Catch

Popaul Power !

Le pouvoir sans abus perd le charme.

Paul Valéry

 

Ces dernières semaines ont été riches en débats houleux au sein du CDC Universe. D’aucuns se plaignaient que certaines nalyses étaient trop politisées (ou trop gauchisantes), d’autres que « les notes de Jyskal on les comprend pas parce qu’on prend pas les mêmes produits que lui ». D’autres encore que « y a pas d’image dans la nalyse, tous ces mots pas aérés ça me donne mal à la tête ». N’ayez crainte, ouailles du CDC Universe. Un homme est prêt à se dresser face à la barbarie. Un homme est capable de brandir un médius vengeur et de dire « NON ». Cet homme providentiel, c’est Big Botch Man. Il vous a compris ! Vos plaintes ont été entendues ! Il va mettre des vignettes dans sa nalyse ! People Power !

 

 

  –  TDS ! On va enfin avoir un article avec des images ! C'est génial !

– Oh tu sais Major Tom, c'est surtout de lire une nalyse dépourvue d'infâme partisanerie gauchisante qui me ravit !

 

 

Nalyse de Raw du 14 mai

 

Et en plus il va parler du show dès le début de la nalyse (histoire de ne pas perdre les 2 ou 3 curieux qui ont décidé de continuer malgré l’introduction) et cesser de parler de lui à la troisième personne, car ça fait penser à ce gros con d’Alain Delon. Ceci dit, ça fait aussi penser à The Rock, qui a botté le cul de singe de ce jabroni de John Cena, donc c’est pas si mal finalement. Putain, j’avais dit que je parlais du show, et déjà je digresse, c’est à cause de VOUS ! Cessez de m’interrompre à tout bout de champ sinon on n’en finira jamais.

 

 

– Qu'est-ce qu'il dit ?

– Il dit qu'il va parler du show.

– Cool.

– Miralo ! Miralo !

– Ta gueule Rosa.

 

 

Nous sommes le 14 mai 2012, et Raw se déroule à Pittsburgh, Pennsylvanie. Retenez bien le lieu, qui aura sa petite importance plus tard dans la nalyse (teasing de ouf : ça a un rapport avec la cheap pop). Dès la toute première image, nous apercevons Triple H, dans les coulisses. L’homme semble préoccupé. L’homme a une démarche assurée. L’homme a un gros nez et le front tout plissé. L’homme a le bras gauche en écharpe. L’homme est interpelé par Mr John Laurinaitis, Executive Vice President of Talent Relations, et General Manager de Raw ET Smackdown, excusez du peu. Big Johnny tente d’expliquer qu’il n’a rien à voir dans l’incident qui a opposé Brock Lesnar à HHH et qui a eu pour conséquence la blessure et l’humiliation du second, mais Hunter n’en a cure. Il ne parle pas à ses collègues de travail, il préfère directement s’adresser à la masse. Mais pour quoi que dire qu’il veut prendre la parole, hein ?

 

 

Triple Power !

 

 

Pour tailler Lesnar, pardi ! Pour faire court, HHH casse du sucre sur le dos de Brock, le traite de lâche qui démissionne des que les choses se corsent pour lui (avec encore une mention à l’UFC), lorsque soudain, la musique dudit Brock retentit et le Cerebral Assassin se conchie. Si, si regardez le bien, il est à la limite du vomissement fécaloïde, tellement il a les foies. Pourtant, c’est juste Paul Heyman, le représentant de Brock Lesnar, accompagné d’un figurant (avec un costume, donc certainement un avocat).

 

 

Perdu. Je suis l'homme chargé de nettoyer les "petites bêtises" de M. Lesnar. Je me débarrasse des morceaux de cadavres, quoi.

 

 

Paulot annonce à Hunter que son client allait le poursuivre pour rupture de contrat, et que c’est ballot parce que tout ce que voulait Brock le simplet, c’était un combat. Mais celui qu’on appelait autrefois le King of Kings n’est plus que l’ombre de lui-même, la preuve, il porte désormais des costumes. HHH, visiblement ému par cette insulte suprême (car les vrais hommes se promènent en slip, tout le monde sait ça) attrape la mâchoire de Heyman et prend sa voix de métaleux pour dire que Brock le bas-du-front « aura ce qu’il mérite ». Et quand Hunter prend sa voix de métaleux, les choses deviennent sérieuses. Ainsi il quitte le ring, non sans que Paul Heyman lui rappelle qu’il a posé la main sur lui, et que cela aussi se règlerait au tribunal. Ou va nous mener tout ceci ? Certainement à un match HHH vs Lesnar, match que je n’attends pas du tout avec impatience, contrairement au main event d’Extreme Rules. Pour être franc, voir The Game se taper l’incruste dans toutes les feuds intéressantes commence à me lasser.

 

 

– HOOOOURRRR BEUUUUURRRRHHH RHARHOOOOOO !

– Oh non ! Il a carrément pris sa voix de Black métaleux ! C'est fini pour moi !

 

 

En tout cas, il ne risque pas de s’incruster chez les Divas, car c’est le calme plat. Ce soir, Beth Phoenix, de retour de blessure, a squashé Alicia Fox sous le regard vaguement inquiet de la championne, Layla. Beth et de retour, et elle veut récupérer son titre. Raconté par moi, ça donne envie, mais la séquence n’était pas terrible.

 

 

Pas terrible ? Tu sais quoi Big Botch Man ? Va te faire mettre !

 

 

Dans la catégorie « pas terrible », je place sans hésiter le match qui opposait le Big Show à Kane. On avait plus tôt dans la soirée eu un rappel du terrible affront que Show avait infligé à Mr Laurinaitis, en imitant (très mal) la voix de celui-ci. Les commentateurs ont bien insisté sur le fait que Big Johnny allait virer Big Show s’il ne recevait pas d’excuses en bonnet difforme ce soir. Et c’est en plein milieu du match poussif entre les deux vieux que Johnny Ace a exigé ces excuses, distrayant le géant et permettant à Kane de lui porter un Chokeslam botché, et ainsi de remporter la victoire.

 

 

Kane quittant le domicile de Big Botch Man, après que celui-ci ait évoqué son botch.

 

 

S’ensuit une scène trop longue et un peu gênante, où le General Manager humilie le gentil freak, prêt à tout pour conserver son emploi et nous infliger son booking pourri et ses matchs répétitifs ad vitam. Show est vraiment prêt à tout ! Prêt à cirer les pompes de Johnny avec sa langue, prêt à lustrer la raie d’Otunga (oui, il est de retour) avec sa langue, prêt lécher les timbres du service courrier avec… euh avec sa langue. Il est à genoux dans le ring et il supplie ! Il veut rester à la WWE ! Show ! Show outragé ! Show brisé ! Show martyrisé ! Mais Show libéré ! Libéré de son contrat par Johnny, qui quitte la salle en laissant ce nouveau chômeur, ce géant à la bedaine saillante (il a un peu pris au niveau du bide, non ?) pleurer toute les larmes de son corps, abandonné sur le ring comme une merde au fond des chiottes. Adieu Big Show, passe le bonjour à Sarkozy !

 

 

– Pitié, m'sieur Laurinaitis, me virez pas !

– Mais ? C'est moi en train de supplier, que tu imites ?

– Hein ? Pas du tout !

– Et là c'est moi en train de nier ! Tu te fous de ma gueule ?!

– …………

– Ah oui, je vois. Tu m'imites quand je reste silencieux. Ton compte est bon mon gaillard, tu es viré !

 

 

Attendez un peu… J’ai le démon de la transition qui me possède ! Sarkozy = Nain. Nain = Hornswoggle. Hornswoggle = Brodus Clay. Brodus Clay est présent ce lundi ! Il n’est pas accompagné d’Hornsy (et tant mieux, ce sale nain doit faire peur aux enfants) mais il fait équipe avec les Tag Team Champions, Kofi Kingston et R-Truth pour affronter les Vickie Boys et le Miz. Le match est sympathique mais pas transcendant et se conclut par un tombé de Brodus sur le Miz, confirmant la lente mais sûre descente aux enfers de ce dernier. Si j’aime toujours autant la gimmick que Clay, ses squashs à répétition et son absence de feud me gavent un peu, d’autant que le bonhomme est doué.

 

 

Toi, toi, et la petite grosse là-bas, dans ma camionnette. Les autres, prenez un peu de coke et dégagez.

 

 

Le plus intéressant (bien qu’un peu répétitif), c’était de voir Abraham Washington et ses protégés (El Sandwicho et Mason Ryan) observer tout cela depuis les gradins. Un clan pourrait être une bonne idée, surtout s’il donne un peu d’exposition à Primo et Epico, honteusement sous-utilisés selon moi. Et j’aime bien les mecs qui ont des noms de présidents. Si je dois un jour prendre un pseudonyme, ce sera « Adolphe Casimir-Sadi Coty ». Vous vous sentirez écrasés par ma classe, et ce sera bien normal !

 

 

– Dis Naomi, et si on pétait l'une sur l'autre ?

– Tu es folle, Cameron ! Il ne faut jamais croiser les effluves !

– Pourquoi ?

– Ce serait mal !

 

 

En parlant de classe, qui en a le plus à la WWE ? CM Punk ou Daniel Bryan ? Difficile d’en juger, vu qu’on dirait deux pouilleux, mais en revanche on saura qui qui est le meilleur à Over The Limit, au terme d’un match très attendu et qui promet d’être excellent ! En attendant, comme il est de coutume dans le catch, les deux ex-idoles indy sont opposées dans un tag team match. Bryan y est associé avec Cody Rhodes, tandis que Punk a pour partenaire… Santino. Oui, j’étais surpris au départ que ce pitre soit de la partie, mais force est de constater qu’il a bien joué son rôle de Face en péril, et qu’il a été assez amusant, avec un suicide dive foiré et un hot tag manqué de peu. C’est finalement Rhodes qui prend le tombé, ce qui est logique, car ainsi le Yes Man n’en sort pas affaibli.  L’ambiance du match était assez énorme, avec presque chacun des coups de Bryan salué par un « Yes ! » de la foule, confirmant que le bonhomme est assez over.

 

 

Tu m'auras jamais, Punk ! Ma barbe a plus de poux que la tienne ! Des poux Vegan qui plus est, pauvre merde straight-edge !

 

 

Plus tard dans la soirée, on a pu voir AJ aborder Punk alors qu’il bavardait avec Alex Riley dans les coulisses. Punk ne faisant pas confiance à Bryan et n’aimant pas trop les nanas perturbées, il l’a gentiment rembarrée, ce qui je pense va ajouter à la confusion mentale de la demoiselle. Je suis quasiment sûr qu’elle va intervenir d’une façon ou d’une autre dans le match à Over The Limit, pour tenter de reconquérir Daniel, ou au contraire pour se venger de lui. Car les femmes sont ainsi faites : vaines et fourbes !

 

 

– Punk, je peux t'épouiller la barbe ?

– Plaît-il ?

 

 

Mais pas aussi fourbes que Jericho ! Alors lui c’est le roi ! Figurez-vous que ce lundi il a astucieusement conduit Sheamus et Randy Orton à se foutre sur la tronche. Certes il a peu de mérite, vu qu’il s’agit de deux débiles légers qui tapent sur tout ce qui bouge, mais tout de même. Chris a profité du fait que Sheamus commentait son match avec Orton pour provoquer une collision entre les deux. Du coup les deux hommes en sont venus aux mains, les arbitres sont intervenus et un match est prévu entre la Vipère et le Rouquin à Smackdown. Nul doute que ce match se finira en mêlée entre les quatre hommes, et je dois dire que bien que le build est on ne peut plus classique, ce Fatal Fourway pour le World Heavyweight Championship m’enthousiasme, tant les quatre participants sont talentueux.

 

 

Mon dieu ! La chaise a fait un suicide dive sur Sheamus et Orton ! C'est un véritable carnage aux abords du ring !

 

 

« Talentueux » n’est pas l’adjectif que j’utiliserais pour décrire John Laurinaitis. Il est même plutôt nul. Mais sa nullité est utilisée à bon escient, et renforce son personnage de petit chef minable. Plus tôt dans la soirée, il avait fait preuve de bassesse en renvoyant le Big Show, bien que celui-ci l’avait supplié à genoux de ne pas le faire, et en fin d’émission il a copieusement insulté le public de Pittsburgh de losers, puisqu’ils sont fans de losers tels que Show ou Cena. De la cheap heat en somme, mais Laurinaitis est difficilement capable de mieux au micro. Le Marine, qui ne peut laisser une insulte envers le public impunie débarquait rigolard, le bras miraculeusement guéri (sans doute après un séjour à Lourdes). Oui, rigolard. Le mec s’est fait lâchement attaqué alors qu’il était blessé, mais il est rigolard. Soit.

 

 

J'ai trouvé un mec encore plus copieusement hué que moi, je vais pas pleurer !

 

 

D’humeur badine, Cena a copieusement vanné Big Johnny, imitant même sa voix, et bien mieux que le Big Show (c’est sans doute pour ça qu’il n’a pas été viré sur le champ). Et à la cheap heat du General Manager, il a opposé sa cheap pop habituelle. Cette fois, il a réussi à faire référence à l’équipe de foot (avec sa référence au « Steel Curtain ») ET à l’équipe de hockey (avec en sus une blague pourrie… Moi je ne m’abandonnerai jamais à tant de facilité dans un jeu de mot) locales. Très fort le gaillard !

 

 

– Kofi, je t'aime ! Quittons ce pays de bigots, et allons nous marier en France !

– Mais, Dolph, le président Obama s'est aussi prononcé en faveur du mariage gay !

– Pas question que je me marie dans un pays dirigé par un nègre.

 

 

Le fameux rebondissement de fin de soirée arriva avec Eve, interrompant son patron pour lui apporter une missive. Cena lui arracha des mains (non sans un botch tout moisi) pour nous en faire profiter : en gros le Board of Directors a décidé que le match se ferait sans arbitre spécial, et que toute Superstar intervenant dans ce combat se verrait renvoyé. Il ajouta que Si Johnny Ace perd, il sera lui aussi viré. Ouais. D’accord. J’imagine mal Laurinaitis se faire virer. On a vu Big Show se faire virer ce soir. Donc le géant va intervenir dimanche pour tenter de se faire réembaucher ou pour se venger (comme AJ !), et il va provoquer (sciemment ou non) la défaite de Cena. Voilà, pous pouvez d’ores et déjà voter « John Laurinaitis » au concours de pronos !

 

 

Nipple Power !

 

 

Ce go-home show a-t-il rempli son objectif, qui est de nous vendre le PPV de dimanche ? Pas vraiment, il a même commis plusieurs erreurs assez graves :

 

 

– Santino impliqué dans la feud pour le titre WWE. Déjà, parler de « feud » pour ce match est exagéré, vu qu’aucun build n’a été fait. Et y ajouter un personnage comique (même s’il était drôle) n’aide pas à prendre ce match au sérieux. Certes les deux hommes sont hyper talentueux et ils ont une histoire commune à l’extérieure de la WWE, mais le grand public ne le sait pas forcément.

 

– Toujours pas du build pour les titres par équipe. Kofi et Dolph sont condamnés à s’affronter sans rime ni raison pour le restant de leurs jours. Même Sisyphe trouverait ça cruel. Même Tantale trouve ça « pas très cool ».

 

– Des segments micros trop longs. La confrontation HHH/Heyman, était plutôt bien jouée, Heyman assure comme une bête au micro, mais foutre ce segment dans un go-home show alors qu’il ne va pas aboutir à un match dimanche est assez maladroit. Le renvoi du Big Show, en plus d’être ridicule et gênant (Show hystérique alors qu’à la WWE les gens se font virer toutes les cinq minutes et reviennent aussi sec), donne, à moins d’une grosse surprise, le résultat du match Cena / Laurinaitis à l’avance.

 

– Cena en mode comique lourdingue. Voilà qui ne donne pas spécialement envie de voir le match, et qui ne me fait pas prendre la feud au sérieux. Le seul moment qui m’a fait tilter, c’est quand Big Johnny Ace Laurinaitis lui a collé une grosse baffe dans sa sale gueule. Il a directement fait sa tête de tout sérieux. Trop tard mon pote, fallait la faire un quart d’heure avant !

 

Bref, un bon show en dépit du fait qu'il était mauvais.

 

 

Cripple Power !

15 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut