Catch

Wrestling with the Stars

Se croire un personnage est fort commun en France.

Jean de la Fontaine

 

Miss kélia n'est pas qu'une simple lectrice assidue des Cahiers du Catch qui ne jure que par la WWE. C'est aussi une fana de catch français et c'est avec passion qu'elle accompagne, dès qu'elle en a l'occasion, les prouesses des catcheurs de la Wrestling Stars. Rédactrice d'un jour, elle nous présente ce lundi cette fédération bleu-blanc-rouge dans le but non avoué de séduire ceux d'entre vous qui auraient l'occasion d'assister à un de leur galas!

 

 

La Wrestling Stars a déjà eu droit aux honneurs de Paris Match, mais aujourd'hui, c'est la consécration!

 

 

Présentation de la fédération Wrestling Stars

 

Cher lecteur des Cahiers du Catch, je me lance aujourd’hui dans le périlleux exercice du commentaire de show, car après avoir assisté à plusieurs galas de la Wrestling Stars, il me tenait à cœur de te faire partager cette expérience. Comme je l'ai lu ici, il n'y a pas que la WWE dans la vie, raison pour laquelle je me suis lancée à la découverte de cette fédération bien de chez nous, la fleur aux dents et ma passion pour étendard ! Si tu aimes la nouveauté, si tu aimes le catch, les combats enflammés et passer une bonne soirée autour d’un ring, viens avec moi l’ami et lis ce qui suit !

 

 

Flesh Gordon est LA star de la WS. Mais son gimmick a un peu vieilli…

 

 

La Wrestling Stars est une fédération internationale de catch (bon, ok, française mais qui fait la part belle aux catcheurs européens), plus axée sur les combats que sur les feuds, et dont la structure actuelle existe depuis 1999, bien que son existence soit antérieure (1979 est l’année de ses débuts sous le nom de KMG). Elle propose environ 200 dates  par an, en France et à l'étranger et met en jeu trois titres, le Championnat de France des poids-moyens, le Championnat d'Europe « Open », et le Championnat du Monde des mi-lourds. Sa marque de fabrique fièrement assumée ? Le catch « sportif » !

 

« Catch sportif » ? Kesako te demandes-tu derrière ton écran ? Oui lecteur, c'est en effet la spécificité de cette fédération qui propose des matchs souvent longs, les plus spectaculaires possible, avec des gabarits d'athlètes différents de manière à faire le tour de toutes les réjouissances sportives qu'offre la discipline. La part belle est faite aux affrontements physiques plutôt qu'aux feuds, et les catcheurs prennent rarement le micro. Il serait d’ailleurs difficile de construire des feuds sur la durée car bien entendu la plus grande part du public ne vient voir les galas que ponctuellement, ce qui complique le suivi des rivalités entre membres du roster. La principale storyline développée est celle qui tourne autour de la ceinture du Championnat de France et sur laquelle je reviendrai plus tard. Le show se compose donc principalement de gros matchs de catch pur et dur, sans brawls désorganisés, et lorsque l’on sort de là, on a vraiment assisté à un spectacle qui ressemble furieusement à du sport. Malgré la quasi absence de promos et de storylines, il y a tout de même beaucoup d’interaction entre le public et les catcheurs, ainsi que des attitudes franches de heels ou de face, afin de faire réagir la foule et de créer une certaine chaleur autour du ring.

 

 

La preuve qu'il s'agit de catch sportif? Les lutteurs inventent des prises jamais vues ailleurs et parfaitement stupéfiantes!

 

 

La Wrestling Stars est également très attentive à la bonne préparation physique de ses athlètes, et pour les entrainer au mieux, elle dispose de quatre écoles de Catch (EFC), de manière à former efficacement et dans de bonnes conditions ses nouveaux talents. Ces écoles se trouvent en Lorraine, en Normandie et en Ile-de-France, et les aspirants y évoluent selon un système de cordes de couleur (comparable aux ceintures de judo), selon leur expérience et le nombre de prises qu’ils maîtrisent.

 

 

Les stipulations de l'EFC sont typiquement de chez nous.

 

 

La première fois que j'ai assisté à l'un de leurs galas, c'était il y a tout juste un an, et j'ai été de suite conquise par la qualité du spectacle proposé. Ne connaissant absolument pas la fédération et ne sachant pas à quoi m'attendre, j'ai vraiment pris mon pied ce soir-là, d'abord grâce à la proximité des combattants (j'étais en ringside, mais quoiqu'il arrive la salle permet au spectateur d'être toujours bien placé et de ne rien perdre de chaque mandale), mais aussi grâce à  la longueur du show, environ trois heures avec entracte, ce qui permet au spectateur de s’immerger complètement dans l’ambiance de la WS. Depuis, c'est donc avec une certaine fébrilité que j’attends l’annonce d’une nouvelle date.

 

Nouveau show au mois de novembre et à ma grande joie, la salle était bien plus remplie que lors de la tournée précédente, la présence de Tom La Ruffa sur l’affiche y étant peut-être pour quelque chose. Là encore, le spectacle fut de belle qualité et le public bien chaud. Autre point positif pour ce deuxième show, la présence sur le ring de jeunes élèves des écoles de la fédé venus livrer un de leurs premiers matchs. On sentait l’apprentissage en cours, mais j’ai adoré voir ces jeunes gens passionnés faire leurs premiers pas sur un ring, devant le public.

 

Samedi 5 mai, retour pour la troisième fois au Centre Omnisports Jean Allasseur, à Montereau-Fault-Yonne (77), pour un nouveau show estampillé Wrestling Stars et une carte alléchante nous promettant un match simple, un match à quatre à élimination, un match à handicap, un match triple menace pour la ceinture de Champion de France, un match par équipes mixtes et un match à six.

 

 

Montereau, une charmande bourgade faite pour le catch.

 

 

Les premiers à monter sur le ring sont les annonceurs, Jean-Marie et Lili Gordon, pour nous présenter le nouveau directeur de la Wrestling Stars, Prince Zéfy, lutteur très massif d’origine zaïroise, toujours en activité et détenteur du Championnat du Monde. Viennent ensuite les arbitres dont Mr Jacky, ancien catcheur ayant officié durant plusieurs décennies sous le nom de Jacky Richard, ancien Champion d'Europe et entraineur en chef de l'école de Farmoutiers. Il a lutté entre les années 50 et 90, auprès des plus grands catcheurs français et démontre encore aujourd’hui à chaque apparition son caractère bien trempé!

 

 

Monsieur Jacky, le poids du Big Show mais la taille de Rey Mysterio

 

 

L’ouverture du gala est assurée par le match simple opposant Flesh Gordon, figure emblématique et fondateur de la fédé, lutteur à la carrière internationale depuis plus de 30 ans, à Bad Mask (aka le guerrier du futur) un heel puissant assez velu (et masqué, hein, il va sans dire!) au look à la Mad Max. Le match est arbitré par le susnommé Monsieur Jacky, copieusement hué durant tout le match,  ce qui permet de bien chauffer le public. Un bon opener, les deux hommes ont l'expérience du ring, le public est content de retrouver Flesh Gordon, le match livré est solide et technique, avec une victoire de Gordon à la clé, histoire de mettre chacun de bonne humeur pour la suite.

 

 

La rumeur veut que Ribery est un fan de Bad Mask depuis l'enfance et que, tout petit, il s'est endormi avec le masque de son idole. Sans se rendre compte qu'il le portait à l'envers.

 

 

La suite, c’est un match à quatre opposant Damien Prieur et Maxime Morize (faces) à Hugo Perez et Jordan Benoist (heels), avec une stipulation à élimination de type Rumble, par-dessus la troisième corde et les deux pieds à terre. Et voilà pourquoi je vous parlais des jeunes en formation tout à l’heure, car Benoist et Morize sont ceux que j’ai vus il y a six mois. Hugo Perez est l’un de leurs formateurs, et force est de constater qu’ils ont bien progressé depuis la dernière fois. Leurs gestes sont plus sûrs et plus rapides, et même si des imperfections subsistent, leur travail porte ses fruits et leurs personnages s’affinent. Damien Prieur arrive dans un costume de motard intégral, Jordan Benoist a assorti sa tenue à celle de Perez, dans un esprit guérillero, et leurs équipes fonctionnent pas mal. Hugo Perez pour sa part est un lutteur efficace, sachant parfaitement faire réagir le public (en se faisant huer un maximum !) et rendre le match prenant.

 

 

La plupart des catcheurs brandissent des barreaux de chaise pour cogner sur leurs adversaires. Hugo Perez, lui, les barreaux de chaise, il les fume.

 

 

Le troisième match est un match à handicap entre Emilio Sitoci et Jerry Motta d’un côté et Cybernic Machine, un heel vilain pas beau, tout en puissance ! Il porte une tenue assez effrayante avec un masque indescriptible, il est absolument énorme ! Il entre sur une musique qui reprend les cloches du Taker, mais se révèle être finalement Hell’s bellsD’AC/DC, pour le plus grand plaisir de la foule et de l’auteure ! A noter qu’il est l’actuel détenteur du Championnat d’Europe Open. Le combat est relativement prévisible quant à son issue (on se doute bien que le méchant va gagner), mais très bon dans son déroulement car, les combattants présentant des gabarits différents, toutes sortes de combinaisons nous sont offertes : de la voltige, des portés audacieux (les deux gentils portant le vilain ou le vilain portant ses deux adversaires en même temps !), des crossbody, des chokeslam et même, oui, oui, un terrifiant et dévastateur marteau pilon ! Bref, Cybernic s’impose au terme d’un beau combat bien mené, et repart en enfer avec sa ceinture !

 

 

 

Quelqu’un veut négocier ??

 

 

Le combat suivant est un match à quatre avec deux équipes mixtes. C’est peu de dire que je redoute le catch féminin d’une manière générale, étant plutôt habituée aux bouses offertes par la fédération de Vince… C’est donc avec une légère appréhension que je vois arriver une équipe composée de la Miseria, un lutteur masqué et d’Angel’s Bombita, lutteuse heel en tenue super sexy mettant parfaitement en valeur une paire de fesses d’enfer, oui m’sieurs dames, bientôt suivie d’une autre team composée de Fernando de Sousa et de Sindy, présentée comme une équipe portugaise. Il faut dire que parmi notre public se trouve une communauté lusitanienne qui attend chaque fois son lutteur fétiche à grands renforts  de drapeaux et de « PORTUGAL !! PORTUGAL !! » et qui met une belle ambiance dans la salle ! Le match démarre donc sous les vivats de la foule en faveur des gentils Portugais, les heels  feignant de ne pas combattre par manque de soutien. Les garçons, deux voltigeurs rapides et très agréables à suivre, finissent par s’empoigner mais j’attends surtout de voir ce que va donner la prestation des filles. Et, surprise, nous avons droit à des affrontements fille/fille, gars/gars, mais aussi fille/gars auxquels je ne m’attendais pas du tout ! C’est d’ailleurs assez marrant de voir les meufs aller à la marave avec les mecs, mais je rassure de suite les âmes sensibles, il est bien évident que les mecs se sont contentés de quelques soumissions et n’ont porté aucun gros bump. On n’est pas à la boucherie non plus et le public étant composé des nombreux gosses, rien d’affolant niveau violence ne se déroule sur le ring, plutôt quelque chose d’inhabituel pour moi et de divertissant au final. Bien sûr les faces s’imposent pour le plus grand plaisir de la foule.

 

 

Fernando de Sousa s'inspire des plus grands: il soulève son drapeau comme Hulk Hogan et son sourcil comme le Rock.

 

 

Petit entracte ensuite, ce qui me permet d'observer le public venu, et de constater que je connais pas mal de gens (je travaille en centre-ville, ça aide!) ; je suis contente de reconnaitre beaucoup de visages et de constater que certains de ces gens que je croise chaque jour sont fans de catch, à des degrés divers sans doute, certains ne sont par exemple là que pour accompagner leurs enfants, mais tout de même, ça réchauffe le cœur. Globalement, le public semble conquis,  les réactions de la foule pendant le show ne laissant pas de place au doute: les gens se marrent, crient, huent, applaudissent et s'investissent. Le reste de l'année, je me sens plutôt seule, fana de catch parmi des gens qui me regardent bizarrement quand j'ai le cran d'avouer ma passion, et bien là, mince, ça fait plaisir.

 

Depuis, Miss Kelia ose enfin aller bosser en portant ses fringues préférées.

 

 

Le combat suivant est celui que j’attends le plus : il s’agit d’un rematch pour le titre de Champion de France. L’actuel détenteur de la ceinture est Mickey Trash, le molosse agressif. Il a remporté le titre en mars dernier contre David Michel, le loup solitaire, avec le concours de l’arbitre Ludovic Prévot. Les deux lutteurs se connaissent bien pour avoir fait longtemps équipe, de 2008 à 2010, avant de devenir adversaires. Je suis une vraie fana de David Michel, il est d’ailleurs le tout premier lutteur que j’ai vu catcher « en vrai » lors du premier gala, et il m’avait fait forte impression. Son gimmick de Loup Solitaire me plaît bien, il a un excellent niveau technique et livre des matchs spectaculaires.

 

 

Au départ, j'avais pensé m'appeler Croc Blanc mais on m'a expliqué que le gimmick était déjà pris par un mec qui catche à Londres sous le nom de Jack. Enfin, je crois, je me souviens plus bien mais c'était un truc dans le genre.

 

Le match de ce soir est une triple menace, le directoire de la fédé ayant approuvé le fait que Le Bulldog dispute le titre. Il s’agit d’un jeune catcheur tout en puissance qui, comme son nom l’indique, aime se promener avec un collier de chien et une laisse !!! Une Marseillaise et quelques explications plus tard, notamment le renvoi au vestiaire de Ludovic Prévot, et le match commence (l’intégrale ici). Le rythme du combat est bien soutenu et l’affrontement offre son lot de surprises, notamment lorsque l’arbitre fait le compte de trois lors d’un tombé de Trash sur le Bulldog, alors que celui-ci est manifestement dans les cordes. La décision est immédiatement invalidée par Prince Zéfy et Monsieur Jacky aux abords du ring. Le match reprend mais se conclut très vite sur la victoire de Mickey Trash qui conserve donc son titre. Je dois faire preuve ici d'un manque d'objectivité totale, mais ce match était incontestablement le meilleur de la soirée : trois hommes excellents dans le ring, un combat extrêmement bien construit, un rythme à couper le souffle… c’est un vrai bonheur de pouvoir assister à ce genre de match. Je suis tout de même affreusement déçue du résultat, mais c’est une autre histoire. J’attends maintenant la suite de la feud avec impatience !  

 

 

Who let the dogs out? Woof woof woof woof!

 

 

Le dernier combat est un match à six. L'équipe face est composée de Flesh Gordon, Jimmy Gavroche et Bernard Vandamme (anciennement homme fort de Fort Boyard!), alors que l’équipe heel peut compter sur Bad Mask et deux lutteurs néerlandais, Kenzo Richards et Mark Kodiak. Jimmy Gavroche est le lutteur face par excellence, avec un gimmick de titi parisien. Les gosses l’adorent, et c’est un peu notre régional de l’étape, puisqu’il est présent à chacun des galas de Montereau. C’est  l'occasion de finir sur un  match débridé propice à tous les finishers. Le public est très chaud,  bref, un bouquet final qui voit évidemment les faces l’emporter.

 

 

Flesh Gordon avec la moustache de l'Empereur Ming, y'a quelque chose qui déconne dans les gimmicks de la WS.

 

 

Tous les athlètes se prêtent ensuite à une séance de dédicaces, ils sont accessibles et ouverts, un moment convivial et bien sympa après un spectacle de très bonne qualité.

 

Que retenir de ce gala ? Le fait d’avoir vu un bon show, vraiment apprécié par le public qui à beaucoup participé et qui en est sorti ravi, avec la banane, prêt à revenir et à ramener d’autres personnes. Cette sale réputation que se traine le catch en France ne peut diminuer que grâce à ce genre de shows, professionnels et divertissants à souhait! J'attends donc avec impatience le prochain qui aura lieu en novembre, avec l'espoir de voir la salle plus pleine encore!!

 

Pour plus d'infos, je vous renvoie au site de la fédé.

 

Sur ce, merci à toi lecteur qui a pris le temps de me lire. Mon dépucelage de nalyse est enfin effectif, je rends l’antenne, à vous les studios ! On se retrouve dans les commentaires!

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