Catch

Un petit PPV sans conséquence

Plus les choses changent, plus elles restent les mêmes.

Snake Plissken

 

Night of Champions, c’est comme le petit-déjeuner, c’est pour les Champions. Aussi était-il évident de le confier au Champion de la mauvaise foi, l’ayatollah de la râlerie, lecharentais. NoC va-t-il enfin redorer le blason des PPV de la Fédération face à une TNA en pleine bourre ? Tentative de réponse.

 

 

Et ce qu'il a découvert l'a stupéfié.

 

 

Nalyse de Night of Champions 2012

 

 

Night of Champions, voilà un bien sympathique PPV, puisque c’est le seul de l’année où l’on sait que TOUS les titres seront défendus, les titres mineurs n’ayant droit à cet honneur qu’occasionnellement et pas toujours en PPV. C’est donc l’occasion de voir à l’œuvre le gratin de la WWE, à savoir les détenteurs de titres et ceux que la WWE estime digne de les revendiquer.

 

A cet égard, d’ailleurs, le préshow du PPV, consistant en une Battle Royale pour devenir #1 Contender pour le titre US, est assez intéressant en termes de hiérarchie : qui n’y est pas n’est pas totalement membre de la lowcard. Manquaient donc à l’appel Sandow, Swagger et Ryback, ce qui pourrait signifier que la WWE a quelques projets pour eux. A l’inverse, on peut s’inquiéter pour un Clay, dont la WWE ne doit plus vraiment savoir que faire, pour Tensai, dont elle n’a jamais su quoi faire (si tant est qu’on puisse en faire en faire quelque chose), ou pour Kidd, appelé à continuer à raser les murs dans les mois à venir. En revanche, l’avenir est complètement bouché pour Barretta et Tatsu, même pas présents.

 

 

Et l'invité mystère: The Thing!

 

 

Et pour résumer ce qu’il s’est passé, et tirant à fond sur la corde de la mégalomanie je vais immédiatement m’autociter dans le post de pronos :

 

« LE choix le plus difficile, tout simplement parce qu'il n'y a pas de liste officielle. Quel est le profil d'un concurrent : de base, il devrait s'agir d'un face. S'il y a ce match, c'est parce que ce n'est pas Santino, a priori. Avec Cesaro, nous avons un personnage, pour reprendre la typologie de notre encyclopédie SAT, qui repose essentiellement sur sa capacité dans le ring. Son adversaire devrait donc être au moins en partie basé sur son personnage. Ensuite, nous excluons tous ceux qui sont impliqués ailleurs. Et du coup, et bien… La liste est courte. Il parait difficile de voir Cesaro se coucher pour sa première vraie défense, aussi il nous reste Kidd, Justin, Ryback, Clay, Riley, Bourne, les Usos, Curtis, Ted DiBiase et Ryder. Or, entre ceux qui ne sont QUE des lutteurs (Kidd, Justin, Riley, Bourne, les Usos, ou DiBiase), c'est-à-dire qui n'ont pas de vrai personnage, et ceux contre lesquels il est improbable de faire gagner Cesaro (comme Ryback ou Clay), il reste finalement une liste assez courte qui inclut Curtis et Ryder (à supposer que la séparation de SAT soit présente à l'esprit des bookers). Aussi, je verrais bien Ryder s'y coller. »

 

Je présume que vous avez compris que si je m’autoréférence c’est pour une raison très simple : c’est exactement ce qu’il s’est passé, du coup je ne fais qu’un voyage, et en profite pour m’incliner devant le savoir catchesque de SAT. C’est donc bien Ryder qui a eu l’honneur de remporter une Battle Royal assez terne, même si en quelques secondes Kidd a encore montré des moves dont il a le secret et qui font dire que dans une autre Fédération on le considérerait bien mieux et on lui donnerait illico le titre de la X-Division. Pauvre Tyson.

 

Avant de passer au vif du sujet, nous allons continuer à évacuer tout ce qui ne concernait pas un titre.

 

Le premier point, c’est l’absence de Lawler, évidemment, remplacé pour l’occasion par JBL. Agréable à suivre, plutôt pertinent, le faux texan a mis un petit moment à prendre la mesure de son rôle, n’étant pas aidé en plus par de la chirurgie qui a manifestement mal tourné, mais il a fini par s’en sortir très honorablement. Et s’il est texan par son gimmick, il est avant tout new-yorkais, ce qui le rend un peu plus facile à suivre et lui assure l’inimité immédiate du public de Boston. Du coup, d’ailleurs, Cole a dû endosser un rôle plus discret, plus neutre, dont il s’est acquitté avec les honneurs. J’en profite d’ailleurs pour glisser quelques mots à son sujet : bien sûr, il est pénible, bien sûr il a été inclus dans des feuds que nous voulons tous oublier. Mais Cole est avant tout un vrai pro, issu du journalisme de guerre, capable de synthétiser une info et de la transmettre avec efficacité. Ce qu’il a réussi le soir de l’accident de Lawler était une remarquable performance, la seule mesure malvenue étant les gros plans putassiers de la WWE sur son visage alors qu’il expliquait le sort de son collègue et ami et était visiblement submergé par l’émotion.

 

 Ensuite, autre point sans rapport avec les titres avec l’opposition entre Ziggler et Orton.

 

Orton est donc revenu en pleine forme, malgré un faux pas face à Del Rio, et cette Cenaisation n’est pas du tout de nature à me réjouir. D’autant que Ziggler continue à se casser les reins sur le plafond de verre, alors qu’il a grand besoin d’une victoire de prestige, ce que sa victoire contre Jericho ne constitue pas réellement.

 

Le problème, c’est que la réputation de diva d’Orton n’est plus à faire, et ce même si Ziggler a impérativement besoin d’une victoire clean contre un grand nom pour ne pas être un énième champion au rabais, comme The Miz ou Del Rio… La mallette risque, à défaut, de ne plus être qu’une machine à produire des sous-champions, ce qui serait un contresens pour des gars qui à chaque fois ont su surclasser sept adversaires dans un match avec une stipulation qui plus est assez coriace.

 

 

– Et celle-là? Hein?

– Ben si, tu la fais tout le temps.

– T'es sûr?

 

 

Autant dire que, comme on dit en Israël, j’attaquais ce match d’un œil maussade. Est-ce une certaine lassitude qui s’installe ? Toujours est-il que le match était assez inintéressant ; les deux hommes ont trop lutté ensemble, et surtout Orton devient paresseux, ses matchs finissant par tous se ressembler. Du coup, on a assisté à un match assez mou, sans réel temps mort ni move particulier, du tout-venant, indigne du potentiel des deux hommes. Et hélas, ainsi que pressenti, c’est bien lui qui l’a emporté, avec un RKO vaguement modifié en guise de finisher. Et la question est : à quoi bon ? A quoi bon ce match qui ne sert personne, et même dessert Ziggler, et à quoi bon avoir gaspillé tant de temps qui aurait pu être utilisé avec profit pour d’autres matchs ? Tout cela, qui pis est, pour un match qui ne rentrait pas dans la thématique du PPV ? Une vraie déception, donc.

 

Commençons notre tour d’horizon des titres avec la Ceinture des Divas. L’introduction d’Eve dans le programme était tout sauf le fruit du hasard, et il était à peu près acquis qu’elle aurait un rôle ce soir, Kaitlyn n’ayant (désolé Koko) pas le niveau ni le physique depuis qu’elle a décidé de manger les autres Divas pour être une championne de la WWE. Et dire qu’une lutteuse n’a pas le niveau à la WWE, c’est tout de même triste.

 

Donc, la méchée jouvencelle se faisait agresser dans le dos par un assaillant mystérieux, et Eve s’imposait en tant que remplaçante. Eve est agréable dans un ring, sans avoir une technique hors norme elle a une belle énergie et une certaine forme de férocité qui sont plaisantes au milieu de divas aussi formatées. Le match a d’ailleurs été relativement long, plutôt correct à regarder, et dominé par Eve qui l’a d’ailleurs emporté. Pas grand-chose à redire, le business n’est pas fait pour être sympathique et Kaitlyn avait un peu tout de l’erreur de casting… Quant aux conséquences… Dans une division en roue libre, où les alignements changent à tout-va, et qui ne manifeste aucune cohérence et ne chercher pas à créer la moindre storyline, à vrai dire l’identité de la championne importe peu.

 

 

Je n'ai rien dit.

 

 

Poursuivons les titres dits mineurs avec celui qui faisait fantasmer à tout-va : le titre par équipes. En affrontant Yes We Kane (dénomination qui commence à prendre, je n’en suis pas peu fier), il était à peu près acquis que les Air Jimmies allaient achever leur règne. Kofi et Truth pourront aller chercher des titres mineurs détenus par des heels. La question était de savoir comment les deux tarés allaient s’entendre.

 

Je confesse être un grand fan des segments de « Anger management », et voir les deux hommes réunis sous une même bannière a de quoi réjouir. Ils en ont d’ailleurs profité pour inventer le « serious comedy match ». Je m’explique : à chaque fois que l’un intervenait en faveur de l’autre, il y avait toujours matière à quiproquo, et l’autre pensait immanquablement à une manœuvre agressive de son compère. Ils ont donc passé le match à se rentrer dedans, jusqu’à ce que Bryan, frappant Kane, le fasse tomber sur Kofi… et obtenir le tombé. Très bien trouvé, bien raconté, et l’issue du match est peut-être encore plus savoureuse que le match en lui-même, les deux se faisant face et bramant à pleins poumons « JE suis le champion par équipes ». Dommage que la WWE n’insiste pas davantage sur ces segments un peu fous et décalés, car elle a un certain talent en la matière. Et il faut bien avouer que Kane célébrant sa victoire en coulisses en renversant un bidon de boisson sur Bryan avant de partir pour Disneyland en éructant comme un pochetron était une image particulièrement drôle… et offrait à AJ un rôle de miss t-shirt mouillé du plus bel effet.

 

 

Kane est un garçon très très TRES émotif.

 

 

Le titre US opposait donc Cesaro à Ryder, que seuls les plus fins pronostiqueurs avaient vu dans ce rôle. Ahem. Est-ce du conditionnement ? Je commence à m’habituer à Cesaro. Son gimmick polyglotte ne m’enthousiasme toujours pas mais il le tient avec un certain brio. On notera d’ailleurs qu’à chaque fois qu’il parle suisse, je pense à Axl qui avait qualifié cette langue de « parlée par cinq enculeurs de mouflons » ce qui m’avait légèrement plié en quatre et contribue sans doute à sa meilleure image, mais surtout qu’à chaque intervention, il finit toujours par le français, et ce n’est évidemment pas le fruit du hasard : la francophobie est un sport toujours très populaire chez nos petits camarades, et de toutes les langues qu’il pratique c’est sans doute la plus susceptible de faire réagir négativement le public.

 

Dans le ring, il n’y a eu qu’un seul lutteur. Bien sûr, Ryder a eu quelques instants d’existence, mais Cesaro a déroulé un arsenal bluffant, avec une violence saisissante. Très belle prestation du champion qui conserve donc son titre et progresse petit à petit en visibilité avec cette première prestation majeure en PPV.

 

 

Je vous ai eus! Car en réalité je suis…

Ich bin…

I am…

Sono…

Kezat valf mouflon…

JASON STATHAM!

 

 

Dernier titre mineur avec le titre Intercontinental. Après son raté de la semaine, lors duquel il avait oublié la sécurité de Kingston, on pouvait penser que The Miz allait être puni, et ce n’est pas sa promo inaugurale, vue et revue, sur fond de « on m’impose un fatal four way c’est un scandale » qui aura fait grand-chose pour son aura. Après un petit mieux à son retour de tournage, The Miz est redevenu ce qu’il était au départ : un catcheur pas maladroit au micro, mais vraiment inepte dans le ring…

 

Il faut dire que le casting de ce match n’a pas aidé à la tenue d’un match de prestige : entre un Rey à des années-lumière de ce qu’il était, un Sin Cara qui peine toujours à s’aligner sur les critères de la WWE, et un Rhodes qui erre comme une âme en peine, on pouvait craindre le pire. Si Christian avait remplacé l’un des intervenants, passait encore, mais les quatre étaient donc ceux-là, et il faut bien dire que tout a marché à l’envers : les deux voltigeurs n’ont pas offert de moves spectaculaires, revenant même à des moves que même le plus ahuri des texans considère comme chiqués, Miz a fait un match à sa mesure, et Rhodes n’a pas pu démontrer grand-chose, soit par manque d’alchimie entre les lutteurs, soit par ras-le-bol devant son manque d’avancée au sein de la Fédération… Là où Kidd devrait avoir touché un titre mineur depuis longtemps, Rhodes, lui, devrait avoir eu entre les mains un titre majeur… Et dans la mesure où il paraît capable de sortir un bon match d’un balai, et où ce soir il n’y est pas parvenu, c’est sans doute parce que quelque chose n’a pas tourné rond chez lui.

 

En somme, un match assez triste, qui en plus a beaucoup trop multiplié les nearfalls, ce qui fait qu’autant au début on se laisse un peu prendre au jeu, autant à la fin on n’en a plus rien à carrer.

 

 

Because I'm The Miz, and I'm…

BOOOOOOOOOOOOOORING!

 

 

The Miz, pour couronner le tout, conserve le titre, ce qui met un terme à la feud « rêvée » entre les deux luchadores sur fond de titre intercontinental avec WM en ligne de mire, possibilité qui avait été avancée sur notre site et prouve que nos lecteurs sont beaucoup plus créatifs que les bookers… Et voir The Miz, dans le contexte actuel, sortir vainqueur d’un match contre trois adversaires…

 

Ah, j’en profite pour adresser un conseil aux bookers : arrêtez avec cette idée stupide de vouloir que Sin Cara mette un masque à ses adversaires. Ca a déjà été fait par Rhodes, mais en plus Sin Cara le fait en match, ce qui alourdit le cahier des charges pour un catcheur qui a déjà du mal à faire de bons matchs sans avoir besoin de cela en plus…

 

A présent, nous allons pouvoir avancer d’un grand pas dans la hiérarchie, et ouvrir la boite à gifles par la même occasion.

 

Souvenez-vous : pour  la énième fois, la WWE avait donc interdit un coup, en l’occurrence le Brogue Kick de Sheamus, au terme d’une storyline au demeurant pas désagréable, avec notamment la comparution de Sheamus et sa déposition où l’on découvrait qu’il s’appelait en réalité Sheamus Lipstinck, ce qui nous valait d’une part l’excellente vanne « if your lips stink, what does your ass ? » ainsi que Sheamus entonnant Avanaghila comme chant de victoire. Jouissif. Las, si la forme pouvait être réjouissante, le fond l’était moins, car toutes les tentatives d’interdire une prise n’avaient jamais rien changé, ce qui en faisait un de ces ressorts dramatiques qui provoquent l’hilarité générale. Toujours dans nos colonnes, quelques plumes créatives avaient avancé l’idée d’une victoire de Del Rio, puis de la révélation de ce que la blessure de Rodriguez était du flan pour justifier la réintroduction triomphale de Sheamus dans la picture, son chemin passant par un piétinement viril de la gueule de Del Rio. Avec un postulat peu glorieux, nos bookers maison ont donc produit une storyline plutôt sympathique.

 

Or, d’entrée, la WWE a pondu un de ces segments de coulisse dont elle a le secret, montrant Ricardo sans minerve, confirmant que la blessure était fausse. Tous les feux étaient au vert pour que l’on ait bien droit à la proposition de nos camarades, à moins que la WWE ne fasse parvenir l’info tout de suite à Booker T ou à Sheamus, annulant l’interdiction.

 

Et bien elle ne l’a pas fait. Non. Elle a fait pire.

 

En effet, au début du match, Booker T s’est présenté, et a déclaré qu’il avait analysé la situation, et que quand on devient catcheur, on sait qu’on va dérouiller, et que donc il n’y aucune raison d’interdire une prise, aussi le Brogue Kick est-il autorisé. On notera donc que jurisprudentiellement Booker T n’interdira plus de prise. Formidable. Mais le problème est ailleurs : d’abord la storyline est morte et enterrée, et ensuite elle ne l’est même pas du fait de la séquence vue en début de show, non, elle l’est sur la conviction de Booker. Sa position sera peut-être fragilisée par cette décision, mais en attendant toute cette histoire n’aura servi à rien, à moins qu’elle ne serve à une soixante-dix-huitième guerre de pouvoir dans les coulisses avec nomination d’un quarante-deuxième GM à la clé. Dans une WWE idéale, elle rebondirait avec Booker viré à cause de cette décision, jusqu’à ce qu’il s’avère que la blessure de Rodriguez était un odieux complot et que Del Rio et le futur GM soient punis par Sheamus et Booker T dans le ring. Mais nous sommes dans une WWE où pour qu’un champion WWE puisse accéder au main-event, il faut qu’il affronte Cena, et qui ruine des personnages et des parcours à la défaveur de heel turns pourris. Donc autant dire que cela n’arrivera pas.

 

 

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Ne restait dès lors plus qu’un espoir : que malgré ce sale coup, Del Rio gagne le match. On aurait eu un Sheamus fragilisé puisque vaincu malgré son meilleur coup, un Del Rio qui prenait un sérieux coup de turbo, et une fin inattendue. Du reste, elle ne paraît pas impossible, cette fin, Del Rio étant au bord de faire abandonner Sheamus. Au passage, à chaque fois que Sheamus se relève alors que Del Rio est accroché à son bras, le tour de force est quand même exceptionnel…

 

Seulement voilà, après un long match, pas désagréable au demeurant, un bon brawl provoquant immanquablement une poussée de testostérone et une envie de bière, Sheamus arme son Brogue Kick, aligne Del Rio pour le compte de trois, et conserve sa ceinture.

 

Ou comment détruire un catcheur et une storyline en même temps, ceci d’autant plus qu’à part Barrett il n’y a plus de heel à opposer à Sheamus, dans la mesure où on voit mal Rhodes, venant d’échouer à conquérir le IC, s’y frotter. Reste l’option Orton, qui ne tardera pas à être activée tant je pressens que la Vipère ne tardera pas à revendiquer une belle ceinture…

 

Enfin, nous reste le match entre Cena et Punk. L’an dernier, Punk avait gagné le match au sommet dans sa ville natale, aussi il n’était pas impossible, quoique peu constructif, que Cena gagne cette fois. En y réfléchissant bien, une victoire de Punk ouvre plus de perspectives, à commencer par une storyline simple et efficace : Punk bat Cena, perd contre Rock en janvier, signant au passage un règne des plus longs, et Rock affronte Cena à WM pour le rematch décisif.

 

Punk arrive accompagné de Heyman, devant un public évidemment mitigé. En revanche, à l’arrivée de Cena, les huées et les acclamations se mêlent à parts égales, preuve que Cena n’est même plus maître en son jardin malgré les efforts pour le réhabiliter en lui faisant affronter le monstre Lesnar ou Johnny Ace. Mais les kidz continuent à l’adorer, et les kidz sont rois.

 

 

Exemple type de père martyrisé par les goûts de chiottes de son fils. Petite enflure.

 

 

Le match, en lui-même, a été très loin de l’intensité de celui de l’an dernier. D’abord, tout simplement, parce que Punk était heel, alors que l’an passé il ne l’était pas vraiment et pouvait libérer son moveset. En termes d’efficacité, cela s’est ressenti. Et de plus, l’enjeu n’était pas le même. L’an passé, on était en plein Summer of Punk, qui augurait de grandes choses (dont on sait qu’il ne fut rien). Cena incarnait une certaine conception des choses, Punk une autre, et ce match devait marquer la WWE à jamais. Cela n’a rien donné, bien sûr, mais au moins à l’heure du match nous ne le savions pas, et nous avions tremblé devant nos écrans.

 

Ce dimanche, c’était simplement un heel arrogant contre un face insupportable. Autant dire que le final n’avait pour ainsi dire pas d’importance.

 

Et pourtant, malgré cela, la WWE nous a servi un final sympathique sans être spectaculaire. A la suite d’un beau suplex depuis la deuxième corde, Cena fait le tombé sur Punk, et part célébrer son nouveau titre devant des fans en délire et des haters… qui hatent, naturellement. Mais alors que je suis en train de jeter mon septième mouchoir plein de larmes, l’arbitre se saisit de la ceinture et la rend à Punk ! Motif : les deux compétiteurs avaient les épaules rivées au sol pendant le décompte de trois. Mauvaise caméra ou pas, ça ne sautait pas aux yeux, mais en revanche en termes de coïtus interruptus, ça se pose là : imaginez la jouissance des fans de Cena douchée à l’eau glacée, cette hyène de Punk s’offrant même le luxe d’assommer Cena avec le titre. C’était beau comme une côte de bœuf.

 

Plaisanterie mise à part, c’était assez bien vu de la part de la WWE : elle a offert la victoire à Cena devant son public, puis la lui a retirée, ce qui la met dans une situation plus intéressante pour les histoires à venir et a aussi offert du plaisir au public de Punk. Simple, donc mais efficace.

 

Seulement voilà : à l’heure de dresser le bilan, qu’avons-nous ? Un match à couper le souffle ? Non. Des titres qui changent de mains ? Deux mineurs oui, l’un des deux étant cousu de fil blanc. Des avancées importantes pour certains catcheurs ou des rivalités en cours ? Non.

 

Voilà tout le paradoxe de ce Night of Champions. Ce n’est pas un mauvais PPV, il est carré, souvent efficace, mais sans aucune imagination, sans aucune réelle innovation qui donne envie de suivre la suite des événements. Là où  la TNA est plus sexy que jamais, la WWE ronronne, n’invente rien ou plutôt n’ose rien. C’est comme un McDonald’s : c’est facile à manger, mais vite oublié, et on n’a aucune envie d’y revenir. Voici donc un PPV qu’un weekly bien mené aurait pu avantageusement remplacer, qui ne déçoit ni ne réjouit.

 

Et quand on ressort la même citation sur deux papiers, ce n'est pas bon signe.

 

 

Yes-man

 

Hey-man

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