Catch

Regain de forme

L'enthousiasme est à la base de tout progrès.

Henry Ford

 

Alors que l’Europe toute entière vit sous le signe de la rigueur, que les budgets nationaux sont faits de sang, de larmes et de sueur, alors qu’une troïka sans visage impose ses mesures iniques et douloureuses aux pays les plus fragiles, les Cahiers du Catch ne pouvaient rester insensibles à la cure d’amaigrissement forcée que subit notre vieux continent. Par mesure de solidarité, nous avons décidé de nous contenter cette semaine d’une nalyse courte et austère. En espérant des jours meilleurs, des lendemains qui chantent, des écolos à la place qui est la leur et des main events sans John Cena.

 

 

Parce que si on continue à manquer de respect à la Voix des sans voix, ça risque de mal finir.

 

 

Nalyse de Raw du 24 septembre

 

 

Je pense ne pas prendre beaucoup de risques en affirmant que la rédaction des Cahiers du Catch, ainsi qu’une majeure partie de son lectorat, ont du mal avec Raw, version supershow de trois heures, pubs comprises. Depuis le passage au nouveau format, combien de fois nous sommes-nous dits en notre for intérieur « putain que c’est long », face à des épisodes trainant en longueur et dont on semblait ne jamais voir le bout. Interminable, c’est d’ailleurs mon qualitatif préféré ces temps-ci, lorsqu’il s’agit de donner mon avis sur les shows du lundi soir. Mais à l’instar de l’excellent SmackDown de vendredi dernier, touché par la grâce, les bookers paraissent avoir enfin retrouvé un peu d’inspiration, et surtout une ligne directrice. C’est tout du moins mon sentiment à l’issue de ce Raw bien construit, rythmé et cohérent. 

 

Respect !

 

Il a encore été beaucoup question de respect cette semaine. Comme on pouvait le prévoir, CM Punk a modérément apprécié l’erreur d’arbitrage subie lundi dernier et a ouvert les hostilités, assisté d’un Paul Heyman au sommet de son art oratoire, en réclamant la démission du pauvre homme en noir et blanc qui ne savait sur quel pied danser et n’opposa qu’une timide résistance face au brillant duo qu’il affrontait verbalement. Il n’a dû son salut qu’à l’intervention d’AJ, passablement énervée par l’outrecuidance du Champion WWE et de son manager au visage rond et sournois. Mais le Second City Saint était décidément en verve et, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, a cloué le bec de la General Manager détraquée du bulbe. Il faut dire qu’en évoquant sa demande en mariage, les textos enflammés qu’elle lui envoyait, et les messages énamourés laissés sur sa boite vocale, le straightedge jouait sur du velours, de façon assez peu classe, certes, mais diablement efficace. Le segment s’est terminé sur une surprenante et ironique scène, Heyman à genoux, quémandant la main de l’innocente brune décervelée. Ce qui ne semble pas avoir été du goût de la frêle déglinguée du cerveau, puisqu’elle gifla son prétendant, pour clore à sa façon cette longue et excellente séquence d’ouverture de show.

 

 

Did you know? Même quand elles ont un rôle d'executive women, les Divas sont obligées de montrer leur cul en arborant des micro-shorts.

 

 

Est-ce que t’as des couilles Cihaime ?

 

C’est aussi de respect dont il s’agit un peu plus tard dans la soirée, quand Mick Foley, brillant orateur de son état, affronta CM Punk au micro, sous les yeux gourmands et goguenards d’un public ravi.

Eh oui, CM, le respect, ça se gagne, lui dit-il en substance. Les statistiques, les jours de règne que tu égrènes fièrement, c’est du pipeau. Ce que les gens veulent, ce sont des grands moments, des faits de gloire, des oh my god à n’en plus finir. Où est passé l'immense Champion que je félicitais par SMS un certain soir de juin, alors qu’il venait tout juste de s’imposer face à John Cena, à Chicago ? Qu’est-elle devenue, cette Voix des sans voix, qui portait la fédération sur ces épaules, il y a quelques mois encore ? Tu exiges qu’on te respecte, mec ? Mérite-le, comme je l’ai fait en mon temps en multipliant les exploits lors d’un fameux match en cage. Affronte John Cena à Hell in a Cell, et alors là oui, tu pourras prétendre au respect.

Bizarrement, Punk n’a pas trop aimé. Mais est parvenu à conserver son calme en ne butant pas Foley sur le champ.

 

 

Et le Grammy du gimmick le plus 80s plouc de la WWE est décerné à…

 

 

Un animal blessé est un animal dangereux

 

Mick Foley l’avait annoncé lors de son segment face à Cihaime : le Marine, même blessé, est là ce soir et viendra exprimer ses habituels propos dégoulinants de bons sentiments pas plus tard que tout à l’heure. Dès lors, il était évident que le main event de la soirée donnerait lieu à un nouvel affrontement verbal entre le Champ de rose vêtu et sa Némésis, le désormais cruel et antipathique CM Punk. Bingo, c’est exactement ce qu’il s’est passé. Johnny s’est pointé, s’est mis le public dans la poche grâce à ses vieilles techniques de cheap pop usée jusqu’à la corde, puis s’en est véhémentement pris à CM Punk, dans un éclat de rage et de cris à la limite du PG dont il a secret. La transition était parfaite, et nul ne fut surpris lorsque retentirent les premiers accords du riff de guitare de Cult of personality. Le Second City Saint avait l’air de l’avoir un peu mauvaise devant cette nouvelle marque d’irrespect (mais il faut s’y habituer, CM est heel, donc se plaint tout le temps) et tenait à le faire savoir à Cena. Classique, mais efficace.

Non Johnny, je ne t’affronterai pas à Hell in a Cell, tu ne seras pas physiquement en état et puis, tu as eu ta chance, quelqu’un d’autre mérite le title shot. Casse-toi tu pues, et marche à l’ombre. Et by the way, dégage de mon ring ou je te pète la gueule, mais genre pour de bon, à tel point que ta dernière blessure longue durée te paraitra une aimable promenade de santé par rapport à ce que tu vas subir. Je vais te tourner le dos et compter jusqu’à cinq pour te laisser une chance. 1, 2, 3, 4, 5…

MAIS ! WAIT A MINUTE ! John Cena a sorti un tuyau de fonte de son short en jeans ! Pan sur le bide de Cihaime qui quitte piteusement le ring, la queue entre les jambes ! Pas content. Tellement pas content qu’il allonge Mick Foley en backstage. Gratuitement ? Pas tout à fait, puisqu’aussitôt son forfait accompli, l’attention de Punk est attirée par un étrange grognement sourd. Oui, il s’agit bien de Ryback, respirant comme un bœuf au-dessus du corps inanimé de Foley, ayant l’air de dire au straightedge « la prochaine fois, tu me trouveras sur ton chemin ». Ce qui ouvre certes des perspectives en cas de forfait de Cena à Hell in a Cell, mais surprendra l’observateur avisé de ce sympathique épisode de Raw. C’est en tout cas sur cette surprenante image que s’est terminé le show.

 

 

 

D'après notre newser She Mamuse, le Miz voterait pour une feud entre Ryback et Punk.

 

 

La surprise de l’observateur avisé

 

Ryback possible adversaire de Punk pour le titre WWE ? Ma foi pourquoi pas. Le problème, c’est les penseurs de Stamford nous l’ont présenté lors de la même soirée comme un éventuel challenger à l’assaut de la ceinture intercontinentale. L’insatiable bête est en effet venue à bout du Miz à la régulière, et avant cette séquence étonnante ayant vu l’ex-membre du Nexus défier Dieu en personne, on semblait se diriger tout droit vers un feud entre le champion IC et le fauve affamé. Du coup, je suis perdue et j’ai le sentiment que la WWE se ménage une porte de sortie en cas d’indisponibilité de Cena. En gros, si John est rétabli, cela donnera CM vs. Rise about Cancer & Hate, et Ryback vs. Miz. Dans le cas contraire, la brute tentera de s’emparer du titre suprême, et on improvisera pour la ceinture intercontinentale. Ça peut se comprendre, mais ça m’énerve.

     

Ryback, jouant au lancer du poid avec le Miz

 

 

Un peu de catch entre deux segments

 

Oui, Raw a offert la part belle aux développements de ses storylines, via des vignettes vidéo ou des promos enflammées, mais il y a tout de même eu un peu de catch dans cet épisode solide et structuré. Ainsi, Dolph Ziggler a-t-il (une fois de plus) affronté le bondissant Kofi Kingston. L’alchimie est si bonne entre les deux hommes que lorsque les bookers ont un trou à boucher, ce n’est pas leur bite qu’ils utilisent, mais bien le talent de ces deux excellents techniciens des rings. Bien sûr, le spectacle fut au rendez-vous, l’affrontement de toute beauté. Mais une fois encore, ce match sortait du nulle part, n’étais assis sur aucune perspective de storyline et ne semblait avoir pour but qu’un simple remplissage pour occuper un porteur de mallette dont la creative team ne parait savoir que faire jusqu’au moment où il encaissera son baise-en-ville ! Oui, ils s’entendent bien entre quatre cordes, mais donnez-leur une histoire à nous raconter, ou nous aurons toujours du mal à nous intéresser aux péripéties ringuesques de ces deux zouaves. Sinon, Ziggler l’a emporté. Ce qui pourrait inspirer nos brillants débateurs.

 

 

PROUUUUTTT!

 

 

Les tag teams à l’honneur ?

 

Puisque les affrontements en équipe sont à l’honneur ces temps-ci, un quota de tag team matchs semble désormais imposé à chaque épisode de Raw ou de SmackDown. Ce lundi, les Prime Time Players étaient ainsi opposés aux redoutables Santino Marella et Zack Ryder (je déconne, hein), lesquels se sont rapidement inclinés au terme d’un combat n’offrant qu’un intérêt tout relatif. Les pauvres PTP paraissent de toute façon condamnés aux seconds rôles depuis l’émergence de la fantasque équipe faite d’un gros monstre rouge et d’un dragon américain, d’autant plus que le title shot est visiblement promis au curieux et nouvel attelage composé de Cody Rhodes et de Damien Sandow. Les deux heels s’en sont effectivement lâchement pris à Daniel Bryan et Kane, lors de l’annonce des résultats du vote Twitter du soir, destiné à choisir un nom pour cette association que les Cahiers du Catch s’obstinent à vouloir appeler Yes we Kane, en hommage à une subite inspiration d’un charentais. Mais le public a décidé, ce sera la team Hell No, un moindre mal à la lecture des deux autres choix possibles, que j’ai déjà oubliés. Les deux hommes nous ont encore régalés, grâce à des séquences vidéo désopilantes, mais la question n’est toujours pas tranchée. Leur hégémonie à venir (prévisible) est-elle une bonne chose pour la division par équipe ? Je n’en suis pas persuadée, et c’est un débat qui mériterait d’être approfondi.  Un volontaire parmi nos rédacteurs ou lecteurs ?

 

 

24/09/2012 – Portés disparus

 

 

Ça bouge chez les filles !

 

C’est également en tag team que se sont affrontées les Divas. Alicia Fox & Layla, les gentilles (il faut préciser, ce n’est jamais très clair pour la black magic woman) versus Eve & Beth Phoenix, c’est ce à quoi nous avons eu droit en guise de pause pipi. Le match en lui-même est oubliable (victoire des méchantes, Eve force le tag alors que Beth allait faire le tombé sur Fox), mais son segment final offre enfin des perspectives d’avenir pour les filles. En effet, aussitôt la cloche sonnée, Kaitlyn est apparue, clopin-clopant, et se déplaçant difficilement à l’aide d’une béquille, pour bien souligner qu’elle est blessée. Elle aussi avait sa tête des mauvais jours. Il faut dire qu’après avoir visionné les enregistrements des caméras de sécurité, elle est parvenue à la conclusion que son agresseur était une blonde à forte poitrine ! Donc bon hein, suivez mon regard… Eve, ta coéquipière est blonde comme les blés alors hein, à d’autres, tout ça c’est de ta faute. Et là, vous auriez dû la voir la Championne des Divas. Super vénère après la Glam ! Quoi ? T’as péta ma copine ? Salope ! Nan même pas vrai, rétorqua la salope présumée ! Menteuse ! Si, c’est toi, d’ailleurs t’es blonde et t’as une paire de nibards énormes, comme le suspect ! Ok, mais je te rappelle qu’on a toutes des seins comme des obus ici, c’est un critère de recrutement. À la WWE, les œufs sur le plat, ça finit General Manager au cerveau malade ! Pas faux, aurait pu répondre Eve si ce dialogue n’était pas fictif, mais quand même, t’es une salope et c’est toi la méchante ! Bing, finisher d’Eve, Beth est KO et Kaytlin dubitative. Nous aussi, mais c’est un début. Axl aimerait que cela annonce l’arrivée de Sarah Del Rey. Je lui ai fait remarquer qu’elle est brune, donc ne colle pas avec le profil de celle qui a agressé la bodybuildeuse. Ce à quoi il a fort intelligemment répondu qu’au XXIe siècle, se teindre les cheveux, c’est quelque chose de largement jouable. Ce que j’ai admis bien volontiers, tout en caressant mon abondante chevelure rose bonbon.

 

 

Ronda Rousey, on t'attend!

 

 

Les pauses pipi, bien pratiques pour les vessies délicates

 

Il y avait par ailleurs des matchs sans aucun intérêt ce lundi. Brodus Clay était par exemple opposé à Lord Tensaï, dans l’indifférence générale. Ce booking a dû énerver un tantinet le Big Show puisqu’il a cru bon d’interrompre la joute des deux costauds errant sans storyline. Il a d’abord envoyé le néo Japonais ad patres, avant de coller un énorme pain botché au délirant danseur disco. Pourquoi ? Ne me le demandez pas, je n’en ai aucune idée. Mais je suis prise de vertiges face à l’enjeu. Le Big Show qui se mêle d’un non-feud de midcarder ? Bigre, j’ai hâte d’en savoir plus !

 

 

NOT ! NOT !

 

 

 

 

Dans la famille je m’en fous, je voudrais le match entre Wade Barrett et Tyson Kidd. Un squash de plus pour l’Anglais, et un combat qui ne mérite pas mieux qu’une vignette. Reviens quand tu auras une feud, hein, sale roastbeef !

 

 

SmackDown is in da house

 

Raw c’est super chaud, donc c’est un peu SmackDown aussi. Pour nous rappeler que le lundi soir prime sur toute autre soirée de la semaine, la WWE a programmé, par la bouche de la facétieuse AJ, un match à trois contre trois composé d’éléments du roster du show de la brand bleue (du moins, je crois, je m’y perds à force) : Alberto Del Rio, Ricardo Rodriguez et David Outunga étaient offerts en pâture à Sheamus, Rey Mysterio décidément très gros et Sin Cara qui en en finalement un. Visage. Oui, Sin Cara veut dire sans visage, donc là, vous pouvez rire, c’est une sorte de jeux de mots.

 

 

Riez!

 

Le combat fut plaisant (expression bien pratique quand on ne sait pas trop quoi écrire et qu’on arrive en bout de nalyse) et s’est conclu de la manière la plus logique qui soit : le non-catcheur Ricardo s’est mangé le tombé (très beau mouvement de Sin Cara, depuis le haut de la troisième corde, naturel, instantané et surtout réussi) après une séquence d’humiliation somme toute habituelle. Au passage, Otunga s’est pris un Brogue Kick, bref, rien de nouveau sous le soleil de Vera Cruz. Juste de quoi nous faire patienter jusqu’à vendredi.

 

 

C'est ce que Sheamus appelle le Grand Pardon.

Un seul coup de pied à la fois.

 

 

The King of the Congs

 

Enfin, il fut également question du rétablissement de Jerry « The King » Lawler » lundi, puisqu’il était interviewé en direct depuis sa kitchissime demeure de Memphis. Qu’en dire ? Qu’il a des goûts de merde en termes de déco, qu’il va mieux, mais ne se souvient pas de grand-chose. Bref, mauvaise nouvelle pour les haters, il finira bien par revenir. Notons tout de même que la pudeur de la WWE a des limites et que business is business. Michael Cole nous a une fois de plus fait le résumé de la nuit tragique, avec photos d’évacuation et de massage cardiaque à l’appui. La grande classe, mais ce n’est que la suite logique des gros plans mélodramatiques du visage de Cole le soir de l’accident.    

 

 

Quand le King veut écouter de la musique, il ne met pas de CD dans sa platine. Il fait venir un guitariste dans son salon.

 

 

Vous aurez certainement compris que cette nalyse n’est que partielle, écrite à la l’arrache et pensée à la va-vite. Ce show consistant et parfaitement rythmé, preuve que les bookers semblent enfin avoir pris la mesure de ce qu’exige un épisode de trois heures en termes de construction, ce Raw si agréable à suivre méritait sûrement de plus longs développements, une analyse plus fine. Ce qui sera ma conclusion, en forme de défi pour nos rédacteurs adeptes de la nalyse fulgurante et concise et les lecteurs / commentateurs du site qui s’ignorent, mais peuplent ces pages ainsi que celle du forum.  

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