Catch

En attendant Dusty

L’attente est plus dure à supporter que le feu.

Proverbe arabe

Le temps passe et l’état de grâce du nouvel NXT n’existe plus vraiment. Après quatre épisodes, le charme des premiers instants à fini par s'effacer et l’œil du nalyseur se fait plus sévère vis-à-vis du show jaune. Ce cinquième épisode de NXT reste-t-il quand même à la hauteur des espérances placées en lui ? Pas tout à fait.

Elles sont prometteuses, les nouvelles pousses de la WWE, et leurs gimmicks sont pas mal, mais faudrait songer à innover aussi question moveset.

Nalyse de NXT du 18 juillet

 

 

Il y a des shows qu’on n’a pas envie de nalyser. C’est comme ça. Le genre de truc qui vous prend en plein milieu de l’épisode. Vous êtes devant votre écran et, tout à coup, vous réalisez. Vous vous dites : « Merde, ça m’intéresse vraiment pas d’écrire là-dessus ».

 

Manque de pot, ce sentiment, je l’ai eu devant ce cinquième épisode de NXT. Non pas qu’il soit mauvais. S’il l’était, je saurais quoi écrire. Je ferais une nalyse super critique pour expliquer en quoi le show était nul et indigne d’être regardé. Seulement ici, ce n’est pas le cas. Le show n’est pas mauvais. Il est même tout à fait regardable. C’est juste qu’il ne provoque aucune excitation particulière. En fait, NXT commence à lasser, voilà tout.

 

Au bout de seulement cinq épisodes me direz-vous ? Eh bien oui. Enfin, ce n’est pas NXT Rédemption non plus, je vous rassure. Loin de là. Mais c’est juste que les espoirs qu’on était en droit de placer dans l’épisode de cette semaine ont été déçus et que les évènements attendus n’ont pas eu lieu.

 

 

Peut-être que les attentes suscitées par cette nouvelle saison étaient un peu trop élevées, aussi.

 

 

Petit retour en arrière. Les quatre premiers épisodes étaient composés de matchs et de segments backstage enregistrés environ un mois avant leur diffusion. Leur but était clairement de nous présenter les nouvelles têtes d’affiche de NXT via des vignettes et de nombreux squashs, tandis que les storylines étaient quasi inexistantes.

 

Toutefois, le quatrième épisode était assez riche en promesses pour deux raisons. La première, c’est qu’on y voyait enfin un début de feud entre deux nouveaux catcheurs de NXT : Richie Steamboat et Leo Kruger. La seconde, c’est qu’un segment entre Heath Slater et Justin Gabriel avait visiblement été enregistré plus récemment que le reste du show et donnait l’impression que le cinquième épisode allait marquer la fin des shows préenregistrés.

 

Malheureusement, les attentes placées dans l’épisode de cette semaine n’ont pas vraiment été satisfaites, même si tout n’est pas à jeter non plus.

 

Tout d’abord, niveau organisation, la WWE a décidé de continuer à enregistrer plusieurs épisodes d’un coup en une après-midi. Cette stratégie va-t-elle durer indéfiniment ou juste pour l’été ? Difficile à dire pour l’instant.

 

Le fait d’enregistrer plusieurs shows d’un seul coup a quelques avantages. Par exemple, il n’est pas nécessaire de louer la salle de la Full Sail University ou de faire venir des superstars de Raw ou Smackdown toutes les semaines. De plus, enregistrer quatre épisodes en une après-midi fait économiser du temps et donc de l’argent à la WWE.

 

Néanmoins, cela a aussi ses inconvénients. On a pu ainsi observer des petites incohérences lors des quatre premiers épisodes de NXT, comme des changements de commentateurs en cours de show ou Tyson Kidd qui jobbe pour Camacho à quelques jours de Money in the Bank. Sans oublier qu’il n’est pas sûr que la WWE arrive à fidéliser son public à NXT si des spoilers des prochains shows se mettent à trainer sur le net jusqu’à un mois avant la diffusion d’un épisode.

 

Autre déception, la non-apparition de Dusty Rhodes. En tant que general manager, le hall of famer est le mieux placé pour impulser une nouvelle dynamique à ce show. Mais on ne l’a toujours pas revu depuis les quelques secondes qui lui ont été accordées lors du premier épisode.

 

 

Il est probablement toujours en train de reprendre son souffle après sa dernière apparition à Smackdown.

 

 

Enfin, l’émission de cette semaine a encore une fois fait la part belle aux superstars de Raw et Smackdown, ainsi qu’aux anciens de NXT rédemption, plus qu’aux nouveaux talents en provenance de la FCW.

 

Evitons malgré tout de trop nous plaindre car NXT reste assez agréable à suivre en dépit de toutes ces petites frustrations.

 

L’épisode de cette semaine a commencé par un match opposant Kaitlyn à Tamina Snuka. Déjà que les matchs de divas ne me passionnent pas beaucoup à la base. Alors si en plus de ça on a un match entre deux anciennes de NXT Rédemption ayant plus ou moins le même style in ring et le même alignement (les deux sont faces à ma connaissance), c’est vraiment mal parti.

 

Malgré tout, le match fut plutôt bon pour un match de divas. Première bonne surprise, Kaitlyn a eu une attitude heel (peut-être a-t-elle turné à Superstars ?), notamment en se cachant derrière l’arbitre pour narguer Tamina en début de match. Deuxième bonne surprise, elle semble également avoir repris la gimmick de spécialiste des soumissions qui avait été donné à Maxine à l’époque de NXT Rédemption puisqu’elle a utilisé quelques prises que je ne l’avais jamais vue réaliser auparavant (désolé de ne pas donner les noms mais je ne suis pas expert en la matière).

 

Tamina s’impose après cinq bonnes minutes, ce qui est plus long qu’un match de divas de pay-per-view. On a vu meilleur opener, mais cet affrontement montre quand même que les divas de la WWE peuvent sortir des combats corrects.

 

 

– Kaitlyn, on a gagné en ppv, fais-moi un bisou!

Fais gaffe, tu vas nuire à notre feud à NXT enregistrée il y a un mois!

 

 

Après une petite vidéo sur les meilleurs moments de l’histoire de Monday Night Raw consacrée aux débuts de Chris Jericho, on a alors le droit à une vignette de présentation d’un nouveau catcheur : Big E Langston.

 

Une vignette de présentation ? Donc les futurs membres du roster de NXT ne nous ont pas encore été tous présentés ? Il faut croire que non.

 

En tout cas, Big E Langston n’est pas compliqué à cerner. On a là le powerhouse classique qui vient pour démonter ses adversaires en utilisant sa force brute. Le parallèle avec Mark Henry semble évident vu qu’il est présenté comme un haltérophile, ce qui est aussi le cas de l’ex-champion du monde poids lourds qui avait notamment participé aux JO de Barcelone et d’Atlanta dans sa jeunesse.

 

On peut se demander pourquoi il aura fallu attendre le cinquième épisode pour voir cette vignette de présentation. Peut-être que les bookers veulent un heel de plus pour remplacer Bray Wyatt blessé. Ou peut-être que la creative team a trouvé après les quatre premiers épisodes que NXT était trop pauvre en brutes épaisses. En tout cas, le show jaune compte donc un catcheur de plus désormais.

 

 

En même temps vu sa poitrine, il combattra peut-être dans la division féminine.

 

 

On retourne ensuite sur le ring pour un nouvel affrontement entre deux anciens de NXT Rédemption : Jinder Mahal et Percy Watson. L’Indien s’impose en moins de cinq minutes grâce à sa camel clutch et en est mine de rien à trois victoires en trois matchs dans le show du mercredi soir.

 

Après Tyson Kidd qui s’était imposé comme le top face de NXT Rédemption, serions-nous en train d’insister au build du top heel de NXT nouvelle formule ? Le Canadien n’est pas apparu cette semaine, sans doute car les bookers se mettent enfin à l’utiliser du côté de Smackdown. Obtenir le même traitement serait donc sans doute une bonne nouvelle pour Jinder Mahal. Je reste persuadé qu’il a un vrai potentiel et ce « retour en arrière » que constitue sa relégation à NXT s’avérera peut-être bénéfique sur le long terme.

 

 

On a beau essayer de nous faire avaler que ce type est indien, il a bien plus une dégaine de Kazakhstanais.

 

 

Suit un match entre Richie Steamboat et Leo Kruger. Les deux avaient déjà lancé les hostilités la semaine dernière en backstage et sont donc bien décidés à terminer le boulot dans le ring.

 

Enfin ! Au bout du cinquième épisode, NXT nous propose donc enfin un match entre deux des talents les plus prometteurs de la FCW. Pas de chance, les bookers ont décidé de nous frustrer en faisant durer le match moins de cinq minutes.

 

Leo Kruger a dominé une bonne partie du match et a donc eu le temps de (bien) jouer son rôle de heel arrogant qui prend la pose quand son adversaire est à terre. Le Sud-Africain dégage en plus de ça une certaine agressivité dans sa façon de porter les coups qui me plaît bien.

 

Richie Steamboat, lui, n’a pas pu faire beaucoup plus qu’une planchette japonaise et des atemis.

 

Victoire typiquement heel de Leo Kruger qui s’appuie sur les cordes pour effectuer le tombé, mais gageons que Richie Steamboat aura droit à une revanche qui lui donnera à son tour l’occasion de briller dans le ring.

 

 

Quand il est à la maison, Leo Kruger aime se mettre à l'aise pour revoir tranquillement ses matchs.

 

 

Vient ensuite le moment d’admirer les débuts de la fille de la cougar la plus célèbre du monde du catch, celle dont le père fut l'un des catcheurs les plus populaires de sa génération mais dont, bizarrement, la WWE cherche à cacher ses liens de parenté. Je parle bien sûr de Raquel Diaz, aka Shaul Guerrero.

 

J’ai déjà dit plus haut que je ne suis pas un fan de la section féminine de la WWE (en même temps, qui en est fan ?). Toutefois, Raquel Diaz a l’immense honneur de bénéficier d’une chose généralement interdite aux divas : un gimmick. Celle qui se considère comme la « femelle alpha » de NXT a même eu le droit à une promo pour nous présenter un peu son personnage d’anti-diva. Bon, la promo a eu lieu durant son entrée sur le ring pour gagner du temps, mais c’est quand même la première catcheuse à avoir eu le droit au micro depuis que NXT nouvelle formule a commencé.

 

Son adversaire du soir était Paige, la toute jeune Anglaise qu’Axl et Spanish Announce Table ont déjà placée dans leur top vingt-trois des meilleurs catcheurs Européens de la WWE. Autant le dire tout de suite, il semblerait que les bookers comptent plutôt s’en servir comme jobbeuse à l’heure actuelle puisqu’elle s’est fait battre en moins de deux minutes par la « fille de ».

 

Dur de conclure quoi que ce soit de ce segment, si ce n’est que Raquel Diaz n’a pas sorti de vrais mouvements de catch en dehors de son finisher, ce qui n’est pas rassurant quant à son niveau dans le ring. J’espère me tromper et la voir sortir de bons matchs les semaines prochaines, mais si cet affrontement a duré trois fois moins longtemps que l’opener entre Kaitlyn et Tamina, je ne pense pas que ce soit dû au niveau de Paige.

 

 

Ayant baigné dans le business depuis sa naissance, Raquel a tout compris au catch: pour réussir, une femme doit savoir bien mettre ses jambes en évidence.

 

 

Avant le main-event opposant Heath Slater à Justin Gabriel, on a eu le droit à un petit segment backstage entre Aksana, Alex Riley et Antonio Cesaro débouchant sur un match prévu pour la semaine prochaine entre le rugbyman suisse (putain, c’te gimmick) et l’ex-protégé du Miz. Cela pourrait être intéressant si Cesaro est à la hauteur de sa réputation et si les deux ont le droit d’effectuer un match de plus de cinq minutes.

 

Deux qui ont eu plus de cinq minutes pour s’exprimer, ce sont Slater et Gabriel qui ont donc conclu le show par un match de très bon niveau. Il faut dire qu’ils se connaissent très bien puisqu’ils ont tous les deux participé à NXT saison une, au Nexus, au Corre et qu’ils ont même été champions par équipe ensemble.

 

Justin Gabriel possède un style acrobatique qui n’a rien à envier à un Evan Bourne par exemple. Quant à Slater, il possède lui aussi un arsenal assez spectaculaire, ce que l’on a tendance à oublier vu qu’il a dû passer ces dernières semaines à jobber contre des vieilles gloires qui ne sont plus vraiment en état de sortir des bons matchs. Ajoutez à cela une bonne alchimie entre les deux et vous obtenez un main-event de qualité, durant lequel les deux protagonistes ont eu l’occasion de briller.

 

 

Bravo Justin! Tu m'as battu, tu as donc officiellement cinquante ans!

 

 

Le tout s’achève sur une victoire de Justin Gabriel qui, je l’espère, aura le droit à un peu d’exposition ici à NXT. Par contre, Slater ayant réussi à faire plus ou moins son trou à Raw, il n’est sans doute pas nécessaire de le faire revenir tout de suite du côté de la Full Sail University de Floride.

 

Voilà, un épisode de NXT avec un bon opener, un très bon main-event et rien de particulièrement mauvais. Mais un épisode de NXT frustrant, à qui il manque encore des storylines dignes de ce nom pour devenir un show de catch réellement addictif.

 

 

Il y a sans doute encore tant de gimmicks fantastiques à nous faire découvrir!

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