Catch

Histoires au coin du feu

Le « Il était une fois » du début des contes nous induit à penser qu'ils sont tous d'origine belge.

Roland Topor

 

Drôle d’épisode ce lundi. Ils sont bien gentils les bookers, mais je fais comment pour ma nalyse moi ? On a vu des histoires avancer, mais ça demande encore à être développé. On a eu de bons matchs, mais rien d’inoubliable non plus. Bref on a passé une bonne soirée, mais on s’est un peu ennuyé. Verre à moitié plein ou à moitié vide ? À la vôtre !

 

 

Sandow tient son micro comme un verre de vin. C’est aux détails qu’on reconnaît les grands catcheurs.

 

 

Nalyse de Raw du 17 septembre

 

 

Allez, commençons du bon pied. On ne va pas se plaindre, on n’a eu quasiment aucun segment à jeter lundi soir, ce qui est en train de devenir une bonne habitude du reste à la WWE – qui nous avait, souvenez-vous, servi plusieurs segments en boucle cet été, principalement des squashs de ses « futures stars ». Non, là les bookers semblent penser à chaque niveau de la carte et on ne peut que s’en réjouir.

 

Par désordre d’apparition à l’écran, commençons par la division tag. Ce n’est pas nouveau mais elle continue de vivre sa nouvelle vie, trop heureuse qu’elle est d’être sortie d’un coma qu’on pensait définitif. Mieux que ça, les champions sont désormais des stars, des vraies : Kane, jobber d’ultra-luxe toujours au top, et Daniel Bryan qui continue d’être parfait quoi qu’il fasse cette année. Le rematch des champions battus à Night of Champions, Kingston et Truth, a eu lieu dès ce lundi, puisqu’il n’y avait bien sûr aucun suspense à entretenir sur leurs chances de reprendre immédiatement leur bien.

 

 

En même temps, que faire contre un tel esprit d’équipe ?

 

 

Ça n’a pas empêché que nous ayons un vrai match, long et bien construit ; c’est toujours un vrai plaisir de voir un match au résultat évident ne pas être sacrifié. C’est bien sûr la relation particulière des champions qui a fourni l’essentiel du scénario du match ; aussi dingues l’un que l’autre et paranoïaques, et néanmoins diablement efficaces (on parle de champions du monde quand même). Le match a été suivi d’un nouveau face-à-face savoureux, les deux hommes prétendant chacun être « les champions par équipe », entre câlin et colère. Pourvu que ça dure !

 

Pour l’heure ce sont Darren Young et Titus O’Neil qui sont venus arrêter tout ça, réclamant la place de challengers pour le titre. Mais un peu plus tôt Rey Mysterio et Sin Cara avaient battu Primo et Epico, se plaçant également dans la course. Impossible de savoir encore quel sera le prochain match de championnat, est-ce que tout ce petit monde va se retrouver enfermé dans une cage à Hell in a Cell ? Le show est prévu le 28 octobre, on a le temps de voir venir – cela explique sans doute le tempo ralenti du show de ce soir. En tout cas la division tag est un des points forts de la WWE en ce moment, les aventures de Bryan et Kane valant le détour à elles seules !

 

 

Amma peut aller se rhabiller !

 

 

On n’en dira pas autant de la division féminine, loin s’en faut. En s’associant à la lutte contre le cancer du sein la WWE a mis du rose à ses cordes, mais sans pour autant que l’influence de Wrestlicious aille plus loin – dommage, on rigolerait plus ! On a néanmoins une vraie histoire en cours : Eve est devenue championne et on sait tous qu’elle a joué un sale coup pour prendre la place de Kaitlyn (reste à savoir comment et surtout, éventuellement, avec quelles complicités). Layla, qui était aux commentaires pour voir Eve battre Beth Phoenix, a bien des doutes, qui ont été balayés aussitôt (notons au passage la comparaison avec Jesse Ventura, ancien catcheur, ancien gouverneur du Minnesota et adepte de tout un tas de théories du complot, y a quand même plein de gens sympas dans le catch).

 

Car il y avait du beau monde à la table ce soir. JBL et Jim Ross sont tous deux venus épauler Michael Cole, tout content, et à raison, de nous annoncer que Lawler se porte bien mieux. Il est même rentré chez lui, et sera interviewé lundi prochain. La triplette a, donc, parlé plusieurs fois de la campagne contre le cancer du sein à laquelle la WWE s’est associée, ce qui mérite bien quelques mots. Le public du catch est plutôt jeune et masculin, ce qui n’en fait pas la cible principale de la prévention ; c’est sans doute un bon outil de communication pour la compagnie, souvent attaquée sur sa vision des femmes, et ça permet à John Cena de porter du rose, regardez les associations homos, c’est bien la preuve qu’il n’a rien contre les tafioles ! Et en prime Linda McMahon est en campagne… Mais je ne fais pas la fine bouche, c’est très bien de voir ce sujet abordé même dans un show de catch, un chokeslam contre le cancer, c’est un moyen comme un autre de combattre cette saloperie – déjà dénoncée dans l’excellent épisode de South Park Le Combat/Breast Cancer Show Ever.

 

 

Déjà dans Man on the moon il se jouait lui-même, 20 ans plus jeune. Et si Lawler était immortel ? Les divas en tremblent déjà.

 

 

Pourquoi je parle de South Park ? Mais parce que Jared était présent à Raw ce soir ! Vous savez, Jared, celui qui voulait refiler son SIDA à tous les enfants, c’était rigolo. Mais ce soir il était juste là pour la promo, et c’est rien de dire que ça n’avait aucun intérêt. Un peu de cheap pop, toujours agaçante, que ce soit chez un guest de la WWE ou chez la rédaction d’un magazine français prête à toutes les bassesses pour courir après sa réputation bien lointaine de journal insolent. Ah si, quand Ryback est venu crier « feed me more » devant tous ces sandwichs ça m’a fait sourire. Bref…

 

Passons par exemple au titre US, enfin probablement. En effet voir Antonio Cesaro au commentaire pour le match de Brodus Clay indique sans doute une rivalité à venir entre les deux hommes. Eh, pourquoi pas ! Cesaro arrive de plus en plus à installer sa gimmick franchement pas facile ; JBL a appelé de ses vœux Clay à se concentrer sur les titres plutôt qu’à faire plaisir aux enfants, et on ne peut que l’approuver. Tant mieux si cette feud permet à Clay de s’installer comme un vrai catcheur dangereux, et pas juste un midcarder amusant.

 

 

S’il devient heel un jour vous croyez qu’il en mangera un ?

 

 

Pour le titre Intercontinental aussi on a avancé, à tous petits pas. The Miz a inauguré son nouveau talk show, Miz TV, évidemment plus impertinent et brillant que tous ceux qui ont précédé, d’après le champion… Il peut sans doute faire beaucoup mieux que ce soir, mais ça semble logique de donner ce genre de segment à un type qui brille surtout par son éloquence. Le premier invité était Booker T, mais qui n’a pas pu beaucoup parler – Miz faisait les questions et les réponses, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Booker en a eu marre et a appelé un autre invité – Ryback, qui est venu et a tout cassé le décor, c’est malin tiens !

 

Et zou, encore un nouveau challenger probable. Les deux « monstres » aux squashs innombrables sont donc désormais en course pour des ceintures, il aura fallu le temps mais on va les voir dans des vraies rivalités. Pour ce qui est de l’affrontement Miz/Ryback je me demande quand même à quoi vont ressembler leurs matchs, on ne peut pas dire que Miz soit le « ring general » idéal pour pallier à l’inexpérience de Ryback… Enfin comme on l’a dit Hell in a Cell est encore loin, tout ça va pouvoir avancer tranquillement.

 

 

Donc je me tape Ryback… Je savais que j’aurais pas dû signer ce papier quand j’étais bourré l’autre jour…

 

 

Ziggler lui continue dans son positionnement particulier, en course pour un titre mais en même temps pas vraiment… Il affrontait Santino Marella ce soir, et l’homme au cobra a opposé une belle résistance. Ziggler lui a d’ailleurs volé ledit cobra, et a en plus eu besoin d’une distraction de Vicky pour l’emporter. Un scénario un peu étonnant mais qui à mon avis ne porte pas atteinte à Ziggler, Santino est un face populaire et sous ses allures de bouffon on sait qu’il n’est pas maladroit dans un ring, c’est bien de rappeler de temps en temps qu’il peut être un adversaire sérieux.

 

Autre match « isolé », Wade Barrett contre Justin Gabriel. L’Anglais a largement dominé et vaincu son ancien complice du Nexus, pas de souci à ce niveau-là. Mais le retour de Barrett est pour l’instant assez anonyme, ce qui est bien dommage vu le talent du bonhomme – le public, chaud et exigeant ce soir, ne s’y est d’ailleurs pas trompé et a chanté « we want Nexus », c’était le bon temps ! Je ne peux pas croire que la WWE ne voit en Barrett qu’un bon midcarder, mais pour le faire monter dans la carte il va falloir s’y prendre autrement, j’espère que ça viendra vite.

 

 

C’était des débutants les membres du Nexus, ça les a complètement retournés.

 

 

Randy Orton a lui aussi un positionnement un peu incertain, mais je ne suis pas pour autant spécialement inquiet pour lui. On pourrait bien voir des changements dans son personnage, pourquoi pas un nouveau turn – il était passé de heel à face sans changer d’attitude, il peut bien faire la même chose dans l’autre sens. Enfin il doit tourner un film, on verra… En attendant il a battu Tensai, le match fut joliment intense d’ailleurs, même si Tensai ne sert toujours à rien.

 

Last but vraiment pas least avant le main event, le grand, l’excellent, le velu Damien Sandow a de nouveau donné une leçon de vie au public, cette fois une leçon de vocabulaire. Et c’est l’imberbe Ryder qui s’est permis de l’interrompre, quel bélître celui-là ! On a néanmoins eu un vrai match, remporté par Sandow bien sûr mais sans que Ryder fasse de la figuration. Un match de championnat le dimanche, un match sérieux le lundi… Ryder ferait-il son retour aux affaires ? S’il ne se contente pas de faire le bouffon, après tout pourquoi pas. Même si c’est bien sûr Sandow qu’on continuera de suivre avec passion, il est régulièrement bien placé sur la carte, est toujours brillant dans ses interventions et peut viser très haut.

 

 

Gare au plafond, quand même.

 

 

Venons-en donc au main event, au super main event même comme l’a surnommé AJ. Les deux titres majeurs y étaient en effet mélangés. La séquence d’ouverture en avait décidé ainsi, selon une routine bien établie (superstars qui se la pètent et GM qui confirme le match) ; CM Punk et Alberto Del Rio ont affronté Sheamus et John Cena. C’est néanmoins Paul Heyman qui a représenté Punk dans ce début de show, se baptisant joliment « voice of the voice of the voiceless » ; Punk est brillantissime au micro et n’a besoin de personne mais Heyman l’est tout autant, et cette association est aussi naturelle que brillante.

 

Ainsi dans un autre segment, a-t-on vu Punk chuchoter à l’oreille de Heyman ce qu’il avait à dire à Del Rio, lequel en fit autant avec Rodriguez pour une scène très réussie à défaut d’apporter grand chose sur le fond. Ah les managers, quel bonheur ! Je n’arrête pas de me réjouir que la WWE ait redécouvert leur intérêt. Bref, il fut question d’arbitrage et d’autorité dans toute cette histoire, Heyman et Punk expliquant qu’ils ont conservé le titre de façon incontestable, Del Rio affirmant que c’était lui et pas Cena le grand floué de Night of Champions avec la réintroduction du Brogue Kick… AJ s’était contentée de dire que le main event aurait de l’influence sur l’identité des challengers, sans plus de détails.

 

 

C’est une vraie pro AJ, quand elle n’a rien à dire elle s’arrange pour qu’on pense à autre chose.

 

 

Le show s’est donc terminé par un affrontement entre les quatre fantastiques du moment, les quatre solidement incrustés dans les courses aux titres en tout cas. Le match était évidemment un peu trop scénarisé pour qu’on ait un vrai grand match, c’est la règle du genre. On a vu Punk renforcer son attitude de heel, en refusant le combat au début contre Cena. Et tout ça nous a conduits à une conclusion forcément confuse…

 

Cena l’a en effet emporté en faisant le tombé sur Punk, mais celui-ci avait clairement le pied sur la corde au moment du compte de trois. Cena a gagné mais Cena a triché ! L’angle des semaines à venir est donc tout trouvé, et tournera autour de l’arbitrage. Notre ami Jyskal (qui a adoré ce show, sacré Jyskal) a émis une observation intéressante sur le forum, que je m’empresse de reprendre ici : l’arbitre de ce match était un inconnu, et pas un des arbitres dont on a l’habitude. Bon, c’est peut-être juste un nouveau. Ou alors il y a anguille, et quand c’est flou c’est qu’il y a un loup (choisissez votre proverbe approprié préféré).

 

 

Punk a beaucoup de talent, mais les danses juives c’est pas encore ça.

 

 

Va-t-on avoir une stipulation spéciale, sans arbitre ? Ou alors une lutte pour choisir l’identité d’un arbitre invité ? Pas mal de possibilité, et je m’en tiens à un nouveau Cena/Punk parce qu’une autre solution semble improbable. Sauf que, sauf que… Cena s’est blessé, il a été opéré mardi et sera indisponible pour quelques semaines. Sera-t-il d’attaque pour Hell in a Cell ? Mystère, un mystère sur lequel la WWE pourrait bien jouer dans les semaines à venir d’ailleurs.

 

Pour le titre poids-lourds ce match n’apporte pas grand chose en revanche. Del Rio est par défaut toujours le challenger de Sheamus, mais on a plus d’un mois devant nous pour que ça change. Et pour tout dire ce ne serait pas un mal, il semble difficile désormais de nous faire vibrer pour un nouveau Sheamus/Del Rio, ou alors il faut vraiment mettre le paquet pour que le Mexicain menace sérieusement le grand rouquin blanc, qui est pour l’instant un champion au règne bien trop peinard.

 

 

Enfin, je me comprends quoi.

 

 

Ce fut donc un Raw de transition, comme on dit trop souvent devant un épisode sans rien qui nous ait fait vraiment vibrer. Si comme d’habitude on avait trois ou quatre semaines d’ici le prochain PPV on pourrait trembler, mais là avec six semaines à remplir on peut largement accorder le bénéfice du doute aux auteurs. Peut-être aurons-nous enfin cette petite flamme de passion et de surprise qui manque un peu à la WWE depuis trop longtemps.

 

 

– JE suis la petite flamme de passion et de surprise qui manque un peu à la WWE depuis trop longtemps !

– JE suis la petite flamme de passion et de surprise qui manque un peu à la WWE depuis trop longtemps !

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