Catch

Les conquérants du nouveau monde

Chacun, en Europe, souhaite au mieux rejoindre le nouveau monde. Au pire, en suivre les aventures à la télévision.

Jacques Attali

 

Comme tous les deux ans, le chiffre 23 est trending worldwide grâce aux listes établies par les sélectionneurs des équipes nationales concernées par le championnat d’Europe de football. On a déjà donné dans la liste des 23 que la WWE enverrait à une compétition de foot. Du coup, on change notre fusil d’épaule, mais on conserve le concept d’« Europe » et celui de « 23 ».

 

 

Did you know? L’Europe n’est pas seulement une contrée propice à des tournées lucratives de la WWE, c’est aussi un sacré vivier de stars en devenir!

 

 

Le top 23 des Européens de l’histoire de la WWF/WWE

 

 

Aux Cahiers du Catch, on cherche régulièrement à se renouveler, même si ça ne se voit pas toujours [insérez ici votre vignette « saute-mouton », « concours de pets » ou « porno gay »]. Or plus on fait de papiers, moins le renouvellement est aisé. Ainsi, toujours prompts à rebondir habilement sur l’actualité, nous voulions célébrer à notre manière l’ouverture de l’Euro de football… mais il aurait été très répétitif de refaire une liste de 23 catcheurs en mode foot. En revanche, il existe un format omniprésent sur tous les sites de catch et auquel nous ne nous sommes jamais prêtés, hormis les annuels CDC Awards : le bon vieux classement, le top, le best of!

 

Les sites spécialisés regorgent de ce genre de listes : les dix meilleurs catcheurs de tous les temps, les quinze plus grands highflyers, les vingt entrées les plus impressionnantes, les trente turns les plus réussis, etc. Alors, on s’est inspirés du concept de liste des 23 pour l’Euro, et nous voici partis pour une sélection qui, sauf erreur, n’a encore jamais été réalisée ailleurs : celle des 23 meilleurs européens passés par la WWE !

 

 

Désolé. Toujours pas de Gourcuff ni de Yangambiwa.

 

 

Mais qu’est-ce qu’un catcheur « européen », au juste ? Après mûre réflexion (au moins trois échanges de mails), nous nous sommes arrêtés sur les critères suivants : pour être éligible dans notre liste, les catcheurs (mâles comme femelles) doivent :

 

1. Être nés en Europe d’au moins un parent européen, ce qui exclut la pléthore de catcheurs américains ayant eu droit à un moment un gimmick d’Européen, comme les Québécois de la Résistance qui ont joué des Français, le Canadien Roddy Piper qui a fait une sacrée carrière avec un gimmick d’Écossais, son compatriote du pays de l’érable Santino Marella qui n’a d’italien que les origines ou encore l’Américain Hornswoggle qui se fait passer pour un Irlandais. Ce principe exclut également des catcheurs américains nés sur le sol européen par le hasard des affectations professionnelles de leurs parents – c’est le cas de Kane, né à Madrid car son père, militaire, y était alors stationné. De même, ne peuvent décemment pas être considérés comme « catcheurs européens » des gars comme Batista (né aux USA d’un père philippin et d’une mère grecque).

 

2. Avoir catché à la WWF/WWE après 1982 (c’est en 1982 que la WWWF devient WWF en entame sa transformation en compagnie réellement mondiale; et à vrai dire, nous serions bien en peine d’estimer l’impact d’un catcheur des années 1930 comparativement à un de ses collègues d’aujourd’hui). Nous nous restreignons à la WWE avant tout par connaissance insuffisante des autres fédérations, et aussi (c’est lié) parce que la WWE est depuis trente ans au moins « the place to be » en matière de catch. Vous ne trouverez donc pas dans ce classement des hommes comme Nigel McGuinness, Doug Williams ou autres Alex Wright (un Allemand passé par la WCW mais pas retenu par la WWF au moment de l’acquisition de la compagnie de Turner). Cette liste est exclusivement made in Stamford.

 

3. Avoir été membre du roster (ce qui exclut des gars comme notre compatriote Tom La Ruffa, qui a joué les local jobbers un jour où le Big Show avait le WMD qui le démangeait).

 

 

Mais big up à Tom pour avoir réussi à cette occasion à montrer au monde entier ses initiales sur son slibard!

 

 

Quant aux critères selon lesquels nous avons établi le classement, ils reposent sur un savant mélange de plusieurs facteurs : la notoriété, l’influence globale sur le business, le palmarès… Il ne s’agit en aucun cas d’un classement des meilleurs techniciens, ni même d’un reflet de nos préférences personnelles, mais plutôt d’une sorte de photographie prise à l’instant présent des Européens les plus marquants de l’histoire de la compagnie de Vince McMahon. Quand nous disons « à l’instant présent », c’est bien aujourd’hui, début juin 2012. Il est plus que probable que d’ici quelques années, voire quelques mois, certains des catcheurs actifs aujourd’hui auront significativement progressé, mais à l’heure actuelle, nous avons estimé qu’ils ne méritaient pas un rang plus élevé.

 

Enfin, précisons que pour les mensurations, nous avons retenu le gabarit kayfabe présenté par la WWE, car ce classement offre précisément une large place au kayfabe. Quant à la période d’activité, nous la faisons démarrer à la première apparition dans le roster principal (donc sans tenir compte des éventuelles années passées au préalable dans les fédérations de développement).

 

Bien évidemment, et malgré notre prétention à une certaine objectivité eu égard aux paramètres énumérés ci-dessus, il est possible que vous soyez en désaccord, et nous vous invitons cordialement à nous faire part de vos réflexions dans les commentaires. Au-delà de la pertinence du classement, il y a là certains noms moins connus que d’autres, et nous espérons que notre sommaire présentation des vingt-trois vous apprendra un truc ou deux de ces héros qui, un jour dans leur vie, comme des millions de travailleurs ou de réfugiés, ont traversé l’océan Atlantique en quête d’une existence meilleure (même si on ne jurerait pas qu’ils ont tous été parqués à Ellis Island).

 

Et maintenant, hissez haut le drapeau bleu frappé des douze étoiles jaunes, amis, et célébrons notre beau continent qui a su envoyer plusieurs de ses illustres représentants à la conquête de l’arrogante Amérique !

 

 

Pour mettre l’Europe à l’honneur à la WWE, il vaut mieux compter sur les catcheurs que sur les bookers.

 

 

 

Le classement

 

 

23. Paige (Angleterre)

Année de naissance :1991

Active à la WWE : 2012 – (elle vient de démarrer à NXT après cinq mois à la FCW)

Gabarit :1m73 – 54 kilos

Palmarès : Néant

 

C'est devenu une habitude dans les listes des sélectionneurs que de choisir un nom un peu incongru et/ou surprenant pour faire parler les commentateurs d'un détail plutôt que de l'essentiel. La présence de Paige dans cette liste est donc en quelque sorte l'hommage des Cahiers du Catch à Raymond Domenech et Pascal Chimbonda.

 

Cela dit, en toute honnêteté (et aussi un peu parce qu'on sait se documenter sur le web), Paige, dont les débuts dans le roster principal datent de l’enregistrement de NXT du 17 mai, a le profil pour marquer assez rapidement les esprits. Catcheuse britannique de seconde génération, entraînée dans la plus pure tradition du style insulaire, il n'y a guère de doute à avoir sur ses capacités in-ring. Son talent, avant d'être détecté par les têtes chercheuses de la fédération de Stamford, avait déjà fait parler de lui. Les plus grandes fédérations féminines indépendantes mondiales avaient d'ailleurs repéré depuis bientôt deux ans  la demoiselle connue sous le nom de Saraya (à la Shimmer, où il ne faut cependant pas la confondre avec Sweet Saraya, la championne en titre, par ailleurs sa maman dans la vie) ou de Britani Knight (à la Pro-wrestling: Eve).

 

Voilà donc un pari sur l'avenir qu'on est prêt à prendre, d'autant plus facilement d'ailleurs que la fédération a grand besoin de renforcer sa division féminine.

 

 

Salut. Beth Phoenix, c’est ça? Un petit bras de fer?

 

 

 

 

22. DJ Gabriel (Angleterre)

Année de naissance :1983

Actif à la WWE : 2008-2009

Gabarit :1m88 – 100 kilos

Palmarès : Néant

 

Jeune homme à la tête bien faite (diplômé d’un prestigieux institut britannique en ingénierie aéronautique, nous apprend sa fiche Wiki), Steven Lewington ne voulait pas passer sa vie dans un bureau d’études. Son truc, c’était le catch, voyez-vous (on imagine le désarroi de ses parents quand à vingt ans le prometteur jeune homme partit pour l’Amérique afin de faire ses gammes à l’Ohio Valley Wrestling, terre nourricière par excellence de la WWE). De retour en son royaume, il travailla pour une fédé locale, servit de local jobber aux monstres de Stamford quand ils passaient dans le coin et finit par retrouver, en 2006, l’OVW et la FCW. Deux ans à polir son art et le voilà enfin en lice, fin novembre 2008, à l’ECW… avec un gimmick suicidaire : un face qui danse sur la rampe d’accès jusqu’au ring, accompagné de la délicieuse Alicia Fox.

 

La sauce ne prend pas. Il est massacré par Mark Henry en janvier 2009, perd encore contre Tyson Kidd un mois plus tard, puis survient la draft et Alicia part à Smackdown. Gabriel disparaît des radars : on le renvoie à la FCW, qu’il aura au final bien plus arpentée que la WWE. Il y passe quelques mois, et son rêve prend fin en même temps que son contrat, début 2010. On l’imagine vert de rage devant sa télé en voyant les récentes entrées de Brodus Clay, bien moins mobile que lui… 

 

 

– Alicia, poupée, j’espère que t’es consciente de la chance que t’as d’être associée à MOI. C’est une chance inouïe pour ta carrière.

– Ben c’est à dire que je sors d’une storyline avec Edge autour du titre WWE, là…

– C’est rien ça, petite. Tu entreras dans l’histoire en tant que valet de DJ Gabriel!

 

 

 

 

 21. Antonio Cesaro (Suisse)

Année de naissance :1980

Actif à la WWE : 2012-

Gabarit :1m96, 105 kilos

Palmarès : Néant

 

Une quasi-certitude : si nous refaisons le même classement d’ici un an, cet homme sera dix crans plus haut. Car si le nom d’Antonio Cesaro ne dit pas encore grand chose à grand monde, celui de Claudio Castagnoli, en revanche, est révéré par des hordes de fans indy qui connaissent le talent du bonhomme, aussi doué entre les cordes que micro en main. L’homme a écumé les fédérations indépendantes, de la Chikara à la ROH en passant par la PWG, et est notamment connu pour son long run en tag team dans l’équipe des Kings of Wrestling, avec Chris Hero. Son arrivée à la WWE était souhaitée de longue date par ses admirateurs, certains qu’avec son gabarit très WWE-compatible, il est promis à une immense carrière à Stamford.

 

Pour l’heure, il n’a fait que quelques apparitions à Smackdown, au bras d’Aksana, avec un étrange gimmick de « rugbyman suisse ultra-violent » — cherchez le mot intrus. N’ayant eu droit qu’à une paire de squashs, il n’est pas encore la terreur attendue, mais prenons notre mal en patience : l’ex-Castagnoli pourrait bien suivre la voie dorée tracée par son ancien camarade de chambrée indy Daniel Bryan…

 

 

– Je suiiiiiis un rugbymaaaaaan… Hyper violeeeeeent…

– Bon heu, on va dire que c’est bien, tu tiens le gimmick. Allez, maintenant relève l’adversaire que tu viens de battre et remets-lui une dérouillée!

– Ca vaaaa… Y a paaaas le feeeu au laaaaaaac…

– Hmm, je sens qu’on va galérer avec toi.

– J’ai envie d’une raaaaclette au chocoooolat…

– Aksana, viens par ici et roule-lui une pelle, vite.

– Aaaah non, pas avant le mariaaaage…

– Putain mais t’es vraiment suisse en fait?

– Et toouuute faaaaçon j’embrasserai pas Aksaaanaaaa, moi je suis amoureeeeux de Heeeeidi…

 

 

 

 

 20. Aksana (Lituanie)

Année de naissance :1982

Active à la WWE : 2010-

Gabarit :1m65, 58 kilos

Palmarès : Néant

 

Une Lituanienne, voilà qui n’est pas commun ailleurs qu’en Lituanie. Vous en connaissez beaucoup, vous, des Lituaniens? Oui, effectivement, Arvydas Sabonis et ses collègues basketteurs, mais sorti de ça… Aksana, Živilė Raudonienė de son vrai nom, est donc une ambassadrice de son pays. Hélas, la vision qu’elle en expose n’est probablement pas celle que souhaite afficher le ministère lituanien du Tourisme.

 

Depuis son arrivée à la saison 3 de NXT, où elle fut cornaquée par Goldust, l’ex-bodybuildeuse joue le thème éternel dit « de la pute de l’Est » : physique de femme fatale un peu vulgos, accent venu du froid, moues mutines, hommes enamourés et savamment manipulés. Le résultat est finalement assez impressionnant pour une fille pas spécialement douée entre les cordes : de son mariage avorté avec « l’étrange » Goldust à ses roucoulades au bras musculeux de Cesaro en passant par son flirt lourd de sous-entendus phalliques avec un Teddy Long qui n’en pouvait plus de ce combo saxo-lumières tamisées-nichons-index négligemment promené le long de son poitrail, Aksana a mine de rien marqué son territoire. Elle ne vaudra probablement jamais grand chose en tant que catcheuse, mais à l’heure où les divas sont de plus en plus mêlées aux storylines masculines (AJ, Eve, Kaitlyn…), elle a peut-être sa carte à jouer dans les mois à venir pour imposer sa frange et ses deux mimiques et demie sur le long terme.

 

 

Aksana est en train d’embrasser Antonio. Mais pourquoi fait-elle cela? Ah, je sais! C’est pour le convaincre de ne pas la dépasser au classement des meilleurs Européens de la WWE! C’était pourtant évident!

 

 

 

 

19. Katie Lea Burchill (Allemagne – Angleterre)

Année de naissance :1980

Active à la WWE : 2008 – 2010

Gabarit :1m73 – 64 kilos

Palmarès : Néant

 

En deux années de présence à la WWE et autant d'association avec son "frère" Paul Burchill, Katie Lea n'a pas véritablement eu d'opportunités de marquer les esprits malgré de vraies qualités in-ring. Elle fait partie des rares divas qui auraient probablement mérité que la WWE leur accorde une chance en solo.

 

C'est probablement la dynamique de cette relation "très particulière" qu'elle formait avec son frère qui a handicapé la carrière des deux protagonistes. L'angle suggéré par cette association sentait le soufre, et l'inceste demeure l'un des rares tabous que Vince McMahon n'a jamais osé briser à l'écran. Résultat : le couple n'a ainsi jamais vraiment eu de storyline et la carrière de Katie Lea a plus souvent été celle d'une manageuse que d'une lutteuse.

 

Celle qui après la WWE a rejoint la TNA (ou sous le nom de Winter elle a été deux fois championne des Knockouts) puis le circuit indépendant reste néanmoins l'une des dernières divas à avoir eu l'opportunité de catcher face à un homme dans un ring de la WWE, lors de matches mixtes.

 

 

– Bon, après on va chez moi et on baise?

– Paul voyons, tu sais bien qu’on ne peut pas! Je ne suis ta sœur qu’en kayfabe!

 

 

 

 

  18.  Dave Taylor (Angleterre)

Année de naissance :1957

Actif à la WWE : 2006-2008

Gabarit :1m 91 – 116 kilos

Palmarès : Néant

 

Quand Dave Taylor catche pour la première fois pour Vince McMahon, en 2006, c’est un vétéran de 49 ans. Il doit cet honneur à sa proximité avec son compatriote William Regal, qui fut son camarade d’équipe à la WCW en 2001. Entretemps, le sieur Taylor était devenu coach dans une fédé de développement de la WWE, à savoir la Deep South Wrestling (DSW). C’est dans ce cadre qu’il recatcha sporadiquement avec Regal. L’alchimie existait toujours et il fut décidé que les deux Brits feraient un tour de piste ensemble à Smackdown, sorte de couronnement pour la carrière de Taylor, grand baroudeur des rings d’Europe depuis une vingtaine d’années. Leur duo heel dura un an, sans obtenir de succès majeurs mais en offrant un spectacle toujours attrayant. Regal drafté en août 2007 à Raw, Taylor s’effaça rapidement, ne servant plus qu’à faire du remplissage dans les batailles royales. Son dernier coup d’éclat survint fin 2007, quand il joua les protecteurs du tout jeune Drew McIntyre, mais celui-ci s’enfuit rapidement et Taylor fut libéré de son contrat en 2008.

 

 

My Taylor is Dave.

 

 

 

17. Mason Ryan (Pays de Galles)

Année de naissance :1982

Actif à la WWE : 2011-

Gabarit :1m96 – 127 kilos

Palmarès : Néant

 

Vous vous souvenez sans doute de son apparition dans un ring de la WWE. C’était le 17 janvier 2011, dans un main event de Raw opposant John Cena à CM Punk. Ce géant aux faux airs de Batista déboulait soudain, frappait Punk pour faire disqualifier Cena puis dégommait le Marine et recevait l’onction et le brassard du Nexus des blanches mains de Ciaime. Ce jour-là, on a été nombreux à se dire, et je cite  : wow. La suite, hélas, fut moins brillante pour le Gallois  : une série de matchs peu maîtrisés, où il empilait les prises sans vraie raison, puis un Punt Kick infligé par Randy Orton, puis un run en équipe sans succès aux côtés de Punk, puis une blessure, puis un retour en Face dans l’indifférence générale. Ces derniers temps, il a l’air d’être redevenu heel puisqu’il s’acoquine avec la bande de winners Abraham Washington – Primo – Epico – Rosa Mendes… Mais le bonhomme, quoique encore très vert, n’est pas surnommé Batistwo pour rien. Il passe pour avoir la tête sur les épaules et paraît conscient de ses limites et décidé à les améliorer. N’enterrez pas le monstre trop vite, il pourrait vous surprendre un de ces quatre (et vous péter la gueule).

 

 

– Tu fais quoi là, Mason?

– Un Go to Sleep! C'est Ciaime qui m'a appris!

– Heu… OK…

 

 

 

16. Robbie McAllister (Ecosse)

Année de naissance : 1976

Actif à la WWE : 2006 – 2008

Gabarit :1m91 – 221 kilos (cumulés avec son partenaire)

Palmarès : Néant

 

Le parcours de Robbie McAllister à la WWE aurait dû se résumer à sa carrière en tag-team, surtout avec un gimmick tel que les Highlanders. Mais, malheureusement pour lui, c'est lorsque son partenaire Rory fut blessé qu'il fit le plus parler de lui. L'histoire se passe le 27 mars 2008, quelques jours avant Wrestlemania XXIV, le plus grand show de l'année qui se tient cette fois-ci à Orlando.

 

Robbie McAllister, sans tag-team partner, ni même la moindre once d'intelligence, va réaliser en direct à la télévision un véritable suicide professionnel. L'Écossais décide en effet d'occuper la longue attente avant le biggest one of them all en allant s'asseoir dans le public pour l'enregistrement live d'un épisode de TNA Impact. Un plan de caméra plus tard, l'intégralité des fans de catch du monde entier avait compris que son temps à la WWE était compté.

 

Peu après cet incident, Robbie McAllister sera suspendu par la fédération avec une amende jusqu'au retour de l'infirmerie de son partenaire. Et là en août, c’est vite réglé  : une défaite contre Cryme Tyme, et adieu les hommes des hautes terres. Soit dit en passant, beaucoup voient dans la bourde de McAllister la raison de la rapide défaite à Wrestlemania du champion de la ECW d'alors, Chavo Guerrero, venu visiter son oncle backstage lors du même show.

 

 

15. Rory McAllister (Ecosse)

Année de naissance :1976

Actif à la WWE : 2006 – 2008

Gabarit :1m83 – 221 kilos (cumulés avec son partenaire)

Palmarès : Néant

 

Rory McAllister était l'un des deux membres écossais d'une tag-team qui adaptait à la sauce à la menthe le vieux gimmick des Islanders. Cette variation en kilt sur le thème des Wild Samoans ou des Bushwackers était une honnête tag-team de midcard à une époque où il existait encore quelques équipes dignes de ce nom. L'équipe n'a jamais vraiment décollé, ne compte qu'une seule apparition en PPV au compteur. Mais s'il y a bien une chose qui a handicapé Rory McAllister à la WWE, c'est bien Robbie, son partenaire (voir plus haut).

 

 

Le problème des Highlanders, c'est qu'ils n'ont jamais osé aller au bout de leur gimmick et se décapiter l'un l'autre.

 

 

 

 

14. Paul Burchill (Angleterre)

Année de naissance : 1979

Actif à la WWE : 2005 – 2010

Gabarit :1m 93 – 112 kilos

Palmarès : Néant

 

Paul Burchill est l'un des meilleurs exemples de ces lutteurs qui n'ont pas cessé de manquer des opportunités à la WWE pour diverses raisons. Et il faut bien avouer que, dans cette longue liste de "ces types qui auraient pu un jour faire quelque chose si …", Paul Burchill est l'un des favoris de votre meuble espagnol favori.

 

Après des débuts assez classiques pendant six mois sous le gimmick banal du catcheur britannique dur à cuire, où il fera notamment équipe avec William Regal, l'anglais va se retrouver affublé d'un personnage cartoonesque de pirate exubérant qui arrive dans le ring, sabre au clair, en se balançant au bout d'une corde ! Six mois après cette "renaissance", le lutteur sera prudemment rapatrié vers les territoires de développement avant de revenir quelques mois plus tard accompagné d'une sœur très "affectueuse".

 

Paul Burchill commencera alors, toujours accompagné de sa frangine, une longue descente jusqu'aux tréfonds de la lowcard qui le conduira jusqu'au poste de jobbeur professionnel à l'ECW, dans le show le moins réputé de la WWE. Il excellait cependant dans ce rôle ingrat.

 

Malgré le peu d'intérêt évident que Vince McMahon avait pour le personnage on-screen, il est intéressant de noter qu'il a toujours respecté le lutteur en lui offrant un très long congé payé lorsqu'une tragédie familiale s'est abattue sur lui.

 

 

Paul Burchill n'est plus à la WWE, mais vous pouvez encore voter pour son parti aux législatives!

 

 

 

 

13. Ludvig Borga (Finlande)

Année de naissance: 1963

Année de décès: 2010

Actif à la WWF: 1993-1994

Gabarit: 1m91, 140 kilos

Palmarès: Néant

 

Tragique et pathétique destin que celui de Ludvig Borga. Venu du pays d’Ari Kaurismaki et des pilotes de rallye, ce grand blond renfrogné dont le physique rappelle un peu celui de Brock Lesnar était un heel naturel, dans la catégorie monster. D’autant plus naturel qu’il entretenait une réputation de bagarreur de bar et ne cachait pas ses idées politiques que l’on qualifiera par euphémisme de « conservatrices » (pour tout dire, une fois arrivé à la WWF il dut faire effacer un tatouage nazi de son mollet…).

 

Après quelques années à jouer les durs au Japon, il débarqua à Stamford avec un gimmick de salopard étranger assez original : il jouait effectivement un Finlandais (et entrait sur l’hymne national du pays, en toute simplicité), dont la caractéristique principale était le dégoût qu’il éprouvait à l’égard de l’Amérique, à laquelle il reprochait de polluer inconsciemment la planète et de conduire une politique sociale et éducative absolument inepte. Aujourd’hui, tout cela semble frappé du sceau du bon sens, et ses promos de l’époque, tournées en décors naturels, apparaissent tout à fait justifiées; mais à l’époque, cette vision des choses ne pouvait bien entendu qu’être perçue comme l’apanage d’une ordure sans nom.

 

Dans le ring, l’ordure en question défonça quelques jobbers, puis monta en grade et mit fin à la streak de victoires de l’Amérindien Tatanka, grand ami kayfabe du top face patriote du moment, Lex Luger. Borga allait donc feuder avec Luger, notamment à Survivor Series où il fit partie de l’équipe des Foreign Fanatics (tout en nuance, la formule) composée de lui-même, d’un des Quebecers, de Crush et de Yokozuna, opposée aux bons Américains Lex Luger, les frères Steiner et… un Undertaker qui se découvrit pour l’occasion un goût immodéré pour la bannière étoilée. Vaincu, il se tourna vers le titre Intercontinental de Razor Ramon, mais se blessa et quitta la fédération sans avoir pu exploiter jusqu’au bout son personnage. On le retrouva un peu plus tard à l’UFC, où il connut d’ailleurs un certain succès. Entre sa tronche, son penchant pour les MMA et ses opinions politiques, le parallèle avec Lesnar est décidément récurrent…

 

De retour dans sa froide patrie, Borga, sous son vrai nom de Tony Halme, allait tout en poursuivant une carrière en dents de scie de boxeur, mettre à profit le mic-skill élaboré dans les rings pour se faire élire député en 2003, dans les rangs du parti populiste de droite des « Vrais Finlandais » : il fut l’un des trois représentants de cette formation au parlement. Mais ce ne serait pas son run le plus réussi : accro à diverses saletés, bourré de stéroïdes et d’amphétamines, il ferait la une des journaux pour ses déboires personnels plus que pour ses contributions parlementaires : conduite en état d’ivresse, cirrhose, crise de delirium tremens, internement d’office en HP, quatre mois de taule pour détention d’arme… La brute était au bout du rouleau. Son mandat de député prit fin en 2007, il ne se représenta pas. En 2009, il confia à un journaliste être sujet à des pertes de mémoire, mais affirmait encore vouloir écrire un livre sur son expérience politique. Le 17 avril 2011, les Vrais Finlandais réussissaient une percée stratosphérique aux élections législatives, raflant 19% des voix et 39 sièges au parlement. Tony Halme n’était plus là pour le voir : le 8 janvier 2010, après avoir bouclé un livre (son cinquième) intitulé Testament, il s’était tiré une balle dans la tête dans son appartement de Helsinki. Il avait 47 ans.

 

 

Maintenant faut l’imaginer sur une tribune dans un bled du côté de Lahti en train de promouvoir un programme d’extrême droite devant une assemblée de bûcherons taciturnes. Ambiance.

 

 

 

12. Layla (Angleterre)

Année de naissance: 1978

Active à la WWE: 2006-

Gabarit: 1m57, 57 kilos

Palmarès: Women’s Champion (131 jours, titre officieusement co-détenu avec Michelle McCool), Divas Champion (depuis le 29 avril 2012)

 

La petite Anglaise d’origine marocaine par son père est l’une des plus pétulantes divas du roster, et même la championne en exercice. Ce n’est pourtant pas pour faire du catch qu’elle avait traversé l’Atlantique, puisqu’elle accéda d’abord à une certaine notoriété en étant danseuse pour le Miami Heat. Mais la WWE la happa en 2006 pour ne plus la relâcher. Sélectionnée via le concours dit Diva Search, elle se contenta d’abord de danser lascivement à l’ECW avec Kelly Kelly et Brooke dans le cadre du groupe Extreme Expose (tout un programme), avant de devenir la valet attitrée de Jamie Noble puis de son compatriote William Regal.

 

Sa carrière décolla réellement en avril 2009, quand la draft l’envoya à Smackdown, où elle s’allia à Michelle McCool. Bon choix  : le duo heel allait tout rafler sur son passage, et Layla ne s’offusqua guère de voir sa copine s’approprier à moitié le titre féminin qu’elle remporta le 14 mai 2010. Les deux chipies allaient régner sur la division pendant des mois, jusqu’à l’inévitable split, qui aboutit à un Loser Leaves WWE Match à Extreme Rules 2011. Layla, devenue entretemps face, le remporta, renvoyant McCool sur les rives du Styx, mais n’eut guère le temps de se réjouir puisqu’elle fut la semaine suivante pulvérisée par Kharma. Sévèrement blessée à la jambe pendant le match d’Extreme Rules, elle disparut des radars pendant près d’un an, avant d’effectuer un retour surprise et gagnant, sur la chanson d’entrée de son ancienne camarade, à Extreme Rules 2012, où elle remporta immédiatement la ceinture féminine alors détenue par l’une des Bellas. A 33 ans, la plus vieille diva du roster connaît enfin la gloire individuelle, au grand ravissement de ses nombreux fans qui, charmés par son minois, n’hésitent pas à lui attribuer des qualités en ring quelque peu exagérées.

 

 

– Ah bon sang Layla, tu m'avais tellement manqué  !

– Hein  ? Qui me parle  ?

– C'est moi  ! La troisième corde du ring  !

 

 

 

11. Vladimir Kozlov (Ukraine, Russe en kayfabe)

Année de naissance: 1969

Actif à la WWE: 2008-2001

Gabarit: 2m03, 137 kilos

Palmarès: Champion par équipes (avec Santino Marella, 76 jours)

 

Vladimir Kozlov est paraît-il un mec légitimement dangereux, expert en sambo (un sigle russe signifiant auto-défense, sport de combat favori des forces spéciales du pays de Poutine) et en d’autres arts martiaux. Hélas, à la WWE, il eut droit à un gimmick qui retardait de vingt bonnes années : celui du méchant Soviétique. Oui oui, Soviétique, puisque l’un de ses surnoms était the Soviet Cyborg et son titantron affichait le drapeau de l’URSS… Apparemment, personne n’avait prévenu Vince et consorts que les lignes avaient un peu bougé à l’est. L’homme fut lourdement pushé en 2008, avec une longue winning streak qui le mena presque au titre de champion WWE à la fin de l’année, et qui faillit lui permettre de défier l’Undertaker à Wrestlemania — Undertaker qu’il est, à notre connaissance, le dernier homme à avoir vaincu d’une façon parfaitement clean (Kane y parvint en 2010, mais le Taker était affaibli en kayfabe). Mais le gimmick était trop daté, le catcheur trop répétitif, et les réactions des foules trop indifférentes. Le dépush fut aussi brutal que le push.

 

Kozlov ne participa pas à Wrestlemania 2009 et fut envoyé à l’ECW lors de la draft. Il n’y fit pas grand chose de notable, s’alliant à Regal et Ezekiel Jackson dans une Ruthless Roundtable peu efficace, et turnant face dans les dernières semaines du show. Après la fin de l’ECW début 2010, il redevint brièvement heel à Raw sans guère de succès, avant de succomber au charme de Santino Marella, avec lequel il forma une équipe étonnamment over, qui allait même effectuer un run plutôt correct avec les ceintures par équipes. A la fin de son association avec Marella, il se consacra à NXT, où il fut lors de la saison 4 le pro de Conor O’Brien. Celui-ci fut éliminé au bout de quelques semaines, et son pro resta sans affectation. On le jeta en pâture à Mark Henry en août 2011. Henry lui brisa la jambe en kayfabe, et il fut libéré de son contrat, moins de trois ans après un push que tout le monde avait déjà oublié depuis longtemps.

 

 

– Je suis le tabasseur de Moscou, le cyborg soviétique, la brute venue du froid, je vous ai apporté la douleur, j'exige des adversaires plus f…

– Ma, tou racontes quoi, Vlad?

– Hein? Heu, rien, rien.

– Tant mieux, parce que Mae Young arrive avec son bikini, on va bien s’amuser!

 

 

 

 

10. Drew McIntyre (Ecosse)

Année de naissance: 1985

Actif à la WWE: 2006 – présent (avec interruption)

Gabarit: 1m96, 115 kilos

Palmarès: 1 fois champion Intercontinental (161 jours), 1 fois champion par équipes (avec Cody Rhodes, 35 jours)

 

Drew McIntyre est probablement le seul catcheur de notre liste qui aurait eu droit à un rang plus élevé si nous avions établi ce classement il y a un an. Car la dernière année a été une véritable annus horribilis pour l’ex-Chosen One. Lui qui avait fait ses armes à Smackdown depuis ses vrais débuts en août 2009 (il était apparu en coup de vent à la WWE fin 2006 avant de retourner pour plus de deux ans à la case OVW-FCW) a été drafté, en avril 2011, à Raw, où il a complètement sombré dans les profondeurs du roster. Ses apparitions se firent de plus en plus rares, et on le retrouva bientôt à Superstars, voire plus récemment à NXT. Son récent retour à Smackdown, le 30 décembre dernier, n’a pas débouché sur grand chose hormis une humiliante losing streak, même s’il a fait partie de la victorieuse Team Johnny à Wrestlemania. Depuis, l’Ecossais est retombé dans l’oubli…

 

Le printemps 2011 apparaît donc comme une date charnière dans la carrière de celui qui, un an et demi plus tôt, avait été présenté en fanfare comme l’Elu de Vince McMahon, rien de moins. S’il ne réussit pas alors à convaincre les bookers d’en faire un main eventer, il connut tout de même un push conséquent (il fut notre co-rookie de l’année 2009 avec Sheamus, c’est dire), push matérialisé à TLC 2009, quand il s’empara du titre Intercontinental en battant John Morrison. Beau gosse, à la fois assez puissant et a relativement agile, rappelant le Hunter Hearst Helmsley des débuts (ou alors un Brian Kendrick qui aurait pris des hormones des croissance), Drew n’avait pas un style flashy, mais parvenait à dégager une certaine intensité.

 

Il zona dans la midcard tout au long de 2010, feudant avec Morrison, Kingston, Matt Hardy et autres Christian, et gagnant un peu par hasard les titres par équipes avec un autre jeune heel prometteur, Cody Rhodes. Hélas pour lui, ce fut ensuite une longue descente, jusqu’à ce fatidique printemps 2011 : celui de la draft vers un Raw surchargé et, aussi, celui du divorce d’avec la plantureuse Tiffany, épousée un an plus tôt. Leur vie de couple avait débordé dans les gazettes après une dispute gratinée soldée par l’intervention de la police, un épisode qui n’est peut-être pas étranger au dépush de l’homme à la queue de cheval. Aujourd’hui, Drew est tellement bas qu’on ne serait même pas surpris d’apprendre un de ces jours le renvoi de celui que Vince lui-même présentait il n’y a pas si longtemps comme « le futur de la fédération ». Ce serait dommage, car le bonhomme a du talent et de l’envie à revendre…

 

 

Je ne vous décevrai pas, M. McMahon.

J’en suis certain, Drew. Il n’y a rien que j’apprécie tant que de prendre un catcheur lambda, lui faire miroiter le sommet puis le plonger pendant des années dans une merde noire.

 

 

 

 

9. Fit Finlay (Irlande)

Année de naissance :1958

Actif à la WWE : 2006 – 2011

Gabarit :1m 78 – 106 kilos

Palmarès : US Champion (1 mois au total)

 

On pourrait toujours discuter sur l'épaisseur du palmarès de Fit Finlay à la WWE au regard de sa longue et belle carrière dans les rings du monde entier. Mais ce serait négliger l'essentiel : toute la carrière de catcheur à la WWE de Finlay n'est qu'un énorme bonus que le bonhomme s'est accordé en sortant de sa retraite des rings. Et que toute cette trajectoire à l'antenne ne l'empêchait nullement d'exercer son boulot officiel d'entraineur/road agent pour la fédération.

 

Autant le dire tout de suite lorsqu'on parle de Finlay, en catch, on évoque irrémédiablement une certaine forme d'excellence old-school. L'irlandais se caractérise en effet par un style in-ring très classique pour l'école européenne : extrêmement stiff sur les coups portés, très technique dès lors qu'il s'agit d'apppliquer une prise. La légende veut même qu'il n'ait jamais supporté qu'un adversaire utilise une lame de rasoir pour se faire saigner dans un ring et qu'il pousse le réalisme jusqu'à faire lui même le boulot à coups de shillelagh ou de phalanges.

 

Par ailleurs, la tradition de la WWE exige qu'à chaque tournée, le locker-room leader porte un toast en hommage aux membres de la compagnie qu'il estime injustement écartés de celle-ci. Et, depuis maintenant un an, John Cena lève systématiquement son verre en évoquant son nom. C'est dire si le personnage était apprécié à la WWE tant pour ses performances dans le ring que pour l'énorme travail qu'il a pu fournir backstage.

 

 

– Finlay! Finlay! Apprends-moi tous tes secrets!

Non! Apprends-les à moi! A moi!

– Calmos les enfants, y en aura pour tout le monde.

 

 

 

 

8. Velvet McIntyre (Irlande)

Année de naissance :1962

Actif à la WWWF/WWF :1983 – 1990

Gabarit :1m 78 – 68 kilos

Palmarès : WWF Women Champion (6 jours), 2 fois WWF Woman Tag-Team Champion (27 mois au total avec Princess Victoria & Desiree Petersen)

 

Velvet McIntyre, Irlandaise pure souche à la chevelure rousse émigrée dans sa jeunesse au Canada, est l'une de ces nombreuses catcheuses extrêmement douées que la WWF a trop peu considérées en leur temps. Pire encore, de nos jours, la WWE n'a toujours pas réalisé l'inventaire nécessaire de cette période, trop soucieuse de ne pas écorner l'image de The Fabulous Moolah.

 

Votre annonceur espagnol préféré ne désespère cependant pas qu'un jour on redécouvre à quel point Velvet McIntyre était une lutteuse d'exception. Et pas uniquement parce qu'elle luttait pieds nus, ce qui ne manquera pas d'exciter les fétichistes. Extrêmement technique et voltigeuse, elle fut la première à exécuter des hurricanranas dans le ring et ce bien avant que ce mouvement devienne populaire.

 

 

Le nom de Drew, la chevelure de Sheamus, le petit top vert de Finlay : Velvet, c’est un best of des îles britanniques à elle toute seule.

 

 

 

7. Dynamite Kid (Royaume-Uni)

Année de naissance :1958

Actif à la WWF :1984-1988

Gabarit :1m 72 – 102 kilos

Palmarès :1 fois WWF Tag-Team Champion (10 mois avec Davey Boy Smith)

 

Il y a énormément de choses à écrire pour dire à quel point le Dynamite KiD fut un catcheur exceptionnel et à quel point ses matchs au Japon ont révolutionné le business. Mais c'était au Japon, avant et après un séjour à la WWE qui fut plutôt étrange. Deux expériences en tag-team avec un Bret Hart débutant puis avec Davey Boy Smith et puis il s'en est allé.

 

Très intense dans le ring, le beau-frère de Bret Hart l'était aussi à l'extérieur du ring. Trop sans doute même, puisque sa réputation en coulisses était celle d'un de ces bullyes que la WWE tente d'éradiquer via sa campagne Be A Star. L'histoire s'est mal terminée pour le Dynamite Kid d'ailleurs : bagarre dans les vestiaires, licenciement.

 

 

A droite sur la photo.

 

 

 

 

6. Wade Barrett (Angleterre)

Année de naissance :1980

Actif à la WWE :2010-présent

Gabarit : 2m01, 112 kilos

Palmarès : 1 fois Intercontinental Champion (89 jours), vainqueur de la saison 1 de NXT

 

Sauf catastrophe, Wade Barrett devrait dans les années à venir encore progresser dans ce classement. Même le podium ne lui semble pas inaccessible, tant le bonhomme est doué, spécialement au micro. Avec ses oreilles décollées, son accent british très prononcé et son insupportable tête à claques, Barrett est un heel naturel qui a su imposer dès ses premières apparitions à NXT un personnage à la fois fort en gueule et calculateur. Le seul hic, c’est que jusqu’ici, sa carrière semble suivre une courbe descendante. Jugez plutôt.

 

Vainqueur de la première saison de NXT (où il eut l’honneur d’être le rookie de maître Jericho), Barrett allait tout simplement être le top heel de Raw lors du second semestre 2010, où il conduisit ses anciens camarades à l’assaut de la compagnie. La storyline du Nexus ne fut pas un succès d’un bout à l’autre, mais elle monopolisa l’attention du public, qui découvrit en ce Briton baraqué et beau parleur un main eventer en puissance. La WWE n’osa jamais lui offrir le titre mondial, mais il aurait tort de se plaindre de son année 2010, au cours de laquelle il fut, entre autres, dans le main event de Summerslam et des Survivor Series, et termina deuxième meilleur rookie des CDC Awards, derrière Daniel Bryan, mais devant Alberto Del Rio.

 

2011 serait moins glorieuse, mais continuerait de l’installer dans le paysage : il vit d’abord CM Punk lui subtiliser le Nexus, puis fut drafté à Smackdown où il relança une stable, avec moins de succès (eh oui, tout le monde a déjà oublié le Corre, et ce n’est pas le squash subi à Wrestlemania qui allait mettre le groupe over). Ce gang permettait quand même à Wade de gagner son premier titre, la ceinture intercontinentale, que son ancien camarade Ezekiel Jackson allait lui prendre après trois mois. Wade se tournait alors vers la mallette du Money in the Bank, mais échouait à s’en emparer au ppv éponyme. Il allait ensuite feuder un peu avec le vainqueur, à savoir Daniel Bryan, qu’il vainquit même à Summerslam. On projetait peut-être un rematch entre les deux hommes, mallette en jeu… et qui sait si un tel combat n’aurait pas changé la face de la WWE? Mais les plans changèrent.

 

Wade feuda avec Sheamus sans grand succès, puis proclama la naissance du Barrett Barrage (concept pas très clair, mais il le prononce si bien!) et fut le capitaine de son équipe aux Survivor Series, où il gagna le match contre la Team Orton. Il feuda ensuite avec la Vipère pendant quelques semaines, participa encore au Rumble et à Elimination Chamber et allait probablement jouer un rôle à Wrestlemania quand une vilaine blessure au coude consécutive à un bump malheureux le mit sur la touche pour plusieurs mois. Pendant qu’il panse ses plaies, d’autres heels se sont engouffrés dans la brèche, mais aussi bons que soient Sandow, Cesaro et compagnie, le grand Wade a de la marge sur tout le monde et un avenir de main eventer paraît lui tendre les bras.

 

 

L’entrée en ring à la Nexus pour encercler un main eventer, c’est quand même plus efficace quand on est plusieurs.

 

 

 

 

5. Nikolaï Volkoff (Yougoslavie, booké soviétique)

Année de naissance :1947

Actif à la WWWF / WWF :1970-1995, avec interruptions

Gabarit : 1m93, 143 kilos

Palmarès : 1 fois champion du monde par équipes (avec le Iron Sheik, 78 jours), Hall of Fame 2005

 

Mesurez l’ironie du destin de cet homme. Né en 1947 en Croatie, Josip Peruzovic, haltérophile prometteur, déserte le paradis titiste en 1967 à l’occasion d’une compétition tenue à Vienne et rejoint rapidement l’enfer capitaliste nord-américain. Là, il est remarqué par le monde du catch, embauché et doté d’un gimmick… de méchant Soviétique. Renommé Nikolaï Volkoff, il allait en tirer le meilleur, au point de devenir l’un des heels les plus réputés de la WWWF (oui, il y avait trois W à l’époque). Il se cassa les dents à de multiples reprises sur l’inamovible Bruno Sammartino, fit le kéké dans quelques autres fédés et revint en 1984 pour un nouveau run très réussi, où en compagnie du fou furieux nommé Iron Sheik, il allait incarner une effrayante alliance soviéto-iranienne et chanter à tue-tête (et en phonétique, puisqu’il n’a jamais appris le russe) l’hymne soviet dans des salles reaganiennes prêtes à le déchiqueter pour un tel outrage. Il en retira un run de champion par équipes et une carrière relancée, puisqu’on le retrouva un peu plus tard dans l’équipe dite des Bolsheviks, avec un gimmick que vous imaginez.

 

Volkoff affrontait régulièrement les incarnations de l’Amérique héroïque comme Hulk Hogan ou Jim Duggan, et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais la perestroïka secouait l’empire rouge. Ces gens de l’Est en grosse chapka qui roulaient les R n’étaient plus tous des ennemis de la liberté! Bingo, Nikolaï effectua un turn qui refléta celui du bloc communiste. Désormais présenté comme un Lituanien avide de liberté, il interprétait désormais l’hymne américain et feudait avec son ancien comparse le Sheik, qui après le khomeynisme avait embrassé la cause de Saddam Hussein, nouvel épouvantail du moment. Le dernier run de Volkoff date de 1994-95, où il joua les larbins pour la Corporation de Ted DiBiase. Il put ensuite aller goûter à une semi-retraite bien méritée dont il sort de temps à autre pour participer à quelque Raw old school, ou bien se faire introniser au Hall of Fame.

 

 

– TIS THE STAAAAR SPAAANGLED BAAAAANNEEEEEER…

– Camarade Volkoff, mission nous compromise?

– Au contraire, camarade Kozlov. Infiltration nous parfaitement réussie. Nous attendre instructions Moscou pour passer action. Maintenant nous chanter, sinon eux se méfier. TIS THE STAAAAR SPAAANGLED BAAAAANNEEEEEER OOOOOOH LONG MAY IT WAAAAAVE!

 

 

 

 

4. William Regal (Angleterre)

Année de naissance : 1968

Actif à la WWF-WWE : 1998-présent, avec interruption

Gabarit :1m91 – 110 kilos

 

Palmarès :2 fois Intercontinental Champion (quatre mois au total), 4 fois WWF Tag Team Champion (sept mois au total avec Lance Storm, Eugene & Tajiri), King Of The Ring 2008

 

Parmi tous les honneurs que William Regal a décrochés à la WWE (six ceintures, un titre de King Of The Ring, des personnages on-screen de General Manager), le plus grand de tous est sans doute celui de seul et unique membre volontaire du Vince McMahon's Kiss My Ass Club.

 

Aussi à l'aise dans les rôles comiques à l'écran que dans un personnage de technicien des rings, William Regal a réussi une belle carrière à la WWE et pourtant, ce n’était certainement pas bien parti. En effet, l'Anglais, lors de son premier entretien avec Vince McMahon, a été proprement incapable de signer le contrat que celui-ci lui tendait et a préféré faire une petite overdose en plein milieu du bureau de son futur patron.

 

 

Comme tout gentleman anglais qui se respecte, William Regal est complètement accro à l'opium.

 

 

 

 3. Sheamus (Irlande)

Année de naissance: 1978

Actif à la WWE: 2009 – présent

Gabarit: 1m98, 121 kilos

Palmarès: 2 fois champion WWE (161 jours au total), 1 fois champion du monde poids lourds (depuis le 1er avril 2012), 1 fois US Champion (48 jours), King of the Ring 2010, Royal Rumble 2012

 

Moins de trois ans de présence à la WWE, et déjà sur notre podium des meilleurs Européens jamais passés par la Fédération (et encore, il pourrait sérieusement prétendre à la seconde marche…) : voilà qui en dit long sur la carrière météorique de Sheamus. A ses débuts, pourtant, le doute était de rigueur. Ce grand rouquin blafard qui défonçait tout à l’ECW était considéré comme trop vert (ce qui colle bien avec son pays d’origine, convenons-en), et surtout lesté de la réputation d’être un petit protégé de Triple H, l’homme que l’IWC charge des pires maux. Quand en décembre 2009, alors qu’il venait à peine de débarquer à Raw, l’albinos gagnait le titre WWE en battant John Cena dans un Tables Match, la réaction fut houleuse. Mais petit à petit, le sosie de James Hetfield parvint à retourner ses contempteurs.

 

Il confirma ses capacités tout au long de 2010 (feud contre Orton puis contre Triple H, qu’il affronta sans succès à Wrestlemania mais finit en kayfabe par envoyer à l’hosto pour un an, deuxième titre de champion un peu éclipsé par la storyline Nexus, victoire au King of the Ring en fin d’année), fit un tour en midcard en 2011 avec notamment un run de champion US et déjà quelques très bons matchs contre Daniel Bryan, turna face et remonta tout naturellement au niveau du main event, en remportant le Royal Rumble 2012 et le titre à Wrestlemania, en 18 secondes comme chacun sait. Sheamus, par ailleurs bon client pour les médias généralistes, est désormais unanimement apprécié des suiveurs, et la question qui se pose n’est plus de savoir s’il saura faire une belle carrière à la WWE, mais plutôt si nous sommes en présence du nouveau Cena ou seulement du nouveau Batista… L’exploit est de taille, d’autant plus qu’il a su incarner consécutivement un top heel et un top face sans jamais perdre de vue son gimmick d’Irlandais tête brûlée qui adore la castagne et n’est jamais avare d’une bonne histoire bien de chez lui.

 

 

– Hey les bookers, voici le texte que j’ai écrit pour ma promo de lundi. « Voyez-vous, fellas, mon oncle Brendon avait épousé sa propre sœur, Maureen, qui avait déjà trois enfants de leur père à eux deux, mon grand-père Sean. Les enfants étaient tous attardés mentaux à cause des générations d’inceste. Ils passaient leur temps à s’enfoncer la tête dans le cul des taureaux! Et c’est exactement ce que je vais faire à mon adversaire dimanche prochain au pay-per-view! »

Merci Sheamus, on aime le style, mais on va peut-être reprendre un point ou deux quand même..

 

 

 

 

2. Davey Boy Smith a.k.a The British Bulldog (Angleterre)

Année de naissance :1962

Année de décès : 2002

Actif à la WWF : 1984-2000, avec interruptions

Gabarit : 1m 80 – 120 kilos

Palmarès : 1 fois Intercontinental Champion (1992, 2 mois), 2 foisWWF Tag-Team Champion (21 mois au total avec Dynamite Kid & Owen Hart)

 

Parlons immédiatement du sommet de la carrière du British Bulldog, pour mieux oublier sa fin tragique et triste. Summerslam 1992, Davey Boy Smith remporte le titre Intercontinental face à Bret Hart, son meilleur ennemi dans le ring et beau-frère à la ville, à Londres, dans le pays qui l'a vu naître.

 

Si l’on ignore l'état du business à l'époque, on imagine que la décision de booking n'est qu'un cadeau généreux fait à l'enfant du pays en remerciement de ses bons et loyaux services de catcheur émérite. Mais en réalité cette victoire signifie bien plus que ça, car l'enjeu du match était immense pour Vince McMahon. Si la construction d'une feud autour d'un titre secondaire était à l'époque plus aisée, le risque n'en était pas moins énorme. Tout l'événement était focalisé sur ce combat. Le stade de Wembley, plein comme un oeuf avec plus de 80 000 personnes, évidemment, ne pouvait être rempli que grâce au sentiment patriotique qu'inspirait le Bulldog et le match qui fut le meilleur de cette année là, était placé en Main-Event de la soirée.

 

Aujourd'hui comme hier, il est rarissime que Vince McMahon fasse passer ses top-guys (Undertaker, Shawn Michaels, Randy Savage, The Ultimate Warrior) où les championnats du monde après un titre secondaire. A l'époque, il avait osé construire un de ses rares PPVs autour de la personnalité d'un excellent mid-carder. C'est dire l'estime et la confiance qu'il avait à son égard. Un tel accomplissement, étant donné le contexte, mérite à notre sens la seconde place du classement.

 

 

Pour incarner la combativité et la puissance des bouledogues anglais, rien de tel que des petites tresses multicolores, c’est joli comme tout.

 

 

 

1. André Le Géant (France)

Année de naissance : 1946

Année de décès : 1993

Actif à la WWWF/WWF : 1973-1991

Gabarit : 2 m24 – 230 kilos

Palmarès : 1 fois WWF Champion (1988, déclaré vacant immédiatement), 1 fois WWF Tag-Team Champion (1989, 4 mois), WWE Hall Of Fame 1993.

 

Que dire du seul Français à avoir laissé sa trace dans le catch mondial? Ses mensurations étaient probablement trafiquées. Son invincibilité supposée durant plus de sept années était elle-aussi victime du kayfabe. Mais les faits, devenus de l'Histoire, parlent bien mieux que les chiffres pour résumer André.

 

Pendant presque vingt ans, il fut l'une des pierres angulaires du business de Vince Sr, avant que son fils ne l'utilise pour créer la plus grande star du catch moderne à Wrestlemania III, en l'opposant à Hulk Hogan. André le Giant, c'est un physique colossal et, par excellence, la définition même du monster heel qui permet au babyface de s'illustrer.

 

André fait aussi partie du club très fermé de ceux qui ont laissé leur nom à un geste technique du business. Comme il y a une Gorilla Position backstage à la WWE en hommage à Gorilla Monsoon, des années après sa mort on parle encore d'André Shot pour décrire en un mot les plans de caméra en contre-plongée qui font apparaître les Big Men encore plus imposants qu'ils ne le sont. Mais s'il ne fallait choisir qu'un fait pour synthétiser l'impact d'André dans le monde du catch, c'est celui-ci : au lendemain même de sa mort, Vince McMahon faisait sonner la cloche à sa mémoire en direct à la télévision et annonçait la naissance d'un Hall Of Fame pour honorer les vétérans de sa compagnie. André serait le premier et le seul membre du Hall of Fame en 1993. Kayfabe ou pas, ce soir-là, André est définitivement devenu le plus grand de tous les catcheurs.

 

 

Ne cherchez plus : on sait de qui l’Undertaker s’est inspiré pour son gimmick de biker. Il a tout piqué au French Badass.

 

 

Il faut savoir que nous n’avons pas connu les cas de conscience des sélectionneurs de football, qui s’arrachent les cheveux en se demandant qui embarquer dans leur liste et qui laisser de côté : étant donné les critères de sélection indiqués ci-haut, nous avons trouvé très exactement 24 catcheurs correspondant à nos exigences. Le 24ème, vous le trouverez si vous êtes balaises, parce que c’est pas évident.

 

Ce qui saute aux yeux à la lecture du pedigree de ces vingt-trois Européens, c’est la disproportion entre les anciens et les modernes. Ils ne sont que six sur vingt-trois à avoir accompli leurs exploits avant 2000. Tous les autres se sont manifestés à la WWE au cours de ces dernières années et neuf sont actifs aujourd’hui à Stamford. Voilà qui reflète bien le processus d’internationalisation d’une Fédération autrefois repliée sur le continent nord-américain. Le système est désormais bien rodé : la WWE repère les jeunes locaux prometteurs lors de ses tournées dans le monde entier, les fait ensuite venir dans ses féds de développement et s’ils sont assez bons, les jette dans le grand bain. Si Sheamus, Barrett et autres Drew ou Cesaro peuvent faire la WWE de demain, qu’ils sachent que le ventre du vieux continent qui les a vus naître est encore fécond, et que bien d’autres viendront encore conquérir l’Amérique au cours des prochaines années…

 

 

On dit Grand Corps Malade.

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