Catch

Bellas Ciao

L’intelligence, c’est le seul outil qui permet à l’homme de mesurer l’étendue de son malheur..

Pierre Desproges

 

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à la Spanish Announce Table, le seul endroit où sont nées les légendes, où les carrières ont été brisées et où je remplace pour cette review Axl, ou McOcee, ou qui voulez dans l'équipe, de toute façon, ce sont tous des fainéants et des sales gauchistes de merde issus du parti de l'étranger – oui, je sais,  j'enchaîne les pléonasmes – qui n'ont qu'une envie: ruiner notre beau pays en le livrant à des hordes de Cubains qui sentent fort la sueur ainsi que le rhum et le tabac frelatés – comme tous les étrangers et les pauvres d'ailleurs.

 

 

Encore un type qui s'habille bizarre, qui vient d’on sait où, qui est polygame avec plein de gamins et qui écoute très fort de la musique de zazous jusqu’à pas d’heure!

 

 

Nalyse de Raw du 30 avril

 

 

En premier lieu et avant d'attaquer la review de ce RAW, je tiens personnellement à me désolidariser de tout ce que mes collègues ont pu publier ou écrire dans de doûteux articles soi-disant "de fond" ou "humoristiques" ces derniers temps à propos de la politique. Cela n'a pas sa place aux Cahiers du Catch. La démocratie, c'est important, certes. Mais comme il est inscrit au fronton de ce site: "Le catch ce n'est pas une question de vie ou de mort, c'est bien plus important que ça." Même si c'est Aristote, un de ces Grecs fainéants, fraudeurs et sales qui mènent aujourd'hui, et ont toujours mené d'ailleurs, notre belle civilisation multi-millénaire à la ruine, qui l'a écrit, c'est vrai.

 

 

C’est une question de vie, de mort et de pognon.

 

 

Je suis très attaché à l'avenir de ce site et ferai tout pour qu'il perdure malgré les tempêtes politiques qui pourraient – Sainte Marie Mère de Dieu, faites que mes prières à St Nicolas du Chardonnet soient exaucées et que les bolcheviks ne mènent pas notre brave patrie à la ruine, ni qu'ils découvrent mes comptes secrets en Suisse – nous toucher dans les prochains jours. Donc, si, par malheur, les chars bolcheviques devaient défiler dès le 8 mai sur les Champs-Elysées, sachez que ce cataclysme ne touchera que très légèrement votre serviteur qui continuera son oeuvre d'éducation des masses populaires sous un nouveau pseudonyme, celui de North-Korean Announce Table. Et surtout dans ce cas funeste, ne vous inquiétez pas pour moi, collaborer avec l'ennemi d'hier n'est pas un sacrifice mais une tradition de famille.

 

 

Collaborer avec l'ennemi d'hier, c’est aussi une belle leçon de vie que nous administre la WWE, comme le montrent ici Sheamus et R-Truth.

 

 

Cette mise au point faite sur l'inopportunité de l'humour au second degré ou de la politique dans nos colonnes, passons au RAW de lundi. Euh, pardon, au RAW Supershow de lundi. Euh, encore pardon, au RAW Supershow starring Brock Lesnar de ce lundi. Bon, je pense que mes tergiversations à l'écrit vous racontent assez bien le principe de l'histoire racontée à l'écran dans ce segment d'intro : celle d'un Lesnar qui se la pète au sein de la fédération et qui a le soutien pour cela d'une partie du management (John Laurinaitis, incarnation heel absolue de l'autorité). Bien évidemment, cette situation est insupportable pour le public et, histoire de la pimenter, la WWE a délégué sa figure d'autorité babyface par excellence (un Triple H, auréolé de sa propre légende et de son match avec l'Undertaker à Mania) afin de s'y opposer.

 

 

– Vois-tu, Brock, en tant que directeur exécutif de la compagnie, je dispose du droit de signature final concernant les contrats de nos employés, tandis que John ici présent, en sa qualité de vice-président chargé de la politique des cadres, n’est autorisé qu’à leur proposer des contrats qui pour entrer en vigueur nécessitent de recevoir mon approbation, ce qui n’a pas été le cas pour ce qui a trait au contrat que tu as signé avec lui la semaine dernière, lequel n’a pas été frappé de mon blanc-seing et est donc caduc en vertu du règlement intérieur, sans toutefois que ton contrat antérieur ne soit remis en cause.

– Ah ouais, question storylines ça a un peu changé depuis mon départ…

– Meuh non, pourquoi tu dis ça?

 

 

Le jeu de cette scène d'introduction posait trois personnages: le gentil COO en défenseur du business ("Nobody is bigger than the WWE"), le méchant catcheur en brute épaisse muette – Ce n'est pas plus mal vu le talent au micro de Lesnar – et le General Manager dans une posture de modérateur vis-à-vis de leur antagonisme. Cette dynamique a permis de déboucher sur un conflit in-ring assez bien mené avec un Triple H qui se retourne vers son subordonné pour exploser de rage. Ce faisant, il expose sa nuque à une attaque dans le dos de Lesnar, échange de coups et l'action se termine sur une clé de bras dévastatrice de Brock sur le H Man.

 

En termes d'efficacité, il n'y a rien à dire sur le segment, sympathique à voir et qui permet de mettre hors-jeu Brock pour un certain temps. Il manque, en revanche, quelques détails pour parler d'une éxécution parfaite. Triple H qui reproche à Laurinaitis le titre "RAW Supershow starring Brock Lesnar" et dit qu'il que ce show s'est toujours appelé et s'appelera toujours Monday Night Raw alors que c'est lui qui a imposé le concept de Supershow, ça manque un peu de consistance. Même l'artifice global, qui place au centre de l'attention un conflit de pouvoir avec une agression sur HHH comme ressort dramatique, est un peu éculé. C'est globalement une redite de ce qui s'est passé cet automne avec Kevin Nash.

 

 

– Finalement, ça n’a pas tant changé que ça.

– Ah tu vois!

 

 

Mais, finalement, mis à part ces détails, pourtant majeurs, la scène a été plus que correcte. Il faut, en effet, bien comprendre le mouvement global de l'action autour de Lesnar. Le type a signé à la WWE pour un an avec un nombre limité d'apparitions. Cette limitation est d'autant plus justifiée que son style in-ring proche du MMA est assez peu compatible avec celui de la WWE. Le grand enseignement d'Extreme Rules, c'est que les coups de Lesnar sont très efficaces mais absolument pas spectaculaires à voir. Sans reproche aucun sur son travail in-ring, ces coups sont par définition l'exact oppposé de ce qu'est un coup dans le catch en général et à la WWE en particulier: à savoir un mouvement très spectaculaire mais jamais définitivement efficace (c'est même cette définition du coup porté qui permet les nearfalls sur des finishers). Lesnar doit donc être rare dans le ring pour que la WWE conserve la possibilité de proposer des matchs "normaux".

 

En d'autres mots et histoire de bien me faire comprendre: aussi précis et dévastateur que soit Brock Lesnar, s'il est capable de faire saigner John Cena d'un seul coup de coude, si je le vois trop souvent faire des choses de ce type, j'aurai, avec le temps, un niveau d'incrédulité différent. Un niveau de "disbelief" tel que je me pourrais plus accepter que quelqu'un victime du Hangman DDT de Randy Orton se relève d'une telle manoeuvre où il se fait littéralement écraser le crane dans le sol d'une hauteur de 80 centimètres. La WWE se doit donc développer scénaristiquement à propos du MMiste une véritable rareté de ces apparitions et, dans ce sens d'ailleurs, sa défaite contre Cena ne me dérange pas plus que ça puisqu'elle laisse encore un doute sur l'inéluctabilité de voir un jour ou non Lesnar champion.

 

 

Grand incompris devant l’éternel, Brock retourne dans l’obscurité. Il ne demandait pourtant qu’une seule chose: être aimé.

 

 

Tiens d'ailleurs, histoire de terminer ce chapitre, passons au main-event du soir où John Cena a fait une promo. L'objectif du discours était double: à la fois lever les ambiguités créées par son discours post-match d'Extreme Rules et lui donner un nouvel adversaire. Le premier point était vital puisque dimanche, la promo de John Cena avait été mal comprise et peu avaient saisi que Cena n'avait fait des adieux que parce qu'il était persuadé que son bras était cassé. Il est inutile de le blamer pour ça, la faute en incombe à la WWE dont les commentateurs n'avaient pas assez vendu la blessure dimanche (ils se sont d'ailleurs rattrapés ce lundi avec celle de Triple H). On notera aussi une lacune de la réalisation qui avait laissé un micro ouvert quand Cena, dimanche, résumait son match aux infirmiers venus le voir à la fin du match en déclarant qu'à part une petite torsion de la cheville tout était OK. Si je suis toujours plus qu'impressionné avec la production WWE, j'avoue que depuis Mania j'ai l'impression qu'il y a un réel problème de prise de son à Stamford et que leurs micros sont parfois trop sensibles, qu'on y entend ce que l'on devrait pas. Espérons vite que ces petits soucis techniques seront réglés.

 

Bon, alors le prochain adversaire de Cena pour Over The Limit a été annoncé par John Laurinaitis après qu'il ait laché Lord Tensai et son laquais à ses basques (ou plutôt en réalité à son bras en écharpe). Et surprise ! Là où on s'attendait à l'annonce d'un match Tensai vs Cena, on nous a annoncé un Cena vs… Laurinaitis.

 

 

Hé, vous vouliez voir Cena contre un Américain devenu une idole au Japon? Bon ben de quoi vous vous plaignez?

 

 

Autant le dire, la WWE nous a littéralement roulés dans la farine à Wrestlemania. La End of an Era qui était annoncée sur la carte, le match entre le Taker et HHH, n'était pas celle à laquelle on a assisté. Depuis le mois d'avril, c'est désormais flagrant, l'Ere qui est en train de s'achever, c'est celle de John Cena. C'est très clair : l'ex-poster boy de la WWE évolue maintenant dans une catégorie à part qui n'a plus rien à voir avec celle des autres membres du roster. Cena a tout fait et, globalement, tout gagné à la WWE. Alors, maintenant, comme dans un jeu vidéo qu'il aurait déjà terminé en mode carrière, il le recommence en mode légende, en n'affrontant plus que des personnages qui ne sont pas accessibles aux autres et qui sont des "grands catcheurs" (plus ou moins, je vous ai déjà dit ce que je pensais de la carrière in-ring de Johnny Ace). L'ère Cena est terminée ou au moins pour le moment entre parenthèses. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si John Cena était totalement en dehors de la course pour la place de number one contender qui fut le fil rouge de cette soirée sous la forme d'un Beat The Clock Challenge.

 

 

– Les gars on va organiser un Beat The Clock Challenge en cinq matchs pour déterminer le First Contender au titre WWE à Over The Limit. Il nous faut dix mecs, on prend qui?

– Bon, on va dire Miz, qui n’a plus gagné un match depuis des mois, Lawler qui est retraité, Khali qui ne sait pas marcher, Swagger qui est le laquais d’un midcarder…

– OK, et Cena, le mec douze fois champion du monde qui vient de battre Brock Lesnar à Extreme Rules?

– Bof. Fous-le sur la liste de réserve au cas où y aurait un blessé.

 

 

Avant de passer à cet épisode, trois petits interludes en dehors de ce contre-la-montre catchesque. Passons vite sur le tour de passe-passe lié au championnat féminin. Layla a défendu avec succès son titre acquis la veille contre les deux Bella Twins. Le match, plus que bref, n'a duré que le temps d'un roll-up, et n'était qu'un prétexte pour orchestrer la sortie des jumelles. S'il y a une chose à retenir de ce chapitre, c'est le fait que la WWE a récompensé les soeurs avant leur départ en donnant à celle qui n'avait jamais été championne la possibilité de prendre la ceinture. Pour le reste, rien à dire à ce sujet. Il faut que nous soyons forts.

 

 

– On est virées. Qu’est-ce qu’on va devenir, Brie?

– Moi c’est Nikki.

– Brie, on l’a déjà faite cent fois cette blague…

– Je sais. Mais c’était la dernière occasion.

 

 

De la même manière, je n'aurai pas beaucoup de choses à dire sur la perte du titre de Primo & Epico face à Kofi et R-Truth. Le match n'était pas mauvais et moi j'aimais bien les anciens champions latinos avec leur manière de faire les changements dans un style très lucha libre. De plus, le booking autour de ce titre n'a absolument aucun sens. Les champions, en difficulté ont accumulé les défaites contre des équipes formées plus ou moins de bric et de broc (Khali & Big Show, Ryder & Santino) et ils doivent défendre leur titre non pas contre l'une d'entre elle mais contre un autre duo? Tout comme le titre féminin, le titre tag-team ne signifie définitivement plus rien et la WWE est vraiment dans une impasse avec tous ces pans importants de la culture du catch. Ne comptez plus du tout sur elle pour les ressusciter. Si un jour, ces titres doivent regagner du lustre à la WWE, ce ne sera que par la montée en puissance de fédérations concurrentes qui cartonneront dans ces domaines et lui prouveront que le catch féminin ou en équipes mérite plus d'attention.

 

 

– Hé arbitro, habla con me!

Avec plaisir Rosa, je me fous complètement de ce match de toute façon.

 

 

Troisième interlude: le squash hebdomadaire de Brodus Clay, cette fois-ci contre JTG. Rien d'exceptionnel dans tout ça non plus. L'ex-Cryme Tyme, en bon natif "in kayfabe" de Brooklyn, a bien marché sur les traces de l'illustre prédécessur qu'était Steve Lombardi. Rien de nouveau pour Brodus, toujours aucune storyline consistante sur plus de deux semaines. Je n'ai strictement rien contre le personnage de Brodus mais à un moment, ça va finir par lasser, si ce n'est déjà fait.

 

 

– Chloooooop.

On mon Dieu! Il a aspiré mon pied dans son bide!

 

 

Passons au Beat the Clock challenge. Premier match: Miz contre Santino pour la revanche du dark match de la veille. Le Miz gagne plus ou moins "out of nowhere" en un peu plus de quatre minutes. Sa position de challenger potentiel lui permet de redorer son blason terni la veille.

 

 

Tu la vois celle-là Bryan, enfoiré? Quatre minutes et EIGHTEEN SECONDS!

 

 

La suite du show sera une série de figures imposées autour de matchs de moins de cinq minutes, donc plus anecdotiques que vraiment dignes d'intérêt. Jericho et le Big Show offriront une jolie partition dans leur genre avec un affrontement de gabarits extrêmement différents. Y2J gagnera le match par décompte à l'extérieur avec une seconde de trop pour battre le Miz.

 

 

A noter que lors du dernier Beat The Clock Challenge auquel il avait participé, lors du Smackdown du 1er janvier 2010 (nalyse ici pour les nostalgiques), Chris Jericho avait également échoué d’une seconde, comme on peut le voir ici:

 

 

Avec un tel art du timing, Jericho doit être imbattable au 1, 2, 3 Soleil.

 

 

Swagger et Orton feront eux aussi un match plus qu'intéressant conclu par une victoire d'Orton dans un temps plus court de deux secondes.

 

 

Orton 4:16 says I just kicked your ass.

 

 

Je passerai très rapidement sur le match Khali-Kane, qui n'a permis à aucun des deux participants de décrocher le cocotier et placait donc Orton en position optimale pour la victoire. Rien à dire sur le match, si ce n'est que Kane est un très grand catcheur pour avoir réussi à bosser avec l'Indien pendant plus de quatre minutes sans que ce soit horrible. Pour ceux qui douteraient encore du manque total de talent de Khali dans un ring, je vous conseille de visionner la séquence d'avant match où la camera s'attarde sur l'Indien qui tente de danser sur sa propre theme song. C'est à la fois hilarant et navrant puisqu'il suffit de visionner cinq secondes de cette séquence pour comprendre qu'un type ayant tant de problèmes de coordination corporelle et si peu de sens du rythme ne devrait jamais monter dans un ring.

 

 

C’est pas encore demain que Khali fera du tango à Dancing with the Stars.

 

 

Le dernier match de la soirée fut, lui, placé sous les meilleurs auspices, puisqu'il opposait Jerry Lawler à Daniel Bryan. Match conclu en moins de deux minutes par un YES Lock. On assiste à la victoire de celui qui est probablement le meilleur catcheur de l'ère moderne face à l'un des tous meilleurs catcheurs de son époque à lui. La morale de l'histoire nous entrainant vers un CM Punk contre Daniel Bryan en Pay Per View pour un championnat du monde à Over The Limit, on ne peut que se réjouir de la perspective d'un match qui incarne, bien entendu, tous les rêves mouillés de tous ceux qui aiment le catch technique et constitue l'assurance d'un excellent combat.

 

 

Yes! Si! Oui! Ja! Da! Jo! Tak! Sim! Yep!

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