Catch

Le jour où j’ai (presque) décroché du catch

Arthemiz Gordon [on the phone]:  Ocee… I've been thinking about you so much… are you okay?

McOcee: When are you coming home?

Arthemiz Gordon: Soon.

McOcee: When?

Arthemiz Gordon: Soon… you holding out alright?

Arthemiz Gordon: I'll come… I'll come today. You just wait for me, alright?

I'm coming back, Ocee.

McOcee: Yeah.

Arthemiz Gordon: I'm really sorry, Ocee…

McOcee: I know.

Requiem for a CDC.

 

La force du catch reste incontestablement son public. Aux Cahiers du Catch, c'est un peu pareil. C'est la tribune qui m'a poussé à écrire ces quelques lignes.

 

 

– Alors, M. Slater, quel retour de Superstar avez-vous préféré?

– Ah clairement pour moi, le retour le plus inattendu, c'était celui d'Arthemiz Gordon sur les CDC!

– Comme on vous comprend.

 

 

Pour les moins anciens d'entre vous, rappelons tout d'abord qui je suis. CDCiste depuis les débuts ou presque, j’ai assez vite rejoint la Rédac. Au menu, pour m'échauffer, mes désormais célèbres nalyses de Superstars. Puis, le suivi de l'ICWA qui m'a valu quelques belles rencontres et, çà et là, quelques dossiers. Faits d'armes : être plagié par la Voix du Nord et sa célébrissime Virginie T., puis interviewé par Antoine, de l'Avenir de l'Artois, deux journaux locaux qui vous prouvent que je suis consang… nordiste.

 

 

Et pour rattraper mon retard des épisodes de la WWE,

j'ai décidé de tous les regarder en même temps!

 

 

Puis, du jour au lendemain, l'overdose et l'abandon toutes affaires cessantes, de manière brutale et rapide, de mes activités CDCistes. Sans chercher à savoir si la Rédac me pleurait, si Ocee était au bord du suicide [et elle l’était, NDLR], j'ai planté tout et tout le monde. Auto-squash virtuel et retrait des rings. Basta, rideau, fini le catch. Certes, des problèmes personnels sur lesquels je ne m'épancherai pas ici ont fait de moi un born again chris… m'ont ôté l'envie de regarder la télé le vendredi soir. Les activités IRL ont également repris le dessus. Le travail m'a fait prendre conscience que le weekend pouvait être consacré à autre chose que Friday Night SmackDown ou la dernière nalyse de Superstars. Mais paradoxalement, ça ne m'a pas manqué ! Après plusieurs mois, voire années, à commenter, pronostiquer, analyser, reviewer, sur les Cahiers, désormais, je m'en foutais. Comment ai-je pu en arriver là ?

 

 

Comme activité IRL, avec des potes,

on a fait de la luge sur l'Everest.

C'était sympa, y a eu que deux disparus.

 

 

En réalité, si je devais analyser ce basculement avec un peu de recul, je pencherais prioritairement pour une overdose classique. Mes semaines de l'époque CDC, alors que je travaillais à mi-temps, se partageaient entre le boulot, le visionnage, et l'écriture des articles. Sans compter un show ICWA de temps en temps. Et rien d’autre ou si peu.

 

 

Les shows ICWA, c'est bien, mais y a souvent un peu de monde.

 

 

Et puis, au fil des émissions sur NT1, la lassitude. Le sentiment de toujours voir les mêmes shows, les mêmes mecs, les mêmes enchaînements. Cena-Syndrome. Le départ de Christophe Agius, un premier temps temporaire (tout le monde a besoin de vacances), puis visiblement définitif, m'a fait aussi prendre conscience que le catch, plus que tout autre sport, a besoin de figures auxquelles on s'identifie. Si en foot, j'ai du mal à m'enthousiasmer pour tel joueur plutôt qu’un autre, que je trouve assez interchangeables Denis Balbir et Cyril Linette, c'est nettement moins vrai pour le catch. Si, évidemment, les héros de mon enfance vieillissent et doivent être remplacés sur le ring, c'est moins vrai pour un type comme Agius, qui, de par son dynamisme et sa liberté de ton, m'avait fait de nouveau aimer le catch à l'époque où je l’avais perdu de vue sur la chaîne cryptée.

 

Là, c'est à peu près l'envie qui me prend

quand j'entends les commentateurs de Canal +.

 

 

Le départ d’Agius et l’œil désormais un peu trop acéré du CDCiste, celui qui me faisait repérer les incohérences d’un show et m’empêchait de simplement m'enflammer sur des spots, sont autant de raisons qui m'ont détourné d’une fidèle passion. Au fil des semaines, je zappais de plus en plus tôt. Et puis, un soir, un show de la ICWA. Loin d'être réussi, pour autant que je m’en souvienne. Une carte courte, quelques botchs bien visibles. Il ne s'agit pas là de critiquer cette fédération qu'on a eue plaisir à suivre, loin de là. C'est juste moi qui n'ai pas accroché ce soir-là. Voire complètement décroché. Quelques semaines plus tard, j'ai zappé par inadvertance sur Canal. On y voyait Evan Bourne faire un dropkick. Là où avant je m'enflammais d'un « wouuuh, bien joué », mon premier réflexe fut de dire « Ohlala… » avant de zapper…

 

Ce soir-là, j'avais zappé sur la 1. Y avait un bêtisier.

 

 

Je n'ai pas compté les jours de ma période sans catch. Probablement un an, peut-être plus. À l'heure actuelle, si j'ai pu constater que ce sont toujours les mêmes têtes qui s’affrontent sur les rings de la WWE, je suis bien incapable de vous dire qui sont les champions.

 

 

Attendez, j'essaie déjà avec les champions d'il y a 8 mois!

(…)

Bryan et Ryder champions?! Pas mal le photoshop, les gars, mais faut que ça reste crédible quand même!

 

 

Certains d'entre vous se demanderont sans doute pourquoi ces lignes, pourquoi je suis revenu. Je répondrai tout d'abord que c'est l'envie de voir si vous alliez tous bien qui m'a guidé. Nous avons partagé les mêmes passions, fièrement débattu, échangé, ri, rêvé. Ça paraît un peu niais, écrit comme ça, pourtant c'est la vérité. Nous aimons les Cahiers du Catch parce que grâce au travail de la Rédac, on a soudainement eu moins honte d'aimer le catch. Parce que nous avons pu prouver qu'il existait une culture propre à cette discipline. Accessible à d'autres gens qu'aux beaufs. Et pour cela, vous méritiez tous un coup de chapeau.

 

 

Ça et aussi une petite danse.

 

 

Cet article sera-t-il le dernier que j'écrirai, en guise de tribune funèbre ? Allez savoir. J'ai pu voir que peu de choses ont changé ici, mais qu'on m'a dignement remplacé. Rassurez-vous, je ne suis pas en mesure de faire une nalyse de show ! Trop de retard à combler. Mais aujourd'hui, je me sens prêt à vous relire. Et tel un membre d'un groupe anonyme, je suis fier de vous annoncer, fans de catch, que j'ai vu une rediffusion intégrale de WrestleMania sans zapper. Je n'ai pas marké, mais ça reviendra peut-être.

 

 

Par exemple, là, j'avais le mark-o-meter en dessous de 0.

 

 

J'ai fait une remise à zéro catchesque. Allez savoir si j'aimerai de nouveau le catch comme je l'ai aimé ado et très jeune adulte. Et si les CDC pouvaient m'y aider ? En tout cas, j'ai pris plaisir à vous faire partager mon expérience et à vous retrouver sur la tribune. Alors, la suite dépend de moi, bien sûr. Je défie d'ores et déjà tous les pronostiqueurs CDCistes pour le prochain PPV. Bon, vu que ça va être au pif, j'annonce déjà mon squash!

 

Foi de Papy, tu n'auras jamais ma dernière place!

 

Mais en tout cas, c'est avec joie que je suis revenu vous dire bonjour, et que j’ai pris le temps d'écrire cet article. Pourvu qu'indépendamment de vos commentaires, je trouve l'envie de rester ! Enfin, surtout dans votre intérêt, bande de misérables cloportes, vous qui en une heure de discussion sur la tribune m'avez convaincu d'écrire quelques lignes pour les Cahiers du Catch, tel le premier Djipi Bag O'Shit venu!

 

 

Comment disais-je déjà? Ah oui,

 

 

Because I'm Arthemiz,

 

 

and I AMMMMMMMM Gordon.

 

Just Gordon.

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