coups au visage qui entrainèrent la disqualification d’AJ. C’est en tout cas ce que l’on peut supposer, la décision de l’arbitre n’ayant jamais été annoncée au micro ; et c’est en larmes que la petite brune quitta la salle après le match. Je dois avouer que l’intérêt de cette séquence m’échappe. S’agit-il de mettre en avant la déception de la jeune fille et de préparer une future vengeance envers Daniel Bryan ? Dans ce cas, pourquoi la présenter comme une hystérique incapable de contrôler ses émotions, au risque de lui faire perdre la sympathie du public ? Je suis perplexe, et la foule l’était autant que moi, puisque cette séquence se termina dans une indifférence du public presque gênante.

 

 

 

– Non, AJ surtout ne la frappe pas dans…

– GNIIIHHAAA!!!

– PPPPPRRRRROOOOOOOUT!!!

– … l'estomac.

 

 

Il fallut attendre la toute fin de l’émission pour assister à un passage qui n’était pas totalement ennuyeux. Il s’agissait d’un match à six : Cody Rhodes, Daniel Bryan et Mark Henry étaient opposés à un trio composé de Sheamus, de Randy Orton et du Great Khali. Oui, le dernier nom faisait craindre le pire, mais ce pire n’advint pas.

 

Faisant son entrée avec une démarche encore moins assurée qu’à l’accoutumée, Khali se fit attaquer par Cody Rhodes avant même le début du combat, et fut évacué derechef, avant d’être remplacé au pied levé par un Big Show autrement plus haut dans la carte et plus à même de livrer un vrai match. Il s’agit probablement de préparer un congé de Khali. Va-t-il prendre des vacances ? Tourner dans un nouveau film après le Marsupilami ? Est-il blessé ? Je l’ignore, mais si cette catastrophe ambulante s’éloigne durablement des rings, ne comptez pas sur moi pour le regretter.

 

 

Et ne comptez pas non plus sur moi pour tirer sur l’ambulante. Ah ah ah.

 

 

Bref, le boulet hors d’usage, le match put commencer. Rien de spécial à dire sur cet affrontement remporté par l’équipe face grâce à un RKO de Randy Orton sur Mark Henry : les six hommes sur le ring ont du métier, et ont livré un combat d’un niveau très honorable, surtout en regard de ce à quoi nous avions eu droit le reste de la soirée. Soulignons au passage la bonne interaction entre Daniel Bryan et Sheamus. Ces garçons devraient nous donner à voir du très bon catch à Extreme Rules, d’autant que la stipulation de leur match (un 2 out of 3 falls) est propice à un match long et qui ne risque pas de sombrer dans le bourrinage à outrance.

 

Ah oui, et puis les commentateurs se sont plu à rappeler que Sheamus n’avais pas le droit de frapper un arbitre, sous peine de renvoi. Eh bien, en effet, il ne frappa pas l’arbitre. Il est d’ailleurs assez curieux d’insister sur ce point : Sheamus ne s’est rendu coupable de violence envers un officiel qu’une seule fois, ce genre de chose arrive somme toute assez rarement, et est facilement évitable. S’il s’agissait d’ajouter du suspense et d’amener les spectateurs à se demander en tremblant si Sheamus allait vraiment bastonner l’arbitre et se faire renvoyer immédiatement, c’est très raté.

 

 

– Attendez les gars, vous vous êtes gourés. OK, c'est la tournée mondiale, mais on n'est pas encore au Golgotha.

– Ah pardon Randy.

 

 

Que retenir de ce Smackdown londonien ? Pas grand-chose, à vrai dire. Si le show a su éviter les moments complètement mauvais ou honteusement ridicules, jamais il n’a véritablement décollé, et l’émission se laissa regarder d’un œil morne et éteint, ne laissant dans notre bouche que le goût fade et aqueux du café anglais.

 

 

Ca va pas vraiment mieux, Pete Doherty.

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