Catch

Z comme Zinistre

Le pire c'est quand le pire commence à empirer

Quino dans Mafalda

Bon, on a tous déjà joué au Stade de France ou à Bercy avec nos groupes de dark musette respectifs, on sait donc tous que les générales sont souvent bien en dessous des concerts. Mais putain, y a des limites quand même, n'ayons pas peur des mots : ce SmackDown était assez mauvais pour qu'il devienne tentant de prêter l'oreille aux nombreux fans de la TNA pullulant en ces lieux qui nous expliquent ces temps-ci que la fédération d'Orlando domine la WWE de la tête, des épaules et de quelques organes encore. La TNA bordel !! Mais à générale foireuse, concert orgiaque normalement, continuons donc d'y croire et expédions cette nalyse du show bleu avant d'attendre impatiemment dimanche pour voir bien mieux !

Sinon, il reste toujours ça.

 

Nalyse de Smackdown du 13 juillet

Malgré toute la sympathie qu'on peut avoir pour le personnage de Zack Ryder (et son succulent show internet de cette semaine), si la qualité des shows doit servir à évaluer les compétences des intérim-general manager successifs de Raw et Smackdown, on aura bien du mal à placer le Broski dans le peloton de tête. La faute à un show poussif, capilotracté, creux et très pauvre en bons moments, dardé de trop nombreuses références vidéo servant à hyper le futur millième épisode de Raw et phagocyté par des Raw rebounds nous présentant l'épisode de lundi dernier comme un must see, alors que la seule chose qui vaille le détour à la WWE cette semaine c'est la divine nalyse de McOcee…

 

Bon, ça s'annonçait pourtant pas trop mal avec Ryder en promo pour l'ouverture de son ZackDown (notez le subtil changement d'initiale pour y appliquer la première lettre de son pseudo, je pourrais faire pareil ça serait… non, laissez tomber), venu nous rappeler qu'il était le roi du monde cette semaine après avoir terrassé l'essentiel du roster dans une Battle Royale de main eventers. Tout cela est naturellement interrompu par le grand heel de service, Alberto Del Rio qui vient à pied (restrictions de budget ou acte écolo-militant ?) expliquer tout le mal qu'il pense du clown de service qui lui sert de patron pour la soirée. Ni une ni deux, le sang orange de Zack ne fait qu'un tour, il va punir le malotru en lui envoyant dans les dents une Superstars d'envergure, hahaha ça lui fera les pieds !

– T'es dispo Bro' ?

– Non, j'ai déjà fait Raw, et j'ai le même contrat que Brock Lesnar…

– Pas grave, je vais lui envoyer l'autre Chicano.

 

 

Voilà donc – suspense insoutenable – les tambours et la lumière tamisée de Sin Cara qui retentissent, sous les vivas d'une foule applaudissant à tout rompre l'arrivée du top face venu rabattre le caquet du vilain heel. Non je déconne. Les matchs de l'ex-Mistico (remplacé cette semaine au Mexique d'ailleurs) ne sont déjà pas bien passionnants, ressemblant souvent à un spotfest désordonné, mais quand en plus ils se transforment en un brawl lent sans aucun impact dans la salle, il devient extrêmement difficile de se passionner pour ce qui se passe dans le ring, et c'est un euphémisme. Et puis disons le franchement, Sin Cara en est carrément ridicule quand il gesticule pour vendre des douleurs immondes à chaque mouvement de son compatriote, voilà un garçon qui gagnerait à travailler un peu avec des spécialistes du genre, de type Ziggler ou Jericho. Au final, on en finissait par regretter les nearfalls, pressés qu'on était de voir ce match s'achever ! Del Rio a fini par l'emporter par soumission, et on espère vraiment voir le vrai Sin Cara ce dimanche dans une stipulation a priori plus favorable à son art, mais peut-être faudrait-il simplement se résigner concernant l'homme masqué ?

 

Si le match suivant était assez difficilement compréhensible, puisqu'on voyait deux équipes entrer, les Primetime Players et les Colons pour voir au final un match individuel entre Darren Young et Primo Colon, il servit encore à magnifier le contraste entre un frangin Colon en grande forme et le mexicain masqué évoluant dans le même registre que lui, mais avec une intensité, une dextérité et une interaction bien moindres (notez d'ailleurs que sur son titantron, Primo étale un Sin Cara bleu…). Ajoutez à cela un Young inspiré, et quelques très beaux enchaînements des deux garçons et on aurait pu avoir un très bon match. Sauf que les bookers ont eu l'idée géniale de filer un micro à Abraham Washington pour qu'il débite des conneries pendant le match qui en devenaient pénibles tant elles en perturbent le suivi. Bref, peut mieux faire, et victoire en hold up d'Epico !

 

 

Non, parce que si vraiment il fallait mettre un(e) des deux managers en avant, j'aurai comme une suggestion à faire…

 

 

Dans l'intervalle, la caméra avait été faire un petit tour en coulisses, pour que Teddy Long puisse féliciter son ex-assistant pour sa promotion brillament décrochée, et le magnifique travail abattu. On serait d'ailleurs bien curieux de revoir le même Long si d'aventure le Broski devenait le manager permanent du show bleu. Toujours est-il qu'un autre garçon est nettement moins heureux de voir Zack au pouvoir, et ce n'est ni plus ni moins que le Big Show, qui s'apprêtait même à lui fracasser le crane à coup de WMD lorsqu'intervint opportunément Khali pour sauver la mise de son Broski. En émule respectueux de Captain Obvious, le natif de Long Island bookait un match de géants pour le soir même, comme une punition pour le Big Show.

 

Sauf qu'entre un jobber de deux mètres vingt et un géant booké comme indestructible depuis quelques mois, on se demande bien comment Zack pensait embêter le world largest athlete d'une quelconque manière, le match fut d'ailleurs fort sympathique parce que bref (et uniquement en raison de cela), et peu même être décrit dans son intégralité ici : atemi du Big Show, atemi de Khali, deuxième atemi de Khali, WMD du Big Show, fin. J'avoue cependant avoir aimé l'image de ce ring paraissant soudain plus petit avec les deux hommes entre les quatres cordes, c'est plaisant, tant que ça ne dure pas plus d'une minute.

 

 

– Woo Woo Woo, you know it !

– Khali, tu parles anglais, ENFIN !!

– woo woo woo bwaaah bwaah, you know it you know it

– Euh…

– You know it you know bwaaaah bwaaah it woo woo ?

– Laisse tomber bro'.

 

 

Mais remontons légèrement le temps, et revenons à un match typique servant à vendre le PPV de dimanche, des tag teams improbables servant à mettre un maximum de superstars dans le ring avec Santino et Christian venus défier Cody Rhodes et Dolph Ziggler. Entre deux champions qui seront là pour gonfler la pop dimanche et deux favoris pour la malette, on était au moins certains de voir du bon catch, et ça a été le cas. L'absence totale d'histoire racontée nuit cependant au spectacle même s'il est toujours plaisant de voir une tentative de Cobra avorter. Christian et Cody partis régler en coulisses une bisbille née autour de la ceinture intercontinentale, c'était Dolph qui finissait le travail d'un Zig Zag sur le champion US le bookant bien dominant dans le troupeau de la midcard, ce qui pourrait peut être lui permettre de briser enfin le plafond de verre, et pourquoi pas dès dimanche ?

 

L'autre participant du MITB bleu à l'honneur ce vendredi, est la très grosse cote pour le PPV : Damien Sandow. L'érudit barbu affrontait Justin Gabriel, et ne laissa que peu d'espoirs au partenaire de Tyson Kidd (étonnamment absent d'ailleurs), qu'il aplatissait en quelques minutes pour renforcer l'idée que la WWE aime déjouer les pronostics pour ce match pour la malette. Alors Sandow en nouveau Swagger ? C'est toujours plus probable qu'un triomphe de Sin Cara, pensez-y.

 

 

– D'ailleurs, lorsque j'aurai gagné ces quelques milliers de liasses bêtements entassées dans cette malette croyez bien que je n'irai pas pusillanimement les encastrer dans la boite crânienne du premier venu, non j'ai à l'esprit quelques placements fiduciaires judicieux à même de faire prendre au cerebral wrestling un virage décisif !

– Euh… FAIS LA ROUE !! FAIS LA ROUE !! FAIS LA ROUE !!

 

 

Dans l'épisode de cet semaine, on a évidemment eu le droit à plusieurs segments vidéo, nous offrant un apercu du glorieux passé de Raw, de Hugh Jackman en guest host à Edge faisant ses adieux, tout est fait pour nous vendre au mieux une émission qui – le saviez vous – compte 300 épisodes de plus que Monday Night Football. Plus intéressant peut être, le Raw rebound nous rediffusait le match féminin entre AJ et Eve, c'est sans doute une première de voir une rencontre de divas jugée suffisamment cruciale pour être diffusée dans les deux shows principaux la même semaine, ce qui renforce encore la menace AJ planant sur le titre WWE pour le prochain PPV.

 

Autre élément commun à de nombreux shows, le squash de Ryback, qui s'en prenait cette semaine à Tyler Reks après Curt Hawkins, l'étape suivante étant probablement de les voir tous deux étalés par la brute bodybuildée. L'avantage de cette formule, c'est qu'on commence à avoir des embryons de matchs, l'adversité étant plus crédible que les jobbers locaux (l'un deux témoignait d'ailleurs cette semaine). L'inconvénient, c'est qu'après avoir passé trois mois à découper du jobber à la télévision (et bien plus en houseshows et en dark matchs), si Ryback doit à présent faire le tour de la lowcard, on a pas fini de le voir empiler de la chair fraiche sur le ring avant de le voir rencontrer une adversité crédible…

 

 

– D'après mes estimations, je devrais arriver en Main Event vers 2014, ce qui à raison de 2 victoires par semaine ferait un score de l'ordre de 300-0. Dans tes dents Goldberg !

– Et après tu jobbes contre Cena non ?

– … VDM.

 

 

En attendant, un affrontement en coulisses naissait entre Ryder et Jericho, ce dernier trouvant le GM ridicule, tandis qu'un Sheamus en goguette passait par là. Le rouquin proposa alors contre toute attente d'affronter le chanteur de heavy metal en main event, et de façon encore plus surprenante Zack trouva l'idée géniale et décida qu'on ferait exactement comme ça. Teddy Long est un professeur qui mériterait d'être fusillé.

 

Heureusement, s'il y a bien une chose de certaine, c'est qu'avoir Chris Jericho et Sheamus sur un même ring c'est une forme d'assurance tous risques de voir un spectacle de qualité. Bien sur, ils ne se sont pas livrés à fond de peur de se blesser la semaine du PPV, mais le résultat était sans doute le seul match à sauver de cet insipide épisode de Smackdown. Si Sheamus s'est évidemment imposé sur un Brogue Kick out of nowhere, Jericho a une fois de plus régalé l'assistance de drop kicks, lion saults (qu'est-ce que c'est beau !) et de deux code breakers dont un directement sur un Sheamus voltigeant depuis le turnbuckle. Bref, l'un étaye sa position d'outsider crédible à même de servir de machine à bump dimanche, tandis que l'autre continue d'emmagasiner les victoires tant et si bien que j'étais incapable de me souvenir de sa dernière défaite clean au visionnage de l'épisode.

 

 

Une def.. quoi ? Never give up fella', the Champ is here !

 

 

Pour conclure, disons le tout net, la WWE nous a offert ce vendredi un spectacle pas bien loin d'être indigne, dont on ne sauvera guère que la Main Event (en oubliant l'inévitable intervention de Del Rio venu attaquer le bras du Great White). Espérons que ça soit un signe pour un PPV de grande qualité ce dimanche, sinon vous pourrez toujours vous consoler en lisant l'excellente nalyse de taiji77 sur le non moins excellent Destination X ! (et n'oubliez pas de voter pour les pronos !)

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