Catch

The end of the world as we know it

La fin du monde, c’est quand on cesse d’avoir confiance.

Madeleine Ouelette-Michalska

 

Enfin ! Bound for Glory millésime 2012, c'est du passé, et quel show ! Du suspense, un booking haletant, un public au top : la rédemption de la TNA est validée ! Awesome ! Du coup la Nalyse se doit d’être à la hauteur et on va donc revenir sur cet enchainement de bons matchs, chaque feud sera disséquée, et bien sûr, on s’attardera sur le main event à couper le souffle ! Quel pied mes amis ! Wunderbar ! Subarashi !  (PS : et ça être LONG, vous êtes prévenus).

 

 

Mais plus c’est long, et plus c’est bon !

 

 

Nalyse de Bound for Glory, version 2012

PPV principal de la TNA oblige, on va aller croissant dans l’intérêt et dans la carte, c'est-à-dire ici linéairement sauf qu’on va commencer avant l’opener par le moins bon match de la soirée, Joey Ryan vs Al Snow. Non pas que ce fut une purge totale, loin de la, mais Ryan n’a rien montré, se faisant dominer par un Snow certes pas trop en méforme, mais bien en dessous du niveau requis pour un tel événement. Le vrai intérêt du match ne résidait d’ailleurs pas semble-t-il dans sa confrontation avec Ryan : alors que ce dernier était coincé entre le ring et le tissu qui en recouvre les abords, et que Snow allait chercher sa tête (de femme en plastique, un vieux truc à lui, je ne suis pas sur que le jeune public ait compris, mais heureusement la foule si), Matt Morgan s’est invité et a expédié un Carbon Footprint dans la tête du jury de Gutcheck. Le temps pour le Blueprint de remettre le vioque sur le ring, et Ryan empochait la victoire et le contrat.

 

Difficile de dire quel sera le rôle exact de Morgan à l’avenir, s’il se concentrera sur Snow ou s’il va vouloir défoncer le roster, mais le revoir en bad-ass, quelle joie ! Son heel run de 2010 était en effet pas mal du tout, et je pense qu’il a les moyens de revenir vers le haut de la carte assez vite, et d’être bien moins transparent qu’en face. Le mystère plane sur la manière dont il va s’y prendre pour kayfabement parlant retrouver un contrat, mais gageons que la TNA a son idée. Du coup la victoire de Ryan passe un peu au second plan, mais j’espère qu’il fera son trou seul et sans Morgan en side-kick.  Mais bon, une nouvelle recrue (voire deux en fait) pour la TNA, c’est chouette ! Wouhou! Extra! Génial!

Snow est d’ailleurs tellement content qu’il tente de lancer une ola !

Abordons maintenant l’opener, le match pour le titre à la croix rouge opposant le champion régnant Zema Ion au vétéran, Rob Van Dam. Sans réel build-up, ce match servait surtout à nourrir Ion, encore jeune et en attente d’une feud avec Sorensen, et à lui donner une stature un peu plus importante. Grâce à une foule très impliquée, le match put lancer de bonne manière le show, avec un RVD prompt à mettre à terre le champion et à faire jouer la puissance de ses jambes avec un thrust kick, et même à réaliser un grand écart, très utile dans un match de catch… ou pas ! Zema reprend l’avantage puis moque le taunt de RVD, mais se fait coincer sur la troisième corde et se prend un nouveau thrust kick qui le heurte de plein fouet, ce qui est logique puisqu’on voit bien sur la vidéo qu’il n’est passé qu’à dix centimètres de sa tête. Quel match !

 

Tornado DDT d’Ion pour revenir dans la rencontre, puis quelques plongeons sur RVD à l’extérieur, ça y est, là, on se sent dans un match de la X-Division grâce au champion en titre ! RVD tente un Monkey Flip astucieusement contré par Zema qui enchaine avec un gros Missile Dropkick sur Van Dam et un tombé manqué. Arrive alors un Abdominal Stretch qui a eu du mal à se locker, mais RVD s’en dégage, série de droites qui font réagir le public, puis RVD fait s’élever Ion pour enclencher un Dropkick révolutionnaire qui touche le vide juste devant le buste de Zema pour créer un appel d’air accentuant l’impact de la chute.  Rolling Thunder de RVD, suivi bien sûr d’un 5 star Frog Splash ; RVD met cinq secondes à réaliser le tombé, que le champion contre fabuleusement à 2,99… Ah ben non!

Miracle de la technique : on croirait vraiment qu’RVD touche sa cible.

Mmhh. Euh, d’accord. Ok ben RVD est champion, et en y réfléchissant le move est peut-être le bon : après tout Ion était un champion très peu télégénique, ce qui pouvait expliquer pourquoi la TNA ne l’a quasiment pas montré à la TV ces dix dernières semaines et le peu de build dont il a bénéficié. En plus, Ion a joué son rôle en luttant contre Dutt et King, en volant le show à chaque fois, mais la division avait besoin d’un tôlier, d’un type capable d’enchainer les MOTY semaine après semaine sans sourciller, et RVD est cet homme *rictus douloureux*. Difficile de savoir ce qu’il va advenir de Ion (qui peut récupérer vite son titre d’ailleurs, vu la volatilité récente des règnes à la TNA), mais le champion est mort, longue vie au champion. Fantastique ! Merveilleux ! Un pur régal !

 

Enchainons tout de suite par le match pour le TV Title, Samoa Joe vs Magnus. Deux anciens champions tag team qui s’affrontent pour le titre le moins prestigieux de la fédération (chez les hommes), mais le moins qu’on puisse dire c’est que ces deux-là en voulaient et que leur alchimie fonctionne décidément à plein. Un match à regarder pour savoir ce que ce dernier terme signifie vraiment, notamment grâce à un Joe motivé du feu de dieu pour garder son trophée. Travail au sol pour commencer, puis Joe réussit son enchainement Splash sur le turnbuckle/Enzuigiri, Magnus revient avec une Rebound Clothesline, enchaine les coups de coude et de genou, puis un Front Suplex sur Joe. Grosse entame donc, mais Joe répond très vite par un enchainement Gut Buster-Dropkick-Senton, puis un Scoopslam assez impressionnant sur un type de la taille de Magnus.

 

Les premiers « This is awesome » de la foule retentissent à raison, et ce n’était que le début, avant que le « Samoa Joe show » ne commence : il enchaine les prises de soumissions, en commençant avec un STF (qui provoque une grosse pop), puis il bloque les bras de Magnus qui réussit à atteindre les cordes avec ses longues jambes. Tentative de Muscle Buster, puis de Superplex, que Magnus réussit à éviter avec un très beau coup de genou dans la mâchoire, puis un coup de coude plongeant qui aboutit à un nouveau nearfall, mais surtout à l’énervement de Joe qui, sous les encouragements de la foule, réussit à éviter une autre Rebound Clothesline pour placer un Sleeper contré en une espèce de Slicebread par Magnus pour un nearfall. Puis Joe place une Coquina Clutch, là aussi contrée par Magnus qui fait tomber son adversaire et tente un Legbreaker mais Joe le saisit pour un nouveau Coquina Clutch… qui le fait taper. Victoire de la Samoan Submission Machine ! Wouh, quel match ! Un peu déçu que la TNA n’ait pas placé sa confiance en Magnus qui a prouvé ici qu’il représentait l’avenir, mais la victoire de Joe récompense son retour au top bien mérité. Sensationnel !

Le secret de Joe : sa puissance lui vient de sa serviette.

Ensuite, premier gros match de la soirée, pour rester dans les anciens partenaires qui s’entredéchirent : le Street Fight Bobby Roode vs James Storm ; placé un peu trop rapidement pour moi dans l’ordre du PPV (3e match « seulement »), il a néanmoins confirmé que la feud entre les deux ex-Beer Money avait bien sa place  en upcard : probablement le match le plus haletant de la nuit. L’interview prématch de Roode remettait la feud dans son contexte : il allait en finir avec la carrière de Storm, qui ne l’a JAMAIS battu. King Mo servit ici d’Enforcer, enfin surtout de protecteur d’arbitre, mais on l’a très peu vu, ce qui n’est pas plus mal.

 

Un début à base de coups de poing, de baffes et d’Irish Whip, Storm prenant l’avantage avec un Back Body Drop puis un grand coup de pied sur le visage de Roode.

Brawl à l’extérieur, où les deux belligérants font alternativement face à King Mo, puis concours de lancers sur la barricade que Storm finit par gagner avec un Russian Leg Sweep qui casse le dos du It Factor contre une barrière. Première tentative d’Eye of the Storm contré par Roode qui envoie Storm sur un poteau ; il se relève saignant comme un veau jusqu’à avoir le visage totalement rouge. J’en connais un qui a trop bien exécuté son bladejob.

Hommage à la Wolfpac ou bien à Flair ? Difficile de savoir.

C’est à partir de là que les choses devinrent de plus en plus folles : Roode s’acharna à coup de chaises sur son ex-partenaire, retour sur le ring avec Storm qui se venge au kendo stick (et déclenche l’approbation de la foule), puis l’action se déplace sur la rampe, et Storm se la joue Orton avec un DDT sur un Roode en suspens depuis les cordes. Storm enchaine avec un coup de béquille d’un des fans, puis les deux ex-partenaires se cassent la gueule à coups de couvercle de poubelle jusqu’à ce que Storm en enchaine 4-5 et finisse le travail avec la poubelle elle-même. Grosse violence, mais bonne viole…WOW Spinebuster de Roode, Storm est écrasé contre la rampe !

Nouveau déplacement jusqu’à la table des d’annonceurs, Storm tente un Suplex à partir de la table principale sur la table d’annonce espagnole, mais Roode contre et le SPEARE à travers cette dernière.  Retour sur le ring pour le premier tombé du match échoué, Roode gueule sur l’arbitre et King Mo s’interpose, une distraction suffisante pour que Storm réalise un Facebreaker, puis un Last Call, pour la vict…NON, Nearfall ! Storm en tente un deuxième, mais se fait contrer et projeter sur la chaise postée là bien avant pendant le match par Roode sur un coin.

 

Là, c’est un peu bizarre : Roode place Storm sur le turnbuckle, cherche quelque chose pendant plusieurs secondes sous le ring, prend une chaise et frappe Storm puis retourne à ses recherches et prend des clous qu’il dispose sur le ring. Il tente alors le Superplex, mais se fait contrer et projeter sur les clous Abyss Style, Diving Elbow de Storm, et encore un nearfall. Low Blow de Roode, légal, qui alla chercher un pack de six pour boucler la boucle et en casser une sur la tête de Storm, qui répond avec un Low Blow et se venge finalement avec la bouteille, puis Last Call et victoire du Cowboy. Énorme rencontre, ce qu’il fallait pour boucler la feud et donner à Storm la récompense dont il avait besoin. Roode a vaincu sa némésis dans ce qui est pour l’heure le match de la soirée, bravo à lui. Magnifique !

Allez, un petit coup pour fêter ça.

Passons maintenant au potentiel show-stealer de la soirée, le match pour les ceintures par équipe, avec Kaz et Daniels défendant leur titre face à AJ/Angle d’un coté, et Chavo/Hernandez de l’autre.

La rencontre débute avec AJ contre Chavo, le premier prenant l’avantage et passant le relais à Angle qui continue de dominer jusqu’à se faire blind-taguer par Daniels qu’il projette dans son coin pour faire revenir AJ dans le match. Chavo et Hernandez  reprennent ensuite le dessus, et Kaz fait à son tour le blind-tag. L’action s’intensifie avec un énorme Dropkick d’AJ, Angle tag, mais se fait à son tour remplacer par Chavo sans le vouloir. Plusieurs relais avec Hernandez affaiblissent Kaz qui peut trouver Daniels, AJ remplaçant à son tour Chavo et qui est à l’occasion victime de la première tricherie des heels : Kaz lance une énorme Clothesline derrière le dos de l’arbitre. Aj se fait coincer par les champions et leur combo Leap-Frog-Clotheline-Hip Toss, et est sauvé par Chavo qui évite le tombé.

 

Kaz place un Monkey Flip mais AJ réussit un magnifique rétablissement et évite le tag forcé avec les hispaniques, Pelé Kick, double tag pour Angle et Daniels, le premier virant TOUT LE MONDE (les quatre autres) du ring et c’est parti mon kiki, à partir de là, ça devient fou ! Série de Suplex par-dessus la tête, Ankle Lock éphémère, mais qui fait réagir le public (alors que jusque-là, ce n’était pas très animé niveau ambiance), et Angle en un éclair superplexa Kaz SUR Daniels ! Chavo brise le tombé juste à temps, mais se prend un Suplex lui aussi. Angle tente de s’acharner sur Kaz mais se mange un Slingshot DDT : Hernandez l’expulse du ring, tout ça pour être victime d’une Clothesline volante ahurissante d’AJ, lui-même victime peu après d’un STO de Daniels, qui enchaine avec un Springboard Moonsault. WOW !

Et la à ce moment du match, voici à peu près mon état d’esprit !

 

Et ça continue avec un plongeon dantesque d’Hernandez sur Daniels qui s’était retrouvé à l’extérieur, mais se fait punir par Kazarian d’un gros Hurricanerana. C’est à AJ de jouer, il prépare son 450 Splash sur Kaz… non il change de direction et EXPLOSE ses trois adversaires à l’extérieur comme une boule de bowling ! Chavo tente Los Tres Amigos, mais le troisième Suplex est contré en Angle Slam, et Hernandez se prend une souplesse en équipe. Mais AJ se prend un DDT magnifique de Kaz puis un Best Moonsault Ever, les champions vont retain… Non, nearfall !

Alors que Chavo plonge sur Kaz, Angle et Daniels s’affrontent sur le ring, Inverted DDT d’AJ, le Styles Clash est contré et Hernandez force le tag, il met à terre le chauve et Chavo hit le frog splash…Chavo et Hernandez nouveaux champions, au déplaisir de la foule, manifestement. Les nouveaux couronnés sont interviewés par Christy, mais le public ne réagit pas trop, sauf quand Chavito mentionne son défunt oncle… non c’est un hommage, certainement pas un moyen pour s’attirer de la pop quand on est l’équipe la moins over des trois et que la foule est déçue, non ! (*prend un lexomil*). Bon ben les hispanophiles seront ravis, mais dommage qu’AJ, MVP de ce match, ne soit pas récompensé, espérons que pour lui la chasse au championnat poids lourds redevienne une priorité. Hallucinant ! Génial… non je l’ai déjà dit, euh… Renversant ! Voilà, une victoire… Renversante !

Curieux, il me semble qu’Hernandez faisait déjà ça avant, mais je dois me tromper…

 

 

Au tour des K-O de s’illustrer, avec Miss Testmachair (dixit Mako) qui défendait son titre face à son ancienne partenaire (dites donc, c’est le thème du soir), Tara qui avait turné heel depuis sa défaite à No Surrender, et qui avait teasé la révélation de son « Boyfriend » pour BFG, dans un match arbitré par Teryn Terell. Gros regard méchant entre les protagonistes, puis plusieurs acrobaties, Tara faisant jouer sa souplesse abdominale et Tess…son cul, faut bien le dire (gaffe à pas trop danser, elle pourrait se blesser à nouveau…).

Long Spinning Hurricanerana, j’ai vraiment l’impression qu’il faut que Tara prépare le coup prochain de façon trop voyante pour Tessmacher. Tara finit par porter l’action à l’extérieur et à projeter la tête de Tess sur le ring, puis la ramène entre les quatre cordes, l’étrangle et la projette dans un coin. La fan des araignées domine, mais Tess revient avec un ciseau de tête transformé en Tornado DDT, pas trop mal fait, il faut bien le dire. Les deux chattes en furie se cognent au sol, série de Clotheslines de Tess, puis une mise à terre bizarre de la championne qui se relève dans un étrange saut carpé, puis un autre ciseau de tête, mais cette fois-ci à partir d’un saut depuis le turnbuckle. Tara finit par coincer son adversaire dans le coin du ring, mais se fait contrer, et laisse le temps à Tess de préparer un Diving Elbow contré, Widow’s Peak de Tara…pour la gagne !

 

Un match correct, mais parfois laborieux, les deux jeunes femmes faisant de leur mieux avec le temps imparti. Même si Tess s’améliore, elle a encore du chemin à parcourir. Tara, elle, redevient championne sous les acclamations d’une foule plutôt  contente (les chants Let’s go Tara étaient plus audibles que les Tara sucks), et profite de l’opportunité pour nous présenter son nouveau copain. Ah, on pouvait espérer du lourd, du Morrison, peut-être Young qui turnerait… Jessie de Big Brother… Hein ? Bon en tout cas, il est arrivé accompagné des cris d’une foule en liesse (ou en train de chanter « Who are You ? », je ne sais plus trop). On peut espérer que sa présence se fera discrète. La TNA étant du genre à ne pas renouveler ses erreurs, elle évitera de nous bassiner avec un autre produit idiot venu de la télé-réalité pour créer des feuds à la con… (*prend deux autres lexomils*). Ah, ça va mieux. Bon allez, Tara est championne et ça, c’est cool ! Nice ! Super!

Ou comment la TNA redéfinit le concept de ringard.

Ah, voilà maintenant venu le temps des règlements de compte, du drame et des larmes avec la rencontre Team TNA (Bully Ray/Sting) face aux gredins d’Aces and Eights, la stable qui met le boxon à la TNA depuis l’Impact Post-Slammiversary, dans une rencontre transformée en No DQ à la dernière minute par Hogan (on verra que la décision en elle-même ne fait pas grand sens). Prématch, on a eu le droit à une petite vidéo montrant l’intronisation de Sting dans le Hall of Fame nouvellement créé de la TNA (et encore très loin des dorures de la WWE). Sting et Ray se pointent les premiers, Ray en full face mode avec des peintures faciales à la Sting qui eut d’ailleurs droit à une bonne pop, puis les deux membres d’Aces and Eights arrivent à leur tour (il semble que ce soit Gallows et Knox) avec Joseph Park qu’ils menottent à une barricade pour se faire attaquer dans le dos par les faces (si, si !).

 

Brawl à l’extérieur donc, pour débuter, les restes de la table espagnole servant à Sting pour y précipiter un des deux affreux. Sans tout détailler de ce match qui fut plus un combat qu’une vraie rencontre de catch, les deux membres de la TNA s’en sortirent bien à deux pour punir leurs adversaires, sous les cris lourds de la foule (We Want Tables, qui avait déjà retenti pendant le street fight), mais les As & 8s revinrent dans la partie et retournèrent sur le ring. Ici, la partition fut plus classique, les heels enchainant les Clotheslines et les démonstrations de puissances (Splash, Big Boot), mais Sting finit par réaliser un Scorpion Death Drop après avoir tenté un Death Lock  avant de faire le hot tag à Bully. Ce dernier défonça les cagoulés avec l’appui de la foule, et réalisa même une double Clothesline sur ses deux ennemis, puis contra un coup de chaise par un Big Boot, mais un troisième larron d’Aces and Eights lui administra un Low Blow et cracha de loin sur Park menotté, qui péta un câble, détruit ses menottes et chassa le troisième homme de la scène. Bon la scène était sympa, mais ça manquait d’un Black Hole Slam. Les deux faces reprirent progressivement le dessus, jusqu’à faire surgir une table de sous le ring pour y propulser un des sbires, mais un quatrième homme se pointa, fit passer le Bully à travers la table et permit à son comparse d’Aces and Eights de gagner comme prévu. Un bon brawl débuta alors que la foule demandait Hogan… et l’obtint. Difficile de penser qu’un vieil homme comme Hogan puisse faire la différence à lui seul, mais il alla se sacrifier courageusement pour ses hommes… ah non il les bat à lui tout seul… ; et il no-sell les coups comme au bon vieux temps, dis donc (*prend un tube de lexomil entier*). Finalement les faces démasquèrent le quatrième, nul autre que…Devon !

Pas de meilleur commentaire que celui de la foule : « This is akward! »

 

 

Bon, au moins la storyline avance, et on a échappé à Bischoff, c’est déjà pas mal ; je ne pense pas que Devon soit le leader, mais en temps que premier membre démasqué, il va servir de voix à la stable, et on devrait maintenant avoir très vite la composition du groupe. Même si le choc de la révélation ne fut pas dantesque, au moins n’y eut-il pas pour moi de déception ; et Ray semble donc devenir pleinement face, ce qui n’était pas gagné il n’y a que deux semaines encore.

 

                    

Enfin moi tant qu’ils ne le font pas passer de «Bully» Ray à  «Bisounours» Ray, ça me va…

 

 

Enfin, abordons le main event, le tant attendu duel entre Jeff Hardy, vainqueur des BFG Series 2012, et Austin Aries, champion poids lourds régnant depuis Destination X. Hardy arriva le premier avec un theme song… bizarre, un mix de ses anciens thèmes d’intro… tiens il semble plutôt hué, en tout cas, il ne laisse pas indifférent. Au tour du champion de venir, et le moins qu’on puisse dire c’est que pendant l’annonce des participants au main event, on a pu voir que la foule était 1) chaude ; 2) divisée ; 3) majoritairement pro-Aries, ce que même les commentateurs ont reconnu. En plus, Hardy repousse méchamment le champion après que celui-ci a arrêté de façon correcte une attaque dans le coin, autant dire que les huées ont plu. Une phase au sol pour débuter, entrecoupée d’Irish Whip dans les coins, on commence lentement en vue d’un long match. Hardy finit par coincer la tête d’Aries entre ses jambes, mais il s’en sort en faisant le poirier et lance un Dropkick évité par Hardy. Hardy tente un Sunset Flip contré en un nouveau Dropkick qui atteint sa cible, puis Aries va exécuter une danse de la victoire autour du ring et nous fait son show, provoquant Hardy et esquivant ses attaques jusqu’à ce que Jeff le fasse tomber et l’attaque à l’extérieur. Il s’acharne alors sur Aries en repassant la tête plusieurs fois à l’intérieur du ring pour éviter le décompte à l’extérieur.

 

Aries en prend plein la figure, surtout quand Hardy se projette sur lui alors qu’il s’agrippait à une barrière pour ne pas tomber. Retour sur le ring, le Charismatic Enigma tente un Whisper in the Wind, esquivé ; Diving Elbow d’Aries pour un compte de deux. Au tour d’Aries de s’acharner, là, sur le dos d’Hardy, et de contrer un Splash avec ses genoux, puis d’enchainer un Backbreaker. À ce moment, la foule est vraiment polarisée, ça fait plaisir de voir un main event déchainer le public. Dropkick d’Aries sur la nuque d’Hardy, encore un tombé vain. Il tente le Brainbuster, mais Hardy contre en Front Sit-out Suplex. Aries s’en sort et fait un Splash en toupie, puis tente un Last Chancery, mais Hardy l’en empêche et balance le champion au-dessus de sa tête dans un mouvement impressionnant. Hardy prend l’avantage et déroule sa partition habituelle, culminant avec un Whisper in the Wind qui cette fois est réussi. Mais Aries survit ! Hardy rate son plongeon sur Aries qui, lui, réussit son magnifique Suicide Dive ! Il retourne sur le ring et espère la victoire par décompte… non il y retourne et réussit un deuxième Suicide Dive ! Quel bel homme !

 

Aries ramène Hardy sur le ring et locke le Last Chancery Submission, mais le peinturluré arrive à atteindre les cordes avec ses jambes. L’action se déplace sur la rampe, et Aries tente un Brainsbuster qui échoue, Jeff tente en vain un Twist of Fate et … Oh purée, Aries casse la nuque d’Hardy sur la rampe avec un Neckbreaker de malade ! Il tente ensuite un Dropkick dans le coin, contré ; échange de droites, le Twist of Fate passe, nouveau nearfall. Hardy monte alors sur le turnbuckle mais se fait rejoindre par Aries, les deux sont sur la troisième corde… OH PURÉE ÉNORME RANA D’ARIES ! Il… Il fait ses gros yeux, il fait son Corner Dropkick… ÇA Y EST ! BRAINBUSTER ! ARIES VA RETAIN ! PEU IMPORTE LE BOOKING POURRI DE LA SOIRÉE, il VA GARDER SON TITRE ! LA TNA A COMPRIS, CETTE FOIS ELLE VA DONNER A SON PUBLIC CE QU’IL VEUT !

1 ! 2 ! 3…

NOOOOOOOOOOOONNNNNN !

NON PAS LE TWIST OF FATE ! PUTAIN !

Non pas la Swanton !

Non, pitié, pas le compte de 3 !

Non ! Pitié !

Non…

….

Bon, ok on arrête les frais.

[/vendeurdecarpettes].

La TNA s’est chiée dessus. Ni plus ni moins. Le PPV en soi n’était pas mal du tout, il n’y a pas eu d’horreur significative, les matchs étaient bons, voire très bons (ça pas de surprise), mais le booking gâche tout. Et les vieux et surtout les anciens de la WWE sont de retour aux manettes. Merde alors, en plus d’Hardy, RVD (qui aurait dû gagner sa retraite, pas une ceinture), Tara (bon elle, ça va encore) ET Chavo sont devenus champions. Le choc des générations dont je parlais pour le dernier Impact a bel et bien été gagné par les vieux (en plus Ryan a eu besoin de Morgan, et Aces and Eights de Devon, merci les vioques), et ça pour le bien d’une fédération à long terme ça ne me semble pas bon du tout.

 

Je veux bien que Joe gagne face à Magnus, ce dernier est encore très jeune, a du temps devant lui, et a enregistré une défaite très honorable. De même Tara qui gagne, ok, même si le match était sans plus et que les mois prochains risquent d’être douloureux avec son nouveau mec à la con. Mais RVD qui gagne face à Zema ? WTF ? Qu’on n’aime pas ce dernier, soit, mais il a vraiment tout donné, et si la TNA refuse de le sortir à moins de deux semaines de ses PPV ce n’est pas de sa faute. De même la team hispanique était clairement la moins over, et c’est toujours chiant quand les meilleurs catcheurs de la soirée (je pense surtout à AJ et Aries) finissent le bec dans l’eau. Et pis zut, la TNA aurait DÛ se rendre compte qu’Hardy une fois sorti de l’Impact Zone avait une popularité très écornée auprès de la fan-base de la fédération, surtout après l’ascension d’Aries, un modèle du genre. Alors, faire turner ce dernier à la fin du build-up pour ensuite le faire perdre, c’est terrible. Jeff Hardy est devenu un John-Cena bis, aimé des gosses mais détesté de ceux qui ont atteint la puberté !

 

Et maintenant, que va devenir Austin ? Va-t-il rester heel, peut-il reconquérir assez vite son titre ? Mais en ce cas la TNA se désavouerait comme l’année dernière avec Angle. Et si Jeff reste encore champion un peu de temps, j’ai peur pour l’impact à long terme.

Ouais parce que c’est pas avec ça qu’on fera revenir Arthemiz.

 

Car voilà ce que me chagrine : les deux compagnies porte drapeau du catch sont enfermées dans des logiques court-termistes, sans penser à l’avenir. J’espérais que la TNA avait enclenché avec Roode, Aries et d’autres un mouvement durable de rajeunissement, mais là, elle a fait trois pas en arrière. Au vu des audiences en baisse ces derniers temps pour tous les shows de catch, mais aussi des mauvaises storylines, notamment de main event, pourtant censées tirer le spectacle vers le haut, et des mauvais choix de booking toutes fédés confondues, je crains vraiment que nous n’assistions bientôt à la fin du monde tel que nous le connaissons.

La fin d’un monde où on regarde du catch.

Je ne veux pas jouer les Cassandres, et je suis probablement influencé par ma déception, mais je n’en puis plus : les shows de la WWE sont devenus rébarbatifs et pas que pour moi, la TNA traine une mauvaise réputation méritée, mais dont elle avait l’occasion de se sortir. J’espère que les nouveaux spectateurs ont été séduits, mais je crois que plusieurs fans de la première heure sont comme dégoutés de la victoire d’Hardy et du virage « vieux » de la compagnie qui nous avait fait miroiter un rajeunissement. Certes la WWE n’est pas à la rue financièrement, la TNA non plus semble-t-il, mais j’espérais qu’un regain de forme à Orlando pousserait VKM à se sortir les doigts du *** pour produire un meilleur show et stimuler les deux fédés pour sortir du marasme actuel.

 

Et pis merde à la fin, j’en ai marre que les types que j’admire soient systématiquement dévalorisés. J’ai adulé Punk et pleuré à MITB 2011 (oui, j’ai pleuré et je n’ai pas honte) tout ça pour le voir devenir une petite salope pleurnicheuse en seulement un an, et maintenant l‘autre type que j’ai adulé à Destination X, ce devient en quelques mois une proxy de petite salope pleurnicheuse qui EN PLUS perd son titre alors qu’il a le mieux catché.

Bon, ma déception s’atténuera, les prochains shows renverseront peut-être la tendance, mais la TNA a pour moi clairement échoué à se poser en alternative à long terme avec Bound for Glory. Sans penser que les ratings atteindraient ceux des shows de la WWE, au moins pouvait-on penser que le PPV déclencherait une dynamique positive, et à mon avis ce ne sera pas le cas. J’espère vraiment me tromper, mais alors lourdement. A coté, la ROH et la NJPW semblent avoir produit ce week-end des shows dantesques, mais la première a bien moins d’audience que la TNA qui elle en a bien elle moins que la WWE, et la deuxième est très difficile d’accès pour un public occidental (la langue surtout, les matchs on peut les apprécier sans ça).

 

Donc voilà, un magnifique match (Roode/Storm), des très bons (Tag-TV-Main Event), un bon (X-Div), des moins bons (A&8’s, K-O, Gutcheck), pour un PPV qui aurait de ma part une bien meilleure note si les finishs avaient été différents, et si le Hogan show n’avait pas pourri en partie ma soirée. La Main-Event Mafia de la TNA, la vraie, celle des anciens de la WWE a triomphé (moins Joe ce qui sauve un peu le tout). Maintenant les jeunes, au boulot ! Virez-nous ces débris de là ! Sous peine de voire toute votre audience déserter faute d’alternative crédible à la bouillie de Stamford, et je m’inclus dedans.

 

Purée, Austin…

 

The greatest ratings killer who ever lived!

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