Catch

Le roi n’est pas mort, vive le roi!

Moi je veux mourir sur scène

Devant les projecteurs
Oui je veux mourir sur scène
Le cœur ouvert tout en couleur

Molière, Le Malade imaginaire

 

Ce devait être un RAW classique, simple go-home show pour le Night of Champions de dimanche, rampe de lancement des dernières feuds et théâtre des ultimes développements en cours. Et puis le hasard a voulu que ce show devienne exceptionnel par la grâce d’un destin qui a failli clouer définitivement Jerry Lawler sur sa table de commentaires… A l’heure de nalyser ce Raw finalement tout sauf ordinaire, on retiendra outre cet incident majeur deux péripéties marquantes, la première pour le grand public, la seconde pour les nalystes les plus forcenés de la toile. A propos de nalyses forcenés de la toile, on en a plein notre forum, et on les lit avec attention comme vous allez le découvrir au fil de cette nalyse à l'esprit un peu moins loleur que d'habitude.

Ne  faites pas ça chez vous, à l'école ou après soixante ans.

 

Nalyse de Raw du 10 septembre

 

Bien entendu, avant d'entrer dans le vif du sujet, il nous faut revenir sur le cas Jerry Lawler, en commençant par un rappel des faits. Après avoir été impliqué dans un match aux côtés de Randy Orton face à CM Punk et Dolph Ziggler, l'idole de Memphis regagne sa table de commentaires. Tout se déroule normalement jusqu’à un match opposant Daniel Bryan et Kane aux Prime Time Players. C’est alors que le commentaire se fait plus sporadique, et les champs de caméra différents : il s’est passé quelque chose. Le King s’est effondré sur le sol depuis son siège et commence à cyanoser. Les infirmiers accourent et pratiquent sur lui les premières manœuvres de secours, sans parvenir à le réanimer. Emmené en coulisses, et après vingt minutes de soins empressés, le cœur du Hall of Famer repart enfin, après ce qui sera identifié ultérieurement comme une crise cardiaque, et Lawler est évacué vers l’hopital le plus proche.

 

 

Pour remplacer Jerry Lawler, la WWE a immédiatement rappelé une de ses figures emblématiques : l'AGM. (légende de Casou dans le Flickr, venez jouez avec lui et ses potes!)

 

 

Tandis que Michael Cole nous communique régulièrement l'évolution de la santé de son acolyte, celui-ci, toujours inconscient, subit tous les examens de rigueur au General Hospital de Montréal. L’inquiétude est palpable. Enfin en fin d’émission la nouvelle tombe : Lawler est dans un état critique, mais stable ! Depuis, les communiqués se sont succédés, tant du côté de sa famille que de la WWE, et on sait que le King est revenu à lui et qu'il a même pu parler au téléphone à Michael Cole, Vince McMahon et à ses proches. Si la date de son retour chez lui n’est pas encore connue, ce n’est plus désormais qu’une question de temps : le color commentator le plus emblématique de la WWE est à présent hors de danger !

 

 

– Bon King, tout le monde s'en tamponne des Primetime Players, mate plutôt ce que j'ai découvert sur le Net!

– C'est quoi?

– Ca s'appelle du hentai! Regarde, ça c'est une lycéenne et ça c'est un poulpe extraterrestre à vingt tentacules!

– …

– King? Hé, ça va? T'es tout pâle d'un coup!

 

 

Pour mieux comprendre ce qui s’est passé ce lundi, et le malaise causé auprès des fans, je vous propose de lire ce témoignage de notre collègue SpannishAnnounceTable qui suivait le show en direct :

J'ai regardé le show en live. Enfin en live, on se comprend… C'était Sky Sports et il n'était peut-être pas vraiment en live (les joies du stream tout ça), il y avait peut-être trente secondes de décalage entre ce que proposait SkySports et ce que le "vrai live" (la diffusion US sur USA) proposait. En plus, il faut quand même savoir que la diffusion live US n'est pas une "vraie" diffusion live puisque la WWE se ménage une petite marge d'une dizaine de secondes entre ce qui se passe dans l'arena et ce qui est diffusé en direct. C'est la mesure technique classique qui permet de bipper un gros mot qui échapperait à un catcheur, évite qu'un mec bourré monte dans le ring pour passer à la télé (ça permet de changer le plan de caméra dans ce cas-là, donc le type ne passe pas à la télé et ça décourage ce genre d'intiatives), etc…
 

 

– Beeuuu… C'est ici les chiottes? Aaaah, j'vais pisser un bon c…

[- Fred, y a un abruti bourré qui est monté dans le ring, t'as coupé la diff?

– Ouais ouais, t'en fais pas Joe, la sécu envoie un gars s'occuper de lui, dans dix secondes ça sera réglé.]

 

 

Comme je suis un peu geek (et aussi parce que je fais tout bien comme la WWE qui aime une audience RAWactive me le dit), j'avais un oeil sur mon fil Twitter. Donc, globalement, j'ai vécu le malaise de Lawler, genre limite en direct sur Twitter. Avec le léger décalage que j'ai, j'ai compris immédiatement ce qui se passait, j'ai eu l'info "Lawler vient de faire un malaise" devant les yeux quand j'avais encore le son du micro casque du King resté ouvert dans les oreilles.

 

J'ai donc vu ce qui se passait (enfin j'ai rien vu justement, mais j'ai compris que les plans de caméras du match n'étaient pas les bons parce que le réalisateur essayait de s'arranger pour jamais passer de plans avec la table des annonceurs en arrière-plan) et j'ai flippé pour Lawler aussi tôt que possible (i-e avant même que la WWE annonce à l'antenne qu'il y avait un souci) comme beaucoup de gens sur Twitter.

 

A partir du moment où la WWE a clairement orienté son produit comme basé sur les réseaux sociaux (et elle le fait régulièrement y comrpis ce lundi), elle ne peut absolument pas ignorer que ses fans peuvent avoir des informations via ce canal et ne pas dire à l'antenne ce qui se passe hors du ring aurait été au mieux ridicule (dans le cas où Lawler n'avait rien d'autre qu'une crise de foie), au pire catastrophique (on va pas non plus se voiler la face, Lawler aurait pu crever sur l'Announce Table en direct à quelques secondes près probablement ou même tout seul comme un con sous sa douche juste après son match).

 

L'information diffusée sur Twitter devait donc être reconnue à l'antenne, et canalisée pour rassurer les fans d’une part (parce que l'inquiétude était légitime et unanime, si vous avez du temps, relisez les échanges de la nuit entre @CAgiusILD et @WWETomLaRuffa), et éviter bien entendu d’autre part les fausses nouvelles qui, dans de telles situations, peuvent être terribles pour ceux qui les reçoivent.
 

 

Jerry a repris conscience, et la première question qu'il a posée était: "Est-ce que je suis trending worldwide?"

 

 

Pour moi, avec ce qu'elle a fait dans une telle situation, la WWE a été irréprochable dans son approche du truc, du début jusqu'à la fin. Certes, le fait que l'histoire ne se finisse pas trop mal aide beaucoup et effectivement si la situation avait été pire, il y aurait peut-être eu matière à débats si le show avait continué de la même manière. Mais là, pour moi rien à redire, un grand professionnalisme dans la production, une vraie volonté d'informer les fans qui étaient légitimement anxieux et un grand professionnalisme de tous les gens qui ont bossé après l'incident (avec deux énormes exploits à mon sens de la part de Rey Mysterio et Bret Hart qui, alors qu'ils ont tous deux différemment déjà vécu trop de situations tragiques à cause du business, ont su faire le boulot)

 

 

L'ange de la mort a bien cru terrasser le King, mais s'est fait avoir par ses talents de seller.

 

 

Voilà qui vous permet de situer le caractère exceptionnel de cette soirée de lundi ! Du coup, pour souffler un peu avant d’aller plus avant dans l’analyse, je vous propose de passer rapidement sur ce qui était oubliable au sein de ce show, en commençant par un match à trois contre trois dans la division Diva qui n’a pas suscité le moindre commentaire chez nos afficionados les plus acharnés du forum, c’est dire si la victoire de Layla, Kaitlyn et leur pseudo-copine Eve sur Natalya, Beth Phoenix et Alicia Fox était digne d’intérêt…

 

 

Aaah beurk, des filles!

– Dégueu!

– Paraît qu'elles ont des dents dans le pissou!

– On regarde pas ça, les mecs, on passe direct à la suite!

– Pouah, je me sens sale rien que de les avoir vues une seconde.

 

 

Pas davantage à dire sur un match CM Punk-Randy Orton intéressant sans plus et interrompu par l’intervention de Dolph Ziggler pour poursuivre sa rivalité avec son ennemi du moment, ce qui déboucha sur le tag-match que l’on sait lorsque Lawler s’en mêla également. La conclusion avait pourtant de quoi interpeller, puisque les gentils s’imposaient après que CM Punk et Paul Heyman soient partis en discutant tranquillement, sur un sujet qui demeura inconnu, Punk ne donnant comme seule explication pour son attitude en coulisses un lapidaire « I am a Heyman guy » au micro de l’incrédule Matt Striker. Mais ce n’était pas tout pour Punk dans cet épisode canadien, on y reviendra en fin de nalyse rassurez-vous !

 

 

– Sérieux, Paul? Brock a dit ça?

– Eh oui, Ciaime, j'en suis resté coi, je l'avoue. Je l'entends encore affirmer le primat de l'immanence ontologique sur l'expérience empirique et sensible, avec une espèce d'évidence…

– Brock qui mêle phénoménologie de l'esprit et transcendance gnostique, je n'en reviens pas.

– Moi non plus. Lui qui avait toujours été si sarcastique envers Jankélévitch!

 

 

– Dites je sais pas de quoi vous discutez là, c'est sans doute super intéressant, mais Dolph vient de se prendre un dixième RKO de suite, là.

– Vickie, Brock est devenu néo-kantien.

– Quoi?!

 

 

– Dolph! Randy! Brock Lesnar a évolué dans son approche cosmogonique!

– Tu déconnes?!

 

 

– Allez Dolph, reprends-toi, j'ai les oeuvres complètes de Wittgenstein dans cette mallette, on rentre illico à la maison étudier ça!

– J'arrive, Vickie. Laisse-moi quelques instants pour digérer le choc.

 

 

Pour l’heure, on reste sur les évènements secondaires du show, et naturellement le match d’Heath Slater contre un autre catheur en Ry- après Ryder, rentre dans cette catégorie. En effet, si le one man band s’incline déjà devant le Broski, il était évident qu’il n’avait pas l’once d’une chance contre Ryback, et rien ne fut fait pour déjouer les pronostics. On attend encore la première vraie feud de Ryback après son embryon avorté avec Jinder Mahal.

 

 

J'vais t'faire courir moi, rouquin! Pédé!

 

 

Autre match rapide, à visée différente, celui d’Alberto Del Rio contre Tyson Kidd, qui permettait à Kidd de placer le Sharpshooter familial dans sa patrie d’origine, tandis que Dos Cojones montrait qu’il pouvait résister à une soumission, ce qui tombe bien puisque son adversaire de dimanche, Sheamus, ne possède théoriquement plus que sa Texas Cloverleaf pour s’imposer après l’interdiction de son Brogue Kick. Un match propre qui remplit pleinement son rôle, mais ne mérite pas d’envolées dithyrambiques pour autant, Sheamus ayant toujours son White Noise et soumettant sans doute bien mieux qu’un brave Kidd qui n’est toujours nulle part malgré son petit push pré-MITB.

 

 

– T'appelles ça un Sharpshooter, Tyson? Moi j'appelle ça un débutant qui descend une piste de ski en chasse-neige!

Pardon Bret, je vais m'appliquer! [Tain mais qu'est-ce qui m'a pris d'accepter de catcher un soir où ce vieux relou est dans la place?]

 

 

Sheamus, justement, était impliqué dans un nouveau match contre David Otunga, match remporté comme il se doit sur la Cloverleaf qui fait bien des ravages depuis son introduction, après un passage par un White Noise qui n’est donc plus qu’un move de transition. Sauf que le champion jugeait utile de revenir ensuite Brogue Kicker son avocat d’adversaire, provoquant l’ire d’AJ et l’irruption de Booker T, l’ex-geekette précisant au hooligan que s’il commettait encore une fois une violence de ce type, sur qui que ce soit et à quelque moment que ce soit, il serait destitué de son WHC sur le champ. Voilà qui pourrait faire réfléchir l’Irlandais, pas vrai ?

 

 

PEUH!

 

 

DANS TA GUEULE!

 

 

HAHA! LUI AI PETE LA GUEULE! OUAAAAIS!

 

 

Haha, bravo, Sheamus, c'est super, bravo, mais heu…

 

 

Quoi, "heu"? T'es pas content, Predator? Viens par là, j'te pète la gueule moi!

 

 

– Bon, AJ, pour l'interdiction du Brogue Kick, dis-lui, toi.

– Pourquoi moi?

Parce que j'ai peur qu'il me tape.

 

 

Bon ben voilà, Sheamus, t'as pas le droit d'utiliser le Brogue Kick, sinon tu seras déchu de ton titre.

 

 

OK.

 

 

Juste "OK", dawg? Bon sang, je pensais pas que ce serait aussi facile!

 

 

Hé, faut pas stresser, je suis cool moi comme mec. Il n'y aura plus de Brogue Kick. Jamais.

 

 

PARCE QU'A PARTIR DE MAINTENANT CETTE PRISE S'APPELLE LE DANS TA GUEULE KICK! Haha!

 

 

Bon, sur ces interrogations très kayfabe, passons à un autre match, opposant Cody Rhodes à Rey Mysterio dans un crossover de feuds en cours tout sauf innocent. Si le match était somme tout plutôt attractif, il valut plus pour son final, où Rhodes arrachait le tombé après que Rey eut été distrait par l’apparition du Miz en bord de ring. Or ça tombe bien, le Miz a un titre à défendre dimanche et Rey semble toujours s’y intéresser tandis que Rhodes en veut à Rey alors même que Sin Cara est son copain et feude avec Cody, sans oublier que Rhodes a l'air motivé par son ancien titre, puisqu'il porta son finisher au Miz. Et si tout ce bazar se terminait en un fatal fourway autour de la ceinture blanche ce dimanche ? Réponse dans le Smackdown de vendredi !

 

 

– Comment ça réponse dans le Smackdown de vendredi? C'est déjà dans le concours de pronos!

– Chut Cody, no spoil bon sang!

 

 

On monte d’un cran dans l’intérêt suscité par l’émission de lundi, avec un match opposant les Prime Time Players à une équipe inédite et dans l’air du temps depuis quelques semaines, l’attelage improbable Kane et Daniel Bryan. Heelshuggers ou Yes We Kane ? Toujours est-il que les deux acolytes venaient arracher le title shot pour les ceintures de cuivre des paluches des deux idiots en quête de millions de dollars, Kane chokeslammant son partenaire sur Darren Young, lui permettant de décrocher le compte de trois, tout inconscient qu’il était. Voilà en tout cas notre duo dans la title picture pour dimanche contre Truth et Kingston, ce qui a suscité des réactions contrastées sur le forum.

 

 

Titus O'Neil, le seul homme qui arrive à botcher un hug.

 

 

En effet, si Jyskal avec ses pilules habituelles s’enflamme d’un :

 

CA Y'EST ! Ils font équipe ! Bordel je priais depuis un moment pour ça et on y est. Et title shot dès NoC, ça en revanche je ne m'y attendais pas et du coup je dois avouer ne pas trop savoir quoi voter aux pronos…

 

On va avoir du face vs face, même si ils ont un alignement très particulier. En tout cas, avec la probable arrivée de Mysterio&Cara dans la division par équipes, l'officialisation du duo Anger Management est une fantastique nouvelle. On a à présent énormément d'équipes disponibles ! Et surtout, on a enfin des noms un peu plus prestigieux que les PTP, les Usos, les Colons, Hunico&Camacho ou Gabriel&Kidd. C'est donc très encourageant et j'espère que la lutte sera acharnée entre toutes ces équipes et pas seulement entre les quatre grosses équipes du moment!

 

 

2010: Kane est champion du monde. 2011: Bryan est champion du monde. 2012: Kane et Bryan se préparent à une série de match contre les Usos, Slater et Hawkins ou encore les Prime Time Players. Y a de quoi piquer une petite colère, non?

 

 

Corwin en revanche est plus mesuré :

 

Le kiff de la team Friendship est gâché par leur catapultage en tant que 1st contenders digne de celui d'un ponte de parti dans une obscure circonscription où il n'a jamais foutu les pieds. J'veux bien m'en badigeonner une à la Javel si nous ne tenons pas là une illustration parfaite d'un caprice de VKM qui fout en l'air les plans de booking, genre hier matin en réunion : "Ah ah les cons, trop drôles, allez hop vous m'en faites une équipe, j'les veux champions dimanche prochain."

 

 

– Je préfère te prévenir, Daniel, Vince a un humour assez spécial en ce qui me concerne. Katie Vick, la fausse couche de Lita, Edge qui kidnappe Paul Bearer… Il voulait aussi que j'aie une bite de cinquante centimètres quand j'ai joué le tueur dans See no evil, il pensait que ça serait rigolo.

– Et t'as tout accepté, sauf le coup de la bite de cinquante centimètres…

– Ouais. Je veux bien être bonne poire, mais je vais quand même pas me faire réduire le pénis pour une simple scène de film d'horreur.

 

 

A vous de vous faire une idée, vous en aurez l’occasion dès dimanche !

 

Et justement puisqu’on parle des champions par équipes, on en arrive à présent à l’un des points épineux du show,  son opener. Dans ce match un peu particulier, les champions US et Intercontinental faisaient équipe pour affronter le duo régnant sur la division. Si le résultat et la victoire du duo spécialiste de l’exercice n’a que peu d’intérêt, ce qui a fait débat c’est un spot de Kofi Kingston, plaçant une attaque depuis le ring sur le Miz et Antonio Cesaro situés à l’extérieur. La suite, c’est SpannishAnnounceTable qui vous la raconte :

 

RAW, premier match, premier gros spot, celui qui mène à la pub : Miz et Antonio Cesaro sont dehors et en position pour la séquence classique où il y a au moins deux types par terre. Kofi s'élance pour un flip qui va les assommer tous les deux … Et le résultat à l'écran est pas top, un peu chelou en fait, pas du niveau à être mémorable dans un Botchamania mais pas loin quand même : le Miz prend son bump parfaitement et Cesaro semble batailler très longtemps (trop en tous cas) avec Kofi dans les bras avant de tomber du mieux qu'il peut.

Ce qui est super rigolo, c'est que Goldust a live-tweeté en direct le pourquoi du comment du truc :
 

« Antonio est un bon gars et a fait ce qu'il fallait pour protéger le saut de Kofi; ça, c'est du professionnalisme ! » « Protège toujours ton adversaire, sa vie est dans tes mains et la tienne dans les siennes. »

Je vous laisse imaginer/comprendre ce que ça veut dire sur le Miz qui a gentiment pris son bump avant l'impact sans se soucier de qui que ce soit. Y a encore des gens pour dire combien Le Miz a amélioré son niveau in-ring depuis qu'il a fait une pause pour tourner un film ?

 

 

J'ai! Ich habe! I have! Io ho!

– Mais non Tonio, laisse-le retomber sur sa tête, c'est comme ça que j'ai fait avec Truth, et ça nous a donné Little Jilmmy!

 

 

Y2Death ne rejoint pas cette analyse :

 

Pour le "botch" de Cesaro, je ne l'ai pas trouvé franchement dérangeant, j'ai presque plus été perturbé par le fait que Truth se mette à quatre pattes comme pour servir de tremplin à Kofi, qui saute avant le "tremplin", justement. Pour le coup, Truth ne sert à rien et est plus gênant qu'autre chose.

 

 

Au moins, Jerry a fait de beaux rêves pendant sa Near Death Experience.

 

 

Jyskal se montre quant à lui solidaire de son camarade de la rédaction :

 

Ouais mais le sujet abordé par Spanish, n'est pas de savoir si ça aurait été plus clean ou pas, mais si la santé de Kofi était en danger ou pas. En l'occurrence, clean ou pas clean dans sa réception, Cesaro semble en effet être le seul à se soucier de savoir si Kofi va s'écraser au sol ou pas.  A ce moment-là, peu importe le script hein. Et du coup je suis d'accord avec Span. Mais bon l'action est tout de même super confuse et je n'irais pas jusqu'à mêler ce spot à la discussion sur les progrès ou non du Miz, même si je sais que tu ne partages pas du tout notre enthousiasme sur le champion IC depuis son retour de tournage SAT !

 

Ce même SAT qui enfonce le clou :

 

Sur le cas Cesaro/Miz, c'est même pas l'aspect final du truc qui me pose problème. C'est ce qui se passe : t'as deux types qui ont globalement deux parcours très différents, mais autant d'expérience l'un que l'autre (tous deux ont commencé leur carrière pro à la même période à quelques mois près). Et dans une situation comme celle-là, ils ne sont clairement pas dans la réflexion quand ils agissent mais dans le réflexe, t'as un type qui a le "bon réflexe", celui de protéger son partenaire (Cesaro) et l'autre pas (le Miz). Ça pose beaucoup de questions sur la formation des deux types : l'un a été couvé, protégé par la WWE et son système de formation (jusqu'à aller au plus haut, à savoir champion à Mania) et n'a pas le réflexe de faire le premier truc que tout entraineur normalement constitué doit faire entrer dans la tête d'un catcheur. Et l'autre s'est démerdé tout seul.

 

 

– BAM!  SIX ONE NINE le débile! Hé mais Tonio tu vas où?

– Je vais chercher les secours, Miz, tu viens de lui péter le cou.

– Mais quel manque de professionnalisme! Un match doit toujours aller à son terme, sale rookie!

 

 

Alors si nos experts s’étripent déjà sur un simple move, imaginez ce qui se passe quand on leur demande leur avis sur un point encore plus névralgique du show de ce lundi, le main event qui fut une promo au micro entre John Cena et CM Punk avec la présence de Bret Hart comme caution canadienne. Ici, les avis se font encore plus tranchés et vont fouiller au cœur des deux personnages qui devraient enflammer nos écrans dimanche, et c’est Jyskal qui ouvre le feu !

 

De ce RAW bizarre de par les circonstances, je ne retiens qu'une chose : la promo de génie de Cena en clôture de show ! (le lecteur aura relevé que Jyskal, quand il ne retient qu’une chose il donne quand même un avis pertinent sur tout !) Ce mec est grand. Ce mec est le meilleur performer et talker actuel de la WWE. Accrochez-vous CM et Daniel ! Vous avez encore du pain sur la planche ! Le match de dimanche vient encore de monter d'un cran en intensité. Magnifique travail des bookers et des protagonistes.

 

 

Putain mais en plus il a adapté la couleur de sa casquette à celle de son t-shirt! Mais quelle mégaclasse ce mec!!! Et regardez! Regardez ses bandeaux aux poignets! Ils sont verts aussi! Il pense à tout, à tout, c'est pas humain d'être aussi parfait!!!

 

 

Wedge tente bien de tempérer l’enthousiasme de son collègue d’un soir :

 

Sinon faut p'tet pas s'emballer avec Cena hein. Une promo de haut niveau ne te fout pas au niveau de ce que Punk et Bryan ont sorti depuis le début de l'année. Pour reprendre une expression du Marine de l'an dernier justement, c'est à lui de prouver maintenant qu'il peut tenir la distance et n'est pas un "one trick poney".

 

Y2DEATH se place lui sur une ligne intermédiaire :

 

Pour Cena, il interprète superbement bien la promo et comme le texte qui lui est donné est vraiment bon, ça rend magistralement bien. De là à dire que CM Punk et Bryan ne pourraient pas se mettre au même niveau, il y a un pas que je ne franchirai pas.

 

Mais Jyskal n’en démord pas :

 

Je suis personnellement convaincu qu'avec le même texte, le meilleur résultat aurait été et a été produit par John Cena. Ça n'engage que moi hein. Mais force est de constater je trouve que quand il s'agit de build un match, électriser la foule (qui lui était pourtant pas mal hostile, même si je suis sûr que certains gars trouveront quand même le moyen de dire que c'est grâce au jeu de heel de Punk) et te prendre à la gorge comme ça derrière ton écran : John Cena n'a pas son pareil actuellement à la WWE.

De manière plus générale et en prenant en compte la prestation des DEUX hommes, je suis ravi que le lien ait enfin officiellement (au micro donc) été fait avec la promo de Vegas l'année dernière. De même, le petit "Im a Paul Heyman guy" backstage ou encore les rappels aux différentes couleurs de slip de Punk, à la Macho Man Elbow, au passé de CM un peu chaotique avec ses nombreux turns, etc…
 

Ce sont autant d'éléments qui rendent le build passionnant car il fait appel à notre mémoire et donne une dimension temporelle bien plus importante à leur histoire. Dimension quasi inexistante dans 90% des feuds "normales" on va dire.

 

 

Dis à ton maître que je n'ai toujours pas de glaces à mon nom, et que je commence à m'impatienter.

 

 

Wedge s’accroche :

 

Les promo enflammées de ce genre ca me fait penser au Hulkster…
C'est ptet une question de sensibilité, mais pour que moi ca m'enflamme, me faut plus que ca.
Me faut de la rhétorique à la Punk, du subtil vicelard à la Jericho, du nawak funky à la Rocky…
Ou alors faut s'appeler Austin et pouvoir vivre quasiment toute sa carrière sur une promo fondatrice et une attitude tellement badass que tout ce que tu sors au micro voit sa puissance multipliée par 1000.

A la limite dans le cas d'une feud bien violente avec un énorme passif à la Michaels/Jericho, une promo juste enflammée et qui saque bien l'adversaire ça peut passer. La Cena qui se sert juste des arguments de plainte de Punk (WWE champ mais pas Main Event), qui lui sort qu'il doit gagner le respect en faisant ses preuves, qui le traite de connard et de little bitch etc… C'est peut-être enflammé mais c'est faiblard dans le contenu. Et la forme sans le fond c'est un exercice très compliqué.

 

 

– Huit ppv de suite que je suis champion WWE et que je suis pas en main event, c'est un manque de respect pour mon travail et mon statut.

– LE RESPECT NE SE RECLAME PAS, IL SE GAGNE!

– Aaaah salaud, t'as sorti la phrase incontrable du top face, je vais m'évaporer dans une fumée noire malodorante!

 

 

Mais par ce « faiblard » Wedge vient de jouer avec sa vie, Jyskal le saisit à la gorge :

 

Faiblard dans le contenu ?

Pour moi il touche pile poil au coeur du problème. Il appuie sur tous les points sensibles qu'on relève depuis le faceturn de Punk à Chicago. Qu'a fait Punk pour changer la WWE qu'il semblait haïr en juin dernier ? Combien de main events de PPV a-t-il faits depuis le début de son règne ? (On raisonne kayfabe là hein) Ou sont passées les pipebombs ? Le soi-disant Voice of the Voiceless ? Qu'est devenu le Punk rebelle et solitaire ? L'anti-conformiste, l'anti héros ?

Un caprice d'égo. Voilà ce qu'était le Summer of Punk au final. Tout du moins, c'est ce que Cena veut nous dire et finalement quand on regarde en arrière et qu'on se remémore ces 300 jours de règne, y a-t-il vraiment eu un moment marquant depuis Chicago ? Non. Ce règne est kayfabement un échec à bien y regarder. Pas un main event, pas une victoire réellement marquante de prestige. Les victoires contre Cena à Chicago et à Los Angeles étaient AVANT ce fameux règne de 300 jours. Cena a raison selon moi. Punk doit encore faire ses preuves. La pipebomb c'est lui qui la claque, et il la claque fort ! CM Punk se cherche. Celui qu'on louait pour sa personnalité de rebelle, ses idées tranchées, son verbe dur et sa volonté de changer les choses n'est en réalité qu'un opportuniste comme les autres. Et surtout, il doit encore faire ses preuves.

Mais alors comment peut-on réaliser un tel build sur près de 11 mois et 300 jours de règne si ce n'est pas pour servir un dessein aujourd'hui ? Ça n'a pas de sens de ridiculiser son champion "dominant" et de mettre en lumière ces 11 derniers mois en soulignant leur faiblesse béante. C'est là qu'intervient Cena et ce match à Boston dimanche. Au vu des éléments qui nous sont proposés, je ne peux pas imaginer autre chose qu'un long calcul depuis novembre dernier pour aboutir à aujourd'hui. La WWE semble indéniablement avoir confiance en Punk. Elle en a même fait le porte-drapeau de son nouveau jeu vidéo qui revêt une importance bien plus grande qu'on ne pourrait le penser ! Voilà pourquoi je ne suis pas d'accord quand tu dis qu'il n'y a pas de contenu. Voilà pourquoi j'ai trouvé cette promo géniale, aussi bien pour son contenu que pour l'interprétation de Cena. Et voilà pourquoi je suis convaincu depuis lundi dernier que le meilleur est à venir concernant CM Punk.

 

 

Je suis champion depuis 300 jours, et je t'ai battu dans nos trois derniers matchs.

– Ca ne veut rien dire. Bats-moi une quatrième fois de suite, là tu pourras parler!

 

 

En réplique, Wedge attaque son adversaire sur Cena himself :

 

Faut aussi voir ce qu'à fait Cena dans le même temps… Soit rien de marquant non plus à part se faire savater son monkey ass par Rocky. (J'accorde qu'on aurait pu avoir du lourd avec sa victoire sur Brock sauf que c'était tellement mal branlé que non…) Bref il arrive là sans vraie légitimité. Si Punk doit se poser des questions sur là où il en est et sa personnalité, que doit faire Cena alors? Il est pas dans une forme vraiment reluisante le pépère hein…

 

Grave erreur, parce que Jyskal, on lui la fait pas sur John Cena :

 

Cena est 10 fois champion du monde de la WWE, il a tout gagné à la WWE et mis à part la Streak, il est au sommet pour l'éternité et pourrait être intronisé au HoF dès demain. (note de Flying Panda : Hop hop hop. Cena est 12 fois champion du monde. Et il n'a pas tout gagné à la WWE puisqu'il n'a jamais été champion IC, ni Hardcore. Quand on veut faire le fan boy faut connaître l'égérie de ses rêves humides par coeur monsieur Jyjy.) ! C'est un sérieux concurrent pour le titre de superstar ayant le plus marqué la WWE.
 

C'est juste incomparable avec Punk, peu importe le culte qu'on lui voue en indy ou ici. Et puis merci d'amener sur la table Brock et Rocky. Non mais sérieusement. Cena-Rock, Cena-Lesnar… Ce sont des adversaires d'un calibre infiniment supérieur à Jericho, Bryan, Del Rio ou Ziggler en terme de prestige, peu importe les victoires ou défaites. Mais là n'est pas la question, y'a un gouffre en terme de légitimité et de carrière (WWE-esque) entre les deux pour rentrer dans une simple comparaison des adversaires sur une période aussi courte.

 

 

– T'es qui pour venir me donner des leçons de comportement, Cena?

– I'm the juggernaut, bitch.

 

 

SAT fait donc en sorte de clore le débat de manière impartiale et objective :

Bon alors : la promo finale était – et je crois vraiment qu'aussi bien Punk que Cena ont été – au top. Cena a pas vraiment bien commencé la promo (pas pire que Bret Hart, remarquez) et inutile de jeter la pierre à l'un ou à l'autre, ils avaient la tête ailleurs (surtout, Bret Hart dont le frangin est mort quasi en direct dans un ring de la WWE ce qui est certainement la tragédie du catch qui se rapproche le plus de ce à quoi on a failli assister hier soir). Quand Punk arrive et commence sa longue tirade de heel, il remobilise tout le monde, surtout Cena qui sort du mode pilote automatique et refait bien son le boulot de vendre le PPV après.

Sur la forme, rien à redire pour les deux, Punk fait très bien son travail de heel (et quand on est heel, on est heel, on est là pour se faire siffler pas pour que les gens vous admirent d'une manière ou d'une autre) et Cena a très bien enquillé derrière.

 

Et on aurait pu en rester là si Corwin n’avait pas livré un autre regard sur cette promo :

 

Purée, suis-je le seul à avoir eu ce sentiment limpide et très malsain d'entendre avec la promo finale de Cena (le début de sa dernière longue tirade plus précisément) un joli discours républicain anti-Obama ?

"Tu nous avais promis le changement mais on l'attend toujours, t'as surtout tout fait pour qu'on parle de ton nombril".

Et tout me laisse à penser que c'est juste totalement volontaire, surtout le choix lexical. D'ailleurs, au risque de passer pour un random R-Truth au rabais, cela justifiera mon vote pour Cena dans les pronos de NoC. L'avatar du républicain droit dans ses bottes ne peut pas perdre un tel match contre CM-Obama dans l'univers de VKM.

 

 

Punk, tu es moche, buté et inefficace comme un âne. Moi je suis réfléchi, puissant et respecté comme un éléphant. WINK WINK!

 

 

Et c’est sur un acquiescement général de tous les protagonistes que se referme cette nalyse. Dimanche soir, la WWE nous proposera un évènement assez rare : elle placera tous ses titres au cœur de son programme, sans artifices ni effets de manche. Alors que ce faisant on retrouve un élément que réclamait CM Punk à cor et à cri pour chaque show au début de son été 2011, la prestation du leader straightedge sera un point d’orgue scruté par tous en clôture du PPV de dimanche. A vous de vous choisir votre camp : êtes-vous des Heyman guys ?

 

 

– Je suis un Heyman guy!

– Et moi je suis un Hey Girl man!

– OK, tu gagnes.

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