Catch

(Double A)ces and eights

The pleasure is to play, it makes no difference what you say,

I don’t share your greed, the only card I need is

The ace of Spades

The ace of Spades

Motorhead, Ace of Spades.

 

Au catch comme au poker, A-A c’est premium. Mais parfois, il faut se contenter de la main qu’on a. Et la différence entre catch et poker, c’est qu’au catch, vous pouvez dévoiler vos cartes petit à petit, et ménager le suspense. Alors que d’autres vont faire all-in d’ici peu de temps, la TNA nous donne une leçon de gestion de bank-roll avec un impact solide, certes de transition mais qui pourrait bien préfigurer de l’avenir de la fédération. Et ce n’est pas Directv qui nous empêchera de Nalyser en rond, tiens.

 

 

Le saviez-vous ? Cet homme est le plus petit champion poids lourds depuis Rey Mysterio. Et on s’en fout complètement.

 

 

Nalyse d'Impact du 12 juin

 

 

Le Weekly suivant un bon PPV génère toujours une attente élevée. Alors après un excellentissime PPV, vous imaginez bien la pression. Malgré quelques failles, ce numéro a fait plus que bien paraitre. Mais bon, au catch comme au poker, tous vos coups ne sont pas signés du sceau de la réussite.

 

Commençons donc par le plus gonflant actuellement à la TNA : la feud AJ/Daniels& Kaz. Cette feud, c’est comme avoir une paire de rois en main, ne pas chercher à attaquer pour obtenir des jetons, et se contenter de suivre. Nous avons donc eu droit à plusieurs segments et aucun match : l’arrivée de Claire Dinch en (grosse) voiture tout à d’abord (rappel : la femme enceinte et dont le père, selon Daniels, serait AJ Styles), qui clope (alors qu’elle est enceinte, une indication ?) et n’a rien à dire. Arrivent alors les Tag champs, qui possèdent des titres dont on dirait qu’ils sont juste la pour faire joli. C’est la mon souci : quand Aj et Angle voulaient les titres, la feud passait de mon coté. Un last man standing, je prends toujours. Mais la… bon les deux méchants appellent Claire, Aj la suit peu après. Au moins ce fut rapide : Claire confirme ce qu’a dit Daniels, c'est-à-dire qu’AJ serait le père du rejeton ; et peu après la pub, AJ à bout de nerfs backstage admets qu’il ne sait pas s’il est le géniteur, puis tard Claire dira qu’elle possède une preuve de ce qu’elle avance. Si AJ avec cette histoire à la Jerry Springfield (le public a chanté Jerry plusieurs fois, preuve qu’ils savent à quoi s’en tenir…) a le spotlight braqué sur lui, j’aimerais qu’il se concentre plus sur le catch (puisqu’il passe son temps à parler, il catche moins, forcément) et surtout sur les BFG series, ou il a encore ses chances… A moins d’avoir dans sa manche un jeu un plus consistent à propos de cette feud, la TNA ne parviendra pas à m’intéresser à cette histoire tant qu’AJ y sera englué.

 

 

Et en plus, très mauvais bluff de Daniels, qui ne convainc personne qu’il est en effet la réincarnation de Napoléon.

 

 

Par contre, je suis bien avoué de l’admettre : je m’intéresse à Joseph Park et à sa lutte contre Bully Ray. Le rematch de Slammiversary entre les deux, qui a ouvert le show, a vu Joseph park se rebeller contre la plus honnête des brutes, dans un affrontement No DQ pas très finaud mais bien mené : Bully Ray maltraite l’avocat en lui crachant dessus, en twittant pendant le match… mais ce dernier s’en sort, sans pouvoir faire grand-chose d’autre que donner des coups de poing et esquiver, jusqu’à se prendre un coup de pied dans la face par le Bully. Et la, on s’achemina alors vers le finish du match : Ray dispose des clous sur le ring, veut y mettre l’avocat qui l’en empêche avec un low blow porté avec une rape à fromages (oui, oui^^), et Park le fait tomber à coup de bâton sur le tapis de clous, au grand ravissement du public (qui fut très chaud toute la soirée, ce qui fait bien plaisir).

 

 

Situation de la TNA et de Spike TV face à Directv : Allégorie.

 

 

Mais ce sera néanmoins Ray qui gagnera le match, après s’être relevé du pin puis d’un Chokeslam de Park, d’un autre pin puis avoir utilisé sa chaine pour gagner salement. Mais l’essentiel vint après : ensanglanté, et battu, Park fit comme un joueur de Poker après un bad beat, il partit en tilt. Comprenez ici : il infligea à Bully Ray un… allez devinez ! Un Black hole slam, bien sur ! La foule se fit alors un plaisir de chanter « That was you », et Park de secouer la tête vigoureusement pour nier. Peu après, on verra Bully qui se demandera qui était la personne qu’il vient de voir, et c’est bien la question qu’on se pose. Puisque le score entre les deux est à égalité, on peut s’attendre à une belle, probablement à Hardcore Justice ! On verra alors si Abyss est une personnalité de Joseph Park ou bien s’il est donc son frère, mais un frère passablement dérangé lui aussi.

 

Passons maintenant aux reines de la lutte, j’ai nommé les K-O, avec le rematch Gail Kim/Tessmacher et Brooke Hogan aux commentaires. Notons que la TNA se ridiculise un peu : Si Brooke Hogan a fait jusque-là une GM des Knock-out potable, la faire passer pour une reine des médias et faire comme les commentateurs, à savoir parler de sa vie à elle pendant 3 minutes alors que le match avait commencé était tout à fait inutile. Mais bon, nous eûmes donc droit à un match féminin, et un bon en plus (toi qui ne regardes que la WWE et qui lit ces lignes, oui toi, ça va te faire un choc, mais oui les femmes savent catcher. Et jouer au poker d’ailleurs). Certes le suspens était peu présent, un rematch en weekly annonçant rarement une victoire de l’ex-champion/ne, mais Gail Kim et Tess ont su rendre leur match intéressant, notamment avec le travail de Kim sur le bras gauche de Tess après la domination initiale de cette dernière. Il est toujours appréciable d’ailleurs de se rappeler qu’aux tables de la TNA, les nanas sortent des coups qu’on ne voit pas dans d’autres lieux plus « huppés » : hurricanerana non botché, side slam et une descente du coude de la championne à partir du turnbuckle suite à un eat defeat contré qui lui amena la victoire. La championne le restera donc encore un petit moment, et j’aimerais bien que la TNA valorise son roster en organisant un tounoi pour montrer ses K-O tout en valorisant son titre, et cela pourrait permettre à Miss Hogan de s’imposer.  A noter qu’on a également eu droit à une vignette avec Madison Rayne, toujours amoureuse de son arbitre Earl Hebner. Je ne sais pas ou cela nous emmène, mais il semble que la TNA souhaite garder un peu de spotlight sur la reine autoproclamée d’impact wrestling, et si ça peut laisser le ring à d’autres, ça peut être intéressant. Bref la division féminine à la TNA est en transition, et on peut déboucher sur à peu près tout, comme par exemple un turn de Tara, jalouse de sa camarade, de nouvelles K-O, un turn de Mickie peut-être. Avec le départ d’Angelina Love, et la nécessité de tenir Gail Kim un peu plus éloignée du spotlight, les opportunités de briller pour une Taeler Hendrix ou d’autres demoiselles sont nombreuses.

 

 

Condamnée à être croupière à la WWE, cette jeune joueuse a enfin réussi à mettre en valeur ses arguments à la TNA : comme quoi, toujours savoir rentabiliser une double paire.

 

 

Un petit mot de la X-division maintenant, dotée d’un nouveau champion en la personne de Zema Ion qui étrennait son règne par un match avec le semble-t’il nouveau venu Dakota Darsow (non présenté à la télé, la aussi donc peu de suspens). Mais ce ne fut pas un squash, Darsow ayant plusieurs fois tenu tête à l’homme à la laque et lui a démontré son agressivité pré-flop : présenté comme un ami de Sorensen, blessé par Ion, il a maltraité le champion et fait preuve d’une grande puissance, même s’il n’a pas démontré grand-chose à part une série de clothelines et un spear à travers les cordes. Le match fut court, et terminé par un jumping ddt puis un faceplant du champion.  Juste après, Ion sembla blesser (kayfabe) son adversaire et provoquer Sorensen au micro. Il va probablement falloir s’habituer à voir toutes les semaines Ion gagner et s’attirer de la heat jusqu’au retour de Sorensen, mais si cela peut permettre d’étoffer un  roster en manque d’individus et de donner du temps d’antenne régulier à la ceinture marquée d’un X, ce n’est pas si mal. Mais j’aurais aimé un peu plus de temps pour ce match après destination x, et qu’Ion maitrise un peu plus son sujet : après avoir gagné un tournoi majeur, on ne se contente pas d’apparitions dans le tournoi de son quartier bon sang ! Par contre j’aime bien sa catchphrase, « I’m not just F’n pretty, i’m pretty F’n dangerous ! ». A lui de prouver qu’il représente bien la menace qu’il prétend être, et aux bookers de soigner ses apparitions.

 

 

Ion est diabolique : pour attirer encore plus de heat, il cache des cartes dans ses cheveux.

 

 

Abordons maintenant la trame scénaristique à la TNA qui déchaine encore plus les passions et s’avère encore plus incertain qu’un coinflip : la title picture. En effet, le nouveau champion ne manqua pas de nous honorer de sa grandeur, d’expliquer qu’il avait reçu des messages de félicitations de partout. La, petit bémol : aussi « grand » soit Aries, les guillemets au moment de citer les champions « du monde » d’autres fédérations, étaient plus que superflus. Mais sa promo mettait en exergue le moment pivot que constituait sa victoire pour le monde de la lutte tout entier et l’importance de son titre, ainsi qu’une nouvelle ère pour la lutte professionnelle, une ère de boom et de faste pour le business. C’est d’ailleurs le seul mec donc je me souvienne obligé de demander à la foule de se taire pour pouvoir parler. Très bonne promo donc, qui fut encore magnifiée par l’arrivée d’un Bobby Roode de prie abord hagard, mais ensuite tellement furieux qu’il ne pouvait parler. Il arriva enfin à sortir ce qu’il pensait de la victoire d’Aries : « flush ».

 

 

Non, je n’ai pas dit flush, j’ai dit Fluke.

Je sais. Mais avoue qu’avec notre main-event, on était tout de même plus proches d’une quinte flush royale que d’un 2 et un 3 dépareillé  « bodybuilder raté/Géant en pré-retraite ».

 

 

A ce mot, Aries en avait 3 : « New world champ ». Bref, un segment premium, qui fut de plus suivi peu après par un autre non moins intéressant, Hogan informant Roode de son rematch pour le titre à Hardcore Justice, mais aussi qu’il donnait à Roode la possibilité de challenger Aries dans un non-title match la semaine prochaine à Open Fight Night. Bien que mécontent de prime abord, le It factor se laissa convaincre par un Hogan machiavélique, vantant les mérites d’une victoire de Roode sur le moral de son adversaire et la nécessité de prouver que  la victoire d’Aries était une arnaque si tel était ce que Bobby pensait, pour obtenir ce qu’il désirait in fine : un Main-Event pour le show de la semaine prochaine. Un tel segment montre qu’Hogan, à dose raisonnable, est une addition de poids dans le show tant qu’il ne vole pas le spotlight. Et en bonus, l’Open fight night prochain devient encore plus intéressant..

 

Mais la title picture, c’est aussi les BFG Series, avec 2 matchs aujourd’hui, mais qui comprenaient 4 anciens champions du monde : Joe-RVD et Angle-Anderson, ce dernier étant le Main-event et hypé par les 2 protagonistes. Voila selon moi une des forces de ce tournoi : de simples matchs peuvent être vendus comme des rencontres au sommet grâce au pedigree des participants, même si certains participants ne font pas bander. Mais bon c’est la règle : pour qu’il y ait des sharks, il faut qu’ils mangent des fish (traduction catchesque : pour que les catcheurs à pusher aient 10 points facile, il faut qu’ils soumettent Robbie E).

 

Donc tout d’abord la Samoan Submission Machine rencontra la Olding Rolling Machine qui se prit d’ailleurs un peu les pieds dans le tapis au début du match. Bon, pas grande chose à dire sur Van Dam dans ce match : les roulades habituelles qui font bailler assez vite, seul son Monley flip ma plut en fait… parce qu’il s’est fait contrer^^. C’est comme les vieux joueurs de poker, le prestige est la, les coups restent mais rien à faire, face aux jeunes d’aujourd’hui, c’est bien moins spectaculaire. Alors quand Samoa Joe ressort l’attirail de soumissions, RVD ne fait pas le poids. Vous aimez les cross arm-breakers, les legbrekears démarrés en figure-four leg-lock, ce match est pour vous. Bref, Samoa Joe domine, Samoa Joe tente une soumission, RVD contre avec un petit paquet, et gagne. Si mon humeur initiale (comprenez : grogne) me fit voir ce résultat d’un mauvais œil, ce n’est plus le cas : en effet, que le chipleader des Series perde une partie relance du suspens et permet de se demander qui parviendra à faire éclater la bulle avant la table finale des Series à No Surrender. Et je préfère voir Joe enchainer les soumissions et perdre à la fin quand il a plus de 0 points. Concernant RVD, malgré cette victoire de prestige, pas besoin de trop s’inquiéter : le whole F’n show ne devrait pas aller très loin dans ces Series, et j’espère qu’il jobbera pour les lutteurs qui atteindront le top 4.

 

 

Alors, F’n Pretty, F’n Dangerous ou juste F’n ringard ?

 

 

 Et nous arrivons donc au Main-Event catchesque de ce soir, Angle-Anderson ; Un petit plus de 10 minutes pour ce match qui tint avec brio sa place dans le show : un match intense, lent tout d’abord mais plus enlevé à partir du dropkick d’Anderson. Arrivent alors les suplex d’Angle, auquel Anderson n’a pas de réponse, Angle Slam magnifiquement contré par le Asshole, nearfall stratosphérique, mic-check contré, Ankle lock contré très vite, charge d’Anderson qui finit dans le turnbuckle, Angle Slam, victoire du Gold Medalist. Un très bon match donc, du classique de la part des 2 hommes qui possèdent une vraie bonne entente sur le ring, et dont les rencontres sont toujours plaisantes à regarder. Voici les standings des BFG Series après cet impact et les rencontres en House Show :

(1) Samoa Joe – 37 points [4-3-0] … 7 matches
(2) James Storm – 36 points [3-1-1] … 5 matches
(3) Kurt Angle – 27 points [3-3-0] … 6 matches
(3) Jeff Hardy – 21 points [3-1-0] … 4 matches
(5t) Magnus – 14 points [2-1-0] … 3 matches
(5t) Rob Van Dam – 14 points [2-2-0] … 4 matches
(7) Mr. Anderson – 9 points [1-2-1] … 4 matches
(8t) A.J. Styles – 7 points [1-2-0] … 3 matches
(8t) The Pope – 7 points [1-3-0] … 4 matches
(10) Daniels – 5 points [1-3-0] … 4 matches
(11t) Bully Ray – 0 points [0-3-0] … 3 matches
(11t) Robbie E. – 0 points [0-5-0] … 5 matches

 

On le voit, absolument rien n’est joué dans ces Series ! Même Magnus, qui nous a gratifiés d’une petite promo pendant le show, a toutes ses chances, et Joe n’est pas si bien placé que ça malgré sa première place. Avec Open fight night la semaine prochaine ou on devrait avoir encore 6 matchs, les lutteurs des Series se challengeant entre eux, la prochaine table proposée par la TNA aura de la gueule.

 

Finissons donc avec le fil rouge de cet épisode, le maint-Event, qui le clôtura également : Aces and Eights contre Hogan et Sting ! Rappel des faits : il y a un mois, Sting était agressé à la fin d’Impact par 3 individus cagoulés ; Un groupe s’appelant Aces and Eights (car c’est eux) revendiqua l’attaque et provoqua Hogan et Sting la semaine dernière ; Le Stinger de retour, alla voir Hogan et lui proposa de régler cette histoire à la manière old-school, manière qu’il n’eut pas le temps de détailler car Devon et Garett Bischoff vinrent leur proposer leur aide, refusée par les boss ! En même temps, avec une aide pareille, pas besoin d’adversaire ! Et sinon, le TV champ, il ne devait pas défendre son titre à chaque apparition ? Allez, donnez cette ceinture à quelqu’un d’autre, il en fera un meilleur usage.

 

Bref, fast forward jusqu’à l’apparition de Sting, et de sa batte de base-ball, qui souleva l’impact Zone, ce dernier appelant Hogan en renfort, qui arriva au son de sa mus… ah non, il y a la musique mais le Hulkster. Deuxième essai, aussi infructueux. Bon, pas de suspens, Hogan apparait sur le titantron, mais en sang et prostré, avec sa fille qui l’encadre. Sting sort du ring et se dirige vers la rampe, et se fait sauvagement agresser mais ici par 7 (ou 8) gars masqués qui le rouent de coups à terre, fin du show.

 

Résumons : Il semblait de prime abord que nous aurions droit à une feud Jarett/Sting sur fond de Hall of Fame et avec peut-être d’autres catcheurs impliqué, probablement jusqu’à Bound for Glory : une feud simple, mais cohérente et potentiellement pas mal du tout. Mais avec ce move, la TNA sort de sa manche des cartes peut-être insoupçonnés. Le nombre de personnes impliqués dans ces attaques laisse à penser que le roster va être modifié en conséquence ; Qui sont Aces et Eights : des catcheurs actuels en colère ? Des jeunes loups qui veulent se faire une place au soleil, Nexus Style ? Des hommes de main de Jarrett qui serait finalement dans le coup (les Aces pouvant être les Jarett et les eights leurs sbires) ? Bref, cette histoire peut devenir potentiellement une méta-storyline, englobant les autres, et moi j’adore les méta-storylines. Mais par-dessus-tout, j’aime le frisson, l’incertitude et la TNA m’offre cela sur un plateau. Moi je suis bien élevé, alors j’accepte sans rechigner. En fait de partie de poker, la TNA est en train de nous cuisiner un repas appétissant, avec quelques défauts mais dont la saveur pourrait bien relever le gout du monde du catch. Un seul moyen pour le savoir, revenir mater le show la semaine prochaine.

 

 

IF YOU SSMMMMMMEELLLLLLLLLLL WHAT TNA….IS….COOKING !

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