Catch

Le cheval de Trois

Il faut être deux pour être trois.

Benjamin Peret

 

Encore un épisode d’Impact Wrestling derrière nous, et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce nouveau numéro aura fait la part belle aux histoires à trois. Le polyamour au catch, ça existe aussi : mais là, avec autant de mecs, on se croirait plus dans les rues de Mykonos que d’Orlando. Surtout que tous ces bonshommes se battent pour un trophée presque devenu désuet dans cette industrie : des ceintures. Pour un peu, on jurerait que les titres sont importants à la TNA, et qu’ils intéressent plus de deux personnes à la fois ! Révolutionnaire !

 

 

Bon, je redemande : j’échange partenaire actuel, performant mais un peu trop porté sur la seringue, contre mec viril capable de prestations…solides. Capacité à enchainer les gros mots et insultes ainsi qu’a utiliser les chaines appréciée ! S’adresser à la fédé qui transmettra. PS :Hommes de plus d’un mètre quatre-vingt-dix s’abstenir.

 

 

Nalyse d’IMPACT Wrestling du 20 septembre

 

 

Bande de gros pervers, myriade de petits vicieux, avec vos yeux globuleux et injectés de sang. Alors comme ça, la WWE n’est plus capable de vous satisfaire, avec ses storylines insipides? Vous voulez retrouver des hommes au corps huilé qui se foutent dessus plus de trois minutes d’affilée, cette sensation de déprédation jouissive alors que vous mirez un atemi qui claque un torse, une suplex qui heurte le ring, un tag viril (et prémédité) entre deux complices partenaires… Comme je vous comprends ! Allez, venez avec moi que je vous initie à ce monde étrange mais diablement attirant !

 

Allez, parlons franchement ! Qu’est-ce qui vous excite ? Les parties fines ? Ah, vous êtes bien tombé, ce soir c’était thème « Assaut à plusieurs ». Ainsi dans notre petite salle coquette de l’Impact zone, à l’abri des regards, deux équipes, à savoir AJ Styles et Kurt Angle d’une part, et Chavo Guerrero assisté d’Hernandez d’autre part, s’affrontèrent pour savoir qui aurait l’insigne honneur de se confronter aux champions par équipe de la maison, à savoir Kazarian et Christopher Daniels. Suite à deux matchs épiques la semaine dernière, ces deux équipes pouvaient avoir un rematch : et ce soir, dans notre mensuel Open Fight Night, ils se sont lancé un défi pour mettre au clair la hiérarchie des teams. Même si vous n’êtes pas adeptes des parties à quatre, ou si vous débutez totalement dans la découverte de ces soirées à thème, je ne peux que vous conseiller de regarder leur performance, qui a ouvert de fort belle manière la soirée.

 

 

Et peut-être le crâne d’AJ au passage, également.

 

 

Plus de dix minutes de corps à corps intense, presque érotique, qui fit jouir de plaisir jusqu’aux esprits les plus chagrins, et probablement grogner les sceptiques qui ne voyaient pas dans l’arrivée de Chavo un bénéfice pour la maison : l’agilité dont il fit preuve contre AJ, sa maîtrise technique face à Angle… il a su, ainsi qu’Hernandez, se mettre au niveau très élevé de ses deux adversaires pour un rendu impeccable. Tout cela sous les yeux mateurs des champions, qui observaient le spectacle depuis la rampe. Le match en lui-même fut très indécis, les deux équipes étant considérées d’un niveau équivalent, ce qui permit une bonne alternance des phases de domination, l’une et l’autre formation acceptant sans réserve de recevoir et d’offrir des gnons, avec quelques caviars en prime notamment d’un AJ en feu qui claqua plusieurs dropkicks, enzuigiris et Roundhouse Kicks de malades, ainsi qu’un Pelé qui venait conclure une séquence intense ou les quatre belligérants enchainaient leurs finishers (mention à Chavo là encore qui fit presque deux Tres Amigos, il en a sous la pédale). Et c’est après un pelé Kick d’AJ sur Chavito que la mécanique bien huilée de cette rencontre se grippa, car les champions Kaz et Daniels vinrent sur le ring et attaquèrent AJ comme Chavo, le match se finissant sur un No Contest.

 

Bien sûr, la madame Claude de la maison TNA, Hulk Hogan, ne pouvait laisser sans réponse  le besoin manifestement prégnant de masochisme de ses champions; il officialisa donc la meilleure nouvelle catchesque possible depuis des lustres, à savoir un 3-way à Bound For Glory entre les trois équipes pour le titre ! Quel pied !

 

 

Non, je ne ferai pas de blague avec cette image, c’est bien trop facile !

 

 

Voila, si vous aimez les parties à plusieurs, nul doute que Bound For Glory vous comblera, avec trois teams toutes prêtes à en découdre. Autre point de satisfaction : toute référence à la storyline Claire Lynch semble derrière nous, et les titres sont les seuls motivations des lutteurs, ce qui les replace bien comme un trophée de prestige. Vu que l’année dernière, les ceintures furent disputées en Dark Match, on s’imagine le progrès accompli ! Et avec trois semaines encore de build avant le PPV, on peut espérer que la feud laissera le spotlight à d’autres dans les deux prochaines semaines avant de se rappeler à notre bon souvenir d’ici le jour J. Champagne.

 

 

Hernandez a essayé de se mettre aux câlins lui aussi, mais rien d’y fait : la furia hispanique de ce grand timide l’emporte toujours sur ses sentiments. Moralité : une bonne storyline c’est bien, de grands matchs, c’est mieux.

 

 

Quoi ? Vous préférez le brutal, le brut de décoffrage aux actions à plusieurs ? Soit, nous sommes éclectiques, et James Storm s’avance d’ailleurs sur le ring. Plutôt abonné aux relations violentes, le cowboy profita d’Open Fight Night pour lancer un challenge à son ex-partenaire de jeu, Bobby Roode, qui se pointa en costume et déclina l’invitation, prétextant en avoir terminé avec lui. Et on le comprend, une règle importante de la vie voulant qu’on ne reprenne pas une vieille maitresse.

 

 

Surtout si elle a mal vieilli…

 

 

Mais Hogan ici aussi s’imposa : OFN n’est pas une option, donc Bobby, tu as trois minutes pour te préparer, sinon ça va chauffer. Nous eûmes donc droit à une confrontation, certes, mais bien moins à un match qu’à un brawl, chacun des ex-Beer Money ayant manifestement très envie de faire subir à l’autre un traitement plus hardcore que celui infligé à Mélissa Lauren dans une de ses innombrables productions gonzo (oui je me suis rencardé pour préparer cet article, cher public je ne reculerai devant aucun sacrifice pour te satisfaire…).

 

Roode resté en tenue de ville subit longuement les assauts du cowboy en furie, mais sut se reprendre à plusieurs moments, tout cela pour à chaque fois subir de nouveau une punition, parfois même avec l’aide du public. Un brawl fun et intense qui se prolongea jusque dans les coulisses, et à l’issue là aussi non tranchée puisqu’il y eut double décompte à l’extérieur. En tout cas, le « mauvais sang » entre ces deux-là promet aux amateurs de violence et de cris de nombreux moments de bonheur, donc si vous êtes amateurs du genre, restez connectés !

 

 

Mais les mordus de fétichisme sont également les bienvenus !

 

 

Ooooh, mais non j’ai compris : vous êtes amateurs de femmes musclées et sexy ! Eh eh, vous connaissez la dernière ? Nous avons une nouvelle dominatrix à la TNA ! En effet, Tara s’est pointée cette semaine sur le ring en vue d’expliquer son geste de la dernière fois : sa BFF l’a utilisée pour devenir meilleure et accéder au titre, mais son nouveau copain, une star d’Hollywood (je ne sais pas de qui elle parle, un autre apport mainstream à la TNA en vue ?) lui aurait ouvert les yeux : retour au cuir, à la méchanceté gratuite, ce que subit Christy Hemme, à qui Tara voulait extorquer un peu de RESPECT à son égard, pour être ensuite sauvée par la championne.

 

La fille du patron, Brooke (qui a un regard aussi expressif qu’un poisson mort lors de ses répliques, ça m’a explosé aux yeux cette semaine) a prévenu la fana d’araignées qu’elle pouvait s’attendre à des « répercussions » la semaine prochaine ! Le mystère sur la nature de ces répercussions reste entier, mais au cas où restez alertes, on aura peut-être un spanking au gode-ceinture ; ou bien une officialisation d’un rematch à BFG, ce serait bien aussi. En tout cas, Tara s’approprie une storyline en vogue ces derniers temps, avec d’ailleurs les mêmes termes (je suis la meilleure au monde, c’est presque en substance ce qu’elle a dit) et qui apparait largement surannée. Mais bon, on s’en offusque moins quand c’est Tara que quand c’est CM Punk.

 

 

– Qui est-ce qui parlait de « god-ceinture » ? Non parce que j’ai trouvé une ceinture là !

– Ta gueule, Jeff et rends-moi mon pagne !

 

 

A moins que vous soyez plus friand de fraicheur, de  nouveauté, auquel cas le gut-check de cette semaine vous aura comblé. Le jeune Evan Markopoulos, dix-huit ans, venait se faire dépuceler en direct par un habitué de la maison, Douglas Williams, toujours avide de faire profiter un petit jeune de ses conseils. Comme de juste, il s’impose avec maestria, le jeune puceau se fit démonter la rondelle, sans avoir pu trop montrer ses qualités, bien qu’il semble seller correctement et a su faire paraître Williams sous un bon jour, alors que ce dernier semblait un peu se demander ce qu’il faisait là. Comme Kris Lewie, Markopoulos semble destiné à un refus, ici probablement plus à cause de son jeune âge qu’à cause de son réel talent ! Mais l’interview d’Al Snow backstage avant le match laisse à penser qu’une fois encore, Joey Ryan viendra titiller le jury et faire parler de lui. Désolé Evan, mais toi aussi tu sembles n’être destiné qu’au rôle de brebis sacrificielle.

 

 

– Non mais Evan, il a dit « seller », pas aller à la selle, alors retiens-toi.

– Eh vu ce que viens de prendre, t’étonnes pas si j’ai envie de faire la grosse commission !

– Désolé, mais la maison ne fait pas dans le scato !

– Ah ouais, et balancer Bischoff dans des chiottes, c’était quoi  ça ?

– Attention, ne pas confondre scatologie et fan-service !

 

 

Non, ça ne semble pas pleinement vous satisfaire. Vous êtes difficiles vous ! Alors autant évoquer le WHC. Dans un segment backstage, le champion Austin Aries avait fait part à Jeff Hardy de ce qu’il n’avait pu dire la semaine dernière : comme on pouvait le penser, Aries a fait, il est impatient de prouver sa valeur, ce qu’il fera en battant Hardy en Grandest Stage of Them All  in TNA, et d’avoir une fan-base de « moutons » (sic) comme la sienne.

 

Bref, il renverse la charge de la preuve : il n’est pas le chassé, mais le chasseur. Il finit d’ailleurs l’épisode en défiant Bully Ray, qu’Hardy a battu deux fois en quatre jours quand lui-même avait ramé pour le faire. Il voulait donc prouver qu’il était au niveau de Jeff, et semblait développer un complexe d’infériorité. Après un échange très intéressant avec Bully qui se promenait autour du ring, Aries se précipita sur lui par-dessus la troisième corde pour débuter les hostilités. La rencontre, elle, débuta après trois minutes de brawl totalement dominées par Aries, qui continua à mener les échanges jusqu’à ce que Bully projette l’arbitre sur Aries, avant les coupures pub (oui, deux d’un coup, je n’ai pas compris), ou Bully malmenait son adversaire dans les cordes puis au sol. Ray continua de malmener également son opposant psychologiquement en lui disant qu’il devait regretter de l’avoir appelé, jusqu’à ce qu’Aries passe en mode venère. Malgré tout il restait dominé, alors que Bully continuait à le disséquer pièce par pièce, ainsi qu’a gueuler sur l’arbitre, Earl Hebner. Aries revint dans la rencontre grâce à sa vitesse et à un dropkick depuis la troisième corde, une vitesse qui l’empêcha de se faire écraser peu après par un Bully qui voulait s’asseoir sur lui. Au temps pour les amateurs de facesitting.

 

 

Aries veut mériter le respect de ses pairs : c’est pourquoi il a demandé à Bully de l’entrainer avant son initiation à la Fistinière (tiens ça rime).

 

 

C’est alors que le match prit un tournant inattendu : Ray balança Aries sur Hebner, qui fut assommé, et ne put voir Bully taper sur le Last Chance qui suivait un très joli base-ball slide sur sa jambe droite. Soumettant du vide depuis dix secondes, Aries comprit le problème et tenta de relever l’arbitre, puis de réaliser un missile dropkick. Malheureusement pour lui, mais heureusement pour les amateurs de chaines, Bully lui mit un grand coup de la sienne dans la tête pour ensuite faire le tombé, qui fut victorieux.

 

 

Finalement, Bully Ray a plutôt bien géré la négociation autour de son nouveau contrat.

 

 

Certes c’est une victoire teintée de triche, mais le fait est là : Bully a battu le champion du monde en titre, et sa prise de ceinture post-match semble bien montrer que ses prétentions viennent d’être revues à la hausse. Néanmoins c’était sans compter avec le relou de service, Jeff Hardy qui vient sauver Aries d’un beatdown pour ensuite parader avec le titre, puis se prendre la tête avec le champion qui s’était remis de son coup dur. Clap de fin.

 

Alors, une partie à trois dans le main event de Bound For Glory ? Cette possibilité devient sérieuse, même si je pense qu’il faudra à Bully gagner au moins un autre match s’il veut participer. En tout cas il est durablement dans la title picture, et son inclusion permettrait à la salle de huer un des protagonistes de l’affrontement sans complexes, Aries restant face/tweener et Hardy indécrottable fan-favorite. A voir, en tout cas si cela se confirme, le Main-Event deviendrait bien plus indécis.

 

(PS : Et ça ne m’étonnerait pas qu’on retrouve Bully dans le match, pour le voir gagner grâce à Aces and Eights et se révéler être leur leader. Vous l’aurez lu ici en premier.)

 

Pardon ? Vous voulez parler à la tenancière ? Désolé mais pas ce soir ! Non pas qu’elle ait la migraine, mais elle a été très occupée. En effet elle recevait dès l’opening un VIP, rien de moins que Shaquille O’Neal, habituel adepte du club libertin d’en face et qui venait assurer à Hogan qu’il protégeait ses arrières ronds et potelés avant de montrer ses muscles. A voir si cette apparition en appelait d’autres ou bien si ce n’était qu’un one-shot, mais le Shaq crée la surprise et cela ajoute une pièce de plus au dossier que je me constitue sur les stratégies de développement « mainstream » des fédérations de catch, mais c’est une autre histoire…

 

Manifestement, Hogan est en train de préparer un gang-bang très jouissif pour Phoenix (non pas Beth, mais c’est la que se passera BFG, faut suivre), avec Aces and Eights dans le rôle titre. Ces derniers se sont d’ailleurs entrainés sur le corps non-consentant de Joseph Park, capturé par la stable alors qu’il s’apprêtait à donner une preuve de l’identité d’Aces and Eights. Hogan voulait s’échanger contre Park, ou ce qu’il en restait après le coup de marteau qu’il s’est pris. La révélation tant attendue risque d’attendre donc Bound For Glory, et je ne serais pas surpris d’apprendre que Ray est un cheval de Troie au service d’A’s and 8’s au sein de la TNA. Quel suspense…Attendez, mais ou allez-vous ?

 

Non, non attendez ne partez pas, la semaine prochaine ce sera encore mieux. Les annonceurs l’ont dit, le TV title sera « déterminé » (on sait pas comment, ou si le départ de Devon sera reconnu, mais bon au moins le titre sera conservé), on devrait revoir Joey Ryan, Tara sera punie, on verra peut-être la X-Division, le WHC sera peut-être enfin officialisé en 3-way, Aces and Eights devraient tenter le premier viol en direct sur Hogan.… Si c’est des nains que vous voulez, on peut embaucher Hornswoggle, au pire on mettra un postiche à Aries… Non mais sinon, Beth vient de se casser de la WWE, si vous aimez les belles musclées, et on pense à castrer les deux Robbie en direct! Non attendez, nous aussi on en a des lutteurs masqués et des types avec des barbes à la con, revenez, rev…

 

 

– Non revenez, revenez….

– Mais il cauchemarde là, Taiji?

– M’en parle pas She Mamuse, il ne comprend pas que la TNA qui a fait six mois de show très bons soit toujours distancée à ce point par la WWE, que ce soit dans les ratings ou que dans les commentaires du site, alors qu’ils sont clairement moins performants. Du coup ça le poursuit quand il dort.

– Ben après autant d’années dans la nasse, les suiveurs attendent de voir, tu sais comment ça se passe, Axl, la TNA a merdé tant de fois. En plus, y’a Kane et Bryan qui font les cons en face, ils peuvent pas lutter !

– Le temps nous le dira, She. Le temps nous le dira…

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